Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

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Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Sam 19 Juil 2014, 15:36

Louis Bosquet, dessinateur et inspecteur général des Menus-Plaisirs  

"Louis-René Bosquet, on ne peut préciser l'époque où il a délaissé le métier d'éventailliste, qu'il exerçait encore en 1743, lors de la naissance de son second fils Simon-Louis, et préféré la carrière de fournisseur des Menus et de l'Opéra.
Les nombreux mémoires qu'ils conservent depuis cette date jusqu'en 1790 nous le font voir dans deux rôles principaux différents : d'une part, celui de dessinateur d'habits, de l'autre celui d'entrepreneur de décorations et de fabricant d'accessoires et de costumes théâtraux.
C'est ainsi qu'en 1751, il se fait payer " pour avoir herminé de la toile blanche pour plusieurs robes de médecins servant dans la pièce du Malade imaginaire..., pour avoir repeint à neuf dix jupes de taffetas blanc en fleurs différentes, retouché toutes les dites fleurs et caché des rubans par des fleurs et bouquets détachés, le corps assortissant...", le tout à l'usage des spectacles de la Cour de Fontainebleau ( Arch. Nationales, Minutes des dépenses des menus )

En 1763, pour Choisy, il a peint ou façonné " des habits de la Jalousie et de la Vengeance, jupes, branches de fleurs, baguettes, boucliers, cuirasses, épées etc..."
Pour Fontainebleau, " la quantité de fleurs suffisante pour mettre sur trente habits de chœurs, plus de vingt robes de magiciens avec serpents, caractère et flammes.

Mais le mémoire mentionne aussi qu'il "a fait différents dessins pour Ismène et Isménias pour l'opéra de Dardanus , pour les habits de l'opéra de Scanderberg et de Castor et Pollux et des ballets donnés avec les comédies et actes exécutés à Versailles. ( Arch.nat. Comptes des Menus, spectacles de Cour, 1763 )

De même en 1764, en dehors de la peinture, de" différents habits, culottes, coiffures, ailerons, habits de nymphes, à la turquerie, de faunes, etc..., en plus de modelage, et de la fourniture de "deux têtes de poupées grandes come nature, sur osier, portées à Fontainebleau pour servir dans le magasin à essayer les habits ", il livre de nombreux dessins d'habits et de broderies d'habits pour les actes du Feu et de la Danse pour un chœur à la romaine projeté ( pour les comédies des hommes, des grâces, de l'Ile sauvage, pour Deucalion et Pyrrha, les Fêtes grecques et romaines, l'acte turc, Titon et l'Aurore, l'acte des Eléments, Daphnis et Alcimadure, etc..."


Habit d'Anacréon M. dechassé ( Maquette de costume de L.R.Boquet)

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Re: Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Dim 20 Juil 2014, 12:38

" Il est généralement qualifié, sur tous les mémoires jusqu'en 1764, de " peintre et de dessinateur des Menus " et reçoit des appointements de 1200 livres et des gratifications comme "dessinateur d'habit".


Maquette de costume / Boquet 1764

Il a dû donner des dessins de costumes dés les débuts de sa carrière dans l'administration des Menus, car un mémoire de ce genre figure déjà en 1752.
A l'occasion, il met aussi la main aux travaux de décoration sous les ordres des frères Slodtz qui en donnaient les dessins et qui se sont succédé à cette époque dans la charge de dessinateur de cabinet.
En 1763, un des mémoires détaille des "ouvrages de peinture faits à l'occasion des grands opéras et spectacles de Fontainebleau, savoir, peinture des décorations de Dardanus : "les champs phygiens, terrain et terrasse, bandes de plafonds et tombeaux; La solitude et les Champs gracieux, Temple de Jupiter et la figure de ce dieu,

Maquette de costume 1765/ Sylvie, Fontainebleau ( Boquet )

décoration en pierre et partie en marbre, réhaussée d'or; la prison, nuage et vapeurs qui l'éclairent, lampe, pilier garni de chaînes et grilles; le Palais de Vénus et tous les accessoires, comme fleurs, enfants groupés, ornements, devantures de sièges etc..., pour l'opéra Scanderberg, les jardins du Sérail, la grotte, plafonds, Têtes d'arbres, cuvettes, cascade; cour extérieure du Sérail, arc de Triomphe, trophée, etc...

Il dessine également l'entrée de la Mosquée et son intérieur, chapiteaux, bases de colonnes, bandeaux, guirlandes de fleurs, croissants, autel, trophées, lampes, œufs d'autruches et accessoires; pour l'opéra de Castor et Pollux etc...

