Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

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Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Mar 22 Aoû 2017, 03:23

Notre rubrique Jeux a été l'occasion d'évoquer brièvement ce curieux royaume d'Etrurie, création du Premier Consul Bonaparte et des ambitions des Maisons des Bourbons d'Espagne et de Parme.

Je consacre donc ce sujet à l'histoire de cet État et plus particulièrement aux motivations politiques et aux intérêts qui ont liés la République Française et les monarchies espagnoles et de Parme, au lendemain de la Terreur sous la Révolution.

Dans cette démonstration, je me réfère à la biographie que j'ai écrite sur Marie-Amelie de Habsbourg, duchesse de Parme, d'où j'ai retiré des extraits concernant directement notre propos.

"....En 1796, avec l'invasion de l'Italie, conduite par le général Bonaparte, sur ordre de la République Française et du Directoire, la monarchie Parmesane devait subir pour la première fois les conséquences majeures de la nouvelle donne en Europe.
Deux ans plus tôt, Ferdinand 1er de Parme avait renoncé à sa politique de neutralité en s'engageant secrètement avec l'Autriche dans la coalition anti-francaise. Le duc de Parme, pour prix de sa soumission, signa l'armistice de Plaisance le 9 mai 1796, sommé de verser deux millions en numéraire, dix mille quintaux de blé et de livrer vingt tableaux de maître qui prirent le chemin de la France.
Pourtant, cette nouvelle hegemonie en Italie ne fut pas entièrement préjudiciable aux Bourbon-Parme dans un premier temps. Des liens familiaux et politiques les unissant étroitement avec les Bourbons d'Espagne, la Cour de Madrid qui avait finalement opté dès 1795, pour une alliance avec Paris lors de la paix de Bâle, un établissement supérieur à leur statut fut envisagé.

À suivre.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Aoû 2017, 09:33

Merci, cher Dominique, pour vos toujours très passionnants exposés !!! Very Happy
... et rappel de vos observations sur la fin du cuché de Parme, en octobre 1802.
C'est ici : http://marie-antoinette.forumactif.org/t3429-la-fin-du-duche-de-parme-octobre-1802#102686

Je trouve très poétique d'avoir relevé le nom presque oublié de l'ancienne Etrurie !
( mon berceau familial du côté paternel )


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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Gouverneur Morris le Mar 22 Aoû 2017, 09:35

C'était la mode néoclassique appliquée à la politique de conquête française : comment ne pas penser à la république parthénopéenne Hop!
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Mar 22 Aoû 2017, 19:28

Suite de notre exposé...

"Malgré un relatif effacement, l'Espagne n'avait pas renoncé à sa politique italienne.
De plus, la reine Marie-Louise, sœur de l'Infant, était devenue la belle-mère du fils du duc et de Marie-Amélie. Dans ces conditions, la reine d'Espagne, Marie-Louise, très ambitieuse pour l'avenir de ses filles, souhaitait une couronne royale pour son gendre. Toutefois, le gouvernement Français, sous le vernis de son hypocrite bonne volonté envers les souverains Catholiques, ne voulait rien accorder facilement et entendait préserver au mieux ses intérêts politiques et stratégiques. Dans cette conjoncture, Bonaparte, Premier Consul en 1800, ne songea pas au prince héréditaire de Parme, mais à son père, le duc Ferdinand 1er.
Un traité préliminaire et secret, dit de Saint-Idelfonse fut signé le 1er octobre 1800 entre le régime Consulaire représenté par le général Berthier et les émissaires de Charles IV.
Pour complaire à l'Espagne, on satisfaisait ses cousins de Parme, mais pour autant la France réclamait en retour une partie de l'empire espagnol dans ses colonies, c'était donnant donnant !

Il était cité en introduction du traité que "Sa Majesté Catholique ayant toujours témoigné beaucoup de sollicitude à procurer à Son Altesse Royale le Duc de Parme un agrandissement qui mit ses États en Italie sur un pied plus conforme à sa dignité", la France emettait en retour "le souhait d'être remise en possession de la Louisiane."
Les articles qui suivent discutent directement du nouveau statut du souverain de Parme :
"La République Française s'engage à procurer en Italie à l'Infant Duc de Parme, un agrandissement qui porte ses États à une population d'un million à douze cent mille habitants, avec le titre de Roi, et tous les droits et preeminences qui sont rattachés à la dignité royale."
Ensuite, il est question de la nouvelle souveraineté territoriale à donner pour le petit-fils de Louis XV :
"L'agrandissement à donner à S.A.R le duc de Parme pourra consister dans la Toscane. Il pourra également consister dans les Legations Romaines ou dans toutes provinces continentales de l'Italie, formant un territoire arrondi."
En échange, "Sa Majesté Catholique s'engage à retroceder à la République Française, la colonie ou province de la Louisiane" et enfin "six vaisseaux de guerre en bon état, percés pour 74 pièces de canon."

À suivre !
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Lucius le Mar 22 Aoû 2017, 19:59

Très intéressant, merci.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Mer 23 Aoû 2017, 09:39

Merci, cher Dominique .    Very Happy    C'est un imbroglio incroyable dont il fallait être très fort  ( Bonaparte )  pour tirer les ficelles .   Les conséquences se répercutent également outre-Atlantique,   les îes à sucre, les tout jeunes Etats Unis d'Amérique .   L'Europe, n'en parlons pas ! est cul par-dessus tête !   Quel binz !

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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Jeu 24 Aoû 2017, 17:02

Suite de notre récit....

Plusieures questions sont soulevées par l'historien. Le duc de Parme fut-il consulté lors des négociations préliminaires à ce traité secret ? Il semble bien que non, et pour le démontrer d'autres articles qui suivrons cette étude le prouverons.
Et si Ferdinand était sans doute favorable à l'extension de son État avec un titre royal, avait-il pour dessein l'abandon de sa souveraineté à Parme ? Le cours des tractations montrera qu'il était fermement opposé à toute renonciation.
Pour Bonaparte et son gouvernement, l'enjeu demeurait le contrôle d'un immense territoire, la Louisiane, cédée par la France à l'Espagne au terme de la Guerre de Sept ans quarante ans plus tôt. En revanche, il apparaît bien étonnant à première vue, que la France de 1800-1802 aie caressé la volonté d'avantager à ce point un Bourbon, même si elle avait renoué avec des formes pré-monarchiques sous le Consulat. Le duc de Parme était tout de même le petit-fils de Louis XV, le cousin de Louis XVI, le beau-frère et le cousin germain de Charles IV, roi d'Espagne,  le beau-frère de Louis XVI et de Marie-Antoinette et l'époux d'une archiduchesse d'Autriche...!!! Mais Bonaparte voulait endormir les souverains espagnols en facilitant leurs cousins de Parme. La reine Marie-Louise, très ambitieuse et imbue de sa naissance, était issue de cette branche et n'avait d'autre but que de faire la gloire des siens, quels que soient les moyens employés.
L'objectif immédiat de Bonaparte représentait la mainmise sur la Louisiane au moindre coût en dupant Charles IV et sa femme, sur l'énorme perte coloniale qu'ils allaient faire. Pour la France, d'autres intérêts geo-politiques outre-Atlantiques concernant Saint-Domingue et les États-Unis avaient été étudiés dans la balance, notamment par Talleyrand, mais ces aspects dépassent le cadre de notre étude et ne seront pas développés.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Aoû 2017, 17:07

C'est vraiment passionnant !
Merci, merci, cher Dominique !!!

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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Jeu 24 Aoû 2017, 18:01

Suite de notre récit...

Six mois plus tard, lors du traité d'Aranjuez, les conditions de Saint-Idelfonse sont partiellement annulées.
Il n'est plus question de l'Infant-Duc, mais de son fils Louis, Prince héréditaire de Parme et gendre du roi d'Espagne. La France lui octroie le Grand-Duché de Toscane, érigé en royaume, mais en contrepartie Ferdinand 1er doit renoncer formellement à sa souveraineté sur les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla.

Pourquoi ce retournement de situation ? On sait que Bonaparte n'avait pas bonne opinion de l'Infant qu'il jugeait paresseux et de plus trop proche des Bourbons de France par sa naissance. Il est très vraisemblable également que sa sœur, la reine d'Espagne intrigua auprès de la France pour que la couronne de Toscane échoit sur les têtes de son gendre et de sa fille. De Paris, cela ne changeait guère, Louis de Bourbon-Parme valait bien son père...
Ferdinand 1er réputé pour un faible, allait-il tout accepter sans discuter, en ramassant une grosse indemnité en guise de consolation ? Coup de théâtre ! Le duc rejetait sans appel les dictats du gouvernement Français. Les objections du duc compliquèrent alors le processus politique en cours et impatientèrent Paris et la Cour d'Espagne. Marie-Louise de Parme, dans la joie trop précoce de voir sa fille reine de Toscane, était consternée et déclamait dans une folle inconscience à son favori Godoy :
"Qu'il est égoïste, ne voulant en faire qu'à sa tête, et selon sa sainte volonté, refusant de se gêner un instant et de devoir rien à personne ! Quel homme !"
Lucien Bonaparte, Ambassadeur de France à Madrid, était sollicité par Talleyrand :
" Faites vos efforts pour arriver à la renonciation pure et simple du vieil élève de Condillac, car il est possible que nous soyons dans le cas de disposer de son duché par des arrangements en Italie. Peut-être la Sardaigne trouverait-elle une partie de  sa compensation ?"

On finit par trouver une solution. Le duc de Parme continuerait à régner, mais seulement à titre viager, mais l'Infant était amputé de ses prérogatives dans son gouvernement. On était loin des articles de Saint-Idelfonse !!
Au mois d'avril 1801, un Administrateur Général, Moreau de Saint-Mery était nommé par Bonaparte et des ordres formels étaient donnés pour mettre sous séquestre "les meubles, l'argent, les bijoux et les papiers" du palais de Colorno, résidence principale du duc et de la duchesse de Parme.
Cette ingérence de la France dans les affaires intérieures de Parme illustre désormais la fonction fantoche du souverain réduit à sa plus simple expression. Ferdinand et Marie-Amélie ne semblent même plus maîtres de leurs biens.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Sam 26 Aoû 2017, 11:22

Merci ! Nous suivons votre fresque avec intérêt, Domi, même si c'est ardu ! Very Happy

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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Lucius le Sam 26 Aoû 2017, 11:42

Presque aussi bizarre que les relations rocambolesques de Bonaparte avec les souverains espagnols !
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Sam 26 Aoû 2017, 11:52

Oui, c'est fou . Shocked L'unification de l'Italie viendra bientôt mettre un terme à toute cette cuisine politique .

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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Comtesse Diane le Sam 26 Aoû 2017, 13:32

C'est le mot . Les grands font leur cuisine, et l'Europe se construit .
Votre science m'époustoufle, Domi. cheers

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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Dim 27 Aoû 2017, 15:13

Suite de notre récit....

"Quant à leur fils, son nouveau royaume est baptisé Étrurie, la mode était alors dominée par le retour à l'antique.
Mais avant de prendre possession de sa nouvelle souveraineté, Louis Ier doit se présenter à Paris où il sera reçu avec tous les honneurs dus à son rang.
Étonnant retour de l'histoire !  La France régicide huit ans plus tôt, accueille le propre neveu de Marie-Antoinette, et un cousin de Louis XVI, dans un tourbillon de festivités sous les yeux ébahis des Parisiens.

Le 8 juin 1801, Talleyrand, en grand seigneur de l'Ancien Régime, qu'il n'a jamais cessé d’être, donne une grande fête de nuit en l'honneur de Leurs Majestés le roi et la reine d’Étrurie au château de Neuilly. À cette occasion, on se surpasse en imagination comme si on voulait se laver du manteau macule des sanies de la Révolution. Pas moins de mille invités déambulent dans le château et le parc. Un concert, sous les voix de Mmes Grassini et Scio, suivi d'un feu d'artifice, enfin d'un souper "renouvelé cinq fois dans la nuit" animent la soirée au milieu des décorations florales commandées chez les meilleurs fournisseurs de la capitale.
Lorsque minuit sonne, une beauté à couper le souffle, l'ensorcelante Pauline Bonaparte ouvre le bal au bras du flambant neuf roi d’Étrurie. "Cette fête fut réellement un chef d'oeuvre de génie artistique et courtisanesque" dira Norvins.

Courtisanesque ? Sûrement. Car dans les coulisses, la réalité est plus déplaisante. Louis de Bourbon-Parme ne trouve pas grâce au nouveau maître de la France qui le qualifie cruellement de "triste Sire". Enfin, tardivement informé de ses maux épileptiques, Napoléon Bonaparte fait savoir qu'il déplore son choix et qu'il aurait mieux fait de le laisser "où il était"...

Pour sa part, le roi d’Étrurie, installé à Florence à partir de la fin du mois de juillet 1802, ne tardera pas à mesurer les limites exiguës de son pouvoir, la France observant la Toscane comme "une province conquise et sujette". En définitive, Louis Ier sera toujours un souverain d'opérette et son royaume un satellite soumis aux volontés de la France. La factice couronne d’Étrurie se solde par un marché de dupes.

À Parme, l'Infant-Duc, dépouillé de toute responsabilité directe et étroitement surveillé par l'Administrateur Moreau de Saint-Mery, tombe dans une dépression profonde, la politique de la France et de l'Espagne s’étant faite sans lui et contre lui.
Le sort va continuer à le tourmenter. Alors qu'il s’était retiré à l'abbaye des capucins de Fontevivo et qu'il assistait à une représentation théâtrale, Ferdinand 1er se plaignit de douleurs abdominales au point d'en perdre la vie le 9 octobre 1802 à cinquante et un ans.
Au cours de son agonie, le duc de Parme confia l'intime conviction d'un empoisonnement ordonné par les Français. Cette thèse fut longtemps soutenue, le maintien du souverain sur son trône, constituant davantage une gêne qu'un atout pour le régime Consulaire. En revanche, certains historiens pensent que Ferdinand Ier aurait plutôt été victime d'une infection proche du choléra. La question reste posée de nos jours.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Dim 27 Aoû 2017, 16:00

Note à l'attention des lecteurs :

Je précise que ce récit constitue dans un premier temps une introduction préliminaire à l'histoire de la création du royaume d’Étrurie, formation qui s'est élaborée sous l'égide de la France Consulaire et des dynasties des Bourbons d'Espagne et de Parme, moins de dix ans après la décapitation de Louis XVI et de la Terreur.

Ce récit a été écrit par mes soins en 2006 et 2007 dans le cadre d'une biographie consacrée à Marie-Amélie de Habsbourg, duchesse de Parme (1746-1804), femme du duc Ferdinand 1er et mère de Louis 1er, roi d’Étrurie.

J'ai l'intention de développer notre sujet "Les Bourbons d'Espagne et de Parme et le royaume d’Étrurie" car depuis 2007, j'ai entrepris beaucoup de recherches à partir des sources françaises disponibles, essentiellement sur la base de documents et de travaux antérieurement publiés mais méconnus.
Je diffuserais progressivement les ressorts de la genèse de la création de ce curieux royaume, une partie de la correspondance des diplomates, ambassadeurs, et évidemment celle du Premier Consul Bonaparte, du roi et de la reine d'Espagne et celle du duc de Parme.
Je diffuserais également des développements à notre sujet au delà de la période 1800-1802, en relatant le court règne de Louis 1er, puis la régence de la reine Marie-Louise au nom du jeune duc Charles-Louis Ier, jusqu'à la destitution des Bourbons-Parme de Florence en 1807 puis celle des Bourbons d'Espagne en 1808.

Les Bourbons et Napoléon Bonaparte ne pouvaient pas s'entendre ! Mentalités, conditionnements, capacités, tout les opposait et rien ne pouvait et ne devait les réunir !
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Lucius le Dim 27 Aoû 2017, 19:51

Voila qui est passionnant !

Vous le décrivez se retirant dans un monastère. Avait il le tempérament sombre et d'une piété exalté qu'avait son grand-père Philippe V ?
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Dominique Poulin le Dim 27 Aoû 2017, 20:34

Cher Lucius,
Pieux oui, le duc de Parme l'était, on le decrivait même comme un bigot. Un contemporain proche de lui (Du Tillot ? Il faut que je retrouve cela...) lui écrivit afin de prendre garde à ne pas donner l'image d'un prince déguisé en moine !
Ceci dit s'il était ouvertement clerical, il aimait les plaisirs et était connu pour avoir beaucoup de maîtresses.
Je vous conseille de lire "l'Infant de Parme" de Elisabeth Badinter qui présente le jeune prince entouré de grands precepteurs aureoles de l'esprit des Lumières (L'abbé de Condillac par exemple), et qui son éducation terminée, jettera à bas tous les préceptes philosophiques qu'on lui a enseignés, pour faire place à une politique de réaction, et en premier lieu à chasser son Premier Ministre, Du Tillot, sous l'emprise de sa femme, jalouse et autoritaire, l'imperieuse Marie-Amelie, sœur de Marie-Antoinette.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Lucius le Dim 27 Aoû 2017, 20:49

Avez vous lu l'ouvrage de Suzanne Vargas sur Philippe V ?
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Message par Dominique Poulin le Dim 27 Aoû 2017, 20:56

Oui Lucius, je le possède. Très bon livre, écrit par une plume très fine et très psychologue.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Lucius le Dim 27 Aoû 2017, 20:56

J'ai beaucoup aimé aussi. C'est après seulement que j'ai découvert qu'il s'agissait d'une grand'tante !
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Message par Lucius le Dim 27 Aoû 2017, 21:00

Pour en revenir à votre sujet, la bigoterie du duc n'a pas spécialement influencée sa vision politique ? Ou au contraire ? (on peut être réac au XVIIIe sans être bigot, regardez Artois), ou bien n'était-elle inspirée que par sa femme ?
Son éducation philosophique est-elle entrée en conflit avec sa piété ?

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Message par Dominique Poulin le Dim 27 Aoû 2017, 21:22

Je pense que Ferdinand Ier de Parme a réagi à contrario contre tout l'enseignement qu'il a reçu et une partie de son entourage, par un phénomène de rejet, de réaction, de ras le bol. On lui a prescrit dès la naissance ce qu'il devait faire, ne pas faire, ses parents sont morts très tôt, sa mère quand il avait 9 ans, son père à quinze ans...il s'est retrouve seul à Parme.
Je ne nie pas ses convictions cléricales, sinon il n'aurait pas été aussi loin en brisant l’œuvre de son père et celle de Du Tillot. Sa femme, à mon avis n'avait pas de ligne politique claire, elle a réagi par caprice et par jalousie en déclarant une guerre ouverte à Du Tillot et en se mettant à dos sa mère, Charles III d'Espagne et Louis XV.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Dim 27 Aoû 2017, 21:55

Lucius a écrit: (on peut être réac au XVIIIe sans être bigot, regardez Artois),

Alors c'était en germe, parce que c'est bien ce qu'il est devenu .

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Message par Dominique Poulin le Dim 27 Aoû 2017, 22:01

Oui, après la mort de sa compagne, Mme de Polastron en 1804, il est devenu bigot et cette dernière lui avait fait promettre sur son lit de mort de se consacrer entièrement à Dieu et d'être sobre.
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Re: Les Bourbons d'Espagne et de Parme, et le royaume d'Etrurie

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Aoû 2017, 08:59

Mais oui, même si la bigotterie ne viendra qu'après la mort de Louise, cette métamorphose ( il n'y a pas d'autre mot ) du comte d'Artois dès qu'il se met à l'aimer est tout bonnement incroyable . Quand on se souvient de la dissipation de sa jeunesse !

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