Louis XIV, à Versailles ou Marly, comme sur des " Roulettes "

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Louis XIV, à Versailles ou Marly, comme sur des " Roulettes "

Message par Mme de Sabran le Lun 03 Juil 2017, 23:32

La nuit, la neige a écrit:
L’Assemblée nationale est affectataire d’une grande partie de l’aile du Midi, de locaux dans l’aile des ministres Sud, ainsi que du pavillon dit « des Roulettes », dans le parc.

http://marie-antoinette.forumactif.org/t3369-quand-la-republique-s-installe-au-chateau-histoire-du-parlement-a-versailles#100303

...   le pavillon dit « des Roulettes » ,   Qu'es acò ?   Suspect

Activitysimulatorworld.net
Forum dédié à la simulation ferroviaire (MSTS, OpenRails, TS20XX, Trainz, Zusi, ... ) et aux chemins de fer
propose une explication pour les roulettes sur rails de Versailles ou Marly .   Shocked

Cela parait être une adaptation à caractère ludique de la schlitte vosgienne, connue et attestée dès le XVIème siècle,
En outre il a été attesté que dès l'antiquité le grecs utilisaient un passe bateau constitué d'un chariot dont les roues étaient guidée par des ornières parallèles.

Extrait d'un article Wipikédia :

L'un des premiers exemples de chemin guidé est celui du Diolkos, un système permettant aux bateaux de franchir l'isthme de Corinthe en Grèce, construit au vie siècle av. J.-C. Des chariots poussés par des esclaves[réf. nécessaire] et par des bêtes de somme circulaient dans des blocs de pierres entaillés. Ce « chemin de fer » primitif a fonctionné approximativement jusqu'en l'an 900[réf. nécessaire].

Les premiers wagons tractés par des chevaux sont apparus en Grèce et dans l'Empire romain aux alentours de l'an 1, utilisant eux aussi une voie constituée de pierres entaillées.

Rappelons que le mot rail signifie littéralement rainures en anglais et des "railways " primitifs étaient utilisés dans les mines dès la fin du XVIIIème , Le terme chemin de fer est apparu lorsque l'on remplacé les ornières par des barres de fer.
Donc en plus de vingt siècles, que d'occasions manquées d'avoir réellement inventé les chemins de fer !



------------------------Article paru dans LOCO REVUE no 323 de Decembre 1971-------------------------------------------

Si on ouvre le vieux livre de L. Raclé publié au début du siècle sous le titre Les voies ferrées, et si l'on s'arrête à une curieuse gravure illustrant le début du deuxième chapitre, on peut voir que le Roi Soleil jouait à un jeu dit de la « roulette » dans les jardins de la forêt de Marly — jardins qui, à l'époque, faisaient partie intégrante de l'ensemble de Versailles.










L. Baclé voit dans ce fait d'histoire l'utilisation de rails métalliques et ceci en tant que fait curieux pour l'époque déjà ; comme ceci est mentionné dans un chapitre consacré aux premiers chemins de fer et à l'amélioration du roulement des wagonnets, on peut être amené à voir en Louis XIV - avec un brin de fierté - le premier amateur illustre en la matière. Il faut avouer qu'une telle découverte ne saurait laisser indifférents les modélistes que nous sommes, nous qui avons toujours en réserve tel ou tel nom illustre dont nous pouvons nous réclamer pour justifier notre hobby aux yeux des masses sceptiques et goguenardes ! ! !
Et pourtant, la question est sérieuse. Si on ouvre le vieux livre de L. Raclé publié au début du siècle sous le titre Les voies ferrées, et si l'on s'arrête à une curieuse gravure illustrant le début du deuxième chapitre, on peut voir que le Roi Soleil jouait à un jeu dit de la " roulette " dans les jardins de la forêt de Marly - jardins qui, à l'époque, faisaient partie intégrante de l'ensemble de Versailles.
Le livre cité - bien connu d'ailleurs des amateurs d'histoire des chemins de fer réels - appuie ses dires sur une gravure des Archives nationales dont voici la reproduction
:




Cette gravure aurait donc été publiée par la revue la Nature dans son numéro du 12 mars 1881 et la légende fait mention d'un " char dans lequel prenaient place les dames de France ",
poussé à bras d'homme sur cette voie et le Roi, qu'on voit debout à l'arrière, semblait juger de la course ".

Regardons la gravure.   Very Happy
D'abord l'aspect indéniablement ferroviaire de la scène frappe et il semble certain que nous avons affaire à un chemin de fer, même si la légende parle d'un chariot glissant sur des rails A : en effet, le terme de glisser -, qui suggérerait une sorte de toboggan, est tout aussi couramment utilisé pour parler d'un train roulant à vive allure et en douceur sur sa voie. Ensuite on notera les points suivants :
L'emploi du mot " char 2. ou de celui de " chariota fait autant par L. Baclé que par l'auteur de la gravure citée et qui, comme tous les mots de la même famille (charrette, charroi, etc.), impliquent formellement des roues : voir un dictionnaire.
Le fait que trois hommes suffisent pour pousser huit personnes : proportion entre la charge et la force motrice que seule la roue sur rail puisse autoriser (surtout avec la faible qualité de roulement des moyeux de l'époque !.

