L'idée de la beauté ...

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 18:05



Histoire de la beauté
4. Les XVIIe et XVIIIe siècles

Par Dominique Simonnet et (L'Express), publié le 24/07/2003
Cette fois, il faut se fier aux apparences. A la cour de Louis XIV et de Louis XV, le beau n'est plus qu'artifice. Désormais, tout est maquillé: le visage, le corps, le langage, les émotions... Sous les vêtements empesés, la chair flasque est architecturée, corsetée, baleinée. Les joues sont recouvertes du blanc de l'innocence et du rouge de la concupiscence. Seuls comptent la représentation, le déguisement, l'illusion... Versailles est un théâtre dérisoire où des marionnettes arrogantes se contemplent dans le miroir. Comme le conte la philosophe Dominique Paquet, c'est l'Ancien Régime tout entier que ces corps travestis mettent en scène. Attention! bientôt, les masques vont tomber...



Dominique Paquet ''Le fard cache les nuits de folies''

On a l'impression que les siècles de l'Ancien Régime, et particulièrement le XVIIe et le XVIIIe siècle, sont ceux de l'artifice et de l'outrance. Le ton est donné à la cour par des personnages grotesques, corsetés, poudrés, peinturlurés à l'excès. C'est du moins l'image qu'on en retient.
C'était une réalité. Dès la fin du XVIe siècle, on entre dans une période baroque. Une nouvelle esthétique se répand dans les arts et la philosophie. Descartes voit le monde comme une mécanique, avec des poulies, des rouages, des cordes... On voyage encore en berline, fenêtres fermées, sans voir le paysage. On déteste les herbes folles, le désordre, on trouve les paysans repoussants. On ne supporte pas la nature, on en a peur, on ne la tolère qu'architecturée, mise en géométrie dans des jardins aux perspectives infinies et aux buissons sculptés, comme dans le film de Peter Greenaway Meurtre dans un jardin anglais... De la même manière, le corps entier est structuré, cadenassé. Les bustes sont serrés à l'extrême, le col est maintenu. On se cache, on se protège. L'artifice prévaut.

Et, avec lui, le fard.
On revient, en effet, aux fards. Alors que la cour est de plus en plus tentée par la moralisation, l'usage de l'artifice prend une valeur émancipatrice: le courant précieux, dont Molière raillera les excès, exalte l'intelligence de l'esprit et le raffinement du corps. Le mot "maquillage" naît d'ailleurs à cette époque, mais dans un sens péjoratif: maquiller, c'est maquiller les cartes, c'est tromper.

"Au début du XVIIIe, les précieuses fabriquent elles-mêmes leurs fards avec de la graisse de mouton et des produits orientaux"Il s'agit donc de ne pas montrer son corps tel qu'il est.
Oui. Depuis l'Antiquité grecque, on utilise la céruse, c'est-à-dire l'oxyde de plomb (produit extrêmement toxique), sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Au début du XVIIIe, les précieuses fabriquent elles-mêmes leurs fards avec de la graisse de mouton et des produits orientaux. "Bains d'eau de veau, onctions d'eau distillée de fleurs de lys, de nénuphar, de fleurs de fève, d'eau qui coule du cep de vigne quand la sève monte, jus de limon distillés au bain-marie et huile de talc", telle est l'une des recettes pour avoir le teint blanc. Naïvement, on pense que les produits blancs donnent une peau blanche.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/4-les-xviie-et-xviiie-siecles_818939.html#4QIG2FitVATvLsmz.99

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 18:12



Bouh, quelle horreur !   
Les dames devaient complètement se bousiller la peau, avec des produits comme la céruse !
Non ?

Mme de Périgny a écrit:
En fait, plus les années avancent moins il y a de produits blancs avec de l'oxyde de plomb.
Rendu en 1750-1760, il y a guère que 10% des produits (si ma mémoire est juste). Tandis qu'en remontant au XVIe, c'est des histoires de 40% ou 60% si cela n'est pas plus.

