Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

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Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 10:34




Hier, à une foire au grenier, j'ai trouvé les Mémoires de Talleyrand ( en cinq tomes ) ainsi que ses lettres à Napoléon, dans la collection Jean de Bonnot.  Very Happy 

J'écrivais dans le C.D.B.
Mer 6 Jan 2010 - 10:50


Petit aperçu :

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est né en 1754, le 2 février, à Paris, rejeton d'une très ancienne et noble lignée, mais malheureusement affublé d'une malformation du pied ( ce que l'on appelle un pied bot ) .
Cette disgrâce le fait opter pour l'état ecclésiastique . Il devient évêque d'Autun, en 1780, nom sous lequel il est le plus généralement connu, si l'on excepte le sobriquet de Diable boiteux que lui vaut son pied défectueux .
Le clergé l'envoie siéger aux Etats Généraux de 89 .
Première trahison : celle de son ordre ! C'est lui qui propose, en octobre de la même année, la nationalisation des biens du clergé, comme nous le rappelait notre ami la nuit, la neige, hier soir .
Il célèbre la messe de la grande fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, sur le Champ de Mars . Se tournant vers l'abbé Louis, il lui aurait chuchoté : Surtout, ne me faites pas rire . ..... sacrilège qui s'accompagna de trombes de pluie traduisant peut-être la colère divine !  
Démis de la charge de son évêché d'Autun en 91 , il s'embarque pour Londres et une mission diplomatique plaidant la cause révolutionnaire auprès de cabinet britannique .
Il regagne Paris après le 10 août, retourne à Londres avec une nouvelle mission . Mais, le 5 décembre est lue à l'Assemblée une lettre par laquelle il offre ses services à Louis XVI ( lui aussi ! comme Mirabeau avant lui, puis la Fayette, Dumouriez ............. )
Il est décrété d'accusation et inscrit comme émigré .
Il met l'Atlantique entre lui et ses anciens amis révolutionnaires et coule une vie paisible, brassant moult affaires industrielles et financières, aux Etats-Unis .
Grâce à l'intercession de son amie Germaine de Staël, il peut rentrer à Paris en septembre 96.
Barras lui offre le porte-feuilles des Relations extérieures en 97 .
Talleyrand gagne l'amitié de Bonaparte en défendant le projet de l'expédition d'Egypte . Il suit aussi les affaires de Suisse et les négociations avec la jeune Amérique ...
Collectionnant les ennemis ( surtout neo-Jacobins ), il est contraint de démissionner le 20 juillet 99.
Mais il donne une fête splendide pour glorifier le retour de Bonaparte d'Afrique . Il participe aux intrigues de Brumaire et récupère ainsi son lucratif ministère des Relations extérieures .
Napoléon le comble d'honneurs : il est prince de Bénévent en 1806, Grand Chambellan de l'Empereur .....
Mais il trahit Napoléon pour Louis XVIII dont il devient le ministre des Affaires étrangères et qu'il va représenter au congrès de Vienne .
Sous la seconde Restauration, le tandem Talleyrand / Fouché ( oui, oui, le sinistre Fouché que nous avions vu intriguer avec Tallien ...... ) est évincé par la chambre des Ultras.
Talleyrand se réjouit, en 1830, de la chute des Bourbons.
Louis-Philippe lui offre l'ambassade de Londres .
La signature du traité franco-anglais de 1834 est son dernier acte diplomatique ..........
Il meurt, le 17 mai 1838, en odeur de sainteté grâce à Dupanloup .
Ultime pirouette ?


La Comtesse Diane :

Alors ! ce boiteux ? Il l'est par nature et de par ses irrégularités de comportement ? Parce qu' il dénigre d'abord les BOURBONS !  :!!!ùùù^^^^:  puis adore Napoléon ! et revient finalement aux BOURBONS !!!!!!  :!!!ùùù^^^^:  :!!!ùùù^^^^:  :!!!ùùù^^^^: 

Un curé des mes deux oui !    mais un personnage important et influent ..........
Merci pour cette présentation.

Il ne sait pas ce qu'il veut le gars ! C'est à n'y rien comprendre !  Suspect 


Majesté :

Si , si! Talleyrand ne souhaite que son prestige...quelle que soit la tactique qu'il lui faut employer.

  Bien à vous.


Kiki ( ? ) :

J'aime beaucoup ce personnage ou du moins son esprit. Fin, vif, toujours le bon mot la ou il faut.
Il est enterré à Valençay. (Indre)

Moi :
Le profil de Talleyrand, tout à fait réjoui, semble t-il !





.... plus sérieux, maintenant :




...  plus du tout à présent  (  :  ) :





François :

Le culot n'est pas le moindre de ses qualités. S'il n'en avait pas eu autant la France eut été dépecé après l'Empire. C'est grâce à lui et au Duc de Richelieu n°6 qu'ils minimisèrent les pénalités.

Mr de Talaru


Nikko de Chissay :


Cher Mr de Talaru

J'adhère totalement à votre point de vue, s'il a 'souvent' retourné sa veste.....pardon sa redingote, il a servi la France avant tout, car il avait une certaine idée de son pays.

En route pour une petite visite

Hôtel de Talleyrand-Périgord:






Construit en 1767 par Chalgrin sur les plans de Gabriel, cet hôtel eut pour premier propriétaire Louis Phélippeaux, duc de la Vrillière , comte de Saint Florentin, ministre de Louis XV (situé à l’angle des rues de Rivoli et St Florentin).

Après sa mort, en 1777, il appartint au duc de Fitz-James, descendant du roi d’Angleterre Jacques II, puis à la princesse de Salm-Salm avant de devenir pour un an, en 1792, l’ambassade de la République de Venise.

Transformé en manufacture de salpêtre sous la Révolution, le bâtiment fut acquis par le marquis d’Hervas, qui le céda en 1812 à Talleyrand.

A la chute de l’Empire, en avril 1814, le diplomate y hébergea le tsar Alexandre 1er.

Il y vécut de 1812 au 17 mai 1838, date à laquelle, il décéda.

En 1838, l’hôtel devint la possession de la famille de Rothschild, qui le vendit en 1950 aux Etats-Unis d’Amérique.

Cordialement

.
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 10:54




La nuit, la neige a écrit
:
Mer 6 Jan 2010 - 19:04


Ah ! Ce personnage est intéressant !  :n,,;!!!: 
Cette disgrâce le fait opter pour l'état ecclésiastique ?

Sa famille l'oblige à...
Ce n'était pas du tout son souhait.  

Bien avant les Etats Généraux de 89  , dès 1780, il est un personnage très important : agent général du clergé, il représente l'Eglise de France auprès du Roi. Une sorte de ministre en somme...

Il se défendra comme ceci d'avoir proposé la nationalisation des biens du clergé   : il a toujours tenté de sauver les richesses du clergé (plus riche que le trésor royal).
Avant 1789, il avait proposé à ses pairs d'octroyer au roi un don exceptionnel pour l'aider à se sortir des problèmes financiers (il savait que les conseils du roi poussaient en ce sens et que l'opinion générale n'en pensait pas moins).
Ce n'était pas par pure générosité : il assurait qu'il valait mieux donner un peu, que de se faire prendre bien davantage (par la confiscation pure et simple de tout ou partie des biens de l'Eglise. C'est ce qu'avait fait l'Autriche et Joseph II quelques années plus tôt !).
C'est la même logique "du moindre pire" qu'il soutiendra en 1789 : nationaliser, avec contrepartie, plutôt que de tout perdre.

citation:
Talleyrand gagne l'amitié de Bonaparte en défendant le projet de l'expédition d'Egypte .
Mais il donne une fête splendide pour glorifier le retour de Bonaparte d'Afrique . Il participe aux intrigues de Brumaire et récupère ainsi son lucratif ministère des Relations extérieures.

Malin !
Entre autres mots magnifiques, Chateaubriand disait de lui :Quand Mr de Talleyrand ne conspire pas, il trafique !  
On dit que Talleyrand était de mèche avec les Anglais pour favoriser le retour de Bonaparte : qu'ils laissent passer sa frégate !
Là aussi, il avait compris qu'il fallait être avec lui, ou disparaître.



Clio, pâmée :

J'en suis dingue amoureuse depuis l'âge de 14 ans , surtout de l'homme du XVIII, celui de la douceur de vivre .
Je n'achète plus les livres qui paraissent .
Mais je ne suis pas aveugle sur ses défauts    
Un homme qui ne s'est jamais fâchée avec ses ex !  :\\\\\\\\: 


La nuit, la neige :

Le personnage est en effet tout à fait passionnant, sans être pour autant attachant (enfin, à mes yeux).

Il louvoie un peu et beaucoup dans ses Mémoires, mais ils restent intéressants à lire.
Je poste ici cette référence, éditée récemment chez Bouquins (elle n'est pas très chère) :



Présentation :

Débauche, corruption, sacrilège, parjure et autres traîtrises, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord traîne derrière lui un cortège d'accusations où rien ne manque, pas même le crime. Et pourtant, sous l'orage, ce prince « sans grimace, ni sourire » ne tremble ni ne recule, même lorsqu'il croise des Indiens prêts à le scalper au fin fond d'une forêt américaine.

Né sous Louis XV, mort sous Louis-Philippe, l'homme des trois sacres et des treize serments, le virtuose du congrès de Vienne se révèle soucieux de la grandeur de l'État, comme de sa propre grandeur, face à la postérité. Talleyrand n'écrit pas pour raconter sa vie ou pour rendre fidèlement compte des événements extraordinaires de son temps. De 1812 à 1838, le « Diable boiteux » va écrire et réécrire ses Mémoires au regard des circonstances politiques dans lesquelles il s'est trouvé ; il va les écrire pour le présent, en cherchant à s'ouvrir durablement la route du pouvoir, et pour les générations futures, en donnant la mesure exacte d'un homme d'État qui, décidément, aurait de « l'avenir dans l'esprit ». D'une certaine manière, on pourrait dire qu'avec lui, pendant les affaires, les affaires continuent.

On aura compris que le Talleyrand des Mémoires n'est pas tout Talleyrand. Voici pourquoi il nous a paru judicieux de publier également une remarquable correspondance inédite du prince avec l'une de ses amies les plus chères, Marie-Antoinette de Bauffremont. On découvre un autre Talleyrand, l'homme du cœur, de la fidélité, la « vieille machine aimante », comme il l'écrit lui-même, bien éloigné de « l'image scintillante du mal » que l'on a voulu trop rapidement faire de lui.


.
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 11:14




Vous souvenez-vous que Talleyrand était présent au chevet de Mirabeau la veille de la mort du tribun ?
Les deux anciens amis étaient pourtant en froid depuis la publication par Mirabeau de son Histoire secrète de la Cour de Berlin, correspondance d'un voyageur françois ...

Quand Talleyrand se présenta chez Mirabeau, dans l'après-midi du 1er avril 1791, deux prêtres faisaient antichambre . L'un était envoyé par la vieille marquise de Mirabeau soucieuse du salut de l'âme bien pêcheresse de son fils, l'autre était le curé de la paroisse venu de sa propre initiative ......
Talleyrand fut introduit dans l'instant auprès du mourant . On entendit murmurer : Voilà un confesseur bien digne du pénitent !

A son collègue à l'Assemblée et complice de la nationalisation des biens du Clergé, Mirabeau demanda comme une dernière grâce de vouloir bien lire à la tribune le discours qu'il avait composé pour obtenir que le partage égal des biens fut inscrit dans la nouvelle loi successorale, ultime revanche ( et même revanche posthume ) de cet aîné de famille dépouillé par son propre père ( l'Ami des hommes, je vous demande un peu !!!!!  ) au profit de son frère cadet ( Mirabeau Tonneau ) .
Il serait plaisant, dit Mirabeau à Talleyrand, d'entendre plaider contre les testaments par un homme qui n'est plus et qui vient de faire le sien !