Tout ceci a fait que. partant de cette gravure, nous étions certains d'avoir sous les yeux la description sommaire d'un chemin de fer et nous avons entrepris quelques recherches à ce sujet. Bien entendu, nous avons commencé par les Archives nationales. Là, les spécialistes du service des plans se sont montrés sceptiques sur l'authenticité de la scène reproduite par la gravure qui pouvait très bien, quant à elle-même, ne dater que du XiXe, c'est-à-dire d'une époque bien postérieure. Mais, malgré tout, on nous donna le conseil de consulter le service des plans et des cartes. Bien guidés par M. Le Moal, il nous fut possible de feuilleter le rarissime Plan des parties hautes et des bosquets de Marly qui date de 1714 (coté O I + 1471) , et ce fut avec une grande joie que nous y découvrîmes les plans suivants : le plan général avec, dans une des allées, la représentation de la " roulette ",  puis les plans de détail.
Sur le plan général, on peut voir que la roulette occupait une des allées situées au sud du bois actuel de Marly (le sud est vers le haut du plan), allée reliant la " Grille du trou d'enfer " (toujours existante) aux réservoirs. En se reportant au guide Michelin Environs de Paris et en l'ouvrant à la page " Marly-le-Roi ", on verra le réservoir mentionné 'sur le plan de 1714 mentionné aussi sur le plan Michelin, mais inversé puisque aujourd'hui le nord est en haut du plan, et on pourra localiser le " Trou d'enter " en se référant au plan Michelin à plus grande échelle de la page suivante du guide.

Mais regardons les plans de détail. On reconnaîtra la plaque tournante de la gravure reproduite par L. Becté et on appréciera le délicieux terme de " cabinet de la roulette " qui a infiniment plus de charme que l'horrible mot de " gare " qui, en outre, est d'origine fluviale (voir, par exemple à Paris, le quartier de la Gare et la porte du même nom, qui bordent le port de la capitale). Evidemment, ce terme aurait, s'il avait connu une fortune plus heureuse, moins séduit les administrations des compagnies et de la SNCF du fait de sa longueur : on imagine mal, en effet, sur les panneaux de renseignements ou les papiers administratifs un " cabinet de la roulette de Paris-Saint-Lazare " ou un " cabinet de la roulette du Nord "... et encore, pourquoi pas?
Les bâtiments des " cabinets " en question sont fort jolis et on remarquera, sur celui qui est dessiné en plan (bas de la feuille), un banc qui occupe deux des parois de ce qui semble être une salle d'attente. Le " chariot " est là et, en observant attentivement le plan, on verra les bancs et les flancs de caisse. Le plan ne donne aucune indication, toutefois, d'ordre mécanique : ni roues ni organes de guidage ou de glissement. On remarquera l'absence de voie entre la plaque tournante et les deux " cabinets ", mais, cependant, un pointillé réunit la plaque à l'un des deux bâtiments, sans que l'on puisse préjuger de sa signification. On comparera avec la gravure reproduite par L. Baclé qui, elle, laisse croire que les deux " cabinets de la roulette " étaient réunis à la plaque par une voie.
La voie est large : toute à la mesure des ambitions de Louis XIV, elle est d'un écartement approximatif d'une toise, soit près de deux mètres. Depuis les " cabinets " jusqu'à la plaque tournante il y a une distance d'environ cinq toises, soit une dizaine de mètres, et la " pleine voie " - si l'on peut dire - s'étend sur quelque 120 toises, soit près de 240 mètres.
Quel est le profil ? Le plan laisse une impression d'horizontalité absolue du terrain, impression confirmée par la gravure cics Archives : et c'est précisément ce détail qui est surprenant quand on va sur place à Marly, puisque le terrain est très accidenté. Il s'agit d'une vallée très profonde (si l'on se réfère à la douceur habituelle des accidents de terrain en Ilede-France), creusée par une rivière orientée presque perpendiculairement par rapport à la " roulette ".

