Le Testament de Louis XVI

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Le Testament de Louis XVI

Message par Mme de Sabran le Jeu 10 Déc 2015, 11:33

Le testament de Louis XVI  
écrit le 25 décembre 1792
fac-similé gravé par Pierre Picquet
L. E. Audot, 1816


Au nom de la tres Sainte Trinité du Pere du fils et du St Esprit. Aujourd’hui vingt cinquieme jour de Decembre, mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom Roy de France, etant depuis plus de quatres mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple a Paris, par ceux qui etoient mes sujets, et privé de toutte communication quelconque, mesme depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Proces, dont il est impossible de prevoir l’issue a cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun pretexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour temoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser. je declare ici en sa presence mes dernieres volontés et mes sentiments.

Je laisse mon ame a Dieu mon createur, je le prie de la recevoir dans sa misericorde, de ne pas la juger d’apres ses merites, mais par ceux de Notre Seigneur Jesus Christ, qui s’est offert en sacrifice a Dieu son Pere, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Je meurs dans l’union de notre sainte Mere l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avoit confiés. je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mysteres tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n’ai jamais pretendu me rendre juge dans les differentes manieres d’expliquer les dogmes qui dechire l’Eglise de J.C. mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux decisions que les superieurs Ecclesiastiques unis a la Sainte Eglise Catholique, donnent et donneront conformement a la discipline de l’Eglise suivie depuis J.C. je plains de tout mon cœur nos freres qui peuvent estre dans l’erreur, mais je ne pretends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chretienne nous l’enseigne.

Je prie Dieu de me pardonner tous mes pechés. j’ai cherché a les connoitre scrupuleusement a les detester et a m’humilier en sa presence, ne pouvant me servir du Ministere d’un Prestre Catholique. je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faitte et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonte) a des actes qui peuvent estre contraires a la discipline et a la croyance de l’Eglise Catholique a laquelle je suis toujours reste sincerement uni de cœur. je prie Dieu de recevoir la ferme resolution ou je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussistost que je le pourrai du Ministere d’un Prestre Catholique pour m’accuser de tous mes peches, et recevoir le Sacrement de Penitence.

Je prie tous ceux que je pourrois avoir offensés par inadvertence, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense a personne) ou ceux a qui j’aurois put avoir donné de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croyent que je peux leur avoir fait

Je prie tous ceux qui ont de la Charite d’unir leurs prieres aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes peschés.

Je pardonne de tout mon cœur, a ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donne aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de mesme que ceux qui par un faux zele, ou par un zele mal entendu m’ont faits beaucoup de mal.

Je recomande a Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Freres, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang ou par quelqu’autre maniere que ce puisse estre. je prie Dieu particulierement de jetter des yeux de misericorde, sur ma femme mes enfants et ma Sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grace s’ils viennent a me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde perissable.

Je recomande mes enfants a ma femme, je n’ai jamais doutté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recomande surtout d’en faire de bons Chretiens et d’honnestes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont comdamnes a les eprouver) que comme des biens dangereux et perissables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité. je prie ma Sœur de vouloir bien continuer sa tendresse a mes enfants, [mots raturés], et de leur tenir lieu de Mere, s’ils avoient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrois lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut estre sure que je ne garde rien contre elle, si elle croioit avoir quelque chose a se reprocher.

Je recomande bien vivement a mes enfants, apres ce qu’ils doivent a Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obeissants a leur Mere, et reconnoissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en memoire de moi. je les prie de [mot raturé] regarder ma Sœur comme une seconde Mere.

Je recomande a mon fils s’il avoit le malheur de devenir Roy, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommement tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’eprouve. qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples quen regnant suivant les Loix, mais en mesme temps qu’un Roy ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité necessaire, et qu’autrement etant lié dans ses operations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

Je recomande a mon fils d’avoir soin de touttes les personnes qui m’etoient attachées, autant que les circonstances ou il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée qui j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont peris pour moi, et ensuitte de ceux qui sont malheureux pour moi je scai qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’etoient attachées qui ne se sont pas conduittes envers moi comme elles le devoient, et qui ont mesme montrés de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maitre de soi) et je prie mon fils s’il en trouve l’occasion de ne songer qu’a leur malheur.

Je voudrois pouvoir temoigner ici ma reconnoissance a ceux qui m’ont montrés un veritable attachement et desintéressé. d’un costé si j’etois sensiblement touché de l’ingratitude et de la deloyauté de gens a qui je n’avois jamais temoignés que des bontés, a eux a leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation a voir l’attachement et l’interest gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrées. je les prie d’en recevoir tous mes remerciments, dans la situation ou sont encore les choses, je craindrois de les compromettre, si je parlois plus explicitement mais je recomande specialement a mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconoitre.

Je croirois calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recomandois ouvertement a mon fils Mrs de Chamilly et Hue, que leur veritable attachement pour moi, avoit porté a s’enfermer avec moi dans ce triste sejour, et qui ont pensés en estre les malheureuses victimes. je lui recomande aussi Clery des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi j’usqu’a la fin, je prie Mrs de la Commune de lui remettre mes hardes mes livres, ma montre ma bourse, et les autres petits effets qui ont estés deposés au Conseil de la Commune.

Je pardonne encore tres volontiers a ceux qui me gardoient, les mauvais traitements et les genes dont ils ont cru devoir user envers moi. j’ai trouvé quelques ames sensibles et compatissantes, que celles la jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie Mrs de Malesherbes Tronchet et de Seze, de recevoir ici tous mes remerciments et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

Je finis en declarant devant Dieu et pret a paroitre devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double a la tour du Temple le 25 Decembre 1792.


;;;;;;;;;;; Louis


https://fr.wikisource.org/wiki/Testament_de_Louis_XVI_%28manuscrit%29



Calqué par Pierre Picquet sur l’original écrit de la main du Roi.


...     que voici :













https://versaillespassion.wordpress.com/2014/08/26/le-testament-de-louis-xvi/

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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par MARIE ANTOINETTE le Jeu 10 Déc 2015, 12:40

La même édition existe pour la Reine - actuellement en vente d'occasion sur EBAY au prix de 300 euros et mauvais état.
C'est une belle pièce à trouver pour un prix plus réduit dans l'avenir pour les amateurs  !!!!! (je possède différentes copies du texte dont celle évoquée ci-dessus et on peut se tromper en regardant la qualité du  document  - mais c'est bien un fac-similé et non l'original !!!!)

MARIE ANTOINETTE Smileàè-è\':
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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par Olivier le Jeu 10 Déc 2015, 13:00

J'ai photographié ce texte au Louvre le mois dernier. Il se trouve au premier étage de l'aile Richelieu dans les salles Restauration.



En pendant, il y a la lettre de Marie-Antoinette à Madame Elisabeth.

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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par Mme de Sabran le Jeu 10 Déc 2015, 13:11

Olivier a écrit:J'ai photographié ce texte au Louvre le mois dernier. Il se trouve au premier étage de l'aile Richelieu dans les salles Restauration.

...   et sa reproduction dans toutes les maisons un peu nobliautes sur les bords !  : : :

( je préfère avec un t )

Eléonore, en goguette

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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par La nuit, la neige le Jeu 10 Déc 2015, 14:35

Les copies du fac-similé ne sont pas dans l'ordre... Wink

Je poste l'autographe original, conservé aux Archives Nationales :









* Source : Archives Nationales /Base Archim - cote AE/I : Armoire de fer ; Carton n° 8
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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par Mme de Sabran le Jeu 10 Déc 2015, 14:49



Heureusement que tu es là pour réparer mes étourderies ! 3196910

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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par Mme de Sabran le Ven 11 Déc 2015, 12:35

La nuit, la neige a écrit:

Premier point, je découvre dans le sujet en lien que le testament a donc été fait en....deux exemplaires.  Suspect

Idea Et pour en revenir à notre question, dans son Journal de ce qui s'est passé à la Tour du Temple, le fidèle Cléry note :

Ce fut le jour de Noël que sa Majesté écrivit son testament ; je l'ai lu et copié, à l'époque où il fut remis au Conseil du Temple ; il était écrit en entier de la main du roi, avec quelques ratures.

Et le 21 janvier :

A sept heures le roi sortit de son cabinet, m'appela et, me tirant dans l'embrasure de la croisée, il me dit :
« Vous remettrez ce cachet (1) à mon fils, cet anneau (2) à la reine (3) ; dîtes-lui bien que je le quitte avec peine.
Ce petit paquet renferme des cheveux de toute ma famille ; vous le lui remettrez aussi.
Dîtes à la reine, à mes chers enfants, à ma soeur, que je leur avais promis de les voir ce matin, mais que j'ai voulu leur épargner la douleur d'une séparation si cruelle. Combien il m'en coûte de partir sans recevoir leurs derniers embrassements.»
Il essuya quelques larmes, puis il ajouta, avec l'accent le plus douloureux :« Je vous charge de leur faire mes adieux !»
Il entra aussitôt dans son cabinet.

Les municipaux, qui s'étaient approchés, avaient entendu sa majesté, et l'avaient vue me remettre les différents objets que je tenais encore dans mes mains.
Ils me dirent de les leur donner ; mais l'un deux proposa de m'en laisser dépositaire, jusqu'à l'avis du Conseil : cet avis prévalut (4).


* Notes de l'édition du Mercure de France:

(1) Etant parti de Vienne pour me rendre en Angleterre, je passai à Blankembourg, dans l’intention de faire hommage au roi (Louis XVIII) de mon manuscrit.
Quand ce prince en fut à cet endroit de mon journal, il chercha dans son secrétaire ; et me montrant avec émotion un cachet, il me dit « Cléry, le reconnaissez-vous ? – Ah ! Sire, c’est le même. – si vous en doutiez, reprit le roi, lisez ce billet »
Je le pris en tremblant…Je reconnus l’écriture de la reine, et le billet était de plus signé de M. le Dauphin, alors Louis XVII, de Madame Royale et de Mme Elisabeth.
Qu’on juge de la vive émotion que j’éprouvai ! J’étais en présence d’un prince que le sort ne se lasse pas de poursuivre. Je venais de quitter M. l’abbé de Firmont, et c’était le 21 janvier que je retrouvais dans la main de Louis XVIII ce symbole de la royauté, que Louis XVI avait voulu conserver à son fils.
J’adorai les décrets de la Providence, et je demandai au roi la permission de faire graver ce précieux billet
(note de Cléry)

(2) C’était son alliance. Elle portait gravée à l’intérieur les initiales de Marie-Antoinette et la date de leur mariage.

(3) Cet anneau est entre les mains de Monsieur (le comte d’Artois) ; il lui fut envoyé par la reine et Madame Elisabeth, avec des cheveux du roi. Un billet l’accompagnait (note de Cléry).

(4) Cléry dut ensuite les remettre au Conseil du Temple. Mais Toulan, dont nous avons déjà eu l’occasion de signaler la hardiesse, réussit à s’emparer de ces objets lors de son tour de garde des 26-27 janvier, en forçant le tiroir de la commode qui les contenait dans la salle du Conseil.  On crut à un vol, et l’affaire n’eut pas de suite.
Toulan apporta ces reliques à la reine. Lorsqu’il réussit à introduire au Temple le général de Jarjayes, en vue de préparer l’évasion de la famille royale qui ne put avoir lieu, la reine remit ce dépôt au général qui fit parvenir au comte de Provence le cachet, l’anneau, le paquet de cheveux et un court billé de la reine signé par Louis XVII, Madame Royale et Madame Elisabeth.  

Plus loin, toujours dans le journal de Cléry :  Arrow

A neuf heures le bruit augmente, les portes s’ouvrent avec fracas ; Santerre, accompagné de sept à huit municipaux, entre à la tête de dix gendarmes, et les range sur deux lignes.
A ce mouvement, le roi sortit de son cabinet :
«  Vous venez me chercher ? dit-il à Santerre. – Oui. – Je vous demande une minute » ; et il rentra dans son cabinet.
Sa Majesté en ressortit-sur-le champ, son confesseur le suivait ; le roi tenait à la main son testament, et s’adressant à un municipal nommé Jacques Roux, prêtre jureur, qui se trouvait le plus en avant :
« Je vous prie de remettre ce papier à la reine, ma femme. – Cela ne me regarde point, répondit ce prêtre en refusant de prendre l’écrit :  je suis ici pour vous conduire à l’échafaud. »

Sa Majesté s’adressant ensuite à Gobeau, autre municipal :
« Remettez ce papier, je vous prie, à ma femme. Vous pouvez en prendre lecture ; il y a des dispositions que je désire que la commune connaisse. »

J’étais derrière le roi, près de la cheminée ; il se tourna vers moi, et je lui présentai sa redingote. « Je n’en ai pas besoin, me dit-il ; donnez-moi seulement mon chapeau. »
Je le lui remis. Sa main rencontra la mienne, qu’il serra pour la dernière fois.

La nuit, la neige a écrit:Idea Quant à L'abbé Edgeworth de Firmont, dans son Dernières heures de Louis XVI, il rapporte, alors qu'il se trouve auprès de Louis XVI :

Ce cabinet était pratiqué dans une des tourelles du Temple ; il n'y avait ni tapisserie, ni ornements ; un mauvais poêle de faïence lui tenait lieu de cheminée, et l'on n'y voyait pour tout meuble, qu'une table et trois chaises de cuir.
Là me faisant asseoir auprès de lui :
« C'est donc à présent, monsieur, me dit-il, la grande affaire qui doit m'occuper tout entier ! hélas ! la seule affaire importante ; car que sont les autres affaires auprès de celle-là ?
Mais je vous demande quelques moments de répit, car ma famille va descendre.
En attendant, voici un écrit ; je suis bien aise de vous le communiquer. »
Il tira en même temps de sa poche un papier cacheté, dont il brisa le sceau.

C'était son testament, qu'il avait fait dès le mois de décembre, c'est-à-dire, à une époque où il doutait si on lui permettrait d'avoir un prêtre catholique pour l'assister dans ses derniers moments et dans son dernier combat.
Tous ceux qui ont lu cette pièce si intéressante, si digne d'un roi chrétien, jugeront aisément de l'impression profonde qu'elle dut faire sur moi ; mais ce qui les étonnera sans doute, c'est que ce prince eut la force de la lire lui-même, et de la lire deux fois.


Et plus loin, toujours le même : Arrow

Enfin, on frappe à la porte pour la dernière fois : c'était Santerre et sa troupe.
(...)
« Y a-t-il parmi vous quelque membre de la commune ? dit le roi.  Je le charge de déposer cet écrit. »
C'était son testament, qu'un des assistants prit de la main du roi.


* Note de l'abbé Edgeworth de Firmont :

Jacques Roux, dans son compte rendu à la Commune, le jour même de la mort du roi, s'est vanté de lui avoir répondu à cette occasion :
« Nous ne sommes pas venus pour prendre tes commissions, mais pour te conduire à l'échafaud. »
Je n'ai pas entendu ce mot atroce, mais celui qui a osé s'en vanter a bien pu le dire.

La nuit, la neige a écrit:Bon ! Nous ne savons toujours pas si Marie-Antoinette reçoit dépôt du testament ou pas...scratch :
Apparemment pas, si l'on en croit cette notice ci-aprés (?).

Mais peut-être en a-t-elle eu connaissance au moment de sa rédaction, ou un peu après ?

Idea L'éditeur qui publié, en 1816, ce fac-similé du testament, précise dans sa Notice historique sur le testament de Louis XVI :




Le 21 janvier, au moment de quitter le Temple pour la dernière fois, le Roi, s’adressant à ceux qui l’entouraient, leur dit : Y a-t-il parmi vous quelque membre de la Commune ? Je le charge d’y déposer cet écrit. Sur leur réponse, il l’offrit d’abord à un municipal, qui le refusa avec dureté, et ensuite à un autre, nommé Gobeau, en lui ajoutant, dit Cléry : « Remettez ce papier, je vous prie, à la Reine…, à ma femme : vous pourrez en prendre lecture ; il y a des dispositions que je désire que la Commune connaisse. »

Il paraît que ce testament fut remis assez promptement à la Commune, puisque l’on trouve, sur le registre de ses séances, qu’il fut annoncé le 21 janvier dès onze heures du matin. En effet, on lit dans le procès-verbal de la séance de ce jour : « À onze heures du matin, un membre fait part qu’il arrive du Temple, et que les membres de la commission l’ont chargé de prévenir le conseil qu’ils avaient un paquet important à communiquer, et qu’ils invitaient à ne pas lever la séance avant qu’ils l’eussent envoyé. »

En conséquence de cet avis une décision est prise aussitôt, et elle est consignée sur le registre en ces termes :

« Le conseil-général arrête qu’il sera envoyé à l’instant une ordonnance à la commission du Temple, pour la prier d’envoyer au conseil la pièce qu’elle a fait annoncer. »

L’on peut voir par ce qui suit que le Testament fut envoyé aussitôt. C’est encore un relevé du registre pour la séance du 21.

« Le conseil-général entend lecture du Testament de Louis XVI. Il ordonne que le dépôt en sera fait entre les mains du secrétaire-greffier, qui sera tenu d’en faire passer l’original au conseil exécutif, et d’en consigner une copie collationnée au procès-verbal.

« La séance est levée à une heure et demie. »

Enfin voici l’extrait du procès-verbal de la séance du 22.

« Le secrétaire-greffier de la municipalité, en vertu d’un arrêté du conseil-général de la Commune, a adressé au conseil exécutif provisoire le Testament olographe du Roi. Le conseil exécutif a annoncé ce dépôt au président de la Convention. »

C’est probablement à la publicité que donna à cette pièce l’annonce qui en fut faite au président de la Convention, que l’on en dut la connaissance ; car autrement on ne pourrait expliquer comment elle fut insérée tout entière dans le Moniteur du 28 janvier, sept jours après la mort du Roi.
En effet, si l’on pense aux sentimens exprimés dans ce Testament, et à l’effet qu’il dut produire sur la partie saine de la nation, on devra s’étonner de l’imprudence des meneurs qui le publiaient ; mais si l’on se représente ces jours où l’on venait de commettre le grand crime, on verra ces mêmes meneurs, épouvantés de leur propre forfait, se méfier les uns des autres, se préparer des embûches, et l’on concevra quel danger il y avait pour quelques-uns à cacher aux autres une pareille pièce.
Ainsi elle ne fut donc publiée que parce qu’on craignait bien plus la trahison des complices que le blâme général. Mais, en la publiant, ces hommes pervers crurent devoir la faire accompagner d’un commentaire à leur manière, parce que, dans leur affreuse logique, ils voulaient y faire trouver la preuve que l’ex-Roi de France était mort dans l’impénitence finale de la haine contre la liberté et l’égalité, etc.

Quoi qu’il en soit, les registres publics ne présentent plus rien qui y soit relatif, jusqu’au 4 avril de la même année, et c’est au conseil exécutif que l’on trouve, sous cette date, l’arrêté suivant :

« Le conseil exécutif provisoire, considérant que ses archives ne sont pas assez sûres pour conserver des pièces qui sont d’un intérêt genéral pour la nation, a ordonné l’envoi du Testament du Roi aux archives nationales. »

Enfin, la lettre d’envoi du conseil exécutif n’est datée que du 12 juin, et le récépissé délivré par l’archiviste est du 15 juin 1793. Ce n’est donc que depuis lors que l’original, écrit de la main du Roi, dont nous offrons le fac simile, se trouve aux archives.

Arrow Lire l'article dans sa totalité ici : https://fr.wikisource.org/wiki/Notice_historique_sur_le_Testament_de_Louis_XVI



La nuit, la neige a écrit:Et où est passé le second exemplaire du testament ? Question


J'ai donc recherché mon petit exemplaire du journal de Cléry dans l'espoir qu'une phrase, un mot, pourrait avoir été omis dans les paragraphes que tu nous a postés, mais non .   C'est rigoureusement exact, à la virgule près .



La copie du Testament faite par Cléry y figure .



Le Journal de Cléry est suivi par la relation des mêmes faits de l'abbé Edgeworth :  Les dernières heures de Louis XVI, Roi de France et de Navarre .  
C'est sans doute la fois ultime où son titre lui sera ainsi donné .



Même remarque : pas un mot ne diffère .
Avec cela nous voilà bien avancés !

Cléry a certainement fait cette copie scrupuleuse par qu'il craignait que le précieux document ne soit détruit, perdu, confisqué, que sais-je ?  Il avait toutes les raisons de se méfier .  
Il écrit :

Le samedi 19, à neuf heures du matin, un municipal, nommé Gobeau, entra un papier à la main : il étoit accompagné du concierge de la tour, nommé Mathey, qui portoit une écritoire. Le municipal dit au Roi qu'il avoit d'ordre d'inventorier les meubles et autres effets: Sa Majesté me laissa avec lui et se retira dans sa tourelle.   Alors, sous le prétexte d'un inventaire, le municipal se mit à fouiller avec le soin le plus minutieux, pour être certain, disoit-il, qu'aucune arme ni instrument tranchant n'avoient été cachés dans la chambre de Sa Majesté . Il restoit à fouiller un petit bureau dans lequel étoient des papiers : le Roi fut contraint d'en ouvrir tous les tiroirs, de déplacer et de montrer chaque papier l'un après l'autre  ...

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Re: Le Testament de Louis XVI

Message par La nuit, la neige le Ven 11 Déc 2015, 16:19

Aucune nouvelle de l'exemplaire en double, donc.

Merci. Wink
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