Le palais ducal de Sagan, chez mesdames de Courlande ...

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Le palais ducal de Sagan, chez mesdames de Courlande ...

Message par Mme de Sabran le Dim 22 Mai 2016, 17:57





La nuit, la neige a écrit:

Je vous recommande la lecture de ce site intéressant (même s'il n'est pas toujours facile de s'y retrouver parmi les nombreuses sous- rubriques proposées).

Il est consacré aux "dames de Courlande" :

Vous retrouverez également une rubrique consacrée aux châteaux, et notamment donc celui de Sagan (Zagan).



Arrow C'est ici : http://www.dames-de-courlande.fr/fr/?page=51#

Le château de Sagan
avait, entre autres, appartenu à Wallenstein, figure illustre de la Guerre de Trente Ans, puis aux Lobkowitz, illustre famille de Bohème qui avaient un palais à Prague, aujourd'hui ambassade d'Allemagne; il fut acheté en 1786 par par Pierre, duc de Courlande, père, en 1793. d'une quatrième fille, Dorothée. A la mort du duc Pierre, en 1800, Sagan revint â sa fille aînée Wilhelmine, en 3èmes noces, comtesse Charles-Rodolphe de Schulenburg, mais connue comme duchesse de Sagan. Au décès de Wilhelmine, en 1839, la principauté passa à sa soeur puînée, Pauline, princesse do Hohenzollern-Hechingen, laquelle, en 1843, céda ses droits sur Sagan à Dorothée, duchesse de Talleyrand, la cadette, qui habita les lieux dès ce moment là.

Nous découvrons Pauline !


Sans attendre la conclusion d'un pacte de famille qui n'interviendra qu'en 1847, par lequel Pauline de Périgord recevait Rochecotte, Alexandre de Dino son frère, Günthersdorf, alors que Sagan lui mène se trouvait réservé au profit de Louis, duc de Valençay, l'aîné des précédents, un diplôme du roi de Prusse, en date du 6 janvier 1845, investissait Dorothée comme duchesse de Sagan, le petit-fils de cette dernière, Boson de Talleyrand-Périgord prenant immédiatement le titre de Prince de Sagan.
Le titre de duc de Sagan fut autorisé en France par décret impérial du 16 octobre 1862, moins d'un mois après le décès de Dorothée (19 septembre 1862), ce qui bénéficiait à Louis, tandis que le titre de Prince de Sagan avait été autorisé en France, en faveur de Boson, dès le 3 mars 1859. A la fois pair de France et membre de la chambre des seigneurs de Prusse, là où il était représenté par un notaire, le duc Louis, après, la défaite française de 1870, fît retourner son siège de Berlin contre le mur.

J'ai commencé un pèlerinage en Europe des demeures où a séjourné Dorothée: je suis allée à Rochecotte, ensuite à Berlin, puis à Paris à la recherche des demeures de Talleyrand où elle habita avec lui, à Valençay,
et cet été à Sagan (en polonais Zagan).

Aujourd'hui :



Zagan est une petite ville située à 50 kms de Cottbus, près de la frontière germano-polonaise. Autrefois la région s'appelait la Basse-Silésie (Niederschlesien), elle était allemande depuis des siècles, et était connue surtout pour ses mines et ses tisserands (Gerhard Hauptmann: « Die Weber » et Heinrich Heine : « Die Schlesischen Weber »). La région a toujours été très pauvre, c'est une région boisée qui permettait autrefois la chasse et autorise maintenant la cueillette des champignons que les gens vendent au bord de la route.
Elle fut vidée en 1945 de tous ses habitants allemands, chassés d'un jour à l'autre de leur patrie et repeuplée par des polonais de l'est, chassés eux aussi par les Soviétiques.





Le château de Sagan que l'on appelle maintenant « le palais » a été pillé et incendié en 1945 au moment des combats très violents entre les Russes et les troupes allemandes. Il ne reste rien de l'intérieur, mais les Polonais, maîtres dans l'art de la reconstruction, l'ont reconstruit à l'identique et on peut se faire une idée de ce qu'était ce château au temps de sa splendeur, bien que sur les gravures de l'époque de Dorothée, il offrit un aspect plus gai. C'est un château austère, en forme de U, entouré de douves, un château de guerrier, une forteresse grise au toit rouge avec de nombreuses cheminées dont la façade est ornée de masques ornant le dessus de 24 fenêtres, il y avait cent pièces.

Du côté du parc, deux arbres immenses plantés au bout de la cour ferment le U. On comprend que Wilhelmine s'y soit ennuyée à mourir et ne l'ait que très peu habité. Elle préférait Vienne et l'Italie. C'est ici aussi qu'eut lieu le mariage de la petite-fille de Dorothée, Marie de Castellane, avec le prince Antoine Radziwill. On peut comprendre qu'entre Valençay et Sagan, les derniers propriétaires du château aient fait leur choix au profit de la France. Ce château abrite maintenant un centre culturel et sert de salle des mariages et de salle des fêtes.





Le parc, agrandi par des acquisitions successives pour atteindre la superficie de 230 ha, avait été aménagé magnifiquement par Dorothée qui avait pris conseil auprès du spécialiste de l'époque, le prince Pückler-Muskau, dont le domaine se trouve près de Cottbus (et il a donné son nom à une glace très connue: Fürst-Pückler-Eis). Le public pouvait visiter le parc, Louis avait continué l'oeuvre de sa mère en y ajoutant des fontaines et des statues; il reste une statue, mais les fontaines ont disparu. Il n'y a plus de massifs de fleurs. Ce qui fait le charme de ce parc est qu'il est traversé par une rivière, la Bober, il y a une certaine ressemblance avec Valençay. Nul doute que Dorothée a voulu recréer un environnement familier. Actuellement, le parc a des dimensions beaucoup plus réduites.

Dans l'église-chapelle se trouve le tombeau de Dorothée.
Il faut traverser une route, alors qu'on peut lire qu'elle était située au fond du parc. Des immeubles d'habitation genre cité soviétique comme en ex-RDA (Plattenbau) ont été construits en bordure de route, mais il reste de très beaux arbres.

L'Hôpital « Dorotheenstift » existe toujours
et fonctionne toujours comme hôpital, on peut encore lire sur une porte l'inscription « gestiftet von Dorothée, Herzogin von Sagan 1851 ». C'est très émouvant, de même que sur la porte d'entrée de l'hôpital, on peut toujours lire le nom de Talleyrand.

Je n'ai pas retrouvé l'Orangerie, ni différents bâtiments dont j'ai trouvé les photos ou les gravures dans le livre édité par la fondation « Kulturwerk Schlesien. Sagan und Sprottau in der schlesischen Geschichte «Les vues de Sagan» » à l'occasion de la vente en 1989 des vues de Sagan à Monte-Carlo par Sothebys. Ce livre, toujours disponible, est très riche en renseignements iconographiques. Marie von Bunsen relate dans son livre de 1935 «Dorothée Herzogin von Sagan» sa visite à Sagan et décrit ce qui s'y trouvait encore, les robes de bal de Dorothée, son livre de prières et les nombreux portraits de famille. Des copies se trouvent heureusement à Valençay.

Cette visite m'a donné l'envie de continuer ma recherche, d'approfondir le sujet et de trouver peut-être des documents nouveaux permettant de mieux connaître cette figure intéressante de l'histoire qui accompagna Talleyrand jusqu'à sa mort et qui changea de nom à différentes périodes de sa vie, Dorothée de Kurland, duchesse de Talleyrand-Périgord, de Dino et de Sagan.


Août 2000

http://www.talleyrand.org/lieux/chateau_de_sagan.html

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