Être ou ne pas ... Être Suprême

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Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 16:03




That is the question .   
D'après Wiki, il faut différencier les cultes de l'Être Suprême et de la Raison  .

Philosophiquement, le culte de la Raison et celui de l'Être Suprême correspondent à une Religion naturelle, concept né à l’Ère des Lumières.
Le culte de la Raison procède de l'athéisme et du naturalisme de Denis Diderot, dont s'inspirait Jacques-René Hébert.
Le culte de l'Être Suprême procède du déisme de Voltaire et de Rousseau1, dont s'inspirait Robespierre.







Kiki nous demandait:
Mar 22 Jan 2013 - 9:33


Evénement incontournable de la Révolution, la fête de l'Être Suprême célébrée le 20 prairial an II, soit le 8 juin 1794 sur le Champs-de-Mars à Paris demeure pour moi une énigme????
Pouvez-vous m'en dire plus? Je sais que Robespierre y tenait la place centrale mais qui était cet "être suprême" dans une société qui rejetait la religion d'Etat?
Merci pour votre aide

Reinette, Lulu ???


C'est un dieu laïque, celui des philosophes, des déistes... Même Louis XVI dans sa jeunesse utilisait le terme. Il est faux de croire que c'est de la pure invention de Robespierre. Celui-ci a compris à juste titre qu'une religion purement athée, le culte de la Raison, ne marcherait jamais. D'autant que les révolutionnaires sont allés très loin dans le ridicule à ce sujet...  
Alors qu'un dieu pour tous, catholiques, protestants, juifs, athées ne pouvant rejeter l'idée d'un créateur, ou du moins d'une force supérieure, francs-maçons avec leur Grand Architecte, tout le monde pouvait s'y retrouver.
Sincèrement ce n'était pas une mauvaise idée.

Mais deux écueils :
1/l La France encore majoritairement catholique n'était pas prête. Quand on constate encore aujourd'hui la force de celle-ci, on peut imaginer au XVIIIème siècle.
2/ Robespierre n'a pas hésité à en être le grand prêtre... Du coup, il fonde une religion d'Etat dont il devient le dictateur de droit divin...

Monsieur de Coco a écrit:

Serait ce une forme de paganisme?


L'un d'entre nous :

On peut y mettre le paganisme en effet. Mais aussi le catholiscisme ou toute autre religion instituée. Comme je l'ai dit, le très-croyant Louis XVI utilisait le terme.
C'est certainement la religion la plus laïque qui soit. Dommage que Robespierre ait été si c... Et les catholiques purs et durs post-1789 n'auraient accepté pour rien au monde un culte aussi oecuménique.Le déisme, du latin deus (dieu), est une croyance ou une doctrine qui affirme l'existence d'un dieu[note 1] et son influence dans la création de l'Univers, sans pour autant s'appuyer sur des textes sacrés ou dépendre d'une religion révélée. Pour la pensée déiste, certaines caractéristiques de Dieu peuvent être comprises par les facultés intellectuelles de l'homme.

Le déisme prône une « religion naturelle » qui se vit par l'expérience individuelle et qui ne repose pas sur une tradition écrite. Pour certains déistes, on peut avoir une relation avec Dieu mais elle est directe (notamment par la contemplation). Il s'agit par conséquent d'une croyance individuelle et irréligieuse.

Les déistes rejettent la plupart des événements surnaturels (prophétie, miracles) et affirment en général que Dieu (ou « l'Architecte suprême ») a un plan pour l'Univers que Dieu n'altère ni en intervenant dans les affaires humaines, ni en suspendant les lois naturelles qui régissent l'Univers. Le déisme n'est donc pas un théisme. Ce que les religions structurées voient comme révélation divine et livres saints, la plupart des déistes le voient comme des interprétations faites par l'homme, plutôt que par une source faisant autorité.




Origines politiques :

On peut rapprocher ces cultes d'un jacobinisme radical, surtout dans le cas du culte de l'Être suprême. Hannah Arendt, dans le chapitre V de son Essai sur la révolution, rapproche ce culte d'une recherche d'un absolu légitimant la Loi. Elle le nomme « Grand Législateur Universel ». En effet, à la suite de l'échec de l'instauration d'une constitution remplissant le même rôle que la Constitution américaine, il fallait trouver un absolu qui soit une « sanction transcendante dans le domaine politique ». Il s'agit donc pour elle d'un héritage de l'absolutisme français.

Culte de la Raison:

Inscription sur un mur de l'église Saint-Martin d'Ivry-la-Bataille.
Plusieurs églises furent transformées en temples de la Raison, notamment l'église Saint-Paul-Saint-Louis dans le Marais. Le « culte » s'est manifesté en 1793 et 1794 (an II et III) par des cortèges carnavalesques, des dépouillements d'églises, des cérémonies iconoclastes, des cérémonies aux martyrs, etc. Le culte de la Raison a commencé à se développer particulièrement à Lyon et dans le Centre, où il était organisé par des représentants en mission souvent proches de l'hébertisme. Le mouvement se radicalisa en arrivant à Paris avec la fête de la Liberté à la cathédrale Notre-Dame le 10 novembre 1793, organisé par Pierre-Gaspard Chaumette. Le culte était célébré par une beauté figurant la déesse de la Raison. Joseph Fouché (dans la Nièvre et en Côte-d'Or) et Chaumette (à Paris) furent parmi les instigateurs de ces événements, avec les hébertistes. Les églises parisiennes furent fermées le 24 novembre 1793 par la commune de Paris, la liberté des cultes étant toujours théoriquement garantie par la Convention. Les régions les plus touchées ont été la Bourgogne et les départements de l'actuelle région Centre, le bassin parisien, la région lyonnaise, le Nord, et le nord du Languedoc. L'Est, le grand Ouest, l'Aquitaine (sauf le Lot-et-Garonne) ont été relativement épargnés. La carte comporte certaines affinités avec la carte des prêtres assermentés de 1791 (Timothy Tackett).

Culte de l’Être Suprême :

Cathédrale de Clermont-Ferrand : « Le peuple français reconnoit l'Etre Suprême et l'immortalité de l'âme » (marquage à la peinture mis au jour lors d'une restauration).
Un décret du 18 floréal an II (7 mai 1794), adopté par la Convention montagnarde sur un rapport de Robespierre (Comité de salut public), instituait un calendrier de fêtes républicaines marquant les valeurs dont se réclamait la République et se substituant aux fêtes catholiques : à l’Être suprême & à la nature ; au genre humain ; au peuple français ; aux bienfaiteurs de l’humanité ; aux martyrs de la liberté ; à la liberté & à l’égalité ; à la République ; à la liberté du monde ; à l’amour de la patrie ; à la haine des tyrans & des traîtres ; à la vérité ; à la justice ; à la pudeur; à la gloire & à l’immortalité ; à l’amitié ; à la frugalité ; au courage ; à la bonne foi ; à l’héroïsme ; au désintéressement ; au stoïcisme ; à l’amour ; à la foi conjugale ; à l’amour paternel ; à la tendresse maternelle ; à la piété filiale ; à l’enfance ; à la jeunesse ; à l’âge viril ; à la vieillesse ; au malheur ; à l’agriculture ; à l’industrie ; à nos aïeux ; à la postérité ; au bonheur. En outre, elle établissait le culte à l'Être Suprême, qui se juxtaposait au culte de la Raison.

Robespierre, déiste, avait vivement attaqué les tendances athées et la politique de déchristianisation des ultra-révolutionnaires (hébertistes), qui avaient institué le culte de la Raison fin 1793.

Il leur opposa une religion naturelle – reconnaissance de l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme2 – et un culte rationnel (institution des fêtes consacrées aux vertus civiques) dont le but était, selon lui, « de développer le civisme et la morale républicaine ».

Le culte de l'Être suprême était un culte déiste, influencé par la pensée des philosophes des Lumières, et consistait en une « religion » qui n’interagissait pas avec le monde et n’intervenait pas dans la destinée des hommes.

Le culte de l'Être suprême se traduisait par une série de fêtes civiques, destinées à réunir périodiquement les citoyens et à « refonder » la Cité autour de l’idée divine, mais surtout à promouvoir des valeurs sociales et abstraites comme l’Amitié, la Fraternité, le Genre humain, l’Enfance, la Jeunesse ou le Bonheur. La fraternité et le genre humain n'avaient sur un point au moins rien d'abstrait : l'abolition de l'esclavage des Noirs en février 1794 par la Convention et qui se traduisit dans les semaines et les mois qui suivirent (jusqu'en thermidor an II) par l'envoi d'adresses de félicitations, d'annonce de fêtes civiques et l'arrestation de colons blancs, intriguant contre le décret émancipateur. À Paris, ce fut le cas si l'on en croit le témoignage, la plainte, le 20 prairial an II d'un colon esclavagiste de Saint-Domingue emprisonné à la prison de la Santé, Thomas Millet, contre le député de Saint-Domingue, Dufay, qui contribua au vote de la loi du 16 pluviôse an II
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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Gouverneur Morris le Mar 29 Avr 2014, 16:15



 Hop! boudoi30 boudoi26 
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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 16:29


Osterreich a écrit
:
Mar 22 Jan 2013 - 13:54


Voici ce que j'ai trouvé en renseignements sur les vestiges de cette fête :

Jardin des Tuileries

Quartier : St Germain l’Auxerrois - Tuileries - Arrondissement : 1 - Lieu : Grand bassin/Bancs de marbre - Personnages : Robespierre - Événements : Célébration Fête de l’Être Suprême/Apothéose de Robespierre - Date : 8 juin 1794
jardin des Tuileries

Quartier : St Germain l’Auxerrois - Tuileries - Arrondissement : 1 - Lieu : Jardin des Tuileries/Demi-cercle de pierre - Personnages : Robespierre - Événements : Vestige des aménagements réalisés pour la fête de l’Être Suprême - Date : 8 juin 1794

Mes sources viennent de ce site consacré à Paris révolutionnaire.

http://www.parisrevolutionnaire.com/spip.php?article2558

Voici maintenant ce que j'ai trouvé sur wiki, sur le sujet concernant le jardin des Tuileries...      

"Sous la Révolution, le jardin fut le témoin des grands événements dont le palais fut lui-même le théâtre, notamment la Prise des Tuileries le 10 août 1792. Le bassin rond fut utilisé pour la cérémonie de l'Être suprême le 8 juin 1794. On y avait placé des effigies représentant l'Athéisme entouré de l'Ambition, de l'Égoïsme, de la Discorde et de la Fausse-Simplicité. Maximilien de Robespierre y mit le feu, dans une apothéose de cris et d'applaudissements. Le cortège se dirigea ensuite vers le Champ-de-Mars. Le 10 octobre, ce même bassin accueillit le cercueil de Jean-Jacques Rousseau, drapé d'un drap parsemé d'étoiles (exhumé d'Ermenonville pour être porté au Panthéon)."

Par contre je n'ai pas de photo précise de ce bassin... Donc lequel ?


 Je te répondais :
Mar 22 Jan 2013 - 14:39

Osterreich a écrit:
Le 10 octobre, ce même bassin accueillit le cercueil de Jean-Jacques Rousseau, drapé d'un drap parsemé d'étoiles (exhumé d'Ermenonville pour être porté au Panthéon).


Le 11 octobre 1794, les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transférées au Panthéon
samedi 13 octobre 2012.
Source : http://www.lepartidegauche.fr


Le 11 octobre 1794, les cendres de Jean-Jacques Rousseau, décédé en 1778, sont transférées au Panthéon lors d’une cérémonie festive.

Le 28 fructidor an II - en avril 1794 - la Convention montagnarde établit les dispositions du transfert du philosophe au Panthéon. Par cette décision, les révolutionnaires veulent prouver leur attachement profond au défenseur de la souveraineté populaire, qui a très largement inspiré leurs travaux - qu’il s’agisse de la démocratie directe ou du suffrage universel masculin, tous les deux présents dans la Constitution montagnarde du 24 juin 1793.

La fête a lieu le 20 vendémiaire an III. La cérémonie est sans conteste grandiose, à l’image du respect que les révolutionnaires portent au penseur. Dans la nuit du 10 au 11 octobre, le corps de Rousseau repose dans un mausolée provisoire dans le jardin des Tuileries. Nous disposons de plusieurs descriptions de ces festivités. « La cérémonie nocturne, illuminée de flambeaux et de lumignons autour du bassin, voit les habitants d’Ermenonville accompagnant le char funèbre, portant le sarcophage surmonté d’une urne, et une veillée funèbre, musicale, animée d’airs de musique, autour d’un tempietto à l’antique encadré de peupliers d’Italie (évoquant ceux de l’île aux Peupliers d’Ermenonville, site premier de l’inhumation).

Un monument décoré de quatre colonnes est destiné à recevoir le cercueil. On l’y place en le faisant passer par un pont de bois préparé à cet usage ». Le cérémonial processionnaire cher à la Révolution est maintenu intact : après les musiciens, les naturalistes tenant fleurs et fruits, les artistes avec pinceaux et burins, les artisans brandissant scies et rabots, les mères de famille avec leurs enfants précèdent les habitants de Saint-Denis, de Groslay, d’Émile, d’Ermenonville et de Genève, ainsi que l’indispensable délégation de la Convention ceinte du ruban tricolore. Le lendemain, le tombeau entre au Panthéon.

Par la suite, une statue de Rousseau sera inaugurée au Panthéon. L’événement a lieu en février 1889, en ouverture des célébrations du centenaire de la Révolution. En 1942, l’occupant allemand l’envoie à la fonte pour récupérer les métaux utile à l’industrie de l’armement. Une nouvelle statue sera érigée en 1952 .




Après recherches, il s'agit du bassin rond, entrée Concorde...
Nous voyons très bien, sur la gravure, le bassin rond dont tu parles, cher Osterreich, entouré de petits lumignons .



Monsieur de Coco :

Merci Osterreich, j'irais faire un tour demain avec mon appareil photos, l'histoire de voir....

Osterreich :

Cher Monsieur de Coco c'est grâce à votre question finalement que j'ai appris l'histoire de ce bassin.
Merci pour votre futur reportage photo !!!

Mr de TALARU :
C'est donc le premier en entrant dans le jardin.  
Le premier en passant par la Concorde et la librairie des jardins????
Je ne connais pas la librairie des jardins, mais le premier bassin est rond je crois, quand on arrive de la place sinistre.

La nuit, la neige :
Il est octogonal...  
Le circulaire (principal) est du côté du Louvre.

Tu ne connais pas la librairie des jardins ? Oh ! Elle te plairait beaucoup.  Very Happy
Elle est en effet à droite de l’entrée principale, côté Concorde : http://www.louvre.fr/la-librairie-du-jardin-des-tuileries

.

_________________
...    demain est un autre jour .
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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 16:32


Gouverneur Morris a écrit:
Hop! boudoi30 boudoi26 

Halte là !!! Défense de sortir : nous tenons trop à vous !  : : : 
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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 17:07




Apparemment il faisait un froid rigoureusement polaire à Paris, en cette fin janvier 2013, mais, n'écoutant que son courage ( et empilant les pulls, j'espère  boudoi32  ), Monsieur de Coco est allé nous faire son petit reportage photos .
Que voici, que voilà !  :n,,;::::!!!: 

Monsieur de Coco a écrit :
Ven 25 Jan 2013 - 9:13



Effectivement, le bassin côté Concorde est octogonal






Et puis, il y a trois bassins circulaires: un grand devant le Louvre et deux petits de part et d'autre de ce bassin.
J'ai mené mon enquête.....
Je me suis dirigé vers le bassin circulaire et j'ai vu, non loin, un vestige. Ne serait ce pas le temple où reposait le corps de Rousseau?????





Cela ressemble un peu au mausolée provisoire de Rousseau, non?????




Moi :
Si, si !!!
Merci pour votre petite enquête tellement bien illustrée !  :n,,;::::!!!: 

Un pinailleur (  Wink  ) a écrit :

Reste à savoir si le dessinateur a travaillé d'une vague mémoire...
Car on remarque sur la photo de notre Monsieur de Coco une arche et le début de deux autres.
Le monument est-il complet ?

Les colonnes du dessin sont doriques, celles de la photo ioniques.   Laughing 


Monsieur de Coco :

Attention, je n'ai pas dit que c'était vraiment ce monument. Simplement, j'ai cherché des vestiges de la fête de l'Etre Suprême et je n'ai trouvé que ce reste qui n'a sans doute rien à voir avec notre sujet!
Après la chute de Robespierre, le culte de l'être Suprême et très vite tombée dans l'oubli et tout ce qui s'y rapportait a été détruit.

.
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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 17:19




L’alliance de la Vertu et de la Terreur

A l’été 1793, la Révolution française traverse une période sombre : le pays est durement touché par une crise économique et des troubles sociaux auxquels s’ajoutent une guerre civile (insurrection vendéenne et révolte fédéraliste) et une série de défaites militaires aux frontières. Or l’entrée de Robespierre, fervent jacobin, au Comité de salut public le 27 juillet 1793 marque un tournant : elle permet au gouvernement révolutionnaire d’opérer un redressement de la situation sur tous les fronts, tandis qu’elle entraîne simultanément une radicalisation de la Révolution. Robespierre, qui aspire à l’unité et à la régénération du peuple, s’efforce d’éliminer physiquement tous les ennemis de la Révolution. A ce renforcement de la Terreur, il ajoute l’instauration d’une religion d’Etat en mai 1794 : le culte de l’Etre suprême, en l’honneur duquel il organise des cérémonies fastueuses le 8 juin suivant.

Fervent catholique, Robespierre s’opposait fermement à l’accélération du processus de déchristianisation entamé en septembre 1792. Pour lui, le vide laissé par la disparition du catholicisme risquait de plus de désorienter le peuple, accoutumé à ses dogmes et à ses rites. C’est pourquoi il s’efforça de créer une religion officielle, conforme aux idéaux des Lumières et, en particulier, aux théories rousseauistes, qui postulaient l’existence d’une morale naturelle et universelle et d’une divinité impersonnelle, l’Etre suprême, créateur de l’Univers. Dépourvue de prêtres et de sanctuaires, cette nouvelle religion déiste et patriotique n’en revêtait pas moins toutes les apparences d’un culte. La fête du 8 juin 1794 rencontra ainsi un certain succès en France. Elle ne fut que le couronnement d’une série de tentatives menées par les dirigeants de l’an II pour instaurer un culte révolutionnaire. Pour la plupart avortées, ces tentatives témoignent de la complexité des liens qui unissaient la sphère politique et la sphère religieuse, ainsi que de l’impossibilité d’éradiquer tout sentiment religieux. Elles constituèrent également le point de départ d’une religion civique dont les développements ont marqué l’histoire de la République.

Auteur : Charlotte DENOËL

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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Gouverneur Morris le Mar 29 Avr 2014, 17:31

Monsieur de Coco a écrit:
Je me suis dirigé vers le bassin circulaire et j'ai vu, non loin, un vestige. Ne serait ce pas le temple où reposait le corps de Rousseau?????





Cela ressemble un peu au mausolée provisoire de Rousseau, non?????

Chers amis, il s'agit en fait d'un pan des Tuileries disparues, provenant de la cour de l'Ecole des Ponts-et-Chaussées et remonté dans le jardin fin 2011. Un pan identique, de même provenance, fut lui aussi déplacé pour être remonté Cour Marly au Louvre au cours de l'été 2011 :

http://www.lefigaro.fr/culture/2011/06/08/03004-20110608ARTFIG00603-une-arcade-des-tuileries-exposee-au-louvre.php


Cliché Lebrun - CDV

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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 17:44

Gouverneur Morris a écrit:

Chers amis, il s'agit en fait d'un pan des Tuileries disparues, provenant de la cour de l'Ecole des Ponts-et-Chaussées et remonté dans le jardin fin 2011. Un pan identique, de même provenance, fut lui aussi déplacé pour être remonté Cour Marly au Louvre au cours de l'été 2011 :

 Very Happy

Momo, vous êtes sidérant d'érudition !!!  :\\\\\\\\:   Chapeau !!!  :n,,;::::!!!:  ...  et merci !  Very Happy 

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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Gouverneur Morris le Mar 29 Avr 2014, 18:47



Merci Eléo  3196910  mais j'ai juste une bonne mémoire, et j'avais participé à un sujet évoquant ces colonnes sur CDV Embarassed . Voili !  Wink
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Re: Être ou ne pas ... Être Suprême

Message par Mme de Sabran le Mar 29 Avr 2014, 19:01



Eh bien, mais c'était fabuleux de l'avoir tout de suite à l'esprit !  Very Happy 
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