Les clubs féminins et la Révolution française

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Re: Les clubs féminins et la Révolution française

Message par Mme de Sabran le Jeu 09 Aoû 2018, 17:30

 
Les poissardes,  à qui la monarchie permettait le franc-parler, et qui étaient la députation du peuple aux fêtes de la royauté; les poissardes qui avaient le coin de la reine aux représentations gratuites du XVIIIe siècle, qui souhaitaient la bonne année au roi, qui apportaient leur bouquet aux naissances royales, les poissardes furent de la Révolution les vestales terribles. La Révolution les honorait comme ses amazones et leur donnait la médaille patriotique.
Villette avait demandé, en 1790, que toute fille ou femme majeure fût admise aux assemblées primaires. Les femmes révolutionnaires ne tardent pas à former des clubs, la Société des Femmes républicaines et révolutionnaires, la Société des Amies de la Constitution, et elles composent la moitié du club Fraternel, qui se tient au-dessus du club des Amis de la Constitution. Elles jurent de ne jamais prendre un aristocrate pour mari. Elles veulent dépasser les hommes en ardeur civique; et, « considérant qu’ils sont assez lâches pour n’avoir point fait sanctionner le décret sur la constitution civile du clergé », elles arrêtent solennellement que, si le décret n’est pas sanctionné sous huit jours, « quatre légions de femmes de cœur se mettront en marche pour différentes expéditions ».



Club patriotique de femmes,
gouache de Jean-Baptiste Lesueur, 1791, Musée Carnavalet.

L’apôtre des exécutions populaires, Marat, prit sous sa protection ce club féminin. Il avait d’ailleurs une prédilection marquée pour l’arme des femmes, le poignard; et un député girondin raconte qu’un armurier nommé Gémard, chez qui Marat venait souvent dîner, fabriqua un millier de poignards, destinés aux clubistes femelles, au public féminin de la Convention. Huit mille femmes devaient s’enrôler chevalières du Poignard; mais, en s’exerçant, elles se blessèrent; Marat lui-même tomba sous le poignard d’une femme, et le projet en resta là.

( Jules et Edmond de Goncourt )

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Re: Les clubs féminins et la Révolution française

Message par Mme de Sabran le Jeu 09 Aoû 2018, 18:57


Ils poursuivent :

La Terreur se hâta de désavouer ces complices de la Révolution, devenues suspectes. La Convention nationale les avait exclues de ses tribunes le 21 mai 1793. Aux Jacobins, Chabot et Bazire dénoncèrent la société des Femmes révolutionnaires comme une influence usurpatrice. De toutes ses voix la Terreur rappela aux femmes qu’elles étaient faites pour l’ombre du ménage et non pour le soleil du forum; qu’il n’y avait point à motionner contre ce décret de la nature; que le foyer devait être tout leur théâtre ( ... ) Le 26 mai, la Convention nationale défendait aux femmes d’assister à aucune assemblée politique; et Chaumette renvoyait assez brusquement celles qui se présentaient en bonnets rouges à la Commune, leur disant, qu’on « n’avait besoin de Jeanne d’Arc que sous Charles VII ».

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Message par Comtesse Diane le Ven 10 Aoû 2018, 10:13


BOUILLON DE ONZE HEURES POUR CHAUMETTE !!!!!!     


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