Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

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Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Mme de Sabran le Mar 01 Mai 2018, 17:54



Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce




En août 1789, la famine touche la ville de Caen.

Michel Onfray, dans La Religion du poignard note :

Les révolutions ne se déclenchent pas à la lecture du Contrat social de Rousseau, De l’esprit des lois de Montesquieu, encore moins de l’Ethocratie du baron d’Holbach… Elles montent des rumeurs anonymes de la rue quand les miséreux, contraints par leur état, ne peuvent plus autre chose que demander la fin de leur malheur, quel qu’en soit le prix, par n’importe quel moyen. Le peuple ne veut ni la Liberté ni la République, il souhaite manger à sa faim, sans plus.
La population attaque donc le château et s’offre une victime expiatoire en la personne d’un jeune vicomte arrogant et antipathique. Le corps est dépecé. Il est grillé et mangé par un peuple chauffé à blanc, ivre de sang. Ecce homo : être humain en tant qu’individu, le phénomène de groupe le transforme en monstre incontrôlable, en fauve enragé. Le corps de Henri de Belzunce, le bouc-émissaire, perd toute apparence humaine se trouve réduit à l’état de pièce de boucherie. La Révolution française dispose de son banquet totémique.
François-Henri duc d'Harcourt et comte de Lillebonne est alors gouverneur de la Province de Normandie. Il se croit obligé d'aller à Caen, siège de son gouvernement, pour mâter la révolte. La forteresse, vestige du despotisme à l'instar de la Bastille est attaquée. Il est témoin d'une émeute au cours de laquelle le comte de Belsunce, major de Bourbon Infanterie est assassiné sans que ses soldats réagissent. Belsunce, ami de Charlotte Corday est effectivement dépecé par la foule. Une femme en dévore le coeur.


On a prêté, à tort,   une idylle à Charlotte Corday et Henri de Belzunce pour chercher une cause sentimentalo-romantique au geste de la jeune-fille que  Lamartine n'hésite pas à appeler l’ange de l’assassinat.





Texte de Bernard Gouley
Publié le 12/08/2015

Contexte historique : La famine
Depuis plusieurs mois la Révolution française est en marche. Le 17 juin 1789, les députés du tiers-état se proclament Assemblée nationale. Le 14 juillet, la prise de la prison de la Bastille symbolise la fin de l’arbitrage royal.

Parmi les raisons du déclenchement de la Révolution, les historiens ont mis en avant la météo exécrable de l’année écoulée. Sécheresse, pluies, grêle et un hiver particulièrement froid ont provoqué une forte hausse du prix du blé. La famine est là.
Caen et sa région ne sont pas épargnées par ce fléau. Les autorités locales décident d’encadrer la distribution des vivres pour, prétendent-elles, une redistribution équitable.

Pourquoi le vicomte Henri de Belzunce a-t-il été dépecé ?
Le château de Guillaume sert d’entrepôt. Le transport du blé pendant la récolte est surveillé et protégé par un détachement du régiment Bourbon infanterie. Même s’il n’en est que le second, c’est un jeune homme de 24 ans qui commande : le vicomte Henri de Belzunce. Il est arrogant comme le sont beaucoup de ces officiers issus de l’aristocratie. A deux reprises ses supérieurs l’ont changé d’affectations pour des comportements violents envers les populations mais aussi avec ses hommes.



Acte de décès du Vicomte Henri de Belzunce / ©️ http://corday.normandie.free.fr/

La population caennaise affamée critique de plus en plus cette politique de rationnement. Elle est surtout convaincue que la redistribution n’est pas équitable et qu’elle profite à la noblesse et la bourgeoisie. Début août, elle manifeste son mécontentement en ville. Pour calmer les esprits, les autorités décident de destituer Henri de Belzunce que les Caennais détestent. Le 12 août, jour de sa destitution officielle, la foule se présente devant le château. Le jeune officier, ne percevant pas l’ampleur de la révolte, sort de l’édifice et nargue les manifestants.
Un garde national lui tire une balle dans la tête. La situation bascule dans l’horreur : le corps est traîné et piétiné par une foule en délire jusqu’à la place Saint-Sauveur. Là, il est dépecé et en parti dévoré. Le summum de la barbarie est atteint lorsqu’une femme dévore le cœur de la victime et est applaudie comme au spectacle.


Exposition Charlotte Corday, en ce moment à Caen .

Alors là, les amis,  attention !!!  
Je déconseille très vivement la lecture de la suite aux âmes sensibles .  
Elle nous expose tous les détails par le menu ...
ou encore pourrait-on dire :   " au menu : Barbecue de Vicomte ! "



Cannibalisme politique
05/10/2011

Xipri ARBELBIDE / Journaliste

Certains ayant mis en doute l’authenticité du récit de la mort du colonel de Beltzuntz à la fin de mon article sur la Basse-Navarre, voici l’essentiel du texte que vous trouverez en entier sur Internet : “Beltsunce caen galilee”. Sa lecture modérera la tendance de certains Gaulois facilement enclins à condamner tout ce qui se fait de par le monde, oubliant que leur patrie a suivi le même chemin plus d’une fois dans son histoire.

“Le vicomte Henri de Belzunce portait beau ses 24 ans. Il ajoutait à la prestance de son costume militaire une arrogance dont il ne se départissait jamais. La population caennaise connaissait son impétuosité, sa fougue et sa morgue. […] Beltzunce avait promis à quelques-uns de ses soldats de leur offrir des culottes taillées dans la peau des femmes de Caen. […] Justice populaire, justice expéditive. Un garde national lui tire une balle dans la tête. […] Commence alors une cérémonie païenne, ancestrale, préhistorique, une fête pleine de rites, racontée par Freud dans Totem et tabou et qui constituent les fondations de communauté dionysiaques abreuvées de sang. Hallali du peuple, chasse à courre des gueux, traque des gens sans terre.

Le corps se trouve dépecé en un rien de temps ; la tête résiste, mais elle finit par être coupée ; les jambes sont séparées du tronc ; la poitrine ouverte ; les côtes défoncées ; le sang coule et inonde la rue ; le cœur arraché, sorti de la cage thoracique, passe de main en main. Un jeune plâtrier âgé de 19 ans s’avise de le jeter en l’air, de le rattraper, de l’envoyer à un complice : le peuple joue à la balle avec le viscère sanguinolent du vicomte de Belzunce.

De plus acharnés poursuivent la besogne et achèvent le travail de boucherie. La carcasse à particule devient viande à barbecue. Morceaux à rôtir. Viande en long, parties molles, côtes premières… L’un des acolytes découpe une oreille, s’avise qu’elle ne présente pas d’intérêt gastronomique et se rend chez l’apothicaire pour obtenir un bocal d’alcool dans lequel il plonge l’auguste pavillon du vicomte.

Un certain Herbert […] tranche les parties charnues du vicomte et les met sur le grill. Une femme rejoint le cuisinier improvisé. Elle a récupéré le cœur de l’homme sans cœur. Elle propose que l’abat […] rejoigne la viande qui grille et parfume la rue alentour. Un repas cannibale s’improvise autour du feu. La Révolution française dispose de son banquet totémique.

On retourne vers la carcasse de laquelle on extrait les viscères fumants et puants. On tâche de se saisir comme on peut des intestins qui grouillent. On pique les boyaux sur une fourche. On s’y prend à plusieurs reprises ; on les perce en les vidant. La matière fécale tombe, se répand, empuantit partout. On parvient à embrocher l’ensemble. La tête est enfilée sur une pique.

Le sang dégouline sur les mains des bouchers qui traversent les rues de Caen et se dirigent vers l’abbaye. Le tout dans une atmosphère de fête. La foule braille, chante, crie, vocifère, bat le tambour. Elle pousse à bout de bras la fourche aux intestins et la pique avec la tête du jeune homme afin que la mère abbesse assiste à ce spectacle politique…”

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111005/294951/fr/Cannibalisme-politique

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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Comtesse Diane le Mer 02 Mai 2018, 15:50

Bon appétit bien sûr !

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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Mme de Sabran le Jeu 03 Mai 2018, 17:57



Ah ! Comtesse, je vous avais bien prévenus !
Théâtre de ce forfait, voici la place Saint-Sauveur si paisible aujourd'hui, avec Lewis the fourteenth en empereur romain .




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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Duc d'Ostrogothie le Jeu 03 Mai 2018, 23:06

Quel récit épouvantable. Pauvre petit Belzunce.
On peut comprendre pourquoi ces gueux faisaient horreur à la reine.
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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Gouverneur Morris le Jeu 03 Mai 2018, 23:12

Si on ignore qu’il s’agit d’un jeune homme, on peut presque croire à une recette de Maïté
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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Duc d'Ostrogothie le Jeu 03 Mai 2018, 23:13

Eventaille Eventaille Eventaille
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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Mme de Sabran le Jeu 03 Mai 2018, 23:15

Louis XIV n'a rien vu . Je crois qu'il n'a été juché là que vers 1960 . Une autre célébrité le précédait .

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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Comtesse Diane le Ven 04 Mai 2018, 12:56

Gouverneur Morris a écrit:
Si on ignore qu’il s’agit d’un jeune homme, on peut presque croire à une recette de Maïté

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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Dominique Poulin le Ven 04 Mai 2018, 13:54

C'est étrange ces phénomènes épouvantables d'hysterie collective ou absolument rien n'est prohibé !!!
Je pense au sort d'Axel de Fersen et aussi au héros de Jean Teule au lendemain de la défaite de 1870.
Cela dépasse l'entendement.
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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Mai 2018, 14:04

Alain de Monéys, oui ... Sad

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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Duc d'Ostrogothie le Ven 04 Mai 2018, 14:15

On peut également citer le massacre du gouverneur de la Bastille, celui du duc de Brissac, de la princesse de Lamballe...
A l'instar de Belzunce, le gouverneur de la Bastille fut assassiné pour son arrogance supposée. La rumeur courait que lorsqu'on lui avait dit que le peuple manquait de pain, il avait répondu : "Qu'il mange de la m*rde".
Si les massacres ont bien existé, doit-on croire pour autant qu'ils ont donné lieu à de véritables scènes de cannibalisme ? Je ne crois pas que cela soit parfaitement établi d'un point de vue historique, si ?  Exclamation
Je ne sais plus quel historien a théorisé que les révolutionnaires étaient bien aise de permettre à ce genre d'histoires, vraies ou fausses, de se propager, pour terroriser l'ennemi.
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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Mai 2018, 23:43

Est-ce que l'on n'a pas " chargé " la mémoire d'Henri de Belzunce ( je pense à l'histoire horrible des culottes en peau humaine tannée ) pour un peu se dédouaner de l'horreur de son massacre ?
Genre : ce mec était un abject, il a bien mérité son sort .

scratch


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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Duc d'Ostrogothie le Sam 05 Mai 2018, 06:47

Oui c'est certain . Vox populi, populus stupidus !
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Re: Le 12 août 1789,  massacre du vicomte Henri de Belzunce

Message par Trianon le Sam 05 Mai 2018, 16:17

Il faut dire que cette période révolutionnaire n'avait rien d'humain. Hommes comme femmes étaient devenus des bêtes féroces influencés par les uns et les autres. Seul, on n'ose pas trop, mais avec d'autres espèces de charognards, ivres de violence, c'est souvent plus tentant et plus facile.... et bien sûr plus lâche Cela fait froid dans le dos.
Bon rions un peu après ce plat indigeste : Momo, vous êtes toujours aussi insupportable. Eventaille
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