Constantin François Chasseboeuf, comte de Volney

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Constantin François Chasseboeuf, comte de Volney

Message par Calonne le Sam 15 Aoû 2015, 23:04


De son nom complet, Constantin François Chasseboeuf de la Giraudais, il est plus communément nommé Volney.
Philosophe, orientaliste, grand voyageur, homme politique, il incarne à merveille ces hommes du XVIIIème, curieux de tout.

Né dans une famille aisée du Maine en 1757, il montre très vite un caractère studieux, assez froid et réservé avec ses compagnons de jeux, visiblement plongé dans "son monde". A 18 ans, il apprend l'hébreu pour "corriger les erreurs présentes dans la bible", à 19, il apprend l'arabe et se fait apeller Volney, contraction de Voltaire et Ferney.
Dégagé de tout souci matériel par une rente léguée par sa mère (morte alors qu'il était tout jeune), il monte à Paris à 19 ans à peine. Il y étudie l'histoire, les langues orientales et la médecine. De santé fragile et hypocondriaque, cette dernière discipline l'intéresse beaucoup. Très vite, il se lie avec des gens comme Cabanis, Condorcet, la veuve d'Helvétius, il rencontre Benjamin Franklin, Holbach, Diderot... Un entourage qui le conforte dans son athéisme naissant. Epris de raison et des Lumières, il est alors en phase avec son époque.

C'est alors qu'il décide de partir pour la Syrie et l'Egypte. Pendant un an, il se prépare, s'endurcit par la marche, les exercices physiques, le jeûne... Il part finalement en 1782, avec "un havresac sur le dos, un fusil sur l'épaule et six mille livres en or cachées dans une ceinture". Il s'enferme de lui-même pendant huit mois dans un monastère copte, pour y perfectionner son arabe et méditer. Il visite les pyramides, séjourne sept mois au Caire, arpente les sables... Revenu en France quatre ans plus tard, il publie ses mémoires de voyages qui remportent un énorme succès. Catherine II en personne lui envoie une médaille en or après l'avoir lu.

Arrive la Révolution, qui l'enthousiasme (au début du moins...). Il est député de l'Anjou aux Etats-Généraux, membre de l'Assemblée Constituante, se proclame "ami des libertés publiques", "ennemi des superstitions", s'intéresse à la justice et l'éducation, se lie à Mirabeau. Catherine II se déclarant "ennemie de la France", il lui renvoie sa fameuse médaille. Un passage en Corse en 1792 lui permet de rencontrer un certain Bonaparte, qu'il sera amené à revoir prochainement...
Révolté par les excès de la Terreur, il se dresse alors contre les nouveaux maîtres du pays et se retrouve incarcéré à la Force comme... royaliste. Prétextant sa santé fragile, il obtient d'être transféré à la fameuse clinique Belhomme et ne doit la vie sauve qu'à la chute de Robespierre.

A peine libre, il obtient une chaire d'histoire à l'Ecole Normale et ses leçons attirent les foules. Mais la suppression de l'école le plonge dans l'ennui et il décide alors de partir pour les Etats-Unis. Washington himself le reçoit avec les honneurs, mais il s'attire les foudres de John Adams, président à partir de 1797 et préfère donc refaire ses valises, remportant avec lui de fabuleux souvenirs de ses équipées dans l'ouest sauvage et chez les indiens.

De retour, Volney invite à déjeuner, dans la petite maison qu'il vient d'acheter à la campagne, un certain Bonaparte, rencontré en Corse auparavant. Impressionné, il le recommande à un ami, un certain Paul Barras... Par amitié pour Volney, ce dernier réintègre le "petit corse" dans son grade. C'est l'époque où le futur empereur, désoeuvré et chassé de l'armée, à bout, songeait à se faire mercenaire "pour le sultan" en Egypte ou ailleurs. A partir de ce moment, les deux hommes restent liés, au point que Volney participe activement au coup d'état du 18 Brumaire. En récompense, Bonaparte veut le nommer troisième Consul, mais Volney refuse et se contente d'être sénateur. Au fil du temps, ses relations avec Bonaparte se tendent, il prend ses distances, mais reste un proche. Surtout, il devient un familier de Joséphine dont il enchante les soirées, racontant à son auditoire émerveillé ses courses à travers les sables ou les grands espaces américains.
Mais le Concordat et le rapprochement avec l'Eglise heurtent cet athée farouche et convaincu, le ton monte entre Volney et le nouveau maître de la France. La prétention de Bonaparte à l'Empire brise le lien, Volney rétorquant qu'à ce compte là, autant faire revenir les Bourbons... Toujours membre du Sénat, englué dans une opposition stérile, il est pourtant fait comte d'empire, puis Commandeur de la Légion d'Honneur, mais il refuse de pardonner à l'empereur et de paraître à la cour. Il quitte finalement le Sénat, le temps de se faire élire à l'Académie Française en 1803, puis se retire définitivement. Célibataire endurci, il se marie très tard avec une lointaine cousine et s'enferme dans ses souvenirs et ses études. Il a la satisfaction de voir tomber l'empereur et assiste en spectateur à la Restauration et aux Cents-jours, bien que nommé Pair de France par Louis XVIII.

Il meurt à 63 ans, le 26 avril 1820, après avoir refusé les derniers sacrements. Ses obsèques furent pourtant célébrées selon les rites à Saint Sulpice. Il repose au Père-Lachaise.
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Re: Constantin François Chasseboeuf, comte de Volney

Message par Mme de Sabran le Dim 16 Aoû 2015, 19:04

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Avec Condorcet, les Lameth, Liancourt, Volney faisait partie de la Société des Amis des Noirs . Very Happy
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Re: Constantin François Chasseboeuf, comte de Volney

Message par Calonne le Dim 16 Aoû 2015, 19:25

J'aime beaucoup ce personnage, grand voyageur, linguiste, érudit, penseur... D'une certaine manière, il est resté fidèle à ses engagements, renvoyant sa médaille à Catherine II (le geste a de la gueule quand-même), s'éloignant de Bonaparte quand il estime que ce dernier ne correspond plus à ses idéaux premiers, restant fidèle à son athéisme en refusant les derniers sacrements...
Sans le porter aux nues, il me semble avoir été fidèle à ses idées, à ce en quoi il croyait.

En confidence, j'avais pensé à lui comme pseudo lors de mon inscription. J'ai finalement choisi Calonne parce que ce dernier me paraissait plus contemporain et plus proche de Marie-Antoinette (dans le sens où il l'a côtoyé j'entends).
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