La Maison blanche...d'inspiration française !

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La Maison blanche...d'inspiration française !

Message par La nuit, la neige le Jeu 10 Nov 2016, 11:50

En lien avec les actualités du moment.... :

La Dordogne a aussi sa Maison blanche, construite sur la commune de La Bachellerie.
L'une de ses façades, avec rotonde et colonnes, ressemble à celle des Etats-Unis derrière laquelle Donald Trump récupérera bientôt le célèbre bureau ovale.






Le château de Rastignac a-t-il servi de modèle a sa grande soeur américaine ?

Arrow Je cite Wikipédia (extraits) :

La particularité du château de style palladien est de ressembler à la façade Sud de la Maison-Blanche de Washington, dont le portique fut construit en 1829.

Certains historiens pensent que l’origine de cette similitude serait un dessin de l’architecte Charles-Louis Clérisseau qui était un ami de Thomas Jefferson quand il était ambassadeur des États-Unis à Paris.
Selon d'autres, il fut édifié sur les assises du château féodal des marquis du lieu et achevé vers 1820 d'après les plans ayant servi à édifier le château du duc de Leinster à Dublin (fin XVIIIe siècle), puis la résidence du président des États-Unis d'Amérique.

Il pourrait aussi s'agir d'un simple plagiat ; dans les années 1780, le Marquis de Chapt de Rastignac a pour projet de faire reconstruire le château et fait établir des plans par un architecte qui est appelé Blanchard, de son nom, Mathurin Salat (et non Jean Luc Blanchard), peut-être par Charles-Louis Clérisseau.

Après la Révolution de 1789, l'aristocrate doit fuir la France pour l'Allemagne en 1791 pour éviter la guillotine; il entre dans l'armée des princes. Il revient en France et devient en 1809 président du collège électoral du Lot.
Le projet démarre en 1811 par des démolitions pour une construction entre 1812 et 1817.
Le château, de style néo-classique, est reconstruit par l'architecte-entrepreneur Mathurin Salat, dit Blanchard.


Photo : Jean-Christophe Sounalet - Sud Ouest
http://www.sudouest.fr/2012/11/02/il-habite-a-la-maison-blanche-868080-2224.php

Idea Thomas Jefferson était à Bordeaux en 1789, et y a visité l'école d'architecture où une copie des plans avait été déposée et à cette occasion aurait pu voir les plans du futur château de Rastignac, et s'en inspirer à son retour aux États-Unis.
Un reportage télévisé sur TF1 du 31 octobre 2006 soutient cette thèse, à savoir que Rastignac aurait été le modèle pour la conception de la Maison-Blanche, Jefferson y ayant séjourné lors d'une visite en France, travail appuyé par les recherches d'un historien.

Or la Maison-Blanche a été construite à partir de 1792 par Hoban, puis reconstruite après 1814 ; sa colonnade imaginée par Jefferson en 1792, n'est réalisée qu'en 1824 par Latrobe.

Idea De passage à Bordeaux en 1787, Thomas Jefferson n'a pu rencontrer pour alimenter sa réflexion architecturale que des architectes liés à Victor Louis, auteur en 1787 des plans du château du Bouilh : deux pavillons réunis par une colonnade qui s'incurve et devient dans son centre un pavillon circulaire.


St-André-d-C., Château du Bouilh / Zng. v. Victor LouisSaint-André-de-Cubzac (Dép. Gironde)
Château du Bouilh (Weingut mit Schloß, erbaut 1786 unter Jean Frédéric de La Tour du Pin; Arch.: Victor Louis).
http://www.akg-images.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2UMESQQH4VOF7


Idea On peut aussi citer le château Peychotte, une folie construite entre 1785 et 1789 par l'architecte Jean-Baptiste Dufart (1752-1820).


Maison carrée d'Arlac, façade sud, Gironde
Photo : Patrick Charpiat
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Peychotte


Quand commence la construction du château de Rastignac, l'architecte Combes a entrepris la réalisation de château Margaux.


https://en.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Margaux


Arrow Il ne semble donc pas que l'origine du château soit à chercher à Bordeaux, mais plutôt à Paris.
Ce type de bâtiment avec des colonnes et un bombement central sous coupole se retrouve dans l'architecture néoclassique :

- château de Montmusard, par Charles De Wailly, en 1766 ;


View of the Château de Montmusard
Par Jean-Baptiste Lallemand


- intendance de Franche-Comté, à Besançon, par Victor Louis, en 1774 ;
- projet de pavillon pour Catherine II, en 1776 ;
- hôtel de la préfecture du Cantal, à Aurillac, construit entre 1798 et 1811 suivant les plans de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Lallié.

Arrow Le bâtiment qui peut conduire à la Maison-Blanche comme au château de Rastignac pourrait être l'hôtel Thellusson, luxueux édifice néo-palladien bâti de 1778 à 1780 à Paris par Claude-Nicolas Ledoux (détruit en 1826) qui était considéré comme son chef-d'œuvre, "si neuf et surprenant que, dit-on, on prenait des billets pour le visiter".


Hôtel de Thellusson
par Jean-Baptiste Lallemand (1716-1803)

https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Thellusson


Maquette de l'ancien Hôtel Thellusson, pour madame Georges-Tobie Thélussion, 1778
Musée Claude-Nicolas Ledoux

https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Thellusson

Il est aussi possible que le concepteur de Rastignac soit son propriétaire qui aurait fait une synthèse des formes architecturales vues au cours de ses voyages, comme l'a fait Thomas Jefferson pour la Maison Blanche; Blanchard n'aurait alors que "mis au net" et réalisé les idées du marquis.

Arrow  Source et article complet Wikipédia, ici :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Rastignac

________


Arrow  L'article du journal Sud Ouest : La Maison blanche est aussi en Dordogne
Avec informations complémentaires et autres photos du château de Rastignac, est à lire ICI



Photo : Ludivine Loncle


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Re: La Maison blanche...d'inspiration française !

Message par Mme de Sabran le Jeu 10 Nov 2016, 15:21

;

Merci pour cet étonnant sujet !   Very Happy

La nuit, la neige a écrit:

La Dordogne a aussi sa Maison blanche, construite sur la commune de La Bachellerie.
L'une de ses façades, avec rotonde et colonnes, ressemble à celle des Etats-Unis derrière laquelle Donald Trump récupérera bientôt le célèbre bureau ovale.




...  qui me rappelle également le petit château de Reynerie de Guillaume du Barry .   Very Happy
Il ne manque que l'élégante colonnade ...



http://marie-antoinette.forumactif.org/t902p200-la-famille-du-barry?highlight=barry

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Re: La Maison blanche...d'inspiration française !

Message par Mme de Sabran le Jeu 10 Nov 2016, 19:45

;
Voici une autre vue de l'hôtel Thellusson que j'avais postée parce que cette demeure accueillit le premier bal des victimes.   006410



ici :  http://marie-antoinette.forumactif.org/t2854-le-bal-des-victimes?highlight=victimes

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Re: La Maison blanche...d'inspiration française !

Message par La nuit, la neige le Jeu 10 Nov 2016, 20:22

Oui, merci... Very Happy


Idea A noter également que la ville/district de Washington, la capitale fédérale américaine, est née grâce aux plans initiaux d'un Français : Pierre Charles L'Enfant.[/b]

Un ingénieur militaire, fils d'un peintre de la cour de Louis XV, qui proposera ses services à George Washington, dont il a fait la connaissance durant la guerre d'Indépendance alors qu'il s'était engagé en 1777, à l'âge de 23 ans, aux côtés des insurgés américains.



Le plan aurait été plus ou moins inspiré par celui de Versailles... Wink


Arrow C'est ce qui est raconté dans cet article intéressant, dont je cite quelques extraits :


Une adolescence dans l'entourage des muses

Pierre Charles L'Enfant naquit le 2 août 1754.
Il était le deuxième fils de Pierre Lenfant (ainsi l'écrivait-on initialement), lui-même issu d'une longue lignée d'artistes attachés à la Manufacture des Gobelins.

Peintre officiel de la Cour de France, spécialiste des scènes de guerre, il avait notamment représenté la bataille de Fontenoy (1745) dans un tableau que conserve aujourd'hui le musée de Versailles.
C'est d'ailleurs Pierre qui se chargea lui-même de la formation artistique du jeune Pierre Charles, et le fit entrer à l'Académie royale de peinture et de sculpture.
Très tôt, il l'associa à son œuvre et l'emmena souvent au château de Versailles.

Le jeune homme assista aux travaux d'embellissement qu'y menait Jacques-Ange Gabriel, notamment la construction du Petit Trianon. Ces impressions d'adolescent le marqueront profondément. Les scènes de bataille lui enseigneront l'art de la guerre et les grands travaux de Versailles l'initieront à l'architecture.



À l'époque, l'école française d'architecture domine la scène européenne. Dans le droit fil des grands maîtres du siècle précédent, tels Mansart et Le Vau, toute une pléiade d'architectes va lancer le néo-classicisme dont les canons sont définis dans l'Essai sur l'Architecture que l'abbé Marc-Antoine Laugier, publie en 1755.

On peut penser que Pierre Charles l'a lu.
En tout cas, un grand Américain en fera son livre de chevet : Thomas Jefferson, deux fois président des États-Unis d'Amérique.


Portrait of Thomas Jefferson while in London in 1786
by Mather Brown


Thomas Jefferson (1743-1826) est ambassadeur à Paris de 1788 à 1789, puis Secrétaire d'État et, enfin, Président des États-Unis d'Amérique de 1801 à 1809, période pendant laquelle il inaugure la nouvelle capitale. En France, Jefferson s'était enthousiasmé pour l'architecture néo-classique et avait suivi de près la construction de l'hôtel de Salm qui servira de modèle à la Maison Blanche.
Sa résidence de Monticello et le parlement de l'État de Virginie sont dans ce même style.


Ah ? L'Hôtel de Salm, donc.
Nous ne l'avons pas évoqué tout à l'heure...



Vue du palais de la Légion d'Honneur, Hôtel de Salm, sous le 1er empire.
http://www.legiondhonneur.fr/fr/page/lhotel-de-salm-palais-de-la-legion-dhonneur/110

Construit entre 1782 et 1787 pour le prince Frédéric de Salm-Kybourg par l'architecte Rousseau, cet édifice fut acheté par le premier grand chancelier de la Légion d'honneur, Lacépede.
Incendié sous la Commune en 1871, il fut reconstruit grâce à une souscription lancée parmi les légionnaires et les médaillés militaires.


L'appel du grand large

Noble ou bourgeoise, la jeunesse française rêve de gloire et d'aventure. En 1763, l'ignominieux traité de Paris (comme le qualifie Tocqueville) a privé la France de la plupart de ses possessions d'outre-mer.
On rêve d'en découdre et, au passage, de se venger des Anglais.
Lorsque les colons d'Amérique se révoltent, on prête l'oreille aux propos de Pierre Caron de Beaumarchais qui a pris fait et cause pour les Insurgés américains.



Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
Par Paul-Constant Soyer
Photo : Leemage/Corbis via Getty Images


Pierre Charles L'Enfant a 22 ans ; il n'est ni officier, ni même architecte, mais il dessine bien et déborde d'enthousiasme.
Il quitte la France le 14 décembre 1776, avec un détachement aux ordres de Philippe Charles Tronson du Coudray. Le frère de l'avocat de Marie-Antoinette... Wink

Après force péripéties et une traversée mouvementée, l'Amphitrite, sur laquelle L'Enfant a pris place, arrive à Portsmouth, le 21 avril 1777.

Je passe toute sa biographie durant la Guerre d'indépendance américaine.


Architecte à New York et concepteur de la capitale fédérale

De retour à New York, L'Enfant y trouve une ville dévastée par la guerre et en partie détruite par l'incendie de 1776.
Tout ou presque est à reconstruire, d'autant plus que les New yorkais voudraient que leur ville devienne la capitale de l'Union. L'Enfant qui a terminé la guerre avec le grade de commandant (major) du génie, paré du prestige de la vieille Europe, devient vite l'architecte à la mode.

On lui confie des travaux de restauration et d'embellissement d'immeubles.
Il est chargé d'organiser la Grande Parade pour célébrer la Constitution de 1788, et de transformer l'hôtel de ville en Federal Hall, édifice destiné à accueillir le Congrès.

Ce chantier va lui valoir les éloges les plus flatteurs et l'estime du général-président Washington.


Federal Hall in New York City. 1789
Courtesy of NY Public Library


Avec sagesse, les Pères fondateurs jugent que la capitale fédérale doit être installée « en terrain neutre », à égale distance du Nord et du Sud.

En vertu d'une des sections de l'article premier de la Constitution, le Congrès adopte, le 16 juillet 1790, le Residence Act qui autorise la délimitation et la constitution d'un territoire autonome (auquel on donnera le nom de Columbia) de dix miles carrés, le long du Potomac, entre le Bras oriental du fleuve et Connogochegue Creek, pour l'installation permanente du siège du gouvernement fédéral.

Arrow Un concours est lancé et L'Enfant le remporte.

Avec l'aide de géomètres, les frères Andrew et Joseph Ellicott, et d'un Noir libre, Benjamin Banneker, il entreprend le relevé topographique et l'arpentage de la future ville.
L'Enfant voit grand. Il veut non seulement doter le pays d'une capitale, mais également instaurer un nouvel ordre architectural, le style fédéral.
Celui-ci s'inspirera du néo-classicisme, mais en y intégrant des éléments propres et, surtout, une dimension à la mesure de l'immense pays en devenir.

Il dessine un plan en damier dont la monotonie sera rompue par de grandes avenues rayonnant en diagonales, inspirées des jardins de Versailles.
Il veut de grands espaces verts et de vastes perspectives qui seront dominés par le Capitole, siège du pouvoir législatif.

Dans un délai record et au prix d'une intense activité, L'Enfant et ses collaborateurs tracent un plan directeur qu'ils soumettent en 1791. C'est le fameux Grand plan dont l'application va se heurter à bien des obstacles.


Plan de la ville de Washington et du territoire de Columbia, destinés à devenir le siège permanent du gouvernement des États-Unis, présenté par Pierre Charles L'Enfant en 1791.


En effet, des propriétaires veulent construire ou ont déjà construit des demeures à l'emplacement de certaines des artères que L'Enfant entend ouvrir. Le Président prône la conciliation, L'Enfant tente de forcer la décision.
Sans doute oublie-t-il qu'il ne vit plus dans une monarchie absolue, mais dans un état de droit (under the rule of law) et que, fût-il président, George Washington ne peut s'opposer aux décisions des Commissaires.

En février 1792, c'est la rupture.  Neutral
Face à l'attitude ferme du Président, L'Enfant démissionne et se retire en emportant ses plans et ses études.
Finalement, ce sont ses collaborateurs qui, de mémoire, vont reconstituer les plans de la ville fédérale.

Ce sont aussi d'autres architectes talentueux qui vont édifier le Capitole, ainsi que la Maison du Président (on ne l'appelle pas encore la Maison blanche), dont L'Enfant avait situé l'emplacement, et esquissé les lignes. Very Happy


Arrow Source et l'intéressant article (complet), c'est ici : http://www.le-mot-juste-en-anglais.com/2012/06/pierre-charles-lenfant-soldat-de-fortune-et-urbaniste-inspir%C3%A9-dans-le-sillage-dalbert-gallatin-nous-voudrions-mai.html
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