Le comte de Caylus

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le comte de Caylus

Message par Mme de Sabran le Ven 19 Aoû 2016, 12:44

==========================================================================




Anne-Claude-Philippe de Tubières de Grimoard de Pestels de Lévis de Caylus, marquis d'Esternay, baron de Branzac
, dit Anne-Claude de Pestels, ou le comte de Caylus  ( N'en jetez plus !  Smileàè-è\':  ) , né à Paris le 31 octobre 1692 et mort le 5 septembre 1765, est un « archéologue », antiquaire, homme de lettres et graveur français.

Biographie

Le comte de Caylus est le fils cadet de Aimé-Jean-Anne, dit Anne III de Tubières de Grimoard de Pestels de Caylus (1666-1704), lieutenant-général, et de Marthe Le Valois de Vilette, une nièce de Madame de Maintenon et petite-fille d'Agrippa d'Aubigné.

À la mort de son père, il est élevé par son oncle, évêque d'Auxerre. Encore jeune, Caylus sert dans l’armée durant la fin de la guerre de Succession d'Espagne. La paix signée, il abandonne une prometteuse carrière militaire pour se consacrer à l’étude des arts. Il voyage en Angleterre, en Allemagne, en Italie, accompagne l'ambassadeur de France à Constantinople et en Grèce, où il étudie les antiquités.

Magnifique portrait de Roslin :




De nombreux voyages le conduisent ainsi à travers toute l'Europe.    48333310  De ses périples, on ignore s'il ramène des antiques. On sait tout au plus qu’il commence sa collection d’antiquités à la mort de sa mère en 1729. Il rassemble dès lors une importante collection d'antiques qu'il lègue à sa mort au Cabinet des Médailles, l'actuel département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Il fut en son temps l’un des premiers à considérer l’archéologie comme une science et eut une influence considérable sur Winckelmann, le théoricien du néoclassicisme, qui reconnut sa dette envers lui.




Il fréquente les salons littéraires et les fêtes des Grandes Nuits de Sceaux, dans le cercle restreint des fidèles chevaliers de l'Ordre de la Mouche à Miel , que la duchesse du Maine donnait en son Château de Sceaux.

Ses activités lui valent sa réception à l’Académie de peinture et de sculpture dès 1731, puis à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1742.



Il publie à partir de cette époque d'importants ouvrages sur les arts et les antiquités.   :\\\\\\\\:
C'est à lui que l'on doit les premières bases de la méthode comparative en archéologie. On lui est redevable également d'une « définition rigoureuse » de la typologie :
« Le goût d'un pays étant une fois établi, on n'a qu'à le suivre dans ses progrès et ses altérations... Il est vrai que cette seconde opération est plus difficile que la première. Le goût d'un peuple diffère de celui d'un autre peuple, presque aussi sensiblement que les couleurs primitives diffèrent entre elles ; au lieu que les variétés du goût national en différents siècles peuvent être regardées comme les nuances très fines d'une même couleur »

Caylus rencontre Antoine Watteau avec qui il devient ami et qui lui donne des cours de dessin. Après la mort de Watteau, il rédige d’ailleurs une biographie qui reste une des sources principales d’informations sur la vie du peintre.



Il aide aussi les artistes grâce à ses conseils et à sa fortune, et fait lui-même des recherches sur les moyens employés par les anciens pour peindre à l'encaustique et sur la manière d'incorporer la peinture dans le marbre.
Il s'occupe également, soit comme amateur, soit comme artiste, de peinture et de gravure. Il devient lui-même graveur de talent, copiant de nombreuses toiles de grands maîtres.
Il fut membre honoraire de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1731 et suit avec assiduité les conférences hebdomadaires. Il est un soutien important pour de nombreux jeunes artistes, dont Edmé Bouchardon, préférant le néoclassicisme naissant au rococo encore de mode. Il exécute une importante suite de gravures, les Études prises dans le bas peuple ou les Cris de Paris (1737-46) d'après Bouchardon et avec l'aide du graveur Étienne Fessard.



Il est l’auteur de nombreux contes érotiques, dont l’inspiration lui vient certainement de la fréquentation des milieux louches du Paris de l’époque.

Les Faits et gestes du vicomte de Nantel
Caylus, Anne-Claude-Philippe de Pestels de Lévis de Tubières-Grimoard

Ces contes, parmi lesquels Histoire de Mr. Guillaume, cocher ,  daté de 1740, furent rassemblés dans plusieurs éditions, dont Œuvres badines complètes en 1757 ; mais il publie aussi des contes de fées (1741 : les Féeries nouvelles, 1743 : les Contes orientaux, 1745 : Cinq contes de fées, dont plusieurs seront plus tard repris par Andrew Lang, adaptés en anglais, dans son recueil The Green Fairy Book (1892).



Caylus eut pour ami l'abbé Jean-Jacques Barthélemy, qui l'aida dans plusieurs de ses travaux.

Diderot, qui ne cacha jamais son animosité pour Caylus de son vivant, le décrivant comme « un antiquaire acariâtre et brusque », rédige à sa mort l’épigramme : « La mort nous a délivrés du plus cruel des amateurs ».    



Son cénotaphe en porphyre inspire à Diderot le distique suivant : « Ci-gît un antiquaire acariâtre et brusque / Oh, qu'il est bien logé dans cette cruche étrusque ».    Shocked   Lors de sa mort en 1765, son corps est en effet déposé à Saint Germain l'Auxerrois dans une urne funéraire romaine en porphyre datant du IIe siècle ou IIIe siècle.


Le Recueil d'antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines


Le comte de Caylus a largement contribué à l’histoire de l’archéologie par la rédaction d’un recueil des antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines qu’il rédige entre 1752 et 17656. Le dernier et septième volume a été publié à titre posthume en 1767. Les antiquités gauloises sont introduites à partir du troisième volume (1759).
Cet ouvrage présente les objets et les monuments antiques, au nombre total de 2890, qui composent le cœur de sa collection. On compte pourtant pas moins de 400 objets qui ne lui appartiennent pas. Il publie ainsi un grand nombre d'objets provenant des fouilles de Pompéi et d'Herculanum, en dépit des interdictions du Roi des Deux-Siciles. Ces interdictions concernaient tout autant le commerce des antiquités de Campanie que leur diffusion par le dessin et la gravure.

Le Tyran le Blanc, attribué au comte de Caylus



Cette première traduction du roman de Joanot Martorell est en réalité une adaptation, tant l’œuvre a été remaniée et amputée. De surcroît, tout montre que l'adaptateur ignorait que le roman était catalan, et qu'il traduisait à partir de la traduction italienne de Lelio Manfredi, datant de 1538. Il n'en demeure pas moins que cette adaptation est une belle infidèle, au style fort agréable.
Le succès du roman est attesté par le nombre de ses éditions – cinq ont été recensées –, qui s’échelonnent de 1737 à 1786, et reprises dans les deux premiers tomes des Œuvres badines complettes.




Le français est à l’époque la langue de culture par excellence de l’Europe des Lumières, et bien des grands de ce monde lurent le Tyran en français, comme Catherine de Russie, qui en possédait un exemplaire. Les beaux esprits ne l’ignoraient point. La citation qu’en fait Jean-Jacques Rousseau ( notre quiche indigeste  :  ) dans Les Confessions montre à l’évidence que l’allusion était comprise des gens du monde :
« Je jugeai qu’un homme qui passe deux heures tous les matins à brosser ses ongles peut bien passer quelques instants à remplir de blanc les creux de sa peau. Le bonhomme Gauffecourt, qui n’était pas sac-à-diable, l’[Friedrich Melchior Grimm] avait assez plaisamment surnommé Tyran-le-Blanc [sic] ».

Merci WIKI ! Very Happy

Le comte de Caylus (1692-1765) fut un des personnages les plus influents de sa génération. Issu de la haute noblesse, il sert déjà brillamment dès sa quinzième année dans les armées du roi, mais abandonne très vite cette carrière qui visiblement ne lui plait guère. En 1714, il part pour l’Italie où il séjourne deux années. À son retour, Caylus fréquente assidûment l’hôtel du financier Pierre Crozat, sorte de phalanstère des arts, où il se lie avec Watteau, Rosalba Carriera, et surtout Pierre-Jean Mariette avec qui il collaborera à de nombreux projets. En 1731, Caylus est reçu à l’Académie de peinture et de sculpture où il fonde, pour les élèves, un prix d’expression de têtes. S’ouvre alors une période de sa vie qui va le voir se passionner de plus en plus pour l’Antiquité  ; lorsqu’en 1742, l’Académie des inscriptions le nomme à un poste honoraire, il propose un autre prix destiné à expliquer par les auteurs et par les monuments les usages des anciens peuples. On voit se dessiner le projet du Recueil d’Antiquités, alimenté par les collections d’objets antiques qu’il rassemble. Au moment de sa disparition, les sept tomes sont achevés.

S’il est certain que Caylus a joué un rôle pionnier en établissant un système global de classification fondé avant tout sur l’observation et la comparaison des œuvres, il n’en reste pas moins qu’il ne réussit pas à se détacher de l’idée d’un progrès dans les arts, depuis l’ancienne Égypte jusqu’à l’apothéose grecque de la perfection. Ce cadre rigide, dont toute mutation ou influence extérieure propre à induire un changement est exclue, l’enferme dans un carcan dont il ne peut s’échapper, même en présence d’une évidence qu’il reconnaît pourtant. Il s’oblige, par exemple, à attribuer une petite tête égyptienne en bois d’époque Ptolémaïque à la sphère grecque tout en affirmant que l’objet «  […] a été trouvé en Égypte. Je le sais à n’en pouvoir douter, mais il a trop d’élégance et de correction pour l’attribuer à aucun artiste de ce pays. Je le crois de la main d’un Grec habile, qui a fort bien saisi l’air sauvage et africain de cette jeune personne » (Caylus 1752  : 132).

5Ce fut le génie de Winckelmann de briser cet étau, en établissant une distinction entre le point culminant de la perfection de l’art atteint à un moment donné de l’histoire, et la beauté d’un style  : «  Le Beau idéal ».


https://nda.revues.org/178

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27794
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le comte de Caylus

Message par Comtesse Diane le Ven 19 Aoû 2016, 17:18

Quel personnage !  Very Happy

... Cay dire de plus ?  Hop! :

_________________
avatar
Comtesse Diane

Messages : 5648
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : TOURAINE

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le comte de Caylus

Message par La nuit, la neige le Sam 20 Aoû 2016, 15:16

Merci d'avoir ouvert ce sujet... Very Happy
avatar
La nuit, la neige

Messages : 9049
Date d'inscription : 21/12/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le comte de Caylus

Message par Mme de Sabran le Dim 21 Aoû 2016, 11:11

Mais je t'en prie, c'est un plaisir .   Very Happy
  Et tu sais quoi ? Je ne le connaissais pas même, ce comte de Caylus .  

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27794
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le comte de Caylus

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum