L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Comtesse Diane le Jeu 24 Aoû 2017, 17:16

Magnifiques, ces jardins de Saint-Cloud !
Qu'est-ce que c'est l'étalage de linge en bas de l'image à gauche ?

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Aoû 2017, 17:25

Oui ! Je me demande aussi ... scratch

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Aoû 2017, 17:28

... pour l'exposer ? ... le sécher ?

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Jeu 24 Aoû 2017, 18:02

Avec tout ce tralala, nous croirions vous et moi que ces messieurs se sentirent fort aises, très honorés et ravis, n'est-ce pas ?
Eh bien non, pas du tout !    Ils critiquèrent et chipotèrent comme des malpolis .  
Bombelles raconte par le menu . Voyez plutôt !

Les officiers des Gardes Françaises, de garde à Versailles, demandèrent à voir les ambassadeurs. Après eux, M. de Bombelles fît entrer sa femme et ses enfants.
« Le troisième des ambassadeurs, nommé Mouchan Osman-Khan, a été fort aimable pour cette petite famille. Ce négociateur longtemps employé par HeydinAlyet, depuis, par Tippoo-Saheb, se distingue en toutes choses de ses collègues. Les deux autres, et particulièrement Mohamed Dervich Khan sont ombrageux, jaloux et mécontents. Ils ont tout fait changer dans les appartements qui leur étaient préparés   Shocked  et n'ont montré toute la soirée que de l'humeur. Non seulement ils n'ont remercié personne des soins pris pour les établir comme des souverains, mais encore ils n'ont parlé à qui que ce soit des remerciements dus à la bonté du Roi. Le fait est que ces gens sont gâtés depuis qu'ils ont perdu de vue leur pays, et que, de mieux en mieux ; on les traite trop bien. »
Ils se plaignent de la nourriture aussi bien que du logement, et pourtant on avait respecté leurs rites apportant poissons et autres animaux tout vivants. Les officiers de la maison du roi finirent par les laisser grogner à leur aise, et ce n'a été que de ce moment qu'ils ont paru écouter les avis d'Osman Khan en devenant moins difficiles à contenter.
Le 10, les trois ambassadeurs sont partis à onze heures du matin de Trianon. Ils sont entrés dans la grande cour du palais de Versailles dans trois carrosses attelés chacun de six chevaux et à la livrée du Roi, ils ont passé entre deux haies de gardes formées des Gardes françaises et des Suisses, les tambours battant l'appel. « Descendus de leurs voitures dans la cour des Princes, le sieur Delaunay, commissaire de la Marine, les a conduits par l'escalier des Princes et la salle des Cent Suisses qui étaient en haie, la hallebarde à la main, dans un appartement particulier, pour y attendre le moment où le roi serait prêt à les recevoir. » L'audience qui devait avoir lieu à midi se trouva retardée par un caprice des ambassadeurs. Ils avaient émis la prétention d'être assis; il fallut un certain temps pour les faire renoncer à leur ridicule demande et leur citer tous les exemples d'audience solennelle, « où jamais les représentants de quelque souverain que ce fut n'avaient pu obtenir une distinction qui n'était pas accordée aux frères du Roi. D'abord la Reine est entrée, arrivant par les appartements attenant au salon d'Hercule et a été prendre place longtemps avant que le Roi parût. Il était midi trois quarts lorsque Sa Majesté, accompagnée de Monsieur, de Mgr le comte d'Artois, des ducs d'Angoulême, de Bourbon, d'Enghien, des princes de Condé et de Conti, s'est rendue dans la salle d'audience. Le trône qui sert à la cérémonie du Saint-Esprit était placé sur une estrade élevée de huit marches et adossé à la cheminée. L'on avait construit deux tribunes dans l'embrasure de la porte qui donne dans le salon de la chapelle et dans la fausse porte correspondante. Le reste du salon était garni de gradins pour les ambassadeurs et les seigneurs et les dames de la Cour. Ceux-là et celles-ci étaient placés non suivant leur rang, mais au fur et à mesure qu'ils arrivaient. » « Un hasard heureux, continue Bombeiles, avait placé le plus en vue les plus jeunes et les plus jolies femmes ; un hasard plus heureux encore m'ayant fait rencontrer le duc de Polignac et ses enfants, il m'a permis de joindre les miens aux siens, et nous avons attrapé une embrasure de fenêtre où le petit peuple a vu aussi bien que possible. »
Dans la tribune de gauche se tient la Reine avec Madame, Madame fille du Roi et le duc de Normandie; dans la tribune de droite se placent la comtesse d'Artois, Madame Elisabeth et le duc de Berry. Les princes à droite et à gauche gardaient les avenues de ces tribunes resplendissantes de brocarts et de draperies d'or. Grands officiers présents et gentilshommes de la Chambre se tenaient derrière. Entre les cinq premières et les trois dernières marches étaient les ministres, les secrétaires d'Etat et le contrôleur général, M. Lambert. Cependant l'archevêque de Sens avait monté d'un pas trop délibéré toutes les marches de l'estrade. Le maréchal de Duras dut le prier de redescendre à sa place en qualité de ministre, « parce que sa primatie ne lui vaut rien dans les cérémonies de la Cour, fût-il même premier ministre, au lieu de n'être que ministre principal ».
Le Roi est monté sur son trône et donne l'ordre d'aller chercher les ambassadeurs indiens. Ceux-ci ont traversé tous les grands appartements remplis de spectateurs, entre deux haies de gardes du Corps. Les ambassadeurs s'avançaient sur la même ligne. Il ne nous est fait grâce d'aucun détail. Eventaille  « Les ambassadeurs sont conduits au salon d'Hercule. