Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

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Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Mme de Sabran le Dim 28 Déc 2014, 18:37

Reinette a écrit:

Au fait, qui en saurait plus sur Restif de la Bretonne ? Je ne le connais pas assez, hormis qu'il s'agit d'un auteur un peu spécial...


Mais qu'à cela ne tienne ! Démarrons-lui un sujet, si vous n'êtes pas rétifs à cette idée ... :




Né le 23 octobre 1734 à Sacy, Nicolas-Edme Restif est le fils aîné d’Edme Restif et de Barbe Ferlet. Il a huit frères et soeurs. Riche laboureur, Edme achète la maison et le domaine de La Bretonne, à l’est de Sacy, le 12 mars 1740 ; la famille s’y installe en 1742.

Mis en pension chez sa demi-sœur Anne à Vermenton en juillet 1745, le jeune Nicolas va ensuite à Joux, chez le maître d'école Christophe Berthier, en octobre. Le 17 octobre 1746, il part pour Bicêtre, où, sous l’autorité de son demi-frère Thomas, clerc tonsuré, il est élève à l’école des enfants de chœur de l’hôpital.
Obligés de quitter Bicêtre dans le cadre de la lutte du nouvel archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, contre le jansénisme, les deux frères regagnent Auxerre le 20 décembre 1747.
À la fin du mois, Nicolas est à Courgis chez son demi-frère et parrain, curé du village. Là, il tombe amoureux en secret, en 1748, de Jeannette Rousseau, fille du notaire, qu'il songera longtemps à épouser.
Il commence, en 1749, à tenir ses cahiers, ou Memoranda, où il rédige ses premiers essais poétiques et deux actes d’une comédie latine en prose .

Renvoyé par son demi-frère en novembre 1750 pour son insoumission et parce qu'il s'intéresse trop aux jeunes filles, il rentre à Sacy, où il se consacre pendant dix-huit mois aux travaux des champs.

Restif est, de santé très délicate, destiné à l’origine à l’Église, mais il semble qu’il soit plutôt un coureur de jupons, ce qui le fait renoncer à la prêtrise.

D’abord berger dans son village, ses parents l’envoient, le 14 juillet 1751, comme apprenti typographe à Auxerre chez l’imprimeur François Fournier où il tombe amoureux de l’épouse de son patron, Marguerite Collet, née en 1724, passée dans son œuvre sous le nom de « Collette Parangon ».
Il se lie d'amitié avec Louis-Timothée Loiseau, arrivé en apprentissage le 15 juillet 1754. Devenu ouvrier typographe, il se rend à Paris en 1755, où il devient compagnon-imprimeur et entre à l'Imprimerie royale du Louvre le 22 septembre. Rejoint par Loiseau en septembre 1756, il travaille ensuite chez l'imprimeur Hérissant, rue Notre-Dame, et prend pension chez Bonne Sellier, rue Galande.
En 1757, il se fait embaucher chez André Knapen, imprimeur d'affiches, de mémoires d'avocats et de pamphlets et s'installe dans une mansarde, rue Sainte-Anne-du-Palais.




Il a prétendu s'être marié en mars 1759 avec une jeune Anglaise, Henriette Kircher, désireuse d'acquérir la nationalité française dans le cadre d'un épineux procès d'héritage. Derrière ce conte, selon Daniel Baruch, se cacherait une affaire d'espionnage. L’Irlandais Théobald Taaffe, agent de Choiseul, l'aurait engagé, dans le cadre de la répression qui frappe les milieux des libraires et des imprimeurs dans les années 1757-1759, après l'attentat de Damiens contre Louis XV et dans le cadre des luttes anti-jansénistes, pour dénoncer les imprimeries clandestines à l'origine de placards hostiles au gouvernement.

Quoi qu'il en soit, il quitte Paris pour Dijon, avant de retourner chez Fournier, à Auxerre. Le 22 avril 1760, il se marie à Auxerre avec Agnès Lebègue, avec laquelle il a quatre filles, Agnès, Marie, Élisabeth, dite Élise ou Babiche, et Marie-Anne, dite Marion.
En juin 1761, le couple s’installe à Paris, où Restif travaille dans diverses imprimeries jusqu'en 1767.
Son père meurt le 16 décembre 1763, à l'âge de 73 ans. Après cet événement, les Restif se rendent à Sacy, où son frère Pierre a succédé à Edme et où Marion voit le jour.
Laissant là sa femme et sa fille, Restif retourne peu après à Paris, où il travaille chez Quillau en qualité de prote. Le couple se retrouve en 1765 et s'installe rue de la Harpe, avec leur aînée, Agnès. La même année, Restif se lie à Pierre-Jean-Baptiste Nougaret lors de l'impression de Lucette ou les Progrès du libertinage, roman de ce dernier, chez Quillau, dans l'espoir qu'il puisse utiliser son entregent d'écrivain déjà publié pour l'aider à faire éditer son premier roman, La Famille vertueuse, puis qu'il l'aide à apporter les corrections nécessaires à sa publication.



Toutefois, cette collaboration initiale tourne rapidement à la rivalité littéraire, les deux auteurs exploitant le même filon — la corruption des vertus campagnardes au contact de la vie urbaine puis, dans les années 1780, les historiettes parisiennes.

Doué d’une imagination vive et souvent extravagante, d’un esprit observateur, et en même temps, d’un tempérament qui le porte à une vie de désordres sans frein, il étudie de près les mœurs populaires qu'il reproduit plus tard dans les plus grands détails quand il se met, dans les années 1760, à écrire.


Sa carrière littéraire


En 1767, Restif publie sa première œuvre importante, la Famille vertueuse et abandonne son métier. Cette première œuvre est suivie entre autres du Paysan perverti (1775), qui contribue à le faire connaître ...

Gravure du Paysan perverti par Louis Binet. Edmond (le protagoniste) dîne avec quatre moines.






la Vie de mon père
(1778),





les Contemporaines, ou Aventures des plus jolies femmes de l'âge présent (1780) qui le rend célèbre,




la Paysanne pervertie (1784),






les Parisiennes (1787),





Ingénue Saxancourt (1789)





et Anti-Justine, ou les délices de l'amour (1793).





À partir du Quadragénaire (1777), ses œuvres sont accompagnées d'illustrations, afin de combattre les contrefaçons.




Par ailleurs, toujours en 1767, selon plusieurs biographes, ses activités d'espion cessent de concerner le milieu de l'imprimerie ; il devient « mouche », ou indicateur, de police, ce qu’il serait resté jusqu’en 178915.

Enfin, Agnès Lebègue vend en 1767 des étoffes dans la région parisienne. À partir de 1768, Restif et sa femme vivent de plus en plus séparément.
Après la mort de sa mère le 6 juillet 1771, à l'âge de 68 ans, Restif vend sa part de patrimoine à son frère Pierre en 1773, tandis que sa fille Agnès est placée chez une marchande de modes, voisine de la « tante Bizet », demi-sœur de l'écrivain, et qu'Agnès Lebègue part en province avec Marion.

Installé en 1776 au 44, rue de Bièvre (actuellement, no 16-20), chez Mme Debée, dans un logement que lui laisse sa femme, il y rencontre en 1780 la jeune Sara, fille de sa logeuse, qui lui inspire notamment La Dernière aventure d'un homme de quarante-cinq ans (1783).
En 1778, Agnès revient vivre auprès de son père, tandis que Marion est placée jusqu'en 1783.


Au début de 1779, Restif rencontre Beaumarchais, qui lui aurait proposé la direction, en qualité de prote, de l'impression des œuvres de Voltaire à Kehl et avec lequel il entretient des relations aussi étroites que peu connues — marquées, du côté de Restif, plus par l'admiration et, du côté de Beaumarchais plus par une cordiale affection — entre 1785 et 1791, peut-être liées à la succession du duc de Choiseul, l'homme d'affaires étant le principal syndic des créanciers, puis de nouveau à partir de 1796, après le règlement de l'affaire des fusils de Hollande et le retour en France de Beaumarchais.

La même année, comme il parcourt les rues de Paris et de l’île Saint-Louis, la nuit, se surnommant lui-même « le hibou », il commence à écrire sur les ponts et les murs.

Première illustration des Nuits de Paris (1788), dessinée et gravée par Moreau le Jeune, représentant « le Hibou-Spectateur, marchant la nuit dans les rues de la capitale. On voit au-dessus de sa tête voler le hibou et dans les rues un enlèvement de filles, des voleurs qui crochètent une porte, le guet à cheval et le guet à pied. Que de choses à voir quand les yeux sont fermés! »



Après le mariage, le 1er mai 1781, d'Agnès Restif avec Charles-Marie Augé, un fils, baptisé Jean-Nicolas, voit le jour le 28 décembre. Cependant, Restif quitte Sara et la rue de Bièvre, et s'installe 10, rue des Bernardins, où sa fille Marion vient le rejoindre le 2 janvier 1785. Puis, le 21 juillet, après une première fugue le 31 janvier, Agnès fuit le domicile conjugal et vient elle aussi s'installer chez son père. Peu après, le 26 novembre, Restif et sa femme se séparent définitivement.

En 1782, il entre en relation avec Grimod de La Reynière (dont il fait le héros-narrateur du Palais-Royal sous le nom d'Aquilin des Escopettes) et, en septembre, avec Louis-Sébastien Mercier, qui a fait son éloge dans le Tableau de Paris, et avec lequel il se brouille entre 1797 et 1800, à la suite de son échec à l'Institut national et surtout du conflit entre Restif et Nicolas de Bonneville sur la vente des huit premières parties de Monsieur Nicolas.




Celui-ci l'encourage à écrire pour le théâtre et le présente à Fanny de Beauharnais, chez laquelle il se rend pour la première fois le 8 juin 1787. Il rencontre chez elle Cazotte (qui lui aurait inspiré ses Revies et à qui il attribue ses Posthumes), Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne, Cubières, son premier biographe, et Stanislas Potocki.
Le 1er août 1786, il se lie, lors d'un dîner, avec Gabriel Sénac de Meilhan, qu'il revoit en 1789 à l'occasion d'un projet de Mémoires du duc de Richelieu finalement abandonné, à la suite de la parution de ceux de Jean-Louis Giraud-Soulavie.
Restif imprime en août 1790 un prospectus — sans doute celui des Principes et les causes de la Révolution française — pour Sénac de Meilhan, qui l'invite à plusieurs reprises à dîner chez lui, rue Bergère ; un soir de novembre ou décembre 1789, il y rencontre Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, Emmanuel-Joseph Sieyès (qui lui envoie ses ouvrages politiques), la duchesse de Luynes et Mathieu Paul Louis de Montmorency-Laval.



En 1786, il envisage de créer Le Contradicteur, un journal littéraire destiné à « relever les bévues de tous les autres, et à venger les gens de lettres de leurs injustices » ; il tente d'associer ses amis, en particulier l'abbé Jean Roy, d'obtenir le privilège et de trouver des fonds, rédigeant un prospectus qu'il soumet en avril à Beaumarchais. Toutefois, le projet n'aboutit pas.

Le 22 décembre 1786, « à sept heures du soir », Restif entreprend la rédaction des Nuits de Paris, qui témoigne, selon les spécialistes, de son emploi de « mouche » au service de la police royale ; en effet, le texte fourmille d’indications de ses liens avec la police qu’il semble en mesure d’appeler à tout moment ; il se promène armé d'un bâton, de pistolets et vêtu d'un manteau bleu, uniforme des policiers ; il menace ceux qu’il interpelle d’en appeler à l’autorité, se rend sans cesse au corps de garde, etc..




En 1788, après une querelle avec le procureur Poincloud, « principal locataire », il s'installe au 11, rue de la Bûcherie7, où il demeure jusqu'en 1797, avant de déménager au no 9 de la même rue (actuellement, le no 16), son dernier domicile.

Le 14 novembre 1783, il entame la rédaction de Monsieur Nicolas, qu'il interrompt quelques semaines avant de la reprendre le 11 février 1784. Après l'avoir délaissé, à partir du 26 août suivant, pour Les Veillées du Marais, il s'y remet le 11 décembre.





Arrivé le 25 janvier 1785 à la page 910 de son manuscrit, il le remet, le 9 avril, au censeur Toustain-Richebourg, avant de terminer la VIIIe époque, à la page 925, le 20 août. Puis, du 31 juillet au 21 août 1790, il relit le manuscrit, auquel il ajoute quelques passages, avant de se lancer dans l'impression. Lancée le 24 août 1790, celle-ci est délaissée en 1792 au profit de celle des Provinciales, avant de reprendre le 7 février 1793, jusqu'au 21 septembre 1797.

À l’avènement de la Révolution, il est arrêté, le 14 juillet et le 29 octobre 1789, et conduit au corps de garde sur dénonciation d'Augé, qui l'accuse d'être un espion du roi et l'auteur de Dom Bougre aux États généraux ou doléances du portier des chartreux, mais libéré après quatre ou cinq jours de détention.

... le fameux Portier des Chartreux qui coûta à la comtesse d'Andlau sa disgrâce !





Au début de 1790, il aménage une petite imprimerie à son domicile, au quatrième étage du no 11 de la rue de la Bûcherie.
À la fin de 1791, il acquiert une deuxième presse (installée peut-être, dans un premier temps, au no 6 de la rue de la Bûcherie, avant de rejoindre la quatrième étage du no 11) dans l'espoir de gagner sa vie grâce à une activité d'imprimeur, et s'engage dans une association avec son neveu Edme-Étienne Restif, fils de Pierre né en 1769, et Meymac.
Au début de 1792, il embauche trois apprentis, mais de fréquents conflits l'opposent à ces derniers, deux d'entre eux étant renvoyés en août et septembre. On ne connaît pas le volume d'activité de cette imprimerie, dont l'essentiel est représenté par l'impression des manuscrits de Restif (Les Provinciales, Le Drame de la vie, le Théâtre, Monsieur Nicolas, Les Posthumes, etc.).





On sait toutefois qu'il imprime une pièce de Mercier pour Bonneville, du Cercle social, en 1792.

En 1791, sa fille cadette Marion épouse son cousin Edme-Étienne, avec lequel elle a trois filles, Anne (morte le 21 juin 1805 à l'âge de douze ans), Marie-Antoinette-Valère (1790-1817) et Charlotte-Étienne (morte célibataire le 9 août 1817, à l'âge de vingt-six ans). Toutefois, son époux décède le 15 juillet 1794, la laissant seule avec trois enfants. Quant à l'aînée, Agnès, divorcée d'Augé le 11 janvier 1794, elle met au monde un fils, le 17 août, Frédéric-Victor, né de sa liaison avec Louis-Claude-Victor Vignon (1770-1854).
De son côté, Restif, séparé définitivement de sa femme depuis le 26 novembre 1785, reçoit, le 26 novembre 1793, une assignation en divorce des mains du juge de paix Charles Louis Mathias Hû, qui fouille ses papiers et met les scellés chez lui. Toutefois, à la suite de l'intervention de ses filles, Agnès Lebègue se désiste du scellé, sans inventaire, et le divorce est prononcé le 5 février 1794.

Témoin des événements de la Révolution, il fait paraître Le plus fort des pamphlets (26 février 1789), Les Nuits de Paris (1788-1793), Le Thesmographe (janvier 1790), le Palais-Royal (25 avril 1790), les cinq volumes de son Théâtre (1793), les Provinciales (automne 1795), la Philosophie de Monsieur Nicolas (octobre ou novembre 1796), Monsieur Nicolas (1797, peut-être en novembre).

Malgré ses amitiés aristocratiques — Grimod de La Reynière (fils rebelle devenu un partisan de la cause royaliste, auquel il adresse le 12 octobre 1792 une lettre de rupture), Louis Le Peletier de Morfontaine (qu'il a rencontré en avril 1784) ou Stanislas de Clermont-Tonnerre (auquel il rend hommage dans Le Thesmographe pour s'être opposé à la dernière période de l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ») —, Restif, qui signe dorénavant Rétif Labretone (les noms à particule devenant suspects), suit les changements de régime sans entrer réellement dans un combat politique partisan ; il intègre la garde nationale et participe aux assemblées de sa section, mais n'y joue pas un rôle actif, sauf une intervention en faveur de Roland le 21 novembre 1792.





Jusqu'en 1791 au moins, Restif proclame son loyalisme monarchique, qui se transforme ensuite « en une virulente dénonciation de Louis XVI et de tous les rois ».
Le 3 octobre 1793, il dîne chez son ami Henry Artaud de Bellevue avec Louis-Sébastien Mercier quand celui-ci est décrété d'accusation pour avoir signé en juin une protestation contre les événements du 31 mai et du 2 juin et l'arrestation de 29 députés et ministres girondins. Le même mois, il ajoute une « profession de foi » montagnarde à la 16e partie des Nuits de Paris.
Après Thermidor, il participe chez Artaud à des dîners où il croise Mercier, Jean-Baptiste Louvet de Couvray, Jean-Denis Lanjuinais, l'abbé Grégoire et François Xavier Lanthenas.
En 1795, il se lie avec le général Julienne de Bélair, après son retour de Hollande et avant son départ pour la campagne d'Italie. À la fin de Monsieur Nicolas, il insère une « fin du cœur humain dévoilé » dans laquelle il exprime son enthousiasme à l'égard du Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) et de la loi promulguée le lendemain, rétablissant les décrets de la Convention nationale du 25 octobre 1795 contre les prêtres réfractaires, abrogés le 7 fructidor an V (24 août 1797).


Le coeur humain dévoilé
, frontispice ( Shocked )



De même, dans Mon testament, il se livre à une diatribe antiroyaliste, sans doute antérieure au 18 fructidor, jugeant que les véritables « anarchistes » ne sont pas les jacobins, mais les royalistes.

Ruiné par la chute de l’assignat, et l’écriture le faisant à peine vivre, la Convention lui octroie en 1795 2 000francs sur la somme allouée par le Gouvernement aux hommes de lettres dans le besoin. En avril-mai, il est hospitalisé pour une crise urinaire.

En 1796, Louis-Sébastien Mercier tente de le faire admettre dans la section littérature de l'Institut national, mais sa proposition échoue, en dépit du soutien de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, au prétexte qu'il « a du génie, mais il n'a pas de goût », selon le président de séance. Sur les instances de Mercier, il adresse alors une lettre au directeur Carnot.
En réponse, trois des cinq directeurs, Carnot, Reubell et Barras signent le 23 vendémiaire (14 octobre) un arrêté lui allouant, à défaut des 1 500 livres d'indemnité des membres de l'Institut, une aide de cinq livres de pain par jour. Par ailleurs, il semble que Carnot ait manifesté par d'autres moyens sa bienveillance, peut-être à la suite d'une recommandation de Fanny de Beauharnais.

Que voici ! Very Happy





Après l'installation de Marion et de ses trois filles chez lui en 1797, il participe à un concours ouvert par l’assemblée administrative de l’Allier et se voit nommer au poste de professeur d’histoire à l’école centrale de Moulins le 14 floréal an VI (3 mai 1798). Mais, ayant obtenu, le 20 avril 1798, grâce à Fanny de Beauharnais, un poste de premier sous-chef à la deuxième section de la deuxième direction, « traducteur de langue espagnole », au ministère de la Police générale, section des lettres interceptées, c'est-à-dire le Cabinet noir, rémunéré 333,68 francs par mois et 4 000 francs par an, il reste à Paris.
Toutefois, sous le Consulat, son service est supprimé, et il perd son emploi le 24 prairial an X (13 juin 1802), même s’il touche son traitement jusqu’au 12 août37,38. Privé alors de ressources, il obtient le secours de Fanny de Beauharnais, qui tente de lui trouver une nouvelle place — elle écrit au préfet de Charente-Maritime.
Le 2 juillet, les Posthumes et quelques feuilles imprimées de L'Enclos des oiseaux sont saisis chez lui ; les Posthumes n'en sont pas moins publiées quelque temps plus tard, probablement grâce à Fanny de Beauharnais.




La même année paraissent les Nouvelles Contemporaines.

Aidé jusqu'au bout par Fanny de Beauharnais, il sollicite à plusieurs reprises des secours officiels. Après une première demande en décembre 180237, il sollicite, le 8 mars 1803, une pension littéraire à Chaptal, ministre de l'Intérieur. Le 3 novembre suivant, il écrit au ministre de la Justice, Claude Ambroise Régnier : « Il fait froid et je n'ai pas de quoi me chauffer. » On ne lui accorde, le 22 décembre37, qu'un secours de 50 francs, qu'il ne reçoit d'ailleurs que le 28 février 1804.
Après une nouvelle demande de secours à l'attention de Louis Bonaparte, au début de 1805, il meurt dans la misère le 3 février 1806 au 16 rue de la Bûcherie à Paris, au terme d'une maladie qui ne lui permettait plus de marcher ni de tenir une plume selon Michel de Cubières. Ses restes sont inhumés le 5 février au cimetière Sainte-Catherine (actuellement, no 58 à 66 du boulevard Saint-Marcel).

Agnès Lebègue meurt chez sa fille aînée, au no 39 de la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, le 29 août 1808, Agnès Restif en 1812, Marion en 1836. Jean-Nicolas Augé devient imprimeur, Frédéric-Victor Vignon écrivain7. En 1811, Michel de Cubières publie l'Histoire des compagnes de Maria, recueil de nouvelles inédites de Restif, complété d'une notice sur sa vie et ses ouvrages.



Merci Wiki à ma rescousse ! :n,,;::::!!!:
( et Google images, donc ! )

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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par La nuit, la neige le Dim 28 Déc 2014, 19:00

Merci pour cette présentation détaillée... Wink
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Majesté le Dim 28 Déc 2014, 19:17

Sacré bonhomme que ce Restif de la Bretonne ...
Mon petit doigt me dit qu'il valait mieux être de son côté que de l'autre car sa langue de vipère devait être redoutable...sa plume aussi !
Dieu ce qu'il a été prolifique dans ses écrits !
Le hibou, ainsi qu'on l'appelait à Paris, était un indic de la police... c'est qu'il connaissait les rues de la capitale comme sa poche...
D'abord monarchiste, il a ensuite rejoint les idées de la révolution, pourrait-on dès lors le qualifier de mirabelliste? :

Bien à vous.

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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Mme de Sabran le Dim 28 Déc 2014, 19:50




Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, poursuit Wiki, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse.

Le marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume.

En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, de Gabriel Sénac de Meilhan et de Schiller, qui a signalé à Goethe la publication de Monsieur Nicolas le 2 janvier 1798. Très critiqué par les puristes comme La Harpe (on lui a donné comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau », mais Lavater l’appela « le Richardson français »), Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fait l’objet de l’admiration des surréalistes, notamment, qui le redécouvriront.

Imprimeur, il entendait également réformer la langue, l'orthographe et la syntaxe, créant de nombreux néologismes, par exemple: « etlrst » pour « etc. », « talionné » pour « assujetti à la loi du talion », « pornographe », « gynographe », « mimographe », « féique »… De la même façon, il est l'un des précurseurs de l'emploi de « mise » sous sa forme substantive pour désigner la manière de se vêtir, emploi critiqué en son temps, qui apparaît pour la première fois sous sa plume dans Les Contemporaines en 1780.

Philosophe réformateur longtemps ignoré, il envisagea tous les problèmes sociaux, y compris les tabous (la prostitution, l'inceste, etc.), préconisant d'ailleurs des solutions souvent conservatrices et répressives, mais conçut également une forme de communisme agraire. Saint-Simon et Fourier s'en inspirèrent, tout en voilant leur filiation.



Ses livres érotiques sont le plus souvent illustrés avec des femmes aux pieds minuscules et la bouche ronde. Celui sur les filles du Palais-Royal est présenté comme un guide, mais est plutôt une série d’entretiens, à la manière d’un journaliste.
Il répondait, à ceux qui lui reprochaient le choix de ses sujets, qu’il écrivait des livres de médecine morale, que les principes en étaient honnêtes, et qu’il ne pouvait peindre des mœurs pures puisque le siècle avait des mœurs corrompues.

Quoique son style soit couramment d’une grande platitude et souvent incorrect, Restif trouva néanmoins des tableaux riants et aimables, des accents émus et allant au cœur, des dialogues naïfs et vrais sans grossièreté, des pages attendrissantes ou énergiques. Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand.
À une époque où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui portaient le cachet de la vérité et de la franchise.

Ce graphomane, auteur de romans, mais aussi de pièces de théâtre, d’une grande autobiographie dans la lignée de celle de Rousseau et tout aussi attachante, d’une utopie et de nombreux projets de réforme (sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, la législation), est l’objet d’un regain de curiosité de la part de la critique universitaire qui voit en lui un des représentants les plus exemplaires des Secondes Lumières (fin du siècle).

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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Mme de Sabran le Dim 28 Déc 2014, 20:16




Oui, Majesté, c'était tout de même un sacré bonhomme !!!   cheers    :\\\\\\\\:
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Reinette le Dim 28 Déc 2014, 21:05

Un grand merci !!!:;\':;\':;
Je voulais en savoir plus sur lui car je le rencontre souvent dans les romans de Nicolas Le Floch.
Cette présentation me confirme qu'il avait l'air louche... Suspect
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Reinette le Dim 28 Déc 2014, 21:07



C'est fou ! Sommes-nous assurés qu'il s'agisse bien d'une illustration du XVIIIème siècle ? Shocked On se croirait début XXème !
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Mme de Sabran le Dim 28 Déc 2014, 21:16

Reinette a écrit:
C'est fou ! Sommes-nous assurés qu'il s'agisse bien d'une illustration du XVIIIème siècle ? Shocked On se croirait début XXème !

RESTIF DE LA BRETONNE
1734 †1806
Monsieur NICOLAS
ou le coeur humain dévoilé

Mémoires intimes de Restif De La Bretonne
Illustrés par Sylvain SAUVAGE
A Paris, chez Jonquières et Cie 1924 et 1925 en 4 volumes
(les 3 premiers tomes de 1924, le 4eme de 1925)

... c'est que, Restif était un grand amateur de femmes . Il a eu une vie très dissolue, j'en ai peur .  

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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Reinette le Dim 28 Déc 2014, 21:41

Mme de Sabran a écrit:
Reinette a écrit:
C'est fou ! Sommes-nous assurés qu'il s'agisse bien d'une illustration du XVIIIème siècle ? Shocked On se croirait début XXème !

RESTIF DE LA BRETONNE
1734 †1806
Monsieur NICOLAS
ou le coeur humain dévoilé

Mémoires intimes de Restif De La Bretonne
Illustrés par Sylvain SAUVAGE
A Paris, chez Jonquières et Cie 1924 et 1925 en 4 volumes
(les 3 premiers tomes de 1924, le 4eme de 1925)

... c'est que, Restif était un grand amateur de femmes . Il a eu une vie très dissolue, j'en ai peur .  

.

Tu me rassures pour la date ! cheers Quant aux moeurs de Restif, je le savais déjà assez porté sur la chose et ce sujet ne fait que me le confirmer. Je le voyais dans le genre Sade... Smileàè-è\':
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Mme de Sabran le Dim 28 Déc 2014, 21:44




Non, tu vois : ils étaient ennemis .
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

Message par Reinette le Dim 28 Déc 2014, 23:24

Mme de Sabran a écrit:


Non, tu vois : ils étaient ennemis .

Ils devaient pourtant, à première vue (je ne les ai lus ni l'un ni l'autre), avoir les mêmes préoccupations.
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Re: Nicolas-Edme Restif de la Bretonne

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