Le chevalier de Boufflers

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le chevalier de Boufflers

Message par Mme de Sabran le Mar 31 Mai 2016, 22:59

Eh bien, j'en apprends de belles !  

II paroit constant que le sieur Bernard, précepteur des enfants de madame de Sabran qui a été mis à la Bastille, et, à ce que l'on assure, transféré à Bicêtre, s'amusoit à écrire des libelles contre toutes les personnes de la cour, et qu'il est l'auteur des noëls, des adresses, des titres des livres qui circulent périodiquement depuis quelques années. On veut même qu'il ait pour coopérateur le chevalier de Boufllers, et l'on prétend que l'on a couru après ce dernier pour s'assurer de sa personne , s'il n'est point encore embarqué pour se rendre à son gouvernement de Guinée.



...  roooh,   avec un air aussi convenable !   :




"L'amour est fils de la folie, et l'amitié fille de la raison."


Chevalier de Boufflers ; Les fables (1786)
Read more at http://www.mon-poeme.fr/citations-chevalier-de-boufflers/#vVfczUjAex0Rf9Ph.99








Vous n'ignorez sans doute  pas que le chevalier de Boufflers est très certainement le fils naturel, à peine caché (   :   ) du roi Stanislas !
Sa mère, la princesse Marie Catherine de Beauvau-Craon, épouse du marquis de Boufflers, était la maîtresse en titre du bon Stanislas (et sœur de la célèbre maréchale de Mirepoix, faut il le rappeler ?). Cependant, certain situent le commencement de leur liaison sept ans après la naissance de son fils, ce qui rend la chose techniquement ... acrobatique, vous ne trouvez pas ?       Cependant, il se peut que la flamme se fût déclarée bien avant qu'elle ne soit publiée à la face du monde .....
La marquise de Boufflers ( ma future belle-maman )  trompait ouvertement le roi Stanislas et n'était plus à un amant près. Elle était notamment la maîtresse de l'Intendant de Lorraine, Antoine-Martin Chaumont de la Galaizière...

À la cour de Lunéville
, clabaude WIKI,  elle devint en 1745, à trente-quatre ans, la maîtresse en titre du roi de Pologne Stanislas, qui en avait trente de plus qu’elle.

Ceci ne l’empêchait pas de collectionner les amants. Surnommée la « Dame de Volupté », elle fut ainsi la maîtresse du poète Jean-François de Saint-Lambert, puis de M. d’Adhémar, de l’intendant de Lorraine Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, de l’avocat et poète François-Antoine Devaux, de l’abbé Porquet…

A la cour de Lunéville, le roi Stanislas se couche à dix heures, sa favorite Mme de Boufflers entraîne alors ses amis dans ses appartements. Ses soupers sont charmants mais ils ne sont pas somptueux. Voltaire les égaie par ses bons mots qui font la joie des convives.

«Nous avons soupé chez Mme de Boufflers, écrit Saint-Lambert, où nous sommes morts de faim, de froid et de rire.»   :



Mme de Boufflers est toujours omniprésente dans Nancy, et dans la rue où elle vécut en 1757  :



Article©️DRPFD


Gouverneur Morris a écrit:J'en profite pour signaler qu'une des artères principales de Nancy, l'avenue de Boufflers, honore le chevalier Very Happy . Hasard de la toponymie, elle croise la rue de Saint-Lambert, honorant le poète  :


C’est pour tenter de la rendre jalouse et retrouver son affection que Saint-Lambert entreprit de séduire la marquise du Châtelet lorsque celle-ci arriva à Lunéville en 1748. La marquise conçut pour le poète une passion qui devait lui être fatale  ( la pauvre mourra en couches ou des suites de ses couches ) ce qui ruina complètement les plans du père Menou, confesseur de Stanislas, qui voulait la pousser dans les bras du roi pour en déloger Madame de Boufflers. Au lieu de quoi la marquise du Châtelet et la marquise de Boufflers devinrent les meilleures amies du monde.

Elle est la sœur de la célèbre maréchale de Levis-Mirepoix qui fut l'amie de Louis XV et la conseillère de ses favorites: mesdames de Pompadour et du Barry.


Notre sujet sur les dames de Boufflers :
http://marie-antoinette.forumactif.org/t656-mesdames-de-boufflers?highlight=boufflers

D’abord destiné à l’Église, son fils, le chevalier de Boufflers passa deux ans au séminaire de Saint-Sulpice où il composa un conte légèrement licencieux sur les bords, Aline, reine de Golconde, qui connut un grand succès.




Peu fait pour l’état ecclésiastique, il quitta le séminaire sans avoir prononcé de vœux et, afin de pouvoir conserver un bénéfice de 40 000 livres dont le roi Stanislas l’avait pourvu, il se fit chevalier de Malte. Il entra au service ; fut nommé colonel de hussards en 1772. Il s’illustra sur les champs de bataille et gravit tous les échelons jusqu’au grade de maréchal de camp, qu’il obtint après la campagne de Hanovre et prit part à la sanglante bataille d'Amenbourg. Il quitta l’armée en 1784.

Quelque temps après, il obtint un régiment ; mais une espièglerie le lui fit perdre presque aussitôt. Envoyé en ambassade à Remiremont pour féliciter la princesse Christine, de la maison de Lorraine, sur sa nomination à cette abbaye, il se vengea de l'accueil plein de hauteur qu'elle lui fit essuyer par une chanson qui déplut à la "princesse boursouflée" (page 146 du volume "Œuvres complètes de Boufflers, de l'Académie française - Tome premier").



Cette boutade ayant été imprimée, les plaintes du comte de Lusace, frère de la noble abbesse, firent encourir une complète disgrâce au pauvre chevalier, qu'on déporta, pour ainsi dire, en qualité de gouverneur du Sénégal et de la colonie de Gorée. ( allusion de la Correspondance secrète ci-dessus )  
Il prit sa dignité nouvelle en patience, signala son administration par des institutions utiles et bienfaisantes, et, faisant oublier son étourderie, mérita le grade de maréchal de camp. Administrateur avisé et humain, il s’attacha à mettre en valeur la colonie tout en se livrant à la contrebande de gomme arabique et d’or avec les signares ; il se lia en particulier avec la célèbre Anne Pépin. Après une première absence pendant laquelle François Blanchot de Verly assura l'intérim, il quitta définitivement le Sénégal le 29 décembre 1787, regretté par les habitants des comptoirs de Gorée et Saint-Louis.
Ces épisodes de la vie du chevalier de Boufflers ont été portés à la scène en 2010 par la Compagnie La Poursuite sous le titre "Ourika de Gorée au Pays des Lumières".

Son souvenir demeure, comme l'atteste cette Hostellerie du Chevalier de Boufflers sur l’île de Gorée (Sénégal)





À son retour en France,  il fut élu à l’Académie française en 1788. Député de la noblesse aux États généraux de 1789, il émigra après le 10 août 1792 et trouva refuge en Prusse polonaise, à Breslau où il épousa (en 1797 seulement) Éléonore de Sabran. Il revint en France après le 18 brumaire (1800) et se rallia à Bonaparte.
Courtisan de la princesse Élisa Bonaparte, il chanta également les louanges du roi Jérôme. Il se fit nommer bibliothécaire-adjoint de la Bibliothèque Mazarine et reprit son fauteuil à l’Académie française en 1803. Son esprit lui ouvrit les portes des salons de l’Empire, même si l’on avait peine à reconnaître dans ce vieillard empâté et peu soigné le fringant officier de jadis.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislas_de_Boufflers
http://www.histoiresgalantes.fr/blog/?s=mme+de+boufflers


Le chevalier de Boufflers a réalisé des croquis et dessins lors de son séjour au Sénégal en 1786 ; parmi les ébauches produites, l'une d'elle a fait l'objet d'une huile sur toile dénommée Ourika probablement réalisée par madame Vigée le Brun amie de son épouse la comtesse de Sabran. La peinture fut transmise aux enfants adoptifs du chevalier, les Pontevès et en l'année 2006, elle faisait partie de la collection privée du Comte Jean de Sabran-Pontevès au Château d'Ansouis, en Provence.




Anecdote

Tirée de la notice des œuvres complètes de Boufflers M DCCC XXVII

Peu d'hommes ont obtenu autant de galans succès que Boufflers. Peut-être nous a-t-il donné la véritable explication de ces triomphes continus quand il a dit: En amour j'étais tout physique... C'est un point essentiel. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il ne trouva guère de cruelles. Des infidèles, c'est une toute autre chose; et, à cette occasion, je me rappelle une aventure qui long-temps occupa tout Paris et dans laquelle il joua un rôle assez nouveau. "Un jour il s'était vengé par une épigramme sanglante de l'inconstance d'une belle marquise. Cette petite pièce parvint à sa destination après avoir passé par vingt cercles. La marquise lui écrivit sur le champ pour lui demander pardon de ses torts, le supplier de détruire toutes les traces de sa vengeance et l'engager à venir chez elle à une heure indiquée, pour sceller une réconciliation sincère. Le chevalier connaissait trop bien les femmes pour aller sans défiance au rendez-vous; il se munit de pistolets. A peine avait-on échangé les premières explications que quatre grand drôles arrivent, le saisissent, l'étendent sur le lit, le déshabillent, autant qu'il était nécessaire pour exécuter leur dessein, et lui administrent en cadence cinquante coups de verges chacun, sous le commandement de madame. La cérémonie terminée, le chevalier se relève froidement, se rajuste, et, s'adressant aux spadassins que la vue de ses armes fait trembler: " Vous n'avez pas fini votre besogne, leur dit-il; madame doit être satisfaite, mon tour est venu. Je vous brûle la cervelle à tous les quatre, si vous ne lui rendez à l'instant ce que je viens de recevoir....." Cet ordre était donné avec trop de fermeté et Boufflers l'accompagnait de manières trop engageantes pour qu'on tardât à lui obéir. Les pleurs de la belle dame n'empêchèrent pas que le satin de sa peau ne fût outragé sans pitié. Mais ce ne fut pas tout: Boufflers voulut que les exécuteurs de ces actes de vengeance se fissent subir mutuellement une semblable punition; puis, prêt à se retirer: " Adieu, madame, que rien ne vous empêche de publier cette plaisante aventure; je serai le premier à en régaler les oisifs... " On prétendit que la marquise courut après lui, se jeta à ses genoux, et le conjura tellement de lui garder le secret qu'il soupa chez elle le soir même pour démentir les indiscrétions. Bien plus, on ajouta que, malgré ces fustigations, la scène se termina beaucoup plus gaiement qu'elle n'avait commencé

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27794
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le chevalier de Boufflers

Message par Comtesse Diane le Mer 01 Juin 2016, 14:55

Quel personnage ! 

...   C'est l'aïeul à Jacques Chancel ? :
 

_________________
avatar
Comtesse Diane

Messages : 5648
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : TOURAINE

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le chevalier de Boufflers

Message par Mme de Sabran le Mer 01 Juin 2016, 15:10

C'est fou, ça ! :\\\\\\\\:
Je demande confirmation à notre petit Lulu . :n,,;::::!!!:

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27794
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le chevalier de Boufflers

Message par Majesté le Mer 01 Juin 2016, 15:25

On peut dire qu'il y a vraiment des traits de ressemblance ! Very Happy


Bien à vous.

_________________
"Il n'y a de nouveau que ce qui est oublié."
Mademoiselle Bertin
avatar
Majesté

Messages : 11846
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 40
Localisation : Lille

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le chevalier de Boufflers

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum