Perruques et Boites à Perruques

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Perruques et Boites à Perruques

Message par Mme de Sabran le Dim 23 Avr 2017, 14:46




De toutes formes et toutes couleurs, souvent chinoisinante en diable (  :  ) ,  en laque, vernis Martin, ou Arte Povera  ( voir notre sujet  ...  )  la BOITE A PERRUQUE ,  accessoire indispensable,  est souvent une véritable petite oeuvre d'Art .

Distribution générale, les amis, faites vos choix, il y en a pour tout le monde ! cheers



La boite à perruque est un bel objet du passé, un brin curieux, un brin insolite.  
La boite à perruque est de forme rectangulaire et tout en volume. Elle est très souvent en carton ou en bois. Son couvercle est bombé ou à doucine, comportant une poignée sur le couvercle ou deux latérales, pour faciliter son transport.
Elle est dotée d’une fermeture métallique, qui ferme à clé

et d’un jeu de charnières dorsales, faites dans le même métal, qui permet d’actionner l’ouverture.





Comme son nom l’indique,  cet élégant coffret sert à ranger les perruques apprêtées, peignées, épouillées, lavées et talquées, à plat le plus souvent. Toutes les boites à perruque ne sont pas richement décorées. Certaines sont plus … rustiques ! Elles ressemblent alors à une caisse en bois, qui tient debout dans la hauteur, dotée d’une porte frontale. Elles ressemblent beaucoup à des boites à coiffes et sont d’ailleurs à n’en pas douter, à double usage. Pour ces modèles pas de décors, pas de chichi !  
En revanche, les autres boites, celles réservées à une catégorie sociale aisée, possèdent quant à elles une large gamme de décors réalisés dans des couleurs vives et précieuses.  




Chinoiseries sur fond laqué noir, amours élégants et mutins,
  scènes galantes, illustrations des fables de La Fontaine, décors à la Berain, attributs musicaux, scènes champêtres, des scènes tirées de la mythologie ou de cartons de tapisseries, de légendes, de fables populaires sont autant de sujets prisés, à l’époque.



Pour encore plus de richesses, les fonds imitent l’écaille ou encore sont de couleurs vives : jaune,  rouge, mais encore noir profond, doré flamboyant.




De très nombreuses boites sont décorées avec la fameuse technique du Vernis Martin et d’autre selon la technique de l’Arte Povera (décor en papier collé sur le support et verni) ou encore des laques du Japon.
D’autres boites sont en bois brut, tout simplement.
Une récurrence est à noter : les intérieurs sont toujours peints et le rouge est la couleur la plus fréquemment rencontrée. Les entrées de serrure et charnières sont souvent en bronze doré gravé découpé mais aussi souvent dans un métal plus simple.
De telles boites sont bien souvent tenues éloignées des basses couches de la population.


La boite à perruque peut faire partie d’un nécessaire, comme ci-dessous :

 

 ...  et donc être agrémentée de plusieurs petites boites, assorties, qui accueillent épingles, poudre, bijoux, parfums solides, mouches, …

La boite à perruque voit le jour sous Louis XIV, soit vers le milieu du XVIIème siècle.
Son existence n’est justifiée que par l’apparition de cette mode : le port de la perruque.




Voici, pour compléter ce petit laïus, l’intéressante histoire de la perruque.  



Le XVIIIème siècle fut un âge d'élégance. Jamais dans l'Histoire, des hommes et des femmes ont si minutieusement et artificiellement fait attention à leur apparence. Ce qui ne pouvait pas être fait avec les cheveux naturels a été fait avec des perruques.
Cette époque fut une explosion extravagante de coiffures étonnantes, une réaction totalement opposée à la pudeur et à la réserve des siècles antérieurs.
Cette mode concorde avec une époque pleine de nouveautés : idées philosophiques véhiculées par les Lumières, affluence de richesses économiques qui arrivant en Europe, faites par les voyages vers de nouveaux mondes, naissance d’une bourgeoisie composée de nouveaux riches qui se positionne dans les sphères sociales et politiques imitant totalement les coutumes des nobles, .... La religion prend une place prépondérante dans la vie quotidienne, les avancées de la science sont spectaculaires, de nombreuses technologies innovantes améliorent le quotidien et amorcent la toute prochaine Révolution Industrielle.

L'utilisation de perruques chez les hommes a commencée à être très populaire à la fin du XVIIème siècle, durant le règne, en France de Louis XIV, le Roi Soleil. Et pour illustrer cet engouement, un seul chiffre suffit : en 1680, Louis XIV avait 40 perruquiers qui dessinaient ses perruques, à Versailles !

Et bien évidemment, toute sa cour s’est mise à utiliser des perruques, et comme la France dictait la mode de l'Europe à cette époque, son usage s’étend aux autres pays limitrophes et finalement aux autres continents.



La mode capillaire du « style Louis XIV » se caractérise par de grandes boucles, l’imposante chevelure posée sur les épaules.
Puis, le nouveau roi de France, Louis XV, impose un style plus sobre avec de plus petites perruques pour les hommes et le rigoureux poudrage blanc ou de préférence grisâtre.
En effet, vers 1715, on commence à poudrer les perruques,
pour les blanchir ou les griser et les porter ainsi.
Les familles aisées avaient donc un salon dédié à la « toilette », où elles se poudraient quotidiennement et s’arrangeaient. Les perruques étaient poudrées avec de la poudre de riz ou de l’amidon. Pour cette opération, réalisée par un coiffeur, on utilisait des robes de chambre spéciales et on avait l'habitude de couvrir le visage d'un cône de papier épais.
A cette même époque, les hommes portent aussi une queue de cheval sur la nuque, attachée avec un ruban. Ce style devient  très populaire dans toutes les cours d’Europe.




Vers la fin du XVIIème siècle, l'usage des perruques s’étend aux femmes.
On retient en effet qu’en 1680, la duchesse de Fontange, lors d’une journée de chasse avec le roi de France, Louis XIV, s’est pris les cheveux dans une branche d'arbre. Au lieu de se recoiffer, elle improvisa une coiffure avec les rubans de sa jarretière. Le roi est resté fasciné par cette coiffure accidentelle et l’a priée de la conserver tout le jour durant. Mais le lendemain, toutes les femmes de la cour portaient cette coiffure accidentelle et cette mode a duré jusqu’en 1720.
Puis, la perruque féminine devient très vite volumineuse, encombrante et massive.
En effet, les femmes portaient alors des perruques exubérantes, de 50 à 80 cm de hauteur, parfois plus. A mesure que les années passent, les perruques deviennent plus hautes et plus élaborées, spécialement en France. Les belles dames s'employaient, avec forces dessins préparatoires, à commémorer des évènements et les anniversaires.
Ces perruques féminines généraient cependant quelques problèmes : les cadres des portes avaient dû être surélevés ou reconstruits pour qu'elles puissent passer et à de nombreuses occasions la pression exercée sur le crâne des femmes, par un surpoids massif des perruques, causait des inflammations au niveau des tempes et des malaises.



En réalité, malgré le fait qu'il soit amusant de penser que les femmes utilisaient ces perruques immenses dans leur vie quotidienne, en plus des fêtes où elles allaient, la réalité est différente.
Ce type de présentation capillaires gigantesques a certainement existé, mais seulement pour des occasions très spéciales ou pour des représentations théâtrales. En fait, il est pratiquement impossible de trouver dans les tableaux de peintres célèbres de l'époque montrant ces perruques immenses.
Les femmes « perruquées » utilisaient au quotidien des postiches beaucoup plus sobres et élégants le jour, quoique volumineux et élaborés.
Les perruques sont de couleurs pastelles, comme rose, violet clair ou gris bleuâtre.
Les perruques indiquaient, par leur ornementation, la position sociale plus ou moins importante de celui qui les utilisait.

En France, la comtesse de Matignon payait le coiffeur Baulard 24.000 livres par an pour lui faire un nouveau dessin de perruque chaque jour de la semaine !
Puis, sous le règne de Louis XV, le style nommé « tête de mouton » (ou « tête de brebis ») naît et fait porter de courtes boucles et quelques grosses mèches de cheveux sur la nuque.
Les femmes continuèrent avec les styles extravagants jusqu'à l'arrivée de la Révolution Française, où tout le luxe et l'exubérance de la noblesse furent réprimés par les nouvelles idées républicaines. À partir de là, les coiffures redevinrent plus classiques et plus simples. Et les femmes recommencent à montrer leurs cheveux naturels !!!

Les perruques étaient faites principalement avec des cheveux humains, mais aussi avec du crin de cheval ou du poil de chèvre.

Toutefois, il est important de noter que la majeure partie du peuple, soit environ 80 % de la population, n'utilisait pas de perruques, réservées à la noblesse et à la haute bourgeoisie, parfois au clergé.

Extrait remanié du site
: http://thehistoryofthehairsworld.com/cheveu_18e_siecle.html    
  http://objetsdhier.com/fr/Aff.php?select_nom=280

William Andrews, un écrivain anglais du XIXe siècle, nous narrons que les vols des perruques dans la rue, dans le dix-huitième siècle, étaient monnaie courante !  Voici une manière de procéder :



Et, pour le plaisir ...   Very Happy










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Re: Perruques et Boites à Perruques

Message par Trianon le Dim 23 Avr 2017, 15:48

L'Art dans toute sa splendeur. Merci Eléonore.
Le XVIIIème siècle est en effet étroitement lié avec la beauté (la vraie) même pour y loger ses perruques. Aujourd'hui aussi nous aimons la beauté à voir la jeunesse se mettre des piercings un peu partout sur le visage et sûrement ailleurs. Mais non, je ne critique pas, j'évoque une réalité.... presque tragique de drôlerie.
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