Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

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Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Mme de Sabran le Dim 19 Juin 2016, 17:53

La nuit, la neige a écrit:
Je ne suis certes pas pour un nom de rue "Robespierre", mais franchement, le conseil municipal de Paris n'a-t-il pas d'autres sujets plus importants à débattre ?  Shocked

Mais aussi que les uns et les autres ont la mémoire bien courte, et bien sélective !!  :!,,,!!!:
A mon avis, si en effet certains noms ne devraient guère souffrir aucune sorte de débat, tant d'autres le mériteraient pourtant !
Car si l'on détaille les noms de rues, places, boulevards etc. d'hommes et femmes illustres, gouvernant(e)s des XIXè et XXè siècles, têtes couronnées ou élues, qui ont entrainé le monde dans le chaos et le "mal" : empires coloniaux, guerres, exploitations ou ignorance de la misère du peuple etc. : c'est à s'arracher les cheveux !  boudoi29

Non, franchement, vive les noms de fleurs, ou "neutres", comme je le disais tantôt... Hop!



L’autre jour, j’ai été le protagoniste d’une discussion quasi surréaliste qui en dit long sur la poésie urbaine de nos villes de banlieue... Je vous retranscris le discours :

Une voiture s’arrête à ma hauteur et sa conductrice me demande :
- Rue du Général Leclerc, s’il vous plaît
- Euh, voyons, attendez, que je réfléchisse (j’étais convaincu de connaître cette rue, mais où était-elle ??)
- On est bien à La Garenne-Colombes ici, non ?
- Ah, non Madame, ici vous êtes à Colombes. Pourquoi, votre rue du Général Leclerc, c’est celle de la Garenne-Colombes ?
- Euh, attendez (là, elle contrôle son papier), non, c’est à Bois-Colombes (!!!)
- Ah, mais alors, je ne peux pas vous aider... Je peux juste vous donner la direction pour vous rapprocher de Bois-Colombes, et ensuite il faudra que vous redemandiez à quelqu’un.

Peu fier de ce que j’avais pu apporter à cette brave dame, je reprends mon chemin en me disant que, pour quelqu’un qui n’a pas grandi dans le coin, ça doit vraiment être un casse-tête de s’y retrouver entre Colombes, La Garenne-Colombes, Bois-Colombes... C’est un peu comme entre Pontoise, Cergy, Cergy-Pontoise, Cergy-Saint-Christophe...

De plus, même sans ces considérations, je me dis que finalement, j’aurais même bien été incapable de situer la rue du Général Leclerc de ma propre ville. Pas moyen de s’en souvenir, à chaque fois j’ai l’impression de confondre les rues Edgar Quinet, Edgar Faure, Félix Faure, D’Estienne d’Orves, et autres...

Pourquoi donc confonds-je systématiquement toutes ces rues ??? Eh bien, c’est en fait très simple : parce que tous ces personnages illustres, ces Leclerc, Faure Edgar ou Felix, Maréchaux Joffre, Foch ou autres, je me rends compte qu’ils ont un point commun, celui que je m’en fous éperdument et que j’ignore complètement qui ils sont. Alors évidemment, comment être motivé par se souvenir où est la rue du Général Leclerc si on ignore qui est ce personnage et en quoi il a pu mériter que toutes les communes de banlieue parisienne lui aient consacré une rue. Idem avec tous les autres inconnus.

A l’opposé, je n’ai jamais eu aucun problème pour situer la rue des Cerisiers, la rue des Monts Clairs, la rue des Acacias, car, même s’il n’y a plus beaucoup de cerisiers ou d’acacias, au moins ces noms parlent ! De même, les rues Jacques Prévert, Baudelaire, Victor Hugo sont associées à des personnages qu’on connaît, qui ont laissé une trace... Mais ces Faures, Joffre, Foch, Brossolette, Léo Lagrange, qui sont-ils, à part d’obscurs politicards d’une certaine époque que tout le monde a oublié aujourd’hui ???

De même, ce n’est pas un hasard si le parc de Colombes est connu par tous ses habitants comme le parc de l’Ile Marante, et non pas par son nom officiel parc Pierre Lagravère.

Déjà Reiser, dans un de ses albums, se lamentait de voir fleurir partout des rues Pierre Brossolette et disparaître dans le même temps les rues qui ont un nom marrant, comme la rue de la Grande Truanderie, ou la rue du Chat qui pêche (à Paris). C’est vrai que moi, par exemple, quand je passe dans ou devant la rue de la Grande Truanderie (près des Halles), je ne peux m’empêcher d’imaginer un brigand dans une rue sombre, prêt à couper la gorge aux passants ou à leur dérober leur bourse. Même si l’origine du nom de cette rue n’a probablement rien à voir avec cette image. Au moins, ça me parle. Alors que quand je passe rue Pierre Brossolette ou Jean Jaurès...

Quand je pense à nos arrière-petits-enfants, qui habiteront les rues Raffarin ou Sarkozy
et qui se demanderont qui sont ces tocards...
  :  :  :


Frédéric Moussaïan


           *   *   *





Pourtant l'imagination n'est pas avare de noms de rues remplis de charme !    Very Happy
Tenez :

POETIQUE

Allée des Brouillards (18e)
Allée des Cygnes (15e)
Allée des Mauves (20e)
Allée du Lac (14e)
Cour de l'Etoile d'Or (11e)
Cour du Soleil d'Or (15e)
Impasse de l'Astrolabe (15e)
Impasse des Deux Anges (6e)
Impasse des Peintres (2e)
Impasse du Gué (18e)
Impasse du Mont Tonnerre (15e)
Jardin de la Montgolfière (13e)
Passage des Princes (2e)
Passage des Soupirs (20e)
Passage du Cheval Blanc (11e)
Passage du Grand Cerf (2e)
Passage Petit Cerf (17e)
Place de la Fontaine aux Lions (19e)
Porte du Point du Jour (16e)
Rue de la Goutte d'Or (18e)
Rue de la Lune (2e)
Rue de la Main d'Or (11e)
Rue de la Perle (3e)
Rue de la Source (16e)
Rue de l'Arc en Ciel (1er)
Rue de l'Hirondelle (6e)
Rue des Bergers (15e)
Rue des Cascades (20e)
Rue des Cinq Diamants (13e)
Rue des Dunes (19e)
Rue des Moulins (1er)
Rue des Oiseaux (3e)
Rue des Panoramas (2e)
Rue des Pâtures (16e)
Rue des Quatre Vents (6e)
Rue des Sept Arpents (19e)
Rue du Baigneur (18e)
Rue du Cygne (1er)
Rue du Dragon (6e)
Rue du Jour (1er)
Rue du Moulin Joly (11e)
Rue du Moulin Vert (14e)
Rue du Pélican (1er)
Rue du Printemps (17e)
Rue du Rendez Vous (12e)
Rue du Ruisseau (18e)
Rue du Soleil (20e)
Rue du Sommet des Alpes (15e)
Rue Papillon (9e)
Rue Princesse (6e)
Square de la Salamandre (20e)
Villa de la Porte Dorée (12e)

FLORAL

Allée des Hortensias (14e)
Allée des Vergers (12e)
Allée Verte (11e)
Avenue des Bouleaux (19e)
Avenue des Sycomores (16e)
Avenue des Terroirs de France (12e)
Cité des Fleurs (17e)
Cité Florale (13e)
Cour du Chêne Vert (12e)
Cour du Panier Fleuri (11e)
Impasse des Primevères (11e)
La Promenade Plantée (12e)
Passage des Epinettes (14e)
Passage des Verrières (1er)
Quai aux Fleurs (4e)
Rue de la Cerisaie (4e)
Rue de la Grenade (19e)
Rue des Acacias (17e)
Rue des Amandiers (20e)
Rue des Belles Feuilles (16e)
Rue des Bois (19e)
Rue des Camélias (14e)
Rue des Epinettes (17e)
Rue des Fonds Verts (12e)
Rue des Fougères (20e)
Rue des Glaïeuls (20e)
Rue des Glycines (13e)
Rue des Grands Champs (20e)
Rue des Iris (13e)
Rue des Jardiniers (12e)
Rue des Jonquilles (14e)
Rue des Lilas (19e)
Rue des Marronniers (16e)
Rue des Mûriers (20e)
Rue des Orchidées (13e)
Rue des Prairies (20e)
Rue des Roses (18e)
Rue des Rosiers (4e)
Rue des Saules (18e)
Rue du Chemin Vert (11e)
Rue du Figuier (4e)
Rue du Foin (3e)
Rue du Pré (18e)
Rue du Pré aux Chevaux (16e)
Rue du Vertbois (3e)
Rue Jasmin (16e)
Ruelle des Fraisiers (12e)
Sentier des Merisiers (12e)
Square des Mimosas (13e)
Square des Peupliers (13e)
Square du Vert Galant (1er)
Villa des Charmilles (15e)
Villa des Iris (19e)
Villa des Nymphéas (20e)
Villa des Plantes (14e)
Villa des Platanes (18e)
Villa des Tulipes (18e)
Villa du Parc (19e)

BONHEUR

Boulevard de Bonne Nouvelle (2e)
Cité Joly (11e)
Cité Joyeux (17e)
Cité Noël (3e)
Passage du Désir (10e)
Passage Monplaisir (20e)
Place des Fêtes (19e)
Rue de la Félicité (17e)
Rue de la Gaîté (14e)
Rue de la Liberté (19e)
Rue de la Lingerie (1er)
Rue de l'Ambroisie (12e)
Rue de l'Espérance (13e)
Rue de Paradis (10e)
Rue des Bons Enfants (1er)
Rue des Bons Vivants (1er)
Rue du Repos (20e)
Rue Lheureux (12e)
Rue Rosa Bonheur (15e)

DROLE

Cité Riverin (10e)
Cour de la Grace de Dieu (10e)
Cour du Nom de Jésus (11e)
Impasse des Boeufs (5e)
Impasse du Boeuf (4e)
Impasse Poule (20e)
Impasse Satan (20e)
Passage de la Vierge (7e)
Passage d'Enfer (14e)
Passage des Singes (4e)
Passage Dieu (20e)
Passage du Jeu de Boules (11e)
Passage Ruelle (18e)
Passage Tenaille (14e)
Rue Charles et Robert (20e)
Rue de la Cloche (20e)
Rue des Cendriers (20e)
Rue des Ciseaux (6e)
Rue des Deux Boules (1er)
Rue Dieu (10e)
Rue du Plâtre (4e)
Rue du Sabot (6e)
Rue Poulet (18e)

ETRANGE

Cité de l'Ameublement (11e)
Cité du Labyrinthe (20e)
Impasse de la Baleine (11e)
Impasse de l'Enfant Jesus (15e)
Rue du Pôle Nord (18e)
Rue Rude (16e)

LUDIQUE

Cour de la Maison Brûlée (11e)
Cour des Petites Ecuries (10e)
Impasse du Petit Modèle (13e)
Passage de la Petite Voirie (11e)
Passage de l'horloge à Automates (3e)
Passage des Fours à Chaux (19e)
Passage du Champ à Loup (18e)
Place des deux Ecus (1er)
Route des Petits Ponts (19e)
Rue aux Ours (3e)
Rue Basse des Carmes (5e)
Rue Coq Héron (1er)
Rue Croix des Petits Champs (1er)
Rue de Croulebarbe (13e)
Rue de l’Ancienne Comédie (6e)
Rue de l’Arbre sec (1er)
Rue de l’Epée de Bois (5e)
Rue de la Brèche aux Loups (12e)
Rue de la Butte aux Cailles (13e)
Rue de la Fontaine au Roi (11e)
Rue de la Fontaine du But (18e)
Rue de la Grande Truanderie (1er)
Rue de la Grange aux Belles (10e)
Rue de la Parcheminerie (5e)
Rue de la Petite Arche (16e)
Rue de la Petite Pierre (11e)
Rue de la Petite Truanderie (1er)
Rue de la Pierre Levée (11e)
Rue de la Py (20e)
Rue de la Tour des Dames (9e)
Rue de l'Echiquier (10e)
Rue de l'Equerre d'Argent (1er)
Rue de l'Oculus (1er)
Rue de Montempoivre (12e)
Rue de Quatrefages (5e)
Rue des Blancs Manteaux (4e)
Rue des Canettes (6e)
Rue des deux Avenues (13e)
Rue des Envierges (20e)
Rue des Fontaines du Temple (3e)
Rue des Lavandières Sainte Opportune (1er)
Rue des Marmousets (13e)
Rue des Mauvais Garçons (4e)
Rue des Montiboeufs (20e)
Rue des Nanettes (11e)
Rue des Petits Carreaux (2e)
Rue des Petits Champs (1er)
Rue des Petits Pères (2e)
Rue des Portes Blanches (18e)
Rue des Reculettes (13e)
Rue des Rigoles (20e)
Rue des Terres au Curé (13e)
Rue du Champ de l’Alouette (13e)
Rue du Chat qui pêche (5e)
Rue du Château des Rentiers (13e)
Rue du Cherche Midi (6e)
Rue du Chevalier de la Barre (18e)
Rue du Dessous des Berges (13e)
Rue du Fer à Moulin (5e)
Rue du Grand Veneur (3e)
Rue du Grenier sur l'Eau (4e)
Rue du Gros Caillou (7e)
Rue du Moulin de la Vierge (14e)
Rue du Moulin des Lapins (14e)
Rue du Moulin des Prés (13e)
Rue du Pas de la Mule (4e)
Rue du Perche (3e)
Rue du Petit Moine (5e)
Rue du Petit Pont (5e)
Rue du Plât d'Etain (1er)
Rue du Pot de Fer (5e)
Rue du Vieux Colombier (6e)
Rue Duchefdelaville (13e)
Rue Gît le Coeur (6e)
Rue Gluck (9e)
Rue l'Olive (18e)
Rue Moufle (11e)
Rue Pierre au Lard (4e)
Rue Pirouette (1er)
Rue Portefoin (3e)
Rue Poterne des Peupliers (13e)
Rue Richepance (8e)
Rue Sainte Croix de la Bretonnerie (4e)
Rue Serpente (6e)
Rue Vide Gousset (2e)
Rue Vieille du Temple (3e)
Square de la butte du Chapeau Rouge (19e)

DIVERS

Rue des Cloÿs (18e) [un y tréma, rare]
Impasse de la Loi (20e) [tu m'étonnes!]
Impasse de Suez (20e) [paradoxe géographique, ou impasse politique?]

http://geantropie.free.fr/paris/rues_paris.html

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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par La nuit, la neige le Dim 19 Juin 2016, 19:01

Il y a de bien jolis noms dans cette liste, et d'autres plutôt amusants... :

Idea Poussons la réflexion avec ces extraits de l'article Wikipédia qui retrace l'histoire de la dénomination des voies de Paris (à rapprocher avec celles des autres villes).

Je cite, et plus particulièrement concernant les périodes qui nous intéressent  Wink :

Arrow

Avant que les autorités ne décident du nom des rues de Paris, elles étaient désignées d'après les noms de leurs églises (rue Saint-Denis), de leurs monuments (rue du Petit-Pont), des métiers qu'on y exerçait (rue des Boulangers, rue de la Bûcherie), de familles ou de personnages importants qui y habitaient (rue Aubry-le-Boucher  boudoi32 ), de leur population (rue des Irlandais en raison d'un collège irlandais, rue des Blancs-Manteaux pour une confrérie religieuse, rue des Juifs, rue des Lombards) ou de toute autre caractéristique (rue Pavée, rue de l'Abreuvoir).

Une même rue pouvait porter plusieurs noms, selon les particularités propres à ses différentes parties.
Ces noms de rues se transmettaient oralement sans qu'aucune nomenclature ni aucun plan ne les fixe.
Ils pouvaient varier en fonction des circonstances, surtout lorsqu'il s'agissait de noms de personnages. Ils pouvaient aussi évoluer par erreur.

XVII - XVIIIè siècle

À partir du XVIIe siècle, le pouvoir royal (on attribue l’idée à Sully, en sa qualité de Grand voyer de France) nomma des places ou des artères nouvelles.



La pratique se banalisa sous Louis XIV avec les rues Louis-le-Grand et de Bourgogne, le pont Royal.
Jusque sous Louis XVI, on rendit ainsi hommage aux souverains et aux grands du royaume (pont Louis-XVI, rue Madame, rue de Richelieu (1633), rue Colbert (1683).
Cependant, il faut noter qu’alors, l’hommage rendu au personnage n'était pas encore séparé de la topographie.
Ainsi ces rues sont-elles situées près des palais des personnes qu’elles honorent.


Plan de Turgot, Paris en 1734

Avec l'agrandissement de la ville, l'anarchie de la nomenclature devint gênante. Non seulement les rues pouvaient porter plusieurs noms, mais les doublons n'étaient pas rares.
Le pouvoir, qui entreprit de réglementer et d'ordonner ce fouillis pour lui donner plus de clarté, eut alors à choisir les noms à donner ou à supprimer. Il lui fallait trouver des logiques et des règles tout en tenant compte des goûts, des modes et des vanités.
Comme il n'était pas question d'abolir tous les noms anciens pour repartir à zéro, ce travail prit plus d'un siècle.

En 1728, le lieutenant général de police René Hérault fit poser sur les premières et dernières maisons de chaque rue une plaque de métal portant en caractères noirs le nom d’usage de la rue.
Cette officialisation des noms entraîna la suppression de nombreux termes jugés obscènes (rue Tire-Vit  : ) ou bizarres ; Voltaire allant jusqu'à souhaiter la suppression de l'expression « cul-de-sac ».

Cette réglementation entérina dans un premier temps les noms en usage, mais elle attira aussi la vanité des édiles et des notables qui obtinrent à partir de 1760, l'honneur de donner leur nom à une artère.

On situe en 1779  l'« acte de naissance du système honorifique moderne » avec la construction de l'Odéon, alors Comédie-Française, et la dénomination des rues qui en rayonnent : « pour la première fois, les honneurs dénominatifs ne vont pas à des contemporains, mais aux « vraies » gloires de la Nation »


La Révolution

La Révolution française entreprit surtout une épuration idéologique des noms de rues.
On supprima ceux qui évoquaient trop ouvertement la royauté ou la religion.
On honora d'abord les précurseurs de la Révolution ; puis, à partir de 1792, on bannit le préfixe « saint » qui fut gratté sur les inscriptions des rues.



L’abbé Grégoire proposa en 1794 de renommer les rues de la capitale : « Les noms de la plupart des rues de Paris sont ou barbares ou ridicules, ou patronymiques. En général, ils sont insignifiants».

Il proposa de donner les noms des départements, « des noms qui éternisent la Révolution », les noms des communes qui environnaient Paris et les noms des grands hommes, bienfaiteurs de l’humanité.



Autre particularité de la période : un choix parfois purement idéologique, avec des noms évoquant des notions abstraites : Égalité, Concorde, Réunion, Droits de l'homme, etc.
Le changement porta environ sur 150 des 1 000 voies de l'époque.


Premier Empire

Le Premier Empire imposa des noms de victoires (y compris des noms liés à la Campagne d'Égypte) et les patronymes de la famille régnante.

On assista au retour des noms de saints après le Concordat (1801), au retour de noms effacés par la Révolution (Les Francs Citoyens redevinrent Francs Bourgeois, le pont de la Raison redevint pont Notre-Dame) et en 1806 à la disparition de noms trop connotés (Sans-Culottes, Droits-de-l'Homme, Bonnet-Rouge, etc.).

Dans l'ensemble, on fit peu de changements, car le régime se voulait l'héritier et la synthèse des régimes précédents ; on se contenta de nommer les nombreuses rues nouvelles.
Les campagnes successives conduisirent à privilégier les noms de militaires, y compris ceux de l'ancien régime (guerres, batailles et militaires s'imposent dans la moitié des noms nouveaux).


Restauration, Louis-Philippe, Deuxième République

Si Louis XVIII rétablit scrupuleusement les noms d'avant la Révolution (juillet 1815), il ne toucha pas aux quelques 200 rues nouvelles créées par l'Empire.

Environ 132 rues furent créées sous la Restauration. On y trouve des noms de propriétaires et de lotisseurs, l'exaltation du passé, de l'esprit réactionnaire, de la religion catholique, et le respect de l'ordre et de la hiérarchie.

Reprenant l'exemple des rues nommées en 1779 autour du théâtre de l'Odéon (alors Comédie française), on créa des quartiers à thème autour de certains monuments : les érudits à Saint-Germain-des-Prés, les ingénieurs et savants aux Arts et métiers, la Renaissance autour de la place François-Ier.

On utilisa aussi les noms de personnages vivants, principalement le roi et sa famille, mais aussi Chateaubriand (1824), alors âgé de 56 ans, ou l'architecte Fontaine (1826) âgé de 64 ans.

On note sous Louis-Philippe une plus grande ouverture d'esprit (Beaumarchais, Las Cases) et un esprit de réconciliation.
On usa de noms de grands hommes de toutes les époques, scientifiques, ingénieurs, philanthropes, de noms qui évoquaient la colonisation de l'Algérie, le Moyen Âge qui était à la mode.
Autour des toutes nouvelles gares, les artères prirent les noms des villes desservies.

Le régime issu de la Révolution de 1848 s'en prit aux noms incarnant la monarchie renversée et imposa quelques noms révolutionnaires (Concorde, Carnot, etc.).


Arrow L'ensemble de l'article, y compris pour ce qui concerne les périodes plus récentes, est accessible ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9nomination_des_voies_de_Paris
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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Mme de Sabran le Dim 19 Juin 2016, 19:31

La nuit, la neige a écrit:

Avant que les autorités ne décident du nom des rues de Paris, elles étaient désignées d'après les noms de leurs églises (rue Saint-Denis), de leurs monuments (rue du Petit-Pont), des métiers qu'on y exerçait (rue des Boulangers, rue de la Bûcherie), de familles ou de personnages importants qui y habitaient (rue Aubry-le-Boucher  boudoi32 ), de leur population (rue des Irlandais en raison d'un collège irlandais, rue des Blancs-Manteaux pour une confrérie religieuse, rue des Juifs, rue des Lombards) ou de toute autre caractéristique (rue Pavée, rue de l'Abreuvoir).


Voilà qui rappelle tout à fait comment étaient attribués aux individus  les sobriquets qui devinrent leurs noms de famille .

la nuit, la neige a écrit:
En 1728, le lieutenant général de police René Hérault fit poser sur les premières et dernières maisons de chaque rue une plaque de métal portant en caractères noirs le nom d’usage de la rue.

Tu te souviens que René Hérault était le grand père de Mme de Polignac et de Hérault de Séchelles  .   Very Happy

la nuit, la neige a écrit:
Cette officialisation des noms entraîna la suppression de nombreux termes jugés obscènes (rue Tire-Vit  : ) ou bizarres ; Voltaire allant jusqu'à souhaiter la suppression de l'expression « cul-de-sac ».

Tiens donc ! Une telle étroitesse d'esprit ne lui ressemble pourtant pas ...  
Elle surprendrait moins de la part de Jean Jacques .

la nuit, la neige a écrit:
On situe en 1779  l'« acte de naissance du système honorifique moderne » avec la construction de l'Odéon, alors Comédie-Française, et la dénomination des rues qui en rayonnent : « pour la première fois, les honneurs dénominatifs ne vont pas à des contemporains, mais aux « vraies » gloires de la Nation »

...    en somme la consécration !

la nuit, la neige a écrit:
La Révolution française entreprit surtout une épuration idéologique des noms de rues.
On supprima ceux qui évoquaient trop ouvertement la royauté ou la religion.
On honora d'abord les précurseurs de la Révolution ; puis, à partir de 1792, on bannit le préfixe « saint » qui fut gratté sur les inscriptions des rues.

C'est l'un des aspects de la déchristianisation du pays.  Il a dû faire grincer bien des dents ...

la nuit, la neige a écrit:L’abbé Grégoire proposa en 1794 de renommer les rues de la capitale : « Les noms de la plupart des rues de Paris sont ou barbares ou ridicules, ou patronymiques. En général, ils sont insignifiants».

Toxique, hein ! l'abbé  ...  Wink

la nuit, la neige a écrit:
Autre particularité de la période : un choix parfois purement idéologique, avec des noms évoquant des notions abstraites : Égalité, Concorde, Réunion, Droits de l'homme, etc.
Le changement porta environ sur 150 des 1 000 voies de l'époque.

... intox et propagande ...   Ah, si seulement ces envolées idéologiques avaient pu refléter la réalité !

la nuit, la neige a écrit:On assista au retour des noms de saints après le Concordat (1801), au retour de noms effacés par la Révolution (Les Francs Citoyens redevinrent Francs Bourgeois, le pont de la Raison redevint pont Notre-Dame) et en 1806 à la disparition de noms trop connotés (Sans-Culottes, Droits-de-l'Homme, Bonnet-Rouge, etc.).

Certains devaient en effet friser le ridicule ...  boudoi29

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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Lucius le Dim 19 Juin 2016, 19:50

La plus ridicule de ces modifications à mon goût fut le nom donné à Grenoble : Grelibre
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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Mme de Sabran le Dim 19 Juin 2016, 19:55

C'est une blague ?!! Smileàè-è\':

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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Reinette le Dim 19 Juin 2016, 20:26

Non, pas du tout !
Cela fut même l'objet d'une question lors d'un jeu télévisé. Very Happy
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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par La nuit, la neige le Dim 19 Juin 2016, 20:47

Idea L'article Wiki que j'ai proposé, nous raconte également l'histoire des plaques de nom des voies.
Je cite (extraits) :

Arrow

C'est lorsque le pouvoir royal entreprit d'organiser la dénomination des rues de Paris que les premières inscriptions officielles apparurent.
Le 16 janvier 1728, le lieutenant général de police René Hérault fit poser des plaques de fer blanc portant le nom de la rue et le numéro du quartier en caractères noirs aux extrémités des rues.

Comme certaines de ces plaques avaient été abimées ou avaient disparu à la suite de travaux de façades ou de démolitions, l'ordonnance de police du 30 juillet 1729 interdit aux propriétaire de les effacer, les chargea sous peine d'amende de leur maintien et de leur entretien et leur imposa, si elles venaient à disparaître ou à devenir illisibles, leur remplacement par des tables en pierre de liais



Les changements de nom et les dégradations dues à la Révolution laissèrent les plaques de rues en très mauvais état.

Le décret du 23 mai 1806 décida que les nouvelles inscriptions seraient peintes à l'huile, la première fois à la charge de la ville, le renouvellement et l'entretien étant à la charge des propriétaires.
Ce décret reprit le code de couleurs élaboré pour la numérotation des maisons (noir sur fond ocre dans les rues perpendiculaires ou obliques à la seine, rouge sur fond ocre dans les rues parallèles à la Seine).
Par mesure d'économie, non seulement on opta pour des plaques peintes, mais on se contenta d'une seule plaque par angle de rue.

Ces inscriptions peintes étaient peu solides, on posa quelques plaques en marbres ; puis des plaques en fonte avec lettres mobiles ; des plaques en fonte avec lettres peintes sur verre ; des plaques en chanvre, en zinc, en porcelaine, etc.

Ces inscriptions peintes ne durèrent pas et il fallut les refaire en 1847.
Le préfet de la Seine Rambuteau précisa qu'on emploierait des plaques de porcelaine "cuite au grand feu".
Le procédé retenu consistait en plaques de lave de Volvic émaillée avec des lettres blanches sur fond "bleu d'outremer".
Les plaques étaient incrustées et scellées à bain de plâtre en affleurement des façades.



La seule amélioration fut l'ajout , en janvier 1876, du numéro de l’arrondissement sur la plupart des voies publiques.




Ce système demeura en vigueur jusqu'au décret du 9 juin 1938.
L'emplacement des plaques en tôle émaillée est précisé, leur taille ainsi que les tailles des lettres et des chiffres. Le fond est « bleu d'azur », l'encadrement « vert bronze » avec des effets d'ombre en filets blancs et noirs et les coins portent des rosaces.



Cette règlementation est restée en vigueur jusqu'à l'arrêté municipal du 27 septembre 1982, arrêté qui impose à nouveau la forme et la dimension des plaques, leur position, la taille des inscriptions, précise le code des abréviations jusqu'alors assez variées, et ajoute l'indication du nom "Paris" sur les plaques placées aux carrefours situés à la limite de la ville.

Autre innovation : « Lorsqu'il est donné à une voie le nom d'une personnalité disparue, une courte mention précisera la qualité ou l'activité de celle-ci ».

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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Mme de Sabran le Dim 19 Juin 2016, 21:55

Oui, ce sont ces belles plaques que nous avons toujours connues. Very Happy
Leur historique est tout à fait intéressant, merci !

La nuit, la neige a écrit:
Cette officialisation des noms entraîna la suppression de nombreux termes jugés obscènes (rue Tire-Vit  : )

Tiens ! en voici une petite mignonne, histoire de rire ( : ) :


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Message par Mme de Sabran le Dim 19 Juin 2016, 22:41

La nuit, la neige a écrit:

En 1728, le lieutenant général de police René Hérault fit poser sur les premières et dernières maisons de chaque rue une plaque de métal portant en caractères noirs le nom d’usage de la rue.

Il tenta également d'introduire un système de numérotation des maisons et des immeubles mais il dut reculer devant l'opposition de la noblesse qui refusait de voir les portails de ses hôtels particuliers défigurés par l'apposition de plaques numérotées, selon une pratique alors jugée égalitaire dans la mesure où elle devait s'appliquer de manière identique aux hôtels aristocratiques et aux logements des classes populaires.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_H%C3%A9rault

Marin Kreenfelt de Storcks, chargé d'affaires de l'Électeur de Cologne et éditeur de L'Almanach de Paris avait établi en 1779 un projet de numérotation (dit « numérotage royal ») approuvé par les autorités. Jusqu'en 1789, il fit poser à ses frais des numéros sur les maisons, et ce malgré l'opposition de propriétaires souvent méfiants. Les uns voyaient dans ce recensement l'annonce de taxes nouvelles, et les personnages importants supportaient mal que leurs nobles demeures s'inscrivissent dans une numérotation continue qui les plaçait sur un pied d'égalité avec les masures du peuple.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Num%C3%A9rotation_des_immeubles_de_Paris

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Message par La nuit, la neige le Dim 19 Juin 2016, 23:14

Mme de Sabran a écrit: (...) numéros sur les maisons, et ce malgré l'opposition de propriétaires souvent méfiants. Les uns voyaient dans ce recensement l'annonce de taxes nouvelles, et les personnages importants supportaient mal que leurs nobles demeures s'inscrivissent dans une numérotation continue qui les plaçait sur un pied d'égalité avec les masures du peuple.

... boudoi29 :

Intéressant, merci !
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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Mme de Sabran le Lun 20 Juin 2016, 10:43

Il est un peu curieux que ce soit le chargé d'affaires de l'Électeur de Cologne qui ait repris le flambeau ... Shocked

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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par MARIE ANTOINETTE le Lun 20 Juin 2016, 16:54

vous aimez les plaques de PARIS et rien que pour le plaisir je vous remets celle placée dans ma cour qui est une authentique plaque historique  - la rue MARIE ANTOINETTE existait au temps de NAPOLEON III,(j'ai confirmation dans un guide de l'époque) puis elle devenue LA RUE ANTOINETTE et enfin depuis la fin de la guerre en hommage à la directrice de l'école sise dans la même rue
LA RUE YVONNE LE TAC  - elle prend dans la rue des Martyrs vers ABBESSES pour se terminer à l'angle des rues  - RUE DES TROIS FRERES, RUE TARDIEU, RUE DANCOURT, RUE CHAPPE. c'est en plein quartier MONTMARTRE.

MARIE ANTOINETTE :
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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par La nuit, la neige le Lun 20 Juin 2016, 17:37

Merci Marie-Antoinette.
Ah ? Une rue Marie-Antoinette a donc existé à Paris ?

Celle-ci vient de quelle ville ? Paris ?
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Message par MARIE ANTOINETTE le Lun 20 Juin 2016, 17:43

C'est la plaque originale qui était apposée à l'une des entrées de la rue sous NAPOLÉON III dans notre bonne ville de PARIS.
Je ne vois pas pourquoi on aurait fabriqué une plaque parisienne pour une autre ville.


MARIE ANTOINETTE Smileàè-è\':
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Message par Mme de Sabran le Lun 20 Juin 2016, 18:35

En effet, vous nous disiez ( dans une autre vie Wink )

MARIE ANTOINETTE a écrit:

Il y a une RUE LOUIS XVI à CHERBOURG toute petite rue le long de la jetée du port avec quelques bars avec dames !!!

A PARIS dans le IX° près des GALERIES LAFAYETTE !!!! nous avons une rue PAPILLON en honneur de PAPILLON DE LA FERTE grand patron des MENUS PLAISIRS !!!!

Je viens de prendre le GUIDE PARISIEN de Adolphe JOANNE édition de 1863....
Il y avait une rue MARIE ANTOINETTE .......début RUE DE L'ABBAYE - finissant RUE LÉONIE c'est à dire dans le quartier de MONTMARTRE - Abbaye de MONTMARTRE
A côté il y a une RUE DE L'EMPEREUR !!!!!!!


N'oublions pas la MAISON MARIE THÉRÈSE fondée ancienne rue d'ENFER par Madame DE CHATEAUBRIAND et portant le nom de la DUCHESSE D'ANGOULÊME - quelle MADAME ROYALE !!!!!!quartier de DENFERT ROCHEREAU


Actuellement il y a une rue ANTOINETTE il faut que je consulte mon dictionnaire des rues modernes....

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Message par Mme de Sabran le Mar 21 Juin 2016, 09:30


Voici quelques plaques de rues ordonnées par René Hérault, lieutenant général de Police, en 1729


Publié le 23 novembre 2011 dans Histoire




On trouve dans plusieurs rues du 4e arrondissement des rues dont le nom est gravé directement dans les façades. Il s’agit d’un legs du XVIIIe siècle. En  effet, par l’ordonnance du 30 juillet 1729, le lieutenant général de Police, René Hérault, ordonna que les propriétaires des maisons situées aux extrêmités des rues apposent des plaques pour indiquer le nom de la voie.

Les plaques que l’on peut voir sont donc un témoignage du Paris de la première moitié du XVIIIe siècle. Elles sont contemporaines du fameux plan Turgot qui date des années 1730.

Elles nous montrent que le nom de certaines rues a été parfois modifié comme la rue Saint-Médéric qui est devenu la rue Saint-Merri :




ou bien la rue de la Mortellerie qui est devenue la rue de l’Hôtel de Ville sous Louis-Philippe comme j’en reparlerai très bientôt :



René Hérault, né à Rouen le 23 avril 1691, fut lieutenant général de Police de Paris de 1725 à 1739. Pour lutter contre le Jansénisme, très présent dans la capitale, il mit en place une police secrète ce qui le rendit fort peu populaire.

Pour la petite histoire, sa 2e femme, Hélène Moreau de Séchelles, qu’il épousa en 1732, lui donna un enfant qu’il reconnu… même si en fait le père était Louis Georges Erasme de Contades. Ce fils, Jean-Louis-Martine Hérault de Séchelles est le père du conventionnel Marin-Jean Hérault de Séchelles qui est représenté sur la façade de l’Hôtel de Ville (voir article du 4 juillet 2009).

Pour finir, voici deux dernières plaques qui viennent celles-ci du quartier Saint-Gervais : l’angle entre la rue du prévôt (appelé au XVIIIe siècle la “rue percée) et la rue Charlemagne (appelée la rue des Prestres).



http://www.parisfierte.com/2011/11/des-plaques-de-rues-ordonnees-par-rene-herault-lieutenant-general-de-police-en-1729/

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Message par Mme de Sabran le Dim 05 Fév 2017, 11:45

;









Le marquis de Villette a profité de la Révolution pour prendre la liberté d’effacer, à l’angle de l’hôtel qu’il possède et qu’a habité Voltaire, l’inscription : « quai des Théatins » pour y substituer « quai de Voltaire ».

L'hôtel du marquis de Villette :  





C’est de cet acte individuel, dû à sa seule initiative Shocked , et qu’il justifie en disant : « C’est chez moi qu’est mort ce grand homme, son souvenir est immortel comme ses ouvrages. Nous aurons toujours un Voltaire, et nous n’aurons jamais de Théatins » que le quai des Théatins doit d’être débaptisé au profit de son protecteur, dont il conserve le cœur dans une urne portant cette inscription : « Son esprit est partout et son cœur est ici », qu’il transporte au château de Ferney qu’il a acquis en 1779, avant de devoir le revendre en 1785. Cette relique, conservée par son fils, est donnée en 1864 au gouvernement, qui la fait placer dans une des salles de la Bibliothèque Impériale.

( Merci WIKI !   :n,,;::::!!!:  )






Je me souviens que ce monument avait fait l'objet, dans notre Jeu de l'été, d'une énigme nocturne et enneigée !   Very Happy      


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Message par Majesté le Dim 05 Fév 2017, 12:13

"Voltaire est mort dans cette maison"
...mais était avant ou après son voyage funèbre?


Bien à vous.

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Message par Mme de Sabran le Dim 05 Fév 2017, 12:24

Voltaire est remonté de Ferney à Paris pour la première de sa pièce " Irène " sur laquelle il travaillait toujours désirant changer la fin . Il habitait chez son ami ( d'aucuns disent son fils ) le marquis de Villette, Quai des Théatins .
Trop de travail, d'émotions, de fatigue : il est mort .

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Message par Majesté le Dim 05 Fév 2017, 12:27

Et c'est donc pour repartir à Ferney que son cadavre a voyagé alors?


Bien à vous.

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Message par Mme de Sabran le Dim 05 Fév 2017, 12:30

Oui. Le clergé lui refusait une sépulture chrétienne à Paris .

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Message par Mme de Sabran le Dim 05 Fév 2017, 12:35


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Message par Comtesse Diane le Dim 05 Fév 2017, 18:26

C'est possible un truc pareil ??? Smileàè-è\':

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Message par Lucius le Dim 05 Fév 2017, 18:31

Refuser une tombe chrétienne à un anti-clérical notoire ? Ça c'est fait pour moins que ça.

Finalement des moines du centre de la France feront semblant d'ignorer l'identité du corps et l'inhumèrent discrètement.
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Re: Poésie urbaine ou reflexion sur la toponymie des rues de Paris

Message par Mme de Sabran le Dim 05 Fév 2017, 18:44

Comme quoi le duc de Lévis n'avait pas tout à fait raison de dire que l'égalité n'existe qu'au cimetière ...

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