Les amants de Catherine II

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Message par Gouverneur Morris le Lun 22 Juil 2019, 15:50

J'aime bien le mien, il a la tête du jeune fat qu'il devait être Hop!
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Message par Dominique Poulin le Lun 22 Juil 2019, 17:25

Il paraît séduisant certes, mais j'ai le sentiment que les œuvres qui le représentent ne rendent pas toute la lumière sur sa beauté, si en effet il était aussi beau qu'on veuille bien le dire. Smile
Ceci dit, aussi jeune et inexpérimenté dans les affaires, il fait figure de freluquet car s'en était bien un ! Lui décerner des titres, des pensions, des hochets, à la rigueur oui, car être le favori d'une impératrice n'est pas rien non plus, mais lui donner des responsabilités et lui permettre d'avoir la dragée haute auprès des ministres, ça non jamais ! Shocked
C'est pourtant ce qui se passait auprès d'une Catherine aux prises avec la sénilité, et Platon Zoubov comme on le verra à la suite de notre chronique fera montre de sa nonchalance et de sa désinvolture aux personnages les plus sérieux et les plus compétents, quel comble ! Tout ce qui l'intéressait c'était être au centre de la Cour et jouir des  attraits rutilants de sa faveur. Les amants de Catherine II - Page 5 1238861238
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Message par Dominique Poulin le Dim 28 Juil 2019, 01:30

Poursuivons notre chronique que j'emprunte à Alexandre Polovtsoff dans ses " Favoris de Catherine La Grande ".  Very Happy

Potemkine est mort en 1791, Platon Zoubov étale sa morgue de parvenu tout-puissant à la Cour....  Les amants de Catherine II - Page 5 3231074342

" Le pauvre garçon n'était nullement préparé à l'activité qu'il était subitement appelé à exercer ; il avait tout à apprendre. On doit néanmoins lui rendre cette justice qu'il fit de son mieux dans une situation difficile et pleine d'embûches. Il était entouré d'une foule d'hommes qui avaient le double, si ce n'est le triple de son âge et qui n'étaient guère enclins à faire preuve d'indulgence envers lui ; au contraire, ils étaient enchantés quand il commetait un impair. Zoubov tâchait de ne se laisser guider que par l'impératrice et avait grand soin de mettre de côté tout ce qui pouvait la contrarier. Il s'ingeniait à ne prêter le flanc aux critiques et redoutait surtout celles de Potemkine ; mais après la mort du prince de Tauride, il fit bien voir que plus personne ne lui faisait peur et se mit à montrer une  assurance que rien n'avait fait prévoir.  Les amants de Catherine II - Page 5 4099329125

Le seul qui eût pu lui tenir tête était Bezborodko ; mais, le lendemain même du jour où fut reçue la nouvelle de la mort de Potemkine, Bezborodko en plein conseil proposa d'aller en Moldavie parachever l'œuvre du défunt au congrès de la paix. Il resta cinq mois absent et il n'en fallait pas tant pour que les affaires qui étaient de son ressort fussent confiées à Zoubov. A son retour, voyant, au dire d'un autre secrétaire de l'impératrice, Trostchinsky, " à quel point ce ministre universel accaparait tout pour lui même", Bezborodko s'efforça de rester dans son coin, sans prendre part aux affaires, et l'impératrice se plaignit à plusieurs reprises qu'il l'abandonnait.
Catherine régnait toujours, mais c'était Zoubov qui gouvernait. Bezborodko disait en plaisantant que lui-même n'était là que " pour redorer ce que Zoubov détériorait. " Le même Trostchinsky dit dans une de ses lettres, que loin d'être l'oeil de la souveraine, Zoubov n'était qu'une taie sur cet œil ; à l'en croire, l'impératrice était la seule à avoir confiance en Zoubov et voulait obliger tout le monde à partager cette confiance. En chargeant un jour Khrapovitsky de remettre des dossiers au favori, Catherine ajouta en français :

- " Ce qu'il fait, il le fait bien, et savez-vous pourquoi ? Parce qu'il est impartial et n'a pas de vues particulières. "  rendeer  Les amants de Catherine II - Page 5 1238861238

Bezborodko dut lui céder sa charge de président du collège des Affaires étrangères, et même le bienfaiteur de Zoubov, Saltykov, fut destitué de la présidence du collège de la Guerre pour faire place au favori.
Bientôt, après la mort de Potemkine, Zoubov lui succéda comme chef du corps des chevaliers-garde ; six mois plus tard, il fut promu lieutenant général et général aide de camp. Il remplaça également Potemkine en qualité de gouverneur général d'Ekaterinoslav et de Tauride. Auparavant, il avait reçu le cordon de Saint-Alexandre et les ordres étrangers de l'Aigle Noir de Prusse et de l'Aigle Blanc de Pologne et, en 1793, il fut décoré du portrait de l'impératrice et du cordon de Saint-André.
La même année, il devint grand maître de l'Artillerie ; en 1795, il reçut le cordon de Saunt-Vladimir, puis des terres en Lituanie d'un revenu de 100 000 roubles et après l'annexion de la Courlande le château de Ruhenthal près de Riga ; cette même année, Catherine lui donna une seconde fois son portrait sur email, encadré de gros diamants et le nomma chef honoraire du corps des Cadets. En 1796, il fut déclaré amiral et commandant de la flotte de la mer Noire. L'empereur Léopold II l'avait, en 1793, créé comte du Saint-Empire avec réversion de ce titre sur son père et ses trois frères ; en 1796, Platon Zoubov devint prince du Saint-Empire, titre légalisé et reconnu en Russie. Au Palais d'Hiver, il occupa le pavillon bâti pour Potemkine. Shocked

Cette pluie d'honneurs tourna la tête au jeune homme : il crut pour de bon qu'il était susceptible de diriger toutes les affaires. Ce n'était pas que l'impératrice donnât son agrément à tout ce qu'il proposait ; loin de là b; sa veille expérience et son flair impeccable la faisaient parfois rejeter les projets de son favori. Ainsi, au sujet d'une de ses requêtes, Khrapovitsky note, en juin 1792 : " Refusé avec colère " ; elle tenait néanmoins à ce que tout se fit par son entremise.
Théodore Rostopchine écrivait à Simon Vorontzov, ambassadeur à Londres :

" Zoubov, jeune homme qui s'est emparé de tous les titres de feu le prince de Tauride, jouit de la confiance illimitée de l'impératrice ; tout passe par ses mains, il présente ses opinions sur chaque chose et rien ne se fait sans lui. "

Considérant que son éducation politique ne laissait plus rien à désirer, il se mit à élaborer de vastes projets de nouvelles combinaisons politiques. Il se disait partisan d'une alliance avec la Suède et la Prusse, jointe à une attitude menaçante vis à vis de l'Angleterre et à une protection active de la famille royale de France. Catherine le laissait dire. Elle accepta cependant l'idée de Zoubov de marier l'aînée de ses petites-filles, la grande-duchesse Alexandra, âgée seulement de treize ans, au jeune roi de Suède. Gustave IV vint à Saint-Petersbourg pendant l'été de 1796 et quoiqu'il parut amoureux de la petite princesse, il demeura intraitable sur la question de la conversation immédiate de sa fiancée au protestantisme. Catherine, de son côté, exigeait que sa petite-fille resta orthodoxe, admettant seulement qu'elle changerait de religion lorsqu'elle serait devenue reine de Suède. Zoubov se fit fort de faire consentir le roi à des fiançailles solennelles en remettant à plus tard la question épineuse de la conversation. L'impératrice, couronne en tête, assise sur son trône et entourée de sa cour, attendit en vain Gustave IV qui refusa de venir au palais. Les négociations furent rompues et, cette nuit là, l'impératrice eut une légère attaque, dont elle se remit au bout de quelques jours, mais qui présageait celle dont elle mourût trois mois plus tard.

Un autre projet politique de Zoubov eut de meilleurs résultats. Il avait imaginé un plan grandiose pour renforcer l'influence de la Russie dans les pays d'Orient ; des prétextes furent saisis pour déclarer la guerre à la Perse ou plutôt à Aga-Mahomet-Khan, le fondateur de la dynastie Kadjare, qui venait depuis quelques années de s'emparer du trône. En 1796, une armée commandée par Valerien Zoubov, le frère de Platon, fut dirigée contre l'usurpateur. La forteresse de Derbent sur le bord occidental de la mer Caspienne fut prise et annexée par la Russie, ce qui fit que l'expédition favorisa dans une certaine mesure l'expansion russe au Caucase.

Tout pliait devant l'omnipotent ministre. Il se croyait grand, car seul il était debout, tandis que le reste était prosterné à ses pieds. D'un orgueil illimité, il s'attribuait les réussites obtenues dans n'importe quel domaine de l'Etat. Ceux qui recherchaient sa protection ( et leur nombre était légion ) lui faisaient une cour assidue. Koutousov ( celui là même qui devait devenir un héros national en 1812 ) venait chez lui chaque matin, une heure avant son lever, pour faire bouillir son café. L'émission, lieutenant général et directeur de l'artillerie et des ingénieurs, lui baisait la main. Même les petits-fils de l'impératrice avaient soin d'entretenir d'excellentes rapports avec lui, quoique le grand-duc Alexandre écrivit at son instituteur Laharpe qu'il ne voudrait pas de Zoubov même pour laquais. " Eventaille Les amants de Catherine II - Page 5 1123740815

Tout le monde, même la famille impériale, jouait donc son métier de courtisan devant l'omnipotent favori recouvert par la louange aveugle d'une vieille dame attachée à son caniche 🐩...

A suivre ! Hop!
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Message par Mme de Sabran le Dim 28 Juil 2019, 23:54

Dominique Poulin a écrit: le grand-duc Alexandre écrivit a son instituteur Laharpe qu'il ne voudrait pas de Zoubov même pour laquais. " Eventaille Les amants de Catherine II - Page 5 1123740815

Tiens donc ! Les amants de Catherine II - Page 5 1123740815 Cela me fait penser à Mirabeau écrivant à la Marck ( je crois ) qu'il ne voudrait pas du duc d'Orléans même pour cirer ses bottres .

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...    demain est un autre jour .
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Message par Dominique Poulin le Ven 02 Aoû 2019, 23:30

Poursuivons notre récit sous la plume de Alexandre Polovtsoff, " Les favoris de Catherine La Grande " avec Platon Zoubov. Personnellement, je le trouve assez insupportable :  Les amants de Catherine II - Page 5 1123740815

" Seul Souvarov lui résistait. Le grand homme dut consentir en 1794 au mariage de sa fille unique avec Nicolas Zoubov, frère aîné de Platon ; mais, lorsque plus tard, arrivant à Saint-Peterbourg, il alla faire une visite au favori, il fut offusqué que celui-ci se permit de le recevoir en redingote. Quand Zoubov lui rendit sa visite, le maréchal, pour lui faire la leçon, le reçut en chemise. Une autre fois, Zoubov, considérant que Souvarov était son subordonné, lui écrivit une lettre à laquelle le célèbre guerrier répondit :
" - C'est à moi qu'est adressé votre style de rescrit, d'oukase impérieux, bon à employer pour des attestations d'inferieurs ? Cela n'est pas bien monsieur. "  Eventaille
Mais Zoubov traitait tout le monde avec la même désinvolture. La foule de ses courtisans s'assemblait chez lui à dix heures du matin, mais n'était admise que pendant qu'on le coiffait. Richelieu, récemment émigré et cherchant  un emploi, dit qu'il attendit plus d'une heure dans l'antichambre de Zoubov. Il salua le favori comme celui-ci était installé devant son miroir, mais ne reçut en retour aucune marque de politesse  Shocked . Trois quarts d'heures s'ecoulerent encore avant que Richelieu put l'approcher. Zoubov qui signait des papiers, lui dit quelques mots ; puis, comme Richelieu lui rappelait un placer dont l'un des employés aux Affaires étrangères lui avait déjà parlé ce jour là, il ne répondit pas et se détourna pour causer avec quelqu'un d'autre. Richelieu, découragé, ne revint plus chez lui.   Les amants de Catherine II - Page 5 808868115
Un des secrétaires de l'impératrice, en décrivant son travail de chaque jour avec elle, dit que Zoubov entrait ordinairement chez Sa Majesté à une heure matinale pour lui demander des signatures ; il était toujours vêtu d'une redingote en soie de couleur vive, bordée d'une large broderie en paillettes, et portait une culotte de satin blanc, avec de courtes bottes de maroquin vert, ses cheveux pas encore coiffés.

Dégouté de l'hostilité des fonctionnaires à son égard, Zoubov trouva des hommes à lui pour préparer son travail, mais le choix qu'il en fit souleva de vives critiques.
Ses deux principaux collaborateurs se nommaient Altesti et Ribas. Le premier, originaire de Raguse, était un aventurier dont le comte de Ribaupierre disait que c'était " un homme à pendre à chaque moment, un gueux dans toute l'étendue du terme ". Altesti parlait couramment plusieurs langues tant européennes qu'orientales ; il écrivait parfaitement le français et se fit remarquer tout d'abord par une pièce de théâtre qu'il composa dans cette langue et qu'il adressa par la poste à l'impératrice. Boulgakov, ambassadeur à Constantinople, l'emmena comme secrétaire. Envoyé par son chef avec des dépêches importantes pendant le voyage de l'impératrice en Crimée, il la rejoignit à Kherson. Il écrivit là un mémoire sur la question turque conjointement avec Ségur et fut ensuite attaché à la légation de Varsovie. Il y écrivit, également en français, une brochure sur les affaires de Pologne et Catherine autorisa Zoubov à l'attacher à sa chancellerie. Il sut devenir un ami intime du favori. Plus tard, après le deuxième partage de la Pologne, les intrigues d'Altesti pour favoriser des requêtes de Polonais récemment devenus sujets russes firent que l'impératrice ordonna à Zoubov de le renvoyer.
Quant à Ribas, fils d'un maréchal ferrant espagnol fixé à Naples, il était venu en Russie avec Alexis Orlov qui l'avait employé à Livourne pour suborner et enlever l'aventurière politique connue sous le nom de " princesse Tarakanova ". En Russie, Ribas avait pratiqué divers métiers jusqu'à ce qu'il parvint à épouser la fille adoptive du vieux Betsky, ce qui lui valut d'être à l'abri du besoin ; avant cela, il avait été fortement soupçonné de s'être rempli les poches pendant les travaux du port d'Odessa. Sa réputation de menteur et de fripon était si bien établie que Souvarov, pour caractériser un homme perspicace, disait : " Même Ribas,m n'arriverait pas à le tromper. "
A ces deux étrangers, vint s'ajouter un Russe, Gribovski, qui avait débuté par un détournement de fonds. Après une éclipse en province, il avait ressurgi d'abord dans la chancellerie de Potemkine en Moldavie, puis sous la protection de Zoubov, mais en gardant un mauvais renom de vénalité qui plus tard, sous le règne de Paul 1er, l'amena à faire de la prison. Zoubov plaça même Gribovski auprès de l'impératrice en qualité de secrétaire et les mémoires de ce témoin des dernières années du règne fourmillent de détails intéressants.

L'équipe formée de cette façon par Zoubov ne brillait pas par une réputation de parfaite intégrité  Les amants de Catherine II - Page 5 3177668066 , mais le favori n'en avait cure .
Son insolence et son sans façon choquaient tout le monde. A table, chez l'impératrice, comme l'on discutait avec animation sur une question de principe, Catherine demanda à son fils quel était son avis. " Je partage celui du comte Platon Alexandrovitch " répondit l'héritier du trône. " Quoi donc ? osa proférer Zoubov, ai-je dit une bêtise ? ".  Shocked
De sa propre autorité, il se permit d'expulser de Russie un étranger, le chevalier de Saxe, fils naturel du duc Maximilien de Saxe ; cet acte arbitraire, pour lequel celui qu'il avait fait chasser le provoqua en duel, lui occasionna dix ans plus tard de sérieux ennuis.

Quoi que le public pensat de Zoubov, l'impératrice était heureuse dans sa vie privée ; aucun nuage ne l'obcurcissait. Il y eut bien un moment en 1793 ou elle fut assaillie d'inquiétudes et de soupçons, car le favori, obéré de travail tout le jour, avait pris l'habitude de faire des promenades à pied la nuit. Pendant le séjour du comte d'Artois, comme Zoubov devait se rendre à une réception chez lui, Catherine voulut vérifier s'il n'allait que là. Elle se confia au vieux Zotov qui resta lui même en faction devant la porte de la maison ou la fête avait lieu ; mais il put constater que Zoubov rentrait sagement au palais.
Cette année là, le grand-duc Alexandre fut marié. Il allait avoir seize ans et sa fiancée, Louise de Bade, nommée en Russie Elisabeth Alexeievna, était d'un an sa cadette. Les jeunes mariés n'entrerent en ménage qu'en 1794. Peu de temps après cela, Zoubov s'eprit follement de la jeune grande-duchesse. Il l'a poursuivait d'assiduités qu'elle faisait mine d'ignorer, quoi qu'il soupirat pour elle pendant plus de dix-huit mois. La seule explication à cette conduite insensée est qu'il était véritablement amoureux et qu'il n'avait pas l'esprit de voir combien sa folie était indécente  Shocked . Catherine ne broncha pas ; peut-être Zoubov s'arrangea-t-il pour qu'elle ne s'aperçut de rien ; peut-être même, les personnes les plus indiscrètes de son entourage n'oserent-elles pas attirer son attention sur cette passion qui choquait tout le monde. Il est bien possible que l'impératrice soit morte sans s'être doutée des sentiments de Zoubov avait éprouvés pour l'épouse de son petit-fils.

D'une taille moyenne, mais large d'épaules et bien musclé, le favori était adroit à tous les sports et d'une force peu commune. Le trait marquant de son visage était ses yeux que ses contemporains s'accordent à trouver magnifiques. Il aimait passionnément la musique et jouait passablement du violon. En dehors des heures qu'il donnait à son travail ou qu'il passait avec l'impératrice, il ne recherchait aucune  distraction et menait une vie solitaire et studieuse.
Le 5 novembre 1796, l'impératrice fut terrassée par une attaque d'apoplexie. Ses femmes la trouvèrent au matin sans connaissance dans sa garde-robe. Étendue par terre sur un matelas, elle respira encore dans revenir à elle jusqu'au lendemain soir, quand Paul 1er monta sur le trône. "

A suivre. Smile
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Message par Mme de Sabran le Jeu 08 Aoû 2019, 09:32


" un homme à pendre à chaque moment, un gueux dans toute l'étendue du terme "

Eventaille Eventaille Eventaille

Catherine vieillissante semble vraiment abdiquer tout discernement.  
Merci, Domi, pour la suite de notre feuilleton de l'été sur les bords de la Néva .  Les amants de Catherine II - Page 5 693620883
Dommage, ça sent la fin ...

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Message par Dominique Poulin le Jeu 08 Aoû 2019, 17:19

Non, Eléonore, je peux changer le cours de l'histoire en inversant son cours... ou du moins la retarder...    Eventaille  Hop!
Souvenez vous, j'ai commencé - taper est plus juste - le récit de Alexandre Polovtsoff par Lanskoi parce qu'on parlait de lui à ce moment là, mais bien d'autres visages l'ont précédé pendant la jeunesse de Catherine avec Poniatowski, Potemkine, Orlov pour n'en citer que quelques uns.  Smile

Donc avec la disparition de Catherine, je commencerai par le début du livre pour narrer les amours impériales ! Le voulez vous ? Je lis déjà votre oui, je me trompe ? Laughing


Dernière édition par Dominique Poulin le Jeu 08 Aoû 2019, 19:55, édité 1 fois
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Message par Mme de Sabran le Jeu 08 Aoû 2019, 19:05


Dominique Poulin a écrit:
Le voulez vous ? Je lis déjà votre oui Laughing

Les amants de Catherine II - Page 5 5_jfif14

... avec grand plaisir, mon cher Dominique ! Very Happy

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Message par La nuit, la neige le Ven 09 Aoû 2019, 15:00

Nous attendons la saison 2 de cette série des amours de la grande Catherine avec impatience... Les amants de Catherine II - Page 5 309649167
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Message par Dominique Poulin le Dim 11 Aoû 2019, 03:15

La saison 1 n'est pas complétement terminée LNLN, il nous faut découvrir ce qu'est devenu Platon Zoubov à la mort de sa protectrice. Il était assez intelligent pour se douter que l'apogée de sa vie trouverait son brutal épilogue avec la disparition de l'impératrice. Bon, ceci dit il s'en tire pas mal, Paul 1er et Alexandre 1er ne sont pas trop cruels avec lui, plutôt magnanimes je dirais...
Bien heureux qu'il ne se soit pas trouvé sous la terrible patte implacable d'un homme de la trempe d'Ivan Le Terrible ou de Pierre Le Grand !!  Les amants de Catherine II - Page 5 3177668066

Alexandre Polovtsoff nous dit :

" Zoubov vit bien que pour lui tout était fini. Cependant, afin de se concilier autant que possible, la bienveillance du nouveau souverain, sur le conseil d'Alexis Orlov, il envoya le 5 novembre, son frère Nicolas à Gatchina, résidence de l'héritier du trône, pour engager Paul Petrovitch à rentrer au Palais d'Hiver. Lui-même il en sortit dès que l'impératrice eût rendu le dernier soupir et alla s'installer chez sa sœur, Mme Gerebstov. Il exerçait encore un grand nombre de ses charges, et quelques jours plus tard, un fonctionnaire vint le convoquer à une séance du Conseil militaire. Cet homme raconte dans ses Mémoires que s'étant présenté à l'hôtel Gerebstov, il ne trouva personne ni sur l'escalier, ni dans le vestibule ; il fut enfin introduit dans un salon drapé de noir ou le prince Zoubov, seul, assis sur un canapé, lisait un livre. Il se leva aussitôt pour aller au devant du Messager qui fut frappé de son visage pâle et triste.
L'empereur commença par traiter Platon Zoubov avec infiniment d'égards. Le souverain acheta un hôtel et le lui offrit pour son anniversaire, le 15 novembre. Ce jour-là, l'empereur et l'impératrice s'inviterent à goûter chez Zoubov. En lui disant bonjour, Paul 1er, lui dit qu'un ami de sa mère serait toujours le sien. Quand les domestiques eurent apporter le thé, l'empereur engagea Marie Feodorovna à le servir, puisque leur hôte n'avait pas de maîtresse de maison, et levant sa tasse pleine, il dit à Zoubov :
" Je forme autant de bons souhaits pour toi qu'il y a de gouttes dans cette tasse. "
Dix jours plus tard, il le nomma inspecteur de l'artillerie, lui donnant de la sorte un titre honorifique, en remplacement des emplois sont Zoubov s'etait démis.
Cependant, rien n'était moins stable que la faveur de Paul 1er et ces bonnes dispositions ne furent pas de longue durée  Les amants de Catherine II - Page 5 808868115 . Deux mois plus tard, un congé de deux ans fut subitement octroyé au prince Zoubov pour lui permettre de voyager à l'étranger ; c'était la marque d'un revirement d'opinion qui ne fit que s'aggraver.
Zoubov commença par aller à Riga ; il se trouva qu'on y attendait justement Stanislas Poniatowski, l'ex-roi de Pologne, que Paul 1er avait invité à venir le rejoindre ; Riga se trouvait sur son chemin. Un banquet y avait été préparé pour lui, mais le roi était en retard et ne pouvait arriver ce jour là. Les autorités locales invitèrent Zoubov à manger le dîner du roi. La fureur de Paul 1er fut à son comble : à ses yeux, le favori déchu s'etait fait rendre des honneurs royaux . De longs mémoires furent dressés à Riga pour expliquer au monarque courroucé que les honneurs militaires rendus à Zoubov n'étaient que ceux rendus à un général de son rang et, quand au dîner, puisqu'il était cuit, autant valait que quelqu'un le mangea.  Eventaille

Zoubov se hâta de passer la frontière et resta plus d'un an en Allemagne ; il y voyagea et fut reçu le mieux du monde à différentes cours. Il se lia avec la duchesse de Courlande, mère de la future duchesse de Dino, célèbre pour avoir été l'amie fidèle de Talleyrand ; le bruit courut qu'un mariage entre l'une de ses filles et le prince Zoubov allait être déclaré, mais il n'en fut rien.
A l'automne de 1798, le voyageur reçut tout à coup de son souverain l'ordre de rentrer en Russie et de s'installer dans sa terre de Vladimir, ce qu'il fit aussitôt. Il se trouva que le contrôle des Finances lui cherchait noise au sujet de sommes dépensées du temps où il était grand maître de l'Artillerie ; il en était tenu responsable. En 1800, toutes ses propriétés ainsi que celles de son frère Valerien furent mises sous séquestre pour servir aux  prétentions du fisc. Puis, non moins, soudainement, elles leur furent tendues à la fin de 1800 et les deux frères reçurent l'autorisation de reparaître à la cour. En revoyant le prince Zoubov, l'empereur lui dit : " Platon Alexandrovitch, oublions le passé " et il le nomma directeur du premier corps des Cadets.

La fin de 1800 marque l'époque où la folie de Paul 1er devint manifeste et les deux premiers mois de 1801 virent mûrir la conspiration qui devait mettre fin à ses jours le 11 mars. Elle fut organisée par le comte Pahlen, gouverneur militaire de Saint-Peterbourg ; les frères Zoubov, Platon et Nicolas, y prirent une part active. La maison de leur sœur, Mme Gerebstov, était l'un des lieux de rassemblement des conjurés. Quand la nuit fatale arriva, Platon Zoubov fut l'un des premiers à entrer dans la chambre de l'empereur. Ne voyant pas Paul 1er qui s'était caché dans la cheminée, Zoubov dit : " Nous sommes perdus, il s'est sauvé " mais apercevant les pieds du souverain qui dépassaient la feuille de l'écran, les conjurés le tirèrent de sa cachette.
" Que faites vous, Platon Alexandrovitch ? " demanda le malheureux monarque, car il le prenait pour le chef de ceux qui l'entouraient. Zoubov avait espéré qu'ils reussiraient à obtenir de Paul 1er un acte d'abdication. Comme il s'y refusait, plusieurs des conspirateurs se mirent à le traiter avec violence. Nicolas Zoubov lui asséna un coup à la tempe, peut-être mortel, et plusieurs autres prirent une ceinture pour l'étrangler.  Les amants de Catherine II - Page 5 3177668066
" Mon Dieu, se serait écrié Zoubov, comme cet homme crie, cela est insupportable ! " et il s'esquiva pour aller à l'autre bout du palais pour annoncer au grand-duc Constantin que son frère Alexandre était devenu empereur.

Le nouveau souverain proclama, le jour même de son avènement, qu'il régnerait selon les traditions de sa grand-mère ; aussi fut-il obligé de distinguer celui qui avait été le tout puissant ministre de Catherine pendant les dernières années de son règne ; l'opinion personnelle qu'Alexandre avait de cet homme ne pouvait en rien influencer sa conduite. Le lendemain de ce jour, après voit passé une revue de troupes, il prit Zoubov sous le bras et fit quelques pas devant tous les assistants en causant amicalement avec lui. Dans le courant de ce même mois de mars, Alexandre 1er institua le conseil de l'Empire et Zoubov en fut nommé membre. En novembre, il fut invité à siéger dans une commission convoquée pour organiser l'administration des provinces du midi dont autrefois il avait été gouverneur général. Il se remit à composer des projets de large envergure tout comme sous le règne de Catherine, mais les temps nouveaux lui avaient inspiré un souffle de libéralisme que même le jeune empereur, malgré ses idées avancées, trouvait excessif. Les projets de Zoubov n'eurent aucun succès et il sollicita un congé pour voyager à l'étranger. La veille de Noël 1801, il partit pour Vienne vider sa vieille querelle avec le chevalier de Saxe qui se plaignait hautement de n'avoir reçu de lui aucune satisfaction.
En traversant Varsovie, il se mit encore une affaire sur les bras et fit provoqué par un Polonais du nom de Helgud ; ce second cartel était fondé sur ce que Zoubov avait pris part à la politique qui avait amené le dernier partage de la Pologne. Il n'eut pas la présence d'esprit de ce refuser à ce duel ridicule basé sur des considérations de politique internationale et répondit seulement à Helgud que le chevalier de Saxe avait des droits antérieurs à une réparation de sa part. Il se battit à Vienne avec le chevalier et fut blessé, le prince de Ligne lui servent de témoin. Puis il écrivit à l'empereur Alexandre pour lui dire qu'il renonçait au reste de son congé et comptait rentrer en Russie. L'empereur lui répondit aussitôt en lui deconseillant vivement de le faire avant d'en avoir fini avec Helgud, puisqu'il avait en principe accepté son défi. Pendant ce temps, Helgud était parvenu à se faufiler à Vienne malgré les efforts de la police autrichienne et continuait à provoquer Zoubov. Néanmoins, celui-ci préféra s'enfuir en se cachant, et en octobre 1802 il était rentré en Russie. Il séjourna d'abord à Moscou ; un an plus tard il reparut à Saint-Petersbourg, où il présenta un projet de création d'écoles militaires dans des villes de province. Son projet fut accepté et mis en pratique. En 1805, Zoubov reçut chez lui l'empereur Alexandre dans sa propriété de Vitebsk, alors que le souverain allait à Berlin conclure une alliance avec le roi de Prusse.

Dix ans s'étaient écoulés depuis qu'après avoir dirigé toutes choses, Zoubov avait perdu sa situation officielle et il voyait bien que jamais plus, il ne serait rappelé pour prendre une part active aux affaires ; aussi s'adonna t-il de plus en plus au soin de sa fortune. Il possédait des terres dans différentes provinces, et il y séjournait à tour de rôle pour veiller à augmenter leur rendement. En 1812, lors de l'invasion napoléonienne, il crut de son devoir de rentrer dans la capitale et fut nommé membre de plusieurs conférences, convoquées pour organiser la défense du pays. Il fut du nombre de ceux qui persuaderent à l'empereur Alexandre de quitter l'armée et de nommer Koutousov, général en chef. Pendant la campagne de 1813, nous le retrouvons voyageant en Allemagne.
En 1814, il s'installa dans sa propriété de Vilna, où il fonda un haras et introduisit des méthodes de culture plus perfectionnées que celles qui avaient ordinairement cours de son temps. Avec l'âge, son amour de l'argent, qui avait toujours été assez prononcé, se développa démesurément. A cette époque, ou les grands seigneurs étaient assez regardants pour les transactions financières, Zoubov avait la réputation de ne jamais rejeter aucune affaire si elle promettait d'être fructueuse, sans souci de la position sociale ni même de la réputation des gens avec lesquels il entrait en relations. Il aimait à amasser des sacs d'argent monnayé dans les caves de son château ; il y descendait les jours de fête pour compter son trésor et pour tremper ses mains dans le métal précieux. Après sa mort, on y trouva pour 20 millions rien que de roubles en argent. De moins en moins communicatif, il ne s'animait qu'en voyant des piles de monnaie et c'est alors seulement qu'il parlait du passé. A ses moments perdus, il rêvait encore de politique, et fidèle à son habitude, jetait sur des feuilles de papier des élucubrations, où il refaisait à son idée, la carte de l'univers.
Vieilli avant l'âge, il avait à cinquante ans l'air d'un vieillard ; ses cheveux avaient blanchi et son dos s'était courbé, mais il avait une terreur indicible de la mort et se cramponnait à l'existence.

Pendant l'été de 1821, comme il avait presque cinquante-quatre ans, il alla à Vilna où il y avait une foire aux chevaux. Il aperçut, là dans un jardin, une jeune fille qui se balançait là pieds nus sur une escarpolette. Ce fut un coup de foudre pour le vieux Zoubov ; l'inconnue lui parut plus belle que toutes les femmes qu'il eût jamais vues et il n'eut de cesse qu'il n'eût fait sa connaissance. C'était la fille unique d'une veuve, propriétaire d'une toute petite terre des environs. Elle avait dix neuf ans et s'appelait Mlle Thecla Valentinovitch. Le vieillard demanda sa main et elle devint princesse Zoubov. Moins d'un an plus tard, il mourut dans son château de Ruhenthal et trois semaines plus tard sa veuve accoucha d'une fille qui ne vécut que deux ans.

Zoubov avait achevé sa vie inquiète et vagabonde d'assez étrange façon. On assiste qu'il disait " Ne trouvez vous pas tout naturel que j'épouse une femme aussi jeune après avoir été l'amant d'une femme aussi vieille ? ".
Il n'est guère probable que, même à ses propres yeux, cela put rétablir l'équilibre ; mais si cette légende est vraie, elle est touchante, car elle démontre que même au seuil de la vieillesse, Platon Zoubov se rendait compte de ce que Catherine avait été pour lui. Sans elle, il n'aurait jamais été célèbre ; devenu trop tôt son élève, il resta toute sa vie l'écolier consciencieux qui n'a pas de génie créateur ; mele aux grands événements de son époque, il ne laissa d'empreinte personnelle sur aucun d'eux et son indépendance sentimentale mit tellement de temps à s'affirmer après la disparition de l'impératrice, que son joli roman d'amour, d'une éclosion si tardive, ne dura qu'un instant. "  Les amants de Catherine II - Page 5 1238861238

La saison 1 vient de s'achever.  Smile
A rebours, nous allons faire un saut en arrière de plus de soixante dix ans lorsque la jeune Catherine, épouse malheureuse et courageuse d'un prince profondément desiquilibre et tortueux va commencer sa vie amoureuse dans l'ombre des affaires de l'Etat impérial russe et faire de l'institution des favoris un système à la cour impériale.

Place à la saison 2 !  Les amants de Catherine II - Page 5 1123740815

A suivre ! Les amants de Catherine II - Page 5 693620883
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Message par Mme de Sabran le Lun 12 Aoû 2019, 17:23


" Ne trouvez vous pas tout naturel que j'épouse une femme aussi jeune après avoir été l'amant d'une femme aussi vieille ? ".

Les amants de Catherine II - Page 5 0064


Je suis suspendue à votre clavier, mon cher Dominique ! Les amants de Catherine II - Page 5 693620883

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Message par Gouverneur Morris le Lun 12 Aoû 2019, 17:44

Oui, c'est passionnant ! Encore !!!! Hop!
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Message par Dominique Poulin Aujourd'hui à 03:00

Reprenons notre livre " Les favoris de Catherine La Grande " de Alexandre Polovtsoff à partir de son premier amour, en la personne de Serge Saltykov.  Les amants de Catherine II - Page 5 2523452716

Catherine n'est pas encore la glorieuse Catherine II, elle est l'épouse d'un mari impossible et névrosé  Shocked , le grand-duc héritier Pierre Petrovitch, l'éphémère empereur Pierre III.
Mais, mon Dieu, nous n'en sommes pas encore là. La grande-duchesse Catherine grâce à son intelligence et son charme indubitable survit dans une cour remplie de crabes sous l'oeil interrogateur de l'impératrice Elisabeth, terrorisée par l'idée d'une sanglante révolution de palais  Les amants de Catherine II - Page 5 808868115 :

" Serge Saltykov était d'une ancienne lignée. Sa famille avait même vu l'une de ses filles épouser un tsar ; mariée à Ivan V, frère de Pierre le Grand, Prascovie Saltykov, veuve de bonne heure, avait su devenir la parente favorite du grand réformateur en embrassant résolument la cause de la Russie nouvelle contre les mœurs d'autrefois. Une de ses filles, Anne, veuve du duc de Courlande, avait été pendant dix ans, impératrice de Russie avant qu'Elisabeth, sa cousine et sa cadette, se fût frayé le chemin du trône.
Le père de Serge Saltykov ne paraît pas avoir joué de rôle prépondérant dans sa famille et ce fut la mère du jeune homme, née princesse Galitzine, qui s'occupa de sa carrière. Quoique plus âgée que l'impératrice Elisabeth, elle était liée avec celle ci de longue date et la souveraine professait une vive amitié pour Mme Saltykov. Aussi n'y a t-il rien d'étonnant à ce que son fils Serge fut nommé gentilhomme attaché à la cour de l'héritier du trône.

Né en 1726, le jeune homme avait deux ans de plus que le futur Pierre III.
D'un naturel gai et aimable, il ne manquait pas d'esprit et " nourri dans le sérail ", il ne manquait pas non plus ( ainsi que Catherine l'a consigné dans ses Mémoires ) de " cette tournure de connaissances, de manières, de manèges que donne le grand monde et surtout la cour ". Il suppléait par là aux gaucheries du grand-duc, toujours à cours de procédés pour se tirer des difficultés que créaient ses étourderies et comme, outre cela, il l'amusait, Pierre croyait de bonne foi que c'était là son ami le plus dévoué.
Très brun, d'une taille moyenne, leste et bien tourné, Saltykov aimait passionnément les femmes et perdait la tête quand il était amoureux.
A vingt-trois ans il vit l'une des demoiselles d'honneur qui se balançait sur une escarpolette dans le jardin du palais de Tsarskoe-Selo. Il l'a voyait souvent sans y avoir fait autrement attention, mais ce jour là il s'occupa d'elle. Cette escarpolette d'ailleurs l'amena de hasard heureux, ni pour lui, ni pour elle, car presque sans la connaître il s'en eprit si violemment que le lendemain de ce jour il envoya chez le père de la jeune fille sa demande en mariage.

Elle s'appelait Matriona Balk-Polev. Quoique n'appartenant pas à l'ancienne noblesse du pays, sa famille était particulièrement bien en cour. Sa grand-mère, née Mons, avait été l'amie la plus intime de l'impératrice Catherine 1ere. Paul Balk, son père, avait fait un mariage d'argent en épousant une richissime héritière, Mlle Polev, dernière de ce nom qu'il avait obtenu d'en ajouter au sien. Sa colossale fortune avait facilité à ses enfants des mariages fort en vue. Son fils avait épousé une Cheremetchev, sa fille aînée était princesse Stcherbatov, la seconde Marie, était mariée à Simon Narychkine ; celui-ci avait failli épouser dix ans plus tôt épouser Elisabeth lorsqu'elle n'était pas encore impératrice ; elle était sa cousine puisque la mère de Pierre le Grand, Nathalie Narychkine, était une sœur du grand-père de Simon. Elisabeth ne jouait aucun rôle de ce temps là et l'impératrice Anne la persecutait ; devenir impératrice à son tour, elle se montrait invariablement gracieuse envers son cousin qu'elle avait nommé grand écuyer.

Restait la cadette qui épousa Serge Saltykov le 29 décembre 1749. C'était un mariage d'amour ou plutôt cela avait été un coup de tête car les conjoints, jeunes tous deux, se connaissaient à peine. Cette union avait tout aussi bien l'apparence d'un mariage de raison et d'intérêt, bref d'une de ces combinaisons dont les deux familles se réjouissent sans deviner le moins du monde quels gages de bonheur ou de discorde elles contiennent. Si la jeune femme était devenue mère, peut-être le fait d'avoir crée une famille aurait-il retenu son époux chez lui ; mais, malheureusement pour elle, elle n'eut pas d'enfants et Serge Saltykov ne tarda pas à laisser ses habitudes de Don Juan reprendre le dessus.
Les deux premières années après son mariage, il ne fit aucun éclat, mais au printemps de 1752 il se sentit attiré de plus en plus par la grande-duchesse.
Catherine avait vingt-trois ans et commençait à se rendre compte que jamais son mari ne serait rien pour elle. Il venait chaque soir coucher dans le lit conjugal ; avant de s'endormir, il lui racontait des amourettes avec l'une ou l'autre des demoiselles d'honneur de sa tante, à moins qu'il ne fut trop ivre pour articuler une parole. Saltykov voyait de près l'existence du couple grand-ducal et savait bien que Catherine n'avait aucune expérience de l'amour. L'aventure n'en était que plus tentante et de passer des journées entières dans le voisinage de cette jeune femme, jolie et énigmatique, le troublait de plus en plus. "

Le loup ne va pas tarder à roder et à entrer dans la bergerie.  Les amants de Catherine II - Page 5 1238861238
Qui mangera l'autre  Les amants de Catherine II - Page 5 1157026002  

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