La Marseillaise et le Chant du Départ

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Rouget de Lisle et la Marseillaise

Message par La nuit, la neige le Dim 25 Sep 2016, 19:54

Idea Une exposition qui touche à sa fin, puisqu'elle s'achèvera dans quelques jours :

Rouget de Lisle et la Marseillaise
Du 25 juillet 2016 au 07 octobre 2016
Au Musée de l'Armée - Invalides
Exposition gratuite dans les galeries de la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.



Présentation (extraits)
L’exposition documentaire Rouget de Lisle et La Marseillaise a été conçue et réalisée par le musée de l’Armée dans le cadre de la commémoration des 180 ans de la mort de Rouget de Lisle en 1836.
Elle s’inscrit dans la saison culturelle, scientifique et pédagogique autour de La Marseillaise, organisée par le ministère de la Défense et le ministère de l’Éducation nationale.

Le parcours de l’exposition, présenté sur vingt-deux panneaux répartis dans les galeries de la cour d’honneur, retrace la création de ce chant, depuis la déclaration de guerre à l’Autriche en 1792, jusqu’à la période contemporaine.

Arrow Infos complémentaires ici : http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/rouget-de-lisle-la-marseillaise.html


Dernière édition par La nuit, la neige le Ven 09 Nov 2018, 19:35, édité 2 fois
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Dim 25 Sep 2016, 20:10

Idea Le site du Musée de l'Armée propose, sur son blog "Actualités", de suivre le feuilleton "Rouget de Lisle et la Marseillaise".

Articles illustrés particulièrement intéressants, dont les textes ont été réalisés en partie avec des archives et un document rédigé par Louis Garros et Marc André Fabre, conservés au Service historique de la Défense à Vincennes.

Je les cite (extraits) :

Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 1



La Marseillaise, allégorie aux volontaires marchant à la frontière par Frédéric Wentzel
2e moitié du XIXe siècle
©️ Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP



Sur les bancs de l’école
Claude-Joseph est le fils aîné de Claude Ignace Rouget et de Jeanne Madeleine Gaillande. Il est né à Lons-le-Saunier (Jura) le 10 mai 1760.
Afin de lui permettre d’accéder à l’école militaire, sa famille ajoute à son patronyme la particule « de Lisle ».
Il se rend à Paris en 1776 et sort de l’école militaire en 1781 avec le grade de sous-lieutenant d’infanterie.

Le 1er janvier 1782, Rouget de Lisle entre à l’école du génie de Mézières où une vingtaine d’élèves seulement sont admis chaque année.

(...)

Une carrière en dents de scie
Sorti de l’école en 1784, il est nommé lieutenant en second au corps royal du génie, à la direction de Grenoble, puis détaché quelques mois plus tard à Mont-Dauphin.
Rouget de Lisle est chargé, comme d’autres officiers du corps royal du génie, de surveiller les travaux de fortifications qui sont confiés à des entrepreneurs privés.

En 1788, il est détaché dans le Jura au « Château » – peut-être le fort de Joux.
Son supérieur, le duc d’Aumale, lui trouve un mérite limité et souhaite sa mutation. Il la reçoit le 15 septembre 1789, en même temps que sa nomination au grade de lieutenant en 1er de la brigade de La Rochelle.

Il prend alors un congé pour s’installer à Paris et s’engage dans une carrière littéraire, travaillant notamment avec le compositeur André Grétry (1741-1813).

Le 1er avril 1791, il est nommé capitaine, puis le 17 avril, reçoit sa lettre d’affectation pour Strasbourg où il rencontre le célèbre Ignace Pleyel (1757-1831), maître de chapelle de la cathédrale.
Ce dernier met en musique l’Hymne à la Liberté, écrit par Rouget de Lisle, et joué lors d’une fête le 25 septembre 1791.

Dans la nuit du 26 au 27 avril 1792, le capitaine Rouget de Lisle compose Le Chant de Guerre pour l’Armée du Rhin – renommé plus tard La Marseillaise.
Bien qu’il ait déjà reçu sa nouvelle affectation, il demande à combattre dans l’armée du Rhin.
Le 27 avril 1792, Victor de Broglie adresse une lettre au ministre de la Guerre pour garder « cet officier […] aussi distingué par ses talents que par son patriotisme » mais il est trop tard : Rouget de Lisle doit occuper le poste d’ingénieur en chef de la place d’Huningue.




Le 25 août 1792, il envoie une lettre concernant l’avancée des travaux ordonnés à Huningue. Ce même jour, les commissaires de l’Assemblée nationale passent pour recueillir l’adhésion des officiers au nouveau serment.
Rouget de Lisle refusant de prêter serment, est suspendu de ses fonctions tout comme de nombreux officiers du génie et de l’artillerie.

Après avoir fait amende honorable, il est réintégré en octobre 1792.
Il accompagne le général de Valence dans sa marche sur Namur (Belgique). Le 5 janvier 1793, il obtient une permission pour rentrer à Paris.

Il est emprisonné pendant onze mois pour trahison au moment de la Grande Terreur (août 1792 – juillet 1794).
Libéré, il est réintégré comme capitaine de 1re classe, le 20 mars 1795, mais ne se rend pas à sa nouvelle affectation.
(...)
Il est promu chef de bataillon le 2 mars 1796 et démissionne le 30 mars 1796.
C’est la fin de sa carrière militaire.
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Dim 25 Sep 2016, 21:49

Intéressant exposé ! Merci, cher la nuit, la neige ... Very Happy
Je rappelle à cette occasion notre sujet Marie-Antoinette et la Marseillaise .
C'est ici : http://marie-antoinette.forumactif.org/t1487-marie-antoinette-et-la-marseillaise

L'Alsace, sur laquelle l'Autriche, en 1792, réclame la reconnaissance des droits de princes allemands, est proche de l'embrasement . Quand Louis XVI déclare la guerre à François II, toute une jeunesse patriote s'enrôle d'enthousiasme dans l'armée du Rhin .
Dietrich passe la commande à Rouget de Lisle d'un hymne propre à galvaniser les troupes et exalter l'ardeur au combat . Ce sera le chant de l'Armée du Rhin . Rouget l'écrit, le compose dans la nuit du 25 au 26 avril , et le soumet à son ami Masclet dès le lendemain matin .
Les arrangements harmoniques furent peaufinés dans les jours suivants avec Mme Dietrich au piano et Louise, dans le salon du maire de Strasbourg .
Voici justement Rouget de Lisle au soir du 25 avril 1792, dans le salon du maire de Strasbourg . Nous reconnaissons Madame Dietrich au piano sur lequel est accoudée sa jeune nièce.
Rouget de Lisle attaque les premières strophes de ce chant patriotique pour l'armée du Rhin commandé par Dietrich . L'auditoire est suspendu à ses lèvres.
Le tableau est de Isidore Pils ( 1815-1875 )








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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Dim 25 Sep 2016, 22:56

Mme de Sabran a écrit:Intéressant exposé ! Merci, cher la nuit, la neige ... Very Happy

Je n'ai pas terminé...
A suivre ! Hop!
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Lun 26 Sep 2016, 13:57

Je place ici la petite anecdote bien connue du deuxième tome du livre de Beauchesne à laquelle je ne crois guère ...  
Nous sommes en 1793 peu de temps après l'exécution de Louis XVI.
Je le cite :

"Un des commissaires de la Commune qui vinrent, ce jour-là, relayer ceux qui devaient se retirer le soir, eut connaissance de cette petite scène; et , le lendemain, en prenant son service près de Marie-Antoinette : "Vous avez chanté hier, lui dit-il, vous avez fait chanter vos enfants; sans doute ce n'étaient que des romances, car vous n'avez jamais su de chansons patriotiques. Je parie même que vous seriez incapable d'exécuter l'hymne des Marseillais." La Reine, sans répondre, se lève, va s'asseoir au piano et joue l'air de la Marseillaise. "Êtes-vous satisfait?" dit-elle alors à l'officier municipal. Celui-ci ne lui répondant que des choses insignifiantes, "Au moins, monsieur, reprend-elle avec douceur et en se levant, vous devrez louer ma complaisance."

Beauchesne donne sa source  :
"Cette petite anecdote, que dans les "Recherches historiques sur le Temple" M.E.J.J Barillet place au commencement du séjour de la famille royale au Temple, se trouve ici à sa date. La Reine n'avait pas de piano dans la petite tour, et on se souvient qu'elle ne commença à faire usage de celui-ci que lorsqu'il eut été réparé, le 10 décembre, par les ordres de Lepitre et Toulan.
Gomin, d'après les souvenirs qu'il avait recueillis, prétendait savoir que l'interlocuteur de la Reine en cette circonstance se nommait Alexandre-Jean-Baptiste Jon, épicier rue Saint-Denis, section de Bon-Conseil."

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Lun 26 Sep 2016, 22:32

Hum...en effet, on n'y croit guère.
Bon, personnellement, je n'aurais pas creusé l'histoire du piano, mais davantage l'invraisemblance d'entendre Marie-Antoinette chanter la Marseillaise. :
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mar 27 Sep 2016, 14:07

La nuit, la neige a écrit::


Sur les bancs de l’école
Claude-Joseph est le fils aîné de Claude Ignace Rouget

... un petit petit nom charmant ...  :

La nuit, la neige a écrit::
Afin de lui permettre d’accéder à l’école militaire, sa famille ajoute à son patronyme la particule « de Lisle ».

Claude-Ignace Rouget n'avait jamais fait mention auparavant d'un quelconque titre de noblesse . Pourtant, des cousins de la branche aînée portaient le titre de " de Lisle ". Avec leur accord, Claude-Joseph l'ajouta à son nom . Le considérant "de circonstance", avec humour il s'amusait parfois à signer " Rouget dit de Lisle " et, parodiant Molière dans l'Ecole des Femmes, déclamait avec emphase :

Qui n'ayant pour tout bien qu'un seul quartier de terre
Y fit tout alentour faire un fossé bourbeux
Et de monsieur de Lisle en prit le nom pompeux .
..


( Rouget de Lisle, de la Marseillaise à l'oubli, Euloge Boissonnade et Christiane Laroque )

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Mar 27 Sep 2016, 17:19

La suite donc des textes illustrés réalisés en partie avec des archives et un document rédigé par Louis Garros et Marc André Fabre, conservés au Service historique de la Défense à Vincennes, et tels qu'ils sont diffusés sur le site du Musée de l'Armée.

Arrow Je les cite (extraits) :


Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 2



La Musique militaire
La musique, chantée ou jouée sur des instruments, est présente dans toutes les armées depuis les périodes antiques. Jusqu’au XIXe siècle encore, elle sert à marcher en rythme, à encourager les soldats, à régler la vie quotidienne et la discipline dans le camp militaire, à fêter la victoire, à pleurer les morts, à se divertir…
Elle est aussi un outil de communication indispensable sur le champ de bataille.
Grâce à des codes, les instruments à vent et à percussion permettent de transmettre les ordres d’un bout à l’autre du champ de bataille, malgré les bruits de la guerre.


Tambour décoré de symboles de la Révolution © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP


Les chants de la Révolution française
Lors de la Révolution française, le chant est un moyen d’expression populaire important.
(...)Ils sont créés par des anonymes ou bien par des artistes professionnels qui composent à la suite d’une commande officielle.

Idea Les trois plus connus, en dehors de La Marseillaise sont :

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira
Est entendu pour la première fois en mai 1790.
Son auteur, Ladré, ancien soldat, chanteur des rues, adapte des paroles anodines sur l’air du Carillon national de Bécourt. Il utilise une phrase leitmotiv de Benjamin Franklin au moment de la guerre d’indépendance américaine : Ah ! ça ira !
(...)
Selon les utilisateurs, les paroles évoluent. Par exemple le refrain – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Réjouissons nous, le bon temps reviendra – devient – Ah ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne. Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates on les pendra.

Arrow Ecoute disponible ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8829730f.r=ça%20ira%20ça%20ira


La Carmagnole
Est une chanson anonyme très populaire, créée en 1792 au moment de la chute de la monarchie.

Arrow Ecoute disponible ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1311074s/f2.media


Le Chant du départ
(...) La musique est composée par Étienne Nicolas Méhul (1763-1817) sur des paroles de Marie-Joseph Chénier (1764-1811), deux artistes de renom à cette époque.
Il est chanté à la bataille de Fleurus en 1794.

Arrow Ecoute disponible ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k13110860.r=le%20chant%20du%20départ


Demi-brigade d’infanterie légère, Première République. Figurines de carte réalisées à Strasbourg par les familles Wurtz et Pées entre 1825 et 1855. Exposées dans le cabinet des figurines du musée depuis 2016 © Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP

* Source textes et images : http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/rouget-de-lisle-la-marseillaise.html
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mar 27 Sep 2016, 17:26

Il est beau, ton tambour ! Very Happy

Tiens, tu me donnes une idée d'énigme pour relancer notre jeu de l'été .
J'y saute ! :n,,;::::!!!:

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mer 28 Sep 2016, 14:49

Une autre anecdote met, cette fois, Rouget de Lisle en présence de Marie-Antoinette :

Il n'a qu'un désir, entrevoir la reine . Or une parente de sa mère est dame d'honneur de Marie-Antoinette . Elle admet un jour le jeune-homme dans la chambre qu'elle occupe dans les appartements de la souveraine . ( Suspect  )  Et voici que surviennent Marie-Antoinette et Madame Elisabeth .  Claude-Joseph disparaît promptement derrière un rideau, mais il est découvert .  Il se confond en excuses embarrassées que Marie-Antoinette reçoit avec sa grâce coutumière .

Là aussi je doute grandement .  

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Mer 28 Sep 2016, 17:57

Idea Je poursuis, avec la suite des documents intéressants publiés par le Musée de l'Armée, que je cite (extraits) :

Rouget de Lisle & La Marseillaise : épisode 3

La déclaration de guerre
La déclaration de guerre du 20 avril 1792 résulte d’une hostilité forte des monarchies et des empires d’Europe contre la France révolutionnaire et fait suite à un ultimatum remis par la France, le 25 mars 1792, au roi de Bohême et de Hongrie pour faire disperser les rassemblements d’émigrés en Rhénanie, qui menacent les frontières.

(...) la page 2 mentionne d’ailleurs les reproches que la « Nation Françoise » fait à « François Ier » qui a repoussé l’ultimatum.


Photo : © Vincennes, service historique de la Défense (SHD)


Photo : © Vincennes, service historique de la Défense (SHD)


Photo : © Vincennes, service historique de la Défense (SHD)


Photo : © Vincennes, service historique de la Défense (SHD)


Une nuit, à Strasbourg
Dès le 24 avril 1792, comme le précise la déclaration de guerre en page 3, le maire de Strasbourg, Philippe-Frédéric de Dietrich, diffuse la nouvelle par voie d’affiches et accueille les volontaires au cours de fêtes patriotiques.

Au soir de la déclaration de guerre, il invite chez lui, comme il le fait régulièrement, un groupe de personnes : des officiers de la garnison, des nobles libéraux, des roturiers… Rouget de Lisle, capitaine du génie de cinquième classe, en garnison à Strasbourg, fait partie des convives habituels.

Au cours de la soirée, le maire déplore qu’il n’existe aucun chant adapté aux nouveaux événements. On raconte qu’il s’adresse alors à Rouget de Lisle, connu pour son goût de la musique et de la poésie :
« Monsieur de Lisle, faites-nous quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation. »
(...)


Place Broglie, la maison de La Marseillaise, 12 décembre 1918
©️ Bdic, Musée d’histoire contemporaine


Le 26 avril 1792, Rouget de Lisle dédie le Chant de Guerre pour l’Armée du Rhin au maréchal Nicolas Luckner et lui en adresse une copie.

Le 29 avril, le chant est interprété pour la première fois en public, à Strasbourg sur la place d’Armes – actuelle Place Kléber – par la Garde nationale pour accueillir les Volontaires du Rhône et de la Loire qui doivent aller monter la garde à la frontière.

La famille de Dietrich, des soldats et officiers en garnison ou de passage à Strasbourg, des voyageurs de commerce commencent à en diffuser un peu partout en France des copies manuscrites.
Plusieurs imprimeurs vont ensuite prendre le relai.


Rouget de Lisle composant La Marseillaise par Jean-Jacques Scherrer, 1918
Tableau exposé dans la mairie de Choisy-le-Roi
©️ BDIC, Musée d’histoire contemporaine
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mer 28 Sep 2016, 19:13

De toute évidence, la ville de Strabourg est très fière ( à juste titre Very Happy ) de la naissance de la Marseillaise dans ses murs .
C'est une vieille photo . A quoi ressemble cette maison de Dietrich, aujourd'hui ?
Rouget, lui, habitait 126 Grande rue .

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mer 28 Sep 2016, 20:10

Tiens voici la maison Dietrich ! Very Happy
C'est curieux toutes ces petites lucarnes ou chiens assis dans le toit ! Je suppose que c'est typique ...


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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Jeu 29 Sep 2016, 14:50

La nuit, la neige a écrit:
« Monsieur de Lisle, faites-nous quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation. »
(...)


" L'air me vint en même temps que les paroles " dira Rouget plus tard . Il compose d'une traite ce qui deviendra notre hymne national . Au petit matin, il tombe du lit . A sept heures, il tambourine à la porte de son ami Masclet abasourdi, accorde son violon, et interprète sa composition qui enthousiasme Masclet : " J'entendis avec admiration et enthousiasme le chant de guerre tel qu'il existe aujourd'hui, à l'exception des deux vers suivants de la dernière strophes :

Et que les trônes des tyrans
Croulent au bruit de notre gloire .

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Nikko de Chissay le Jeu 29 Sep 2016, 15:10

Mme de Sabran a écrit:Tiens voici la maison Dietrich !    Very Happy
C'est curieux toutes ces petites lucarnes ou chiens assis dans le toit !  Je suppose que c'est typique  ...


Les toits avec leurs nombreuses lucarnes « en chien assis » ou « traînantes » (en dialecte alsacien : « Schleppganten »). Ils abritaient des greniers éclairés de lucarnes sur plusieurs étages. Very Happy

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Ven 30 Sep 2016, 12:04

Si enthousiaste fut-il, Masclet divisait les rois en deux catégories : les tyrans et les autres .
Il dit à Rouget : " Il y a un peu de Brébeuf ( *) dans ces vers, d'ailleurs nous pouvons nous fier aux trônes constitutionnels; c'est par eux que doivent crouler les trônes des tyrans ." Rouget se rendit à son argument .
Les deux vers litigieux furent remplacés par :

Que les ennemis expirants
Voient on triomphe et notre gloire .

(*) : Boileau désigne Brébeuf dans son Art poétique comme le type-même de l'enflure et l'exagération .

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Sam 01 Oct 2016, 09:02

La nuit, la neige a écrit:

La famille de Dietrich, des soldats et officiers en garnison ou de passage à Strasbourg, des voyageurs de commerce commencent à en diffuser un peu partout en France des copies manuscrites.
Plusieurs imprimeurs vont ensuite prendre le relai.


Confiant dans l'impact que ce chant patriotique allait avoir sur l'armée et sur les populations, Dietrich le fait aussitôt reproduire en plusieurs exemplaires à l'imprimerie de Th. de Dannbach, qui édite son journal, La Feuille de Strasbourg .
Le premier exemplaire est remis au maréchal Luckner, dédicacé de la main de Rouget de Lisle : feuille de format oblong, chant noté sans accompagnement mais avec la ritournelle datée de mai 1792.

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Lun 03 Oct 2016, 21:27

Je poursuis le feuilleton "Rouget de Lisle et la Marseillaise", textes (extraits) et images compilés sur le blog "Actualités" du Musée de l'Armée.  Wink


Rouget de Lisle et la Marseillaise - Episode 4



Volontaires de 1792

Le 8 juin 1792, alors que la France est en guerre contre l’Autriche, la Hongrie et la Prusse, l’Assemblée législative décrète la réunion de 20 000 gardes nationaux à Paris le 14 juillet :
« considérant qu’il est avantageux de resserrer les liens de fraternité qui unissent les Gardes nationales de tous les autres départements avec celle de Paris ».
Le roi oppose son véto mais l’Assemblée n’en tient pas compte.

Le chant des Marseillois

Les 25 et 26 juin, la municipalité de Marseille réunit environ 500 volontaires composés d’une majorité de Marseillais – prononcé alors Marseillois – mais aussi d’hommes originaires du reste du département des Bouches-du-Rhône.

Le 22 juin, au cours d’une réunion patriotique à laquelle assistent de nombreux Marseillais, Étienne-François Mireur (1770-1798), membre actif d’un des clubs des Amis de la Constitution, entonne pour la première fois le Chant de Guerre pour l’Armée du Rhin.
Le lendemain, le texte du chant est publié par le Journal des départements méridionaux et des débats des amis de la Constitution.

Le jour du départ, les volontaires reçoivent un exemplaire imprimé du chant (...)
Ils deviennent célèbres en raison de ce chant, entonné tout au long de la route vers Paris.
On l’appelle alors Le chant ou La Marche des Marseillois, puis La Marseillaise.
Ils arrivent, entre le 29 et le 30 juillet, à Paris où ils composent, avec les Bretons, l’un des plus gros bataillons.


Arrivée des Marseillais à Paris le 30 juillet 1792
©️ Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP


Aux Tuileries, le 10 août

Le roi et son entourage résident – sous surveillance – dans le château des Tuileries depuis la tentative de fuite de 1791.
(...)
Lors de l’insurrection du 10 août 1792, le roi est conduit à l’Assemblée alors que la Garde nationale parisienne, unie aux fédérés, notamment brestois et marseillais, combat les 950 Gardes suisses aux Tuileries.
L’Assemblée prononce ensuite la « suspension » du roi : c’est la fin de la monarchie.

L’Assemblée convoque alors une Convention nationale en vue de prendre toutes mesures « pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la Liberté et de l’Égalité ».


Journée du 10 août 1792
©️ Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP



L'affaire Carnot

Après le 10 août, l’Assemblée législative envoie des commissaires dans les armées afin que chacun prononce un nouveau serment prouvant son adhésion à la Convention. Lazare Carnot (1753-1823) est l’un d’entre-eux.

Le 25 août 1792, il arrive à Huningue avec ses confrères alors que le capitaine Rouget de Lisle y est ingénieur en chef.
Ce dernier, comme d’autres officiers, refuse, il veut rester fidèle au serment de 1790.
Carnot, qui est également capitaine du génie, essaie de le faire changer d’avis et l’interpelle : « Nous forcerez-vous à destituer pour cause d’incivisme l’auteur du Chant des Marseillais ? ».
Il donne également l’ordre de jouer le nouveau chant national. Mais rien n’y fait, Rouget de Lisle est donc suspendu de ses fonctions.

En 1793, à la bataille de Wattignies – près de Maubeuge –, sous la direction de Jourdan et de Carnot, l’armée révolutionnaire aurait chanté La Marseillaise face aux Autrichiens.
Carnot écrit aussi dans un rapport au Comité de salut public en 1794 : « La Marseillaise a donné dix mille défenseurs à la patrie ».


Carnot à Wattignies, le 16 octobre 1793
peint par Moreau de Tours Georges (1848-1901) en 1892
©️ Paris, musée de l’Armée, dist. RMN-GP
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Lun 03 Oct 2016, 21:33

Jourdan Coupe-Tête ?

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Mar 04 Oct 2016, 09:30

Point du tout ! boudoi32
L'autre. Le maréchal, celui qui sera aussi le célèbre vainqueur de la bataille de Fleurus.
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mar 04 Oct 2016, 09:31

Ah, tant mieux ! Very Happy

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mar 04 Oct 2016, 12:03

La nuit, la neige a écrit:

Les 25 et 26 juin, la municipalité de Marseille réunit environ 500 volontaires composés d’une majorité de Marseillais – prononcé alors Marseillois – mais aussi d’hommes originaires du reste du département des Bouches-du-Rhône.


Ces prétendus Marseillais sont l'écume des prisons de Gênes, du Piémont, de la Sicile, de toute l'Italie, de l'Espagne, de l'Archipel, de toute la Barbarie . J'en rencontre tous les jours sur mes pas .

( Blanc Gilli, député des Bouches du Rhöne à l'Assemblée législative )

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par La nuit, la neige le Mar 04 Oct 2016, 16:06

Eh bien, voilà qui est dit !  Hop!

Je ne le connaissais pas, mais en lisant sa bio Wiki, j'ai noté que la phrase citée qui décrit les Marseillois serait plutôt : "l'écume des crimes vomie..."
Tant qu'à faire... boudoi32

Idea Et Wiki de poursuivre :

Charles Barbaroux qui dénonce Blanc-Gilli le 12 août 1792 à l'Assemblée nationale le décrit comme « successivement patriote par excès, fanatique par ignorance, royaliste par corruption ».

Sa duplicité est confirmée par la découverte des documents contenus dans l'armoire de fer du château des Tuileries.
Accusé d'avoir communiqué au roi des lettres des Jacobins de Marseille, il est exclu de l'Assemblée nationale le 14 août et préfère alors prendre la fuite.
Il finira obscurément sa vie comme commis à Marseille.

* A lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathieu_Blanc-Gilli
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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mar 04 Oct 2016, 16:14

;

Remarque, Barbaroux disait lui-même de ses Marseillais :

...  lâches fugitifs pendant l'action, assassins après la victoire, on massacrait dans les appartements, sur les toits, dans les caves, les Suisses armés ou désarmés, les chevaliers, les soldats, tout ceux qui peuplaient le château ...  Notre dévouement n'y put rien, nous parlions à des gens qui ne nous connaissaient plus .


Ce n'est pas reluisant non plus ...

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Re: La Marseillaise et le Chant du Départ

Message par Mme de Sabran le Mer 05 Oct 2016, 09:07

Un détail d'importance de sa généalogie ( que j'avais oublié ) : Rouget est le neveu de Sylvain Bailly , l'homme du Serment du Jeu de Paume que la Révolution a porté à la tête de la ville de Paris . Very Happy

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