Jean Sylvain Bailly

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Jean Sylvain Bailly

Message par Mme de Sabran le Dim 25 Jan 2015, 20:15




Jean-Sylvain Bailly, nous dit Wiki, est élu 1er député de Paris, le 12 mai 1789, sur le contingent du tiers état, aux États généraux. Le 3 juin suivant, il est élu président du tiers-état .







Choisi comme doyen du Tiers Etat, il devient président de l'Assemblée Constituante jusqu'au 2 juillet 89. Lors de la fameuse séance dite du Jeu de Paume, à Dreux-Brézé qui surgit en lui intimant l'ordre de faire sortir tout le monde, il répond hautement : " ---- Je crois que la Nation assemblée ne peut pas recevoir d'ordres ! "
Il est le premier à prêter serment et, trois jours plus tard, lors de la séance où Louis XVI exige la dispersion de l’Assemblée, il refuse d’obtempérer et s'autoproclame Président de l'Assemblée nationale.



Le 15 juillet 1789, il est élu maire de Paris par le Comité des électeurs et, à ce titre, remet la cocarde tricolore au roi, lors de la visite que celui-ci fait à l’Hôtel de Ville, le 17 juillet, avec ces mots : " ---- Le peuple a reconquis son Roi ! " Sur quoi, il lui tend la cocarde tricolore !



Dans sa fonction de maire, il est attaqué par Camille Desmoulins et Jean-Paul Marat, pour être trop conservateur.

Après l’évasion manquée des 20 et 21 juin 1791 de la famille royale, il veut contenir l’agitation républicaine qui vise à obtenir la déchéance du roi et, à la demande de l’Assemblée, proclame la loi martiale. Le 17 juillet 1791 , est-ce lui ou la Fayette qui ordonne à la Garde nationale de tirer sur la foule des émeutiers ?



Sa popularité, restée jusque-là à peu près intacte, tombe au plus bas. Le 12 novembre, il démissionne de toutes ses fonctions politiques, et se retire à Nantes.

Il est mis en état d’arrestation en juillet 1793, alors qu’il se trouve à Melun, et placé en détention. Appelé à témoigner lors du procès de Marie-Antoinette, il refuse de le faire à charge et dépose en sa faveur, ce qui le conduit implicitement à sa perte.

Beauchesne donne plus de détail. Bailly aurait eu le courage de déclarer ceci en, plein procès de la reine :

"Les faits contenus en l'acte d'accusation, touchant la déclaration du jeune Louis-Charles, étaient absolument faux."

Bailly faisait là référence à l'accusation d'inceste d'Hébert.

Son procès est expédié le 11 novembre 1793 et la sentence exécutée le lendemain, après que la guillotine ait été symboliquement transportée de l’esplanade du Champ-de-Mars, à l’endroit même où les troupes avaient tiré sur le peuple le 17 juillet 1791, à l'extrémité gauche du champ de la Fédération, dans la fossé même qui entourait l'enceinte, par la foule qui ne voulait pas que son sang soit mélangé à celui des martyrs du peuple morts au Champ-de-Mars.
Comme ses membres, glacés par la pluie et le froid, sont agités d’un tremblement involontaire, un spectateur lui dit : « Tu trembles, Bailly ? — Oui, répond le vieillard avec calme, mais c'est seulement de froid.»




Bailly était non seulement l'homme du serment du jeu de paume, mais aussi un savant éminent, membre de l'Académie des Sciences et de l'Académie Française,  astronome de son état, et couvert d'honneurs par la monarchie.







"Bailly préfère les lettres et les sciences. Il travaille d’abord pour le théâtre, mais lié à Lacaille, il s’intéresse très tôt à l’astronomie et fait construire un observatoire sur le toit du Louvre à Paris. Ses observations astronomiques lui valent son élection à l’Académie des sciences en 1763. Peu avant la révolution, il aide Alexandre Lenoir à sauvegarder le patrimoine français.
"  ( Wiki )

Bailly est l'auteur d'une " Requête des habitants de Paris au Roi " pour demander un mode d'élection plus démocratique aux Etats Généraux pour les Parisiens. On se souvient du fameux doublement du Thiers, discuté tellement âprement dans toutes les couches de la société, et qui terrorise le comte d'Artois et les princes du sang. Louis XVI l'ayant accordé, Bailly en est le premier bénéficiaire.
Apprenant son élection, Louis XVI s'exclame : " ---- J'en suis bien aise, c'est un honnête homme ! "





Cette gravure révolutionnaire de 1792,  montre Bailly déféquant sur Louis XVI :




La légende n'est pas très lisible. La voici:

1 " La Reine dit: " ---- Ils vont faire la guerre quand nous serons partis. " 2 Le Roi répond: " ---- J'entends déjà ronfler le canon." 3 Le Maire (Bailly) pousse sa selle et foire sur le Roi, et dit : " ---- Voilà une excellente purgation." 4 Le Dauphin dit, en se retournant vers la Couronne qui est à l'entrée de l'égout : " ---- Mais, Maman, la Couronne de Papa ! " 5 Madame Elisabeth, troussée, dit: " ---- Allons donc vite, mon frère." 6 Madame Royale dit : " ---- Cachez donc votre cul, ma tante, on voit vos dartres." 7 Madame, qui d'une main tient un flacon qu'elle porte à son nez, et de l'autre main tire son mari par les cornes qui doivent être très courtes. 8 Monsieur dit: " ---- Ah, vous me traînez dans le margouillis." Madame lui répond : " ---- Allons, monsieur le Tartuffe, ne faites pas tant de façon : vous verrez là-bas la petite Balbi. "


Gratiné, is n'it ?   Smileàè-è\':

Au moment où cette gravure est publiée pourtant Jean-Sylvain Bailly est depuis longtemps bien refroidi à l'égard de la Révolution.
Il a une atroce prise de conscience lors des massacres de Foulon et Berthier, sous les fenêtres même de son Hôtel de Ville , et que La Fayette et lui n'ont pu empêcher !




Berthier de Sauvigny, Intendant de Paris, est arrêté par la municipalité de Compiègne.
Aussitôt Bailly fait un communiqué portant "que la ville de Paris ne faisant pas chercher M. Berthier de Sauvigny, cet ancien intendant n'étant accusé ni détenu par la justice, il n'existe aucune raison de le retenir prisonnier.
Mais on accuse Berthier d'être l'intendant des troupes massées autour de Paris.
Le 22 juillet, on réveille Bailly à cinq heures du matin : on amène à l'Hôtel de Ville Foullon, conseiller d'Etat en même temps que beau-père de Berthier de Sauvigny. Foullon vient de présenter au Roi, pièces écrites à l'appui !!!!!!!, les preuves d'une conspiration fomentée par Orléans !!! Il faut procéder, le plus vite possible, à l'arrestation d'Orléans et plusieurs députés mouillés avec lui.
Necker s'est insurgé contre cette mesure : Orléans député jouit de l'inviolabilité, et puis sa position, son influence, sa grande popularité ... et tutti quanti ...
Et, une fois de plus, Louis XVI hésite, se tâte, tergiverse ( ) pour finir par déclarer, évasif, que bon, il va y réfléchir ... Foullon n'en croit pas ses oreilles !!! L'imminence d'un coup fourré d'Orléans ne trouble pas plus que cela son royal cousin ... Il s'écrie: " --- Le Roi hésite, je suis perdu ! "
Foullon est capturé chez lui à Viry et traîné devant l'Hôtel de Ville.
Sous les yeux horrifiés de Bailly, et malgré les "Oh, c'est très vilain ça !" de ce pleutre de la Fayette, il subit mille outrages et abominations avant de quitter les lieux, sa tête sur une pique d'un côté, son corps dénudé de l'autre ...
Bailly, tétanisé d'horreur à l'idée de le voir subir le même sort, prend aussitôt la décision d'empêcher le transfert de Berthier à l'Hôtel de Ville. Il faut qu'il soit conduit sur le champ à l'Abbaye. Bailly donne les ordres. Trop tard, Berthier est là.
Il pénètre dans l'Hôtel de Ville où il doit être interrogé par Bailly qui expédie l'interrogatoire pour mettre le prisonnier le plus tôt possible en sûreté. Mais, quand il sort sous bonne garde, les émeutiers s'emparent de lui avec une joie féroce.
" Par la plus cruelle dérision, écrit Guy le Gentil de Paroy, les deux têtes de Foullon et Berthier, portées sur des piques, s'étant rencontrées au Palais Royal ( toujours le Palais-Royal, l'antre d'Orléans), on les fit embrasser, au milieu des ris de la populace. "
Hérault de Séchelles ricanne: " Figurez-vous un peu cette scène, et ce malotru présentant la tête au beau-père comme s'il eût dit au gendre: Baise papa, baise papa! "
Quant à Bailly, il consigne dans ses Mémoires:
" Quelle magistrature que celle qui n'a pas l'autorité d'empêcher le crime commis sous ses yeux ?"

( Source : Le Gentil de Paroy )


Détesté (forcément) par les royalistes et, finalement mal vu et bafoué par les révolutionnaires dont la presse (Marat et Desmoulins en tête) l'insulte tous les jours, Bailly voit son pouvoir et son autorité se réduire comme peau de chagrin.
Le massacre du Champ de Mars sonne le glas de sa popularité. Ce jour là une pétition cordelière est portée sur l'autel du Champ de Mars. Mais la police découvre deux mouchards planqués sous l'autel; elle les met à mal. La multitude s'exaspère. La situation dégénère.
L'assemblée ordonne à Bailly de dissiper le rassemblement de plus en plus houleux. Il signifie la loi martiale en faisant déployer les drapeaux rouges. La Fayette fait tirer par la Garde Nationale sur la foule désarmée ... Ceci vers sept heures du soir. C'est la panique ! On compte au moins cinquante morts. A partir de ce drame du Champ de Mars, c'est le début de la fin de la carrière politique de Bailly qui s'annonçait pourtant bien ...
La scène est en effet d'une grande violence. Mais pourquoi coûte t-elle tant à la popularité de Bailly ??? C'est la Fayette qui déclenche le feu contre le peuple. Or, nous le voyons dans la foulée se croire le vent tellement en poupe qu'il brigue la mairie de Paris de laquelle (pour la même fusillade) Bailly se sent obligé de démissionner !!! Vous ne voyez pas là une incohérence ?

Deux jours plus tard, le 19, est crée une police municipale et correctionnelle.
Bailly se sent contraint de donner sa démission et n'assure plus qu'un intérim inconfortable en attendant les prochaines élections à la mairie. Le 8 octobre, la Fayette donne sa démission de commandant de la Garde nationale. Il ambitionne le poste dont Bailly rend le tablier.
Mais c'est à Pétion que les élections ouvrent les portes de l'Hôtel de Ville, le 18 novembre, avec 6728 voix contre 3126 pour la Fayette. La Cour par détestation de la Fayette a donné la consigne de voter Pétion.

Bailly prend la sage décision de quitter Paris, mais, au lieu d'écouter les bons conseils de ses vrais amis de se rendre Londres, il opte pour Nantes ! C'est mettre trop peu de kilomètres entre la Révolution et lui ! Bingo ! Voilà que la région est bientôt ratissée par la chasse aux Girondins frappés de proscription et que s'y allume la guerre civile. Bailly doit quitter Nantes. Il choisit de se réfugier chez son ami et collègue Laplace, à Melun où il arrive le 5 septembre 1793. Dès le lendemain, la police lui saute sur le poil, l'arrête, le transfert à Paris.
Appelé à témoigner au cours du procès de Marie-Antoinette, il s'enfonce en prenant la défense de la Reine. Le voilà en accusation lui-même devant un tribunal qui le déclare "servilement vendu au tyran" ...




Le 12 novembre, on lui fait "l'honneur" de transporter pour lui la guillotine sur les lieux même de la fusillade du Champ de Mars. Son exécution est conçue comme une manière de cérémonie expiatoire. Il est livré pendant plus de deux heures aux sévices de la foule au bout de quoi, il monte enfin à l'échafaud.






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Message par Mme de Sabran le Lun 26 Jan 2015, 11:13




Acte de condamnation de Bailly à la peine capitale  .



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Re: Jean Sylvain Bailly

Message par La nuit, la neige le Lun 26 Jan 2015, 13:25

Merci pour ce sujet...

Il est terrible ce document où il suffit de remplir les cases vides.
On ne peut faire plus « administratif » dans la banalisation de la peine de mort ! What a Face
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Re: Jean Sylvain Bailly

Message par Mme de Sabran le Jeu 29 Jan 2015, 15:02

La nuit, la neige a écrit:
On ne peut faire plus « administratif » dans la banalisation de la peine de mort ! What a Face

Tu as raison, c'est sinistre ...

Alors, pour faire plus gai ......    :

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Re: Jean Sylvain Bailly

Message par Mme de Sabran le Lun 02 Fév 2015, 15:49




Bailly a laissé des mémoires, apocryphes ?  véridiques ?!! Hop!




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Message par Invité le Lun 02 Fév 2015, 16:39

Mme de Sabran a écrit:Bailly a laissé des mémoires, apocryphes ?  véridiques ?!!   Hop!

S'ils sont apocryphes c'est donc bien que ce n'est pas lui qui les a laissés Wink

Bien à vous.

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Re: Jean Sylvain Bailly

Message par Mme de Sabran le Lun 02 Fév 2015, 16:52




... :
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Message par Mme de Sabran le Mar 03 Fév 2015, 08:49




N'empêche que Bailly a eu l'honneur posthume du timbre poste :


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Re: Jean Sylvain Bailly

Message par Mme de Sabran le Ven 06 Fév 2015, 10:53

:

Bailly proclamé maire de la ville de Paris:




Jacques de Flesselles, prévôt des marchands, vient d'être assassiné le 14 juillet au soir de la prise de la Bastille . Il sera le dernier à avoir porté ce titre . Le 15 juillet, comme Bailly est désigné pour le remplacer et plébiscité par la multitude, une voix s'élève : " Non ! non ! pas prévôt des marchands ... maire de Paris !!! " . Et la foule aussitôt de reprendre en choeur .
Mais Bailly souhaite est régulièrement élu .
A sa demande, sa désignation comme maire de la capitale est entérinée par le Comité permanent .

En même temps, la milice bourgeoise est créée et prend le nom de Garde Nationale sous le commandement de la Fayette.


( Mémoires de Bailly )

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