La collection du comte de Reiset aux enchères

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La collection du comte de Reiset aux enchères

Message par La nuit, la neige le Ven 12 Mai 2017, 10:58

J'ai déjà inséré, ici ou là, quelques lots qui seront présentés, le 11 juin 2017, à la vente "Garden Party" organisée par l'étude Rouillac, au château d'Artigny.
En voici quelques autres...

LA COLLECTION DU COMTE DE REISET

Diplomate dès l'âge de 20 ans, ambassadeur extraordinaire, ministre plénipotentiaire, Gustave de Reiset fut un homme politique accompli et reconnu.
Sa passion de l'histoire de France, sa plume circonstanciée, son sens de la conservation du patrimoine et son œil averti pour les beaux objets, firent de lui un homme des Arts tout aussi exemplaire et salué par ses pairs.



Natif de Normandie, c'est dans l'Eure, à Marcilly, que ce conseiller des grands dirigeants européens décide d'installer ses quartiers qu'il retrouve entre deux missions à l'étranger. Ainsi, il rachète en 1842 l'ancienne abbaye cistercienne de Breuil-Benoît alors dans un état de délabrement avancé.
Dès 1857, il la restaure selon l'esprit de " l'archéologie médiévale " que l'on reconnaît aux hommes de lettres de la seconde moitié du XIXe siècle. Avant de rendre l'église au culte et d'y instaurer un pèlerinage annuel voué à saint Eutrope dont il possédait les reliques, il fait reconstruire la nef en la fermant d'un mur formant un chevet droit à la hauteur des transepts.

Face à l'impossibilité de rebâtir également le chœur, il préserve cette partie dans un état de ruine, en accord avec la mode romantique. Il agrémente ce lieu de sculptures médiévales, la plupart fragmentaires, selon une scénographie réfléchie.

Dès les années 1860 des coupures de presse et des rapports d'expositions locales rapportent la présence d'œuvres de toute typologies, périodes et matériaux, prêtées généreusement pour ces occasions par le comte : "C'est dans cette partie de la salle que se trouvent rassemblés les joyaux détachés du riche musée que M. le comte de Reiset a formé dans l'ancienne abbaye du Breuil-Benoît, à quelques lieues d'Évreux : triptyques, ivoires, émaux de grands prix, tableaux de vieux maîtres, manuscrits splendides".
Est-ce influencé par son frère aîné, Frédéric de Reiset (1815-1891), le célèbre collectionneur et historien d'art nommé conservateur des dessins et chalcographie du musée du Louvre en 1850, puis directeur général des musées nationaux en 1874, que Gustave se met à collecter frénétiquement des œuvres ?

Ce grand admirateur de Marie-Antoinette (*Note) rassemble rapidement suffisamment d'archives et d'objets précieux pour même aménager " un musée local " ouvert au public, présentant sur les murs et dans des vitrines spécialement aménagées une grande variété d'œuvres.

Les critiques indiquent que "ses archives sont un trésor aussi précieux que les admirables collections qui font de son château du Breuil une résidence incomparable".
À son décès en 1905, puis celui de son épouse dans les années 1920, une partie de la collection est dispersée en ventes publiques, tandis qu'une autre reste immuablement conservée dans les lieux par ses descendants jusqu'à un changement de propriété dans les années 1990.

Les œuvres présentées dans cette vente sont les rares témoins encore visibles de l'entreprise personnelle d'un haut personnage engagé dans les instances, tant politiques qu'artistiques les plus importantes de la seconde moitié du XIXe. Ces pièces de la collection du "musée de Breuil-Benoît" appartiennent également à une étape exceptionnelle de l'histoire d'un haut lieu du patrimoine normand.

*Note : Il publie un ouvrage sur la reine illustré en grande partie avec l'aide de sa collection : Modes et usages au temps de Marie-Antoinette. Le journal de Madame Eloffe, marchande de modes, couturière lingère ordinaire de la reine et des dames de sa cour, Paris, Firmin-Didot, 1885.


__________


Paire de médaillons en marbre blanc. Portraits de Louis XV et Louis XVI
École FRANÇAISE, dernier tiers du XVIIIe siècle
Suiveur de Jacques-Nicolas ROËTTIERS dit ROËTTIERS de la TOUR (Paris, 1736 - Madrid, 1788)



Le portrait royal en médaillon apparaît au début du XVIe siècle sous l'influence de la première école de Fontainebleau puis est largement diffusé sous Louis XIV, à la faveur du renouveau du goût "à l'Antique" dans les ornements d'architecture.
Au-delà d'un élément d'architecture décoratif, ce type de portrait a pour vocation la glorification de l'image du souverain. Le plus souvent, la typologie est celle des médailles antiques : le roi est représenté de profil dans un encadrement rond ou ovale, le front ceint d'une couronne de laurier à l'image des empereurs romains.
Les plus grands sculpteurs des XVIIe et XVIIIe siècles sont sollicités pour réaliser ce type de portraits royaux. Ainsi Pierre Puget, François Girardon, Edme Bouchardon ou encore Louis-Claude Vassé apportent leurs contributions à
ce corpus.

Ces glorieux médaillons proposent de comparer le roi à un victorieux héros de l'Antiquité, leurs formats permettant de les transporter aisément. Exposés dans de nombreux édifices officiels, ils peuvent se substituer à la présence du souverain dans les provinces.
Il est à noter que l'engouement pour ces médaillons s'accompagne alors d'une nouvelle considération pour les médailles antiques et modernes. Sous Louis XIV est créée l'Académie royale des inscriptions et médailles (1663).
C'est sans doute dans l'entourage des Roëttiers, une dynastie de médailleurs sculpteurs membres de cette Académie, que les médaillons que nous présentons ici sont exécutés.

Le médaillon le plus connu et le plus diffusé figurant Louis XV est celui de Louis-Claude Vassé (1717 -1772). Il orna l'une des cheminées de l'Hôtel de Ville de Paris.

Cependant nos profils de marbre se rapprochent des portraits royaux de Jacques-Nicolas Roëttiers de la Tour (1736 - 1788). Cet artiste, trop souvent confondu avec son père Jacques Roëttiers (1707-1784), fait une importante carrière de médailliste et de sculpteur.
Il est issu d'une dynastie réputée de graveurs en médaille d'origine flamande dont on retrouve les signatures sur différentes monnaies et médailles commémoratives à l'effigie de Louis XV.
Jacques-Nicolas, qui a été apprenti chez son père, est reçu maître orfèvre en 1765, il sculpte différents bustes aujourd'hui conservés à Versailles et exécute notamment un médaillon en marbre (ancienne collection Jacques Doucet) dont les caractéristiques techniques et stylistiques se rapprochent de notre paire de portraits.
Sans doute inspirés d'une médaille, ces profils royaux sont savamment sculptés avec une amplitude et une vigueur, qui prennent tout leur sens regardés avec une certaine distance.
(....)






PORTEFEUILLE de MADAME ROYALE.
Sac de satin blanc brodé or et argent au chiffre de la fille de Louis XVI et Marie-Antoinette ; doublure en satin blanc avec son étui de soie verte.
Fin du XVIIIe.





Provenance : donné par la reine Marie-Thérèse, princesse de France, duchesse d'Angoulême, dite Madame Royale (1778-1851), fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette au Baron Théodore Charlet (1785-1859), secrétaire des ses commandements. Par descendance, collection particulière, Paris.

On y JOINT une lettre de Madame Royale à "Mme la Bon Charlet", en date du 16 mai 1844 se disant "plus touchée que je ne puis l'exprimer des prières de votre petite fille pour mon chien malade" et prenant des nouvelles de sa filleule. Avec une enveloppe.
Les deux petites filles en question sont Caroline Tassin de Vallière devenue Madame de Théméricourt et Thérèse Vosgien devenue Madame de Cormery, filleule de la duchesse d'Angoulême, toutes deux petites-filles du Baron Charlet.




PORTEFEUILLE de la MAISON DES ENFANTS de FRANCE.
Portefeuille en coton bleu tissé en fils d'argent de trois fleurs de lys au-dessus d'un vase flanqué de deux dauphins. Doublure de satin rouge.
Haut. 9,5, Larg. 15,5 cm.



Provenance : donné par la reine Marie-Thérèse, princesse de France, duchesse d'Angoulême, dite Madame Royale (1778-1851), fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette au Baron Théodore Charlet (1785-1859), secrétaire de ses commandements. Par descendance, collection particulière, Paris.

On y JOINT les TESTAMENTS de LOUIS XVI et de MARIE-ANTOINETTE également exposés en 1955 à Versailles. Deux fac-similés bi feuillés in-4° sur papier filigrané aux armes de France. Probablement, la version publiée sous la Restauration et distribuée par Louis XVIII à la Chambre.




École FRANÇAISE de la fin du XIXe,
d'après Jean-Marc NATTIER (Paris, 1685-1766).
Portrait de Madame Sophie.





École FRANÇAISE du XIXe,
suiveur d'Elisabeth VIGÉE-LEBRUN (Paris, 1755-1842)
Portrait de Madame Elisabeth.

Pastel. Haut. 53, Larg. 42,5 cm.



Notre tableau est à rapprocher du Portrait de Madame Elisabeth, anciennement donné à Elisabeth Vigée-Le brun, conservé au Petit Trianon à Versailles (toile, 64,3 x 52,2 cm, MV3962).

Arrow Informations complémentaires et autres lots, visibles ici : https://www.rouillac.com/fr/auction-435-1000412-29_eme_vente_garden_party_i
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Re: La collection du comte de Reiset aux enchères

Message par Mme de Sabran le Ven 12 Mai 2017, 11:11

Merci pour cet exposé !  Very Happy
En effet, quelle magnifique collection ce devait être !!!

Reiset a également écrit sur mesdames de Balbi et de Polastron .

 






J'ai bien-sûr lu le second ...   Very Happy

 

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