Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Page 2 sur 8 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par La nuit, la neige le Mer 03 Fév 2016, 23:25

Mme de Sabran a écrit:
M. PIERRE GAXOTTE
délégué de l’Académie française

http://www.academie-francaise.fr/les-memoires-de-madame-du-hausset

Intéressant ce lien sur Quentin Craufurd, et aussi donc sur les Mémoires de madame du Hausset (que j'ai lus).
Merci. Very Happy
avatar
La nuit, la neige

Messages : 9446
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Jeu 04 Fév 2016, 17:19

J'ai aussi Les Mémoires de Madame du Hausset, un tout petit livre en vieux françois, trouvé dans la bibliothèque de mes parents .
Dans la visite des lieux cachés, à Versailles, l'on nous montre le placard à balais qui tenait lieu de chambrinette à Mme du Hausset . Cette dame n'avait pas grand pour se remuer .

C’est tout autour de ces appartements intimes, à la façon d’un hôtel particulier inaccessible aux regards indiscrets, que Louis XV avait installé ses favorites. Les appartements de Madame de Pompadour, comme beaucoup des autres pièces du Château, ont été reconstitués, avec des meubles provenant d’autres demeures. Ils bénéficient d’une vue magnifique sur le parterre du Nord et la forêt de Marly. Outre la garde-robe de la Marquise, les six chambres et anti-chambres, cabinets et salons, la pièce la plus insolite se situe sans doute un étage au dessus : il s’agit de la minuscule chambre de Madame du Hausset, femme de chambre de la Pompadour, dont la hauteur sous plafond ne dépasse guère 1m75… Aussi exiguë que fut cette pièce, Madame du Hausset faisait toutefois partie des « bien logés », par opposition aux « mal logés », les fameux « galopins » qui devaient tous les jours faire l’aller retour entre la ville et le Château.

- See more at: http://roughdreams.fr/2011/11/versailles-intime/#sthash.rM2RlGv6.dpuf

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Invité le Jeu 04 Fév 2016, 18:25

Mme de Sabran a écrit:J'ai aussi Les Mémoires de Madame du Hausset

Moi aussi... elle n'était pas Marquise, n'est-ce pas, comme l'avait annoncée une guide exécrable que j'ai subie en 2001 ou 2002? :


Bien à vous.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Jeu 04 Fév 2016, 18:31

Je ne crois pas non plus . Very Happy
Ses Mémoires sont consultables ici http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36431d

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par La nuit, la neige le Jeu 04 Fév 2016, 20:30

En tous les cas j'avais complètement oublié que Craufurd avait été à l'origine de cette publication ! Shocked
avatar
La nuit, la neige

Messages : 9446
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Jeu 04 Fév 2016, 21:02

Quoi qu'il en soit,

Nous retrouvons donc Craufurd et Eléonore Sullivan très luxueusement installés à Paris, au 18 rue de Clichy, dans l'ancien hôtel Rouillé d'Orfeuil orné d'oeuvres d'art achetées avec goût à  Florence, Venise, Rome . Ils menaient grand train, donnant de somptueux dîners au tout Paris artistique et intellectuel . Les amis de Craufurd étaient Grimm, Sénac de Meilhan, Simolin, l'ambassadeur chez nous de la grande Catherine ...
La renommée de Craufurd se répandait jusqu'à la Cour : il fréquentait Narbonne, Staël, Ségur, les Noailles, prêtait de l'argent à Talleyrand, Lauzun...

Marie-Antoinette attirait les étrangers, surtout les Anglais, dont elle redoutait le ressentiment après la guerre d'Amérique.

 Elle recevait le duc de Dorset, l'ambassadeur d'Angleterre en France, dans son cercle intime. Il était à cette époque l'amant de la duchesse Georgiana de Devonshire, amie de Marie-Antoinette,  tout ce petit monde étroitement lié aussi aux Polignac, eux-mêmes reçus en Angleterre par les Devonshire, Spencer, Fox, Holland ...  Nous avons plusieurs sujets sur les correspondances entre Georgine et Martin ( Georgiana et Mme de Polignac ) .  Toutes ces relations, nouées aux eaux de Spa, Bath,  se tiennent et se recoupent. C'est ainsi que nous avons des nouvelles et anecdotes des uns et des autres par eux tous .

Craufurd fut présenté à Marie-Antoinette par le lord Strathovon .

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Gouverneur Morris le Jeu 04 Fév 2016, 21:25

Mme de Sabran a écrit:Nous retrouvons donc Craufurd et Eléonore Sullivan très luxueusement installés à Paris, au 18 rue de Clichy, dans l'ancien hôtel Rouillé d'Orfeuil

La paire de consoles présentée aujourd'hui dans la Salle à Manger des Porcelaines du château de Versailles a été précisément saisie sous la Révolution chez Craufurd à Paris :


(c) RMN
avatar
Gouverneur Morris

Messages : 2715
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Jeu 04 Fév 2016, 21:58

Gouverneur Morris a écrit:
La paire de consoles présentée aujourd'hui dans la Salle à Manger des Porcelaines du château de Versailles a été précisément saisie sous la Révolution chez Craufurd à Paris :

Oui ! magnifique, n'est-ce pas ! Merci, mon cher Momo . Very Happy

Et je postais dans le sujet d'Eléonore :
Les meubles de la belle collection Craufurd furent intégrés dans celle de la famille de Vogüe, meublant leur hôtel des Invalides, ci-dessous .



... de part et d'autre du canapé, ces deux exquis cabinets Boulle ! Very Happy



http://marie-antoinette.forumactif.org/post?p=4081&mode=quote

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Gouverneur Morris le Jeu 04 Fév 2016, 23:27

Merci beaucoupe chère Eléonore !

Ces deux cabinets sont passées en vente en 2012 et ont atteint la somme de 1 162 000 euros. Leur historique (ainsi que celui des collections Craufurd) est disponible ici, il faut juste cliquer sur l'onglet "lot notes".
avatar
Gouverneur Morris

Messages : 2715
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Ven 05 Fév 2016, 14:20

Gouverneur Morris a écrit:

Ces deux cabinets sont passées en vente en 2012 et ont atteint la somme de 1 162 000 euros.

Ils sont beaux, très beaux, très très beaux, mais diantre ! ( je suis éberluée ) qu'est-ce qui peut motiver prix aussi pharaonique ???

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par MARIE ANTOINETTE le Ven 05 Fév 2016, 16:57

chère Amie, je tiens à vous remercier d'avoir remis au premier plan le livre de Monsieur DARD - que je viens de dévorer rapidement car c'est un tout petit livre très passionnant -
en effet chaque matin, comme la sœur Anne, j'attends le passage du facteur qui vient comme le père noel m'apporter mes achats de la semaine et je pique quelque ouvrage dans ma bibliothèque afin de me rafraichir la mémoire !!!!!!!

bonne journée et bonne lecture à tous
MARIE ANTOINETTE
avatar
MARIE ANTOINETTE

Messages : 2779
Date d'inscription : 22/12/2013
Age : 72
Localisation : P A R I S

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Ven 05 Fév 2016, 17:14

Je l'ai dévoré en un clin d'oeil, et j'en distille le récit à petites touches pour faire durer le plaisir ... Wink

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par La nuit, la neige le Ven 05 Fév 2016, 17:21

Mme de Sabran a écrit:
Ils sont beaux, très beaux, très très beaux, mais diantre !  qu'est-ce qui peut motiver prix aussi pharaonique ???

Du point de vue d'un amateur fortuné : tout le descriptif !

L'attribution à Weisweiler, les riches matériaux et le travail d'assemblage, la rareté, l'état de conservation, les provenances prestigieuses, l'histoire de sa conservation, la comparaison avec d'autres meubles du même genre conservés dans les plus grands musées du monde etc.

Je cite quelques extraits de la note de l'expert très intéressante :  

PAIRE DE MEUBLES A HAUTEUR D'APPUI D'EPOQUE LOUIS XVI
VERS 1780, ATTRIBUES A ADAM WEISWEILER



En bois noirci, placage d'ébène, marqueterie Boulle d'écaille de tortue, de laiton et d'étain et ornementation de bronze ciselé et doré, le dessus de marbre brèche encastré dans une moulure à motifs feuillagés (...) ornements octogonaux probablement associés centrés du portrait en profil de Louis XIV pour l'un et de Louis XV pour l'autre.

Restés inédits jusqu'à ce jour, ces remarquables cabinets en marqueterie Boulle proviennent de la collection du marquis Léonce de Vogüé (1805-1877) et sont restés dans sa descendance jusqu'à ce jour. Ils ont donc fait partie d'une des collections mythiques de la seconde moitié du XIXème siècle, dont un certain nombre de pièces maîtresses est aujourd'hui dans les collections du J. Paul Getty Museum, du château de Versailles et de l'Art Institute de Chicago.

Auparavant, ils ont très certainement figuré dans la collection du fascinant Quentin Craufurd (1743-1819) avant d'être achetés par le marchand parisien Escudier.




Idea Et au sujet de Quentin CRAUFURD et de ses collections :

Le destin singulier et les collections de Quentin Craufurd (1743-1819) ont été étudiés par Gonzague Mézin (cf. "Chez Quentin Craufurd en 1819 : Le Goût d'un gentleman espion", in Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, Année 2009, Paris, 2010, pp. 335-361).

Né en Ecosse, Craufurd fait fortune à Manille dans l'East India Company avant de revenir en Europe vers 1780, s'installant à Paris avec Eleonore Franchi, dite "la belle Sullivan". Logé vers 1786-1792 dans l'hôtel Rouillé d'Orfeuil, rue de Clichy, Craufurd doit s'exiler lors de la Révolution et ses premières collections sont alors confisquées pour être en partie vendues et en partie réservées au profit de la nation.

De retour en France en 1802 avec la paix d'Amiens, Craufurd réussit grâce à la protection de Talleyrand à y demeurer après la rupture de la paix avec l'Angleterre un an plus tard. Sous l'Empire, le couple s'installe successivement dans deux belles demeures parisiennes. Il occupe d'abord l'hôtel de Monaco (actuel hôtel Matignon), acheté en 1804 puis échangé avec le prince de Bénévent quatre ans plus tard contre l'hôtel de Créquy. C'est dans cet hôtel, situé 21 rue d'Anjou, que Craufurd habite jusqu'à son décès en 1819 ; son épouse y résidera jusqu'en 1833.

Il semble que Craufurd ait commencé dès 1804 à reconstituer ses collections de meubles et de sculptures. Il fait l'acquisition d'un certain nombre de meubles Boulle, probablement chez Lignereux. Avec la maison de Van Hoorn, rue d'Enfer, et l'appartement de Vivant Denon, quai Voltaire, cet ensemble de meubles Boulle forme l'une des rares collections privées parisiennes de meubles Boulle sous l'Empire.

L'inventaire dressé après décès en janvier 1820 décrit une demeure meublée à la dernière mode, de meubles en acajou ou ronce, sièges à têtes de griffons ou en gondole, pendules d'Antide Janvier ou de Lépine L'ensemble de quatre paires de cabinets -auquel appartient le présent lot- compose la partie majeure de l'ameublement de la spectaculaire galerie-bibliothèque de l'hôtel de Créquy. Les murs de cette vaste pièce à éclairage zénithal sont rythmés par ces huit cabinets mais aussi par une paire de bibliothèques basses à trois vantaux (ancienne collection Walter- Guillaume) et par dix-sept bustes de personnages historiques disposés sur des colonnes.

