Un mariage manqué du duc d'Angoulême

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Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Sam 9 Sep - 17:25

Dominique Poulin a écrit:
Bombelles, quel irremplaçable informateur pour nous ce marquis, parle du projet de mariage du duc d'Angoulême et d'Adélaïde d'Orleans.
J'avais il y a quelques années diffusé des posts complets sur ce projet à la "Conciergerie", avec des extraits de la plume de Mr de Vireu, ambassadeur de France à Parme, sous le titre "Un mariage manqué du duc d'Angouleme".
Si l'un d'entre nous souhaite le transférer ici, ce ne serait que bénéfique pour le forum car il lui revient de droit. Je n'ai pas les lumières techniques pour le faire de mon côté.
.

Ah mais, Domi, vous savez bien que c'est ma spécialité !  
Je me souviens, du reste, que je vous donnais la réplique en citant la baronne de Méré .

Or donc, vous nous disiez :

Dominique Poulin a écrit:
Contrairement à ce que presque tous croient, y compris pas mal d'historiens, le duc d'Angoulême n'était pas promis en 1789 à Madame Royale mais à la princesse Adélaïde d'Orléans, fille du duc Philippe Égalité !!! Et c'est vrai de vrai ! Les fiançailles furent officialisées à Versailles au début de l'année et le mariage devait se faire le jour de la Saint-Louis en août. Évidemment avec les bouleversements révolutionnaires et le départ du comte d'Artois et de ses fils en juillet, le projet tomba dans les oubliettes !
De plus, même sans le départ du comte d'Artois, il n'est pas sûr que le mariage se serait fait, car le duc d'Orléans, père de la fiancée, avait fait pas mal de vagues comme nous le savons... Mais sur le fond, cette alliance de la famille d'Artois avec les Orléans, à la veille de la Révolution m'a toujours semblé très surprenant, à l'exception qu'Artois et Orléans ex-Chartres avaient été des compagnons de plaisir pendant leur jeunesse.

Ceci dit, cela remet en cause la légende de la bénédiction du couple royal pour le mariage de Madame Royale avec Angoulême juste avant la Révolution, même si à mon avis cette idée avait germé dans la tête de Louis XVI et de Marie-Antoinette, mais sans trancher la question. Toutefois, de fait, ils avaient a priori abandonné le projet, face à l'alliance Angoulême-Orléans.

Ces détails se fondent sur les biographies de Louis-Philippe Ier, frère d'Adélaïde d'Orléans, notamment celles de Guy Antonetti et celle de Madame Castillon du Perron et celle de Philippe-Égalité par Mme Lever. De plus, j'ai retrouvé des détails inédits dans la Correspondance publiée de l'Ambassadeur de Parme à Versailles qui dans ses dépêches diplomatiques donne des renseignements très informés sur ce projet de mariage.

En effet , cher Dominique, ce projet de mariage est très intéressant . J'ai lu, sous la plume de la baronne Guénard de Méré , qu'il tenait particulièrement à cœur à Mme de Lamballe . Elle souhaitait si fort un rapprochement entre les Bourbons et les Orléans que ce serait elle qui aurait présenté la chose à Marie-Antoinette d'abord . Le projet aurait capoté ensuite, à la grande vexation du duc de Chartres ( futur Égalité ). Mme de Méré ignore la cause .
Je vais tâcher de retrouver l'extrait .
Je suis très curieuse d'apprendre tous les détails que vous nous donnerez sur cette affaire !!!

J'ai retrouvé le passage où Mme de Méré relate ce projet de mariage qui tourna court :

Madame de Lamballe , effrayée plus que jamais des dangers que courait la famille royale, si elle avait à compter au rang de ses ennemis un homme aussi puissant que son beau-frère, crut qu'elle devait tout employer pour le réconcilier avec la Reine, qu'elle savait qu'il haïssait bien plus que le Roi ; et malgré son éloignement pour tout ce qui tenait aux intrigues politiques, son attachement l'emporta sur son goût; et ayant consulté M. le duc de Penthièvre et Mme la duchesse d'Orléans, il fut convenu que les deux princesses négocieraient un accomodement; que Mme de Lamballe parlerait à la Reine, et que Mme d'Orléans rendrait à son époux les propositions qui seraient faites . ( ..... )

Mme de Lamballe se rend à Versailles et sollicite un entretien avec Marie-Antoinette . Elle lui expose que le duc est entouré d'hommes bien dangereux qui pensent, qui écrivent pour lui, qui agiront pour lui si nécessaire . Ces hommes, assure t-elle, et parmi eux surtout Mirabeau, ont la plupart du génie, de l'éloquence, de l'audace, et il n'est pas douteux qu'ils le mèneront plus loin qu'il ne veut aller .

---- Quels moyens employer ?
demande Marie-Antoinette.
---- Flatter l'ambition du duc; chercher dans son coeur le sentiment le plus puissant qui y règne, son amour pour ses enfants . Je n'ignore pas que le projet du Roi a toujours été de marier Madame à M. le duc d'Angoulême, et d'unir ainsi deux enfants qui lui sont chers ( ...... ) Il serait nécessaire de renoncer à un projet formé dans des temps plus heureux, et de faire pressentir au duc qu'il serait possible, s'il renonçait à ses projets ( de subversion politique ) de marier M. le duc d'Angoulême avec sa fille.
---- Le Roi n'y consentira jamais , il se fait un si grand plaisir d'unir Madame à son neveu.
---- Vous lui ferez vouloir, Madame, en lui peignant les maux que le mariage que je propose éloignera de la France, en lui peignant les horreurs d'une guerre civile qui est certaine si M. le duc sépare entièrement ses intérêts de ceux de la Cour ( ..... ) Quant à M. le comte d'Artois, il vous est sincèrement dévoué; ainsi il vous sera facile de le faire entrer dans vos vues; mais ce n'est pas assez d'avoir la fille du duc pour otage de sa réunion à la famille royale, il faut l'enchaîner encore par une alliance brillante avec une tête couronnée ( ..... )
---- Et quelle serait cette alliance ?
---- Une que votre Majesté pourrait bien aussi lui ménager, puisque c'est une de ses nièces dont il s'agit, l'infante de Naples pour son fils .


--- Vous pensez bien, poursuit la princesse de Lamballe, que si on réussissait à faire ces deux mariages, comme je n'en doute pas, quand même il voudrait rester l'âme du parti, ils auraient une telle méfiance de lui, qu'il ne pourrait plus avoir la moindre influence; et les désagréments qu'il éprouverait, le rejetteraient bientôt dans le nôtre . D'ailleurs, je le répète, il chérit ses enfants; et la reconnaissance qu'il vous aurait, Madame, de ces brillantes alliances, effacerait dans son esprit les sujets de haine que son exil et surtout la perte de ses espérances pour la charge de grand amiral, lui ont donné, en voyant cette charge que le Roi destine à M. le duc d'Angoulême, occupée par l'époux de sa fille , il se consolerait de n'en avoir pas été revêtu .

Marie-Antoinette convient de la justesse du raisonnement de Mme de Lamballe . Mais pour ne pas compromettre la Reine, il fut convenu que la duchesse d'Orléans en parlerait d'abord à son mmari comme d'une idée qu'elle avait eue pour opérer une réunion qu'elle désirait si vivement qu'elle tâcherait d'y faire consentir la Reine, s'il l'agréait, et s'il était décidé, en cas qu'on l'acceptât, de renoncer à ses projets .
---- De cette manière, on sondera ses dispositions, et vous ne paraîtrez, Madame, que vous rendre à ses désirs, lorsqu'il remplira les vôtres .

Tout fut convenu de la sorte .  Il est bien certain que si ce projet eût réussi, il eût épargné des flots de sang . Madame d'Orléans, qui en désirait l'exécution, ne tarda pas à en faire part à son époux qu'elle trouva disposé à s'y prêter bien plus qu'elle ne l'avait imaginé . Surtout l'alliance avec le Roi de Naples le flattait infiniment ; et, comme au milieu de son prétendu patriotisme, il ne rêvait que couronne pour lui et pour ses enfants, il voyait par un mariage avec la branche de Bourbon régante à Madrid et à Naples la possibilité qu'un jour, un de ces trônes venant à vaquer, les femmes n'étant pas comme en France exclues du droit à la couronne, ses petits-fils régnassent ou en Espagne ou en Italie .
Tel était cet homme qui parlait des grandeurs avec tant de mépris !

La chose qui l'inquiétait le plus ( Orléans ), c'est qu'il redoutait un refus, et qu'on le sût dans le public, disait-il; mais dans le vrai ce qu'il craignait, c'est que ses amis de Passy ne fussent informés qu'il entrait en négociations avec la Cour .

Bingo . Je fais ici un petit aparté : Mme de Méré a une idée bien précise de ce que sont ces amis de Passy du duc d'Orléans .

Les conférences nocturnes  qui s'étaient tenues à Paris furent transférées à Passy . ( chez les Boulainvilliers que Mme de Méré cite ailleurs comme excellents amis du duc ) . Les conseillers au parlement n'y assistaient plus; il fallait des hommes plus propres aux vues désorganisatrices des chefs de la faction ( ..... ) Il y avait parmi eux des hommes d'un grand génie . ( Elle cite Mirabeau )

Madame la duchesse le rassura sur ce dernier article , en lui jurant que personne au monde n'en serait instruit, et qu'elle se chargeait seule d'en parler à la Reine . Elle se garda bien de nommer Mme de Lamballe; elle savait qu'ils ne s'aimaient pas, sans en pénétrer la cause .

Orléans promit . Tout semblait aller comme sur des roulettes . Le Roi n'était pas encore parfaitement décidé, mais le comte d'Artois consentait .
Le Roi voulait avoir la certitude que son cousin se séparerait du Tiers Etat . On dressa donc les articles dont le premier fut que le prince donnerait à sa fille, qui n'avait que douze ans, quatre cent mille livres de rente en la mariant, dont elle jouirait tant qu'elle resterait à Belle-Chasse où elle devait demeurer jusqu'à ce qu'elle eût atteint sa quinzième année ; et lorsqu'elle serait réunie à son mari, M. d'Orléans devrait ajouter aux revenus de Mme la duchesse d'Angoulême six cent mille livres .
Qui n'aurait pas cru en voyant M. le duc d'Orléans stipuler la dot et prendre de tels engagements qu'il ne changerait rien à un traité qui aurait dû le mettre au comble de ses voeux ?
Cependant il n'y eut aucune suite, soit que le Roi ne vît qu'avec peine une union qui le forçait à renoncer au mariage qu'il projetait depuis la naissance de sa fille, soit, comme le pense un auteur qui paraît assez instruit, que le duc d'Orléans changeât d'avis, soit enfin que les meneurs eussent eût quelques soupçons d'un arrangement qui leur enlevait ce prince dont la fortune leur était si nécessaire .
Cette négociation fut abandonnée, et le prince, loin d'être touché des marques de bonté qu'il avait reçues, n'en parut que plus acharné dans ses projets de vengeance .

Dominique Poulin a écrit:Ouh là là ! Vous me donnez des sueurs froides... J'avais bien raison, le débat fait rage. Les détails provenant de Mme de Méré sont très intrigants, je ne les connaissais pas. Et pour le coup, j'ai imprimé toutes les sources pour les lire à tête reposée... Mais au juste, c'est qui cette Mme de Méré ? je connaissais une parente de la marquise de Maintenon sous ce nom, mais pas celle-là... C'est qui ?  Shocked

A tous, je réunis toutes mes sources ce weeck-end et je vous présente mon rapport détaillé lundi avec les extraits de correspondance du bailli de Virieu, ambassadeur de Parme en France en 1789 qui nous révèle des informations bien intéressantes à ce sujet, mais je pense aussi qu'il ne confie que ce qu'il c'est et sans extrapoler davantage...

Pour faire suite à ce qui été dit, l'intercession de Mme de Lamballe est possible, après tout. En tant que belle-soeur d'Orléans, elle servait sans doute de tampon entre son beau-frère et Marie-Antoinette... Mais je doute fortement que la reine fut favorable à ce mariage. Pour ce qui est du comte d'Artois, il a vraisemblablement donné son accord, puisque les fiançailles furent déclarées publiques au printemps. Mais je trouve qu'à cette époque, juste à la veille de la Révolution et alors que tant d'antagonismes personnels et politiques fermentaient à la Cour et à Paris, la marge de manœuvre était étroite entre la famille royale et les Orléans. Mais ces fiançailles ont bien eu lieu.

Adélaïde d'Orléans ne s'est jamais mariée. Son frère a tenté quelques projets pour elle pendant l'exil, mais Adélaïde ne représentait pas un très bon parti. En 1815, elle était mûre et n'était plus mariable.


Fleurdelys a écrit:
En tout cas c`était le voeu de Provence d`unir sa nièce à son neveu Angoulême voici une lettre écrite par Louis XVIII à propos de ce projet de mariage :

Le mariage d`Angoulême, mon neveu, avec Marie Thérèse, ma nièce, a toujours été l`objet de mes plus chère désirs; mais, jusqu'à présent, je n`ai pu accomplir cette union, non, que la cour de Vienne s`y soit formellement opposée, mais une demeure établie. l`empereur Paul a levé cette osbtacle par asile qui ma donné à Mittau. Cependant, son appui son encore bien nécessaire, car quoique, je vienne de dire à la cour de Vienne ne s`est pas opposée formellement au mariage, je n`ai pas la certitude qu`elle remette ma nièce entre mes mains à ma seule réquisition.Je charge donc M. de St-Priest d`émouvoir l`âme sensible de Sa majesté Impériale en faveur d`une union aussi touchante, et de l`engager à en faire sa propre affaire. Alors je n`aurai plus d `inquiétude du coté de Vienne et je saurai certain que l`Empereur François n`opposera plus de difficulté.

Source:
La jeunesse de la Duchesse d`Angoulême d`Imbert de St Armand p: 209/210

Fleurdelys


Je tombe sur l'information sous la plume de Castelot qui nous la fait très courte :

Philippe vient de recevoir un nouveau camouflet de la Reine . A l'instigation de la princesse de Lamballe, un projet de mariage entre le petit duc d'Angoulême, fils aîné du comte d'Artois, âgé alors de douze ans, et Mlle d'Orléans qui venait de dépasser sa dixième année, avait été agité. Marie-Antoinette, mise au courant, avait levé les bras au ciel et son dédain, on s'en doute, avait touché profondément l'orgueil du duc d'Orléans .


Gouverneur Morris a écrit:
Effectivement, nous avions déjà discuté de ces surprenantes fiançailles, dont la redécouverte s'était déjà heurtée à l'incrédulité générale .

Quels qu'aient été les vœux du couple royal avant 1789 pour leur fille, il semble qu'aucun engagement d'ordre juridique ou religieux n'ait jamais été pris.

La nécessité de neutraliser Orléans avant les États-Généraux me paraît une raison suffisante pour justifier de telles compromissions. Sans compter le riche établissement que cela procurait à Angoulême.

Par ailleurs, la Reine pouvait toujours espérer garder sa fille auprès d'elle en lui réservant Berry.

Enfin, je rappelle l'extrême difficulté avec laquelle Louis XVIII fit revenir auprès de lui l'Ange de la Miséricorde. Faire monter la sauce autour du vœu pieu qu'auraient formulés le Roi et la Reine quant à l'union Royale-Angoulême lui permettait de mieux s'opposer aux projets de l'Empereur d'établir celle-ci avec l'archiduc Karl-Ludwig, en attribuant un motif honorable au double refus de l'oncle et de la nièce.

Rappelons que Louis XVIII fit délibérément capoter cette alliance si désirée par l'Empereur François II afin d'éviter d'éventuelles revendications ultérieures de l'Autriche sur la Lorraine, voire l'éventuelle émergence d'un projet de restauration Mme Royale/Karl-Ludwig sur le trône de France.

Vous faites bien de nous rafraîchir la mémoire, car les bouleversements politiques de la première moitié du XIXème sont la résultante du chao de la Révolution et la continuation des destins de maints contemporains de Marie-Antoinette . On est très étonné de retrouver les rescapés de la tourmente et de voir leurs vies se réorganiser ...

Ah oui, quant à la pauvre Adélaïde, elle resta effectivement vieille fille malgré les rêves de mariages anglais de son père (notamment avec le Prince de Galles).

Nouvelle Madame Adélaïde, richissime héritière de la fortune retrouvée des Penthièvre et des Orléans en 1815, elle passe pour avoir été l'éminence grise de son frère sous la Monarchie de Juillet (ce serait d'ailleurs elle qui l'aurait convaincu d'accepter la couronne).

Nous la connaissons tous dans le langage courant. C'est en effet elle la fameuse tante chez laquelle le duc d'Orléans (héritier de Louis-Philippe Ier) prétendit avoir oublié la riche montre offerte par sa mère, et que cette dernière s'étonnait de ne pas lui voir porter. Elle était alors en gage au Mont-de-Piété  .
En effet, Louis-Philippe et Eugène-Adélaïde avaient toujours été très proches, mais ils le sont plus encore après les disparitions successives de Montpensier et Beaujolais leurs cadets . Enfin, ils sont véritablement soudés contre le tandem Marie-Adélaïde / Rouzet de Folmon .


A la lecture de la biographie d'Egalité par A. Castelot, je suis confortée dans mon idée que c'est une suite de vexations cuisantes qui précipitent Orléans dans la sédition . Du reste le dit-il lui-même positivement à Brissot :
Ne croyez pas que si j'ai fait cette levée de boucliers contre le Roi, ce fut pour servir un peuple que je méprise et un corps ( le Parlement ) dont je ne fais aucun cas, mais j'étais indigné qu'un homme me traitât avec cette insolence .
Louis XVI venait une fois de plus de l'exiler à Villers-Cotterets après la fameuse séance du lit de justice.


Gouverneur Morris a écrit:
KIKI a écrit:
Gouverneur Morris a écrit:
Par ailleurs, la Reine pouvait toujours espérer garder sa fille auprès d'elle en lui réservant Berry.

Berry, vous croyez ?   Où l'avez-vous lu ?

Oh, pure spéculation de ma part. Ce que je veux dire, c'est qu'on pouvait à la fois neutraliser Orléans et garder Mme Royale en France, les deux n'étaient pas incompatibles. D'autant plus qu'en tant que fille de roi, Mme Royale duchesse de Berry aurait tout de même gardé la préséance sur Mlle d'Orléans duchesse d'Angoulême.


Dominique Poulin a écrit:
Le mariage en exil de Madame Royale avec son cousin germain le duc d'Angoulême en 1799 représentait l'aboutissement d'un ancien projet caressé une décennie plus tôt par Louis XVI et Marie-Antoinette. Et pourtant ! les jeux n'étaient pas aussi faits à la veille de la Révolution !
Certes, il ne fait pas de doute que les souverains envisageaient favorablement l'union de leur fille Marie-Thérèse avec le fils aîné du comte d'Artois mais dans un tel cas de figure la diplomatie française pouvait y perdre beaucoup, les princesses royales de la branche aînée convolant de préférence avec des princes étrangers. Il semble que le roi et la reine aient songé pour leur fille aux princes héritiers de Naples et de Suède, mais aucune disposition sérieuse ne fut prise en ce sens, peut-être en raison des évènement pré-révolutionnaires et de la maladie du dauphin qui focalisaient toute leur attention.
On en était là, lorsqu'au début de 1789 la Cour bruissa de rumeurs annonçant le mariage du duc d'Angoulême avec la princesse Adélaïde d'Orléans. Le bailli de Virieu, ambassadeur de Parme en France confiait dans sa dépêche diplomatique du 22 février que "le bruit public est que le duc d'Angoulême épouse la fille du duc d'Orléans, que le duc de Chartres est fiancé à une princesse de Naples, et que Madame, fille du roi, est promise au prince royal de Naples, mais cette dernière nouvelle mérite confirmation."

Le 2 mars, Virieu paraît plus explicite :
"Le mariage du duc d'Angoulême est assuré par tout le monde, les deux autres sont incertains. Le départ de la duchesse d'Orléans pour Amboise aurait été amené par ce mariage. Le comte d'Artois, ou plutôt le roi, assure un million par an aux nouveaux époux. Le duc d'Orléans assigne en dot à la nouvelle mariée 500 000 livres de revenus et lui remettra un million comptant le jour des noces.
M. le duc d'Angoulême est dans une très belle position, il a la chance de régner un jour ; on ne croit pas se tromper en annonçant que cette probabilité qui a déterminé le duc d'Orléans à faire ce mariage. Le dauphin ne peut absolument pas vivre à moins d'un miracle. Reste le seul duc de Normandie, dans qui plusieurs personnes trouvent des changements. Le roi et la reine, quoique jeunes, selon l'opinion de bien des gens ne sont plus propres à avoir des enfants. Monsieur n'en a pas, tout cela rend le lot du duc d'Angoulême fort beau.
La cérémonie se célébrera; à ce qu'on assure, dans le mois de septembre, mais il n'y aura de consommation que quand les époux auront acquis l'âge de puberté. Ce mariage étant absolument certain, comme tout le monde le dit, nous sommes portés à croire que celui du duc de Chartres avec une fille du roi de Naples est un bruit vague et qu'il n'aura pas lieu
."

Le 8 mars, le diplomate révèle des informations encore plus étonnantes :
"Il n'y a plus de doute sur le mariage du duc d'Angoulême avec la fille du duc d'Orléans. Le comte d'Artois est venu à Paris en faire la demande formelle au père et tous les princes et princesses du sang se sont rendus à Versailles pour complimenter la famille royale sur ce mariage, mais les deux autres sont toujours des bruits vagues et il parait qu'on en parle moins qu'avant la conclusion de celui du fils aîné du comte d'Artois."

A tout le moins, Virieu parait bien informé, mais peut-être donne-t-il trop de crédit aux renseignements qui lui parviennent. Ainsi, alors que l'État a fait banqueroute et que les dépenses de la Cour continuent d'être stipendiées dans l'opinion publique, comment Louis XVI pourrait-il assurer "un million par an aux nouveaux époux" sans s'attirer un flot de critiques à la veille de la réunion des États généraux ?
Par ailleurs, les considérations dynastiques de l'ambassadeur paraissent aléatoires lorsqu'il dit que le duc d'Angoulême est promis à "régner un jour" alors que nul ne pouvait objectivement le savoir à long terme. En revanche, la maison de Bourbon-Artois était appelée dans quelques décennies à faire figure de branche cadette dans le cas ou le duc d'Angoulême ferait souche d'un fils. En théorie, c'était ce fils éventuel, troisième mâle de la maison de Bourbon-Artois, qui devait porter dorénavant le titre de Premier Prince du Sang dont se prévalait toujours le duc d'Orléans en 1789.
Le futur Philippe-Égalité, malgré sa réputation tronquée de prince patriote, était parfaitement au courant de toutes ces conditions dynastiques. Quatre ans plus tôt, il avait été mortifié par les objections du roi lui contestant le rang de Premier Prince du sang porté dans sa famille depuis 1723.
Finalement, Louis XVI avait consenti à ne pas lui retirer officiellement ce titre, mais il paraissait clair qu'il devait revenir un jour dans la descendance du duc d'Angoulême. C'est pourquoi, je pense que la maison d'Orléans redoutait à plus ou moins longue échéance d'être rétrogradée au rang de simples princes du sang comme les princes des maisons de Condé ou de Conti. Face à cette probabilité, le mariage d'Adélaïde d'Orléans avec le duc d'Angoulême permettait d'une part un rapprochement avec la famille royale directe, mais aussi le rappel de la prééminence du sang des Orléans qui maintiendraient ainsi le rang de Premier Prince du Sang dans leur descendance. D'autre part, les clivages politiques du frère du roi et de son cousin à une époque aussi exacerbée que la veille de la Révolution n'expliquent pas ce choix matrimonial.
Mme Castillon du Perron et Mr Antonetti, auteurs de biographies de Louis-Philippe Ier et Mme Lever pour celle concernant Philippe-Égalité, affirment que les fiançailles furent déclarées officiellement à Versailles le 19 avril 1789, jour du baptême solennel d'Adélaïde et que "la date du mariage fut fixée à la Saint Louis, le 25 août, surlendemain de l'anniversaire de la princesse, qui a douze ans, serait juridiquement nubile."

Pour ma part, je m'interroge sur le fait de savoir au cas ou ce mariage fut véritablement annoncé, s'il existe aux Archives Nationales ou ailleurs, des documents irréfutables qui prouveraient au moins son projet d'existence. Auquel cas, il appartiendrait de démontrer pourquoi le comte d'Artois et le duc d'Orléans se sont entendus pour unir leurs enfants. L'hypothèse de la position future des maisons d'Artois et d'Orléans autour de la question du titre de Premier Prince du sang pourrait expliquer partiellement ce projet de mariage, mais il n'en révèle que des indices d'appréciation. Notre enquête sera longue...

Gouverneur Morris a écrit:
Sait-on si l'apanage d'Orléans avait été confirmé en 1785, à la mort du père de Philippe-Egalité ? Ou bien Louis XVI n'avait-il juste confirmé comme le souligne Dominique Poulin que le titre de Premier Prince du Sang ?

Il me semble en effet que Louis XVI destinait l'apanage aux Bourbons-Artois qui, Petit-Fils de France, n'avaient pas encore d'intérêt protocolaire à réclamer le titre de Premier Prince du Sang. Le million était alors "tout trouvé" (sur le papier bien sûr).

Par contre, je ne suis pas très surpris des spéculations macabres relatives à la succession de Louis XVI. Avec seulement un fils de 4 ans vaillant et compte-tenu de la mortalité infantile de l'époque, le calcul était loin d'être absurde pour les Orléans.

Vous croyez que l'apanage avait besoin d'être confirmé à la mort de chaque duc d'Orléans ???  

Il a dû l'être, en tout cas, puisque Mme Lever écrit que Ducrest ( frère de Mme de Genlis, et qu'elle a fait nommer comme chambellan du duc) place aux postes clefs de l'apanage tous ses amis, dont le fameux Brissot .
Si ces fiançailles ont été poussées aussi loin , et que, en somme, Orléans comme Artois y trouvaient leur compte, il n'y avait que la volonté du Roi pour les briser . Alors là nul doute que la vexation du duc ait été paroxysmique !!!! ( ou tique, as you like )



..........................................
 FIN DE CE BOUTURAGE !

.........................


.

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Sam 9 Sep - 18:11

Grand merci à Vous, Eléonore, pour le transfert de ces précieux posts qui devaient revenir chez Nous !
À vrai dire, je suis toujours un peu sidéré par ce projet de mariage, et en 1789, qui plus est ! Le couple royal nourrissait de telles préventions contre le duc d'Orleans, et à juste titre, et dans un second temps, le comte d'Artois, faisant figure de pilier de la frange conservatrice et opposé au doublement du Tiers aux Etats généraux, les fondements de cette alliance Artois-Orleans me laissent sceptique, avec une touche d'enigme à résoudre.
Je vais tâcher de retrouver un dossier que j'avais constitué à ce sujet, car j'avais conservé quelques données dont je n'avais pas fait profiter nos amis. Je me demande si je n'ai pas intercalé ce dossier dans un autre, il va falloir que je m'arme de patience dans l'exhumation de mes "archives". Au travail Dom ! Au travail !
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Sam 9 Sep - 18:18

Dominique Poulin a écrit:

Au travail Dom ! Au travail !

Nous dirions même plus ...


Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Sam 9 Sep - 18:27

Je le prends pour un ordre, j'ai compris. Je monte aux archives, attention aux toiles d'araignées, et aux piles de dossiers à ouvrir. Je plaisante.
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Sam 9 Sep - 18:36

... moi aussi ! Eventaille Eventaille Eventaille

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Gouverneur Morris le Sam 9 Sep - 19:11

Merci Eléonore pour ce bouturage 

Concernant le mariage Angoulême-Orléans, il me semble que Mme Lever mentionne la publication de bans au début 1789.

Cette deuxième Madame Adélaïde dut avoir une vie bien curieuse, promise tour à tour a des princes qui n'en ont jamais voulu. Éminence grise de Louis-Philippe comme il a été souligné, je serais curieux de connaître la nature de ses relations avec Marie-Amelie, légitimiste de cœur mais épouse soumise et dévouée. C'est que sa présence devait être encombrante dans le couple !
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Gouverneur Morris le Sam 9 Sep - 19:15

Pour la confirmation de l'apanage, il me semble que oui, mais seul Lucius pourrait confirmer de façon certaine !
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Invité le Sam 9 Sep - 19:16

Nous ne savons toujours pas qui est cette madame de Méré qui semble particulièrement bien informée, au point d'avoir noté mot pour mot tout un dialogue (en toute logique privé) entre Marie-Antoinette et la princesse de Lamballe.  Laughing

En tout cas, des rumeurs ont dû circuler sur un projet Angoulême/Orléans, mais jusqu'à quel point celui-ci fut concret, difficile de trancher.
Très intéressant et j'attends la suite de vos échanges extrêmement intéressants ! Very Happy

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 10:00

Gouverneur Morris a écrit:

Concernant le mariage Angoulême-Orléans, il me semble que Mme Lever mentionne la publication de bans au début 1789.


Tiens ! Cela me rapelle quelque chose. Je le crois bien aussi .

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Dim 10 Sep - 15:54

Je ne sais pas si l'on peut parler de publication des bans, car aucun historien ou chercheur qui a effleuré la question de ce projet de mariage, ne le mentionne.

J'ai retrouvé le fameux dossier que je cherchais et vous donnerai quelques extraits au fur et à mesure de notre enquête.

J'ai par exemple l'extrait de ce projet d'alliance dont parle Raoul Arnaud dans son livre "Adélaïde d'Orleans, l'égérie de Louis-Philippe" de 1908 :
 
"... Peu de temps après le voyage de Spa, Mademoiselle d'Orléans fut baptisée.
La cérémonie eut lieu à Versailles devant toute la Cour, après la messe du roi. La chapelle du château avait été drapée et ornée de fleurs. La jeune princesse "tenue sur les fonts" par Louis XVI et Marie-Antoinette, portait une robe blanche lamee d'argent.
Elle reçut les prénoms de Eugène, Adélaïde, Louise. Après le baptême, on sortir du château pour que les courtisans puissent jeter des dragées à la foule, puis Mademoiselle présentée à la Cour, monta dans le carrosse de la reine. L'entrevue avec le duc d'Angoulême se fit ensuite.
Dès ce moment, on parlait publiquement d'un projet de mariage entre la princesse Adélaïde d'Orleans et le duc d'Angoulême. On décida que le mariage de ferait aussitôt que le jeune prince aurait l'âge fixé par la loi, il lui manquait 3 mois.
"On s'occupa alors de former la maison de la future duchesse d'Angoulême"(Genlis, Mémoires).
La duchesse d'Orleans décida son père à assurer, à cette occasion, à sa petite-fille, l'hôtel de Toulouse, et la terre de la Ferté dans le Perche.
"Mais le roi fut pour si peu dans ces arrangements, qu'il n'offrit jamais rien pour le duc d'Angoulême, que même il donna pour motif de son refus, l'incertitude de ce qu'il pourrait faire après que les agitations auraient cessé... et par la même raison, le duc d'Orleans personnellement n'offrit rien, malgré que M. Montjoie lui fasse faire la libéralité d'un million de revenu annuel savoir : quatre cent mille livres au moment du mariage, et six cent mille livres dans la succession.
En sorte qu'il n'y eut à proprement parler que le comte d'Artois et la duchesse d'Orleans qui s'occuperent de ce projet. La duchesse d'Orleans qui tenait au mariage de sa fille avec le duc d'Angoulême en voulut à son mari et à Mme de Genlis."
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 16:06

Dominique Poulin a écrit:
"Mais le roi fut pour si peu dans ces arrangements, qu'il n'offrit jamais rien pour le duc d'Angoulême, que même il donna pour motif de son refus, l'incertitude de ce qu'il pourrait faire après que les agitations auraient cessé... et par la même raison, le duc d'Orleans personnellement n'offrit rien."

Cela ne partait franchement pas sous les meilleures auspices .      Mais alors pourquoi diable  avoir laissé aller aussi loin les pourparlers autour de ce mariage ?!!     S'ils devaient déboucher sur un fiasco  ( et ce fut le cas ), cela ne pouvait produire qu'un camouflet insupportable pour Orléans .
Une fois de plus, il semble que le roi se soit laissé embarquer par faiblesse dans un projet dont il ne voulait absolument pas et dont l'annulation aura des conséquences très fâcheuses.

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Dim 10 Sep - 16:19

Ce annonce officielle de mariage me semble toujours très étrange ; réserve du roi, opposition de la reine, antagonisme Artois-Orleans, situation politique très compromise.

Peut-être, en remontant en amont, en 1788, trouverons nous des pistes plus concluantes qui ont décidé cette alliance.
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 16:25

Oui. C'est à n'y rien comprendre ... scratch
Enfin, pauvre Adélaïde !

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 16:30

Je verse à ce dossier le témoignage du marquis de Bombelles :

M B le duc d'Angoulême va être promis à la fille aînée de Mgr le duc d'Orléans, et les mariages devraient toujours se faire ainsi avec nos princes de la famille royale, plutôt que d'en aller chercher dans des races étrangères.


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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Dim 10 Sep - 16:33

J'ai écrit un peu vite que Mr de Vireu était ambassadeur de France à Parme, c'est le contraire il représentait Parme à Paris. Il avait remplacé le comte d'Argental dans cette fonction en 1788.
C'est le comte de Flavigny qui représentait lui la France à Parme.
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 16:36

Je parierais volontiers que personne n'avait relevé ce petit lapsus . Very Happy
Ces messieurs ne nous sont qu'assez vaguement connus.

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Dim 10 Sep - 16:43

Je disais cela car j'ai parlé de Virieu qui est  très explicite dans sa correspondance sur ce mariage... Trop peut-être, car ces détails semblent après coup avoir été altérés par la rumeur, qui font présumer beaucoup de bruit pour rien.
Et bien sûr j'ai rectifié la position diplomatique de l'ambassadeur affecté à Paris.
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 16:45

Oui, je comprends . Very Happy

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Mme de Sabran le Dim 10 Sep - 16:49

Ce pourrait n'avoir été qu'un faux bruit très efficacement colporté, et dont la rumeur se serait répandue comme une traînée de poudre, croyez-vous ?

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Invité le Dim 10 Sep - 16:58

Je le crois aussi car déjà dès 1787 le comte d'Artois et le duc d'Orléans ne se supportaient plus. A moins bien sûr que ce fut un moyen de remettre l'opposant dans le giron de la famille royale. Cela aurait pu changer beaucoup de choses...
Si c'était un moyen de capter le fabuleux héritage Orléans-Penthièvre, la promise avait quand même trois frères.

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Dim 10 Sep - 17:04

Il y a quelque chose qui ne colle pas. Quelques tractations laborieuses au début, des discussions dans l'entourage du duc d'Orléans... Mais une officialisation de mariage en février 1789 ? Cela renverse tous les principes, je ne comprends pas. D'où de faux bruits qui auraient pu accréditer une vérité qui était fausse.
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Invité le Dim 10 Sep - 19:36

Peut-être que l'opinion publique souhaitait un tel mariage sans que les principaux concernés (je parle des pères et du roi, pas des enfants évidemment) ne l'aient un instant envisagé.

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Dominique Poulin le Dim 10 Sep - 19:56

Et pourquoi pas ? Cet entretien -apocryphe je pense- rapporté par Mme Guinard de Mere entre la princesse de Lamballe et Marie-Antoinette, ces réunions ténébreuses dans le sillage du duc d'Orléans font penser à une espèce de complot qui ne dit pas son nom.
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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Invité le Dim 10 Sep - 20:53

J'en n'irais pas jusqu'à parler de complot mais il est certain que des gens (qui ?) ont espéré ce mariage.

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

Message par Invité le Dim 10 Sep - 20:55

Ou une telle rumeur colportée pour expliquer le ressentiment du duc d'Orléans' donc son attitude ?

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Re: Un mariage manqué du duc d'Angoulême

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