La prison forteresse de la Bastille

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La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 14:28

Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous n'avons pas encore jeté notre dévolu sur la célébrissime et lugubrissime forteresse de la Bastille ! Pourtant en avons-nous copieusement papoté dans le C.D.B. !!!
Ce sont Vaudreuil et Mirabeau, via le donjon de Vincennes, qui m'y font penser .  Hop! 
Il est temps de réparer pareil oubli !  :n,,;::::!!!: 

Clio nous postait le dimanche 30 Aoû 2009 - 16:46 cette photo aérienne avec tracé au sol !!! :



Destinée à défendre la porte Saint-Antoine et les remparts de l’est de Paris devenus plus vulnérables ainsi qu'à protéger le roi en cas de révolte du peuple parisien notamment en sécurisant la route reliant la résidence du roi à l'hôtel Saint-Pol au château de Vincennes où le roi veut établir le centre administratif du royaume, la « Bastille » ou « Bastille Saint-Antoine » était initialement un véritable château et un arsenal.
Elle fut bâtie sous le règne de Charles V, de 1370 à 1383, par le prévôt de Paris Hugues Aubriot qui posa la première pierre le 22 avril 13701, sur le modèle à quatre tours courant à l’époque. Les autres tours lui furent ajoutées ultérieurement. Elle faisait 66 mètres de long pour 34 mètres de large et 24 mètres de hauteur au niveau des tours, et était entourée d’un fossé de 25 mètres de largeur par 8 mètres de profondeur alimenté par les eaux de la Seine.

Les huit tours se nommaient tours du Coin, de la Chapelle, du Trésor, de la Comté, de la Bertaudière, de la Basinière, du Puits et de la Liberté. L’entrée se faisait par la rue Saint-Antoine et donnait sur la Cour de l’Avancée qui abritait des boutiques et une caserne.
Son premier capitaine gouverneur fut nommé par Charles VI, dès 1386, en la personne de son chambellan Jehan de La Personne, vicomte d'Acy, ancien compagnon de Bertrand du Guesclin et qui avait été déjà chambellan sous les deux règnes précédents.

À la même époque fut édifié le donjon de Vincennes. Le Château de Montagu, édifié par le surintendant des finances de Charles VI, Jean de Montagu, à Marcoussis, est un exemple proche des choix d'architecture retenus pour la forteresse de la Bastille.

Elle appartenait au système défensif de l'enceinte de Charles V mais très vite, son utilité militaire s’avérant médiocre – « assiégée, elle s’est toujours rendue » – une nouvelle enceinte fut construite. La forteresse fut occasionnellement prison d’État sous Louis XI puis utilisée comme entrepôt d'armes et lieu de réception par François Ier, comme coffre-fort des richesses royales sous Henri IV.

Durant la Journée des Barricades (huitième guerre de religion), la Bastille se rendit le 13 mai 1588 et Jean Bussy-Leclerc en devint le gouverneur.
À la chute de la Ligue et l'entrée d'Henri IV à Paris le 22 mars 1594, le gouverneur de la Bastille refusa de rendre la forteresse qui fut assiégée et résista quatre jours.

Sully, nommé gouverneur en 1602, y abrita le trésor royal dans la tour du même nom, qu’on désigna alors sous le terme de « buffet du roi ».

La Bastille est à nouveau prise durant la Fronde en 1649 et un Frondeur en est nommé gouverneur : La Louvière, fils de Pierre Broussel. C'est à cette époque que se situe un des épisodes les plus rocambolesques de l'histoire de la forteresse. Le 2 juillet 1652, lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine, le prince de Condé est en difficulté face aux troupes royales dirigées par le maréchal de Turenne. Sa cousine, Mlle de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, obtient alors de son père Gaston d'Orléans l'autorisation de faire tirer les canons de la Bastille sur les troupes royales pour le sauver et lui permettre d'entrer dans Paris.

Merci WIKI pour ce petit récapitulatif historique .

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Invité le Mar 22 Avr - 14:42

Oui un sacré morceau que ce sujet !!! Je me souviens de tes recherches sur Palloy !!!

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 14:51



Oui ! Sacré Palloy !!!  geek 

Nikko de Chissay a écrit, le lundi 24 Aoû 2009 - 17:52


Bonjour !  Very Happy 

Quelques illustrations et commençons par un plan apposé sur le mur d'un immeuble





A l'entrée de la rue Saint Antoine






Sur la place






Et je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir les paroles d'une chanson parisienne sur le Génie.  :n,,;::::!!!: 

Sur la place de la Bastille
A travers l'immensité
On voit un monsieur qui brille
C'est l'génie d'la liberté
Y a des gens qu'on toutes les veines
Mais croyez-vous qu'il en a
Lui qui vient d'briser ses chaînes
Il est forcé d'rester là

Et pourquoi ?
Parce que !
Y peut pas, y peut pas, lâcher la colonne
Y peut pas, y peut pas, sauter jusqu'en bas

Au moment d'la canicule
Quand nous trouvons qu'il fait chaud
La-haut le soleil le brûle
Sans qu'il puisse boire un verre d'eau
N'ayant même pas d'chapeau d'paille
Pour se garantir un peu
Il rôtit comme une volaille
Sous l'éclat du ciel en feu

Et pourquoi ?
Parce que !
Y peut pas, y peut pas, lâcher la colonne
Y peut pas, y peut pas, sauter jusqu'en bas


Cordialement .

.
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 15:01



... notre chouette marquise, Nikko de Chissay toujours, le lundi 24 Aoû 2009 - 19:26



Voici les vestiges dans le métro















Un vestige de la tour de la Liberté, déplacé dans le square Gally, boulevard Henri IV




Comme vous, je n'avais jamais prêté attention aux pavés avant de mettre plongée dans le guide du routard "Paris balades".
Cordialement !  Very Happy 

.

Merci, chère Nikko !  :;\':;\':; 

.
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 15:12



La Prison :


La Bastille fut utilisée occasionnellement comme prison dès le règne de Louis XI.

Pendant les troubles des guerres de religion, elle servit de prison à des Grands du royaume comme François de Montmorency (1574-1575), Charles d'Angoulême (1604-1616), ou encore le prince de Condé (1616-1619). Sous la domination de la Ligue, La Bastille abrite l'écrivain Montaigne (1588), les magistrats du parlement de Paris restés fidèles au roi dont le premier président Achille de Harlay, et l'artiste protestant Bernard Palissy qui y meurt.

C’est le cardinal de Richelieu qui la transforma en prison d’État à laquelle restent attachées les lettres de cachet, lettres signées du roi (ou le plus souvent de ses ministres) ordonnant un emprisonnement sans jugement.
Paris dispose de plusieurs types de prisons : prisons ordinaires, Hôpital général et prisons d’État (Vincennes, For-l'Évêque).
La Bastille était une prison plutôt confortable pour les personnes de qualité (nobles, grands bourgeois) emprisonnés dans les cellules (au nombre de 427), elles mangeaient tous les jours « à la table du gouverneur » (non avec lui mais bénéficiant du même repas que lui). Ces cellules disposaient de grandes pièces avec repas fins et d’un domestique si ce dernier acceptait (tel le domestique du banquier de Gérard Michel de La Jonchère qui a partagé le sort de son maître mais finit par ne plus le supporter, sans pouvoir ressortir), de meubles et de bois de chauffage (grâce à la « pistole »).
Les prisonniers royaux sont autorisés à correspondre avec l'extérieur, recevoir des visites et jouissent d'une relative liberté de mouvement au sein de la forteresse. Le marquis de Sade y fut détenu cinq ans et demi.
La Bastille comportait également depuis la fin du XVIIe siècle un quartier beaucoup moins agréable pour les prisonniers communs. Ceux-ci vivaient de la charité et du « pain du roi », y étaient parfois enchaînés ; on les appelait les « pailleux », car ils dormaient sur une paillasse dont on changeait la paille une fois par mois.
La prison disposait aussi de six cachots (et non d’oubliettes, dont un aménagé en salle de torture), situés à six mètres de profondeur au niveau des douves et qui servaient de punition aux prisonniers insubordonnés comme, par exemple, le fameux Latude (Louis XVI fait supprimer ces cachots, tout comme la question et les lettres de cachet qu'il abolit le 26 juin 1789).
Sous Louis XV qui adoucit le régime carcéral à partir de 1750, on retrouve beaucoup de convulsionnaires et jansénistes accusés de crime de lèse-majesté.
Entre 1661 et 1789, un prisonnier sur six est embastillé pour « faits de lettres » (libraire, imprimeur, colporteur ou auteur de libelle).

L'arrivée d'un nouveau prisonnier est annoncée par une sonnerie de cloche. Les boutiques avoisinantes (notamment les échoppes le long du fossé qui sont louées au Gouverneur) ferment alors et les gardes se couvrent le visage pour ne pas voir le visage du nouveau venu.
Ce culte du secret motive également l'enterrement des prisonniers de nuit sous de faux noms. Il participe grandement au mythe de l'homme au masque de fer.

Le premier témoignage écrit sur la prison sont les pseudo-mémoires d'un calviniste, Constantin de Renneville, qui donne une vision noire de la Bastille et son arbitraire, l'opposant à la Tour de Londres.
Les récits « antibastillonnaires » se multiplient : deux ouvrages publiés à l'étranger poursuivent cette dénonciation et participent à la construction de la légende noire (lettre de cachet en blanc, tortures, exécutions sommaires) de la Bastille : Mirabeau avec Des lettres de cachet et des prisons d'État (Hambourg, 1782) et Simon Nicolas Henri Linguet, Mémoires sur la Bastille (Londres, 1783).
Un historien qualifie la Bastille de rendez-vous des intellectuels puisque s’y retrouvaient aussi bien Voltaire (par deux fois en 1717 et 1726) que des pamphlétaires comme Linguet ou Brissot, victimes de la censure.

C’était aussi un gouffre financier pour Louis XVI, en raison à la fois du traitement du gouverneur d’environ 60 000 livres mais aussi de l’entretien du personnel, nombreux, ou de la nourriture.
Necker, qui avait déjà fermé le donjon de Vincennes, souhaitait la faire abattre dès 1784. Le peuple ne craint plus ce bâtiment en 1789, mais les cahiers de doléances de la ville, rédigés par des acteurs de la fronde des parlements, demandaient sa destruction et son remplacement par une place avec un monument à la Liberté retrouvée.
Comme toute forteresse imposante, la Bastille marquait le paysage parisien et rappelait l'autorité du roi (comme la tour du Temple).

Source WIKI.

Les détails assez sidérants sur le confort accordé aux prisonniers Ière classe (  Wink  ) sont attestés et détaillés, entre autres historiens, par Funck-Brentano .

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Invité le Mar 22 Avr - 15:13

Nikko de Chissay a écrit:


Sur la place de la Bastille
A travers l'immensité
On voit un monsieur qui brille
C'est l'génie d'la liberté
Y a des gens qu'on toutes les veines
Mais croyez-vous qu'il en a
Lui qui vient d'briser ses chaînes
Il est forcé d'rester là

Et pourquoi ?
Parce que !
Y peut pas, y peut pas, lâcher la colonne
Y peut pas, y peut pas, sauter jusqu'en bas

Au moment d'la canicule
Quand nous trouvons qu'il fait chaud
La-haut le soleil le brûle
Sans qu'il puisse boire un verre d'eau
N'ayant même pas d'chapeau d'paille
Pour se garantir un peu
Il rôtit comme une volaille
Sous l'éclat du ciel en feu

Et pourquoi ?
Parce que !
Y peut pas, y peut pas, lâcher la colonne
Y peut pas, y peut pas, sauter jusqu'en bas




.


C'est amusant ce poème !!!  Very Happy Very Happy Very Happy

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 15:16




... très !!!  Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing 
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Invité le Mar 22 Avr - 15:21

Mme de Sabran a écrit:



Comme vous, je n'avais jamais prêté attention aux pavés avant de mettre plongée dans le guide du routard "Paris balades".
Cordialement !  Very Happy 

.

Merci, chère Nikko !   :;\':;\':; 

.

Il y a comme cela des multitudes d'endroits à Paris qui évoquent la Révolution (et d'autres périodes) devant lesquels on passe au quotidien, sans pourtant les voir !!!  : : : 

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 15:23



François est un guide très sûr pour n'en pas perdre une miette !  Very Happy 
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Invité le Mar 22 Avr - 15:30

Oui je n'en doute pas !!!  boudoi30 boudoi30 boudoi30 

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Latude - Bastille

Message par Gouverneur Morris le Mar 22 Avr - 15:39

Wikipédia a écrit:comme, par exemple, le fameux Latude

L'évasion de Latude est effectivement restée célèbre, on peut d'ailleurs encore voir à Carnavalet les instruments dont il se servit pour y parvenir :

-------------------------------------------

Jean Henry, dit Danry, dit Masers de Latude (né le 23 mars 1725 à Montagnac et mort le 1er janvier 1805 (à 79 ans) à Paris) est un prisonnier français, célèbre par ses nombreuses évasions, qui a publié en 1787 des Mémoires, remplies d’inexactitudes et d’exagérations, qui connurent un grand succès pendant la Révolution.

Né en 1725, dans le Languedoc, de père inconnu et de mère bourgeoise ou servante selon les biographies, le jeune homme est d’abord garçon arpète d'un chirurgien dans les armées du roi. Après avoir servi dans la guerre de Succession d'Autriche comme garçon chirurgien, il mène une vie dissipée à Paris.

Pour se mettre en valeur et obtenir les faveurs de Madame de Pompadour, il invente un faux complot dirigé contre elle : il prépare un paquet piégé (il contient des larmes bataviques mais vides) qu’il lui fait parvenir à Versailles, puis la prévient au dernier moment, espérant ainsi recevoir une belle récompense. Mais la police prend l’affaire très au sérieux et s’efforce en vain de déjouer une conspiration qui n’existe pas.

Au lieu d’avouer cette escroquerie, le jeune homme persiste dans ses mensonges. Il est envoyé par lettre de cachet à la Bastille en mai 1749 (dans laquelle il écrit avec son sang un texte sur sa chemise), puis, suite aux plaintes sur ses conditions de détention dont il fait part à Madame de Pompadour, transféré à la forteresse de Vincennes d’où il s’échappe l’année suivante. Réembastillé, il réussit au total trois évasions, en 1750, 1755 et 1765 dont la plus fameuse le 25 février 1755, de la Bastille, en passant par la cheminée et en se laissant glisser avec un complice (Antoine Allègre, languedocien comme lui) grâce à une échelle de corde. La corde étant tressée avec du fil tiré de vêtements qu'il conserve dans une malle et les échelons de bois taillés dans des bûches de chauffage.


Échelle de corde de la Bastille, Musée Carnavalet.

Mais il est toujours ramené et son cas s’aggrave donc à chaque reprise. C'est ainsi que Latude a été enregistré à la Bastille sous son véritable nom puis sous les noms de Danry, Maiville puis Villemain. Comme le voulait le règlement, il fut à plusieurs reprises descendu aux cachots, réservés aux prisonniers insubordonnés. Latude raconte comment face à la cruauté de ses geôliers, il trouve son seul réconfort dans la compagnie de rats qu'il apprivoise, puis plus tard de pigeons qu'il fait livrer à Madame de Pompadour. Il publie des Mémoires d'abord en trempant des arêtes de poisson dans son sang sur de la mie de pain aplatie puis sur du papier fourni par l'aumônier apitoyé.

En 1775, il réussit à apitoyer Malesherbes qui l’envoie à Charenton où il retrouve Antoine Allègre devenu fou, puis le fait relâcher deux ans plus tard en juin 1777, avec obligation de s’éloigner de Paris. Alors qu'il est à 43 lieues de la capitale, il est rattrapé et ramené en prison, cette fois-ci à Bicêtre, sous le motif d'un vol qu'il aurait commis dans le temps de sa liberté retrouvée. Une certaine Mme Legros s’intéresse à lui et à un de ses mémoires de protestation, elle plaide sa cause auprès de Marie-Antoinette d'Autriche  Hop! . Sa détention au Bicêtre, la plus dure au cours de laquelle il attrapera le scorbut s'achève et il est définitivement libéré le 24 mars 1784. Il n’en fait dès lors plus qu’à sa tête et reste dans la capitale. Se posant comme victime du despotisme et de La Pompadour, exploitant ses nombreuses années de détention, il réussit à attirer l’attention sur son affaire, se faisant passer pour le fils d’un gentilhomme, le marquis de La Tude. Louis XVI lui accorde une pension et lève à son profit une souscription à laquelle s'empressent d'adhérer les plus grands noms du royaume.

Lors de la prise de la Bastille, il récupère l’échelle et l’offre en grande pompe à l’Hôtel de ville.


Latude par Antoine Vestier, Musée Carnavalet. On reconnaît bien l'échelle de cordes. Et une lettre de cachet ?

L’œuvre principale de Latude, écrite avec la collaboration d’un avocat du nom de Thiery, est Le Despotisme dévoilé, ou Mémoires de Henri Masers de la Tude, détenu pendant trente-cinq ans dans les diverses prisons d'État (Amsterdam, 1787, éd. Paris, 1889). Bourrée d’inexactitudes et d’exagérations, elle connut une grande vogue pendant la Révolution.

L'Assemblée constituante lui refuse la pension qu'il réclame mais l'Assemblée nationale législative lui en octroie une de 3 000 livres grâce à l'intervention de Quesnay de Saint Germain (petit-fils de François Quesnay). Il obtient de plus en 1793, par jugement du tribunal, que les héritiers de Madame de Pompadour lui versent 60 000 livres en dommages-intérêts  Shocked . Il meurt riche mais oublié en 1805, sous l'Empire.

-------------------------------------------

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Gouverneur Morris le Mar 22 Avr - 15:48

Pour consulter les Mémoires de Latude sur googlebook : http://books.google.lu/books?id=fpRJAAAAcAAJ&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 15:54

Gouverneur Morris a écrit: Il publie des Mémoires d'abord en trempant des arêtes de poisson dans son sang sur de la mie de pain aplatie puis sur du papier fourni par l'aumônier apitoyé.


Merci, merci, cher Momo !!!  :n,,;::::!!!: 

Ce Latude, quelle vedette !!!

Je ne sais pas s'il faut le croire sur parole !  Wink 
Ce qui est sûr, c'est que lors de la démolition de la forteresse par les ouvriers de Palloy, Latude fait complaisamment visiter son cachot en racontant à l'envi son incarcération, sévices compris ... (  :  )
Il réclame d'ailleurs sa pierre souvenir :

J'écrivais, non pas à la Bastille mais à la Conciergerie, le mardi 30 avril 2013 :

Ah ! j'aime bien cette lettre ( très très lisible d'ailleurs ), dans laquelle une citoyenne, amie du plus célèbre des prisonniers de la Bastille libérés le 14 juillet, Latude, réclame elle aussi sa pierre de la Bastille que lui avait promise Palloy .
Elle sollicite aussi, pour Latude et elle, une place dans un cortège organisé par Palloy .


_________________
...    demain est un autre jour .
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Majesté le Mar 22 Avr - 16:25

Latude est largement évoqué dans Si Paris nous était conté de Sacha Guitry  : 

Bien à vous.

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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 16:30



Mais oui, Majesté ! ... Ah, ce si cher Sacha !  :;\':;\':; 


Bagatelle a écrit, le lundi 24 Aoû 2009 - 22:40


Le quartier St-Antoine qui se trouve derrière la Bastille était alors un faubourg, hors Paris...



Tant d'événements dans ce "chaudron" parisien...

.
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 16:33




Clio a écrit le mardi 25 Aoû 2009 - 15:53


Rue St Antoine, on voit le tracé de la tour de la Liberté ( ! ) et sur la place ,celle du Trésor . Et les tours n'étaient pas si larges qu'on peut l'imaginer car une voiture occupe le diamètre .J'ai une photo intéressante prise depuis la colonne de juillet mais elle se cache...
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 16:35

A l'extrémité de la rue Saint-Antoine, à l'entrée du faubourg, apparaissaient les huit tours hautes, sombres, massives, plongeant leurs pieds moussus dans des flaques d'eau boueuse. De place en place, elles étaient percées de fenêtres étroites, barrées de fer. Le sommet en était crénelé. Non loin du Marais, le quartier riche et joyeux, auprès du faubourg Saint-Antoine, le quartier industriel et tout bourdonnant, la Bastille morne, chargée de silence, faisait contraste.

( Les secrets de la Bastille
 de Franz Funck-Brentano )

C'était un épouvantail que cette Bastille redoutée, sur laquelle, en allant chaque soir dans la rue Saint-Gilles,
je n'osais jeter les yeux .

( Les nuits de Paris
 de Restif de la Bretonne )


Un silence absolu était imposé aux gardiens : " On ne s'explique point en ce lieu là, écrit Mme de Staal ( 1 ), et tous les gens qui vous abordent ont une physionomie si resserrée qu'on ne s'avise pas de leur faire la moindre question. "


( 1 ) Mme de Staal née Rose Delaunay, attachée au service de la duchesse du Maine, à Sceaux ...
(et non pas Mme de Staël, notre Germaine Necker !  Wink  )

.
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Invité le Mar 22 Avr - 16:41

Voici une photo trouvée il y a quelque temps pour illustrer l'emplacement de la Bastille...


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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 16:44




Formidable !!!  :\\\\\\\\:  Merci, JAG querido !!!  :n,,;::::!!!: 

Voici la bête !



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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Gouverneur Morris le Mar 22 Avr - 16:48

Merci JAG !!!!

C'est un peu blockaus contre blockaus, n'en déplaise à Carlos Ott boudoi26 .

Notons que pour le bâtiment de ce dernier, les parisiens n'ont pas eu besoin de mettre les pierres à bas, elles sont tombées toutes seules :
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 16:51

Gouverneur Morris a écrit:

C'est un peu blockaus contre blockaus

Je trouve aussi !   
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 17:31




J'écrivais ( vous ne devinerez jamais où  ...   :  )

En fait, nous l'avons tous dans l'oeil, cette Bastille, comme si elle trônait toujours au milieu de Paris !!!
Elle avait pour toute garnison 30 Suisses et 80 " invalides de guerre " (   ) Que dire du malheureux Launay qui reçoit la délégation des émeutiers en lui offrant de partager son déjeuner !
Quant aux 7 prisonniers, ils coulaient une incarcération paisible, dans ce symbole en pierres de la tyrannie !!!

Les pages de Chateaubriand sont édifiantes ...
" Les années lumières, et les années terribles " ont très fidèlement relaté l'événement : la bonne volonté du gouverneur, la confusion totale qui débouche sur la fusillade, puis la reddition de Launay pour arrêter le massacre. C'est lui qui est massacré malgré la parole donnée.
Et nous fêtons toujours ce 14 juillet comme la page la plus glorieuse de l'histoire de France ....

Nikko me répond:

Chère Madame de Sabran

Le 14 juillet fut déclarée fête nationale, par la IIIè république le 6 juillet 1880 et sera célébrée huit jours plus tard.

Cordialement

Majesté a écrit :

C'est tout de même au 14 juillet 1790 que cela fait référence  Wink 

Bien à vous.


Moi, sur ce :

Je fais amende honorable, cher Majesté ! Very Happy La Fête de la Fédération, ce n'est pas rien : La Nation cesse d'être la propriété dynastique d'un maître pour devenir la Patrie, du libre consentement de tous les citoyens. Enthousiasme général délirant : Louis XVI, la Fayette ( et même Marie-Antoinette, la pauvrette ) sont follement applaudis au Champ-de-Mars, avant que Talleyrand ne célèbre la messe.
Est-ce Pétion ou bien Barnave qui dit au Roi et à la Reine, lors du retour de Varennes, que, ce jour-là, ils auraient pu reprendre la situation en main ? Je crois que c'est Pétion.

Clio a écrit :

hauteur 24m et elle tient dans un modeste rectangle de 68m x 37m

Majesté :

Merci ma chère Clio !  Very Happy 
En somme elle a les dimensions d'une grande église alors !  Wink 

Bien à vous.

Kiki
:
Ce n'est pas vraiment la formidable bâtisse de nos fantasmes républicains !!!



" Pourtant, reconnaissait Chaussinand-Nogaret, " supposons la Bastille prise en d'autres temps, cinquante ans, vingt ans plus tôt : elle n'eut été qu'une émeute du désespoir, de la colère ou de la faim, révolte de manants contre l'ordre des honnêtes gens". Il y a dans un tel constat le signe des multiples perplexités et des controverses suscitées par la prise de la Bastille . En 1780, en effet, une prison anglaise était prise d'assaut et incendiée (attaque de la prison Newgate à Londres, épisode particulièrement violent entre catholiques et protestants ) : la face du monde n'en avait pas été changée.
Dans la France de 1789, ce fut le début de la fin d'un monde. Entre cette possible et singulière réduction de l'événement à une banale émeute et la grandiose épopée des conquérants de la Liberté qu'encense la littérature depuis plus de deux siècles, se mesure l'écart entre le mythe et la réalité.
Cette discordance invite à s'interroger sur les ressorts profonds qui font d'une " émotion populaire ", violente mais non pas exceptionnelle, le pivot d'un renversement de l'histoire.
"

(Le Livre Noir de la Révolution Française )

.
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Mme de Sabran le Mar 22 Avr - 19:33




Le soir du 15 juillet 1789, au Palais-Royal, Marie-Adélaïde porte un toast à la santé des bons citoyens de Paris et des courageux vainqueurs de la Bastille .  boudoi32 

Gouverneur Morris perplexe ( et psychologue ) note dans son journal :
La duchesse a quelquechose sur le coeur . Peut-être a t-elle besoin d'être aimée ?


Invité :

C'est vrai ! elle a vraiment porté un toast ce jour là?


Moi :

J'en suis aussi surprise que toi ( c'est pourquoi je poste l'information ) !!!
Faut-il pour autant voir en Marie-Adélaïde une enthousiaste de la Révolution ? Non, bien sûr , ce qu'il convient de penser ici, c'est qu'une fois encore elle a tenté de se rapprocher de son mari, dût-elle épouser ses erreurs .

( La duchesse d'Orléans de Michel de Decker )


C'est Mme de Tourzel qui te répond, invité :
Cette excellente princesse était bien loin de partager les sentiments du duc son époux mais elle s'aveuglait encore sur son compte .


Et voilà, tout est dit . Marie-Adélaïde à la mi-89 a encore des illusions qui vont bientôt voler en éclats .
Pour, sauver ( croit-elle ) ce qui peut subsister d'amour pour elle en son mari, et parce qu'elle n'envisage pas toute la dangerosité de ses manigances, elle essaye encore d'être à ses côtés en épouse confiante.


Et tiens ! pendant que j'y suis, voici une vue aérienne de la forteresse au milieu de Paris :








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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par La nuit, la neige le Mar 22 Avr - 23:21

En observant la photo montage de JAG (merci  Wink ), je me dis qu’on la remarquerait à peine, aujourd’hui, cette terrible Bastille...
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Re: La prison forteresse de la Bastille

Message par Majesté le Mer 23 Avr - 0:30

On n'en aurait même pas fait un parking : trop petite, donc pas intéressant !  Hop! 

Bien à vous.

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Re: La prison forteresse de la Bastille

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