Ailleurs, nous le voyons assurer l'entreprise de l'exécution d'une figure de l'Amour et de son piédestal, de deux places publiques pour Les plaideurs, à l'usage de deux théâtres de dimensions différentes, d'un rideau représentant une chambre de savetier et différents ustensiles,

Sylvie Maquette de costume/ Boquet, 1765

d'un château-fort avec pont-levis et fossés pour la pièce du diable à quatre, d'autres décors pour Le Roi et le Fermier, pour l'acte de Vertumne et Pomone, pour La Provençale, pour la Tragédie de Tancrède; puis pour Rose et Colas, d'un décor de 25 châssis, d'une maison qui se démolit et d'arbres isolés, dans Les deux chasseurs et la laitières, et encore des décorations des prologues des Fêtes grecques et romaines et des Eléments, de toutes celles de Titon et l'Aurore, et repeindre enfin le rideau d'avant-scène du théâtre de Choisy.

Zulim confident/ De Zelindor/ Boquet, 1766.

A suivre...

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Re: Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Lun 21 Juil 2014, 14:16

" en 1770, lors de la saison d'inauguration du grand théâtre de Versailles, Papillon de la Ferté notera, le 22 juin, dans son "Journal", que les préparatifs pour les représentations de Persée, de Tancrède et de La Tour enchantée avaient été si bousculés " Que l'on avait oublié une place publique pour Tancrède".
Je l'ai fait faire, ajoute t-il, " En quatre jours par le sieur Boquet, suivant les idées que je lui ai données. Elle a été, heureusement, très réussie". ( Journal de la Ferté, Ed.Boysse/1887 p280 )

Boquet entreprend même des travaux de décoration générale qui ne se rapportent plus au théâtre. Ainsi, les ouvrages de peinture et de dorure de la salle de bal et de jeux construite à Fontainebleau en 1763 : "peint quatre colonnes d'ordre corinthien, 14 pilastres, chapiteaux, bazes, pieds d'estaux, moulures..., avoir doré dans la dite salle tout ce qui en était suceptible... avoir fait gauffrer 355 aunes de glacé d'or et d'argent cramoisi et bleu pour former des rideaux retroussés dans les loges du Roi et de la Reine et dans le pourtour de la slle, et un à l'avant scène...
"  ( Archives nationales )

Pas de deux Palladine, Mlle Vestris.

Ainsi la même année, la peinture de trois charriots à décoration, de deux roues d'une grande charrette, de quatre roues d'un fourgon, pour les illuminations à l'occasion de la Paix, à l'hôtel de Pompadour, la peinture d'un grand décor représentant un arc de triomphe, et la construction de deux gros pavillons provisoires; pour la cloche baptisée à St-Roch, la confection de quatre grands dauphins de carton, formant le couronnement d'un baldaquin élevé dans l'église, et les "avoir argentés, glacés et écaillés."

Chasseur, M. Lionois

En 1764, la dorure d'un pied  de clavecin très riche, pour Monseigneur le Dauphin; la dorure de différents cadres ou bordures; la peinture de tabourets, fauteuils, chaises, carrioles, fourgons.
En 1766,1767,1768,1773 et 1774, diverses parties des décorations des grandes Pompes funèbres célébrées à Notre-Dame ou ST-Denis, pour l'Infant Dom Philippe, pour le Roi de Pologne, la Reine d'Espagne, le Roi de Sardaigne, le Dauphin, la Dauphine, la Reine et le Roi.
En 1770 à l'occasion du mariage du Dauphin, la dorure d'une cassette à bijoux, de son pied, couronnement et ornement, " le tout fait du plus bel or, taillé, "bruny", et supérieurement réparé.
"
En 1771, toutes les peintures décoratives de la galerie élevée à Marly, lors de la fête chinoise donnée pour le mariage du Comte de Provence; celles de la salle de bal rétablie à Versailles à la place du petit théâtre.
En 1773, et diverses autres années , les cadres dorés de nombreux portraits de la famille royale, exécutés par sa fille, et donnés en cadeaux.
En 1778, décoration de la salle du petit théâtre de Marie-Antoinette à Trianon, les figures et ornements en saillie d'or jaune et vert, la brêche violette des boiseries de l'orchestre et parterre, l'ébrasement de la scène et les panneaux d'arabesques qui l'encadrent.

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Re: Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Dim 12 Oct 2014, 12:37

Costume de Tancrède, théâtre de Versailles, 1765


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Re: Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Dim 12 Oct 2014, 12:48

Costume de guerrière et de guerrier dans Tancrède, 1765, théâtre de Versailles.






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Re: Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Dim 12 Oct 2014, 15:24



Que j'aime la légéreté pastellisante de ces silhouettes qui semblent prêtes à sauter sur scène ! boudoi30

Bien à vous.

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Re: Les habits d'opéra au XVIIIème siècle

Message par Invité le Jeu 27 Nov 2014, 19:09

Pour fêter ses 3OO ans, l'Opéra comique a organisé une grande vente de costumes de scène.


Redingote en velours et galons et boutons d'or d'inspiration XVIIIème siècle.


Robe d'inspiration XVIIème siècle


Robe danseuse orientale, d'inspiration perse.

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