Au-dessus de la coursive faisant le tour de la pièce est accrochée la collection de portraits historiques de Craufurd (pas moins de 68 portraits), qui se présente comme une exaltation réactionnaire des gloires de l'Ancien Régime, en majorité des personnages du grand siècle.
avatar
La nuit, la neige

Messages : 9446
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Ven 05 Fév 2016, 17:34

La nuit, la neige a écrit:

Idea Et au sujet de Quentin CRAUFURD et de ses collections :


Hein, crois-tu ! " Nabab de Manille ", c'est le super-bon créneau .  
A conseiller à tous nos petits jeunes qui cherchent un job ! :

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Sam 06 Fév 2016, 23:29

;

Voici Marie-Antoinette dépeinte par Craufurd :

" Tous ses mouvements avaient une grâce infinie; et cette expression si souvent prodiguée, elle est pleine de charme, était celle qui peignait le mieux l'ensemble de sa personne . Elle laissait apercevoir dans son intérieur un caractère de bienveillance très rare, même parmi de simples particuliers .
Si Marie-Antoinette n'eût eu qu'une carrière ordinaire à parcourir, beaucoup de traits de franchise et de bonté auraient répandu un vif intérêt sur sa mémoire. "

Il est bien certain que, dès l'année 1789, Craufurd entièrement dévoué au gouvernement britannique ne cessa de le renseigner sur les affaires de France . Il était en rapports directs avec Pitt et jouait un rôle officieux d'espion à sa solde .
Craufurd et Eléonore Sullivan s'étant d'emblée engagés contre la Révolution naissante établirent des rapports étroits avec le Suédois, Fersen . Un même but les soudait. Fersen aurait rencontré tout d'abord Mme Sullivan qui l'aurait présenté à Craufurd sur la demande de celui-ci .

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Dim 07 Fév 2016, 18:49

.

Nous savons combien l'aide de Craufurd et Eléonore sera indispensable à Fersen pour l'organisation de la fuite des Tuileries de la famille royale .
Et Emile Dard de se poser la question qui nous taraude tous :

Comment " le plus aimant et le plus aimé des hommes a-t-il eu le coeur assez large pour y abriter, en même temps que la reine, Mme Sullivan ? Pour résoudre un tel problème il faudrait d'abord connaître la vraie nature des rapports qui ont uni Marie-Antoinette et son chevalier.


Sur cette délicate problématique, je me propose de vous citer les réponses proposées par Emile Dard, ce qui ne signifie pas que j'en partage la conviction avec lui .  Allez zou, c'est parti !!! :n,,;::::!!!:

Mme Alma Söderhjelm, avec l'autorité que lui donnent ses patientes recherches, a pris position contre la famille de Fersen dans ce passionnant débat . Elle croit, en effet, sans prétendre d'ailleurs le prouver, que l'intimité fut complète .  D'autres comme Stephan Zweig, l'ont suivie, sans posséder sa prudence et son tact.  Quelques ingénieuses ou même vraisemblables que soient leurs déductions, la méthode psychologique qu'ils ont exclusivement employée, ne peut mener à la certitude.
L'hypothèse d'une liaison banale est la plus humaine assurément, la plus naturelle, je dirais même la plus vraisemblable .   Le grand nombre la préfèrera toujours.  Les reines ne sont-elles pas, dit-on, des femmes comme les autres ? Sans doute par leur physique, mais par leur position, ce sont des êtres d'exception .  La politique, avec ses impératifs et ses abîmes, domine tous leurs actes.

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Dim 07 Fév 2016, 19:21

Emile Dard a écrit:  Quelques ingénieuses ou même vraisemblables que soient leurs déductions, la méthode psychologique qu'ils ont exclusivement employée, ne peut mener à la certitude.

Depuis le moment où Emile Dard posait ce postulat, cette méthode psychologique a été largement dépassée. Mme Marguerite Jallut, par recoupement entre le journal de Fersen et une note des Bâtiments de France ( signée Loiseleur ) a prouvé l'installation pour Fersen de deux pièces à Versailles, dans les cabinets particuliers de la reine . Et aujourd'hui, ce sont les décryptages et lectures sous les caviardages dans la correspondance de Fersen et Marie-Antoinette qui apportent de nouveaux éléments de réponse .

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par La nuit, la neige le Dim 07 Fév 2016, 23:53

Emile Dard a écrit:Sans doute par leur physique, mais par leur position, ce sont des êtres d'exception .  La politique, avec ses impératifs et ses abîmes, domine tous leurs actes.

Roooh ! Pitié ! Pas ces poncifs d'un autre temps... boudoi29
Je préfère encore la méthode psychologique que tu dis "dépassée".

Sommes-nous dans le sermon ou l'Histoire ?
En cette fin du XVIIIè siècle seulement, qu'il se penche sur les vies de Marie-Caroline, de la reine Marie-Louise d'Espagne, de Catherine II, de la reine du Danemark ; ou mieux, tiens, sur les affaires de Gustave III et de sa femme...

Ou parlons-nous exclusivement d'une reine de France ?
L'extra-terrestre hors catégorie... boudoi29
avatar
La nuit, la neige

Messages : 9446
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Lun 08 Fév 2016, 15:23

La nuit, la neige a écrit:
Emile Dard a écrit:Sans doute par leur physique, mais par leur position, ce sont des êtres d'exception .  La politique, avec ses impératifs et ses abîmes, domine tous leurs actes.


Roooh ! Pitié !
Pas ces poncifs d'un autre temps... boudoi29


Mais Emile Dard est précisément un très digne monsieur, mais d'un autre temps, cher ami .   ,,,,,,

Je ne crois pas que l'on puisse lui demander beaucoup d'ouverture d'esprit. Il est pétri des préjugés moraux du XIXème siècle et considère Marie-Antoinette à travers ce prisme déformant.

Emile Dard est né le 25 décembre 1871 à Lorient; il est mort le 12 avril 1947 à Paris . C'est un diplomate français, ainsi qu'un historien de la Révolution française et du Premier Empire.  
Fils du général Laurent Dard, il suit ses études au Lycée Louis-le-Grand, sort licencié en droit et lauréat de la Faculté de droit de Paris en 1891, puis diplômé de l'École libre des sciences politiques en 1894 .

  Il fait une très brillante carrière dans la diplomatie.

Administrateur adjoint de 1896 à 1897 auprès de Hippolyte Laroche, résident général à Madagascar, il est attaché à la légation française de La Haye puis à l’ambassade de France près le Saint-Siège en 1898, successivement secrétaire parlementaire de Delcassé de 1900 à 1906, et membre des cabinets de Rouvier puis de Bourgeois, secrétaire de la Commission pour la révision du code civil.
En 1908, il est nommé secrétaire d’ambassade au Japon, puis en mission officielle en Indochine et en Corée. Après une mission diplomatique à Vienne de 1909 à 1911, il est nommé chargé d’affaires à Belgrade en 1911, premier secrétaire d’ambassade à Copenhague en 1915, chargé d’affaires à Oslo en 1917 et conseiller d’ambassade à Madrid de 1918 à 1920. Chargé en tant que ministre plénipotentiaire de rétablir la légation de France à Munich, où il est reçu par Gustav von Kahr en 1920, il y est nommé ambassadeur. Il passe ensuite ambassadeur à Sofia de 1925 à 1927, puis à Belgrade de 1927 à 1932.
Il est par la suite nommé représentant du prince de Monaco auprès du Pape.
Chef du service des Archives du ministère des Affaires étrangères, il est appelé à la présidence de la Commission des Archives diplomatiques en 1946 par le ministre.

Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1944 et président de la Société de l'histoire de France.

J'ai trouvé excellent son ouvrage:
Un Épicurien sous la Terreur, Hérault de Séchelles (1759-1794), d'après des documents inédits (1907)

la nuit, la neige a écrit:
Je préfère encore la méthode psychologique que tu dis "dépassée".

Dépassée oui et non, car nos connaissances actuelles corroborent la méthode psychologique des auteurs qu'Emile Dard vient de citer.  

la nuit, la neige a écrit:
Sommes-nous dans le sermon ou l'Histoire ?


...   le sermon et le vœu pieux .

la nuit, la neige a écrit:
En cette fin du XVIIIè siècle seulement, qu'il se penche sur les vies de Marie-Caroline, de la reine Marie-Louise d'Espagne, de Catherine II, de la reine du Danemark ; ou mieux, tiens, sur les affaires de Gustave III et de sa femme...

En effet, je ne te le fais pas dire.  Very Happy


la nuit, la neige a écrit:
Ou parlons-nous exclusivement d'une reine de France ?
L'extra-terrestre hors catégorie... boudoi29

Je ne crois pas aux extra-terrestres .  Wink
Or donc, je poursuis .


En 1789, Marie-Antoinette était l'objet de la haine publique. Après le 14 juillet, tout son entourage émigra; elle se trouva seule. Il lui fallut faire face aux injures immondes des libellistes, aux menaces renouvelées d'assassinat, aux insultes publiques, aux calomnies de la Cour, aux perfidies de ses beaux-frères et de ses tantes, à l'indifférence sournoise de sa famille autrichienne . Elle jugeait son mari incapable de la protéger, elle et ses enfants. Seule, devant un danger mortel, on peut penser qu'elle recherchait alors beaucoup moins un amant qu'un sauveur .
Esterhazy, un de ses intimes, l'écrivait : " Je suis fâché qu'on haïsse la reine. Il faudrait se mettre à sa place et l'on serait plus indulgent .  On s'accroche à tout quand on se noie . "



Emile Dard a écrit:
Elle jugeait son mari incapable de la protéger, elle et ses enfants. Seule, devant un danger mortel, on peut penser qu'elle recherchait alors beaucoup moins un amant qu'un sauveur .

...  très certainement !  Mais, en l'occurrence,  l'un n'excluait pas l'autre .    

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Invité le Lun 08 Fév 2016, 15:41

Mme de Sabran a écrit:
Emile Dard a écrit:
Elle jugeait son mari incapable de la protéger, elle et ses enfants. Seule, devant un danger mortel, on peut penser qu'elle recherchait alors beaucoup moins un amant qu'un sauveur .
...  très certainement !  Mais, en l'occurrence,  l'un n'excluait pas l'autre .    

Çà c'est selon ton ...
Mme de Sabran a écrit:vœu pieux


Bien à vous. boudoi32

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Lun 08 Fév 2016, 19:19

.

Ce sauveur qu'elle cherchait partout, Fersen ambitionna d'en jouer le rôle. Il était un partisan résolu de l'absolutisme royal comme Gustaves III, son souverain et son ami . Ce n'était pas seulement la reine, mais le roi qu'il voulait sauver. Il n'a jamais parlé de Louis XVI qu'avec admiration et pitié.
Etait-il déjà l'amant de la reine ? Tout le monde à la Cour le croyait . Les diplomates étrangers l'écrivaient à leur gouvernement. On lui attribuait généralement la paternité du second dauphin, né le 17 mars 1785.
Après que la mort eut couronné la reine de l'auréole du martyr, le mugissement de la foule se tut; les mémorialistes même les mieux informés, tels que Mme Campan ou le comte Esterhazy, gardèrent un silence complet. La postérité a demandé des preuves. On ne lui a jusqu'ici offert que des présomptions. Si les lettres de Marie-Antoinette à Fersen ont été mutilées, ce fut, d'après les premiers héritiers de Fersen, pour empêcher toute équivoque sur la nature de ses sentiments. Le journal de Fersen révèle aussi une passion ardente et sincère. Mais ni les expressions de l'amour dans une lettre, ni même les imprudences de conduite, qui scandalisaient Saint-Priest, ne suffisent pour prouver la possession . Il en est de même des autres témoignages ou des coïncidences singulières qu'on a invoquées et qui ne sont en réalité que des prétextes à conjectures .