Ils devisèrent ainsi pendant plus d'une heure et demie, de politique, et notamment d'alliance franco-anglaise ... Un pied dans la tombe, l'avenir de la France était encore la préoccupation de Mirabeau !!!
A la fin de l'après-midi, Talleyrand sortit de la chambre, tenant à la main les feuillets du discours; s'il était ému, il sut bien le cacher . Aux importuns qui l'interrogèrent, il lança seulement ce mot méprisant : Il a dramatisé sa mort .
( duc de Castries )

Mirabeau, plus aimable, constata :
On dit que la conversation est nuisible aux malades; ce n'est pas celle-ci; on vivrait comme cela délicieusement environné de ses amis et même on y meurt agréablement .
Comme on aurait pu douter du sérieux de sa mort un premier avril, il rendit le dernier soupir le lendemain .





Clio :
Le chien et le chat sous le guéridon boudoi30 


Kiki :

Le petit chien semble déjà hurler à la mort !  Sad 
Qu'est-ce qu'on se bouscule autour du lit du pauvre Honoré ...... en voilà un tintouin !!!!

L'un d'entre nous :

On avait répandu de la paille sur la chaussée devant son habitation pour atténuer le bruit de la rue.

Kiki :

A Mme de Rémusat qui lui disait :
" ---- Eh ! Bon Dieu, comment se peut-il que vous puissiez consentir à vivre et à faire sans recevoir aucune émotion de ce qui se passe, ni de vos actions ??? "
" ---- Ah ! que vous êtes femme et que vous êtes jeune ! ", répondit-il .

Et il commençait à se moquer de moi, comme de tout le reste, commente t-elle, résignée.


Mme de Sabran :

Témoignage de Napo, lui-même:
Le visage de Talleyrand était tellement impassible que l'on ne savait jamais rien y lire .

Voici le couple terrible :

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 11:45




La nuit, la neige a écrit
:
Ven 8 Jan - 17:59

Mme de Sabran a écrit:

Aux importuns qui l'interrogèrent, il lança seulement ce mot méprisant : " Il a dramatisé sa mort ."[/i]

Puis-je continuer la phrase : et il est mort le plus à propos du monde ; cet homme déifié aurait été pendu deux mois plus tard, à moins d'une seconde révolution. Il avait un million de liste civile chez un notaire dont il avait touché le premier quart, cette abondance avait été un piège pour lui.

Mme de Sabran a écrit:
Mirabeau rendit le dernier soupir le lendemain .

On en parle beaucoup en ce moment avec Camus, alors, pour rappel : c'est à l'initiative du duc de La Rochefoucauld, que l'on transforme l'église Sainte Geneviève en Panthéon, afin de l'accueillir comme le premier des grands hommes envers qui la patrie est reconnaissante.
Il n'y restera pas longtemps : après la découverte de l'armoire de fer en 1792, et sur proposition d'André Chénier, les députés décident de le retirer du Panthéon. Hop ! A la fausse commune !

On dit que la moitié de Paris s'était pressée à ses funérailles.
Beaucoup ont craint (ou regretté) que Louis XVI n'ait pas pris alors la tête du cortège : il aurait, peut-être, pu retourner en sa faveur l'opinion publique .


Je te répondais :

Eh bien, pour illustrer votre très intéressant propos, les voici ces funérailles grandioses de Mirabeau !



...  et toi :

Merci pour cette illustration !
Hum...tirer des coups de feu dans une église !   boudoi29 


Le Comte Axel :

Cela doit-être la cérémonie religieuse dans l'église Saint Eustache où l'abbé Cérutti prononça son oraison funèbre, avant le transfert de son corps, en grande pompe au Panthéon. Cela ressemble à une voute gothique alors que l'église Saint Geneviève est de facture Classique.


La nuit, la neige :

Mme de Sabran a écrit:
Nous n'aurions garde d'oublier son satellite, Fouché, ministre de la police.

Les deux hommes ne s'aimaient guère, et se méfiaient hautement l'un de l'autre : mais comme deux chats dangereux, qui ont préféré partager l'écuelle du (ou des) maîtres sans prendre le risque de se sauter à la gueule.
Napoléon craignait beaucoup un rapprochement entre ces deux hommes opportunistes et retords.
Et lorsqu'il viendra, c'est à cette occasion que Napoléon chassera Talleyrand en ces termes bien connus (il n'ose pas alors toucher à Fouché) :

Vous êtes un voleur, un lâche, un homme sans foi, vous ne croyez pas en Dieu ; vous avez toute votre vie manqué à tous vos devoirs, vous avez trompé, trahi tout le monde ; il n'y a pour vous rien de sacre ; vous vendriez votre père !
Je vous ai comblé de biens, et il n'y a rien dont vous soyez capable contre moi.
Tenez, monsieur, vous n'êtes que de la merde dans un bas de soie !


Et au sortir du bureau de Napoléon, Talleyrand lâchera : Quel dommage qu'un si grand homme soit si mal élevé.  

Lisez, du reste, ce qu'écrit Metternich, très justement :

Je les vois, lui (Talleyrand) et son ami Fouché, toujours de même, très décidés à saisir l'occasion, si cette occasion se présente, mais n'ayant pas assez de courage pour la provoquer.
Ils sont dans la position de passagers qui, voyant le timon entre les mains d'un pilote extravagant (Napoléon) et prêt à faire chavirer le vaisseau contre des écueils qu'il est allé chercher de gaieté de cœur, sont prêts à s'emparer du gouvernail dans le moment même où leur propre salut serait encore plus menacé qu'il ne l'est, dans le moment où le premier choc du vaisseau renverserait le pilote lui-même.


Pas faux. Wink 
Il le savait Metternich, puisqu'il écrivait de même :

Des hommes tels que Mr de Talleyrand sont comme des instruments tranchants avec lesquels il est dangereux de jouer ; mais aux grandes plaies il faut de grands remèdes, et l'homme charger de les traiter ne doit pas craindre de se servir de l'instrument qui coupe le mieux.

Moi :
Je crois Napoléon très capable d'avoir proféré cela ! C'est l'époque où l'on s'oublie volontiers à faire des écarts de langage, comme le [i]castafouine[i] tonitruant de M. Cambronne aux Anglais !      

