La présentation à la Cour

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Re: La présentation à la Cour

Message par La nuit, la neige le Dim 27 Déc 2015, 13:59

Amusant de lire que Chérin était, lui aussi, surnommé l'Incorruptible. :
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Re: La présentation à la Cour

Message par Mme de Sabran le Dim 27 Déc 2015, 14:54

Jamais deux sans trois ! :n,,;::::!!!:
Qui est le troisième ?

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Re: La présentation à la Cour

Message par La nuit, la neige le Dim 27 Déc 2015, 15:30

Je cite cette fois-ci Madame de Genlis, très à cheval sur les bonnes manières et l'étiquette. :
Côté morale, en revanche...boudoi29
Enfin, bref, voici son témoignage :




Arrow

Les présentations des hommes à la Cour consistait à chasser avec le roi (lire le récit amusant de Chateaubriand dans ses Mémoires d'Outre-Tombe), par conséquent à monter dans ses carrosses, ainsi qu'à monter ses chevaux à la chasse, et à souper dans les petits appartements.
Toute autre présentation ne constituait pas homme de la Cour.
Il paraît singulier que la chasse fût choisie pour marquer cette dignité, mais ce n'était point la chasse, c'était de monter dans les carrosses, et comme les Rois chassaient toutes les semaines à des jours marqués et qu'ils revenaient de la chasse en carrosse avec tous les seigneurs de leur suite, on avait fixé les présentations les jours de chasse pour cette raison.

Les présentés ne montaient jamais que dans les carrosses de suite, ce qui donnait le droit de monter dans celui du Roi, du moins par le rang et la naissance ; mais le Roi n'appelait dans les siens que les favoris.
Ce n'était point une distinction de naissance, c'était une faveur de choix. Quelques places cependant donnaient le droit positif d'y être admis.
On donnait à sa présentation dix louis au premier piqueur qui présentait le cheval pour chasser, et dix louis au cocher qui ramenait en carrosse ; pour toutes les autres fois, on ne donnait rien.
Toutes ces choses existaient semblables pour les carrosses de la Reine.
J'oublie de dire que les hommes, la veille et le jour de leur présentation, allaient faire des visites au Premier gentilhomme de la Chambre et au Grand écuyer.



Les présentations des femmes consistaient, après les preuves faites et examinées par le généalogiste de la Cour, ainsi que celles des hommes, à être présentée publiquement et en cérémonie, en grand habit de cour, par une femme déjà présentée.
Le Roi et la famille royale donnaient leur heure et leur jour, c'était toujours un dimanche (*).

Cette présentation, en grand habit, donnait le droit de monter dans les carrosses du Roi et de la Reine, et de souper dans les petits appartements.
La veille de la présentation, la présentée allait à Versailles avec celle qui devait la présenter faire des visites à tout ce que l'on appelait les honneurs ; c'était la dame d'honneur et la dame d'atours de la Reine et celles de Mesdames et des princesses ses belles-soeurs ; on y retournait encore le lendemain.



On avait pris des leçons de révérences pour la présentation, on avait un énorme panier, une queue qui pouvait se détacher, afin qu'on pût l'ôter quand on rentrait chez soi ; cette queue s'appelait bas de robe, elle était assez étroite et d'une longueur démesurée.
Il fallait vingt ou vingt deux aunes d'étoffe pour faire un grand habit, sans garniture.



La présentée faisait une révérence à la porte, ensuite quelques pas et une seconde révérence, et une troisième près de la Reine ; alors elle ôtait le gant de sa main droite, se penchait et saisissait le bas de jupe de la Reine pour le baiser.
La Reine l'empêchait de le prendre en retirant sa jupe et se retirait un peu elle-même. L'hommage était rendu, on en restait là.
La Reine disait quelques phrases obligeantes, ensuite elle faisait une révérence, ce qui signifiait qu'il fallait se retirer, ce qu'on faisait à reculons, malgré la grande queue, qu'on poussait adroitement en faisant ses trois révérences d'adieu.

Si la présentée était duchesse ou que, sans avoir ce titre, elle eût le tabouret (ce qui était souvent), elle ne faisait point l'humiliante démonstration du baisement de bas de robe, elle était saluée par la Reine et les princesses.
On appelait saluer, à la Cour, en présentation, l'honneur de présenter sa joue droite à la Reine, qui y appliquait légèrement la sienne.
Le Roi et ses frères accordaient indistinctement cet honneur à toutes les présentées, titrées, duchesses ou non.

Quand la présentée était duchesse ou titrée, elle était toujours présentée par une titrée.  
La Reine la recevait assise dans un fauteuil, et après l'avoir saluée debout, se remettait dans son fauteuil, et l'on présentait des tabourets à la présentée et à la présentante qui s'asseyaient.



Quand la présentée retournait faire sa cour, elle pouvait alors y aller avec une femme non titrée.

(...)

On ne portait le grand corps à la Cour que le jour de la présentation et de la première année, et aux fêtes de la Cour.
D'ailleurs, on prenait la mantille, que portaient toujours les personnes qui n'étaient plus jeunes, même lorsqu'elles se faisaient présenter.

Le soir de la présentation, on allait au jeu de la Reine ou de Madama la Dauphine ; là, toutes les femmes présentées, sans distinction de titres, étaient assises sur des tabourets, et pouvaient, si elles le voulaient, jouer à la grande table ronde la Reine.
Il ne fallait pour cela qu'arriver avant le jeu commencé, et s'y mettre quand la Reine s'y mettait.
Mesdames et les autres princesses faisaient dans le même salon d'autres parties particulières ; on ne se présentait point sans être nommée et appelée par elles.



Quand on ne voulait pas jouer, on n'arrivait que lorsque le jeu était commencé ; alors, après avoir fait seulement une révérence à la porte, on allait prendre place sur un des tabourets qui formaient un cercle autour de la chambre, mais on y restait jusqu'après le jeu.
Quand le jeu était fini, la Reine et tout le monde se levaient, la Reine faisait le tour du cercle, disait un mot à chacune, ensuite faisait une révérence et s'en allait ; alors seulement on sortait du salon.

Les hommes faisaient aussi leur cour au jeu. Ceux qui ne jouaient pas restaient toujours debout, quel que fût leur rang, étiquette établie pour eux par la galanterie française.

On faisait le même jour toutes les présentations à toute la famille royale.
On entendait par famille royale : le Roi, la Reine, leurs enfants, les filles du dernier Roi, les frères, soeurs, belles-soeurs, les petits-enfants, les neveux et nièces du Roi. Toute cette famille logeait à demeure à Versailles.
Les cousins et cousines formaient les princes du sang et logeaient à demeure à Paris. On leur était présentée à Paris quelques jours après la présentation à Versailles.

Dans les présentations à la famille royale on rassemblait, outre celles qui présentaient, plusieurs parentes.
Le bon air était d'avoir au moins six ou sept femmes.
Dans leur présentations aux princes du sang, on n'avait jamais que celles qui présentaient, mais les unes et les autres étaient en grand habit, comme à Versailles.
Les princes et les princesses saluaient les présentées, titrées ou non.
On s'asseyait un quart d'heure, ensuite on s'en allait ; les dames d'honneur des princesses reconduisaient jusqu'à la porte du salon.


A Naples et dans les autres cours étrangères, les Reines saluaient aussi les titrées et donnaient aux autres femmes leur main à baiser, et on la baisait.
En France, la Majesté suprême, plus fière, mais plus délicate et plus généreuse, exigeait une démonstration d'une soumission entière et parfaite, mais elle n'en abusait pas.
C'était seulement une profession de foi qu'elle demandait ; cela fait elle épargnait l'action qui devait surtout coûter.
En dispensant de le faire, elle semblait dire :

Je suis contente de vos sentiments, ils me suffisent : quand vous êtes disposée à m'accorder tout, je me charge de votre propre dignité, comme d'un bien qui ajoute à la mienne.

Il est à remarquer que cet hommage d'une profonde soumission n'était prescrit qu'aux femmes et pour nos Reines.
Les Rois semblaient vouloir les en dédommager, puisqu'ils saluaient indistinctement les titrées et les non-titrées.
Ainsi, quand l'homme de la Cour voyait son maître traiter aussi paternellement et fraternellement son épouse et sa fille, l'acte de soumission pour la Reine ne pouvait lui coûter.
Au contraire, dans les pays étrangers les souverains donnaient leur main à baiser aux femmes, non seulement à la présentation, mais tous les jours.
C'est ce que j'ai vu faire au Roi de Naples, ce qui me parut bien étrange.



Comme la Reine de France n'acceptait pas l'hommage du baisement de bas de robe, les Françaises conservaient une fierté que n'avait nulle étrangère.
Jamais Française, dans une autre Cour, ne s'est soumise au baisement de main, parce qu'il était exigé et positif.
Tous nos ambassadeurs les avertissaient qu'elles ne le devaient pas.
A Naples, le marquis de Clermont, notre ambassadeur, la veille de ma présentation à cette Cour, me dit qu'aussitôt que j'aurais fait mes trois révérences, il fallait tout de suite me reculer doucement deux pas en arrière, afin que la Reine ne me présentât pas sa main.
Il ajouta que toutes nos Françaises se conduisaient ainsi, ce que je fis pour la Reine, ainsi que pour le Roi.

Au reste, en particulier, c'est-à-dire hors de toute étiquette, quand nos Reines ou même les princesses du sang nous faisaient l'honneur de nous embrasser, nous ne manquions jamais de leur baiser la main, action fort simple ; c'était un témoignage volontaire d'une respectueuse reconnaissance.
Les jeunes femmes bien élevées faisaient la même chose pour les femmes âgées qui les embrassaient.


Il y avait aussi pour la Reine des présentations subalternes, celles qu'elle recevait à sa toilette, mais alors on lui était présentée en robe de chambre et non en grand habit, que les seules dames de la Cour avaient le droit de porter.
La première femme de chambre faisait ces sortes de présentations.
Les femmes de la Reine et celles des princesses de la famille royale faisaient toujours leur service en grand habit, mais elles ne pouvaient porter le bas de robe ou queue ; elles n'avaient que la mantille et la jupe sans queue ; elles ne pouvaient non plus, quelque jeunes qu'elles fussent, porter le grand corps.
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Re: La présentation à la Cour

Message par Mme de Sabran le Dim 27 Déc 2015, 16:49

La nuit, la neige a écrit:

Je cite cette fois-ci Madame de Genlis

Les présentations des hommes à la Cour consistait à chasser avec le roi (lire le récit amusant de Chateaubriand dans ses Mémoires d'Outre-Tombe), par conséquent à monter dans ses carrosses, ainsi qu'à monter ses chevaux à la chasse, et à souper dans les petits appartements.
Toute autre présentation ne constituait pas homme de la Cour.
.

...    et moi, le prince de Ligne ! Very Happy

Il raconte les soupers dans les petits cabinets :

La plus grande faveur était d'être ce qu'on nommait " appelé dans les cabinets "  . C'était ce que j'étais toutes les fois qu'il y avait à souper chez le roi, et marque de distinction plus encore que de familiarité de société .
Nous n'étions guère que sept ou huit à qui ces deux raisons procuraient toutes les fois cet appel qui faisait tant de jaloux . Ceux qui se tuaient et leurs chevaux aussi pour arriver à l'ordre et qui n'étaient pas nommés, s'en retournaient à Paris, le chagrin dans l'âme, et n'osaient pas se montrer .




...    au sujet de la chasse, une anecdote que je ne comprends pas bien :

Louis XVI était extrêmement imprudent à la chasse . J'ai entendu siffler une de ses balles à mon oreille à la mort du cerf, mais un jour il tua, en se retournant, une perdrix entre la reine et moi, à un de ces tirés où il me prenait souvent pour causer avec lui, car il n'y avait que ses deux frères qui tiraient .   Suspect   Ce qui me faisait venir l'eau à la bouche, mais c'était une faveur qu'il accordait à très peu de courtisans .

boudoi16

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Re: La présentation à la Cour

Message par La nuit, la neige le Dim 27 Déc 2015, 18:02

Il écrit mal, ce Ligne... boudoi29 :

Je comprends que seuls le roi et ses frères avaient le droit de canarder ces pauvres bêtes, non ?
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Re: La présentation à la Cour

Message par Mme de Sabran le Dim 27 Déc 2015, 18:39

La nuit, la neige a écrit:

Il écrit mal, ce Ligne... boudoi29 :

J'y pige couic, je te l'accorde ...  Hop!
Son éditeur aura été incapable de le relire et aura imprimé n'importenawak !  :

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Re: La présentation à la Cour

Message par La nuit, la neige le Lun 28 Déc 2015, 10:13

Idea Les mémorialistes citées ont évoqué le "grand habit", que les femmes présentées devaient alors porter à l'occasion de leur présentation à la Cour.

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande la lecture de cet article intéressant intitulé :
Petite étude du grand habit à travers les mémoires quittancés de la comtesse d’Artois (1773-1780)



Ici  Arrow  : http://apparences.revues.org/1325


Nous avions également cité dans nos rubriques cet autre article, également très intéressant, intitulé :
Pour paraître à la cour : les habits de Marie-Fortunée d’Este, princesse de Conti (1731-1803)



Ici  Arrow : http://apparences.revues.org/1184
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Re: La présentation à la Cour

Message par MARIE ANTOINETTE le Mar 29 Déc 2015, 16:21

"... la présentation sollicitée par tant de dames, n'était accordée qu'à un petit nombre. Par une décision du 17 Avril 1760, LOUIS XV avait réglé les conditions dans lesquelles cette faveur pouvait être demandée , "voulant, disait-il, à l'exemple des rois nos prédécesseurs, n'accorder qu'aux seules femmes de ceux qui sont issus d'une noblesse de race de nous être présentées"
Il exigeait la production, devant le généalogiste de ses ordres, des titres originaux ou en expédition par devant notaire par lesquels la filiation de l'époux serait établie clairement depuis 1400, sans robe ni anoblissement " nous réservant au surplus, ajoutait l'édit , d'exempter de cette règle ceux qui seraient pourvus de charges de la Couronne ou dans notre Maison".

Il y a , aux archives de la maison du Roi, des listes de demandes transmises à LOUIS XV par les premiers gentilshommes de la Chambre ou le premier écuyer : ce sont des femmes d'officiers de mérite, de nobles anciens ; elles sont recommandées par un ministre, un aumônier du Roi ou telle autre autorité de la Cour.
Le Roi renvoie les noms à CLAIREMBAULT , son généalogiste, et très souvent les raye lui-même impitoyablement d'un "Non" cruel ou d'un "Qu'on ne m'en parle plus" qui a dû jeter au désespoir bien des vanités féminines.
(MARIE ANTOINETTE DAUPHINE - PIERRE DE NOLHAC p.34/35)
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Re: La présentation à la Cour

Message par Comte d'Hézècques le Mer 30 Déc 2015, 10:43

Merci MARIE-ANTOINETTE pour ces éclaircissements...
En gros, peu de femmes étaient présentées, afin de limiter cette corvée-là pour le roi et la famille royale.
Toutefois, je me demande toujours comment Mme du Barry a pu se faire présenter, vu ses origines roturières.
En fin de compte, ça dépendait aussi du bon vouloir du roi. Il y avait toujours moyen de trouver un biais...

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Re: La présentation à la Cour

Message par Mme de Sabran le Mer 30 Déc 2015, 11:03

Mme de Béarn, sa marraine pour la présentation, s'est fait supplier pour la forme ... mais puisque c'était le bon vouloir du roi il n'y avait pas moyen de s'y soustraire, n'est-ce pas ! Very Happy

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Re: La présentation à la Cour

Message par Invité le Mer 30 Déc 2015, 11:27

Madame de Béarn ressemblait-elle à celle qui apparaît dans le film de Christian-Jaque avec Martine Carol ? :  Elle y était hautaine, méprisante vis-à-vis de la modeste nouvelle arrivée à la Cour... mais intéressée elle sait lui sourire et la mener au Roi contre des récompenses pécuniaires... Le portrait est drôlissime ! : :
J'adore son :"Votre fils , sans doute!" en voyant passer Madame du Barry avec Zamor ...


Bien à vous.

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Re: La présentation à la Cour

Message par Comte d'Hézècques le Mer 30 Déc 2015, 11:29

Je croyais que c'était la maréchale de Mirepoix qui s'est proposée candidate uniquement pour que le roi paie ses dettes de jeu, ou parlons-nous de la même personne ? Very Happy

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Re: La présentation à la Cour

Message par Invité le Mer 30 Déc 2015, 11:45

J'ai cité le nom de la marraine qu'évoquait Eléonore... je n'ai plus le nom que portait celle du film en tête Wink


Bien à vous.

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Re: La présentation à la Cour

Message par MARIE ANTOINETTE le Mer 30 Déc 2015, 12:28

toujours tiré de MARIE ANTOINETTE DAUPHINE par PIERRE DE NOLHC
nous trouvons les origines NOBLES de la Famille DU BARRY

"Si rigoureux sur le chapitre de la naissance, croyant racheter sa licence privée par une ferme observation de l'étiquette, l'Amant de Madame DU BARRY , avec son habitude de calculer à l'avance les suites lointaines de ses actions, semble avoir tout prévu, en consentant à son mariage, pour le jour où il serait tenté de la recevoir à la Cour.µ
La famille dans laquelle elle est entrée est dans les conditions requises pour que les femmes en soient présentées ; le titre de comte reste douteux, mais les preuves des trois cents ans de noblesse ont été faites en divers cas récents, pour l'Ecole militaire, par exemple, et les pages de la Chambre.
L'incorruptible CLAIRAMBAULT n'aurait sur le nom des DU BARRY aucune objection à faire, et nul règlement , par ailleurs, ne s'est avisé de prévoir le cas d'indignité de la femme.
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Re: La présentation à la Cour