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Mer 10 Fév 2016, 13:53

Mais voici qu'un fait nouveau vient compliquer le problème. Fersen, en 1789, avait une autre liaison avec Mme Sullivan et cette liaison était complète. Son journal ne permet pas de doute à cet égard. Or il ne cachait nullement cette liaison, on verra même qu'il l'affichait. Il la confiait à sa soeur Sophie, qui le conjurait de na pas faire ainsi souffrir la reine. L'ambassadeur de Russie, le vieux Simolin, servait à l'occasion d'intermédiaire entre Fersen et Mme Sullivan. Beaucoup de personnes étaient au courant. Mme de Saint-Priest, qui s'y trouvait, écrivait, le 17 juin 1791, à Fersen lui-même ( qu'elle aimait sans espoir ) que le prince de Galles, après un dîner, avait parlé devant elle de Mme Sullivan . " Au surplus, il ne nous fit pas l'éloge de Mme Sullivan, qu'il traita de marchande de pommes et dont il fit des détails peu agréables . " Le prince avait vu " l'ambassadeur d'Espagne danser une danse espagnole, en jouant des castagnettes, avec Mme Sullivan, chez Craufurd, et cela était si ridicule qu'il pensa mourir de rire ". A Stockholm, la liaison de Fersen avec Mme Sullivan était également connue par des indiscrétions de Mme de Saint-Priest. A Bruxelles, Fersen en faisait si peu mystère qu'il acceptait des compliments sur la beauté de sa maîtresse. Seul le trop confiant Craufurd ignorait tout. Fersen flattait sa vanité. Il croyait d'ailleurs, ainsi qu'une note qu'il adressait à Pitt en fait foi, que Fersen était l'amant de la reine et le père du dauphin.

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Mme de Sabran le Jeu 11 Fév 2016, 10:28

;

Mais il y a plus. On peut se demander si Marie-Antoinette n'a pas connu et même toléré cette infidélité de l'homme qu'elle aimait .  Le 7 décembre 1791, elle écrit secrètement à Fersen, qui est à Bruxelles : " J'attends M. Craufurd avec impatience; mais je suis fâchée pour vous qu'il vous quitte : j'espère qu'ils ne seront pas l'hiver ici et qu'il retournera à Bruxelles, car vous avez besoin de distractions.  Il me tarde de savoir votre secrétaire arrivé . "  Elle considérait donc Craufurd comme le secrétaire de Fersen, et disait "ils" en parlant de Craufurd et Mme Sullivan .

Ici, Emile Dard se méprend . Fersen attend bien un secrétaire, mais ce n'est pas Craufurd.


Emile Dard a écrit:On peut se demander si Marie-Antoinette n'a pas connu et même toléré cette infidélité de l'homme qu'elle aimait .

C'est chose impossible .  Ce serait mal connaître la psychologie de la femme amoureuse en général, et de Marie-Antoinette en particulier.
Mais, je le répète, Emile Dard n'a pas eu connaissance comme nous de ces premières lectures sous les caviardages.
 Il ignore l'intensité des sentiments exprimés dans la correspondance entre Fersen et la reine. Il incline à croire à une chaste amourette  ( qui s'accommoderait sans douleur de telles concessions ) .

Or, la réponse nous vient de Sophie Piper : Marie-Antoinette ne savait pas .
En effet, Sophie écrit à son frère:

Je vous avertis, mon cher Axel, pour l'amour de Elle qui, si ces nouvelles lui sont mandées pourront lui causer une peine mortelle . Tout le monde vous observe et parle de vous . Songez à la malheureuse Elle . Epargnez-lui de toutes les douleurs la plus mortelle .

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 28952
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Invité le Jeu 11 Fév 2016, 10:40

Mme de Sabran a écrit:Or, la réponse nous vient de Sophie Piper : Marie-Antoinette ne savait pas .
En effet, Sophie écrit à son frère:

Je vous avertis, mon cher Axel, pour l'amour de Elle qui, si ces nouvelles lui sont mandées pourront lui causer une peine mortelle . Tout le monde vous observe et parle de vous . Songez à la malheureuse Elle . Épargne-temps de toutes les douleurs la plus mortelle .

Ces propos de Sophie Piper démontrent combien on peut suspecter la noblesse de l'Amour que Fersen éprouvait pour Marie-Antoinette et combien il peut apparaître fourbe dans les écrits qu'il Lui destine :roll:


Bien à vous.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Gouverneur Morris le Jeu 11 Fév 2016, 14:09

Épargne-temps

Je vois que les systèmes de correction automatique sont au fait des dernières nouveautés du droit du travail :
avatar
Gouverneur Morris

Messages : 2715
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un rival de Fersen, Quintin Craufurd

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 8 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum