François-Félix, comte d'Hézecques

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François-Félix, comte d'Hézecques

Message par Mme de Sabran le Ven 03 Avr 2015, 19:35

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François-Félix, comte de France d'Hézecques, baron de Mailly, naquit le 30 juillet 1774, au château de Radinghem, en Artois. Dans sa douzième année, le 1 er janvier 1786, le jeune d'Hézecques, dont la famille était alliée au duc de Villequier, alors gentilhomme de la chambre, fut admis parmi les pages de la chambre du roi. C'est là qu'il fut élevé, et on lira avec intérêt, dans ses Souvenirs, l'éducation qu'il reçut dans ce poste d'honneur de la jeune noblesse française. La révolution ayant supprimé les pages delà chambre, il passa, le 1er janvier 1790, dans ceux de la grande écurie où il demeura jusqu'au mois d'avril 1791.
A sa sortie, le roi lui donna un brevet de capitaine à la suite de ses gardes.




Le château de Radinghem :





A cette époque, les gardes du corps et la plus grande partie de la noblesse de France avaient émigré. Par point d'honneur, pour faire preuve de royalisme, le jeune d Hézecques, quittant le château de Mailly -Maillet, résidence de sa famille, ne tarda pas à aller les rejoindre.
Il se rendit à Bruxelles, où il retrouva le duc de Villequier, et de là à Coblentz où s'étaient rassemblés les gardes du corps, ainsi qu'un grand nombre de volontaires des premières familles de France qui s'étaient joints à eux. La vie des émigrés, à Coblentz, lui
plut médiocrement. C'était déjà à seize ans un esprit sage et posé. Il aimait les livres, l'étude ; l'oisiveté lui était à charge. Il n'avait
d'ailleurs pas, comme ses compagnons d'exil, pour se soutenir, d'ardentes passions politiques avec leur cortège d'illusions; son âge ne les comportait pas. Il profita donc des loisirs que lui donnait la situation des affaires pour visiter quelques-unes des principales villes d'Allemagne.



Le château de Mailly -Maillet :





Vint la campagne de 92, si désastreuse pour les alliés, à laquelle il prit part. Sauf cette campagne, puis celle de 1794, où il servit sous M. de Choiseul- Stainville, son parent, il passa les années de son exil en pérégrinations studieuses, à travers l'Allemagne, puis la Belgique et encore l'Allemagne. Il les parcourut à plusieurs reprises, s'occupant, sur la route et dans ses divers séjours, d'histoire, de géographie, d'archéologie.

Cependant la révolution française, après avoir épouvanté le monde de ses horreurs et de ses succès, était arrivée à sa période
décroissante. Le ciel s'éclaircissait. Le 19 juillet 1795, il reçut la nouvelle que sa famille, incarcérée à Doullens, venait d'être rendue à la liberté après un emprisonnement de seize mois. L'exil était devenu lourd à Félix d'Hézecqucs, il avait hâte de revoir la patrie. Il y rentra enfin en septembre 1801, mais n'y trouva pas longtemps la sécurité qu'il avait espérée. Les événements de fructidor amenèrent une recrudescence de rigueurs à l'égard des émigrés. Sa situation devint si dangereuse qu'après s'être tenu, pendant dix-huit mois, caché à Amiens, dans l'hôtel de sa famille, rue Porte-Paris, il dut de nouveau s'exiler. En effet, il ne devait pas se faire illusion sur le sort qui l'attendait s'il venait à avoir le malheur d'être pris. Plusieurs de ses compagnons d'armes, tels que MM. de Ménars et d'Olliamson, avaient été fusillés. On multipliait les visites domiciliaires; mais grâce au bon esprit qui a toujours régné à Amiens, le proscrit en était toujours averti. Il réussit à gagner Rotterdam, où il resta jusqu'au 18 brumaire, qui rouvrit aux émigrés les portes de la France.

Pendant ces longues années passées sur le sol étranger, Félix d'Hézecques eut tout le temps de suivre la marche des événements, d'étudier le changement qui s'était opéré dans les esprits pendant cette grande révolution qui venait de bouleverser l'Europe, et de se façonner à ces idées de sage libéralisme en harmonie avec les sentiments et les besoins qui travaillaient la France nouvelle. Les voyages, la lecture, ses observations n'avaient pas été sans amener des réflexions. Il se soumit donc sans trop de peine à l'ordre nouveau.

Dès 1804 il prit du service sous le drapeau qui était devenu celui de la France. En 1813 et 1814, il commandait la légion de la Somme, qui comme la garde nationale des départements du nord, figura dans l'armée active. Elle prit une part glorieuse à l'héroïque campagne de France ; et, dans ce dernier et sublime effort tenté contre la honte et les désastres de linvasion, Félix d'Hézecques combattit jusqu'à la fin à la tête de sa légion, incorporée dans la division Allix.

Là se termine sa carrière militaire. Le reste de sa vie, sous la Restauration et la monarchie de Juillet, se passa dans l'exercice d'honorables fonctions administratives, où la loyauté, la franchise, la modération et l'aménité de son caractère lui gagnèrent l'estime et les sympathies de tous.
Il mourut au mois d'août 1835.


Préface de l'éditeur de ses Souvenirs.
Rien ! pas un petit portrait pour nous représenter ce cher Félix !  Hop!
Quelqu'un a-t-il cela dans ses galeries ?

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Mme de Sabran

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Re: François-Félix, comte d'Hézecques

Message par Invité le Ven 03 Avr 2015, 20:33

J'ai beaucoup apprécié ses Souvenirs. Very Happy

Merci pour cette présentation. Malheureusement, je ne connais pas de portrait de lui.

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