Lettres inédites de Marie-Caroline au marquis de Gallo

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 11:22

Majesté a écrit:

Oh lala c'est vrai... Pauvre Marie-Caroline... Éléonore nous retrouvera-t-elle un courrier d'elle pendant son exil?



LETTRES INÉDITES
de
MARIE-CAROLINE
REINE DES DEUX-SICILES
au marquis de GALLO

(1789-1806)

Naples, le 10 mai 1796.

Le courrier qui devait partir pour Vienne ayant été retenu jusqu'à vendredi prochain, je vous écris deux lignes. Je suis à peine débarrassée d'un violent mal de dents qui m'a donné de terribles douleurs de tète. Les médecins prétendent qu'il serait difficile, dangereux même de tenter l'extraction de cette molaire chevillée à la mâchoire.  Je ne vous parle pas des abominables nouvelles d'Italie, des trahisons manifestes du roi de Sardaigne, de la prochaine arrivée de Carleaux" avec 20.000 hommes de renfort, de la remise des places et des frontières de la Lombardie aux mains des Français, Je suis inconsolable de tout ceci. Je ne saurais en prévoir les conséquences qui ne peuvent être que fatales...



***


Naples, le 22 mai 1790.

Je vous ai assez au long écrit par la douloureuse expédition de Marchisio' faite avant-hier pour n'avoir rien de nouveau à vous dire. Aucune autre nouvelle ne nous est parvenue. Mais de Rome une quantité d'étrangers fuient et viennent à Naples. Je vous envoie les imprimés que le Roi a fait publier. Ils ont fait une bonne impression. Pourvu que cela dure et anime. Il n'y a que la classe' qui a le plus à perdre, qui ne fait rien, ne témoigne rien et a une conduite qui ne m'étonne point, la voyant depuis longtemps venir, mais qui me fait bien de la peine. Ils ont fait de môme partout, en ont été les victimes et n'en sont point corrigés.

Adieu.
Dieu veuille nous envoyer des bonnes nouvelles du Rhin. Je suis bien tristement, mais jusqu'à la mort,

Votre sincère amie et reconnaissante

Charlotte.



***


La nuit, la neige a écrit:

Majesté a écrit:Oh lala c'est vrai... Pauvre Marie-Caroline... Éléonore nous retrouvera-t-elle un courrier d'elle pendant son exil?

Entrée de l'armée française commandée par le général Championnet à Naples, le 21 janvier 1799.
Par Jean-Jacques-François Taurel

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Captur70

Marie-Caroline, son époux, et ses plus jeunes enfants prennent la fuite sur le bateau de Nelson.
En compagnie, bien évidemment, de Lord et Lady Hamilton.
L'un de ses fils mourra lors du terrible voyage vers la Sicile (au coeur d'une tempête).

Dans le port de Naples, l'on distingue l'incendie (autorisé par Ferdinand) qui détruit la flotte napolitaine.



Celle du 28  mai, en entier :

Naples, le 28 mai 1796.


Je vous écris encore ces lignes pour vous annoncer la situation de nos troupes, qui est une chose qui peut vous intéresser, et comme ces coquins se trouvent sur le chemin, je n'ose l'envoyer ouverte. La recrutation avance infiniment et avec succès : il y a un bien bon esprit pour cela; mais on tâche de le détruire et de dégoûter les gens ; mais j'espère que grâce à Dieu cela ne leur réussira point et que de cette fatale abominable crise nous en sortirons avec honneur. Après je ne désire que trois grâces du Roi, dont une je suis sûre, car je l'y ai persuadé : c'est le testament pour ses enfants qu'il doit faire.
L'autre est pour moi : quelques avantages pécuniaires pour ne lui ni à personne êlre jamais plus à charge et vivre tranquillement  le reste de mes jours.
Rempli cela, je donne adieu aux affaires à jamais. J'y ai passé 19 années et y ai eu une abominable, scélérate intrigue espagnole pour détruire tout mon bonheur domestique et qui m'a causé des chagrins inouïs ; un tremblement de terre qui a mis à la misère deux provinces des plus florissantes et tué près de 50.000 personnes ; deux éruptions affreuses du Vésuve, dont une a ruiné un des plus riches pays; deux fois la famine, les banques à la faillite près et très près ; une conspiration de principes non encore ni éteinte ni toute connue, une attaque de mer menacée au moment du bombardement, mèche en main ; une opération sur la monnaie très-dangereuse, mais de toute nécessité; actuellement une invasion de terre menacée qui n'est point encore évanouie, et avec tout cela aucune énergie, amour de la Patrie; un révoltant égoïsme, commodité : voilà mon cas.

Pour ne dire pire, je laisse à part chagrins de famille, perte de mes enfants, la santé ruinée, une contradiction continuelle pour laquelle il paraît que le Ciel m'a destinée. Vous conviendrez qu'il y en a assez et que j'ai éprouvé plus de maux, chagrins qu'un siècle peut procurer. Aussi suis-je ruinée, perdue et il ne me faut plus calculer entre les êtres vivants.
Quand le soir arrive, je ne résiste plus à ma fatigue et je ne suis plus bonne à rien.
Ce moment-ci est une crise telle que par devoir, obligation, j'y tiendrai, ferai ce que je pourrai ou en mourrai, mais ne m'éloignerai de rien, même du plus dangereux; mais à paix faite, aucune considération, égards, ni puissance me retiendront. Je veux vivre, respirer un peu pour moi-même et mettre un intervalle, si Dieu veut, entre la vie et la mort
.  Le Roi ne m'a pas besoin; mon fils d'ailleurs devient, grâce à Dieu, très-capable de l'aider: c'est à lui
un devoir sacré. J'étais moi-même imbue par un faux fanatisme du bien que je n'ai point fait et pourrais encore  moins faire, étant abhorrée, déchirée et détestée et mon âme se ressentant de cette injustice que je sens ne pas mériter. Je suis donc non seulement pas utile, mais pernicieuse, et ma raison et mon désir, goût et tranquillité me feront certainement tout abandonner. Je me réserve exclusivement éducation et établissement de mes enfants et des jeunes époux, inspection du ménage pour leur bonheur. Du reste, rien. Un peu de meilleure pension me mettra dans le cas de faire du bien et le capital d'une dette qui est déjà comptée perdue pour l'Etat, si jamais elle revenait, je la désirerais, voilà tout et je me croirais heureuse, deviendrais une autre et vivrais encore pour mes enfants et amis.  Je me fais ces heureux châteaux en Espagne qui, je ne crois pas, se réaliseront, me sentant trop malade et vers mon terme.

Adieu, j'attends avec impatience de vos nouvelles et ce que l'on dit et fait.
Adieu, j'ai l'esprit très agité, mais je ferai mon devoir jusqu'au tombeau.

Adieu.

Le 28 may 1796
 
***


Naples, le 28 mai 1796.

Je vous envoie une nouvelle dépêche sur les lois. Pour dans ces moments faire vite et mieux, je vous envoie aussi un livre intéressant que vous lirez d'un bout à l'autre exactement du haut en bas et me direz comment vous l'aurez trouvé.
Adieu,
Vous pouvez vous imaginer avec quelle impatience j'attends vos nouvelles pour savoir comment le cher Empereur pense sur les affaires d'Italie. Je ne puis vous dire combien est grande ma tristesse. La conduite des Français à Milan   ( * )  m’afflige beaucoup plus que s'ils l'avaient brûlée et saccagée, parce que cela me prouve qu'on fraternise avec eux et que la corruption y avait de profondes racines et de nombreux adhérents. Je crois que leur nombre est considérable même à Naples et désire me tromper.
Ma santé souffre de toutes ces horribles angoisses morales. Ma chère famille se porte bien.
Le 1ier et 2 juin, les troupes iront s'établir dans les cantonnements. Dieu veuille que tout cela soit inutile et qu'une paix honorable mette fin à tant de maux.

Adieu, croyez-moi avec bien de la reconnaissance.


( * ) : Allusion à l'entrée triomphale de Bonaparte le 15 mai, à l'enthousiasme et à la joie populaires qui furent si grands que, comme l'a si justement fait remarquer Félix-Bouvier [{Bonaparte en Italie, 583).
On publia à ce moment une brochure intitulée; « Milan à l'hôpital des fous »

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 0947810

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Message par Invité le Jeu 17 Mar 2016, 11:47

Merci Éléonore Very Happy

Je présume que peu à peu on arrivera effectivement à son exil...


Bien à vous.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 12:13

Majesté a écrit:
Merci Éléonore Very Happy

Je présume que peu à peu on arrivera effectivement à son exil...
.

Oui, j'espère !   Je continue sur ma lancée .  Very Happy



Naples, le 4 juin 1796.

Je vous écris ce peu de lignes. Rien de nouveau ne s'est passé depuis la dernière poste. Nous sommes tous dans la vive attente des événements. Dieu veuille qu'au moins les nouvelles du Rhin soient heureuses et réparent de quelque façon les malheurs de l'Italie. Ma santé souffre beaucoup, mes nerfs, ma tète est affectée. Je suis très triste. Mon cher mari, mes enfants se portent bien. La recrutation volontaire continue avec beaucoup de succès et Dieu, j'espère, aidera notre bonne volonté. J'ai l'âme triste plus pour l'externe que pour l'interne.
Adieu, continuez-moi vos nouvelles et croyez-moi avec bien de la reconnaissance.





***


Naples, le 11 juin 1796.

Je vous écris celle-ci en attendant avec bien de l'empressement le courrier que vous m'annoncez en peu de jours réexpédié avec la suite et réponse
des papiers de Marchisio. On ne savait point alors encore les nouveaux malheurs du 31 de mai' et tout cela est bien décourageant. Je vous envoie une lettre d'un officier à nous, jeune-homme qui se conduit bien. Vous verrez comme il s'exprime sur la conduite que l'on tient à l'armée d'Italie. Le cœur m'en saigne, et Dieu veuille que la même chose n'arrive pas au Rhin et que le digne, loyal et honnête Empereur ne soit pas partout également trompé. Enfin tout ceci rend bien triste. Dieu veuille que tout termine en bien.
Ma santé souffre de tout ceci; mais pourvu que je sorte de cette abominable crise sans déshonneur, que mon mari et mes enfants conservent leurs Etats et Patrimoines, je sacrifierai tout volontiers, ma vie même. Parle retour du courrier que vous nous expédierez, je compte vous parler sur bien des points. Par celle-ci je me borne de vous assurer de toute mon estime et sincère reconnaissance.




***


O cauchemar !!!    Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 3249736284     Je demande Marchisio à Google images; il me répond :

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Et_ta_11

***



Naples, le I8 juin 1796.

Je vous envoie quelques lettres de change que comme une étourdie j'ai oublié de vous envoyer par le courrier. Je dois donc courir le risque de vous les envoyer aujourd'hui au milieu d'une bande de brigands et de voleurs de grand chemin. Ma santé est toujours mauvaise. Le départ imminent du roi m'affecte beaucoup. Le pays semble bien disposé et témoigne beaucoup d'enthousiasme. Voilà mon unique consolation.

Adieu, vous qui me connaissez, vous pouvez vous figurer mon état et avec quel empressement j'attends de vos nouvelles.
Adieu, croyez-moi avec une vraie reconnaissance.

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Message par Invité le Jeu 17 Mar 2016, 12:34

Marie-Caroline a écrit:Je vous envoie quelques lettres de change que comme une étourdie j'ai oublié de vous envoyer par le courrier.

Il est touchant de lire avec quelle simplicité elle s'adresse au marquis de Gallo Very Happy


Bien à vous.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 12:44

Majesté a écrit:

Il est touchant de lire avec quelle simplicité elle s'adresse au marquis de Gallo Very Happy

Mais oui, n'est-ce pas ! Very Happy
Qui est-il ?

Marzio Mastrilli   ...... Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Fyger_10
(15 septembre 1753 - Palerme (ou Ponticchio) † 4 février 1833 - Milan)
marquis puis duc de Gallo, était un noble patricien napolitain, diplomate et homme politique italien des XVIIIe et XIXe siècles.

Le duc de Gallo accomplit à Naples et dans les transactions européennes le même rôle qui éleva en France le système du prince de Talleyrand : c'était la même finesse d'esprit, la même modération de sentiments, la même tempérance de caractère, avec cette différence seulement qu'il y avait dans le duc de Gallo quelque chose de l'improvisateur italien, cette vivacité de gestes, cette abondance de paroles tout à fait en dehors des habitudes compassées et didactiques de M. de Talleyrand.

Merci WIKI

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 14:38

.

Marie-Caroline au marquis de Gallo,

1796, (Sans autre date).

Vous verrez par l'incluse lettre d'Azara à ce petit fat de Golovkine comme on parle de l'Empereur, de nous et sur quel ton ces Messieurs sont ensemble. Les lettres d'Azara à Cacault sont encore plus infâmes, et si je puis en faire tirer copie, vous les aurez par le courrier. Tout le monde est en terrible inquiétude à cause de cette retraite du Rhin. Tous les mauvais sujets en raisonnent et déraisonnent. Dieu veuille que tout cela finisse bien; mais j'ai l'âme très noire. Je suis d'autant plus fâchée de cette précipitée retraite que cela vient à confirmer ce qu'Alcudia a dit à tous les ministres étrangers que l'Empereur traitait secrètement la paix', que l'Espagne l'avait faite publiquement, mais que les autres la faisaient sous l'ombre et avec des conditions bien moins loyales et mille horreurs pareilles. La lettre d'Azara, vous voyez comme il traite l'Empereur avec mépris et comme méchamment il ridiculise ce que
par un excès d'honnêteté nous avons fait : de dire à nos bâtiments d'éviter, s'il est possible, à faire des violences au pavillon espagnol. Nous pouvons compter que nos plus véritables ennemis sont les Espagnols, ennemis personnels et de famille, ennemi national parce que nous ne voulons pas être province. — Pour moi je crains actuellement tous les malheurs: car la haine espagnole est capable de tout...
Je vous prie, mandez-moi tout. Par le courrier je vous en dirai de plus. Adieu, croyez-moi avec une reconnaissance infinie et vraie amitié.

Votre sincère, mais triste et sûre amie.


***

...   ce petit fat de Golovkine, comme l'appelle Marie-Caroline :

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 31139611


***


Cette lettre, qui ne peut être antérieure au mois de mai 1796, comme le prouve l'extrait ci-dessous d'une dépêche de Roberfone à Castelcicala. a été plus probablement écrite soit vers la fin de juin, après le combat d'Altenkirchen (4 juin), soit, ce qui paraît encore plus probable, après le passage du
Rhin, à Kehl, par l'armée de Rhin-et- Moselle, le 2'* juin. A propos de l'ordre donné aux bâliments napolitains d'éviter, si possible, de faire des violences au pavillon espagnol, Gherardo Robertone, secrétaire d'ambassade, faisant Vintcrini du marquis Galatone, parti en congé, rend compte, dans une dépêche à Castelcicala en date de Madrid, 12 aoûtl'flG (R. Archivio diStato, Maples, F. 1830), de la faveur spéciale dont il avait été l'objet et des déclarations que lui avaient faites Godoy. On lui avait accordé la faveur de baiser la main à LL. MM. Catholiques, faveur qui était l'éscrvée aux ministres du Roi des Deux-Siciles.  « Ceci vous prouvera, ajouta le Prince de la Paix, quelles sont les dispositions du Roi, mon Maître, à l'égard de son auguste Frère, le Roi des Deux-Siciles. Néanmoins je vous confie expressément la commission de faire savoir à S. M. Sicilienne que les sentiments de S. M. Catholique envers son auguste Frère sont toujours les mêmes en dépit des nécessités et des événements; que par conséquent le Roi de Naples peut en toute circonstance mettre à l'épreuve la sincérité de ses sentiments; que le Roi d'Espagne n'a jamais cessé et ne cessera jamais de considérer les intérêts du Roi de Naples comme ceux d un frère bien aimé qui pourra toujours compter sur son inaltérable affection et dévouement. Ecrivez cela à votre Cour et ajoutez-y que je ne manquerai pas de mon côté de faire tout ce qui dépendra de moi pour raffermir et resserrer les liens qui unissent les deux Cours. »

1. A noter que ce fut en août 1705 que le Ministre danois Bernstorff offrit au Comité de Salut Public sa médiation et lui transmit les ouvertures de paix de
la part de l'Empereur, et que le 5 mai 1796 Thugut chargeait Degelman, son résjdent à Bâle, de faire des ouvertures à Barthélémy



Cette lettre, qui ne peut être antérieure au mois de mai 1796, comme le prouve l'extrait ci-dessous d'une dépêche de Roberfone à Castelcicala. a été plus probablement écrite soit vers la fin de juin, après le combat d'Altenkirchen (4 juin), soit, ce qui paraît encore plus probable, après le passage du
Rhin, à Kehl, par l'armée de Rhin-et- Moselle, le 2'* juin.

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 744_0011


Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo La_bat11




***


Naples, le 9 août 1796..

Quoique par les lettres reçues par le courrier du 30 vous n'étiez point encore à Vienne, je ne veux point manquer de vous écrire me flattant que celle-ci vous y trouvera arrivé. Je vous écris peu de lignes, car on compte bientôt expédier à Vienne un courrier par lequel je vous écrirai plus au long.
Les affaires du Rhin me désolent' et me paraissent incompréhensibles : celles d'Italie sont meilleures, mais tant que je n'aurai pas vu ces coquins entièrement chassés, je ne pourrai chanter victoire et je craindrai toujours un retour. Le Roi est de nouveau au cantonnement; je compte l'y suivre demain jusqu'au 17 ou 18, voilà mes projets.

Adieu, Dieu veuille nous apprendre de bonnes nouvelles et croyez-moi pour la vie avec bien de la reconnaissance.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 15:50

;;;;;;;;;;;;;  .Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Sant-a10

Arpino, le l5 août 1796

Je vous écris encore celle-ci d'Arpino où j'ai peu de temps et de commodité pour vous écrire. D'ailleurs, selon les dernières nouvelles vous n'étiez point encore arrivé à Vienne. Cela me retient encore un peu à écrire. Le courrier à expédier a été différé parce qu'on attend celui de Paris à chaque instant et on ne l'enverra qu'après.  Les nouvelles d'Italie sont si différentes que l'on ne sait en vérité qu'en croire. Les Républicains chantent victoire; mais je veux espérer en Dieu que cela ne sera pas vrai. Je n'aime pourtant point cette réplique nouvelle. Dans le moment sont arrivés deux courriers d'Espagne. Ils nous apportent telles lettres dignes des plumes de cette Cour et qui nous fait dans trois jours expédier le courrier. Aussi je me réserve à écrire alors et suis votre reconnaissante amie.


.


Le merveilleux petit village haut perché d'Arpino ...   Very Happy

;;;;;;;;;;;;;  .Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Villag10



Naples, le 28 août 1796

J'ai lu et vu vos lettres du 10 au L3 août. Je tâche autant que possible d'y répondre. Nous vivons dans la parfaite ignorance et confusion des événements. Qui nous les dépeint funestes, qui meilleurs et consolants. A qui croire ? L'habitude du passé nous fait trembler des premiers. Nous attendons à chaque minute quelques courriers de Paris, étant absolument dans l'ignorance de ce qui s'y passe et désirant vivement voir notre situation
décidée et plus en suspens. Le roi, grâce à Dieu, est depuis hier ici, mais mon fils est retourné avec un gros rhume qui l'oblige à garder le lit. Je me flatte que quelques jours de soins le remettront. H en est furieux, uniquement parce que cela l'empêche de retourner au cordon, unique objet de ses vœux. Enfin j'espère que je ne serai pas longtemps sans avoir quelques courriers à envoyer et pourrai écrire librement.

Adieu, mandez-moi tout bien sincèrement et croyez-moi avec bien de l'estime et reconnaissance. Marchisio étant revenu de Paris partira demain. Par lui je vous dirai le plus. Adieu.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 16:07

;

Naples, le 4 septembre  1796

J'ai reçu assez tard, vers le soir seulement, vos lettres du 24 que j'attendais avec une impatience bien naturelle quand on vit, comme je le fais, au milieu des alarmes et des craintes pour tous les êtres qui me sont si chers. Je vous envoie copie d'une lettre de Gènes et comme le même jour et par deux voies différentes j'ai reçu de Venise les mêmes nouvelles provenant de gens qui ne me rapportent que ce qu'ils ont vu, je ne puis me taire et croirai agir contre mon devoir et ma conscience en gardant le silence. Vous ferez donc bien d'en parler et même de faire voir ces bulletins à l'Empereur. Ce souverain jeune, bon, honnête et loyal est affreusement trompé. J'en pleurerais des larmes de sang. Ces scélérats de Français le savent aussi bien et même mieux que nous. Enfin je désirerais que l'Empereur se renseignât et sût la vérité. Je donnerais tout au monde pour son bien. Présentez-lui la chose de façon qu'il ne se pique point, mais n'y voie qu'une preuve de l'intérêt que je lui porte.
Je vous envoie en outre deux autres bulletins, mais ceux-là assez insignifiants. — Nous sommes sans nouvelles de Paris depuis le 15 août et d'Espagne depuis le 9. La guerre était sur le point d'éclater mais sans être déclarée encore. Les Portugais arment sur terre et sur mer, désirent rester neutres, mais sont décidés à abandonner l'Espagne parce qu'ils entendent rester fidèles à l'Angleterre et à la coalition. — Turin arme par ordre de la République. Il faut surveiller ces gens. — Piome se corrompt de plus en plus et j'attends à tout instant la nouvelle de quelque événement malheureux qui s'y sera produit. Le Roi est au cantonnement. On fait tout au monde pour presser les armements et pour être prêts. Mandez-moi tout ce que vous savez et sachez
bien que notre conduite sera toujours honnête et loyale. J'attends avec impatience un courrier. Puisse-t-il nous apporter de bonnes nouvelles. Croyez-moi pour la vie votre reconnaissante amie.



;


l'empereur  François II, neveu de Marie-Caroline et Marie-Antoinette, ce souverain jeune, bon, honnête et loyal
Hum ... c'est une façon de voir !

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 25693010


Naples, le 24 septembre 1796

.J'ai tout juste le temps de vous accuser réception de votre lettre du 7 et de celles apportées par le courrier et je me propose d'y répondre par le courrier qui partira dans la huitaine. Nous sommes arrivés, le Roi et moi, hier soir fort tard à Naples pour aller aujourd'hui à Saint-Janvier et nous comptons en repartir dans peu de jours. Les nouvelles d'Italie sont si confuses, si diverses, si contradictoires que l'on ne sait que penser et que croire, mais ce qui est certain, c'est qu'on est toujours en peine et en alarmes. J'ai trouvé, grâce à Dieu, mes chers enfants bien portants et bien contents de me revoir après huit jours d'absence. Je réserve tout le reste pour le courrier.
Adieu, travaillez à me conserver toute l'amitié et confiance de mes chers enfants; je la mériterai toujours et croyez-moi avec bien de l'estime.



Saint-Janvier


Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Dsc07910



Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Dsc07911



Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Dsc07912

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 16:51

.

Naples, le 15 octobre 1796

Je viens de recevoir l'expédition du 28 septembre comme celle du l'"' octobre. Je bénis Dieu que les succès de Charles continuent \ En Italie, il y a une suspension d'hostilités et rien de nouveau arrivé en tout. Nous sommes au dénouement de la crise. Dieu veuille qu'elle soit heureuse. Pour moi, j'ai l'âme et le cœur noirs J'ai bien souvent pensé à vous. Vous célébrerez ces jours  ( * )  mais ne pourrez jamais assez dire et exprimer à ma fille ce que je sens pour elle. Cela est bien profond. Dieu veuille qu'un jour je puisse l'embrasser et la revoir. Nous sommes depuis un mois et deux jours sans la moindre nouvelle de Paris. Cela me fait craindre que l'on n'ait tué ou dévalisé quelque courrier à nous. Enfin je suis bien inquiète pour tout et sur tout, mais ferai mon devoir jusqu'au tombeau.
Adieu.


( * ) : Allusion aux fûtes qui précédèrent et suivirent eu 1790 le mariage de Thérèse avec l'archiduc François et au séjour que Marie-Caroline fit à ce
moment à la cour de Vienne.



Portrait de Thérèse,  par Mme Le Brun .

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Maria_10


Naples, le 18 octobre 1796

Quelques lignes rien que pour ne pas manquer une seule fois la poste. Nous avons reçu les lettres du 5 et appris les opérations de Wurmser qui ne sont guère rassurantes pour nous. Sur tout le reste nous sommes dans un état d'ignorance et d'obscurité qui me font trembler. J'augure toujours mal lorsque dans des moments aussi critiques je reste quelque temps sans nouvelles. Dès que j'en aurai, je ne manquerai pas de vous les communiquer. Si Quinones meurt, ce sera un scélérat de moins sur la terre et je demanderai à Dieu de lui pardonner tout le mal qu'il m'a fait sans motif et sans raison
Adieu, ayez soin de votre santé. Vous en avez besoin pour être en mesure de nous bien servir dans des temps aussi malheureux et croyez-moi avec bien de la reconnaissance.
Je vous envoie deux papiers assez intéressants, ils  vous mettront au courant de tout.




Dagobert Wurmser


Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Dagobe10

Marie-Caroline a écrit:
Nous avons reçu les lettres du 5 et appris les opérations de Wurmser qui ne sont guère rassurantes pour nous.

En effet :

Vers la fin du mois de juin 1796, Wurmser, que Bonaparte qualifie de « jeune homme », est placé aux côtés du général de Beaulieu à la tête des forces impériales d'Italie. Entre le 29 juillet et le 12 août, il parvient à masser suffisamment de forces pour contraindre les Français à abandonner le siège de Mantoue, mais essuie bientôt une série de défaites (dont la plus sévère est sans doute celle de Castiglione, le 5 août 1796) qui anéantissent son armée ; il n'a plus qu'à retrancher les dernières troupes restées fidèles dans la forteresse de Mantoue (13 septembre) ; il est à présent très-âgé et brave comme un lion, mais il est tellement sourd qu’il n’entend pas les balles siffler autour de lui. Privé de vivres, manquant de médecins, il capitule le 2 février 1797 après neuf mois de siège. Napoléon accordera aux derniers défenseurs le droit de se replier avec les honneurs.

De retour à Vienne, l’Empereur, s’attachant à lui faire oublier ses défaites, lui confère le commandement de la Hongrie le 21 avril 1797, mais Wurmser meurt avant sa prise de fonctions.

Merci Wiki .

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 17:25

;

Naples, le 26 novembre

Encore aujourd'hui vous n'aurez que deux lignes, vu l'impossibilité d'en l'aire de plus. Ma santé, l'accablement de sécalures , ma noire humeur, tout m'empêche d'être aussi longue que je voudrais. Votre estafette du 13, de Presbourg, m'a causé bien de la satisfaction par tout ce que mes chers et braves Hongrois y ont fait et démontré, comme vous le dites. Dieu veuille conserver le cher Empereur, ses armées et sa famille.
Je suis inquiète pour la petite Louise ( * )  qui a la scarlatine. C'est une maladie qui peut devenir dangereuse et je crains les inquiétudes de la mère quand elle le saura'. Pour moi, je ne lui en parle point. J'attends vos premières nouvelles avec empressement et me flatte mardi pouvoir écrire de plus.
Croyez-moi avec bien de la reconnaissance, Ulderica encore malade ne peut écrire.


( * )  : Il s'agit de la future femme de Napoléon et de sa mère l'impératrice Thérèse qui avait accompagné l'Empereur à Presbourg.

L'Impératrice Marie-Louise par Jean Baptise Isabey 1812

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo L_impe10


Naples, le 15 décembre 1796.

Je vous inclus ces trois lettres, une pour l'archiduc Joseph qui est celle que je désirerais qu'elle dût servir', une pour ma belle-fille, l'autre, en cas qu'elle fût partie, pour l'archiduchesse Amélie, en cas d'une archiduchesse que mon cœur ne présage, fasse le baptême en mon nom. Ces procurations seront données et envoyées dans ce sens de suite entre ma belle-fille et l'archiduchesse Amélie.
Le soir.
Les lettres sont forcément pour le même effet. Je vous les envoie afin que vous les envoyez selon que le cas échoie.
Je lui désire bien un fils et plus que tout que ma tille se porte bien. Dites-moi tout ce qu'il faut faire envoyer pour cette occasion et surtout ce qui peut les obliger et leur faire plaisir, n'ayant pas d'autre désir que celui-là. Car je n'existe dans ce monde plus que pour mes enfants et parents.
Adieu, avisez-moi de tout et croyez-moi avec bien de la reconnaissance.



Procuration qui devait servir à l'archiduc, dans le cas où l'enfant dont l'impératrice attendatl la naissance serait un fils. L'impératrice Thérèse accoucha, le '2 janvier 1797, d'une fille, Léopoldine-Caroline-Josepha, qui épousa, le 15 mai 1817, Don Pedro Ier, duc de Bragance, qui cinq ans plus tard, en octobre 1822. fut proclamé empereur constitutionnel du Brésil.

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 800px-10

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 17:57

La nuit, la neige a écrit:

.....NAPOLI !!!! Reggia di Caserta ! boudoi30  :!,,,!!!:

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Casert11



Caserte, le 31 décembre 1796.

Je vous écris peu de lignes, rien de nouveau se présentant à dire. — Nous attendons depuis plus de huit jours, un courrier de Paris, et il n'arrive point. Peut-être que la malheureuse mort de l'Impératrice de Russie occasionne ce retard. Les armées, il y a aussi une stagnation incompréhensible, et je crains bien que les Français par ce retard se renforceront et s'augmenteront. Enfin je me sens bien triste et vois de même. Nous avons un temps affreux
; des pluies continuelles, ce qui est très nuisible à la santé. Je ne sors pas de ma chambre et mon cœur soupire bien après la possibilité de faire ce bienheureux voyage auprès de ma chère et aimée fille. Dieu veuille la bénir dans ses couches. J'en suis continuellement occupée.
Adieu, mandez-moi tout et croyez-moi pour la vie Votre bien attachée et reconnaissante amie.
Nous avons de Gênes qui assure avoir entendu l'alliance faite du roi de Sardaigne avec les républicains. Comme cela est essentiel pour le cher Empereur, je ne veux pas manquer de le mander,




***


En effet, Le 17 novembre 1796 au matin, Catherine II s'était effondrée dans sa garde-robe. On l'avait étendue sur un matelas où elle agonisa pendant des heures, à même le sol. Elle s'éteignit à 67 ans, après avoir régné plus de trente ans sur la Russie.

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 36982410




***



Caserte, le 7 janvier 1797.

Je ne vous écris que peu attendant d'un moment à l'autre une occasion sûre de vous écrire librement. Nos santés se soutiennent ; mais il y a force de maladies épidémiques dans le pays et assez de mortalité pour alarmer. Des armées^ on n'en retient rien. Bonaparte veille, arme et cherche d'étendre les insurrections dans le pays. La mort de Lagusius ( * ) m'a fait de la peine sachant la confiance qu'y avaient mes chers enfants. Dieu veuille leur accorder un bon choix à faire.
Adieu, dites-vous que je désirerais bien, et n'en désespère pas encore, venir vous assurer à Vienne de mon éternelle estime.



( * ) : Lagusius était un médecin à la Cour de Vienne .


;
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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 18:23

.

Naples, le 14 janvier 1797.

J'ai reçu ensemble vos trois lettres du 24, 28 et 31 décembre. Je compte y répondre mardi, aujourd'hui étant impossible. Le Roi est parti hier pour Persano. Je dois attendre son retour dont moi et mes enfants nous sommes bien fâchés, n'aimant pas d'être en ville, mais beaucoup le repos de Caserte où il y a moins de bruit.  Je ne vous parle point de ma santé; elle est misérable. J'ai l'âme trop affectée de tout ce que je vois et prévois. Mais un autre jour je compte vous écrire de plus. Les 60.000 Russes contremandés me font bien de la peine. L'inaction do l'armée d'Italie m'afflige aussi.
Enfin mardi je compte vous écrire le plus.
Adieu.



***



Naples, le 21 janvier 1797.

Il n'est arrivé aucune lettre par les deux ordinaires et le temps n'étant pas trop mauvais, cela m'inquiète et me peine d'être dans des moments aussi graves dans l'ignorance absolue de tout ce qui se passe. Ma santé est très éprouvée par les attaques de nerfs. Le Roi est encore à Persano et nous l'attendons un de ces jours. — Mes chers enfants, grâce à Dieu, se portent bien; mais nous avons une terrible épidémie dans toute l'armée et dans la garnison de Naples. Le nombre des malades aux hôpitaux a dépassé le chiffre de 1.000. La mortalité a été très faible ici, parce qu'ils sont très bien soignés; mais, elle a été terrible au camp et cela m'afflige vraiment parce que c'est le résultat du manque de soins et de l'indiscipline. Dieu veuille que tout cela finisse bien.
Adieu. Je vous envoie un mémoire pour la censure. Je ne veux pas en importuner ma fille. Je vous envoie aussi le bulletin civique qu'on vient de faire. Adieu, croyez-moi avec confiance et estime. Au moment de fermer ma lettre, arrive l'estafette avec vos lettres du 4 et du 8 de ce mois. Je ne peux plus y répondre et me réserve de le faire mardi .  Ulderica et Reiner sont tous les deux malades.




Le site royal de Persano :

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 16-lug10

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 19:03

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Campan10

Caserte, le 31 janvier 1797

Point de poste arrivée, ce qui surtout dans les moments actuels est bien odieux et désagréable. Nous vivons dans de continuelles transes d'entendre Mantoue perdue et par conséquent l'Italie aussi tout entière. Les derniers événements me paraissent plus funestes de tous les précédents. Si notre fameuse paix ne donne aucune tranquillité : car les exemples nous ont assez démontré quelle confiance on peut avoir clans ces hordes d'assassins. Les moyens, les empêchements sont tous perdus, l'escadre, l'armée. Nous voilà entièrement à la merci de ces cannibales et, j'avoue, je suis au désespoir. Depuis hier soir, nous sommes de retour à Caserte. Ma santé est très souffrante, mais je suis contente d'être ici solitaire et retirée. Mes chers enfants qui font mon unique consolation et attache à la vie, sont grâce à Dieu bien portants. J'ai reçu les papiers de Vienne qui ont trouvé bien de l'approbation et chacun les a voulus. Je vous enverrai samedi prochain une petite note de ce que nous désirons encore. J'attends avec bien de l'empressement les nouvelles de Vienne pour la santé de ma chère et aimée fille surtout dans son état de grossesse avancée.
J'attends aussi les nouvelles d'Italie et de Mantoue comme la sentence de mort pour l'Italie. En un mot, je suis très peinée et très en peine et ma santé s'en ressent ; mais jusqu'au tombeau je suis et serai toute ma vie votre sincère, reconnaissante amie.




     ***



Caserte, le 4 février 1797.

Ce matin est arrivé Baptiste
 ( * )  avec l'heureuse nouvelle que, grâce à Dieu, ma chère et bien aimée fille avait sauté le mauvais pas et était heureusement accouchée \Peu d'heures après est arrivée l'estafette qui me confirme ces bonnes nouvelles. \Voilà au moins un peu de consolation de voir ma fille chérie hors de danger et je bénis Dieu pourvu que la mère et l'enfant  ( ** ) se portent bien. Après-demain le Roi compte envoyer un courrier par lequel je vous écrirai tout. Aujourd'hui je suis trop confuse. J'ai déjà parlé deux fois avec Baptiste et il a vu mes enfants. ll me paraît très raisonnable et me plaît beaucoup.
Adieu. Dieu veuille nous accorder d'heureuses nouvelles et croyez-moi avec une estime bien sincère et une véritable reconnaissance,
Votre sincère amie.


( * ) : le secrétaire du marquis de Gallo
( ** ) : Naissance de l'archiduchesse Léopoldine (22 janvier), la future impératrice du Brésil.


L'impératrice-reine Marie-Léopoldine par Joseph Kreutzinger (1815).

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Maria_11



***


Caserte, le 7 février 1797.

Vous n'aurez rien de moi, que strictement deux lignes, devant expédier le courrier dans deux jours et étant trop attaquée des nerfs. Grâce à Dieu, que ma chère fille va bien dans ses couches. Que Dieu me la conserve! Les Français sont à lmola et Faenza. Je les attends dans peu à Rome, etc., etc., et cela me tue.
Adieu, croyez-moi avec bien de la  reconnaissance.


.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 19:14

;

Naples, le 10 mars 1797.

Je n'ai point encore reçu de vos nouvelles et rien n'est passé dans ces jours-ci. Ce sont les Républicains comme le bien mauvais temps qui en ont la faute. Nous sommes depuis trois jours en ville pour y faire mille préparatifs pour le prochain mariage. Ces deux vieilles Mesdames y sont venues avec nous pour voir Naples, mais le temps est si affreux qu'elles n'ont pu encore sortir.
Ma santé est toujours un peu souffrante et je ne puis m'en louer. Je me flatte que la secousse pour aller en Pouille me fera du bien. Je me fais une vraie fête de vous revoir, parler et assurer de toute mon estime, reconnaissance et amitié.
Adieu, rien d'autre de nouveau et croyez-moi votre sincère amie.
Reiner et Ulderica continuent encore à être incommodés.



Mesdames Tantes, les pauvrettes ...

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Img_4010

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Message par Invité le Jeu 17 Mar 2016, 19:32

Mme de Sabran a écrit: Don Pedro Ier, duc de Bragance, qui cinq ans plus tard, en octobre 1822. fut proclamé empereur constitutionnel du Brésil.

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 800px-10

Don Pedro Ier est tellement décoré que ça lui bouffe même son visage :Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 2028181902


Bien à vous.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 20:30

;

Comme tu dis ! Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 3826491292


;


Naples, le 14 mars 1797.

En vérité j'ai honte d'annoncer toujours le départ du courrier et ne le jamais effectuer. Mais actuellement il est décidé que pour le 17 Baptiste partira. J'en ai été très contente et son caractère est bien honnête. J'ai reçu vos dépêches et lettres du 24 février. Je répondrai tout au long par courrier. Ma santé est très souffrante, mon âme bien plus encore. Nous sommes fort occupés pour tout préparer pour l'épouse. Dieu veuille que les jeunes gens soient heureux et que leur bonheur adoucisse nos peines. Le voyage manqué est pour moi une condamnation à mort; car je succomberai.
Adieu, croyez-moi que je me fais une fête de vous revoir et parler, et croyez-moi pour la vie avec la plus sincère reconnaissance.



    ***

Caserte, le 9 avril 1797

Je suis bien inquiète et bien empressée de recevoir des lettres. Ici on dit que les Républicains n'ont été que peu d'heures à Trieste et se sont contentés de mettre une forte contribution, piller quelques magasins et ensuite quitter. Ce qui me prouve qu'ils craignent l'armée avec l'archiduc Charles. Vous pouvez vous figurer avec quel empressement j'attends les premières nouvelles aussi pour savoir nous régler au sujet du voyage de l'épouse et du temps, par où et comment elle pourra venir. Tout cela nous tient en alarmes et en suspens. En un mot, je désire bientôt des nouvelles fraîches et surtout meilleures. Ma santé est très affectée de tout cela; mais mon cœur est toujours le même et a pour vous la reconnaissance la plus véritable et qui durera autant que ma vie.
Adieu.



Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Italie10

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 20:49

;

Caserte, le 11 avril 1797.

Je suis dans les plus vives inquiétudes pour la variété des nouvelles que l'on répand et pour ne savoir rien de décidé. L'escadre est arrivée le 31. Le Roi part le 14 à 4 heures
( * ) . Moi, j'attends des nouvelles et partirai immédiatement après les avoir reçues. En un mot, je suis très inquiète et tourmentée.
Dieu veuille que tout cela passe bien, mais chaque jour les nouvelles que l'on répand me donnent des sursauts nouveaux. Enfin je prie indignement Dieu et attends comme le Messie que vous nous tiriez d'inquiétude.


( * ) : Préparatifs pour le voyage et lu réception de l'archiduchesse Clémentine. Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 260px-10
Le 26 juin 1797, à Foggia, l'archiduchesse Marie-Clémentine épousa le duc de Calabre futur roi François Ier des Deux-Siciles, fils de Ferdinand Ier des Deux-Siciles et de  Marie-Caroline .

   

   ***

Caserte, le 15 avril 1797.

Inquiète au plus ( haut ) degré, impatiente de recevoir des nouvelles plus fraîches, je vous accuse réception de vos lettres du 26 mars. Mais comme depuis cette date des rapports de Venise m'ont apporté de désolantes nouvelles, je vis dans l'anxiété de savoir quelque chose de plus net et de plus positif. Le Roi est parti dans la nuit de jeudi à vendredi ; le général Acton, les bureaux de la Secrétairerie, les bagages, etc., 24 heures plus tard. Quant à moi je ne partirai qu'après avoir reçu des nouvelles plus récentes me permettant de régler ma conduite et la marche à suivre.
Je n'ai pas autre chose à vous dire. Vous connaissez mon caractère, mes sentiments et vous pouvez vous figurer tout ce que je dois éprouver. Mon chagrin, ma douleur ne sauraient se dire. J'attends de vos nouvelles et suis pour la vie votre reconnaissante amie.



   ***

L'armée de Napoléon entre dans Venise, et campe sur la place San Marco ...


Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Venise10



18 avril 1797

Préliminaires de Leoben

Les plénipotentiaires autrichiens avaient écrit en tête du projet de traité qu’ils présentaient à Napoléon que l’empereur François reconnaissait la république française, ce qu’il avait toujours refusé jusque là. Pour lui, le royaume de France avait continué à exister et la république n’était qu’un intermède provisoire et totalement illégitime. « Effacez, dit Napoléon, l’existence de la république est aussi visible que le soleil ; un pareil article ne pourrait convenir qu’à des aveugles ; nous sommes maîtres chez nous et nous pouvons choisir le gouvernement qui nous plait, sans que personne y trouve à redire »

Passons  la  parole à Stendhal :
« Napoléon se conduisit avec Venise comme il avait fait avec le pape, avec Naples, avec le roi de Sardaigne ; c’est-à-dire qu’il fit tout au monde pour obtenir la paix. L’aristocratie fit tout au monde pour se perdre et elle  y  réussit … la conduite du général français fut parfaitement légitime. Il fit tout ce qui était humainement possible pour sauver Venise, mais il eut affaire à de trop rudes imbéciles. »

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 21:04

;

Caserte, le 18 avril 1797.

Je n'ai rien à vous dire, hors que j'attends comme le Messie les premières nouvelles de Vienne quand on aurasu l'arrivée de l'escadre. Cette perplexité de nouvelles dans des moments de si haute importance, non seulement pour la venue de ma belle-fille et mon bonheur domestique, mais surtout pour les événements essentiels malheureux de guerre et de politique qui sont en mouvement et qui tous doivent influer sur l'Italie, agit excessivement et très sensiblement sur mon cœur. Et c'est justement dans ce moment-ci que nous ignorons tout, hors les bruits publics peu propres à consoler. Car qui annonce Vienne assiégée, qui, les Hongrois infidèles, qui, tout perdu, enfin nous vivons en continuels sursauts et ne savons rien de positif.
Le Roi est parti la nuit du Jeudi-Saint et se retrouve depuis le Vendredi-Saint en Pouille. Il y est très content, car les peuples l'y ont excessivement acclamé et montré d'affection. Il compte courir à Lecce, Brindisi, Tarente, etc., etc., et puis retourner.
Nous avons tout prêt à partir et n'attendons qu'un avis, qui humainement ne devrait point retarder, pour nous mettre en route. Enfin tout ceci me tient en suspens et m'inquiète beaucoup. Vous qui connaissez mon cœur devez penser tout ce que je souffre.
Adieu, croyez-moi avec une reconnaissance éternelle.



   ***

Note autographe du général Bonaparte sur les événements de Venise
. [fin juin 1797]

NB : cette transcription reproduit fidèlement l’orthographe, la ponctuation et la syntaxe du texte original.


Bonaparte, s’arrêtant aux portes de Turin, de Parme, de Rome, de Vienne, offrant la paix, alors qu’il était sûr de n’avoir plus que de nouveaux triomphes à remporter ; Bonaparte, dont toutes les opérations montrent le respect pour la religion, les mœurs, la vieillesse ; qui, au lieu du déshonneur dont il pouvait accabler le vieux, malheureux et illustre Wurmser, l’accable de bons traitements et prend un soin si grand de sa gloire, est-il le même que Bonaparte détruisant le plus ancien des gouvernements, démocratisant Gênes et même le plus sage des peuples, les cantons suisses ?

Bonaparte avait passé le Tagliamento et entrait en Allemagne, lorsque les insurrections se manifestèrent dans les états de Venise : donc elles étaient contraires aux projets de Bonaparte ; donc il n’a pas pu les favoriser.

Lorsqu’il était dans le cœur de l’Allemagne, les Vénitiens assassinent plus de 400 Français, chassent ceux qui étaient dans Venise, assassinent l’infortuné Laugier et offrent l’exemple d’un peuple fanatisé et en armes.

Il revient en Italie, et, à son aspect, à peu près comme les vents de Virgile à l’aspect de Neptune, toute l’Italie qui s’agite, qui était en armes, rentre dans l’ordre et reconnaît la voix du vaincoeur redouté.



Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Rivoli10


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Message par La nuit, la neige le Jeu 17 Mar 2016, 22:42

Merci.  Very Happy
Longue lecture... Smileàè-è\':

La lettre du 28 mai 1796 est décidément assez incroyable.  Shocked

Il ressort de tous ces mots une Marie-Caroline tourmentée, aux aguets, mais décidée à faire front même si elle est la dernière à le faire.
Elle avalera d'autres couleuvres par la suite...
Pas une lettre sans une pensée pour ses enfants, et aussi sans qu'elle se lamente sur son état de santé. Suspect


J'ignorais que l'expression "bâtir des châteaux en Espagne" était déjà d'usage. Very Happy

Ainsi donc, ces maudits républicains français : cannibales ! :Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 2028181902
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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 22:57

La nuit, la neige a écrit:
Il ressort de tous ces mots une Marie-Caroline tourmentée, aux aguets, mais décidée à faire front même si elle est la dernière à le faire.
Elle avalera d'autres couleuvres par la suite...
Pas une lettre sans une pensée pour ses enfants, et aussi sans qu'elle se lamente sur son état de santé.

Oui, j'ai l'impression de découvrir Marie-Caroline . L'amour maternel dont vibrent toutes ces lettres m'émeut. Je n'en ai plus que cinq très courtes, malheureusement.

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 23:11

J'ajouterai aussi qu'elle invoque toujours Dieu, et compare le marquis de Gallo au Messie ! Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo 3826491292
( ... comme nous dirions Zorro )

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Message par Mme de Sabran le Jeu 17 Mar 2016, 23:29

;

Le marquis de Gallo était parti pour Vienne (Autriche) où il accompagna la princesse Marie-Thérèse, fille de Ferdinand IV de Naples (Ferdinand III de Sicile (1759-1816) ou Ferdinand Ier des Deux-Siciles), destinée à épouser son double cousin l'empereur François II.

Fort estimé de cette princesse, il resta en Autriche avec le titre d'ambassadeur du royaume de Naples, et y obtint un grand crédit. Il se lia intimement avec le ministre Thugut, et se trouvait au plus haut degré de la faveur en 1797, lorsque le général Bonaparte, à la tête d'une armée victorieuse, fut près d'envahir la capitale de l'Autriche.

Dans une si terrible crise, l'impératrice jeta les yeux sur le marquis de Gallo, pour qu'il l'aidât à en sortir. Ce fut avec étonnement qu'on vit un ambassadeur étranger traiter au nom de l'Autriche, et réussir mieux que le plénipotentiaire autrichien même, Bonaparte avait d'abord fait difficulté de l'admettre à cause de sa qualité d'ambassadeur de Naples : « mais, ajouta-t-il dans sa dépêche au Directoire, je n'ai pas cru devoir insister dans cette opposition, parce que cela aurait apporté beaucoup de lenteurs, et parce qu'il parait revêtu d'une grande confiance de l'Empereur ; enfin, parce que les Autrichiens et les Hongrois sont très irrités de voir les étrangers jouer le principal rôle dans une affaire aussi importante, et que, si nous rompons, ce sera, un moyen très considérable d'exciter le mécontentement contre le gouvernement de Vienne. »

On convint que, sous prétexte d'un voyage à Naples, il essaierait de traverser l'armée française ; que, sans paraître en avoir reçu mission, il chercherait à entrer en négociation avec Bonaparte, et que surtout il lui ferait suspendre sa marche. Ce général, qui dès lors entretenait de secrètes intelligences à Vienne, fut aussitôt prévenu de ce plan ; et lorsque le marquis se présenta comme accidentellement, et demandant un laissez-passer, il le déconcerta par des questions embarrassantes, et le subjugua tellement qu'il le força d'avouer tout ce dont il était chargé. Accepté pour négociateur, le marquis de Gallo retourna bientôt à Vienne chercher des pouvoirs, des instructions, et peu de jours après il revint signer les préliminaires de Léoben.

( merci WIKI )

Le marquis de Gallo, le 17 avril 1797, à la signature du Traité de Leoben, 17 avril 1797.
Tableau de Guillaume Guillon Lethière, 1806.

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Guillo10



Encore ces quelques tout petits billets, e poi c'est fini ! Very Happy

Foggia, le 16 mai 1797.

Dans l'incertitude où vous vous retrouvez, soit à Vienne, ou à Brescia, ou autre part où votre destinée vous a conduit, je n'ose point vous écrire trop au long, ni sur une quantité de points qui également m'intéressent. Vous pouvez croire tout ce que l'on raconte et compose. Dieu veuille qu'il n'y ait rien de vrai que le bon. Je ne sais rien de la précieuse santé de ma belle-fille. rien de la paix. — Le Pape se meurt. Nouvel inconvénient. Je suis à Foggia avec mon fils, attendant des nouvelles. Le Roi est parti ce matin pour faire une course jusqu'à Bari.
Adieu, je me réserve d'écrire de plus quand je pourrai et quand je saurai où vous êtes. Croyez-moi avec une éternelle estime et reconnaissance.Personne ne peut vous écrire vu l'endroit et le peu de sûreté.



  ***

Foggia, le 16 mai 1797. .

Dans la supposition que vous êtes déjà à Brescia, on envoie un de nos hommes par Manfredonia à Vienne, l'autre par terre à Brescia, le tout pour aviser que, vu l'impossibilité pour moi de me rendre à Vienne, ce sera la princesse qui se mettra en route ( * ). Je bénis Dieu qu'elle soit, paraît-il, sauvée, guérie, mais j'en désire l'heureuse continuation et je l'attends ici entre le 8 et le 12 juin. Elle peut être sûre qu'elle retrouvera en moi une mère et une véritable amie. Je désire obtenir sa confiance, seul moyen pour moi de lui pouvoir être utile. Nous restons à Foggia à l'attendre. Je n'ai que peu de moments à moi. Aussi je m'en tiens à ce que vous dira le chiffre ci-joint, vous assurant de mon éternelle reconnaissance et du sincère empressement que j'ai de vous assurer de vive voix de mon éternelle amitié.


( * ): L'archiduchesse Clémentine.




  ***

Naples, le 8 août 1797.

Recommençant un peu à m'orienter et désirant remettre un peu d'ordre à mes affaires, je commence cette lettre en lui donnant de nouveau le numéro 1. J'ignore où elle vous retrouvera en chemin. Vous pouvez croire avec quel intérêt j'attends vos nouvelles. Nous avons un été terrible et de cruelles chaleurs. Mes jeunes époux se portent bien, sont très unis ensemble et je commence à croire qu'elle est enceinte; ce qui, on ne saurait le nier, n'aurait pu aller plus vite. Enfin de vive voix, je vous en dirai de plus. Comme je sais l'intérêt que vous avez pris à ce mariage, je vous envoie des vers faits à cette occasion et qui sûrement vous intéresseront.
Adieu; comptez sur ma sincère reconnaissance et véritable amitié. Vous me direz pour ma tranquillité si vous avez lu les vers et s'ils vous ont plu. Il faut lire la pièce du commencement jusqu'à la fin.





  ***


Sans lieu ni date.

Je vous renvoie le chiffre. Il me semble que Ruffo a été quelque peu prolixe, mais qu'il a parlé raisonnablement, bien et justement. Je pense que Gomez pourra partir demain à midi et j'y compte même.  Je vous renvoie aussi les deux dépêches et vous répète ce que je vous ai dit. c'est-à-dire que je les trouve fort bien.  Ne vous découragez pas, tous les commencements sont difficiles. Je sens, je vois, je connais tout et je vous assure de mon éternelle estime, amitié et reconnaissance.  Je vous renvoie aussi les lettres venues par le courrier de Venise.





  ***


Sans lieu ni date'.

J'ai reçu votre lettre. Le tout va très bien. Espérons que Trouvé sera réellement ce qu'il affecte de se montrer. Pour ma part, je crois et suis même convaincue que l'on n'aura pas besoin de recourir aux moyens violents et que tout se réglera à l'aide de simples négociations et avec un peu d'attention. Pour tout ceci, je m'en remets à votre zèle qui se chargera de mener tout cela et de nous bien conseiller.
Croyez à mon éternelle estime et reconnaissance.




***


Gallo assista ensuite aux conférences d'Udine, préparatoires à la paix de Campo-Formio, avec Cobenzl, et d'un caractère plus flexible que ce ministre, ou plutôt ayant dès lors avec Napoléon des points de contact et de rapprochement que la suite des événements a fait assez connaître, il en obtint beaucoup plus que son collègue, qui le choqua souvent par sa « dureté germanique ». Plus souple et plus conciliant, le marquis de Gallo rétablit plus d'une fois les affaires au moment où tout semblait près d'être rompu.

Ce fut surtout après la scène du cabaret de porcelaine jeté en éclats sur le parquet, qu'il usa avec le plus de succès de cet esprit de conciliation et de souplesse. Il accompagna le général français jusqu'à sa voiture en s'efforçant de le retenir, « me tirant force coups de chapeau, disait Napoléon à Sainte-Hélène, et dans une attitude si piteuse, qu'en dépit de ma colère ostensible, je ne pouvais m'empêcher d'en rire intérieurement beaucoup. »

Après cette espèce de comédie, où comme l'on voit chacun joua fort bien son rôle, le marquis de Gallo contribua beaucoup à la conclusion de la paix de Campo-Formio ; et il signa comme ministre plénipotentiaire du royaume de Naples ce traité qui changea complètement l'ancien état européen. Sans parier des avantages qui restèrent ignorés du public, il reçut de son souverain une ample gratification, et de l'empereur d'Autriche l'ordre de la Toison d'or.


Signature du marquis de Gallo auprès de celle de Bonaparte sur le traité de de Campo-Formio :

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Traity10

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Message par Mme de Sabran le Ven 18 Mar 2016, 08:53

;

Revenu dans sa patrie, le marquis de Gallo  fut mis à la tête du ministère à la place d'Acton, lorsque Ferdinand IV voulut paraître se rapprocher de la France, et qu'il fallut recevoir les ambassadeurs Garat, puis Lacombe-Saint-Michel, dont le marquis de Gallo savait mieux qu'un autre supporter les hauteurs et les menaces. Il lui fut cependant impossible de conjurer l'orage qui menaça le royaume au commencement de l'année 1799, et le général Mack, que lui-même avait contribué à faire venir de Vienne, acheva par son impéritie d'en ouvrir les portes aux Français.

Envoyé auprès de Championnet pour demander une trève, lorsque ce général s'approcha de la capitale, il ne lui fut pas même permis de pénétrer jusqu'à lui, et il se rendit alors à Vienne pour y implorer les secours de l'Autriche qu'il n'obtint pas davantage.

Championnet
Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Gynyra10


En 1798, Championnet est nommé commandant en chef de l'armée de Rome, chargée de protéger la jeune république contre la Cour de Naples et la flotte britannique. Censée être de 32 000 hommes, l'armée n'en compte que 8 000 en état de combattre, avec à peine 15 cartouches par homme.

L'armée de Rome doit se replier devant les 50 000 hommes que le général autrichien Karl Mack pousse devant lui ; 7 000 Anglais débarqués à Livourne, sont dispersés ; bientôt Championnet rentre en vainqueur à Rome, fait investir Capoue et s'empare de Gaeta. Capoue ayant capitulé le 10 janvier 1799, il entre à Naples le 23 janvier 1799, en chassant les Britanniques et les troupes royales. Il organise la République napolitaine qui devait durer jusqu'en juin de la même année

Le marquis de Gallo ne revint à Naples qu'après le départ des Français à la fin de l'année 1799, au moment où le cardinal Ruffo et Acton y dirigeaient une violente réaction contre les révolutionnaires. Toujours partisan des moyens de modération et de douceur, il eut à cette occasion de vifs démêlés avec le favori de la reine ; et ce fut sans doute pour l'éloigner des affaires qu'on le nomma vice-roi de Sicile. Mais il ne remplit que peu de temps ces hautes fonctions ; et lorsque le parti anglais commença à perdre de son crédit à Naples, lorsque les Français menacèrent encore une fois ce royaume, on eut de nouveau recours à Gallo qui avait toujours su rester avec eux en bonne intelligence.

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Message par Mme de Sabran le Ven 18 Mar 2016, 10:30

.

Ambassade à Paris


Le marquis de Gallo fut envoyé avec le titre d'ambassadeur auprès de la nouvelle République cisalpine, puis auprès du Premier consul, où il eut à diriger des négociations aussi importantes que difficiles, puisqu'il s'agissait de garantir d'une invasion le royaume de Naples, tandis que la cour des Deux-Siciles négociait secrètement avec les différentes puissances.

Gallo assista en mai 1805, au couronnement de Napoléon Ier comme roi d'Italie.

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Appian10



Le 21 septembre suivant, au moment où l'Empereur partit pour sa campagne contre les Austro-Russes, il consentit à un traité que signa le marquis de Gallo pour l'évacuation du royaume de Naples par les troupes françaises qui l'occupaient, et dont probablement il pensait avoir besoin dans la suite de cette guerre. Au même instant, la cour de Naples en signait en même-temps un autre, à l'insu du marquis, en vertu duquel douze mille anglo-russes devaient débarquer dans ses ports. Aussitôt après la victoire d'Austerlitz, Français faisaient leur rentrée sur les terre napolitaines pour y empêcher tout débarquement Austro-Russe.

Ce débarquement ayant été effectué peu de jours après, le marquis de Gallo, à cette nouvelle, se trouva dans un grand embarras. Napoléon était en Allemagne à la tête de son armée ; le duc continua de se présenter chez les princes et chez les ministres, et protesta de sa bonne foi ; on lui rendit justice. Il ne s'en tint pas là, il donna sa démission, et attendit à Paris la suite des événements, qui allaient enlever bientôt à Ferdinand le trône de Naples.

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Message par Mme de Sabran le Ven 18 Mar 2016, 11:02

;

Ministre de Joseph Bonaparte et Joachim Murat

En effet, Napoléon décida que les Bourbons avaient cessé de régner à Naples : Joseph Bonaparte fut proclamé roi de Naples en 1806 et Gallo reçut l'ordre impérial de se rendre auprès de ce prince, qui lui confia le porte-feuille des affaires étrangères, que lui avait autrefois confié Ferdinand IV. Le marquis de Gallo n'hésita point à s'attacher à la fortune de ce nouveau roi.


Joseph Bonaparte, roi de Naples

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Ritrat10




Cette défection, faite pour étonner dans un autre siècle, mais qui a rencontré tant d'exemples au cours de ce début de XIXe siècle, fut récompensée par toutes sortes de faveurs, telles que pensions, domaines et titres de tous genres.

Il n'avait eu, jusque là, pour toute fortune, que son traitement et une assignation annuelle de 7 000 ducats sur le Monte frumentario : Joseph lui fit des dons considérables en biens de l'état, soit par des dons directs, soit par la remise du prix de ceux que le marquis acquérait des domaines. Le roi lui témoigna beaucoup de confiance, le duc le suivit à Bayonne au mois de mai 1808, où il reçut la Grand'croix de l'Ordre royal des Deux-Siciles. Il accompagna de là Joachim à Naples, lorsque ce prince vint succéder à Joseph, et fut continué dans son ministère.


Joachim Murat, roi de Naples

Lettres inédites de Marie-Caroline  au marquis de Gallo Joachi10


Ses récompenses augmentèrent encore : Joachim le fit duc avec majorat, lors de son second mariage avec mademoiselle de Colonna-Stigliano, et lui donna dans toutes les circonstances, des preuves d'une bienveillance particulière. Le duc de Gallo, y a répondu par un dévouement sincère à ses intérêts, et par une fidélité qui ne s'est jamais démentie : il dirigea sans interruption le gouvernement et la politique du roi de Naples jusqu'aux grands événements de 1814. Ce fut lui surtout, on ne peut en douter, qui chercha à le rapprocher de l'Empire d'Autriche et qui parvint à lui faire signer, le 11 janvier 1814, avec le cabinet de Vienne, un traité de garantie ; et le 3 février suivant, une convention avec lord Bentinck, stipulant pour l'Angleterre.

Quand Joachim fit une tentative pour s'emparer du reste de l'Italie, au mois de mars 1815, le duc de Gallo suivit constamment le quartier-général de l'armée napolitaine, et il ne s'en sépara que lorsque la défaite décisive que Murat essuya sur le Pô, le 18 avril suivant, eut nécessité sa présence dans la capitale.

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