Antoine Barnave

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Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 21 Déc 2013, 13:28

Avocat de Grenoble, Barnave (1761-1793) se distingue aux EtatsGénéraux par ses qualités d'orateur. Il collabore à la rédaction de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Connu pour ses opinions sanguinaires, il est surnommé "le Tigre". cat
Envoyé à la rencontre de la famille royale après la fuite interrompue à Varennes, il est touché par la dignité de la Reine, et le petit Dauphin fait une partie du voyage sur ses genoux. Face au grossier Pétion (qui croit avoir séduit Madame Elisabeth ), Marie-Antoinette trouve au jeune commissaire une réserve qui Lui paraît de bon aloi.
Le Dauphinois, révolutionnaire invétéré , contempleur du trône , entre alors en correspondance suivie avec la souveraine et La rencontre à plusioeurs reprises.
Malgré un échange de lettres quasi quotidien pendant de nombreux mois , les différents projets ne se concrétisent pas.
La trahisobn de l'homme politique est découverte au lendemain du 10 août. Il est arrêté , tente de se défendre, mais est guillotiné le 29 novembre 1793.
On aurait trouvé sur son coeur un morceau de robe de Marie-Antoinette. Leur correspondance que la Reine avait confiée à Fersen, a été publiée et abondammentcommentée...

Bien à vous.

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Antoine Barnave

Message par Mme de Sabran le Ven 05 Sep 2014, 08:25

Cosmo a écrit:
Marie-Antoinette y avoue son "double-jeu" vis-à-vis du triumvirat composé de Barnave, Duport et Lameth.


"Ce 4 janvier.

Je ne vous écris qu'un mot (...)

La personne qui vous porte celle-ci vous dira et fera connaître notre position telle qu'elle est. J'y ai entière confiance et il la mérite par son attachement et sa raison. Il porte un mémoire absurde, mais que je suis obligée d'envoyer. Il est essentiel que l'Emp. soit bien persuadé qu'il n'y a pas là un mot qui soit de nous, ni de notre manière de voir les cboses ; mais qu'il me fasse pourtant une réponse, comme s'il croyait que c'est là ma manière de voir, et que je puisse montrer ; car ils sont si méfiants ici qu'ils exigeront la réponse. Le porteur de tous ces papiers ne sait pas par qui ils me sont venus et il ne faut pas lui en parler. Le mémoire est bien mal fait, et on voit que les gueux ont peur ; mais pour notre sûreté personnelle il faut encore les ménager, et surtout leur inspirer confiance par notre conduite ici. On vous expliquera tout cela, ainsi que les raisons pourquoi souvent je ne peux pas vous avertir d'avance de ce qu'on va faire. Mon homme n'est pas encore revenu ; je voudrais pourtant bien avoir des nouvelles d'où vous êtes. Que veut dire cette déclaration subite de l'Emp.? pourquoi ce silence profond de Vienne et même de Brux. envers moi? Je m'y perds, mais ce que je sais bien, c'est que, si c'est prudence ou politique qui fait qu'on ne me dit rien, on a bien tort et on m'expose beaucoup, puisque personne ne croira que je sois dans cette ignorance, et il serait pourtant nécessaire que je puisse régler mes propos et ma conduite d'après ce qui se passe : c'est ce que je charge la personne de dire à M. de Mercy. Je vais finir

.

Comme elle écrit aussi ailleurs à Fersen :

Quel bonheur si je puis un jour redevenir assez puissante pour prouver à tous ces gueux que je n’étais pas leur dupe.



Ce double langage de Marie-Antoinette auprès de Barnave, lui tellement sincère et dévoué, me chagrine assez ...
Enfin, tu vas me dire que c'est pour elle une question de survie .

.
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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 11:00

Eléonore, j'ai trouvé une lettre à Chatsworth qui prouve qu'elle avait raison de les soupçonner de jouer double jeu avec elle. Je vais la publier avec la correspondance de Fersen. C'était ce qu'on appelle un 'double bluff' - ni les uns ni les autres n'étaient sincères, mais la reine était dans la position la plus précaire parce qu'on la tenait prisonnière et elle était menacée tout le temps.