Talleyrand et Bonaparte avaient pourtant commencé par être complices et amis, et leurs destins très liés :





Autre portrait:





La nuit, la neige :

Qui est l'auteur du commentaire du portrait gravé de Talleyrand par Ingres ?
Je trouve son "aucune perspective politique profonde" bien sévère !

Moi :

C'est Jean Massin . Je partage votre avis !

.
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 12:23

Sam 9 Jan 2010 - 16:38


Lorsqu'il rentre de l'expédition d'Egypte, avec l'aide de son frère Lucien et de Talleyrand, Bonaparte met fin au Directoire ( dont nous avons amplement parlé dans le sujet de Mme Tallien . )
C'est la prise de pouvoir du 18 Brumaire . Elle sonne la fin de la Révolution .

Voici, en 1802, le Premier Consul et son ministre des Affaires étrangères Talleyrand. ( Bonaparte est entouré par Bernadotte, à sa gauche, Murat et Berthier ) :




Deux ans plus tard, c'est l'apothéose ! Napo s'est auto-proclamé, et auto-couronné empereur; Talleyrand est devenu son Grand Chambellan .
Le 18 mai, il a approuvé le sénatus-consulte qui proclame la naissance de l'Empire .
Le 2 décembre, est-il besoin de préciser qu'il a assisté au sacre .....
C'est la lune de miel; ils sont comme les deux doigts de la main .



Avec la maturité, Talleyrand prend de la bouteillle, si je puis dire .
Encore un portrait, pour Clioxviii !   Very Happy 



La nuit, la neige a écrit :
Mme de Sabran a écrit:
C'est la lune de miel; ils sont comme les deux doigts de la main.
Hum... ce n'est pas une lune de miel ! Mais c'est sûr, Napoléon lui tient la main : le plus fermement possible !  
Ils ne se sont jamais appréciés.


Invité :

Pourquoi Napoléon l'a-t-il gardé avec lui alors?

La nuit, la neige a écrit :

Parce qu'il a eu, avait, et aura besoin de lui !

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 14:34



Talleyrand mène donc avec brio notre diplomatie et nos affaires extérieures .
C'est ainsi , le 9 juillet 1807, la signature du traité de Tilsitt entre la France et la Prusse , à l'issue de laquelle Napoléon et le tsar Alexandre se quittent fort contents l'un de l'autre .

Régalez-vous de la légende que Jean Massin concocte à la gravure de ce tableau de Gosse qui immortalise l'entrevue de Tilsitt !




Au mois d'août suivant, l'Empereur procède à un remaniement ministériel . Cela tombe bien ! Justement, Talleyrand ambitionnait une charge de grand dignitaire, faisant valoir que les rois Joseph et Louis n'étaient plus en état d'exercer les leurs ( ??? ) .

Napoléon accède à son désir ... mais lui retire son porte-feuille ministériel, étant fermement convaincu de l'incompatibilité des deux offices !
Talleyrand est nommé Vice-Grand-Electeur; et Fouché ricane :
Il n'y avait que ce vice-là qui lui manquât !

Talleyrand, qui n'est nullement disgracié pour autant, est positivement outré d'avoir perdu la source de pots-de-vin que constituait pour lui le ministère !

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 14:41




Majesté a écrit:
la nuit, la neige a écrit:

Parce qu'il a eu, avait, et aura besoin de lui !
 Laughing  Laughing  Laughing      On dirait du Francis Cabrel !   Laughing  Laughing  Laughing 





Je continue, le vent en poupe :

Une année sépare Tilsit et Erfurt…
Les entrevues d’Erfurt se déroulent du 27 Septembre au 14 Octobre 1808 avec le Tsar Alexandre 1er, Napoléon 1er, et tous les souverains d’Allemagne, roi de Prusse et l’Empereur d’Autriche exceptés.

Par une convention secrète signée le 12 Octobre, la France reconnaît à la Russie la possession de la Finlande, de la Moldavie et de la Valachie et renonce à toute extension du grand duché de Varsovie.
En contrepartie la Russie reconnaît à la France que son intervention en Espagne est légitime, de même qu’elle accepte d’agir contre l’Autriche si Vienne déclarait la guerre à Paris.
La période de 1805 à 1809 correspond à une série de campagnes victorieuses contre les Anglais et leurs alliés européens unis face à la politique envahissante de Napoléon.
L’Angleterre n’a aucun mal à gagner l’Autriche à sa cause. A ces deux puissances se joignent, le Royaume de Naples (dont la reine est la sœur de Marie-Antoinette) et le Russie (dont Napoléon a refusé la médiation lors de la crise de Malte).

Après la victoire d’Austerlitz en Décembre 1805, l’Empereur d’Autriche réclame un traité de paix à la France, traité qui sera signé à Presbourg.
A l’Angleterre et à la Russie vient se joindre la Prusse, effrayée par la création de la Confédération du Rhin.

En Octobre 1806, Napoléon écrase l’armée prussienne à Iéna.
Pendant l’hiver 1806-1807 Napoléon poursuit son avancée à l’Est et bat les armées russes à Eylau et à Friedland. Le Tsar Alexandre réclame l’armistice. C’est le contexte de la signature du traité de Tilsit qui met fin à la 4e coalition (Angleterre, Prusse, Russie, Suède).
La paix est alors établie au détriment de la Prusse.

Napoléon est à l’apogée de sa puissance. Il est quasiment le maître detesté de l' Europe.
Il voudrait anéantir l’Autriche. Mais Talleyrand le déconseille fortement : Un politique prévoyant devrait en s’alliant à elle la fortifier, lui rendre confiance et l’opposer comme un boulevard nécessaire aux barbares, aux Russes ( Lettre à Napoléon du 5 Décembre 1805).

C’est à ce moment de notre politique étrangère que l’on peut parler du « secret de Talleyrand », selon la formule d’Emile Bourgeois.
Talleyrand, en observateur avisé, s’alarme de la ruse et de la violence de Napoléon dans ses relations avec les puissances européennes.
Il commence à penser que Napoléon doit être banni de la société internationale que forment les nations civilisées.
Talleyrand entend incarner une France raisonnable, il décide d’immobiliser Napoléon dans ses conquêtes.
Il se rapproche du Tsar Alexandre.
La diplomatie secrète de Talleyrand a eu raison des desseins de son maître, et la Russie en sera le premier bénéficiaire.
Talleyrand ouvre l’Orient à la Russie, il le reconnaîtra plus tard à Vienne en 1814. Il offre la Prusse, puis par voie de conséquence la Pologne, à l’influence russe.
Le jugement d’Emile Bourgeois tombe : Talleyrand s’inspire au moment d’Erfurt de la politique clandestine qui a coûté si cher à la nation et à la royauté au 18e siècle.



La partie des Mémoires de Talleyrand consacrées à Erfurt a été lue directement par l’auteur à Prosper de Barante et au baron de Vitrolles. Talleyrand, particulièrement fier son rôle diplomatique, mais pensant déjà à se justifier, veut publier cette partie de ces Mémoires de son vivant, selon les propos de Barante.

A Vitrolles, il aura cette formule restée célèbre :  Tout le monde à sauvé la France puisqu’on la sauve trois ou quatre fois par an. A Erfurt, j’ai sauvé l’Europe d‘un complet bouleversement.

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 15:47




La nuit, la neige a écrit :

Talleyrand, Fouché, Sieyes et Cambacérès étaient les incontournables de cette époque charnière qui précède le sacre.
Mais c'était un jeu de dupes entre-eux, n'est-ce pas ! Parce qu'à leurs tours, eux aussi avaient besoin de Napoléon (ou se sont fait doubler par lui).
Je viens de regarder sur Arte un documentaire qui touche de près à votre dernier post.  
Il s'agit d'une fiction commentée de la vie de la reine Louise de Prusse...
En vidéo désormais, ici : http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=3011104,scheduleId=2993264.html

Je te réponds :

Nous aussi, nous l'avons regardée !!!!!!     :n,,;!!!:  :n,,;!!!:  :n,,;!!!: 

Tout y était ! A l'occasion de l'entrevue de Tilsitt, entre Napoléon et Louise, nous a même été montré le tableau de Gosse dont je poste la gravure en amont . Mais il existe aussi un charmant portrait d'elle par Mme Vigée-Lebrun !

Louise Augusta Wilhelmine Amélie de Mecklembourg-Strelitz (10 mars 1776 - 19 juillet 1810), reine de Prusse et épouse de Frédéric-Guillaume III de Prusse. D’une très grande beauté, elle devint extrêmement populaire, en particulier pendant la guerre contre les Français.

Elle était la fille de Charles II de Mecklembourg-Strelitz, prince héritier du Mecklembourg-Strelitz et lieutenant général de Hanovre, et de Frédérique Caroline Louise, princesse de Hesse-Darmstadt. Elle perdit très jeune sa mère. Son père se remaria alors avec sa belle-sœur.

A partir de 1786, elle fut élevée avec sa sœur à Darmstadt, auprès de sa grand-mère, surnommée « la princesse Georges » qui appela auprès d'elles une gouvernante protestante de Neuchâtel (appartenant alors à la Prusse), mademoiselle de Gélieu, qui avait autrefois fondé un pensionnat en Suisse. Elle parlait le français qui était utilisé entre les familles aristocratiques, mais elle parlait aussi le dialecte de la Hesse, ce qui étonna plus tard à Berlin, et son orthographe allemande laissait à désirer. Elle jouait du clavecin et de la harpe et dessinait. Toutefois elle fut une élève peu attentive, sauf en religion.

Le 24 décembre 1793 elle épousa le prince héritier de Prusse Frédéric-Guillaume et devint reine de Prusse en 1797.

Soutenue par le prince Louis-Ferdinand de Prusse et le ministre Hardenberg, elle défendait le parti de la guerre et sut convaincre son faible mari de déclarer la mobilisation contre Napoléon.

Elle accompagna avec beaucoup de courage l’armée prussienne, au grand plaisir des soldats, mais après la bataille d’Iéna, elle dut fuir devant les troupes de l’occupant. En décembre 1806, elle se réfugia à Koenigsberg où elle contracta le typhus.

En juillet 1807, pendant la conférence de Tilsitt, elle obtint une audience auprès de Napoléon pour tenter – en vain – d’adoucir les conditions imposées par le vainqueur.

Atteinte d'une infection pulmonaire, elle s'éteignit le 19 juillet 1810, pendant une visite à son père au château de Hohenzieritz à Neubrandenbourg.

Elle avait donné le jour à dix enfants dont sept lui survivront, parmi eux Frédéric-Guillaume et le futur empereur Guillaume Ier.

MERCI WIKI !!!!!!!!  Very Happy



 la nuit, la neige :
Mme de Sabran a écrit:
En juillet 1807, pendant la conférence de Tilsitt, elle obtint une audience auprès de Napoléon pour tenter – en vain – d’adoucir les conditions imposées par le vainqueur.
Et à la suite de cette conférence , elle déclarera à Talleyrand : Monsieur le prince de Bénévent, il n'y a que deux personnes malheureuses ici. Vous et moi.


Moi :

Elle était donc psychologue et très clairvoyante !!! Le documentaire insistait beaucoup sur sa non ingérence en politique, aux dires de son époux, mais il semble plutôt qu'elle s'y intéressait d'assez près !

Toi :

La période voulait ça : elle se trouve être placée au coeur des évènements ! Pas trop le choix, en somme...
Mais je ne la connais pas assez pour juger sa réelle inclination aux affaires politiques.

Moi :

Ce qui me sidère, c'est que Talleyrand, épouvanté par la mégalomanie galopante de Napo, ait pu ainsi mener ce double jeu très serré  et trahir son maître au profit d'Alexandre !!!!!  
Quant à Louise, peut-être vaguement éprise d'Alexandre d'après le docu d'hier soir, elle a vu sa chère Prusse démantelée par les vainqueurs qui s'en partagent de grands territoires, à l'ouest et à l'est, sans vergogne ...

Invité a écrit:

ça a dû faire drôle à Napoléon de voir cette bonne petite bouille d'ange se rebeller .


La nuit, la neige
:

Vu l'opinion qu'il avait des femmes et surtout de celles qui se mêlaient de politique, il n'a pas dû y faire grand cas...Wink

Lettre de Napoléon à Joséphine :

Le 7 juillet 1807
Mon amie, la reine de Prusse a dîné hier avec moi. J'ai eu à me défendre de ce qu'elle voulait m'obliger à faire encore quelques concessions à son mari ; mais j'ai été galant et me suis tenu à ma politique. Elle est fort aimable. J'irai te donner des détails qu'il me serait impossible de te donner sans être bien long. Quand tu liras cette lettre, la paix avec la Prusse et la Russie sera conclue, et Jérôme reconnu roi de Westphalie, avec trois millions de population. Ces nouvelles sont pour toi seule.
Adieu, mon amie ; je t'aime et veux te savoir contente et gaie.


Et le lendemain, à la même :

La reine de Prusse est réellement charmante ; elle est pleine de coquetterie pour moi ; mais n'en sois point jalouse : je suis une toile cirée sur laquelle tout ne fait que glisser. Il m'en coûterait trop cher pour faire le galant.


.
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 17:32




Invité a écrit :
citation : La reine de Prusse est réellement charmante ; elle est pleine de coquetterie pour moi ; mais n'en sois point jalouse : je suis une toile cirée sur laquelle tout ne fait que glisser. Il m'en coûterait trop cher pour faire le galant.

Ah pour lui la reine de Prusse était son amie?


Moi :

Et, parlant de tableaux, je salue le fabuleux talent de Gosse .  cheers
J'ai posté la gravure de son tableau de l'entrevue de Tilsitt, on peut y remarquer l'admirable ressemblance des différents protagonistes .  
Nous connaissions déjà les traits de Napoléon et Talleyrand, mais , vous qui avez suivi le documentaire hier soir, la nuit, la neige, voyez comme Alexandre et le Roi de Prusse sont ressemblants !!!!! ( D'ailleurs, je préfère le Roi de Prusse quant à moi, même si Louise se découvre du goût pour Alexandre ... ). Louise l'est donc probablement aussi, même si c'est moins criant .

Ensuite, je vous poste un autre Gosse, encore un spécimen de l'art officiel : Napoléon reçoit le baron de Vincent à Erfurt .
On reconnaît Alexandre au premier plan à droite et de profil causant avec l'archiduc Charles; au centre du tableau, entre Napoléon et le diplomate autrichien Vincent, vous reconnaissez notre toujours impassible Talleyrand derrière lequel se tient, dit Jean Massin, comme un caniche derrière son maître, l'admirateur béat et la marionnette docile de Talleyrand : Caulincourt .

Invité a écrit:
Ah pour lui la reine de Prusse était son amie?
 

C'est tout l'art de la diplomatie, invité ! Ils ne sont dupes, ni lui , ni elle, des coquetteries que lui fait Louise !

La nuit, la neige :

 Laughing 
 
Euh..Mon amie virgule !
Il s'adresse à Joséphine.

Moi :

C’est probablement à Erfurt que se cristallise l’opposition entre Napoléon et Talleyrand . Elle atteint un point de non retour en janvier 1809 .
Napoléon decouvre les intrigues de Fouché, de Murat et de Talleyrand ; Vous aviez donc raison, cher la nuit, la neige, quand vous disiez en amont que l'Empereur se défiait du tandem Fouché / Talleyrand .
Il rentre précipitamment à Paris pour cette fameuse scène à l'issue de laquelle Talleyrand est demis de sa charge de grand chambellan.

Pourquoi Talleyrand s'était-il compromis dans ce double jeu contre Napoléon ?
Par tradition comme par tempérament, il est hostile à l’inlassable esprit de conquête de Napoléon,qu'il appelait « diplomatie de l’épée ».

Depuis 1792, Charles-Maurice est un fervent partisan des frontières naturelles pour la France et pour l’Europe d’un système de contrepoids et de balances qui permet de maintenir un subtil équilibre entre les puissances, à coup d’alliances, de changement d’alliances et éventuellement de divisions entre les puissances.
C’est en cela que Talleyrand est un politique réaliste, qui a pris ses leçons chez Richelieu et chez Mazarin.

Son rapprochement d'Alexandre ne laisse d'étonner . Il pense de l’Empire russe que son peuple n'est pas civilisé .
Son admiration va à l’Autriche dont il dira qu’elle est la chambre des pairs de l’Europe qui doit maintenir les communes .

Dans une très grande fidélité à ses principes, Talleyrand pense en 1808 ce qu’il déclarait en 1792 : Qu’il vaut mieux être maître chez soi que d’avoir la ridicule prétention de l’être chez les autres .

Invité :

Mais oui je comprends bien ça   , mais mon problème est plutôt que si Napoléon n'appréciait pas Louise de Prusse il aurait pu le dire tout net à sa femme, ce qui au passage aurait permis bien plus efficacement de dissiper tout doute ou toute jalousie  Very Happy

Moi :

Ce n'est pas qu'il l'apprécie ou qu'il ne l'apprécie pas : elle lui semble quantité négligeable, tout bonnement, même s'il la trouve charmante .
Il n'est pas là pour faire des ronds de jambes mais de la politique .

La nuit, la neige :

Absolument ! Toute son attention est concentrée sur le tsar : c'est lui son interlocuteur privilégié du moment !

C'est pour cette raison aussi qu'il se méfie de Talleyrand lorsqu'il comprend que son ministre est en affinités avec Alexandre, et qu'il ne parvient pas à mener les négociations comme il le souhaiterait.

Pour rebondir, et juste pour l'anecdote...
Un autre mot que Napoléon écrit à Joséphine :

Mon amie, je t'écris peu : je suis fort occupé.
Des conversations des journées entières, cela n'arrange pas mon rhume. Cependant, tout va bien.
Je suis content d'Alexandre ; il doit l'être de moi : s'il était femme, je crois que j'en ferais mon amoureuse.
Je serai chez toi dans peu ; porte-toi bien, et que je te trouve grasse et fraîche.
Adieu mon amie.


Madame de Chimay :

Je reste sidérée par le nombre de titres de livres consacrés par cet auteur ( Michel Poniatowski ) à Talleyrand. Qu'on en juge :

-Talleyrand et le Directoire, 1796-1800

Perrin,1982, 908 p : 15,47 euros

-Talleyrand et l'ancienne France, 1754-1789
Perrin, 1988, 583 p : 9,90 euros

-Talleyrand aux États-Unis : 1794-1796
Presses de la Cité, 1967, 381 p : 10 euros

-Talleyrand : Chronique indiscrète de la vie d'un prince
Editions Royer, 2000, 269 p : 21,90 euros

-Talleyrand et le Consulat
Perrin, 1986 , 796 p : 19,83 euros

-Talleyrand : les années occultées 1789-1792
Perrin, 1995, 479 p : 22 euros

-Talleyrand-Périgord, 1789-1799
DAAVP, 1997, 221 p : 18 euros

Est-ce que quelqu'un a déjà lu ces pavés -là ?


Talleyrand et l'invention de la diplomatie française
de
Charles Zorgbibe
Editions de Fallois , 15 février 2012, 237 p : 19 euros

Résumé Amazone


Talleyrand : la personnalité controversée par excellence, parce que l'une des rares à avoir conservé une existence véritable dans l'ombre de Napoléon. "Le plus impénétrable et le plus indéchiffrable des hommes", dit de lui Mme de Staël, à laquelle il doit les débuts de sa carrière de ministre sous le Directoire. Un visage impassible : "Jamais visage ne fut moins baromètre", précise Stendhal. Au Congrès de Vienne, il retrouve Metternich. Talleyrand et Metternich : deux jumeaux en diplomatie. Les deux modèles du diplomate accompli. Les deux experts - ou les deux acteurs - qui donnent à la diplomatie sa patine classique. Talleyrand et Metternich se connaissent depuis huit années, pendant lesquelles ils ont pu dialoguer et se rapprocher. Sans se départir d'une grande prudence : "Des hommes tels que M de Talleyrand sont comme des instruments tranchants avec lesquels il est dangereux de jouer". Le 30 septembre 1814, c'est le coup d'éclat de Talleyrand, son coup de poing sur la table des négociateurs au Rennweg, devant Metternich et les représentants des quatre Grands, surpris et effarés. A Vienne, Talleyrand a voulu s'ériger en "tribun de la plèbe internationale", en porte-parole des petites puissances, non admises dans le cercle des "Grands". N'a-t-il pas ainsi inventé la "diplomatie à la française" ?

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 17:47

Madame de Chimay a écrit :
Sam 11 Aoû 2012 - 9:57

La belle amie de Talleyrand , à savoir l'actrice dorothée dorinville.

http://www.berry-passion.com/chateau_de_valencay.htm

http://www.le-prince-de-talleyrand.fr/chateaux.html


La nuit, la neige :

Le deuxième site est très intéressant, et...exhaustif !!  
Et notamment, où l’on (re)découvre que Eleonore Sullivan et Quentin Crawfurd habitaient l’Hôtel Matignon !
Talleyrand était leur ami ; c’est lui qui les a fait rayer de la liste des émigrés une fois la révolution passée...

Merci princesse.  Very Happy 

Moi :

J'ai beaucoup aimé l'émission, aussi .  Very Happy 
Mais, mais mais !!!!!!! l'émission a prêté indûment à Talleyrand une citation du prince de Ligne !!!!!! Je m'insurge !  

En amour, il n'y a que les commencements qui soient charmants . Je ne m'étonne donc pas que l'on veuille recommencer sans cesse .

Cet homme, tellement remarquable sur le grand théâtre du monde, était semble-t-il exquis dans le privé et notamment capable de beaucoup de tendresse avec les femmes et les enfants .
Alors, Clio ? heu-reuse ?!!!                  boudoi30   

Tu te souviens, Majesté, que nous avions eu une discussion sur la prononciation de son nom .
Nous avons eu droit aux trois prononciation, ce soir :
- Talérand
-Taillérand
-Tallrand

Notre regretté Diphil me disait que c'était la seconde la bonne ...

La nuit, la neige :

Ah ! Ce que ça m’agace cette histoire de prononciation des noms. Le pire étant les Broglie !
Je voudrais qu’on m’explique pourquoi on ne prononce pas, grosso modo, ce qu’on lit ?

Lucius :

Parce que, si l'orthographe fluctue au gré des humeurs, la prononciation reste !
Il faudrait en fait écrire comme on le prononce, et non l'inverse ! Les Broglie viennent d'Italie, on a francisé l'orthographe, mais conservé la prononciation.

C'est bien "Talran", et non "Talèran".

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 18:01



Nous nous déchaînons :
en mai 2013 ...

On raconte qu'un général fut invité un jour à dîner chez M. de Talleyrand. S'étant fait attendre trop longtemps, les convives passèrent à table et il arriva au milieu du premier service, s'excusant de n'être venu plutôt, en alléguant qu'il avait été retenu près d'une heure par un Pékin.

- Qu'est-ce qu'un Pékin ? lui demanda Talleyrand.
- Quoi monseigneur, reprit le général, ne savez-vous pas que, nous autres militaires, nous avons coutume d'appeler Pékin tout ce qui n'est pas militaire ?
- Ah, ah ! s'écria Talleyrand, c'est donc comme nous, qui avons coutume d'appeler militaire tout ce qui n'est pas civil.

 : : : 



Le député Jean-François Reubell, qui était affligé d'un fort strabisme, demanda un jour à Talleyrand :

--- Citoyen ministre, comment vont les affaires extérieures ?
--- De travers, comme vous voyez !

 Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing 



En 1838, alors qu'il était à l'agonie, Talleyrand sur son lit de mort, à Louis Philippe :

--- Sire, je souffre comme un damné.
--- Déjà ?


  



Un jour, Talleyrand vit passer Bonaparte, Cambacérès et l'insignifiant Lebrun :

Voici hic, haec, hoc !

( Celui-ci, celle-là, ça )

 : : : 

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 18:11



Retour au sérieux avec les conseils bibliographiques de Madame de Chimay qui écrit :
Dim 4 Aoû 2013 - 17:06

Talleyrand et l'affaire X, Y, Z de
SINOU BERTAULT ERIC
Editions L'Harmattan , 2013, 276 p : 26,60 euros

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Malgré le traité de commerce et d'alliance conclu avec Louis XVI en 1778, les Etats-Unis se rapprochent de l Angleterre. En représailles, les corsaires français des Caraïbes pillent les navires américains. John Adams envoie à Paris des émissaires pour résoudre ce contentieux. Commencent alors avec Mrs X, Y et Z des tractations occultes. L étude minutieuse des archives diplomatiques et navales franco-américaines a permis de reconstituer cet épisode méconnu où l on retrouve Talleyrand, Bonaparte, Washington, Beaumarchais, Lafayette...

Encore un livre pour notre chère Clio...


Et voici un livre sur son chef ***

Le Roi Carême
de
Philippe Alexandre et Béatrix de L'Aulnoit
Albin Michel , 2003, 448 p : 20,71 euros

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Antonin Carême est l'inconnu le plus illustre de la cuisine française. Il a pourtant été le metteur en scène de fêtes parmi les plus fabuleuses de notre histoire et a, dans le même temps, jeté les bases de la cuisine " diététique "
De cet enfant de la Révolution et des rues de Paris, né en 1783, on ne sait presque rien, en dépit de l'œuvre abondante qu'il a laissée. Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoit ont donc mené l'enquête en véritables historiens. Ils rapportent le récit d'une vie extraordinaire, une fresque somptueuse des sociétés aristocratiques à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles
Comme le furent le tsar Alexandre Ier et le roi George IV d'Angleterre, comme Talleyrand, Murat et les maréchaux d'Empire, comme les Rothschild ensuite, vous allez succomber à la magie du roi Carême, ce " chef " délicieusement snob, patriote incorrigible, que toute l'Europe s'est arraché


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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Lun 28 Avr 2014, 18:15




Et une toute petite dernière, pour la route !  :n,,;!!!: 

Kiki a écrit :
Dim 18 Aoû 2013 - 15:09


Je viens de regarder l'émission de F. Ferrand sur Talleyrand sur TV5. Cette anecdote . A sa mort, le Prince de Benevent fut mis sur un charroi pour être transporté au château de Valençay .

Le cocher demanda : -"Quelle direction pour Valençay ?"
On lui répondit : "-Barrière d'enfer! ".




 :129fs916747:
Fin du bouturage ...
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par La nuit, la neige le Lun 28 Juil 2014, 19:23

Notamment pour notre chère Clio, si elle me lit... Wink 

Ce récent article en ligne du Huffington Post intitulé « Talleyrand, une leçon de diplomatie » : http://www.huffingtonpost.fr/david-gosset/talleyrand-lecon-diplomatie_b_5612455.html
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par CLIOXVIII le Lun 28 Juil 2014, 19:48

Oui, elle lit  Smile  Merci.
Vu aussi une horrrrible faute :
"Clio, pâmée :

J'en suis dingue amoureuse depuis l'âge de 14 ans , surtout de l'homme du XVIII, celui de la douceur de vivre .
Je n'achète plus les livres qui paraissent .
Mais je ne suis pas aveugle sur ses défauts    
Un homme qui ne s'est jamais fâchée avec ses ex !"
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Talleyrand

Message par Reinette le Mar 30 Sep 2014, 21:16

Hier j'ai eu une discussion incroyable avec un de mes élèves de CM1. Je précise que je ne fais pas Histoire avec cette classe. 16h30, nous descendions en foule pour la sortie :
"Maitresse, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord était député ou ministre ?"
Après un léger choc devant des mots aussi inattendus : "Il a été les deux...
_Il a bien été évêque d'Autun et prince de Bénévent ?
_Oui, oui !
_Il est né en 1757 et mort en 1835 ?
_Heu, certainement... Mais comment sais-tu tout ça ?
_J'adore lire le dictionnaire et il m'a plu !
_Sais-tu qu'il boitait ?
_Non !
_Il avait beaucoup d'ennemis et ils l'avaient surnommé le Diable boiteux...
_C'est très intéressant !
_Même si beaucoup de personnes ne l'aimaient pas, il a été très important pour la France. Si tu as d'autres questions, n'hésite pas à me demander lundi prochain !"


Extraordinaire, non ? ZEP, je précise. :n,,;!!!:
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Mme de Sabran le Mar 30 Sep 2014, 21:22



Oui , là tu m'en bouches un coin !
Cela me rappelle Madame Deuxième ... Elle faisait l'école à ses instits ! :
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Roi-cavalerie le Mar 30 Sep 2014, 22:15

Il y a des talents que l'on ignore trop souvent dans nos cités. Il faut les encourager. Merci pour l'anecdote qui nous apporte ainsi une dose d'optimisme!.
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Invité le Mer 01 Oct 2014, 11:05

Merci Reinette !!! :;\':;\':; :;\':;\':; :;\':;\':;

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par CLIOXVIII le Mer 01 Oct 2014, 17:01

Incroyable!!!!!Tu me donnes son téléphone ? lol
Comme quoi certaines ZEP.....
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Lucius le Mer 01 Oct 2014, 17:28

Etonnant !
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Invité le Mer 01 Oct 2014, 17:37

Je suis presque triste que cela devienne un étonnement... Neutral Neutral Neutral
Remarque, on était vraiment peu dans mes classes à lire le dictionnaire.
Mes parents répondaient rarement directement à mes questions, et m'envoyaient vers le dictionnaire quand ils estimaient que je pouvais me débrouiller tout seul... Si bien que j'en ai pris l'habitude !!! Very Happy Very Happy Very Happy

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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Dominique Poulin le Mer 01 Oct 2014, 17:44

Les historiens en herbe sont partout, dans les Zep, comme ailleurs... des perles qu'il faut absolument encourager.
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par CLIOXVIII le Jeu 02 Oct 2014, 11:26

Fait pendant 35 ans et avec quelques succès Very Happy Very Happy Very Happy
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Message par Reinette le Ven 03 Oct 2014, 18:33

CLIOXVIII a écrit:Incroyable!!!!!Tu me donnes son téléphone ? lol
Comme quoi certaines ZEP.....

Tu imagines à quel point j'ai pensé à toi ! Very Happy
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Re: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

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