Et le mot céruse désigne souvent le fard blanc, sans qu'il y ait du plomb dedans.

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Gouverneur Morris le Mer 22 Jan 2014, 18:13

Mme de Sabran a écrit:

Cette video n'est pas disponible dans votre pays, me dit Jules !    Hop! 



Et là ?  scratch 
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 18:17



Mais pourquoi diable faut-il avoir le teint blanc ?  boudoi29  Ben yes, why ?!!!  Shocked 

Le blanc est destiné à provoquer un effet de statuaire et, souvenir du Moyen Age, à évoquer la virginité. Il donne l'illusion d'un visage pur, exempt de toutes taches, de toutes cicatrices, et il permet de dissimuler les rougeurs, les couperoses et les dermatoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins capiteux. Les précieuses se blanchissent et bannissent le hâle: lors des promenades, elles portent un masque qu'elles tiennent par un bouton entre les dents, ce qui d'ailleurs évite la conversation. "Pour farder une élégante, il faut une boutique entière", écrit Fitelieu, en 1642. Quand une femme veut se mettre sur le marché de la séduction, elle ajoute du rouge: c'est ce que fait Arsinoé, dans Le Misanthrope. Dès 1673, toutes les femmes en portent, à l'exemple de la Montespan. Sous Louis XIV, le fard est le symbole de l'amour, de l'émancipation, mais aussi de l'adultère, de l'impudeur. Même si les grands seigneurs ne l'avouent pas, la société se sécularise petit à petit, l'athéisme se développe, le culte marial est délaissé, renvoyé chez les dévots. On en revient à l'ostentation, au culte de soi, et donc à la représentation.

C'est le roi lui-même qui donne le ton.
L'influence personnelle de Louis XIV est immense: on sait qu'il a réglé l'opéra, la danse, le théâtre, le récitatif. Il était en somme le premier des ministres de la culture. Louis XIV fait de son règne une esthétique. Il danse fardé de rouge et de rose. Et les hommes l'imitent, se mettent des mouches, ces petits bouts de taffetas découpés en comètes, en étoiles ou en lunes. Tous les regards convergent vers le Soleil et, sous la lumière des bougies, les miroirs, qui ont remplacé à la Renaissance le papier huilé, reflètent à l'infini cette cour en représentation permanente.

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 18:21

Gouverneur Morris a écrit:

Et là ?  scratch 

... ça marche !!!

Merci, Gouverneur !  Very Happy 
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 18:29




Pour qu'une liaison d'homme à femme soit vraiment intéressante, il faut qu'il y ait entre eux jouissance, mémoire ou désir.


 ( Chamfort )


S'il y a les trois, je ne vous raconte pas !
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 18:42

Tout cela est violemment condamné par les dévots.    Tiens, le contraire nous aurait étonnés !!!

L'artifice est condamné par l'Eglise, notamment par la Compagnie du Saint-Sacrement, qui prône la pudeur et la crasse.    Qu'une femme soit gagnée par la dévotion ou qu'elle se remette d'un chagrin d'amour, et elle ne se farde plus. Elle se montre alors négligée, décoiffée, sale. Lorsqu'elle se couvrira à nouveau les joues de rouge, ce sera le signe de la renaissance de son désir. Dans L'Ecole des femmes, on trouve les maximes de cette jeune fille qui ne doit jamais se farder pour son mari, parce qu'elle est pure et vierge... Quand le roi épouse Mme de Maintenon, le parti dévot triomphe, on a moins recours aux artifices, il y a moins de fêtes... Mais, avec le Régent, de nouveau, les plaisirs reviennent. A la cour, le mode de vie est épuisant: la femme fait une première toilette, une deuxième toilette après le déjeuner, s'alanguit dans les fauteuils jusqu'au théâtre, soupe vers 2 heures, rejoint son amant, le quitte à 7 heures du matin. Et elle doit toujours être belle. On se farde donc davantage encore pour cacher les nuits de folies.

"Pour cacher le manque d'hygiène, on utilise des parfums fleuris, des muscs" On imagine que, sous la couche de fards, l'hygiène est catastrophique.
Jusqu'au début du XVe siècle, on prenait le bain, on y recevait ses amis, on y dînait, on se caressait aussi...  ( Vous, par exemple, Gouverneur, avec Mme de Flahaut   :   )  L'Eglise a mis le holà.  ( ouf ! )  Désormais, on se contente de se frotter avec un linge parfumé et de prendre, parfois, un bain de rivière, habillé évidemment. Pour cacher le manque d'hygiène, on utilise des parfums fleuris, des muscs.
On se brosse les dents    avec de la poudre de corail, très abrasive, de la poudre d'huîtres ou avec un peu de vin blanc... Les courtisans devaient avoir des bouches calamiteuses.

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 19:04


Quel idéal du corps professe-t-on alors ?  boudoi16 

La rupture avec le Moyen Age est consommée. L'idéal, ce n'est plus la nymphette à peine nubile, modèle nordique qui prévalait au xvie siècle, mais le modèle italien, déjà promu par Catherine de Médicis: la femme-femme, replète, avec des seins volumineux, exposés dans de profonds décolletés, des cuisses plus larges... La société progresse, on mange mieux, il y a moins de famines. On aime donc naturellement les femmes plus grasses, fécondes et plantureuses. Mais on préfère toujours les genoux fins et des petites fossettes sur les coudes. On garde quand même la taille serrée: la Montespan, déformée par tous ses accouchements, boit du vinaigre pour ne pas trop grossir, et se blondit les cheveux, car le blond reste à la mode. Les femmes ont des rondeurs dues à la contention, les seins jaillissent, le ventre gonfle, ce qui provoque une mauvaise circulation du sang. Tout est construit, arrangé, maquillé. Les corps comme la nature.

Comme dans un gigantesque théâtre. Cette comédie de l'apparence va encore s'accentuer au XVIIIe siècle.
Oui. C'est la période baroque la plus radicale pour la beauté: on ne veut pas voir les muscles, qui évoquent l'effort. Alors, on se bride de partout, on se coiffe avec des constructions de bois, on se harnache si bien qu'on peut à peine bouger. Même les souliers, avec le talon médian, sont conçus pour accentuer l'ondulation de la démarche, mais ils provoquent un basculement vers l'avant. Les hommes mettent de fausses hanches, de faux mollets avec les bas, des attelles pour rectifier les épaules tombantes, des sachets de senteurs sous les bras... C'est un véritable échafaudage! Le Casanova de Fellini en donne une idée, dans cette scène où le héros se déshabille et se découvre, harnaché, enveloppé de bandelettes. L'oisiveté, la duplicité, les orgies et les intrigues de la cour poussent l'art du trompe-l'oeil à l'excès. Chacun arbore une perruque blanche, farinée avec de la poudre d'os, des racines d'iris - à la Révolution, certains diront que le peuple connaît la famine parce que la farine est accaparée par les nobles et les courtisans. On maquille tout: son visage, son corps, ses sentiments, son langage... Une couleur marque l'apogée de cette illusion: c'est le rouge, qui fait l'objet d'une véritable obsession.

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par La nuit, la neige le Mer 22 Jan 2014, 19:47

Mme de Sabran a écrit:A la cour, le mode de vie est épuisant: la femme fait une première toilette, une deuxième toilette après le déjeuner, s'alanguit dans les fauteuils jusqu'au théâtre, soupe vers 2 heures, rejoint son amant, le quitte à 7 heures du matin. Et elle doit toujours être belle. On se farde donc davantage encore pour cacher les nuits de folies

Mme de Sabran a écrit:L'oisiveté, la duplicité, les orgies et les intrigues de la cour poussent l'art du trompe-l'oeil à l'excès.

Qui écrit cet article ?  Suspect 

Mme de Sabran a écrit:
Les hommes mettent de fausses hanches, de faux mollets avec les bas, des attelles pour rectifier les épaules tombantes.
Ah oui ? Je ne le savais pas.  Shocked 

Maintenant, les hommes se font opérer !  
Et tout y passe...Tout ! :

PS : Merci pour cet exposé Elie, mais je pense qu’il est grand temps de scinder... boudoi32
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L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 20:24

La nuit, la neige a écrit:

Qui écrit cet article ?  Suspect 

Dominique Simonnet et (L'Express), publié le 24/07/2003


La nuit, la neige a écrit:
Mme de Sabran a écrit:
Les hommes mettent de fausses hanches, de faux mollets avec les bas, des attelles pour rectifier les épaules tombantes.
Ah oui ? Je ne le savais pas.  Shocked 

Maintenant, les hommes se font opérer !  
Et tout y passe...Tout ! :

Ah, tais-toi ! On peut même se faire rallonger les tibias !   


La nuit, la neige a écrit: PS : Merci pour cet exposé Elie, mais je pense qu’il est grand temps de scinder... boudoi32

Oui, oui, je vais scinder !  Very Happy 
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 21:29



Mission accomplie, Chef !  Very Happy 
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 22:05

Le rouge est censé masquer la vieillesse et refléter la sensualité. On en met partout, jusque sur les joues des morts. Casanova le dit: "On le met pour faire plaisir aux yeux, qui voient les marques d'une ivresse qui leur promet des égarements et des fureurs enchanteresses." Même au lit, les femmes s'enduisent d'un demi-rouge. Des publicités l'exaltent: il y a le rouge végétal de la Demoiselle Latour, "qui unit au parfum de la rose son coloris le plus brillant, sous toutes les nuances" (1788); "le fard merveilleux de Jacquelin, rue du Bac, cosmétique composé de deux liquides: le premier blanchit, le second donne l'incarnat le plus beau" (1742); le célèbre "Rouge de la Reine, chez le sieur Dubuisson, rue des Ciseaux" (1770). A la fin du xviiie, il se vendra un millier de pots de rouge pour la cour! Lady Montagu décrira alors Versailles comme une assemblée de "moutons nouvellement écorchés". On souligne aussi en bleu les veines du front, des tempes et de la gorge, pour bien montrer le sang bleu aristocratique.

"l'idéal, pour les hommes comme pour les femmes, c'est l'enfant, l'ingénu, avec son visage de poupée et ses bonnes joues rouges"C'est une société totalement obsédée par son apparence que vous décrivez.
C'est aussi une société puérile: l'idéal, pour les hommes comme pour les femmes, c'est l'enfant, l'ingénu, avec son visage de poupée et ses bonnes joues rouges - les femmes ne dépassent pas 1,50 mètre, à l'époque. C'est une société qui se repaît de fantaisies, joue au bilboquet, à la toupie, aux charades ou à la versification. Voyez le film Ridicule. Qui passe son temps à médire, à plaisanter, à dîner, à souper et à faire l'amour. Et qui n'en finit pas de languir: serrées, déséquilibrées, les femmes sont sujettes aux évanouissements, aux phobies: elles se mettent à avoir peur des fleurs ou des homards. Il faudra le bon Dr Tronchin pour leur conseiller de prendre l'air du jardin, de marcher en jupes courtes et avec des talons plats. On appellera cela "tronchiner".

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par La nuit, la neige le Mer 22 Jan 2014, 22:13

Mme de Sabran a écrit: C'est une société qui se repaît de fantaisies, joue au bilboquet, à la toupie, aux charades ou à la versification. Voyez le film Ridicule. Qui passe son temps à médire, à plaisanter, à dîner, à souper et à faire l'amour. Et qui n'en finit pas de languir: serrées, déséquilibrées, les femmes sont sujettes aux évanouissements, aux phobies

Il ne serait pas un peu Deckerisé ce Dominique Simonnet, depuis le début là... boudoi29 Laughing 
Que de clichés, que de clichés !
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 22:14



Hein, crois-tu ! C'en est coppolien ...  : 
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 22:24


Quelle audace! On va donc renouer avec cette horrible nature? ( Ah non ! pas ça !!!  lol!  )

Petit à petit... 1750 marque un tournant dans cette histoire. A leur tour, les Encyclopédistes dénoncent l'excès d'artifices. Diderot regarde le coucher de soleil en pleurant, et en tire sa théorie de l'émotion au théâtre. A partir de ce moment-là, on n'a plus besoin de se cacher autant derrière les fards (on n'y reviendra qu'à la Restauration, qui sera aussi celle du fard), on se laisse aller au spleen et à la mélancolie. "Je ne trouve en moi que le néant", dit Mme Du Deffand (26 juin 1760). Est-ce l'aristocratie qui pressent la fin d'un temps? En tout cas, on affirme sa connaissance de soi par la philosophie, l'art, le roman, la peinture. La psychologie naît, la volonté d'être soi s'esquisse. En 1752, Rousseau abandonne l'épée et la perruque, promeut le corps naturel et les sentiments vrais. Il exalte les seins généreux des nourrices valaisannes et les filles simples, girondes et joyeuses de la campagne...

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Mme de Sabran le Mer 22 Jan 2014, 22:55



... la campagne où, pendant tout ce temps-là, on a cultivé d'autres critères de beauté.
L'important, pour les paysans, est d'être en bonne santé. Que dit l'abbé Prévost de Manon Lescaut? Elle avait la taille la plus jolie du monde et un visage agréable, voilà tout. Une belle femme de la campagne est une femme saine, susceptible de procréer, avec des dents en bon état, et de grands yeux de génisse... Les bourgeoises, elles, ont imité les aristocrates, et se sont mis du rouge sur les lèvres, mais modérément: dans le commerce, on ne peut pas se permettre d'apparaître maquillé, il faut avoir l'air transparent.

L'artifice, le rouge, c'était donc vraiment la marque du pouvoir aristocratique. Mais les masques vont tomber.
Le changement s'était déjà esquissé à la cour.

Marie-Antoinette, blonde cendrée, beauté moins affétée, plus proche de celle de Rousseau, prônait les joies simples, la marche. Louis XVI, lui aussi, poussait dans ce sens. En fait, ce roi-là ne jouait pas le jeu...    
La Révolution arrache les perruques enfarinées et ôte le rouge des visages. Elle bannit le fard, symbole de l'Ancien Régime, sous lequel les nobles se cachaient pour trahir le peuple. Robespierre et Danton s'habillent comme des bourgeois, avec redingotes et petits pantalons  - les gens du peuple ne portent pas la culotte.
Le 14 juillet 1790, on donne la cocarde à Louis XVI, qui pleure de joie. C'est une autre forme de théâtre: le peuple se donne en spectacle à lui-même, dans une volonté de transparence absolue, un moment d'émotion collective. Puis le sang coule. Et, avec lui, le fard, celui des nobles. C'est alors tout un monde, celui de l'apparence, qui coule avec eux.

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Allons bon ! La messe est dite .   
Fin de cet article singulier .

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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Lucius le Jeu 23 Jan 2014, 00:44

Les salles de bains existent au XVIIème siècles, même si elles sont rares (Versailles, hôtel de bretonvilliers). cela indique que le bain reste en usage, même si les médecin craignent qu'elles n'apporte des maladies par les pores de la peau. Au XVIIIème siècle, revenu de cette idée, les salles de bain, baignoires, lieux à l'anglaise se multiplient, avec à la fin du siècle les premières chasse d'eau (pavillon de Hanovre).
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Re: L'idée de la beauté ...

Message par Invité le Mar 27 Juin 2017, 14:26

L'idée de beauté selon Sissi ...

Sissi,toute une histoire a elle seule...  


Dès son arrivée à la Cour d’Autriche Sissi , la toute jeune impératrice aimait qu’on l’appelle ainsi, ne correspondait en rien aux critères de beauté imposés par la mode à cette époque de la fin du XIXème siècle et fut par conséquent sujette aux critiques . Elle mesurait 1m72 pour 50 kilos, probablement atteinte d’anorexique, on en est certain aujourd’hui. Elle se contentait d’un déjeuner frugal par jour, plutôt une collation type d’un jeûne : un bouillon de viande très léger accompagné de lait puis environ six oranges dans la journée. Un exemple à ne pas suivre !

Pour sculpter sa silhouette, très en avance sur son temps et croyant intimement aux vertus de l’eau de mer, notre jeune Impératrice se drapait les hanches dans des linges préalablement trempés dans de l’eau salée. Selon elle, cela devait favoriser le drainage et l’amincissement de sa taille.

Autre particularité qui faisait d’elle une femme exceptionnellement « moderne », elle pratiquait le sport assidûment, particulièrement la gymnastique et la marche rapide tout en étant par ailleurs une cavalière accomplie.

Dans les appartements privés qu’elle occupait au Palais d’Eté, le visiteur peut encore voir ses anneaux de gymnastes qui se balancent légèrement sous un courant d’air, et ses barres d’exercices encore prêts à servir. Les crèmes de beauté qu’elle utilisait en nombre étaient faites « sur-mesure ». Leur composition incluait régulièrement des ingrédients de base comme des les fruits, les œufs, l’alcool. Mais beaucoup plus surprenant, quantité de viande crue comme celle de veau. Elle pouvait s’en recouvrir le corps entier et rester enveloppée ainsi pendant des heures!

On dit aussi qu’avant d’aller se coucher, elle s’appliquait sur le visage de fines escalopes maintenues en place sous un masque de cuir! Paradoxalement, elle refusait de porter du parfum, ou de recourir au maquillage, des moyens de séduction qu’elle associait directement à l’image des femmes de «mauvaise vie», ou des «courtisanes» dans le pire sens du terme.

Sans aucun doute, c’est de ses cheveux que Sissi tirait la plus grande fierté. Lorsque elle était debout, ils étaient si longs qu’ils lui descendaient presque jusqu’aux chevilles. Chaque jour, trois heures étaient parfois nécessaires à sa camériste pour les brosser les coiffer, les apprêter. Pendant ce rituel, ne perdant jamais de temps inutilement, Sissi s’occupait en apprenant les langues étrangères y compris le Grec, langue qui lui servait à dispenser ses ordres et converser lors de ses séjours dans son palais de Corfou.


Toutes les deux semaines ses cheveux étaient lavés, leurs pointes trempées dans de l’huile d‘olive afin de les démêler plus facilement. On traitait ensuite cette crinière exceptionnelle avec un mélange d’œufs et d’alcool. Ensuite, c’est de la farine que l’on appliquait sur les racines, un soin très précurseur des shampoings secs dédiés de nos jours au cuir chevelu en excès de sébum.

Nombreux sont ceux qui témoigneront de la beauté de cette impératrice pendant son règne. Malheureusement celui-ci cessera tragiquement puisqu’elle sera assassinée à l’âge de 60 ans par un anarchiste Italien. Au cinéma et en particulier dans la trilogie des films qui ont donné à la jeune Romy Schneider un statut de star, la vie de Sissi semble légère, frivole. Bien au contraire … son existence fut régulièrement ponctuée de drames, de périodes d’ennui, de tristesse, un sentiment palpable encore aujourd’hui quand on déambule en visiteur dans les couloirs de Shönnbrunn, le fameux Palais d’Été situé dans les environs de Vienne.

Le Shah de Perse, Nasir Ak-Din déclara en 1873 à Vienne au cours de sa visite d’État « Elle est vraiment magnifique !»...

source : Les Visiteurs de l'Histoire / Facebook Wink


Bien à vous.

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