le baron Louis-Auguste de Breteuil

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le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Invité le Sam 21 Déc 2013, 13:23

Louis-Auguste Le Tonnelier , baron de breteuil (1730-1807) est issu d'une illustre famille de hauts commis de l'Etat. Il sert dans l'armée et la diplomatie. Il séjourne à Cologne , en Russie, en Suède , en Hollande et à Naples , avant de remplacer Louis de Rohan à Vienne en 1775. Il y est autrement plus apprécié que son prédécesseur. Il sert en particulier de médiateur entre la Prusse et l'Autriche lors de la guerre de Succession de Bavière en 1779. Ses efforts sont récompensés par l'estime des têtes couronnées européennens et par la Table de Teschen, un magnifique meuble en pierres dures et précieuses, offert conjointement par l'Impératrice Marie-Thérèse et par le Roi de Saxe.
En 1783, Breteuil rentre à Paris et est nommé à la tête de la maison du Roi et à celle du département de Paris. Il pratique une politique de bon sens, mettant en chantier divers projets de réforme.
Il est accusé d'avoir milité contre Rohan dans l'affaire du Collier et est contraint de démissionner par les partisans de Calonne. Ses ennemeis politiques le disent vain et nul.
Hézecques rapporte qu'il a vu une caricature du ministre avec , pour seule légende, un air noté de l'opéra de Magnifique, dont les paroles sont :
"Oh! c'est un beau cheval !"
Protecteur de Beaumarchais mais adversaire de la révolution, Breteuil se déclare favorable à la répression des premiers troubles populaires.
Emigré et gardant la confiance du Roi, il entreprend de négocier avec divers représentants des puissances étrangères.
Rentré en France en 1802, il y meurt , oublié , le 2 novembre 1807, jour du cinquante-deuxième anniversaire de la Reine qui l'avait tenu en haute estime.

Bien à vous.

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Sam 03 Jan 2015, 12:05





Majesté a écrit:
Emigré et gardant la confiance du Roi, il entreprend de négocier avec divers représentants des puissances étrangères.
.

En 1790, Louis XVI à Breteuil :

Vous connaissez mes intentions, et je laisse à votre prudence à en faire l'usage que vous jugerez nécessaire pour le bien de mon service. J'approuve tout ce que vous ferez pour arriver au but que je me propose, qui est le rétablissement de mon autorité légitime et le bonheur de mes peuples .





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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Lun 05 Jan 2015, 11:37




Malheureusement son choix était fâcheux. Le baron de Breteuil était très marqué par son appartenance à l'ancien parti de Choiseul, son passé d'ambassadeur à Vienne et sa faveur auprès de la reine. Comme le souligne Majesté, c'est lui aussi qui avait fait arrêter le cardinal de Rohan, se mettant à dos une bonne partie de la Cour, lui encore qui avait remplacé Necker évincé du cabinet par les adversaires des idées nouvelles qu'il prônait.
Breteuil, prototype de la réaction anti-révolutionnaire, était particulièrement impopulaire.
Pourtant, écrit Françoise Kermina, image injuste et fausse, l'ancien ministre était certes partisan des mesures autoritaires, cependant ses idées le faisaient pencher vers un certain libéralisme. Il avait, entre autres, oeuvré pour l'adoucissement du statut des protestants et la suppression des lettres de cachet .

La Révolution n'aura plus qu'à la valider .

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Lettre de cachet..

Message par Vicq d Azir le Mar 06 Jan 2015, 10:30



 Breteuil a donc participé, avec Malesherbes à l'élaboration des "édits de tolérance", sous l'impulsion de Louis XVI: donc pas si "réac" que ça, mais sans doute victime en 1789 des clans de la cour...
Personnage intéressant, il a compté pour la Reine, en particulier comme correspondant pendant la révolution: pas fini d'en parler ici...
 Je poste aujourd'hui une des dernières lettres de cachet signée par lui en tant que ministre de la Maison du Roi (autrement dit de l' Intérieur), signé à St Cloud, où il résidait.
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Mar 06 Jan 2015, 10:45




Louis XVI voulait bien faire des réformes . Il ne supportait pas que l'on veuille les lui arracher, par la force .
Il se discrédite aux yeux de ses sujets, au tout début de la Révolution, en revenant sur les concessions qu'il avait déjà octroyées .
Toujours sa fatale indécision et incurable versatilité ...  elles le perdront ...  boudoi29

Vicq d Azir a écrit:
Personnage intéressant, il a compté pour la Reine, en particulier comme correspondant pendant la révolution: pas fini d'en parler ici...
 

Si l'on en croit Germaine de Staël, il manquait à Breteuil l'art et la manière :

Son gros son de voix ressemblait à de l'énergie, il marchait à grand bruit en frappant du pied comme s'il avait voulu faire sortir de terre une armée .


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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Vicq d Azir le Mar 06 Jan 2015, 23:24

Merci, chère Eléonore, de nous faire connaître ce portrait-charge de Breteuil par Germaine de Staël: mais il s'agit d'une caricature, faite par quelqu'un qui s'y connaissait en caricature et persiflage, ayant elle-même eu à les subir à la cour...Je ne dis pas qu'il n'y a pas de vérité dans cette charge, mais on ne peut pas, il me semble, réduire Breteuil à cela; sinon, en effet, la Cour de cette époque pourrait apparaître comme La Cour du Canard Enchaîné, grimacante, stupide et décadente, ce qui, vous en conviendrez, ferait très plaisir à certains...
 Qui était Breteuil? Je n'en sais rien, mais il m'est a priori sympathique par son action à la Maison du Roi: son humanisation des hôpitaux, des prisons, etc... Je note aussi qu'il jouit, au cours de la révolution, de la confiance de la Reine ET du Roi. Celui-ci lui confie un rôle important (et secret) auprès de Vienne; il lui délèguera même pratiquement une partie de son pouvoir...Quant à la Reine, je pense qu'elle a du respect pour cet homme qui pourrait être son père. Elle n'oublie pas qu'il a été apprécié par sa mère comme ambassadeur à Vienne, qu'il a pris (bien inopportunément) son parti au moment du collier, qu'enfin il était du clan Choiseul, du parti Autrichien. Plus tard, il sera, avec Fersen et Mercy, un correspondant fidèle du couple royal durant les années de la Révolution...
 Voilà pourquoi j'aimerais en savoir un peu plus sur ce personnage de l'ombre, mais essentiel, pour comprendre mieux la politique occulte du Roi et de la Reine, leurs relations avec les Puissances et l'Emigration. Les archives des Breteuil sont-elles accessibles?
Existe-t-il une bonne bio du Baron? Merci de vos réponses...
 En tout cas, bonne idée de l'avoir inscrit dans la liste des "amis"...
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Mer 07 Jan 2015, 09:19



J'ajouterai que Breteuil avait pour bras droit ce probe et honnête homme de marquis de Bombelles . Very Happy
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Lucius le Mer 07 Jan 2015, 23:14

Bombelles a une très grande admiration pour lui.
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Roi-cavalerie le Jeu 19 Fév 2015, 16:04

Chers amis,

A propos de Breteuil mais également sur toute la période qui s'étend de Juin-Juillet 1789 à la mort de Marie-Antoinette, je vous ai souvent parlé du livre de Munro Price, intitulé The Road from Versailles. Louis XVI, Marie-Antoinette and the Fall of the French Monarchy. Au risque de passer pour un radoteur, je me permets d'y revenir pour vous conseiller à nouveau  de le lire car il me semble indispensable à une juste appréciation de toute cette période. Je viens d'en trouver par hasard une critique datant de 2002 sur The Telegraph, qui saura mieux que moi vous montrer tout l'intérêt de cette lecture, pour ceux du moins qui pratiquent l'anglais. Malheureusement, il est tout à fait dommage que ce livre n'ait pas été traduit en français.  Mais il faut bien faire avec.

Friendly yours. Roi-cavalerie

Revolutionary French Revolution

Andrew Roberts reviews The Fall of the French Monarchy by Munro Price

By Andrew Roberts12:00AM BST 21 Jul 2002CommentsComment
It is very rare indeed to get a genuine historical scoop in a period as well trodden as the French Revolution, but that is undoubtedly what Munro Price of Bradford University has achieved here, and it is all due to his infinitely meticulous research methods.
Concentrating on the period from the fall of the Bastille in July 1789 - after which Louis XVI and Marie Antoinette were prisoners of the Revolution - and continuing up to their executions in January and October 1793, this book reveals for the first time the royal couple's political plans had they been able somehow to turn the political tide away from Jacobinism and to restore Bourbon authority to France. Dr Price has discovered these fascinating and important new facts through his refusal as a researcher to throw in the towel.
Although several other royal courtiers feature significantly in the story - especially during the white-knuckle Flight to Varennes when the royal prisoners so nearly escaped France in June 1791 - the key figure in the story is the Baron de Breteuil, the ultimate repository of the king and queen's confidence and political secrets.
Conservative (except sexually), discreet, infinitely subtle but profoundly loyal, Breteuil became the Bourbons' best connection to the Great Powers of Europe after the Revolution, and eventually their last hope for salvation.
Breteuil's appointment as Louis XVI's chief minister on July 10, 1789, proved a last straw: it was largely in protest at this that the Parisian mob attacked the Bastille four days later. After his 100-hour premiership, Breteuil fled to exile in Switzerland, not to return to France until the Revolution was over and Napoleon was emperor.
Yet despite Breteuil's brief but catastrophic ministerial career, the king and queen still trusted and admired him, and, as their initial confinement at Versailles turned into outright imprisonment in the Temple prison in Paris, it was coded messages from Breteuil that kept them in touch with the outside world, and their imperial cousinage in Austria, Russia and Prussia.
Before his disastrous foray into politics, Breteuil had been one of the Ancien Régime's shrewdest and most successful diplomats, serving in Naples, Stockholm, Vienna and St Petersburg. During that time he had built up a network of contacts that helped him to become the French Bourbons' most influential representative and spokesman once the king and queen were no longer able to speak publicly themselves.
He co-opted his household - he lived with his mistress the Duchess de Brancas, his daughter Madame de Matignon and her lover the Bishop of Pamiers - into the conspiracy and all four worked hard for an eventual restoration. The bishop even undertook highly risky undercover visits to the Temple prison for the cause.
So what exactly was it that the Royal couple were asking for and planning, as they watched the Revolution progress through its ever-more-radical and threatening stages? Were they contemplating a constitutional compromise which would allow the people to enjoy some form of representative institutions - perhaps along contemporary Westminster lines - while they kept their necks far from Madame Guillotine? To discover the answer Dr Price went on a journey that took him backwards and forwards across Europe, at first finding many more dead-ends than enticing leads.
Breteuil's own papers had been burnt by the wily and discreet old diplomat before his death in 1807. Pamiers's family had died out and no papers existed. Swiss archives proved uninformative. Marie Antoinette's papers in Vienna, unsurprisingly, end in 1789. Her lover Count Axel Fersen's papers in Stockholm were equally unhelpful. After a couple of other possible leads also fizzled out most researchers would have given up the task, but not the indefatigable Dr Price.
Old Almanachs de Gotha enabled this historical sleuth to track down the maternal grandson of a family that had died out in the male line, but whose ancestor had been Breteuil's friend and confidant, the Marquis de Bombelles. When Hitler invaded Yugoslavia in 1941 the Bombelles family archive had been sent for safe-keeping from their estates in Croatia to the 11th-century Danubian castle of a cousin, Count Clam-Martinic, in Upper Austria.
On arriving at Castle Clam in 1998, Price discovered that since the War no one had looked inside the boxes that were kept in a locked room in the castle's attic. In the very first box he found the only surviving copy of a document that historians had always assumed had been lost, the May 1791 memorandum that Louis XVI had commissioned from Breteuil on policy to be adopted should the Flight to Varennes succeed. Other boxes contained equally crucial documents, including Bombelles' reports to Breteuil and Breteuil's secret correspondence with Louis XVI's brothers, the future Louis XVIII and Charles X.
These form the basis of this fascinating and genuinely groundbreaking book, which completely explodes the assumption that the Bourbons had wished to find a compromise with their subjects. In fact they really had neither learned nor forgotten anything: they had simply planned to extirpate the Revolution and return to the old ways of the Ancien Régime.
In a sense, this piece of first-class historical detective work shows how the Jacobins were right to execute Louis XVI, because he would never have abided by any deals he made. This is therefore a truly revolutionary book.
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Jeu 19 Fév 2015, 16:38

Roi-cavalerie a écrit:Old Almanachs de Gotha enabled this historical sleuth to track down the maternal grandson of a family that had died out in the male line, but whose ancestor had been Breteuil's friend and confidant, the Marquis de Bombelles. When Hitler invaded Yugoslavia in 1941 the Bombelles family archive had been sent for safe-keeping from their estates in Croatia to the 11th-century Danubian castle of a cousin, Count Clam-Martinic, in Upper Austria.
On arriving at Castle Clam in 1998, Price discovered that since the War no one had looked inside the boxes that were kept in a locked room in the castle's attic. In the very first box he found the only surviving copy of a document that historians had always assumed had been lost, the May 1791 memorandum that Louis XVI had commissioned from Breteuil on policy to be adopted should the Flight to Varennes succeed. Other boxes contained equally crucial documents, including Bombelles' reports to Breteuil and Breteuil's secret correspondence with Louis XVI's brothers, the future Louis XVIII and Charles X.

Amazing !!!

Je vais tâcher de trouver ce livre de Munro Price, décidément ! :n,,;::::!!!:
C'est vrai, vous nous en aviez déjà parlé lorsque nous discutions ferme de la disgrâce de Calonne .

Merci pour ce conseil de lecture, cher Roi-cavalerie . Very Happy

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Comte d'Hézècques le Jeu 19 Fév 2015, 16:43

Mme de Sabran a écrit:

Je vais tâcher de trouver ce livre de Munro Price, décidément ! :n,,;::::!!!:
C'est vrai, vous nous en aviez déjà parlé lorsque nous discutions ferme de la disgrâce de Calonne .

Merci pour ce conseil de lecture, cher Roi-cavalerie .  Very Happy

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J'ai trouvé un exemplaire sur eBay, ne me le pique pas hein lol!

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Jeu 19 Fév 2015, 16:47

;

Ben non, pas de danger, puisque tu me bats d'une longueur ! Very Happy
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Invité le Ven 20 Fév 2015, 14:13

Ah bon ? Shocked The bishop even undertook highly risky undercover visits to the Temple prison for the cause.

Ma maîtrise de l'anglais est très légère donc peut-être que je comprends très mal. Mais moi je lis que l'évêque de Pamiers (amant de la fille de Breteuil) est entré au Temple. Jamais lu ça auparavant. Quel scoop !

Je termine l'article et j'arrive pour la suite qui a l'air passionnante !!! merci, merci encore cher Roi-Cavalerie pour vos formidables découvertes ! :n,,;::::!!!:

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Invité le Ven 20 Fév 2015, 14:18

Eh bien, c'est tout simplement incroyable !!!:n,,;::::!!!:

Hier je suis allée à Versailles cherchant désespérément à la librairie des Princes ces auteurs anglo-saxons qui me semblent indispensables à une meilleure compréhension du règne de Louis XVI. Rien, hélas... Sad


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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Roi-cavalerie le Ven 20 Fév 2015, 14:46

Reinette a écrit:Eh bien, c'est tout simplement incroyable !!!:n,,;::::!!!:

Hier je suis allée à Versailles cherchant désespérément à la librairie des Princes ces auteurs anglo-saxons qui me semblent indispensables à une meilleure compréhension du règne de Louis XVI. Rien, hélas... Sad


Vous allez les trouver sur Amazon.com  et non Amazon.fr en suivant ces liens:

http://www.amazon.com/The-Fall-French-Monarchy-Antoinette/dp/0330488279/ref=pd_rhf_se_p_img_1


http://www.amazon.com/Louis-XVI-John-Hardman/dp/0300060777/ref=pd_rhf_se_p_img_2

Via Google books il vous propose également une version numérique de The fall of Monarchy pour 7,59€:

http://books.google.fr/books/about/The_Fall_of_the_French_Monarchy.html?id=-gMAFI5etnEC&redir_esc=y

Bien à vous. Roi-cavalerie
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Invité le Ven 20 Fév 2015, 15:08

Merci !!! Very Happy

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Roi-cavalerie le Ven 20 Fév 2015, 15:26

Reinette,

Afin de satisfaire dans l'immédiat votre curiosité voici le passage de The Fall of French Monarchy, portant sur la visite de l'évêque de Pamiers au Tuileries et non au Temple. Je traduis:

"Dans la première semaine de décembre 1791,  l'évêque de Pamiers fit une visite secrète aux Tuileries de plusieurs jours. A la fin du mois le riche Scot Crawford se rendit à Paris et y resta jusqu'en avril 1792. Puis, à la mi-février, Fersen lui-même arriva. De quelle manière l'évêque réussit à rentrer dans Paris, cela n'est pas très clair. Il a du se déguiser, car il était connu dans la capitale. Toutefois, quelque arrogant et  prétentieux  qu'il put être, on peut seulement admirer son courage; s'il avait été découvert, un emprisonnement immédiat aurait été la meilleure des choses qu'il pouvait attendre. Aux Tuileries, Marie-Antoinette se précipita pour l'accueillir: " vous ne pouvez pas savoir quelle joie cela m'a fait de le voir" écrivit-elle à Fersen, " je n'ai pas pu l'abandonner un instant". Pour la première fois depuis Varennes, la reine allait pouvoir s'épancher auprès de quelqu'un d'autre que son mari. Elle lui décrivit en détail ses négociations avec ses "nouvelles connaissances", les Feuillants. Avec son   habituelle confiance en lui même, l'évêque, en la réprimandant, lui demanda de ne pas aller plus avant dans cette direction. Les termes dans lesquels Marie-Antoinette decrivit sa discussion ressemblent à ceux d'un élève en pénitence: "  l'évêque fut très sévère avec moi; je pensais que j'avais fait beaucoup et qu'il admirerait mon travail: pas du tout cela. Il me dit crûment que j'en avais fait beaucoup trop*".

Ayant administré à la reine sa réprimande, l'évêque revint discrètement à Bruxelles. Sa visite souligna l'utilité de mettre en place en permanence à Paris un agent de liaison plus confidentiel, qui pourrait rencontrer le couple royal régulièrement et transmettre informations et instructions plus fréquemment qu'ils ne le pouvaient. Quentin Crawford, aussi courageux qu'excentrique, fut volontaire pour cette mission dangereuse, et  la veille de Noël s'y rendit avec Eléonore Sullivan. Il resta à Paris en liens étroits  avec la reine, pendant presque quatre mois, et sa maison dans la rue de Clichy devint une safe house royaliste. Ce fut la que Fersen se cacha quand il arriva dans la capitale dans la soirée du 13 février, déguisé en un courrier suédois porteur de dépêches pour le Portugal
"

*Marie-Antoinette to Fersen, 7 december 1791.

Mais tout cela devait être connu et je suppose qu'Andrew Roberts a commis une erreur lorsqu'il a écrit que l'évêque de Pamiers s'était rendu dans la prison du temple.

Bien à vous. Roi-cavalerie
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Invité le Ven 20 Fév 2015, 17:18

Ah oui maintenant je me souviens bien avoir lu ce passage de la correspondance de la reine.
N'hésitez pas si vous en savez plus sur le couple Crawford/Sulllivan : ces deux personnages ne cessent de m'intriguer terriblement. Very Happy

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Ven 20 Fév 2015, 22:11



D'autant que nous avons des sujets les concernant . Very Happy
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Roi-cavalerie le Mer 22 Avr 2015, 19:53

Chers amis,

En relisant le chapitre 3 du livre de Munro Price, consacré à Breteuil, je me suis aperçu qu'il pourrait être utile de lever le voile sur certains aspects de sa vie qui peuvent aider à décrypter  et à comprendre la scène politique du règne de Louis XVI. Certains sont biens connus d'autres moins. Bien évidemment il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives mais ils peuvent permettre d'éclairer l'attitude du baron et les réactions à son encontre. Les voilà relevés dans l'ordre où ils se présentent au fil des pages.

L'oncle de Breteuil était Élisabeth Théodose, abbé de Breteuil (1712-1781), le frère d’Émilie, marquise du Châtelet qui occupait une position prééminente dans la maison d'Orléans puisqu'il était le chancelier, le garde des sceaux et le surintendant du duc d'Orléans. On peut donc estimer  que l'accès du baron à la maison d'Orléans a pu être facilité par cette parenté. Ayant commencé une carrière militaire dans les gendarmes du roi, il bifurqua en 1758 vers une carrière diplomatique qui le mena à Cologne peut être à l'instigation de son oncle et sans doute protégé par le duc de Choiseul.

De 1760 à 1783, il fut successivement ministre plénipotentiaire en Russie, puis ambassadeur en Suède, en Hollande, à Naples et en Autriche. Dans sa première mission, il lui aurait été suggéré de devenir l'amant de Catherine II afin de s'assurer de  son amitié envers la France mais il s'y serait refusé (Voilà une analogie intéressante à noter avec le rôle que Fersen, son protégé, joua auprès de Marie-Antoinette avec sans doute l'accord  Gustave III et à la connaissance de Breteuil). Toutefois, en se mettant en travers d'une demande de prêt qu'elle avait sollicité afin de lui permettre de monter un coup d'état contre son mari le Tsar Pierre III, il s'attira de sa part un ressentiment tenace qui a pu avoir d'importantes conséquences après 1789.
Par la suite, en Suède, sa grande amitié avec le successeur du souverain, Gustave, futur Gustave III, ne fut sans doute pas étrangère à l'amitié, certes aussi intéressée, que ce roi porta à notre pays et notamment après 1789, puisqu'il fut l'un des seuls monarques européens à tenter d'aider Louis XVI. Durant ce séjour en Suède, il se lia d'amitié avec le comte von Fersen  ce qui explique qu'il ait accueilli et protégé son fils lorsque celui-ci se rendit en France.  
En  1770, il fut nommé une première fois ambassadeur en Autriche, le poste le plus prestigieux de la diplomatie française  en raison du pacte d'alliance entre les deux pays. Mais la chute de Choiseul qui le protégeait et auquel le liait des liens d'amitié, entraina son rappel après que le cardinal de Rohan eut été désigné à sa place d'où l'inimitié qui s'en suivit entre les deux hommes avec les conséquences politiques que l'on connait.
Désigné pour le royaume de Naples et des Deux Siciles, il se gagna l'amitié de la reine Marie Caroline, soeur ainée de Marie Antoinette et par conséquent, celle de sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse. Aussi, on ne s'étonnera pas qu'en 1774, à la mort de Louis XV, il fut à nouveau désigné pour Vienne :
"les sept années d'ambassade à Vienne furent les plus fructueuses de sa carrière diplomatique. Il aida au maintien de l'alliance franco-autrichienne tout en contrôlant la tendance des Habsbourg à l'exploiter à son propre avantage. Mais au dessus de cela, il se fit une amie sûre de Marie Thérèse dont les vues essentiellement défensives s'accordaient aux intérêts français."
Ceci déplut à l'empereur Joseph II et par voie de conséquence à son principal conseiller le prince de Kaunitz ainsi qu'à son fidèle protégé Mercy-Argenteau. Le rôle qu'il joua lors du traité de Teschen  en ne soutenant pas les prétentions de l'empereur sur la Bavière, renforça cette inimitié ce qui explique le ton acerbe à son égard des lettres de Kaunitz et de Mercy Argenteau.  

Si l'amitié de Marie Thérèse ne put pas lui arranger celle de Joseph, elle mena Breteuil vers le plus important de tout ses patronages Habsbourg, celui de Marie-Antoinette. Il lui fut doublement recommandé : il avait été l'un des protégés de Choiseul, l'ancien ministre qui avait arrangé son mariage, et il avait l'approbation de sa mère qu'elle admirait. Quand au début des années 1780, il lança ses manœuvres pour devenir ministre, Marie-Antoinette devint son plus ferme allié...»

Parmi ses détracteurs qui ont influencé considérablement le regard que l'on porte sur le baron de Breteuil et outre bien évidemment Mercy-Argenteau, figure Sébastien Roch Nicolas Chamfort, qui fut l'un des plus brillants satiristes de cette période et, comme vous le savez, le protégé du comte de Vaudreuil qui le tenait en amitié ( tiens tiens!). Chamfort avait attiré l'attention de Breteuil en 1770 et celui-ci lui avait offert de l'accompagner comme secrétaire à Vienne ce qui ne se concrétisa pas et qui put contribuer à ce désamour.

Il se maria à Philiberte Jérôme Parat de Montgeron en 1752 dont il eut une fille Marie Élisabeth Émilie, comtesse de Matignon. Sa femme, morte en couches en 1765, il se consola avec des maitresses successives. Parmi celles-ci, on remarque, en particulier la dernière, connue lors de son ambassade à La Haye, Catherina Francesca Van Nyvenheim. Elle était issue d'une riche famille batave. Sa sœur Élisabeth Albertine,  marquise  de Champcenetz, faillit devenir la maitresse du roi Louis XV. Mais, en relation avec Vaudreuil, cette dernière fut aussi l'amie de la duchesse de Polignac qu'elle accompagna en Italie pendant l'émigration et avec le fils de laquelle elle maria sa nièce Idalie avant de se transformer en agent de liaison du parti royaliste. Catherina Francesca, pour sa part, fut mariée au vieux duc de Brancas (autre relation de Vaudreuil). Son fils, le duc de Céreste, né en 1775 ressemblait fortement au baron ce qui fit dire a ses contemporains qu'il en était le père ( Bombelles). La duchesse de Brancas qui avait ses entrées dans les milieux du gouvernement sous le Consulat puis sous l'Empire aida considérablement sa nièce, la jeune duchesse de Polignac lorsque celle-ci se rendit à Paris pour obtenir la grâce de son mari, Armand le deuxième duc de Polignac.

Breteuil protégea durant sa carrière  un certain nombre de jeunes gens talentueux dont, entre autres, Barras ainsi  que Marc Marie de Bombelles qui lui fut redevable de son entrée dans la carrière diplomatique et son mariage à la cour avec Angélique de Mackau. Bombelles lui resta fidèle durant l'exil et devint son principal agent secret malgré son amitié pour le comte d'Artois et les Polignac.  Il protégea également Charles d'Agoult, évêque de Pamiers, libre penseur et libertin  qui fut l'amant de sa fille Marie-Elisabeth et joua un certain rôle au sein de la Contre-Révolution. C'est Breteuil qui lui obtint l'évêché de Pamiers en 1787.  

Sur son rôle politique dans les derniers années du règne, voilà enfin, un détail intéressant que nous révèle Munro Price :

"L'action de Breteuil entre 1783 et 1786 renforce l'impression que l'on a d'un personnage complexe et contradictoire. L'homme qui ferma la sinistre prison de Vincennes et réforma l'usage des lettres de cachet pouvait aussi chercher à manipuler la justice pour détruire l'un de ses ennemis personnels.  Cette ambiguïté est également  renforcées par   la dernière phase du ministère de Breteuil. Le baron contribua de manière significative à l'appointement de Brienne, arguant farouchement en présence du roi contre le rappel de Necker pour remplacer Calonne, contrairement à ce que plusieurs de ses collègues avançaient. Cependant, il n'a clairement pas milité pour que Brienne devienne premier ministre comme il le fit au mois d'aout 1787, il ne manifesta aucune sympathie pour l'archevêque. Une partie de cette désaffection était due ainsi à une simple lutte de pouvoir. Comme le ministère entrait en crise à l'été 1788, Breteuil subit de fortes pressions de la part de son cercle d'amis, spécialement la duchesse de Brancas et Rulhière, pour renverser Brienne et prendre lui même le pouvoir. Bombelles dresse un tableau vivant de ces intrigues :

« On voudrait à toute force en ce moment faire jouer à M le baron de Breteuil un rôle qui n'est pas fait pour lui. On cherche à lui persuader que, seul capable de ramener l'ordre et la confiance de la nation, il doit profiter des circonstances pour culbuter le ministre principal ainsi que le garde des Sceaux. Rulhière et la duchesse de Brancas tiennent le haut bout de cette clique. Lorsqu'ils chuchotent ensemble, on croirait voir la haine et la discorde conjurer de concert la perte de tous les mortels » "

Bien à vous. Roi-cavalerie
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Invité le Mer 22 Avr 2015, 21:03

Un grand merci cher Roi-Cavalerie !!! :n,,;::::!!!:

Depuis un moment je m'interroge sur Breteuil : je ne sais pas encore s'il était le ministre qui aurait pu sauver le règne de Louis XVI ou s'il fut un homme dangereux.

Les luttes Polignac/Breteuil, malgré des liens que vous soulignez, sont certainement une des origines de l'échec de la contre-révolution...

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Roi-cavalerie le Mer 22 Avr 2015, 23:23

Reinette a écrit:Un grand merci cher Roi-Cavalerie !!! :n,,;::::!!!:

Depuis un moment je m'interroge sur Breteuil : je ne sais pa encore s'il était le ministre qui aurait pu sauver le règne de Louis XVI ou s'il fut un homme dangereux.

Les luttes Polignac/Breteuil, malgré des liens que vous soulignez, sont certainement une des origines de l'échec de la contre-révolution...

Plus que la rupture qui a eu lieu entre la duchesse de Polignac et le baron de Breteuil lorsque le projet de mariage entre son fils et la petite fille du baron a été cassé par la famille de la promise, je pense que c'est surtout l'inimitié qui existait entre Breteuil (le missi dominici du couple royal en Suisse, détenteur d'un plein pouvoir secret du roi) et Calonne, le conseiller des princes, qui aura été l'une des nombreuses causes qui ont " plombé" la Contre Révolution. Les Polignac n'ont eu qu'un tout petit rôle dans le sillage du comte d'Artois et de Calonne dans ce naufrage. Il est toutefois certain qu'eux aussi ne portaient pas Breteuil dans leurs coeurs.

Amitiés. Roi-cavalerie
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Ven 24 Avr 2015, 12:17

Roi-cavalerie a écrit:
L'oncle de Breteuil était Élisabeth Théodose, abbé de Breteuil (1712-1781), le frère d’Émilie, marquise du Châtelet qui occupait une position prééminente dans la maison d'Orléans puisqu'il était le chancelier, le garde des sceaux et le surintendant du duc d'Orléans. On peut donc estimer  que l'accès du baron à la maison d'Orléans a pu être facilité par cette parenté. Ayant commencé une carrière militaire dans les gendarmes du roi, il bifurqua en 1758 vers une carrière diplomatique qui le mena à Cologne peut être à l'instigation de son oncle et sans doute protégé par le duc de Choiseul.

Je me souvenais qu'Emilie était née Breteuil, mais je ne connaissais pas du tout Elisabeth Théodose ( drôle de prénom ! ), chancelier du Gros duc, comme plus tard du Crest ( frère de Félicité ) sera celui du futur Egalité .  

Roi-cavalerie a écrit:
Dans sa première mission, il lui aurait été suggéré de devenir l'amant de Catherine II afin de s'assurer de  son amitié envers la France mais il s'y serait refusé (Voilà une analogie intéressante à noter avec le rôle que Fersen, son protégé, joua auprès de Marie-Antoinette avec sans doute l'accord  Gustave III et à la connaissance de Breteuil).

Voudriez-vous, s'il vous plaît, cher Roi-cavalerie, mieux nous expliquer cette analogie ?  Elle est assez choquante . En effet, il était loisible à tout un chacun de pousser des hommes dans l'alcôve très accueillante de Catherine .  Il n'en va pas de même de Marie-Antoinette . A moins qu'elle ait eu la même réputation de prédatrice sexuelle ( je force le trait ) que la tsarine .  J'ose espérer que ce n'était pas le cas .
Et puis Breteuil n'avait aucun goût pour Catherine, alors que Fersen était épris de Marie-Antoinette .

Roi-cavalerie a écrit:
Toutefois, en se mettant en travers d'une demande de prêt qu'elle avait sollicité afin de lui permettre de monter un coup d'état contre son mari le Tsar Pierre III, il s'attira de sa part un ressentiment tenace qui a pu avoir d'importantes conséquences après 1789.

Tiens !   Shocked  J'ignorais cela !!!

Roi-cavalerie a écrit:
Par la suite, en Suède, sa grande amitié avec le successeur du souverain, Gustave, futur Gustave III, ne fut sans doute pas étrangère à l'amitié, certes aussi intéressée, que ce roi porta à notre pays et notamment après 1789, puisqu'il fut l'un des seuls monarques européens à tenter d'aider Louis XVI. Durant ce séjour en Suède, il se lia d'amitié avec le comte von Fersen  ce qui explique qu'il ait accueilli et protégé son fils lorsque celui-ci se rendit en France.  

Cette fidélité de Gustave à son alliance avec la France est d'autant plus méritoire qu'il avait été traité un peu par dessus la jambe, chez nous, où il avait essuyé pas mal de sarcasmes ( à cause de son allure très efféminée ).  Marie-Antoinette notamment, très remontée contre lui par Joseph, l'avait snobé. Elle n'en avait eu que pour Fersen .

Plus tard, à Aix la Chapelle, il devait dire avec amertume à son entourage d'émigrés : " Votre Cour de Versailles n'était pas abordable, sa hauteur et son persiflage étaient par trop forts. Quand j'y ai été on me regardait à peine, et en la quittant, j'emportai le brevet de lourdaud et de ganache . "

( Françoise Kermina )

Gustave n'avait pas été assez naïf pour s'imaginer que la fête du 21 juin 1784, la plus belle qui ait jamais été donnée à Trianon aux dires des contemporains, avait été organisée en son honneur .  Il y avait joué les écrans de fumée .

Mais revenons à nos moutons ... ou plutôt à ce bouc puant de Breteuil  ( selon le mot aimable de Vaudreuil ) .

Roi-cavalerie a écrit:En  1770, il fut nommé une première fois ambassadeur en Autriche, le poste le plus prestigieux de la diplomatie française  en raison du pacte d'alliance entre les deux pays. Mais la chute de Choiseul qui le protégeait et auquel le liait des liens d'amitié, entraina son rappel après que le cardinal de Rohan eut été désigné à sa place d'où l'inimitié qui s'en suivit entre les deux hommes avec les conséquences politiques que l'on connait.

...   et aussi la manière dont Breteuil a enfoncé Rohan lors de l'affaire du Collier et mal géré la situation, entraînant dans une spirale infernale Marie-Antoinette elle-même .

Roi-cavalerie a écrit:Désigné pour le royaume de Naples et des Deux Siciles, il se gagna l'amitié de la reine Marie Caroline, soeur ainée de Marie Antoinette et par conséquent, celle de sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse. Aussi, on ne s'étonnera pas qu'en 1774, à la mort de Louis XV, il fut à nouveau désigné pour Vienne :


C'est vrai qu'il y a eu ce passage par la case napolitaine . Je l'oubliais ...

Roi-cavalerie a écrit:"les sept années d'ambassade à Vienne furent les plus fructueuses de sa carrière diplomatique. Il aida au maintien de l'alliance franco-autrichienne tout en contrôlant la tendance des Habsbourg à l'exploiter à son propre avantage. Mais au dessus de cela, il se fit une amie sûre de Marie Thérèse dont les vues essentiellement défensives s'accordaient aux intérêts français."
Ceci déplut à l'empereur Joseph II et par voie de conséquence à son principal conseiller le prince de Kaunitz ainsi qu'à son fidèle protégé Mercy-Argenteau. Le rôle qu'il joua lors du traité de Teschen  en ne soutenant pas les prétentions de l'empereur sur la Bavière, renforça cette inimitié ce qui explique le ton acerbe à son égard des lettres de Kaunitz et de Mercy Argenteau.  

Marie-Thérèse d’Autriche offre au baron de Breteuil la célébrissime table que nous savons, pour avoir conclu, le 13 mai 1779, la paix de Teschen, évitant à l’Europe de sombrer dans une guerre généralisée.

Roi-cavalerie a écrit:Si l'amitié de Marie Thérèse ne put pas lui arranger celle de Joseph, elle mena Breteuil vers le plus important de tout ses patronages Habsbourg, celui de Marie-Antoinette. Il lui fut doublement recommandé : il avait été l'un des protégés de Choiseul, l'ancien ministre qui avait arrangé son mariage, et il avait l'approbation de sa mère qu'elle admirait. Quand au début des années 1780, il lança ses manœuvres pour devenir ministre, Marie-Antoinette devint son plus ferme allié...»

Tout s'enchaîne avec une logique harmonieuse ...

Roi-cavalerie a écrit:
Parmi ses détracteurs qui ont influencé considérablement le regard que l'on porte sur le baron de Breteuil et outre bien évidemment Mercy-Argenteau, figure Sébastien Roch Nicolas Chamfort, qui fut l'un des plus brillants satiristes de cette période et, comme vous le savez, le protégé du comte de Vaudreuil qui le tenait en amitié ( tiens tiens!). Chamfort avait attiré l'attention de Breteuil en 1770 et celui-ci lui avait offert de l'accompagner comme secrétaire à Vienne ce qui ne se concrétisa pas et qui put contribuer à ce désamour.

C'est parce qu'il est malade que Chamfort ne peut accompagner Breteuil à Vienne .  Il se réjouissait énormément de cette perspective, mais c'est un coup du sort qui la lui ôte, bien indépendant de la volonté du baron .

En 1771, sous l'inspiration de son ami Rulhière, de six ans plus âgé que lui, Chamfort est prié de venir chez le baron de Breteuil, qui veut l'attacher à sa personne, comme secrétaire . ( ... ) Chamfort accepte cet emploi qui le porte vers des fonctions agréables. Son goût de la diplomatie se complète de ses manières spirituelles .  Malheureusement, au moment de partir, il est violemment atteint d'une maladie de peau qui le marque effroyablement au visage. IL doit à son grand regret, se contenter de se soigner .

( Emile Dousset : Chamfort et son temps )

Roi-cavalerie a écrit:Il se maria à Philiberte Jérôme Parat de Montgeron en 1752 dont il eut une fille Marie Élisabeth Émilie, comtesse de Matignon. Sa femme, morte en couches en 1765, il se consola avec des maitresses successives. Parmi celles-ci, on remarque, en particulier la dernière, connue lors de son ambassade à La Haye, Catherina Francesca Van Nyvenheim. Elle était issue d'une riche famille batave. Sa sœur Élisabeth Albertine,  marquise  de Champcenetz, faillit devenir la maitresse du roi Louis XV. Mais, en relation avec Vaudreuil, cette dernière fut aussi l'amie de la duchesse de Polignac qu'elle accompagna en Italie pendant l'émigration et avec le fils de laquelle elle maria sa nièce Idalie avant de se transformer en agent de liaison du parti royaliste.

J'ignorais qu'Idalie de Nyvenheim était vaguement apparentée ( par la cuisse gauche ) à Breteuil .  Si la rupture entre le baron et Catherina Francesca s'est très mal passée, il se peut en effet que le mariage d'Armand de Polignac ( qui avait été pressenti comme futur époux de Mlle de Matignon ) avec Idalie, ait ajouté de l'eau dans le gaz ...  
Roi-cavalerie a écrit:
Catherina Francesca, pour sa part, fut mariée au vieux duc de Brancas (autre relation de Vaudreuil). Son fils, le duc de Céreste, né en 1775 ressemblait fortement au baron ce qui fit dire a ses contemporains qu'il en était le père ( Bombelles). La duchesse de Brancas qui avait ses entrées dans les milieux du gouvernement sous le Consulat puis sous l'Empire aida considérablement sa nièce, la jeune duchesse de Polignac lorsque celle-ci se rendit à Paris pour obtenir la grâce de son mari, Armand le deuxième duc de Polignac.

...   grâce qu'Idalie n'obtint qu'à demi : la peine de mort fut commuée en prison à vie, perspective qui n'était guère riante non plus . Armand et son frère Jules emprisonné avec lui ( suite de l'affaire Cadoudal ) n'eurent d'autre solution que de s'évader .

Roi-cavalerie a écrit:
Breteuil protégea durant sa carrière  un certain nombre de jeunes gens talentueux dont, entre autres, Barras ainsi  que Marc Marie de Bombelles qui lui fut redevable de son entrée dans la carrière diplomatique et son mariage à la cour avec Angélique de Mackau. Bombelles lui resta fidèle durant l'exil et devint son principal agent secret malgré son amitié pour le comte d'Artois et les Polignac.

Ah oui, quand Barras est frappé d'une lettre de cachet après son retour de Cadix, au siège de Gibraltar .
Pourquoi Breteuil protégeait-il Barras ?

Nous connaissons tous bien le grand clash ( si navrant ! ) Breteuil-Bombelles / Artois-Vaudreuil-Polignac !
Pauvre Bombelles !

Roi-cavalerie a écrit:
Il protégea également Charles d'Agoult, évêque de Pamiers, libre penseur et libertin  qui fut l'amant de sa fille Marie-Elisabeth et joua un certain rôle au sein de la Contre-Révolution. C'est Breteuil qui lui obtint l'évêché de Pamiers en 1787.


L'évèque de Pamiers était gendre in partibus de Breteuil ?!!  

Roi-cavalerie a écrit:
Sur son rôle politique dans les derniers années du règne, voilà enfin, un détail intéressant que nous révèle Munro Price :
"L'action de Breteuil entre 1783 et 1786 renforce l'impression que l'on a d'un personnage complexe et contradictoire  ..... "

Oui, là franchement je m'y perds d'autant mieux que, lorsque j'ai lu Bombelles, je ne ciblais pas spécialement Breteuil.

Roi-cavalerie a écrit:Plus que la rupture qui a eu lieu entre la duchesse de Polignac et le baron de Breteuil lorsque le projet de mariage entre son fils et la petite fille du baron a été cassé par la famille de la promise, je pense que c'est surtout l'inimitié qui existait entre Breteuil (le missi dominici du couple royal en Suisse, détenteur d'un plein pouvoir secret du roi) et Calonne, le conseiller des princes, qui aura été l'une des nombreuses causes qui ont " plombé" la Contre Révolution. Les Polignac n'ont eu qu'un tout petit rôle dans le sillage du comte d'Artois et de Calonne dans ce naufrage. Il est toutefois certain qu'eux aussi ne portaient pas Breteuil dans leurs coeurs.

C'est tout à fait mon impression aussi .

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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Roi-cavalerie le Ven 24 Avr 2015, 20:00

Mme de Sabran a écrit:
Roi-cavalerie a écrit:

Roi-cavalerie a écrit:
Dans sa première mission, il lui aurait été suggéré de devenir l'amant de Catherine II afin de s'assurer de  son amitié envers la France mais il s'y serait refusé (Voilà une analogie intéressante à noter avec le rôle que Fersen, son protégé, joua auprès de Marie-Antoinette avec sans doute l'accord  Gustave III et à la connaissance de Breteuil).

Voudriez-vous, s'il vous plaît, cher Roi-cavalerie, mieux nous expliquer cette analogie ?  Elle est assez choquante . En effet, il était loisible à tout un chacun de pousser des hommes dans l'alcôve très accueillante de Catherine .  Il n'en va pas de même de Marie-Antoinette . A moins qu'elle ait eu la même réputation de prédatrice sexuelle ( je force le trait ) que la tsarine .  J'ose espérer que ce n'était pas le cas .
Et puis Breteuil n'avait aucun goût pour Catherine, alors que Fersen était épris de Marie-Antoinette

Chère Eléonore,

Voilà ce qu'a écrit exactement Munro Price à propos de Breteuil :

"In  the course of this glittering career he became acquainted with many figures who were to loom large during the Revolution, both as his friends and as his enemies. The firts was the future Catherine the Great of Russia, whose lover Breteuil was instructed to become in order to secure her friendhip for France. He appears to have disobeyed this order."

Je suppose donc connaissant le sérieux de cet historien que cette affirmation s'appuie sur une source sérieuse. Et, par ailleurs, l'histoire nous a montré et les temps actuels nous le confirment régulièrement, que les Etats savent s'affranchir de la morale lorsque leurs intérêts sont en jeu sous couvert de la raison d'état.  Ma remarque n'était donc qu'une hypothèse émise au vu de cette information.
Puisqu'une idée aussi scabreuse a pu germer dans la tête de Choiseul ou dans celle de l'un de ses commis dans le but de renforcer nos liens avec la Russie, pourquoi  la perspective d'une intrigue analogue n'aurait-elle pas pu traverser l'esprit de Gustave III lorsqu'il a appris (et il n'a vraisemblablement pas manqué d'apprendre) l'intérêt de la reine pour Fersen? N'oublions pas que la France aidait financièrement la Suède et que le principe de cette aide devait être renouvellé régulièrement ( Voir les dépêches du comte de Creutz, l'ambassadeur de Suède à Paris à ce sujet) d'où, peut être, son intérêt à disposer d'un argument de poids en la personne du comte de Fersen dans le coeur de la reine.  Pourquoi n'aurait-elle pas effleuré l'esprit du baron de Breteuil, lui même, qui aurait pu en voir tout l'intérêt pour son ambition, lorsqu'il s'est rendu compte du sentiment de la reine pour ce gentilhomme  suédois qu'il parrainait en France en raison de sa grande amitié pour son père mais aussi pour Gustave III? Après tout, il me semble avoir été suffisamment retors pour cela et puis, cet exercice avait déjà été pratiqué avec succès sur le roi Louis XV avec Mme du Barry et vous savez bien que l'on avait essayé de faire la même chose avec Louis XVI. Alors, cette hypothèse, je dis bien qu'il s'agit d'une hypothèse, ne me semble absolument pas choquante si on considère que pouvaient être en jeu les intérêts d'un état ou ceux d'un homme aussi ambitieux que Breteuil. Le siècle en avait vu bien d'autres!

Bien amicalement. Roi-cavalerie
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Re: le baron Louis-Auguste de Breteuil

Message par Mme de Sabran le Ven 24 Avr 2015, 20:12

Oui, oui, ça j'ai bien compris, cher Roi-cavalerie .
Mais vous n'en savez pas davantage sur le cas de figure concernant Fersen et Marie-Antoinette ?!!
Ah, c'est dommage ...
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