Le sacre de Charles X

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Message par La nuit, la neige le Mar 07 Mar 2017, 17:19

Idea Cette esquisse préparatoire sera présentée, le 23 mars 2017, à l'occasion d'une vente aux enchères organisée par l'étude Artcurial Paris.
L'occasion de présenter cet évènement ici, en recopiant le commentaire de la maison de vente sujet de cette représentation :

François Pascal Simon, baron Gérard (Rome, 1770 - Paris, 1837)
Le sacre de Charles X à Reims

Aquarelle gouachée sur trait de crayon noir
Provenance : Collection Alexandre Gérard, frère de l'artiste ; puis par descendance.

Le sacre de Charles X Sacre_10


Commentaire de la maison de vente :

Voici Charles X dans cette basilique de Reims, où cinquante ans auparavant, le 11 juin 1775, il assistait au sacre de son frère Louis XVI.

Le 29 mai 1825, le roi de France se fait sacrer en grande pompe, tentant de ressusciter un rite que les agitateurs de la Révolution avaient rendu obsolète et que son frère Louis XVIII avait judicieusement évité.
Ce dernier est alors le seul souverain à avoir renoncé au sacre, officiellement pour des raisons de santé, officieusement pour ne pas froisser une France postrévolutionnaire encore instable, tout juste fragilisée par les Cents Jours napoléoniens et la débâcle de Waterloo.
La stratégie de Louis XVIII, imaginant un régime fondé sur une " Charte constitutionnelle " se retrouve paralysée par l'exclusivité du vote aux riches possédants. L'élection est un désastre pour le roi, et les ultraroyalistes, défenseurs du système de l'Ancien Régime, constituent une majorité parlementaire.

Hostile à la Charte constitutionnelle de Louis XVIII, Charles X rêvait d'un retour à l'Ancien Régime et, pendant le règne de son frère, sa résidence du pavillon de Marsan devint le centre de l'opposition ultraroyaliste à la politique conciliante de Louis XVIII.
À la mort sans postérité de ce dernier en 1824, le comte d'Artois monta sur le trône et, malgré un contexte politique défavorable, renoua avec une tradition antérieure à la Révolution en se faisant sacrer à Reims, rappelant le faste de l'Ancien Régime.

Préparé dès 1824, le sacre occasionna des dépenses considérables particulièrement malvenues, de la restauration et la décoration luxueuse des bâtiments, à la commande d'un carrosse somptueux à Charles Percier, auxquels il convient d'ajouter la composition d'une messe et d'un opéra.

Le sacre de Charles X 75186110

L'apparat anachronique de la cérémonie retourna irrémédiablement l'opinion contre le roi, dont ce sacre fut la première des outrances fatales à la dynastie des Bourbons.

Notre aquarelle exécutée par le baron Gérard, figure le moment précis où l'archevêque de Reims, Jean-Baptiste de Latil, s'apprête à poser la couronne sur le souverain agenouillé, dans un silence et une tension solennels.
Précieuse esquisse préparatoire, elle fut le premier projet soumis à la couronne par l'artiste.

Notre artiste, célèbre élève de David, répondant déjà aux commandes napoléoniennes et portraitiste de la famille impériale, ne souffrit pas de la chute de l'Empire et fut même nommé Premier peintre du roi Louis XVIII qui l'anoblit en 1819, lui conférant le titre de baron. Il répondit aux commandes officielles jusqu'à sa mort en 1837 durant le règne de Louis-Philippe.

Le sacre de Charles X Captur68

Ce premier projet fut néanmoins refusé, comme le fut celui de David par Napoléon en son temps, en partie à cause de la position à genoux de Charles X.

C'est en effet le moment où le roi sacré et trônant donne l'accolade au Dauphin le duc d'Angoulême alors que l'archevêque exclame son " Vivat Rex in aeternum ", qui sera finalement retenu et qui est représenté sur le tableau définitif daté de 1827 et aujourd'hui conservé au musée des Beaux-Arts de Chartres.

* Source image et texte : http://www.artcurial.com/fr/asp/fullCatalogue.asp?salelot=3034+++++++6+&refno=10582898#sthash.SgSFF129.dpuf

_______

Et voici le grand tableau de Gérard finalement retenu par le trône...

Le sacre de Charles X Corona10© Photo RMN-Grand Palais

Analyse de l'image (extraits) :

Peintre d’histoire, portraitiste et lithographe, François Pascal Simon Gérard (1770-1837) est né à Rome, d’une mère italienne et d’un père français, intendant du cardinal de Bernis.
Admis à douze ans à la Pension du Roi, il fut l’élève du sculpteur Augustin Pajou (1730-1809), puis du peintre Nicolas Guy Brenet (1728-1792), avant d’entrer, en 1786, dans l’atelier de Jacques Louis David (1748-1825).
En 1789, il concourut pour le Prix de Rome mais n’obtint que la seconde place derrière Anne Louis Girodet (1767-1824). Sa renommée s’établit néanmoins avec les premières commandes passées par Napoléon Bonaparte, et il devint bientôt le portraitiste attitré de la famille impériale.
Sa carrière ne souffrit pas de la chute de l’empire, et, dès 1817, il fut nommé premier peintre du roi Louis XVIII, qui l’anoblit en lui conférant le titre de baron en 1819. L’avènement de Louis-Philippe en 1830 ne mit pas un terme à ses activités : il enrichit de compositions allégoriques le musée de l’Histoire de France créé par le roi à Versailles et compléta la décoration de la coupole du Panthéon en 1836.

Portraitiste de talent, il n’abandonna pas pour autant la peinture d’histoire, comme en témoigne cette représentation du sacre de Charles X en la cathédrale de Reims, le 29 mai 1825.
Le moment représenté est celui de l’intronisation, lorsque l’archevêque de Reims, Jean-Baptiste de Latil, ayant lancé son « Vivat Rex in aeternum », le roi, assis sur son trône, donne l’accolade au dauphin, le duc d’Angoulême, et aux princes de sang, le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, et le prince de Condé, debout à ses côtés.
Fortement inspirée de toiles de David sur des sujets comparables, cette œuvre monumentale et ambitieuse fut mal reçue par la critique.
Elle fut endommagée lors des journées révolutionnaires de 1830.


Interprétation (extraits) :

Le 27 mai 1825, le cortège royal partit de Compiègne, étape incontournable sur la route du sacre.
Le cérémonial avait été légèrement modifié : Charles X avait accepté de prêter serment de fidélité à la Charte constitutionnelle, « pour rassurer l’opinion ».
Le rite se déroula devant un parterre où dominaient savants, artistes et poètes comme le baron Gérard, Alphonse de Lamartine ou Victor Hugo.
Ce dernier composa l’ode « Le sacre de Charles X », qu’il publia le 18 juin suivant dans son recueil Odes et Ballades et dans laquelle il se posait en chantre de l’alliance du trône et de l’autel.
Le 31 mai, le roi exerça ses pouvoirs de thaumaturge en touchant les écrouelles de cent trente malades.

Le sacre de Charles X Corona11

L’impact du sacre de Charles X dans l’opinion fut des plus limités.
Dans une société où l’anticléricalisme était vivace, le peuple n’y voyait que la résurrection de l’Ancien Régime dans l’un de ses aspects les plus archaïques et un événement chargé d’une signification religieuse qu’il ne comprenait plus.
Le sacre révélait l’impossible harmonie de deux principes fondamentalement antinomiques : la souveraineté nationale et la légitimité royale d’Ancien Régime.

* Source texte et infos complémentaires : https://www.histoire-image.org/etudes/sacre-charles-x
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Message par pilayrou le Mer 08 Mar 2017, 11:13

Un trône pour un sot ! Son prédécesseur avait une toute autre carrure : celle d'un vrai chef d'Etat.
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Message par Gouverneur Morris le Mer 08 Mar 2017, 16:00

La nuit, la neige a écrit:Idea Cette esquisse préparatoire sera présentée, le 23 mars 2017, à l'occasion d'une vente aux enchères organisée par l'étude Artcurial Paris.
L'occasion de présenter cet évènement ici, en recopiant le commentaire de la maison de vente sujet de cette représentation :

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Le sacre de Charles X à Reims

Aquarelle gouachée sur trait de crayon noir
Provenance : Collection Alexandre Gérard, frère de l'artiste ; puis par descendance.

Le sacre de Charles X Sacre_10
On distingue à droite ce qui semble être un héraut d'armes revêtu de son tabar.

Voici les modèles authentiques conservés à Reims :


Le sacre de Charles X 6c8d1e10
Le sacre de Charles X 42ba6210
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Message par Mme de Sabran le Mer 08 Mar 2017, 16:20

Grand merci, Messieurs ! Very Happy

_________________
...    demain est un autre jour .
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Message par La nuit, la neige le Mer 08 Mar 2017, 19:30

Merci Gouv' !

Et moi de découvrir donc le mot tabar... boudoi32

Le tabar ou tabard est une sorte de surcot que l'on revêtait au-dessus de l'armure, à l'époque médiévale. Dès lors que des armoiries y sont représentées, on parle plus fréquemment de cotte d'armes. (Wiki)
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