Bien entendu - et malheureusement - il ne reste absolument rien aujourd'hui.
A la mort de Louis XIV, Marly fut progressivement oublié, le mobilier des pavillons fut vendu sous la Révolution, une filature de coton fut installée par la suite, puis les bâtiments furent détruits sous Napoléon
Cependant, nous avons voulu en avoir le coeur net et connaître le maximum de détails sur ce chemin de fer. Le conservateur en chef du château de Versailles nous a adressé à un grand spécialiste, c'est-à-dire un érudit accompli sur Versailles et son histoire : M. Alfred Marie.
La précision extrême des renseignements fournis par M. Marie ne laissent aucun doute : hélas ! ce n'est pas au chemin de fer qu'a joué Louis XIV mais, plus simplement, au jeu, populaire à l'époque, de la " ramasse ", un jeu d'origine suisse et qui consiste en une sorte de traîneau glissant sur une voie en bois, un engin sans doute inspiré des " schlittes " qui descendent le bois des montagnes.
Le roi et les dames de la Cour se laissaient donc descendre à une vitesse vertigineuse le long de la pente et la scène de la gravure et des plans n'est que la mise en place du traîneau' (et non du " chariot ") en haut de la glissière inclinée. Le " chariot " ou le " traîneau " était ensuite poussé à vide vers le sommet, une fois la descente faite, par les laquais qui, entre parenthèses, devaient trouver le jeu moins amusant...
Mais c'était là, déjà, l'éternelle histoire du bonheur des uns qui se fait au détriment de celui des autres...
Pourtant, et malgré l'érudition de M. Marie, nous sommes un peu perplexes et il ne faut pas voir là le fait de la décep-tion d'un amateur de chemins de fer frustré. En effet, si nous nous rangeons à l'avis de cet expert, nous restons interroga-teurs sur l'origine du terme de g roulette " qui est le seul à désigner, sur le plan d'époque, l'engin en question : terme qui indique formellement un véhicule roulant et qui, joint à la mention d'une voie et de plaques tournantes sur le plan, per-met d'affirmer l'existence d'un chemin de fer, même s'il ne s'agit en somme que d'un " scenic railway " ou d'une instal-lation comparable à nos " montagnes russes " de foire, en l'occurrence un véhicule roulant et guidé, abandonné à lui-même depuis le haut d'une pente.
M. Marie estime que le mot de " roulette " pouvait être une expression répandue et approximative comme le sont bien des appellations populaires et il sait, en outre et d'une manière indubitable, que Louis XIV jouait à la " ramasse " à Marly et même à Versailles, où il existait une autre installation. Il reste cependant une petite consolation ferroviaire : des wagonnets sur rails ont été utilisés pour la construction de Versailles et les travaux de terrassement, mais ceci n'a rien d'exceptionnel puisqu'à l'époque on en utilisait déjà dans les mines et ceci depuis le XVe siècle.
Quand même, nous aurions tellement aimé que Louis XIV ait joué au train et non à quelque chose d'approchant, car c'est bien agréable, quand on est amateur, de se réclamer d'une aussi illustre figure. Il ne nous reste plus qu'à chercher du côté de Jules César ou de Ramsès II... ?

Les gens n'étaient pas idiot pour faire glisser quand on pouvait faire rouler... A moins qu'il n'y ait eu crainte de la vitesse peut-être?


_________________________________________________________

Bien que mes compétences en la matière restent limitées, l'article que tu cites me laisse dubitatif. Mais comme il est assez long et rassemble des éléments divers (livre de L. Raclé, article de La Nature, avis d'Alfred Marie), entre les citations et les analyses, on n'en finirait pas. Je m'en tiendrai donc à la gravure - qui est d'ailleurs ton point de départ.
a} Elle attire le regard par une nette opposition entre d'un côté le véhicule, ses occupants ou le petit édifice (très grand siècle) et de l'autre, la plaque tournante et les rails menant de la plaque au garage (d'aspect tout-à-fait moderne).
b} Mais on ne peut rien en déduire tant qu'on ne connaît pas le pedigree de cette gravure : a-t-elle été réalisée selon les indications d'un témoin oculaire (par exemple à la demande du roi) ? ou seulement d'après des témoignages de seconde ou troisième main ? si l'installation elle-même peut-être datée (dernières années du XVIIème siècle), on ne sait rien de la date de la gravure (c'est d'ailleurs rappelé dans l'article) - qui peut tout aussi bien avoir été réalisée d'après les souvenirs d'un vieux courtisan disant à Louis XV : La duchesse de L*** m'a dit un jour que l'illustre arrière-grand-père de Votre Majesté avait fait installer (pas au Louvre - plutôt à Versailles ou peut-être à Marly) une sorte de char qui a longtemps mis toute la Cour en joie. Etc.
c} Par exemple, le fait que trois hommes suffisent pour pousser huit personnes (sans qu'on sache très bien ce qui revient, dans cette argumentation, à l'auteur de l'article et ce qui est dû à L. Raclé) >> c'est en effet ce qu'a représenté le dessinateur ; mais il aurait pu tout aussi bien en mettre trois pour seize ou six pour huit ; sur quoi repose le choix de ce ratio ?
d} Autre exemple encore plus net : la légende de l'illustration est
Fig. 1 - Reproduction d'une gravure des Archives nationales montrant [...] - Chariot glissant sur des rails[...]
___Et l'auteur de l'article d'expliquer que chariot prouve bien qu'il y avait des roues (même si on n'en voit nulle part).
___Mais ce terme de chariot ne fait même pas partie de la gravure ; c'est un commentaire du monsieur (ou de la dame) qui a trouvé la gravure dans un rayon des Archives et l'a publiée dans un journal ou dans un livre. Un peu léger pour y appuyer des preuves étymologiques.
___Pour boucler la boucle, cela n'enlève rien à l'intérêt intrinsèque de la gravure, qui mérite bien le titre que tu lui as donné avec son point d'interrogation.

Si ces infos vous amusent, vous intéressent,  plus de détails, c'est ici : http://forum.activitysimulatorworld.net/viewtopic.php?t=25481

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27320
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum