Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Invité le Dim 04 Oct 2015, 15:02

Oui, François, tu avais raison quant à la chambre de la Dauphine.
Pour le jeune homme blessé, je ne sais dans quel ouvrage de Dumas cette conférencière a pu trouver cette vérité ... boudoi29 


Bien à vous.

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mademoiselle de Trianon le Dim 04 Oct 2015, 22:02

J'avais lu cette anecdote sur la mort du jeune homme dans livre Versailles après les rois de Franck Ferrand, le jeune homme serait nommé Lhériter.
Dans le même livre, une autre information m'avait surprise, il y est dit que la reine ne se trouvait pas dans la grotte de Trianon mais dans ses cabinets du château. C'est la seule fois que je lisais cette version scratch , je ne crois pas avoir vu l'information sur le forum mais connaissez-vous d'autres ouvrages qui rapportent les mêmes faits ?
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par MARIE ANTOINETTE le Lun 05 Oct 2015, 16:27

J'ai lu récemment dans SECRETS DE VERSAILLES qui vient de paraître en Août 2015 l'anecdote de la grotte -  il semblerait que la Reine était remontée au château attendant le Roi et il y a des pages intéressantes dans ce livre sur les journées des 5 et 6 octobre.

Je possède les interrogatoires faits en 1790 au Palais de JUSTICE sur ces journées par différents témoins de toute condition et je vais me rafraîchir la mémoire sur le sujet car il n'est pas nécessaire d'aller se mouiller au dehors, et la lecture avec une excellente tasse de thé MARIE ANTOINETTE est de saison.

MARIE ANTOINETTE :!,,,!!!:

Je viens de constater que j'ai en mains un beau calendrier 2015 totalement faux en ce qui concerne les dates et jours d'octobre !!!!!!
c'est pourquoi hier dimanche 4, je me croyais le 6 !!!!!!!!!
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Invité le Jeu 06 Oct 2016, 10:49

Voici une évocation de la dernière nuit de la royauté à Versailles racontée par ce grand Monsieur qu'a été Gérald Van der Kem:

 http://www.ina.fr/video/CPF08008581

Après une présentation de Louis PAUWELS et du conservateur Gérald VAN DER KEMP, dans le château de Versailles, évocation de la dernière nuit de liberté de Louis XVI et Marie-Antoinette, celle du 5 au 6 octobre 1789, jouée par une trentaine de figurants et racontée par Alain CUNY. Mais Versailles est aussi peuplé de fantômes comme les danseuses de menuet du temps de Louis XIV, Madame de Maintenon priant dans la chapelle pour Louis XV et le petit Mozart jouant une gavotte. ( 29 mars 1959 )


Bien à vous.

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Invité le Jeu 06 Oct 2016, 11:05

Merci beaucoup, c'est passionnant, et très intéressant;
Alain Cuny, quel tragédien !

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par MARIE ANTOINETTE le Jeu 06 Oct 2016, 12:25

ALAIN CUNY quel mauvais comédien, vous n'avez pas dû le supporter pendant près de 3 heures sur la scène de l'ODÉON dans TÊTE D'OR de CLAUDEL  -  je ne pouvais plus supporter des bramements et ses effets de voix si particuliers.... un détail il était aussi mauvais conducteur dans sa vieille DS que mauvais comédien  !!!!!!!

MARIE ANTOINETTE Smileàè-è\':
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Invité le Jeu 06 Oct 2016, 13:27

:\\\\\\\\: :\\\\\\\\: Ha ha ! chère Marie-Antoinette, quel vigoureux démenti....... :

Mais je plaide ( un tout petit peu) la cause de ce malheureux......

Marie-Antoinette a écrit: vous n'avez pas dû le supporter pendant près de 3 heures sur la scène de l'ODÉON dans TÊTE D'OR de CLAUDEL

Aussi, CLAUDEL !!! ma chère Marie-Antoinette, qu'étiez -vous allée faire dans cette galère !!!!! :

Bon, j'avoue peu connaître Alain Cuny, ne l'ayant vu jouer que dans les vidéos "scolaires" et donc sa diction si particulière ( pour reprendre vos termes) "animait" et réveillait un peu les alexandrins ressassés que nous connaissons tous; d'où mon impression......
Mais je me fie à votre opinion plus justifiée, puisque vous l'avez vu jouer "en vrai" !!!

Quant à sa façon de conduire !!! :\\\\\\\\: c'est très amusant ce que vous racontez...... :\\\\\\\\:

Pauvre, pauvre Alain Cuny........ Very Happy

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par La nuit, la neige le Mer 23 Nov 2016, 20:16

Une gravure que je ne connaissais pas, et conservée à Carnavalet :


Bravoure des femmes parisiennes aux journées des 5 et 6 octobre 1789 à Versailles
Photo : Musée Carnavalet - Histoire de la ville de Paris


Dessinée et gravée par Jacques-Philippe Caresme (1734-1796), datée vers 1784-94
Le texte en sous-titre mentionne :

Reine Audu est  l'Héroïne de ces journées. Le 5 octobre sur les dix heures du matin, elle se mit a la tête de plus de 800 femmes, aussi déterminées qu'elle, elles partirent des Champs-Elysées, arrivèrent a Versailles. Elle fit surveiller les malveillans contre l'Assemblée Nationale, fit prêter serment aux Dragons, et au Régiment de Flandres, arrêta les 4 Voitures du Tyran qui devaient le conduire à Metz, et malgré la resistance opiniâtre de ses Gardes du Corps, pénétra elle douzieme dans l'appartement du Tyran, lui fit sanctioner la Déclaration des Droits de l'homme, et après s'estre assurée / qu'il revenoit faire son Séjour à Paris ; elle monta avec sa Troupe sur les Canons de sa Section, et rentra en Triomphe a Paris.

Pour recompense les Intrigans la firent mettre en prison au Châtelet, et a la Conciergerie pendant prés d'un an, d'où elle ne fut jamais sortie sans les secours de la Société Populaire des / Cordeliers, et les soins du citoyen Chenaux son deffenseur officieux.

Reine Audu / a etée honorée d'une Epée de la Commune de Paris, qui l'a employée dans l'Administration des Subsistances où elle réside présentement.
(SIC)


Je crois n'avoir jamais entendu parler de cette "Reine Audu"... Shocked scratch
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Invité le Mer 23 Nov 2016, 20:37

La nuit, la neige a écrit:Je crois n'avoir jamais entendu parler de cette "Reine Audu"... Shocked scratch

Je pense avoir rencontré ce nom, pour la première fois dans un livre sur la Révolution Française racontée aux enfants , je devais donc avoir une dizaine d'années... il y a donc une trentaine d'années , j'ai des circonstances atténuantes de ne pas me souvenir de tout... :
Ce livre doit être dans mon grenier qui est mal éclairé Smileàè-è\':
Il a la tranche dorée et blanche... Impossible d'en retrouver l'auteur (ils étaient peut-être deux.... un couple...) , j'irai à sa recherche demain Wink


Bien à vous.

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Invité le Jeu 24 Nov 2016, 13:04

Je confirme que cette Reine Audu est bien évoquée à la page 25 des Récits et épisodes de la Révolution Française de Marcelle et Georges Huisman , chez Fernand Nathan ( c'est ça la collection à la tranche dorée et blanche Wink ) .


Bien à vous. :n,,;::::!!!:

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par La nuit, la neige le Jeu 24 Nov 2016, 13:37

Merci...
Reine Audu, donc. Très bien. Wink

J'aurais dû garder ce nom secret pour notre jeu de l'Automne... :
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mr de Talaru le Ven 25 Nov 2016, 11:52

: tant pis pour toi ! : : : : : :

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mme de Sabran le Jeu 12 Jan 2017, 11:50

.

... le balcon du 6 octobre ...




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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par La nuit, la neige le Ven 16 Fév 2018, 18:54

Cher Roi-cavalerie,

Idea J'ai copié, également dans ce sujet, le message que vous avez posté dans celui consacré au livre Les derniers jours de Versailles, d'Alexandre Maral

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous écrire cet intéressant exposé des évènements, d'après les recherches d'Alexandre Maral. Smile

Roi-cavalerie a écrit:Chers amis,
(...)

Je viens de relire les pages qu'Alexandre Maral a consacré aux journées des 5 et 6 octobre 1789. Elles sont fascinantes. Le roi, confronté à une situation de crise grave, se laisse porter par les événements sans chercher à aucun moment à réagir alors qu'il en avait manifestement les moyens. L'Assemblée nationale, quant à elle, est manifestement dépassée par la colère des Parisiens et ne contrôle plus rien si ce n'est le roi puisqu'elle profite de la pression populaire pour obtenir son accord concernant les travaux sur la déclaration des droits de l'homme et les premiers articles de la constitution !
Loin de vouloir jouer les "y a qu'à, faut qu'on", je détaille ci-dessous les points qui m'ont semblé caractéristiques de son impéritie et de celle de ses différents ministres du moins tels qu'ils apparaissent dans les témoignages recueillis par Alexandre Maral.
C'est un peu long mais libre à vous de me lire !

- La rumeur d'un mouvement insurrectionnel courrait à Paris dès le 4 au soir en raison de l'attroupement de nombreux miséreux qui s'étaient rassemblés devant l'Hôtel de ville. Ils réclamaient du pain et souhaitaient punir les gardes du corps qui, selon ce qui avait été raconté, auraient piétiné la cocarde nationale au cours du banquet du 1er octobre à l'Orangerie.
Néanmoins, le roi malgré les précédentes échauffourées de l'été (14 juillet, incendie de nombreux châteaux en province, pillages divers) ne modifie en rien son emploi du temps et s'en va tranquillement chasser à Rambouillet le lendemain. Les informations sur ce rassemblement lui sont-ils parvenus ? La police du royaume et les services du ministre de la Maison du Roi auquel elle était rattachée fonctionnaient-ils encore correctement ? On peut en douter.


- Le 5 au matin, eut lieu un nouveau rassemblement de femmes qui menacèrent de mettre le feu à l'Hôtel de ville si on ne leur donnait pas du pain. Leur colère détournée sur Versailles par des meneurs, elles se rassemblèrent en grand nombre sur la place Louis XV, avant de prendre la route de Versailles armées de manière hétéroclite et accompagnées de 4 canons.
Ce remue-ménage pourtant peu discret ne fût signalé qu'à 11h00 du matin au comte de Saint-Priest, ministre de la Maison du roi, qui envoya prévenir le souverain, lequel chassait alors dans la forêt de Meudon. Mais il fallut le trouver. Ceci expliquerait sans doute pourquoi il ne regagna le château que vers 15 heures.
L'avant-garde du cortège des femmes avait déjà atteint Versailles.
Pendant tout ce laps de temps, soit 4 heures, il semble qu'aucun des ministres n'ait pris sur lui, en attendant les ordres du roi, de faire bloquer les ponts, verrous essentiels sur la route de Paris, par la troupe ce qui aurait permis de voir venir. On attendit l'arrivée des manifestants à Versailles plutôt que de tenter de les stopper au plus loin.  Néanmoins, les forces mises en place en protection du château, tant bien que mal et à la hâte au dernier moment, comprenait selon les témoins :  les gardes suisses rangés en bataille à droite sur la place d'Armes, le régiment de Flandres à gauche, cinquante cavaliers de la maréchaussée, deux cent chasseurs et huit cent garde du corps à cheval devant la grille de la cour des Ministres à l'extérieur.
A l'intérieur du château, un grand nombre de gentilshommes s'étaient rassemblées et semblaient prêts à défendre le roi avec leurs seules épées.
Ce dispositif mis aux ordres d'un commandement unifié et résolu, même s'il n'était que défensif, aurait pu cependant donner au roi une capacité de réaction avec des troupes à peu près sûres s'il avait eu l'intention de dégager les abords du château des quelques centaines d'hommes ou de femmes armés de faucilles ou de piques accompagnés de 2 canons stationnés sur la place et appuyés par des éléments de la milice locale ralliés aux insurgés avant l'arrivée de Lafayette et de la garde nationale de Paris. Il ne le fit pas.

- En effet, lors du Conseil qui suivit son retour, le roi écarta par principe l'usage de la force armée en particulier contre des femmes, refusa de se porter à la tête des gardes du corps au devant des insurgés comme le lui conseillait Saint-Priest, et finalement, sur les conseils de Necker et de Montmorin, de quitter Versailles avec sa famille pour Rambouillet afin de ne pas être soumis à la pression de la rue.
Il se résolut donc à rester, choisissant ainsi ce qui parait avoir été la plus mauvaise des solutions dans la mesure où il n'utilisa pas les forces à sa disposition pour tenter de contrôler la situation de manière active même si un peu de sang devait inévitablement couler.
Ce qui arriva d'ailleurs dans les heures qui suivirent mais ce fut celui de ses gardes du corps qu'il sacrifia ainsi à sa passivité. Quelques heures plus tard, sur les conseils de Saint-Priest soutenu par le ministre de la Guerre, devant l'aggravation de la situation, il se reprendra et décidera de partir, mais il sera trop tard, la foule et certains éléments de la garde nationale de Versailles ralliés à l'insurrection contrôlant définitivement les accès au château du côté de la ville.

- Après 20h00, un calme apparent et trompeur semblant se rétablir sur la place, le roi donna l'ordre aux troupes de se retirer dans leurs quartiers. Décision vraiment malheureuse qui laisse assez perplexe sur la capacité du roi et de ses ministres à gérer cette crise. Ne leur étaient-ils pas possible d'apprécier de manière plus juste la situation dans la ville à quelques centaines de mètres du château ?
Le régiment de Flandres se replia sur son bivouac du manège de la Grande Ecurie. Les gardes du corps se firent accrocher par les émeutiers lorsqu'ils tentèrent de rejoindre leur hôtel, et se replièrent sur le château où ils s'installèrent à nouveau dans la cour des ministres. On laissa donc la place libre aux insurgés qui en profitèrent pour orienter les canons en leur possession vers le château.
Le roi pour calmer l'agitation ordonna alors aux gardes du corps de basculer du côté des jardins, mouvement qui manifestement ne pouvait que réjouir les émeutiers et les inciter à poursuivre. Vers minuit, plutôt que les conserver à disposition comme force de réaction, le roi, persévérant dans son erreur initiale et sans doute toujours dans la même optique de ne pas exacerber les tensions, leur fit donner l'ordre de rejoindre leur quartier de Rambouillet.
La garde du château fut donc assurée seulement par un contingent des gardes du corps et des cent suisses pour les appartements, les gardes suisses étant chargés de l'extérieur.
Ainsi le roi, par des ordres inappropriés, se trouva imprudemment démunis des troupes qui, sur le pied de guerre, auraient pu le protéger dans les heures qui suivirent.


- L'arrivée du marquis de Lafayette à la tête (ou plutôt à la suite comme le précise Alexandre Maral) de la garde nationale (dont une partie formée par les anciens du régiment des gardes françaises) et d'une seconde vague d'insurgés parisiens eut lieu aux alentours de 22 h 00.
Parvenu devant le roi, et ne cachant pas son souhait que le régiment de Flandres soit éloigné, il obtint de celui-ci que la sécurité extérieure du château et de ses hôtes soit confiée à la garde nationale, troupe qu'il ne contrôlait pas parfaitement et dont un certain nombre de membres avaient rallié le camp des émeutiers lors des évènements de juillet. Erreur manifeste mais logique de la part de ce roi qui, par crainte d'une guerre civile, avait renvoyé les troupes chargées de sa garde dans leurs cantonnements, se mettant ainsi à la portée d'être malmené par les Parisiens.  
En ville, selon plusieurs témoignages, de nombreux émeutiers et des badauds étaient manifestement toujours présents et prêts à faire le coup de feu.
Malgré ces circonstances, Lafayette alla prendre quelques temps de repos sans même, selon certains témoins, donner des consignes particulières à son état-major. Il semblerait qu'il ne fit pas plus contrôler au point du jour les postes de garde aux accès du château ce qui aurait peut-être permis d'éviter l'infiltration d'une bande d'insurgés dans les appartements du roi.
En effet, à l'aube et nonobstant la situation tendue dans laquelle on se trouvait, les grilles d'accès à la cour des Ministres, celles de la cour de la chapelle furent quand même réouvertes.
Celles de la cour des princes n'avaient pas été fermées de la nuit pour laisser passer les sentinelles selon les habitudes des anciennes gardes françaises. Très rapidement, pénétrèrent dans l'enceinte du château une foule de personnes de laquelle surgirent la centaine d'émeutiers qui réussirent à s'infiltrer en direction des appartements royaux.

La suite nous la connaissons tous. Le roi capitula devant les vociférations d'une foule obéissant aux consignes de meneurs et accepta de revenir à Paris avec sa famille fortement aidé en cela par un marquis de Lafayette qui accomplit ainsi la mission de ramener le roi à Paris qu'on lui avait confié.
Dans toute cette affaire, comme on vient de le voir, on ne peut que s'interroger sur le fonctionnement du gouvernement et de l'Assemblée nationale,  dépassés par les événements. Tout remonte au roi et celui-ci se trouve de fait condamné à se trouver en première ligne, aucun de ses grands subordonnées ne prenant d'initiatives qui auraient pu lui permettre de se soustraire à la pression populaire ou de gagner du temps.

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par La nuit, la neige le Mar 22 Mai 2018, 16:25



D'après M. de Saint Priest :

Le garde du corps en sentinelle, entendant du bruit, poussa la porte ; elle fut bientôt forcée et lui égorgé, ainsi qu'un de ses camarades, d'autres couchés tout habillés, furent saisis dans leurs lits ; mais cette expédition donna le temps aux valets de pied de la reine, qui veillaient dans l'antichambre, d'en assurer les portes avec des banquettes, des tabourets, et par leurs efforts réunis d'arrêter les assassins.
Une femme qui couchait dans la chambre de la reine la réveilla, elle n'eut que le temps de passer une robe et ses jupons et s'échappa par la communication qui existait entre l'appartement du roi et le sien, elle y passa pour se réfugier.
.


D'après Mme Campan :

Vers quatre heure et demi du matin, elles entendirent des cris horribles et quelques coups de fusil ; l'une d'elles entra chez la reine pour la réveiller et la faire sortir de son lit ; ma soeur vola vers l'endroit où lui paraissait être le tumulte ; elle ouvrit la porte de l'antichambre qui donne dans la grande salle des gardes et vit un garde du corps, tenant son fusil en travers de la porte et qui était assailli par une multitude qui lui portait des coups ; son visage était déjà couvert de sang ; il se retourna et lui cria : "Madame, sauvez la reine ; on vient pour l'assassiner".
Elle ferma soudain la porte sur cette malheureuse victime de son devoir, poussa le grand verrou et prit la même précaution en sortant de la pièce suivante, et, après être arrivée à la chambre de la reine, elle lui cria "sortez du lit, Madame ; ne vous habillez pas ; sauvez-vous chez le roi"
La reine épouvantée se jette hors du lit, on lui passe un jupon, sans le nouer, et ces deux dames la conduisent vers l'Oeil-de-boeuf.
(...)
Il n'est pas vrai que les brigands aient pénétré jusqu'à la chambre de la reine et percé de coups d'épée ses matelas. Les gardes du corps réfugiés furent les seuls qui entrèrent dans cette chambre, et si la foule y eût pénétré, ils auraient été massacrés.



D'après Mme de La Tour du Pin :

La preuve que l'on n'avait pris aucune précaution extraordinaire, c'est que les assassins, parvenus au haut de l'escalier de marbre, et conduits certainement par quelqu'un qui connaissait le chemin à suivre, tournèrent dans la salle des gardes de la reine, où ils tombèrent à l'improviste sur le seul garde aposté en ce lieu.
Ce garde se précipita à la porte de la chambre à coucher, qui était fermée en dedans, et ayant frappé à plusieurs reprises avec la crosse de son mousqueton, il cria "Madame, sauvez-vous, on vient vous tuer".
Puis, résolu à vendre chèrement sa vie, il se mit le dos contre la porte ; il déchargea d'abord son mousqueton, se défend ensuite avec son sabre, mais est bientôt écharpé sur place par ces misérables qui, heureusement, n'avaient pas d'armes à feu.
Il tombe contre la porte, et son corps empêchant les assassins de l'enfoncer, ceux-ci le poussèrent dans l'embrasure de la fenêtre, ce qui le sauva.
Abandonné là sans connaissance jusqu'après le départ du roi pour Paris, il fut alors recueilli par des amis.
Ce brave nommé Sainte-Marie, vivait encore à la Restauration.



D'après le comte d'Hézecques :

Cette multitude d'assassins monta l'escalier de marbre, se jeta à droite dans la salle des gardes de la reine, en vomissant des injures les plus atroces contre cette princesse, et en demandant sa tête à grands cris.
Les gardes blessés, assommés, se dérobent dans la grande salle.
(...)
Durepaire et Miomandre de Sainte-Marie, après avoir averti par leurs cris les femmes de la reine, donnent le temps, par leur vigoureuse résistance, de barricader la porte.
Miomandre reçoit un coup de crosse de fusil sur la tête ; le chien pénètre le crâne ; et sa tête aurait augmenté les trophées sanglants de cette matinée, si plusieurs de ses camarades, réfugiés dans la grande salle, et revenant sur leurs pas pour se soustraire à une autre bande de brigands montés par l'escalier des Princes, ne l'eussent secouru et ne se fussent fait jour jusqu'à l'autre salle qui précédait les appartements du roi.
Aux cris de sa garde égorgée, la reine, que la fatigue et l'inquiétude avait forcé à prendre un peu de repos, est réveillée.
Son effroi lui permit à peine de prendre un léger vêtement, et de se soustraire au danger, en se réfugiant près de son époux.
(...)
On a dit, dans le temps, que ces monstres, ayant pénétré jusqu'au lit de la reine, avait percé les matelas à coups de baïonnettes.
Le fait est faux ; ils n'allèrent pas plus loin que la salles des gardes.
La lutte qui s'y engagea donna le temps d'assurer la porte. J'ai examiné moi-même le lit de la reine, deux jours après, sans y trouver aucune trace de violence.



Et enfin, d'après Mme de Tourzel :

Ils montèrent ensuite le grand escalier et allèrent droit à l'appartement de la reine. Les gardes du corps, quoiqu'en petit nombre, en défendirent l'accès avec le plus grand courage ; plusieurs furent blessés dangereusement, entre autres MM de Beaurepaire et de Sainte-Marie * ; mais ils eurent heureusement le temps de crier : "Sauvez la reine !"
Madame Thibaut, sa première femme de chambre, qui ne s'était heureusement pas couchée, n'eut que le temps de lui donner une robe et de la faire sauver chez le roi.
A peine Sa Majesté avait-elle quitté la chambre, que ces scélérats en forcèrent l'entrée, et, furieux de ne l'y plus trouver, donnèrent des coups de pique dans son lit, pour ne laisser aucun doute sur le crime qu'ils se proposaient de commettre.

* Note de Mme de Tourzel : M. Miomendre de Sainte-Marie est mort en émigration, et je ne l'ai pas vu depuis cette horrible journée.
M. de Beaurepaire venait faire sa cour au roi et à la reine aussi souvent qu'il le put sans danger.
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Mai 2018, 17:52

Merci, cher la nuit, la neige . Very Happy
Je suis en Ardèche, mais de retour à la maison je posterai aussi le récit de Paroy .

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Mai 2018, 10:52

Or donc, voici la narration de Paroy .  Very Happy
( Les garde du corps viennent d'être assassinés . )

Les brigands et les femmes qui n'étaient pas occupés à cette boucherie, montèrent par le grand escalier : un garde du corps, nommé Moreau, qui voulait leur fermer le passage, fut maltraité horriblement. Il se dégagea après des efforts inouïs et parvint à joindre ses camarades et à se replier avec eux dans la salle du roi et dans la grande salle. La foule les poursuivit, enfonça un panneau de la porte, et chercha a les percer à coups de pique. Ils se retirèrent dans d'autres pièces ; une partie de la populace se précipita par cette ouverture et se dirigea principalement du côté de l'appartement de la reine, en proférant contre elle des imprécations atroces.

La reine n'était pas encore levée ; un garde du corps entr'ouvrit la porte de la première antichambre et prévint ses femmes du danger qui la menaçait. Lui et cinq ou six de ses camarades vinrent se ranger devant la porte de sa chambre, tandis que les brigands tâchaient de se faire jour. Ce garde du corps était M. de Miorande de Sainte-Marie ; il a déposé depuis au Châtelet que, le 6 octobre au matin, il était descendu pour s'opposer à l'envahissement du château par la foule armée et qu'il avait dit : « Mes amis, vous aimez le roi et vous venez l'inquiéter jusque dans son palais ! » Qu'alors il fut attaqué par ces furieux, qu'il leur échappa et, pensant au danger que pouvait courir la reine, se hâta de la prévenir de se sauver ; qu'entendant ces brigands vomir contre cette princesse les plus horribles imprécations, il cria à Mme Tibaud, femme de chambre de la reine : « Madame, sauvez la reine, on en veut à sa vie ! Je suis seul contre deux mille tigres, mes camarades ont été forcés de quitter la salle ! » Que dans ce moment un de ces furieux lui donna sur la tête un coup de crosse de fusil et le laissa pour mort sur la place. La reine s'habilla à la hâte et se réfugia chez le roi par une porte dérobée, tandis que le roi se rendait chez elle par un autre chemin. On lui amena ses enfants, et Madame  Elisabeth vint la rejoindre.

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par La nuit, la neige le Jeu 24 Mai 2018, 11:16

Merci...Very Happy
Paroy père ou fils ?
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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Mai 2018, 11:19


Paroy fils : Jean-Philippe-Guy le Gentil de Paroy . Very Happy

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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Mai 2018, 22:55

Paroy poursuit :

Le 6 octobre donc, l'Assemblée arrêta d'envoyer auprès de Sa Majesté une députation de trente-six de ses membres destinés à l'entourer dans ces moments critiques. Sur la motion de Mirabeau et de Barnave, elle décréta que le roi et rAssemblée nationale seraient inséparables pendant la durée de la session actuelle.
M. l'abbé d'Eymar, président de la députation, présenta au roi le décret, et dit : « Sire, j'ai l'honneur de remettre entre les mains de Votre Majesté le décret par lequel l'Assemblée nationale vient de déclarer unanimement la personne de son roi inséparable des représentants de la nation pendant la session actuelle. Elle croit manifester un vœu digne du cœur de Votre Majesté et consolant pour elle dans la circonstance .
—  Je ne me séparerai jamais d'elle » , répondit le roi avec effusion de cœur.

L'abbé d'Eymar ayant demandé une réponse par écrit, le roi remit un billet ainsi conçu : « Je vois avec une vive sensibilité les nouveaux témoignages
de rattachement de l'Assemblée. Le vœu de mon cœur est, vous le savez, de ne jamais me séparer d'elle. Je vais me rendre à Paris avec la reine et mes enfants. Je donnerai tous les ordres pour que l'Assemblée nationale puisse y continuer ses travaux. »
L'Assemblée nomma une nombreuse députation pour accompagner le roi à Paris.



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Re: Versailles, les 5 et 6 octobre 1789

Message par Gouverneur Morris le Jeu 24 Mai 2018, 23:17

Triste jour...
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Gouverneur Morris

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