Message par MARIE ANTOINETTE le Mer 30 Déc 2015, 12:42

Le choix de la marraine !!!!
"cette présentation ne va pas sans difficulté, RICHELIEU, qui s'en est chargé, ne trouve pas aisément de marraine.
on découvre enfin l'oiseau rare, la femme titré qui consentira à complaire à Sa Majesté.
C'est la veuve d'un COMTE DE BEARN, mort garde du corps, d'une grande famille déchue du côté de la fortune, et qui est venue à PARIS depuis quelques années, pour soutenir un procès de cent mille écus.
Le procès vient d'être gagné, mais MADAME DE BEARN en attendant le règlement des comptes, a mené trop grand train et s'est endettée.
Elle a 5 enfants, de grands besoins d'argent, peu d'attaches à la Cour ; sa liaison de parenté avec les Richelieu et les d'Aiguillon l'a jetée, dès son arrivées, dans leur coterie, qui l'ai aidée pour son procès.
Elle promet tout ce que l'on veut, et le Maréchal, à peine entrée en fonctions comme premier gentilhomme, presse les tailleurs pour l'habit de cour et fait fixer la présentation au 25 janvier..........
"""On prétend, écrit Mme DU DEFFAND à WALPOLE, que demain est le grand jour, jour où une toilette décidera peut-être du destin de l'Europe, de la destinées des ministres etc...
Il y a des paris ; le petit nombre est pour la ROBE DE CHAMBRE, je suis de ceux-là. Le grand nombre est pour le GRAND HABIT ; on s'appuie sur les témoignages des tailleurs, des couturières, des maitres à danser;
Non, non, je ne puis croire tout ce que l'on prévoit ; on peut surmonter les plus grands obstacles et être arrêté, par la honte.... par les bienséances. Enfin, nous verrons ; je vous écrirai lundi si j'ai perdu ou gagné."

La vieille amie des CHOISEUL gagne son pari ; MADAME DE BEARND a compté les portes qui lui seront fermées au lendemain de sa complaisance ; la peur lui a donné une entorse, et elle reste chez le pied sur la chaise longue.
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Re: La présentation à la Cour

Message par MARIE ANTOINETTE le Mer 30 Déc 2015, 12:55

Le 4 février un évènement imprévu retourna les chances et rendit leur espoir aux adversaires de la Comtesse.  Chassant dans la forêt de Saint Germain, le Roi fit une chute de cheval, tomba sur le bras, le crut cassé.
On rentra à VERSAILLES à la nuit tombée.  Dès le lendemain l'inquiétude se dissipait pour la prétendue fracture, mais l'état général du Roi , qui se croyait malade, le devint.  Privé d'exercice à cheval, il garde la chambre ave une humeur sombre.

Ce fut donc un surprise quand LOUIS XV complètement rétabli, annonça dans son cabinet le 21 Avril au soir, qu'il y aurait le lendemain une présentation, une seule, et que ce serait  "celle dont il était question depuis longtemps, celle de MADAME DU BARRY".
Le soir même on apprenait que les joailliers royaux venaient d'apport à Madame DU BARRY  pour cent mille livre de diamants, le présent de l'amant heureux, les armes de la beauté pour la bataille qu'elle allait livrer.

L'heure était arrivée depuis longtemps, le Roi attendait après le débotté, dans le cabinet du Conseil rempli par tout son service.
Gêné, soucieux, son bras droit porté en écharpe dans l'habit, il allait d'une fenêtre à l'autre, regardant la cour royale encombrée de curieux, et la grille où rien n'apparaissait encore.

CHOISEUL n'est pas là ; mais ses amis triomphaient, se mordant les lèvres et dissimulant leur joie.
RICHELIEU commençait à être inquiet et allait recevoir l'ordre de renvoyer la présentation.............

Quand une grande rumeur se produisit dans la foule........un carrosse s'arrêtait au bas de l'escalier d'honneur.
Quelques instant après, l huissier ouvrait les portes du cabinet, le premier gentilhomme demandait la volonté du Roi et MADAME DE BEARN en grande toilette s'avançait , puis MADAME DU BARRY, vers laquelle allaient tous les yeux, aussitôt surpris et charmés.
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Re: La présentation à la Cour

Message par MARIE ANTOINETTE le Mer 30 Déc 2015, 12:59

Sou le somptueux habit et la coiffure étincelante apparurent ces belles épaules, cette gorge incomparable, ce teint de rose avivé de rouge, cette grâce des révérences et du sourire, et surtout dans cette femme de cour improvisée, une aisance de gestes que n'apprend point le maitre à danser.
Le murmure de l'admiration fut un instant l'excuse du Roi ; lui-même eut son regard, d'ordinaire alourdi, tout illuminé de ce triomphe.


je pense que ces extraits vous seront agréables, pour la suite, je conseille la lecture de l'œuvre de Monsieur PIERRE DE NOLHAC notre maître à tous !!!

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Re: La présentation à la Cour

Message par Lucius le Mer 30 Déc 2015, 13:41

Ce fut la princesse de Conti qui présenta Mme de Pompadour, contre le règlement de ses dettes de jeux.
Mme du Barry fut présentée par Mme de Béarn.

Il était plus facile de présenter Mme du Barry, qui par mariage était entrée dans une maison d'extraction chevaleresque, que Mme de Pompadour qui appartenait à la bourgeoisie financière par ses parents et son mari....
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Re: La présentation à la Cour

Message par Lucius le Mer 30 Déc 2015, 13:44

Comte d'Hézècques a écrit:Je croyais que c'était la maréchale de Mirepoix qui s'est proposée candidate uniquement pour que le roi paie ses dettes de jeu, ou parlons-nous de la même personne ? Very Happy

la maréchale de Mirepoix était une proche des favorites, mais surtout de Mme de Pompadour.
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Re: La présentation à la Cour

Message par Comte d'Hézècques le Mer 30 Déc 2015, 14:24

C'est vrai que j'ai lu cela dans les mémoires de Mme de Créquy.
Mémoires excellentes d'ailleurs pour en apprendre davantage sur l'héraldique.

Merci MARIE-ANTOINETTE, c'est toujours un plaisir de lire Nolhac :\\\\\\\\:

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Re: La présentation à la Cour

Message par Lucius le Mer 30 Déc 2015, 16:21

Comte d'Hézècques a écrit:C'est vrai que j'ai lu cela dans les mémoires de Mme de Créquy.
Mémoires excellentes d'ailleurs pour en apprendre davantage sur l'héraldique.

sur l'héraldique ? Pourquoi ?
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Re: La présentation à la Cour

Message par Lucius le Mer 30 Déc 2015, 16:22

MARIE ANTOINETTE a écrit:La vieille amie des CHOISEUL gagne son pari ; MADAME DE BEARND a compté les portes qui lui seront fermées au lendemain de sa complaisance ; la peur lui a donné une entorse, et elle reste chez le pied sur la chaise longue.

Donc ce n'est pas elle qui l'a présenté ?!
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Re: La présentation à la Cour

Message par Comte d'Hézècques le Mer 30 Déc 2015, 16:26

Lucius a écrit:
Comte d'Hézècques a écrit:C'est vrai que j'ai lu cela dans les mémoires de Mme de Créquy.
Mémoires excellentes d'ailleurs pour en apprendre davantage sur l'héraldique.  

sur l'héraldique ? Pourquoi ?

Parce qu'elle explique en long et en large les détails de l'héraldique de plusieurs grandes familles de France... même si ses mémoires ont été rassemblées et en partie rédigées par quelqu'un d'autre, la plupart des détails sont exactes et sont une véritable mine sur les rapports entre les différentes familles à la Cour et leurs origines.

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Re: La présentation à la Cour

Message par Lucius le Mer 30 Déc 2015, 19:51

L'histoire familiale vous voulez dire .... je n'ai rien lu concernant les blasons dans ce texte.
Et en ce qui concerne l'histoire familiale, ce que dit l'auteur de ces pseudo mémoires est un aperçu de certaines idées qui courraient alors, mais si certaines sont fondées d'autres sont des petites vengeances personnelles, complètement infondés.
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Re: La présentation à la Cour

Message par Comte d'Hézècques le Jeu 31 Déc 2015, 13:44

Non elle décrit aussi quelques blasons, je me le rappelle encore très bien, car rien de plus ennuyeux pour moi que de lire des descriptions sans fin sur un aigle par ici, une clé par là, de l'argent par ici, de l'or par là, un petit carré au-dessus, une fleur en bas.

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