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 11:02

Je te relis - et non, Barnave n'était pas sincère par ce que j'ai lu. Il y avait un autre qui guidait ce triumvirat. Devinez qui...

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Re: Antoine Barnave

Message par Calonne le Ven 05 Sep 2014, 11:02

Marie-Antoinette n'avait qu'une idée en tête : gagner du temps avant l'intervention des armées étrangères qui balaieraient tous ces "gueux" et rétabliraient la monarchie absolue.
C'est vrai, on peut dire qu'elle a doublé pas mal de monde, de Mirabeau à Barnave et d'autres. Après, difficile de juger : elle était en danger, on voulait la tuer, on parlait de tuer ses enfants, elle avait du faire face à l'émeute, aux atrocités... Son univers s'écroulait et elle était incapable de comprendre celui qui se mettait en place. Elle était figée dans un schéma de pensée, un système immuable. Elle ne pouvait-et ne voulait-pas comprendre ce qui se passait. Elle s'est battue à sa manière pour sauvegarder ce qui était son monde et sa vie. En doublant et trahissant des gens sincères et dévoués, c'est vrai mais, sans l'absoudre du procédé, comment faire autrement ?

Aurait-elle dû suivre les conseils de Barnave et de ses amis, suivre la voie constitutionelle ? Il aurait fallu pour cela qu'elle eût véritablement compris ce qui se passait et elle n'avait pas l'intelligence politique requise, c'est demander à Marie-Antoinette d'être Mazarin ou Richelieu !
D'une certaine manière, elle est restée fidèle à elle-même, même si c'est dans l'aveuglement le plus total.
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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 11:15

outremanche a écrit:Je te relis - et non, Barnave n'était pas sincère par ce que j'ai lu. Il y avait un autre qui guidait ce triumvirat. Devinez qui...

Lafayette ?

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 11:25

Calonne a écrit:Marie-Antoinette n'avait qu'une idée en tête : gagner du temps avant l'intervention des armées étrangères qui balaieraient tous ces "gueux" et rétabliraient la monarchie absolue.
C'est vrai, on peut dire qu'elle a doublé pas mal de monde, de Mirabeau à Barnave et d'autres. Après, difficile de juger : elle était en danger, on voulait la tuer, on parlait de tuer ses enfants, elle avait du faire face à l'émeute, aux atrocités... Son univers s'écroulait et elle était incapable de comprendre celui qui se mettait en place. Elle était figée dans un schéma de pensée, un système immuable. Elle ne pouvait-et ne voulait-pas comprendre ce qui se passait. Elle s'est battue à sa manière pour sauvegarder ce qui était son monde et sa vie. En doublant et trahissant des gens sincères et dévoués, c'est vrai mais, sans l'absoudre du procédé, comment faire autrement ?

Aurait-elle dû suivre les conseils de Barnave et de ses amis, suivre la voie constitutionelle ? Il aurait fallu pour cela qu'elle eût véritablement compris ce qui se passait et elle n'avait pas l'intelligence politique requise, c'est demander à Marie-Antoinette d'être Mazarin ou Richelieu !
D'une certaine manière, elle est restée fidèle à elle-même, même si c'est dans l'aveuglement le plus total.

Il est possible également qu'elle n'ait pas cru au pouvoir des constitutionnels, d'empêcher l'anarchie. Elle a sans doute senti que les constitutionnels finiraient par être dépassés par l'extrême gauche.

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Re: Antoine Barnave

Message par Calonne le Ven 05 Sep 2014, 11:33

Possible, mais difficile à dire. Tout était si confus dans ces années délirantes que je doute que quelqu'un ait vraiment gardé les idées claires. On vivait au jour le jour en tentant de tirer son épingle du jeu.
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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 11:42

Sa seule erreur est d'avoir espéré que son salut viendrait des autres monarques européens. Mais en réalité, ils n'attendaient qu'une chose, que la France s'écroule, pour pouvoir se la partager entre eux.
Elle ne faisait confiance ni aux "gueux", bien sûr... ni aux émigrés, ce qu'il ne faut pas oublier non plus. Elle espérait pouvoir reprendre sa place entre ces deux partis, dont aucun ne lui convenait, grâce à au soutien des grandes puissances européennes.

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Re: Antoine Barnave

Message par Calonne le Ven 05 Sep 2014, 11:48

Pour les émigrés, elle savait très bien à quoi s'attendre de la part de ses "chers" beaux-frères...
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Re: Antoine Barnave

Message par Mme de Sabran le Ven 05 Sep 2014, 13:10



Ne mettez pas Provence et Artois dans le même sac ! Please !
Tu le sais bien, Cosmo, puisque tu es en train de lire la correspondance de Vaudreuil et Artois .
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Re: Antoine Barnave

Message par MARIE ANTOINETTE le Ven 05 Sep 2014, 16:46

Ne pas oublier que BARNAVE est monté sur l'échafaud à 32 ans le 29 Novembre 1793 avec comme accusation entre autres, d'avoir fait double jeu avec la Veuve CAPET !!!!!

Vous reprochez à la Reine son manque d'éducation politique, mais il faut lire ou relire  le livre MARIE ANTOINETTE ET BARNAVE de ALMA SODERJHELM  (on le trouve sur AMAZON en édition originale ou en reprint à moindre prix)
et vous verrez que la Reine avait du plomb dans la tête et faisait des observations très intelligentes.

En 2012 j'avais emporté ce livre en SUEDE et il m'a permis de prendre copie des lettres originales aux Archives et
je l'ai relu lors du vol de retour, elle n'était plus  "la tête à vent" de sa jeunesse.

MARIE ANTOINETTE Smileàè-è\':
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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 22:12

Cosmo a écrit:
outremanche a écrit:Je te relis - et non, Barnave n'était pas sincère par ce que j'ai lu. Il y avait un autre qui guidait ce triumvirat. Devinez qui...

Lafayette ?

Oui.

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Ven 05 Sep 2014, 22:15

MARIE ANTOINETTE a écrit:Ne pas oublier que BARNAVE est monté sur l'échafaud à 32 ans le 29 Novembre 1793 avec comme accusation entre autres, d'avoir fait double jeu avec la Veuve CAPET !!!!!

Vous reprochez à la Reine son manque d'éducation politique, mais il faut lire ou relire  le livre MARIE ANTOINETTE ET BARNAVE de ALMA SODERJHELM  (on le trouve sur AMAZON en édition originale ou en reprint à moindre prix)
et vous verrez que la Reine avait du plomb dans la tête et faisait des observations très intelligentes.

En 2012 j'avais emporté ce livre en SUEDE et il m'a permis de prendre copie des lettres originales aux Archives et
je l'ai relu lors du vol de retour, elle n'était plus  "la tête à vent" de sa jeunesse.

MARIE ANTOINETTE Smileàè-è\':

Entièrement d'accord avec vous, chère MARIE-ANTOINETTE, la reine n'était pas du tout frivole quand il s'agissait de la politique.

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Re: Antoine Barnave

Message par Mme de Sabran le Ven 05 Sep 2014, 23:22

outremanche a écrit:
Cosmo a écrit:
outremanche a écrit:Je te relis - et non, Barnave n'était pas sincère par ce que j'ai lu. Il y avait un autre qui guidait ce triumvirat. Devinez qui...

Lafayette ?

Oui.

... Sans Torts ! : C'est la période où il est franchement nocif !

.
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Re: Antoine Barnave

Message par Comte d'Hézècques le Sam 06 Sep 2014, 14:14

outremanche a écrit:

Entièrement d'accord avec vous, chère MARIE-ANTOINETTE, la reine n'était pas du tout frivole quand il s'agissait de la politique.

Un sens inné de la politique hérité de sa mère sans doute Wink

_________________
« elle dominait de la tête toutes les dames de sa cour, comme un grand chêne, dans une forêt, s'élève au-dessus des arbres qui l'environnent. »
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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 16:21

Mme de Sabran a écrit:
outremanche a écrit:
Cosmo a écrit:
outremanche a écrit:Je te relis - et non, Barnave n'était pas sincère par ce que j'ai lu. Il y avait un autre qui guidait ce triumvirat. Devinez qui...

Lafayette ?

Oui.

...   Sans Torts !   :  C'est la période où il est franchement nocif !

.

Marie-Antoinette savait que Barnave faisait partie de deux comités secrets, l'un restreint de 5 personnes et l'autre plus considérable, dans lequel se trouvait La Fayette. Dans une note rédigée par Marie-Antoinette, placée par elle dans le dossier de sa correspondance avec Barnave, elle indique en effet que celui-ci et Alexandre de Lameth avaient fait connaître à son "agent", le comte de Jarjayes, que "tout ce qui les regardait passait par un comité secret de cinq personnes". Elle précise : "Ils ont donné les noms ci-après. Comité des 5 : MM. Duport, Barnave, Alexandre de Lameth, D'André et Dumas". Toujours d'après cette note, il existait "un autre comité plus considérable, mais où l'intimité et la confiance ne règnent pas." Elle donne en partie la composition : "Dans celui-là, outre les 5, il y a MM. de La Fayette, Maubourg, Lacoste, Emmery et quelques autres dont je ne me rappelle pas." (source : René Fonvieille, "Barnave et Marie-Antoinette").

La Fayette et Barnave sont devenus adversaires lorsque La Fayette a fondé, avec Mirabeau, le Club de 1789 qui s'opposait à la Société des Amis de la Constitution, créée par Du Port, Lameth et Barnave. A partir de cette époque, les relations entre Barnave et La Fayette devinrent tendues. Aussi les députés furent-ils surpris lorsque, après la fuite du roi, Barnave vint à la tribune défendre le général de La Fayette, commandant de la garde nationale, qui était accusé, par de nombreux députés, d'avoir une part de responsabilité dans les événements, puisqu'il avait dans ses attributions la surveillance du palais des Tuileries.

R. Fonvieille écrit : "Depuis cette intervention, motivée par le désir de Barnave de sauver Louis XVI de la déchéance, les rapports avec La Fayette furent modifiés, mais sans que le passé fut complètement oublié. Il apparut des divergences, dont une très grave au début : La Fayette voulait bien maintenir la monarchie, mais sans Louis XVI. Chaque décision à prendre à propos des affaires importantes faisait l'objet, en principe, de discussions entre le groupe animé par Barnave et celui rassemblé autour de La Fayette. Mais on peut penser que Barnave ne s'adressait que rarement aux membres du grand comité secret pour demander leur avis avant d'écrire à la reine."

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 16:32

Il faut également rappeler qu'on a retrouvé des brouillons de lettres d'amour enflammées de Barnave aux archives... des lettres à une femme très haut placée, qui se refuse à lui. Il lui écrit notamment "Une inquiétude cruelle me tourmente et si je dois être malheureux, j'aime mieux que mon sort soit décidé. Votre coeur est-il engagé, répondez-moi..." puis dans une autre lettre "Ah ! Je ne veux rien vous reprocher, mais j'avais le droit de ne pas m'attendre à tant de froideur et de dureté." Certains historiens se sont demandés s'il s'agissait de Marie-Antoinette. Si tel avait été le cas, il semblerait qu'elle se soit refusée à lui... ce qui n'empêchera pas Fersen d'écrire, dans son Journal, "On dit que la reine couche avec Barnave".

Jaloux comme un poux, le Fersen ! Hop!

La mort de Barnave est également très étrange - Lameth avait obtenu de Danton, la promesse de libérer Barnave, sous réserve que Barnave en fasse la demande écrite à la Convention. Or, Barnave refuse de faire aucune demande écrite : "Leur demander justice, ce serait reconnaître la justice de leurs actes antérieurs, et ils ont fait périr le roi !..." Certains historiens en ont conclu que Barnave, bouleversé par l'exécution de Marie-Antoinette, qu'il aimait, avait considéré que sa propre vie n'avait plus de sens et qu'il préférait disparaître. Selon certains historiens, la référence à Louis XVI devrait être interprétée comme une évocation de Marie-Antoinette dont il ne pouvait prononcer le nom, sans dévoiler son grand secret. "Louis XVI ne provoquait pas un tel attachement qu'il justifiât cette attitude de renoncement à la vie" (R. Fonvieille, "Barnave et Marie-Antoinette").

Barnave :




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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 16:38

Cosmo a écrit:R. Fonvieille écrit : "La Fayette voulait bien maintenir la monarchie, mais sans Louis XVI. Chaque décision à prendre à propos des affaires importantes faisait l'objet, en principe, de discussions entre le groupe animé par Barnave et celui rassemblé autour de La Fayette. Mais on peut penser que Barnave ne s'adressait que rarement aux membres du grand comité secret pour demander leur avis avant d'écrire à la reine[/i]."

Un grand merci, mon cher Cosmo, pour ces informations! Elles expliquent en grande partie la méfiance absolue de Fersen et Marie-Antoinette envers les 'enragés', comme ils désignaient les constitutionnels. Mais ce que je viens de découvrir donne des précisions encore plus concrètes sur la politique et la motivation de Lafayette, et on comprend bien pourquoi la famille royale le regardait avec horreur. Je n'en dirai pas plus ici, c'est pour mon livre. : :

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 16:43

Cosmo a écrit:Il faut également rappeler qu'on a retrouvé des brouillons de lettres d'amour enflammées de Barnave aux archives... des lettres à une femme très haut placée, qui se refuse à lui. Il lui écrit notamment "Une inquiétude cruelle me tourmente et si je dois être malheureux, j'aime mieux que mon sort soit décidé. Votre coeur est-il engagé, répondez-moi..." puis dans une autre lettre "Ah ! Je ne veux rien vous reprocher, mais j'avais le droit de ne pas m'attendre à tant de froideur et de dureté." Certains historiens se sont demandés s'il s'agissait de Marie-Antoinette. Si tel avait été le cas, il semblerait qu'elle se soit refusée à lui... ce qui n'empêchera pas Fersen d'écrire, dans son Journal, "On dit que la reine couche avec Barnave".

Tell me more....

Cosmo a écrit:
Jaloux comme un poux, le Fersen ! Hop!


Oui, c'était toujours un homme jaloux.

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 16:45

outre-Manche a écrit: Je n'en dirai pas plus ici, c'est pour mon livre. : :

On attend cela avec impatience. cat
Voici ce que Barnave a dit lors de son procès devant le Tribunal révolutionnaire, au sujet de La Fayette :

"Je connaissais à La Fayette bien des défauts. Je savais qu'il avait soif de louanges ; qu'il ne modérait pas assez l'envie d'attirer à lui tous les regards et tous les yeux. Mais je l'ai toujours cru sincèrement attaché à la liberté de son pays. Je l'ai toujours cru incapable d'une aussi horrible trahison [d'avoir organisé la fuite du roi]. Voilà un des motifs qui m'ont engagé à le défendre. Je dirais plus : précisément, parce que nos divisions étaient publiques, il était dans mon caractère de ne pas laisser à un autre le soin de le défendre, de sauver celui que j'avais des raisons de ne pas aimer, mais que je ne voyais pas ennemi de mon pays. Cependant, ceux qui m'ont entendu ce jour là peuvent avoir remarqué qu'il me fut impossible de prendre pour La Fayette le même accent d'intérêt que s'il eût été réellement mon ami."


Dernière édition par Cosmo le Sam 06 Sep 2014, 17:15, édité 1 fois

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 17:07

outremanche a écrit:
Cosmo a écrit:Il faut également rappeler qu'on a retrouvé des brouillons de lettres d'amour enflammées de Barnave aux archives... des lettres à une femme très haut placée, qui se refuse à lui. Il lui écrit notamment "Une inquiétude cruelle me tourmente et si je dois être malheureux, j'aime mieux que mon sort soit décidé. Votre coeur est-il engagé, répondez-moi..." puis dans une autre lettre "Ah ! Je ne veux rien vous reprocher, mais j'avais le droit de ne pas m'attendre à tant de froideur et de dureté." Certains historiens se sont demandés s'il s'agissait de Marie-Antoinette. Si tel avait été le cas, il semblerait qu'elle se soit refusée à lui... ce qui n'empêchera pas Fersen d'écrire, dans son Journal, "On dit que la reine couche avec Barnave".

Tell me more....
.

A vos ordres, milady !

Les archives recèlent des brouillons de lettres de Barnave prouvant que, "à une époque indéterminée, le coeur de Barnave a été envahi par un violent amour, encore attisé par le tourment de l'incertitude, qu'une femme hautaine semblait entretenir avec un cruel raffinement. Les brouillons ont été rédigés dans une fièvre anxieuse : la pensée court, la plume n'a pas le temps de finir des phrases, des points de suspension sont jetés à la place des mots, qu'il mettra plus tard lorsqu'un peu de temps aura calmé cette tempête émotionnelle. Pour mesurer la violence de celle-ci, il faut se rappeler, en lisant ces textes, qu'il n'était pas dans les habitudes de Barnave d'employer des expressions excessives." (source : René Fonvieille, "Barnave et Marie-Antoinette").

Voici les brouillons de lettres, retrouvés dans les papiers de Barnave :

"A peine puis-je vous dire un mot et ce mot compromet. Je souffre de ne pouvoir vous parler et j'attire sur vous les regards. Cependant, il m'est indispensable d'obtenir une explication, vous me l'avez promise. La crainte d'apprendre ce que je ne veux point croire et ce que je tremble de savoir m'a fait balancer hier à vous le demander, mais aujourd'hui je suis déterminé.
Une inquiétude cruelle me tourmente et si je dois être malheureux, j'aime mieux que mon sort soit décidé. Votre coeur est-il engagé, répondez-moi...
Vous m'avez témoigné assez de confiance, assez de bienveillance pour que j'attende une réponse franche et sincère.
S'il n'est pas vrai que votre coeur soit engagé, si l'idée la plus accablante n'était qu'une erreur ! Permettez que je vous voie, qu'une fois dans ma vie au moins je puisse vous parler en liberté. Vous m'avez quelquefois témoigné de l'intérêt, j'attache mon bonheur à vous parler une heure.
Adieu, Madame, demain à neuf heures, j'enverrai chercher votre réponse. Ma confiance est entière en ce que vous me direz... Puissiez-vous... et si votre réponse n'est pas ce que je crains, daignez m'indiquer le moment où je pourrais vous voir
."

Cette hésitation douloureuse à avouer un amour qui s'était certainement laissé deviner par des attitudes, cette façon de procéder, par messager, pour obtenir une réponse à une déclaration d'amour, paraissent bien extraordinaires. Cool

Manifestement, Barnave n'a pas reçu la réponse qu'il attendait, puisqu'il écrit ensuite :

"... sans espérer de votre part un grand intérêt, je n'aurais pas songé qu'on pût refuser à la douleur la plus naturelle et la plus sincère un moment d'attention et de bonté...
Mais c'est assez, je ne voudrais point obtenir de la persécution... Soyez heureuse ; puisse le sentiment qui remplit votre âme vous dédommager de tout ce que vous lui sacrifiez...
Ah ! Je ne veux rien vous reprocher, mais j'avais le droit de ne pas m'attendre à tant de froideur et de dureté. Ma conduite a été franche... et vous... Vous qui me refusez aujourd'hui la consolation d'un moment d'entretien, n'aviez-vous pas servi à enfoncer le trait qui me déchire, n'aviez-vous jamais paru partager mon émotion?
...".

Barnave était un homme politique célèbre, ayant, par son éloquence, dominé l'Assemblée Constituante. Il comptait parmi ses amis et relations, des personnes très haut placées. Alors quelle peut être l'exceptionnelle position dans le monde de la femme à laquelle il écrit, position tellement exceptionnelle pour qu'un homme tel que Barnave, favorisé à tous égards, "lui déclare sa passion dans des termes chargés de déférence et de respect" ? ... (René Fonvieille, "Barnave et Marie-Antoinette").

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 18:33

Cosmo a écrit:Les archives recèlent des brouillons de lettres de Barnave prouvant que, "à une époque indéterminée, le coeur de Barnave a été envahi par un violent amour, encore attisé par le tourment de l'incertitude, qu'une femme hautaine semblait entretenir avec un cruel raffinement. Les brouillons ont été rédigés dans une fièvre anxieuse : la pensée court, la plume n'a pas le temps de finir des phrases, des points de suspension sont jetés à la place des mots, qu'il mettra plus tard lorsqu'un peu de temps aura calmé cette tempête émotionnelle. Pour mesurer la violence de celle-ci, il faut se rappeler, en lisant ces textes, qu'il n'était pas dans les habitudes de Barnave d'employer des expressions excessives." (source : René Fonvieille, "Barnave et Marie-Antoinette").

Voici les brouillons de lettres, retrouvés dans les papiers de Barnave :

"A peine puis-je vous dire un mot et ce mot compromet. Je souffre de ne pouvoir vous parler et j'attire sur vous les regards. Cependant, il m'est indispensable d'obtenir une explication, vous me l'avez promise. La crainte d'apprendre ce que je ne veux point croire et ce que je tremble de savoir m'a fait balancer hier à vous le demander, mais aujourd'hui je suis déterminé.
Une inquiétude cruelle me tourmente et si je dois être malheureux, j'aime mieux que mon sort soit décidé. Votre coeur est-il engagé, répondez-moi...
Vous m'avez témoigné assez de confiance, assez de bienveillance pour que j'attende une réponse franche et sincère.
S'il n'est pas vrai que votre coeur soit engagé, si l'idée la plus accablante n'était qu'une erreur ! Permettez que je vous voie, qu'une fois dans ma vie au moins je puisse vous parler en liberté. Vous m'avez quelquefois témoigné de l'intérêt, j'attache mon bonheur à vous parler une heure.
Adieu, Madame, demain à neuf heures, j'enverrai chercher votre réponse. Ma confiance est entière en ce que vous me direz... Puissiez-vous... et si votre réponse n'est pas ce que je crains, daignez m'indiquer le moment où je pourrais vous voir
."

Cette hésitation douloureuse à avouer un amour qui s'était certainement laissé deviner par des attitudes, cette façon de procéder, par messager, pour obtenir une réponse à une déclaration d'amour, paraissent bien extraordinaires. Cool

Manifestement, Barnave n'a pas reçu la réponse qu'il attendait, puisqu'il écrit ensuite :

"... sans espérer de votre part un grand intérêt, je n'aurais pas songé qu'on pût refuser à la douleur la plus naturelle et la plus sincère un moment d'attention et de bonté...
Mais c'est assez, je ne voudrais point obtenir de la persécution... Soyez heureuse ; puisse le sentiment qui remplit votre âme vous dédommager de tout ce que vous lui sacrifiez...
Ah ! Je ne veux rien vous reprocher, mais j'avais le droit de ne pas m'attendre à tant de froideur et de dureté. Ma conduite a été franche... et vous... Vous qui me refusez aujourd'hui la consolation d'un moment d'entretien, n'aviez-vous pas servi à enfoncer le trait qui me déchire, n'aviez-vous jamais paru partager mon émotion?
...".


Merci, mon cher Cosmo!

Très, très intéressant. Je suppose qu'il n'y avait pas de dates sur ces brouillons pour les lier plus sûrement aux visites de Barnave chez la reine?

En les relisant plusieurs fois, il semble parfaitement raisonnable de supposer que Barnave écrivait à Marie-Antoinette.

1. L'usage de 'Madame', surtout à cette époque ou les titres n'étaient guère plus respectés.
2. L'heure de l'entretien, mais évidemment pour ne pas parler d'amour –  neuf heures. Et nous savons qu'ils avaient des entretiens réguliers pour discuter la constitution, et ces entrevues devaient être accordées par la reine aux heures qu'elle indiquait. Il était souvent accompagné par Duport ou Lameth, cela explique pourquoi il demande de la voir 'pour vous parler en liberté.'
3. Sa timidité, ses appréhensions, ses craintes… tout cela parle d'un homme qui avait bien peur de se déclarer, et le démocrate Barnave aurait eu peur pour tant de raisons de se déclarer à la reine!

Si on ajoute les faits extérieurs, on peut également arriver à la conclusion que c'était à la reine que Barnave s'adressait. Par exemple, Fersen nota en août 1791 qu'on parlait à Vienne d'une liaison de Marie-Antoinette avec le député… mais comment a-t-on entendu ces rumeurs à Vienne, quand ces négociations à Paris étaient censées être secrètes? De la maison de la reine? De Mercy? De Lafayette? Une telle rumeur était faite pour discréditer la reine et retarder le secours qu'on cherchait de l'empereur et les autres puissances pour restaurer la monarchie française.

Fersen, comme tu as noté, était fort jaloux de Barnave. C'est clair dans ses lettres et de son journal… et il parle directement à la femme, pas à la reine, quand il écrit à Marie-Antoinette: 'Que votre lâche cœur ne se laisse pas aller aux enragés – ce sont des scélérats qui ne feront jamais rien pour vous. Il faut s'en méfier et s'en servir.' (le 13 octobre 1791 – Klinckowström n'a pas publié le mot lâche, mais c'est bien lisible sur la page).

Il y a aussi une autre hypothèse à considérer. Le style de ces brouillons est si loin du style normal de Barnave qu'on pourrait imaginer qu'il les avait écrits seulement comme une piège pour Marie-Antoinette, en lui faisant profession d'un amour insincère. Il demande à savoir si son cœur est engagé. Curieux, non??? Peut-être ces brouillons étaient-ils désignés pour l'attraper. Et elle s'en aperçut et a réagi avec froideur. En revanche, en lisant la correspondance publiée, il est intéressant de noter que le ton des lettres de Barnave devenait beaucoup plus favorable, plus respectueux, plus confiant, plus admirateur, qu'il ne l'est au début. Ainsi on pourrait supposer qu'elle a su le séduire avec son charme fatal, comme elle en a imposé a tant d'autres. Il y a un arc d'admiration dans les lettres politiques de Barnave qu'on peut expliquer par un changement de ses sentiments pour son adversaire Marie-Antoinette.

Si Barnave l'avait aimée véritablement, je le plains, car il aurait dû savoir que c'était un amour impossible vu leurs circonstances à tous les deux.

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Re: Antoine Barnave

Message par Mme de Sabran le Sam 06 Sep 2014, 18:50

outremanche a écrit:

Fersen, comme tu as noté, était fort jaloux de Barnave. C'est clair dans ses lettres et de son journal… et il parle directement à la femme, pas à la reine, quand il écrit à Marie-Antoinette: 'Que votre lâche cœur ne se laisse pas aller aux enragés – ce sont des scélérats qui ne feront jamais rien pour vous. Il faut s'en méfier et s'en servir.' (le 13 octobre 1791 – Klinckowström n'a pas publié le mot lâche, mais c'est bien lisible sur la page).

Je m'en souviens fort bien . Tu m'as montré cette lettre . C'est fou ça, de retrancher des mots dans une citation !!!
 Mais je sais aussi, d'expérience, que cela vient parfois de l'éditeur .  Tu vois à quoi je fais allusion.

outremanche a écrit:Il y a aussi une autre hypothèse à considérer. Le style de ces brouillons est si loin du style normal de Barnave qu'on pourrait imaginer qu'il les avait écrits seulement comme une piège pour Marie-Antoinette, en lui faisant profession d'un amour insincère. Il demande à savoir si son cœur est engagé. Curieux, non??? Peut-être ces brouillons étaient désignés pour l'attraper. Et elle s'en aperçut et a réagi avec froideur.

C'est une hypothèse intéressante, mais je ne crois pas que Barnave joue là une comédie pour la perdre .  Si réellement ces lettres s'adressent à la reine, il me semble plutôt que Barnave épris et très ému du sort de Marie-Antoinette est sincère .
Sais pas , je le sens bien moi, Barnave .     Ou alors, je me trompe entièrement sur son compte .  
Auquel cas, j'ai à revoir complètement mon opinion sur lui ...

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Re: Antoine Barnave

Message par Invité le Sam 06 Sep 2014, 19:07

Moi non plus , je ne pense pas Barnave si fourbe...
J'espère ne pas me tromper en voyant en lui un enragé attendri...

Bien à vous.

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Re: Antoine Barnave

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