La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Comte d'Hézècques le Jeu 23 Aoû 2018, 10:52

Mme de Sabran a écrit:
En effet les rumeurs les plus folles galopent . Alors que l'on sait l'arrestation du roi , un courrier du comte d'Artois arrive à venise auprès des Polignac et des Bombelles,  par lequel on apprend que " la Reine, Mrg le Dauphin, Madame fille du Roi, Monsieur et Madame Elisabeth sont à Mons, qu'il est bien heureux qu'ils aient pris une route opposée à celle du Roi puisque les voilà tous sauvés "  (  Shocked  )  note Bombelles dans son Journal, tandis que Bouillé écrit de son côté " aujourd'hui, on peut tout à fait se livrer à la joie ".

Fake news ! Hop! Eventaille

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Comte d'Hézècques le Jeu 23 Aoû 2018, 11:16

Vicq d Azir a écrit:
Ma thèse est donc que le Roi adopte ce projet de fuite sans grande conviction. Qu’après la phase d’enthousiasme de la matinée du 21, il prend conscience que ce projet est très mal ficelé: troupes aux abonnés absents, piège de Montmedy... et qu’il joue peut être , à partir de Pont de Sommes Vesles, une partie qui consiste à laisser tomber, et accepter un retour à Paris, où son devoir (son sacrifice ?) l’attend...

J'adhère à la thèse de Vicq.
Tout au long du trajet, c'est le roi qui semble saboter le parcours en traînant partout.

Il n'a aucune présence d'esprit face aux obstacles inattendus, là où Fersen aurait trouvé une solution rapide pour mettre les fugitifs à l'abri.

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Jeu 23 Aoû 2018, 17:35


D'accord avec toi, mon cher Félix .
Fersen aurait eu la volonté, la détermination, le courage ...

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Comtesse Diane le Sam 25 Aoû 2018, 09:34


Ca n'fait pas un plis .

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 11:39

Je reviens sur le lieu qui devait recevoir la Famille Royale, si le voyage ne s’était pas brutalement interrompu à Varennes...
Le sujet a été abordé sur le forum ( peut être le précédent...), et un doute subsistait sur le lieu exact.
Il semble pourtant évident que l’ancienne résidence de l’abbé de Courville à Thonnelle soit le bon endroit...
Thonnelle est une petite commune de la Meuse, et abrite dans son centre ce qu’on appelle aujourd’hui le « château », qui semble être aujourd’hui occupé par le bureau du tourisme.
J’etais sur les lieux en 1991 ( ainsi que Marie Antoinette ), et nous avons, avec l’Association Louis XVI et la Municipalité, dévoilé une plaque sur le mur de la propriété, qui n’était pas restaurée, mais toujours habitée.



L’état actuel de la demeure :

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 11:43


Qui était cet abbé de Courville, cher Févicq, qui aurait dû avoir l'honneur de recevoir la famille royale ?

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 12:05

Je n’en sait strictement rien, chère Eléonore, mais peut-être que nos amis pourront nous apporter des informations...
On trouve une famille de Courville dans la région de Reims, dont le château sera détruit pendant la Première Guerre. Leur domaine fut jadis l’apanage des Évêques de Reims. S’agit-il de la même famille ?
En 1791, l’abbé avait-il émigré, ce qui aurait expliqué que sa demeure soit vacante ?
Les historiens de la région décrivent des mouvements très précis de voitures et de charrois à Thonnelle, dans les jours qui précèdent la fuite royale, sans parler des transports de fonds et de bijoux vers Montmedy, ce qui a pu alimenter bien des légendes...
La demeure aujourd’hui, avec la grille d’entrée et la plaque commémorative sur le mur :



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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Dominique Poulin le Mer 12 Sep 2018, 12:40

C'est un scoop pour moi cet abbé de Courville !
Quelles sont les sources existantes qui déterminent son implication dans l'accueil de la famille royale dans son château de Thonnelle près de Montmédy ?

Merci d'avance pour ces passionnantes révélations cher Vicq.
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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 12:54

On va chercher, chère Eléonore ( et je fais appel aux aux amis...) Dans ma boîte à outils: une bibliothèque assez fournie d’ouvrages sur Varennes, sans parler de celle de Marie-Antoinette... Il va falloir s’y plonger... Car cela soulève la question des préparatifs de Bouillé...
Et puis il y’a ma mémoire, mais elle a ses lacunes...En 1991, après l’inauguration de la fameuse plaque, nous avons partagé un repas avec les habitants de Thonnelle. Quand les gens se laissent aller à parler, il racontent des choses étonnantes, transmises de génération en génération. Il faut bien sûr séparer le bon grain de l’ivraie... mais c’est bien aussi d’ouvrir ses oreilles et... sa mémoire...
J’avais de même aussi pu recueillir en direct les propos d’un membre de la famille Prefontaines à Varennes , propos relatés de leur tradition familiale...Mais ceci est une autre histoire...
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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 13:30


Que c'est palpitant !!!
Je voudrais en savoir plus plus plus !!!
Varennes confine tellement à l'absurde ...   des informations doivent avoir été tues .

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 13:51

Oui, je vous comprends, et l’enquête n’est jamais close...
Voir ce que dit Mona Ozouf dans son ouvrage princeps. Et puis il y’a aussi les témoignages locaux, recueillis par des historiens régionaux au 19e, à partir des derniers témoins des événements Je trouve tout cela passionnant...
Ce qui prevalait dans l’association Louis XVI en 1991, c’était la thèse de la trahison par Bouillé; c’est une thèse parmi d’autres, mais qu’on ne peut pas éliminer d’un revers de main, me semble-t-il....


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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 13:53


Bouillé, père ou fils ?

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 13:55

Bouillé père, dit-on, approché par les émigrés, pour que, surtout, l’entreprise échoue...


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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 13:57


... quels émigrés ? Monsieur part en même temps . C'est lui le félon.

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 14:16

Les autres... ll y en a qui sont déjà partis.
Monsieur part certes le même jour, et il arrive, lui, à bon port...
Rien n’empêche de penser qu’il est en lien avec les autres avant son départ, ne pensez-vous pas ?
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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 14:27


Mais quel autre félon y a-t-il que ce charognard de Monsieur ?
Je ne vois pas.

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 14:30

La question reste ouverte...
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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 14:47


M. de Vaudreuil au comte d'Artois

Vicence, ce 29 juin 1791

Nous venons de recevoir un courrier de Turin, qui nous est envoyé par Sérent et qui s'était arrêté à Milan pour remettre à l'Empereur une dépêche de Sérent.
La nouvelle qu'il nous apporte nous paraît appuyée de tant de vraisemblances sur le départ du Roi, de la Reine et de M. le Dauphin, que nous nous livrons à cet espoir. Le bulletin disait que le Roi était parti depuis sept heures, quant l'Assemblée a appris cet important événement. Une aussi grande avance nous fait espérer que rien n'aura pu empêcher la marche du Roi, qui d'ailleurs doit avoir été combinée avec vous, avec l'Empereur, et avec Esterhazy, puisque Leurs Majestés (suivant la nouvelle) se dirigeaient vers Tournay. Sept heures d'avance doivent suffire pour assurer la sortie du royaume, et, quand même Leurs Majestés ne seraient pas sorties, le Roi sera libre et maître hors les fers des enragés de Paris.
L'Empereur nous a fait dire par le courrier qu'il partirait aujourd'hui, mercredi, de Milan pour Vicence et Padoue, et que, si cette nouvelle se confirmait, il nous verrait ici à son passage.
Jugez combien le coeur nous bat ! Il est impossible d'exprimer tous les mouvements de joie, de crainte, d'espérance, qui se succèdent dans nos âmes.
J'ai envoyé sur-le-champ mon fidèle Schmit à Padoue pour instruire M. de Las Casas de nos espérances. Je viens de recevoir sa réponse, digne de l'ambassadeur d'un Bourbon. La moitié de sa lettre est pour vous et il gémit en ce moment des devoirs qui le retiennent.
Vous saviez sans doute ce projet, Monseigneur, et vous n'en avez pas fait part à votre fidèle serviteur, à votre ami ! Vous m'avez privé d'être le témoin du plus beau des moments. Mon extrême sensibilité en souffre, je l'avoue ; mais en même temps la raison me dit qu'un aussi important secret ne devait pas être confié à la poste, ni même à un courrier, et mon coeur se plaît à excuser le vôtre.
( Vaudreuil croit qu'Artois était dans le secret de cette évasion des Tuileries .  Il se trompe lourdement . ) J'attendrai l'Empereur pour apprendre la confirmaion de ce départ, et je me flatte aussi que nous recevrons un courrier de vous ; et pendant ce temps je vais faire les arrangements de mon départ, avoir une voiture, car la mienne n'est pas en état de me conduire, et je partirai avec Armand, aussi empressé que moi de vous porter son coeur et son bras. Il ne fallait pas me confier un secret aussi important, parce qu'une lettre peut être égarée, parce qu'un courrier peut être infidèle ; mais comment ne m'avez-vous pas fait dire, sans autre explication : "Pars à l'instant ; j'ai besoin de toi !" Ah ! mon cher prince, voilà le seul tort que vous ayez jamais eu avec moi ! Je ne suis pas tout à fait heureux, parce que ce poids m'est bien lourd, et parce que j'ai encore des craintes sur le succès de l'événement.
Vous avez dû, si vous étiez instruit, trouver les lettres que je vous ai fait parvenir bien folles ; mais tout nous faisait croire que vous étiez trompé, alors que nous ignorions le motif des tromperies. Tout est à présent expliqué de la plus belle manière, et voilà nos souverains réhabilités dans l'opinion de l'univers. C'est une de mes plus grandes jouissances. Toutes les lettres de Paris disaient que la Reine intrigait pour parvenir à de détestables accommodements ; qu'elle voulait une seconde législature ; enfin qu'elle trompait tout le monde, tandis qu'elle ne trompait que les véritables ennemis du trône et de la religion. Ah ! la voilà bien justifiée par cette grande démarche, e vous serez le premier sans doute à leur rendre hommage, à donner l'exemple de cet amour, de cette fidélité, de cette pureté qui ont toujours guidé vos démarches et votre belle conduite.
Le plus important est fait, si le Roi est libre ; mais tout n'est pas fait encore, et il faut, en rétablissant le trône, lui donner des soutiens que rien ne puisse plus détruire. Qu'allez-vous faire de toute cette belle noblesse qui vous entoure ? Je crois que le plus pressé est de rétablir des compagnies d'hommes d'armes pour l'honneur et la défense de la monarchie. Ce rempart inexpugnable s'élèvera contre toutes les nouvelles attaques des conjurés, et rien ne pourra plus menacer le trône quand il sera entouré par de pareils défenseurs. Un article bien important, c'est que les propriétés du clergé soient rétablies ; car si, le Roi devenu libre, il y avait une seule propriété violée, il n'y en aurait plus aucune de sacrée, pas même celle de l'Empire. Et d'ailleurs la conduite du clergé a été si belle, si courageuse, qu'il faut lui en donner la récompense, et sa cause est réunie à celle de la noblesse et du trône. Mais vos idées sur ces grands objets sont pures comme votre coeur et il es inutile que je vous en parle.
Je viens à mes amis, et je mets leurs intérêts dans vos mains. Quelque désir qu'ils aient de porter aux pieds de leurs souverains et de leurs bienfaiteurs leur joie, leurs respects et leur tendresse, ils doivent attendre ; et, dans cette circonstance, ce que votre amitié avait imaginé pour eux est ce qu'il y a de mieux et de plus sage et de plus décent. Achevez votre ouvrage, et que, de l'aveu du Roi et de la Reine, ils aillent à Vienne. Ne perdez pas cet objet de vue. Je pense que leur bonheur y est attaché, et que vous ne serez pas parfaitement heureux, si vous n'avez assuré le bonheur de vos amis.
Quant à moi, combattre, s'il le faut, à côté de vous, parer les coups qu'on voudrait vous porter, voilà mon ambition et ma fortune.
Daignez porter mes hommages et ma fidélité aux pieds de mes souverains. Ils savent que je les ai bien servis, en étant le compagnon de votre retraite qui les a sauvés tous. J'en ai la récompense, puisque vous m'aimez, et je n'en veux pas d'autre.
Et Calonne ? Se servira-t-on de ses sublimes talents ? Reconnaîtra-t-on enfin la pureté de son zèle, de son courage ? Je le souhaite pour la gloire de mon pays plus encore que pour celle de mon ami.

________________________

M. de Vaudreuil au comte d'Artois
Padoue, 3 juillet 1791

Ah ! Monseigneur, quelles trente-six heures nous venons de passer ! Et par combien d'alarmes, de douleurs et d'agitations nous avons acheté le bonheur ! Mais enfin, depuis la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire par Denis, un courrier, venu de Verdun à l'avoyer Steiger, puis à Turin, puis à Padoue, nous apprend que le Roi, la Reine et leur auguste famille a été sauvée par les manoeuvres et la valeur de Bouillé. Notre désespoir s'est changé en transports de joie et je dois dire que l'Empereur, qui avait été consterné par l'arrestation du Roi, a éprouvé par sa délivrance un bonheur aussi vif que le mien même. J'avoue que je jouis d'avoir dit à l'Empereur et à tous les Vénitiens, que l'arrestation du Roi avait accablés : "Je réponds que, si M. de Bouillé n'a pas été tué, il sauvera le Roi ; et comme les nouvelles ne disent pas que M. de Bouillé a été tué, j'ose répondre que le Roi est sauvé." Mes paroles se sont répandues dans tous les états Venitiens et y ont porté la consolation et l'espoir, jusqu'à la nouvelle et l'heureux dénouement qui me fait passer pour prophète. Ah ! il ne faut pas l'être pour prédire que Bouillé se sera fait tuer plutôt que de laisser prendre son Roi ; il ne faut que le connaître. J'espère bien qu'il est déjà maréchal de France.
L'Empereur a été parfait dans cette circonstance, et tout le monde a été frappé de la vérité des divers sentiments qu'il a éprouvés. Il est venu lui-même frapper, à quatre heures du matin  (    ), à la porte du duc de Polignac qui était couché et qui, en chemise, a appris de la bouche même de l"Empereur la délivrance du Roi, de la Reine et de sa famille.
Mais ce qui est inconcevable, c'est que l'Empereur n'ait reçu aucun courrier ni de vous, ni du Roi, ni de M. de Mercy, ni de Mme l'archiduchesse.
Je suis resté à attendre jusqu'à ce matin ; mais enfin je ne tiens plus à mon impatience, et je pars. L'Empereur m'a donné une lettre de compliments pour la Reine ; mais, afin qu'elle arrive plus vite, j'ai prévenu S.M.I. que je la donnerai à Armand, dont les forces, malgré mon ardeur, sont supérieures aux miennes. J'ai été si remué par toutes ces vicissitudes que j'ai été trois nuits entières sans fermer l'oeil et je craindrais de rester en chemin, si je forçai trop ma marche. J'irai cependant le plus vite que je pourrai, vous en êtes bien sûr.
Armand va partir à l'instant. Je partirai demain, à la pointe du jour ; mais, comme le courrier de Flachslanden ira plus vite que nous tous, le duc de Polignac lui remet ses dépêches et moi ma lettre.
Le duc de Polignac a fini sa mission auprès de l'Empereur, puisqu'il n'y en peut plus avoir que donnée par le Roi, devenu libre ; mais, Monseigneur, vous ne négligerez rien pour qu'il en ait une nouvelle, j'en suis bien sûr. Jusque-là, mes amis resteront à Vicence. Ils écrivent l'un et l'autre au Roi et à la Reine, et c'est Armand qui portera leurs lettres ; mais dans leurs lettres ils ne parlent que de l'excès de leur joie, de leur bonheur qui n'est troublé que par le regret de n'être pas à portée de les leur exprimer eux-mêmes, et ils expliquent les motifs qui les déterminent à attendre les ordres de Leurs Majestés, qui y verront une nouvelle preuve de leur délicatesse et de leur dévouement.
Ah ! Monseigneur, quels transports auront été les vôtres, en revoyant tous les objets chers à votre excellent coeur, et surtout après tous les dangers qu'ils ont couru ! Le ciel m'aurait dû, pour récompense de mon attachement et de ma fidélité, de me rendre le témoin de cette belle et touchante scène.
Il ne doit plus rester dans un coeur comme le vôtre de traces de tous les tortrs réels ou apparents qui ont croisé vos projets. La dernière action du Roi ses fers rompus réparent tout, et font tout ce que vous vouliez faire. Puisqu'il avait le projet de fuir ses bourreaux, il a dû arrêter tous vos mouvements, qui pouvaient nuire à son plan, et tout est expliqué. Une union parfaite entre vous et le Roi et le Reine est plus nécessaire que jamais au rétablissement et à l'affermissement du trône. N'écoutez que cela. Toute autre chose serait funeste tôt ou tard. Je suis bien sûr que Calonne et que votre coeur ne vous donneront pas d'autre conseil. Réunissez la considération juste que vous avez acquise à tous les moyens que le Roi a conquis par son évasion, pour régénérer la monarchie et la religion. Vous pouviez, vous deviez donner des ordres, quand le Roi était dans les fers, quand il ne pouvait avoir que des résolutions dictées par la contrainte, quand il pouvait être à chaque instant victime de mille embûches ; mais à présent il a repris son pouvoir, et vous n'avez plus que le droit de l'éclairer, de lui parler avec la loyauté et la franchise qui vous caractérisent ; mais il faut surtout donner l'exemple de l'obéissance. Dans les premiers moments, les yeux de l'univers sont fixés sur vous, et vous allez être jugé. Mille troubles nouveaux, plus dangereux peut-être que les premiers, naîtraient d'une division entre vous, et on ne remet l'ordre qu'en se soumettant à l'ordre ; c'est à vous particulièrement à en donner l'exemple. Donnez au Roi tous les coeurs que votre conduite a conquis. Ah ! mon prince, vous mettrez ainsi, et non autrement, le comble à votre gloire.
Il me paraît clair qu'il n'y a pas eu d'accommodement contraire aux droits indestructibles de la monarchie et du monarque ; ainsi vous n'avez plus à protester, mais à jouir, aider et obéir. Mais pourquoi dire à mon prince ce qu'il voit, ce qu'il sent comme moi ? C'est pour qu'il connaisse que celui qu'il honore de son amitié en est digne.
Toutes les prétendues intrigues de la Reine ne sont plus à présent que des démarches nécessaires et bien combinées, puisqu'elle avait un plan, et que le plan a réussi. Tout autre raisonnement porterait à faux. Je n'aime pas M. le baron de Breteuil ; mais si, dans cette occasion, il a guidé ce plan, la France entière lui doit son salut. Je lui fais hommage de ma reconnaissance ; mais je ne le verrai jamais, parce qu'il a été l'ennemi de mes amis, et mon coeur ne peut écouter rien que cela.
En finissant sa mission, le duc de Polignac à décider l'Empereur à envoyer cent mille francs à Sérent pour les besoins urgents, à fournir les armes aux catholiques du Languedoc, à indiquer à l'Espagne qu'il est peut-être urgent - le Roi de France ne pouvant pas dans les premiers moments disposer de ses escadres - d'envoyer des avisos dans nos colonies pour avertir de la délivrance du Roi et prévenir, s'il est possible, les mauvaises manoeuvres des scélérats. L'ambassadeur d'Espagne a envoyé un courrier en conséquence, tant il a été frappé de cette importance. Le duc de Polignac vous rend compte de tout cela et de quelques autres objets ; puis il prendra congé de l'Empereur, sa mission étant finie jusqu'à de nouveaux pouvoirs. Le duc pense qu'il serait peut-être plus avantageux pour lui, si on place M. de Vérac ailleurs, de prendre sa place en Suisse. De toute manière, c'est ce qu'il y aurait de mieux, de plus décent pour sa position, et il laisse en vos mains le soin du bonheur de vos amis.
Mme de Polignac m'a montré la lettre qu'elle écrit à la Reine, et en vérité je ne crois pas qu'on puisse mieux penser et mieux dire, vu sa position.
Je forme les voeux les plus ardents (et j'en ai l'espoir) pour que les préventions qu'on avait contre Calonne aient été effacées par les preuves multipliées de son zèle infatigable, de son courage, de sa fidélité et de ses talents ; mais, si les préventions subsistent encore, faites votre possible pour les détruire ; et, après cela, si vous n'y réussissiez pas, restez-en là, et qu'il retourne au lieu qu'il avait quitté pour servir son pays et son maître, mais que du moins il y retourne avec la décoration qu'il n'a jamais mérité de perdre. Cet objet ne peut pas, ce me semble, être douteux. Mais, Monseigneur, on ne force pas la confiance ; vous l'entreprendriez en vain, et dans une telle circonstance, il faut, pour produire un bien si difficile à faire, une confiance absolue. Ce n'est qu'ainsi qu'il pourrait travailler utilement. Toute autre chose est indigne de lui et de vous qui l'aimez.
Je vous ai dit tout ce que mon coeur, ma raison, ma conscience m'ont dicté. Il ne me reste plus qu'à vous rejoindre, à vous presser dans mes bra, et à combattre sous vos yeux. J'y cours.

P.S. Le duc de Polignac vous mande, Monseigneur, qu'il vous renvoie votre lettre à l'Empereur qu'il a jugé inutile de lui remettre, les circonstances étant absolument changées. Comme vous en avez copie, il est inutile de vous la renvoyer, et je la brûle.

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 14:53


Je comprends, moi, que Yoyo l'aimait ce Vaudreuil !  

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 14:59

...    et puis, la catastrophe !   Hop!

M. de Vaudreuil au comte d'Artois
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Ah ! Monseigneur, quel passage subit et effroyable de la joie à l'horreur, à la rage ! Se peut-il que des Français marchent de crime en crime et aient mis le comble à leur infamie par le plus grand des attentats ? Nous venons d'apprendre de la bouche même de l'Empereur, instruit par un courrier de M. le prince de Condé, que le Roi, la Reine, M. le dauphin Madame et Madame Elisabeth ont été arrêtés à Varennes, à six lieues des frontières de France. Jugez, parce que vous éprouvez de notre accablement, car vous ne vous tromperez jamais en jugeant nos sentiments d'après les vôtres. Voilà donc les projets, les plans de ce barone
( Breteuil ) , qui croit qu'on ne peut rien sans lui, et qu'on peut tout par lui !
Mais laissons là les reproches, les imprécations, les regrets, et parlons du remède. Je puis à présent vous répondre qu'il sera sûr et prompt. Nous venons de passer trois heures avec l'Empereur, et voici les résultats. Sa parole nous en est donnée, et il nous permet de vous la faire passer. Il va attendre les détails du funeste événement qui nous est annoncé, parce qu'il espère encore, et nous espérons aussi que sur la route le Roi trouvera des défenseurs, des libérateurs, et que les indignes Français ne se couvriront pas impunément du crime d'avoir une seconde fois emprisonné leur Roi ; voilà une hypothèse, et en voici une autre : c'est celle dans laquelle les malheureux auraient consommé leur crime et reconduit le Roi à Paris. Dans les deux cas, l'Empereur est absolument décidé.
Si le Roi a été délivré, il va déployer toutes ses forces pour lui rendre et affermir son trône ; il fait en même temps partir un courrier pour l'Espagne, un pour Turin, un pour la Suisse, et, réuni aux princes de l'Empire, il aura bientôt rétabli son beau-frère, son allié, et servi la cause de tous les rois. Ses pleins pouvoirs seront sur-le-champ envoyés à M. de Mercy et au général Bender, tant pour agir que pour faire précéder l'action par un manifeste.
Si le Roi est retombé dans les chaînes, il n'est plus question que de vengeance, sans plus délibérer. Alors ce sera à Monsieur et à vous à faire le premier manifeste en vos noms, au nom de tous les Français fidèles, et il sera appuyé par celui de l'Espagne et par le sien, et soutenu par des forces imposantes.
L'Empereur ne veut plus de délai que celui nécessaire pour être bien instruit des détails de l'un ou l'autre événement, et le temps nécessaire pour la combinaison des mouvements.
L'Empereur a déployé dans cette occasion toute la tendresse d'un frère, la grandeur d'âme d'un vrai monarque, et la décision des grands hommes dans les grandes circonstances. Je lui ai demandé la permission de vous faire part sur-le-champ de ses projets, et il me l'a accordée. Certes, il n'a pas besoin de témoins de ses engagements ; mais c'est en présence de ses deux enfants et du prince de Lichtenstein qu'il les a pris avec toute la force, toute la loyauté dignes de Léopold. Ne vous laissez donc point abattre par la douleur, ni dominer par la rage. Un frère, une soeur en danger et dans les fers ! Des Français déshonorés ! Quel coup pour l'âme de mon prince ! Mais nous les délivrerons, et nous les vengerons ; mais nous réparerons l'honneur français. Arrêtez donc, contenez encore l'ardeur de tous ces braves croisés qui vous entourent, pour mieux assurer les coups qu'ils vont porter. Le temps n'est pas encore tout à fait arrivé, dès que je ne suis pas à vos côtés ; car qui doute que je ne m'y trouve ?
Je reste, et je crois devoir rester, pour aider le duc de Polignac, saisir tous les moments, et être sûr, avant de partir, que tous les courriers sont partis, que tous les ordres sont donnés. L'Empereur lui-même approuve, désire, veut que j'attende, et j'obéis parce que c'est pour peu et que j'arriverai à temps.
Mon prince éprouvera une vraie consolation dans ses peines, en apprenant que le temps des vengeances est arrivé et que les intrigues même ne peuvent plus y mettre obstacle. En effet, le Roi, arrêté à six lieues des frontières, a dit à l'univers : "J'étais prisonnier ; j'ai voulu rompre mes fers ;" à tous les bons Français : "Délivrez-moi ;" à tous les rois : "Vengez-moi." On ne peut rien opposer à cela et la force de ces motifs doit retentir dans toutes les âmes. Ah ! comme la mienne est émue ! Je vais ménager toutes mes forces pour les employer à servir mon prince, mon Roi, mon pays, et à réparer avec vous et tout ce qui vous entoure la tache imprimée au nom français.
Je n'écris pas à Calonne ; cette lettre est pour lui, pour tous ceux ralliés au panache blanc.

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 16:53

Merci d’avoir posté cette lettre de Vaudreuil, protestation (plutôt emphatique à mon goût) de fidélité à l’égard du Roi.
Que les choses soient bien claires: je ne suis pas le défenseur de la thèse de la trahison, ni particulièrement adepte du complotisme...
Simplement, j’ecoute et lis les points de vue différents. Je pense aussi que le dossier Varennes n’est pas clos.
Donc, si l’on accepte de ne pas éliminer a priori une trahison dont Bouillé aurait été l’instrument, on peut penser que, parmi les émigrés, certains considéraient dès 1791 le pion « Louis XVI » hors jeu. Et que sa tentative de fuite de Paris en juin n’y changerait rien. Il n’y a donc pas besoin de rajouter le traitre Provence à ce concert pour en convaincre plus d’un à Coblentz ou ailleurs. Quant à l’Autriche, on sait quel zèle elle déploya tout au cours de la Révolution pour venir au secours de Louis XVI, pour ne pas être dupe des larmes de crocodile de l’Empereur Léopold dont Vaudreuil se fait l’echo...
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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 17:03

Vicq d Azir a écrit:Merci d’avoir posté cette lettre de Vaudreui, protestation (plutôt emphatique à mon goût) de fidélité à l’égard du Roi.
..

Vous avez lu les deux précédentes juste au-dessus, j'espère ? Very Happy
Cela en fait trois .

Vicq d Azir a écrit:
Donc, si l’on accepte de ne pas éliminer a priori une trahison dont Bouillé aurait été l’instrument, on suggère que, parmi les émigrés, certains considéraient que le pion « Louis XVI » était hors jeu, et que sa tentative de fuite de Paris n’y changerait rien. ...

C'est certain.
Les témoignages en ce sens sont multiples.

Vicq d Azir a écrit:
Il n’y a pas besoin de rajouter le traitre Provence à ce concert pour en convaincre plus d’un à Coblentz ou ailleurs. Quant à l’Autriche, on sait quel zèle elle déploya tout au cours de la Révolution pour venir au secours de Louis XVI...

Disons, en ce qui concerne Provence, que lui au moins avait déjà fait preuve de sa félonie . Je pense bien sûr à la farce macabre du malheureux Favras. " Saute, marquis ! "
Il y a sûrement beaucoup encore à tirer au clair concernant le drame de Varennes .

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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 17:31

Oui. Eléonore, j’ai bien lu les trois...
Oui, le sujet de l’émigration et de ce qu’on a appelé la « contre révolution » est très complexe, et à été très travaillé, je crois dans ce forum. Voir pour cela les chapitres consacrés.
Pour Varennes, plus spécialement, il est difficile de se faire une idée précise de ce qu’il s’est passé. Pour moi, en tout cas, cette affaire n’est pas claire. Trop de gens ont ensuite cherché à se disculper.
Ce qui me semble évident c’est que des « forces obscures » ont été à l’oeuvre pour faire échouer l’entreprise : actes manqués, conduites d’echec, petites ou grandes trahisons, probablement non coordonnées, non commanditées. Une situation ( comment dire? ) à laquelle personne ne croit plus, qu’on fait sans enthousiasme en se disant: « à quoi bon? »
Quand je parle de forces obscures, je rassure mes amis: je n’ai pas sombré dans l’ésotérisme... J’évoque plutôt des forces inconscientes, collectives et individuelles, qui auraient tendu vers le constat suivant : l’heure de Louis XVI est passée, il ne sera pas le Roi de la Révolution, et ce n’est pas lui qui pourra sauver la Monarchie...( c’est peut être d’ailleurs ce qu’il pensait, au tréfonds de lui-même...)
Je peux bien sûr me tromper, et j’attends avec plaisir qu’on m’apporte la contradiction, mais enfin, enfin, c’est comme cela que je sens les choses ....


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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Mme de Sabran le Mer 12 Sep 2018, 17:48

Vicq d Azir a écrit:
... J’évoque plutôt des forces inconscientes, collectives et individuelles, qui auraient tendu vers le constat suivant : l’heure de Louis XVI est passée, il ne sera pas le Roi de la Révolution, et ce n’est pas lui qui pourra sauver la Monarchie...
Je peux bien sûr me tromper, et j’attends avec plaisir qu’on m’apporte la contradiction, mais enfin, enfin, c’est comme cela que je sens les choses ....

Ce qui est navrant, c'est qu'il ait inconsciemment tout fait pour donner lui-même cette impression de partir perdant .
Pourtant il devait bien y croire tout de même puisqu'il a laissé sa fameuse déclaration .
http://marie-antoinette.forumactif.org/t4065-declaration-de-louis-xvi-a-tous-les-francais-a-sa-sortie-de-paris-20-juin-1791?highlight=DECLARATION

Vicq d Azir a écrit:
Quand je parle de forces obscures, je rassure mes amis: je n’ai pas sombré dans l’ésotérisme...

Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

Non, non, ne sombrons pas ...  


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Re: La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes

Message par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 17:58

Oui, sa déclaration jetée sur le bureau de l’Assemblee...
Vous avez très justement pointé un jour, à ce sujet, Eléonore que c’était un acte provocateur et irréfléchi ; je rajouterais: infantile ( vous l’illustriez d’ailleurs par un pied de nez, je crois... )
Cet acte n’eut été grandiose que si la fuite avait réussi, mais hélas...
Donc, très certainement 2 Louis XVI: un qui se lache, règle ses comptes, est prêt à monter « cul sur la selle » et pourfendre ses ennemis. C’est l’enfant, le Roi chevalier et son épée de bois... Et l’autre Louis XVI, accablé, vieilli, obligé de faire ce qu’on lui dit de faire, et surtout, SEUL, si seul...


Dernière édition par Vicq d Azir le Mer 12 Sep 2018, 18:23, édité 1 fois
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