Jean-Paul Marat

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Jean-Paul Marat

Message par Mme de Sabran le Lun 15 Déc 2014, 16:49

Peu avant l'équipée de la famille royale qui devait aboutir à Varennes, l'Ami du Peuple vocifère :


Parisiens, Parisiens insensés ! Je suis fatigué d'avoir à vous répéter sans cesse : retenez le roi et le dauphin dans vos murs et surveillez-les très attentivement, enfermez l'Autrichienne, son beau-frère et le reste de la famille. Un seul jour peut être fatal à la nation
.
  :::!!!ùùù^^^^:  :::!!!ùùù^^^^:  :::!!!ùùù^^^^:

Je voulais placer cette citation dans le sujet dévolu à Marat, et je me suis aperçue qu'il n'existait pas encore ! Shocked
Je saute donc le bouturer à la Conciergerie .  

Justement, j'y écrivais le Jeu 20 Sep - 19:25
Mme de Sabran a écrit:

Donc, Reinette, nous nous posions la question Marat était-il médecin, j'avais toujours lu que non .
Voici que je trouve un véritable éloge de cet infâme !

JEAN ET JEAN-PAUL MARA(T)

MEDECINS DE PERE EN FILS


Une lettre médicale manuscrite de Jean Mara, dans les fonds de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel
par Charlotte Goëtz

Les bibliothèques recèlent des trésors ! Ainsi la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel possède-t-elle un bel exemplaire original, daté de 1793, de l’ouvrage théorique de base de Jean-Paul Marat, ses fameuses Chaînes de l’Esclavage. A l’intérieur du livre, je suis tombée sur deux feuillets, l’un portant des notes manuscrites de Marat, relatives à une copie de son Eloge de Montesquieu, dont on sait qu’elle resta assez longtemps entre les mains de la descendance du frère cadet, Jean-Pierre Marat, à Genève, l’autre étant une lettre à contenu médical, d’une belle écriture penchée. Cette dernière, d’un même élan, avait été attribuée à Jean-Paul Marat. Or, elle est datée de décembre 1753 et, à cette époque, celui-ci a dix ans!

Discutant de cette découverte en 1995 avec Michel Schlup (ci-dessus), alors directeur de la BPUN, nous convînmes qu’en réalité, il s’agissait d’une lettre autographe de Jean Mara, le père de Marat. La calligraphie et la signature toujours identique correspondaient tout à fait avec les lettres que celui-ci échange régulièrement avec Frédéric-Samuel Ostervald, fondateur de la Société Typographique de Neuchâtel .

Voici la transcription du texte de Jean Mara, adressé à Monsieur De Roy, Châtelain de Couvet.


Monsieur,


J’ai reçû votre lettre avec les vingt et sept pieces pour le payement des pilules dont je vous remmercie: si leur effet n’a pas été tel que je l’attendois et qu’elles l’ont produit en tous ceux qui en ont fait usage, c’est peut-être, ou que vous n’en avois pas pris quatre jours de suite comme je vous l’avois marqué, ou que les embarras des viscères, ou les obstacles de votre embompoint ne sont pas encor surmontés, cela demandant huyt mois le plus souvent, c’est pourquoi il faudra insister dans leur usage de même que dans le régime que je vous avois prescrit: mais si cela ne suffisoit pas et que la difficulté de respiration n’étoit pas l’effet des glaires seulement mais aussi de la petitesse des vaisseaux, retressis par la graisse, il faudroit recourir aux poudres du Duc Albert ou à l’abstinence et à l’exercice pour vous degraisser: au reste soyez persuadé que l’usage des pilules ne produiront jamais un mauvais effet: en attendant vos ordres ultérieurs là dessus, j’ai l’honneur d’être avec respect


Monsieur Votre trés-humble et trés obeissant serviteur.
.......  JMara
Peseux, 27 Dbre 1753.


Le contexte de cette lettre a été rappelé dans le “Chantier Marat 7 - La Saga des Mara(t)”, rédigé en 2001 pour les éditions POLE NORD. On y rencontre la personnalité attachante de Jean Mara, ancien prêtre mercédaire converti au protestantisme, lettré, pédagogue, possédant plusieurs langues et même un talent de dessinateur. On le découvre, postulant à deux reprises pour un poste de régent de troisième classe au collège de Neuchâtel, où il a pu enfin s’installer grâce au soutien de “Milord Maréchal”, George Keith, le protecteur de Jean-Jacques Rousseau. On le trouve encore homme de confiance de la Société typographique, correspondant régulièrement avec le banneret F.-S. Ostervald, véritable ami de la famille. On voit aussi en lui un homme vaillant, élevant courageusement sa nombreuse famille: trois filles et six fils.


En 1753, date de la lettre médicale, les Mara séjournent à Peseux. “Monsieur Marat” est signalé dans les registres de l’année. Mais la situation familiale est difficile, après les naissances rapprochées de deux petits garçons, dont l’un mourra peu après. Mais, cette fois encore, Jean Mara bénéficie d’appuis solides. Et il soigne le châtelain de Couvet. Ses compétences médicales seront encore reconnues lorsque la famille sera réinstallée à Genève


C’est donc bien auprès de son père que Jean-Paul Marat puise son intérêt si scrupuleux pour cette discipline, dans laquelle il se signalera par des travaux originaux, entre autres sur les maladies vénériennes, l’électricité médicale et l’ophtalmologie.

Comme ce père, mais aussi comme William Buchan, son parrain à l’Université Sint-Andrews (Ecosse), où Marat obtiendra, comme Benjamin Franklin, son diplôme, le fils aîné des Mara se comporte en pionnier de l’observation clinique. Ainsi, il pratique l’ophtalmologie en associant étroitement la physiologie et ses connaissances approfondies en optique et ne néglige ni la présence assidue auprès des patients, ni la prise en compte de leurs vécus spécifiques.

En ophtalmologie sa théorie accommodative grâce aux fibres circulaires environnant le cristallin est progressiste, alors qu’elle était seulement admise à propos des muscles droits. Très intéressants aussi l’accent mis sur le danger de l’usage trop automatique du mercure, sa notion d’astigmatisme irrégulier dû à l’engorgement rétrooculaire, son application très précise de l’électrothérapie et sa méthode d’évaluation du punctum proximum.

Le domaine de l’optique a monopolisé son attention. Ses travaux théoriques depuis les Découvertes sur le feu, l’électricité et la lumière jusqu’aux Mémoires académiques, attireront sur lui l’intérêt de personnalités éminentes, comme Goethe, Franklin ou Romé de l’Isle, à défaut de plaire à l’Académie des Sciences de Paris. Ils se situent dans la filiation de Newton, que Marat admire beaucoup mais trouve aussi logique de contester. Il ne faut pas oublier que la réédition en 1989 de Opticks de Newton (Paris - éditions Bourgois), avec les commentaires si intéressants de Michel Blay, s’appuie toujours sur la traduction de Jean-Paul Marat.

Comme son père, comme Buchan, Marat a une vision réellement thérapeutique de la médecine, qui ne s’embarrasse pas des “systèmes”. A Londres et à Paris, il ouvrira des cabinets où des expériences avérées et toujours plus précises se feront et se répéteront sous les yeux du public et attesteront de son sérieux comme de son souci de faire progresser les connaissances pour soulager les souffrances des hommes.

.
... sa sale tête :



Attachboy a écrit:
Ven 21 Sep - 8:47


Jean Paul Marat !

Il dispute la place de vrais pourris avec Hebert...

La poignard de Charlotte Corday débarrassera la France de ce monstre assoiffé de sang qui rêvait de voir 100000 français conduits à la guillotine.

Un véritable culte lui sera fait par les sans culottes et ses cendres placés en grande pompe au Panthéon. Après la mort de Robespierre, il en sera expulsés et l'urne finira jetée dans un égout...

A sa place, quoi !

la nuit, la neige a écrit:

Oui, nous en avions parlé. Je ne sais plus où...

Marat a déclaré avoir obtenu ses diplômes en Angleterre (où il vécut une dizaine d’années, ayant là-bas une petite liaison avec Angelica Kaufmann, bref passons...).
De retour à Paris, c’est parce qu’il soigne, avec succès, je ne sais plus quelle marquise, qu’elle parle de lui à l’entourage du comte d’Artois.
Il sera engagé parmi la dizaine de médecins de la Maison du prince ; Marat est censé s’occuper des gardes du corps d’Artois.
Pension, appartement de fonction etc.
C’est dans cet appartement qu’il se livre à de nombreuses expériences, et notamment celles traitant de l’électrothérapie.
Il aura d’ailleurs le premier prix de je ne sais plus quel concours sur ce sujet.
Mais il sera très critiqué par le corps scientifique bien installé, qui le snobe.

Il n’aura pas la reconnaissance qu’il ambitionne. Frustration, rancoeur etc...
Ajoutez à cela ses convictions politiques et philosophiques (ses autres passions), et vous connaissez la suite.


Après quoi, je m'étais franchement défoulée !




...  satirical head or Marat .




Kiki a écrit:

Un couvre-chef qui lui sied à ravir !


attachboy a écrit:

Un véritable culte lui sera fait par les sans culottes






Marat viré du Panthéon avec perte et fracas !




Reinette a écrit:
C'est un des premiers personnages historiques qui m'a le plus horrifiée.   Smileàè-è\':


...    à juste titre !








...   mon préféré !   Hop!




... un concours de circonstances fortuit :





Et cet autre, pas mal non plus :





Et tenez, encore !   :n,,;::::!!!:





Traduction :
"Je leur ai dit de ne pas mettre tonton Marat dans la baignoire quand il est bourré." ...  

Au fait, que dit la lettre qu'il tient encore serrée entre ses doigts, ce petit mot de Charlotte sur quoi il a accepté de la recevoir ? .......
Zoomons ! ... voici :

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Re: Jean-Paul Marat

Message par Invité le Mar 16 Déc 2014, 19:00

Ce type me fait toujours froid dans le dos... Smileàè-è\':

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Re: Jean-Paul Marat

Message par Mme de Sabran le Ven 26 Fév 2016, 09:36

le dieu MARAT .   ;;;;;;
( Ah non, fichtre ! Ni dieu, ni maître !!!   )


Le miroir du passé pour sauvegarde de l'avenir, ou tableau parlant du Gouvernement Cadavero-faminocratique de 93 sous la Tigrocratie de Robespierre et Compagnie
: [estampe]





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Re: Jean-Paul Marat

Message par Mme de Sabran le Ven 03 Nov 2017, 19:00

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j'ai trouvé la dernière énigme de notre Jeu de l'automne dans un article que je qualifierai de dithyrambique sur Marat .
Quelques extraits :

Du premier livre que Marat signe le titre " De l’Homme " indique qu’il s’agit bien d’une riposte au " De l’Homme " d’Helvétius (1773).

Cet ouvrage nous confirme que Marat a acquis une large expérience dans le domaine médical, ce qu’appuie, à l’été 1775, un événement qui réjouit beaucoup son père : l’Université de St Andrews d’Ecosse confère à Jean-Paul Marat, praticien en physique, le grade de docteur en médecine sur base des certificats transmis aux docteurs Hugh James et William Buchan, médecins à Edinburgh et dont la notoriété a atteint la France. Fin 1775 et début 1776, Marat publie deux essais médicaux : l’un concerne la blennoragie, An Essay on Gleets, le deuxième, une maladie des yeux, An Enquiry into the Nature, Cause and Cure of a singular disease of the Eye (6). En mai 1776, il rentre pour quelques semaines dans sa famille, à Genève.


« Après dix années passées à Londres et à Edinburgh à faire des recherches en tout genre, je revins à Paris. Plusieurs malades d’un rang distingué, abandonné des médecins et à qui je venais de rendre la santé, se joignirent à mes amis et mirent tout en œuvre pour me fixer dans la capitale. » Le 24 juin 1777, il reçoit le brevet de médecin des gardes du corps du comte d’Artois et entre de plain-pied dans la vie parisienne comme médecin et comme physicien. Il soigne avec succès, et par des méthodes innovantes la marquise de l’Aubespine, M. du Clusel, M. Romé de Lisle…


Et les contemporains comme les exégèses ont bien été forcés de reconnaître sa réelle capacité de prévision (12) : Oui, Mirabeau jouait un double jeu et entretenait des rapports secrets avec le roi. Oui, Necker affamait Paris. Oui, La Fayette, un moment hésitant, a fini par trahir la garde nationale. Oui, le roi avait le projet de fuir. Oui, Dumouriez est passé à l’ennemi… Mais, non, Marat n’est pas obsédé par l’idée de tirer à boulets rouges sur toute autorité. C’est là une piètre attaque de ses opposants, quand on examine par exemple, sérieusement la question de la royauté. Marat développe à ce sujet une double affirmation : un bon prince est dans l’histoire de son peuple un « cadeau des cieux » et une denrée aussi rare qu’un libertin vertueux !


La vélocité avec laquelle on impute à Marat tel ou tel épisode violent de la Révolution est, elle aussi, bien suspecte. D’autant que les « versions » sur la Grande Révolution se succèdent sans se ressembler.


C’est dans un tel moment que Charlotte Corday, farouche partisane de la guerre, vient l’assassiner, chez lui.


L'article en entier ( je vous préviens, c'est long ! ) est ici : http://www.snof.org/encyclopedie/un-ophtalmologiste-r%C3%A9volutionnaire-marat

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Re: Jean-Paul Marat

Message par Comtesse Diane le Ven 03 Nov 2017, 19:22

Charlotte Corday, farouche partisane de la guerre ?
Première nouvelle ! scratch

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Re: Jean-Paul Marat

Message par Mme de Sabran le Sam 04 Nov 2017, 11:17

Je n'avais jamais lu cela nulle part ailleurs non plus ... Suspect

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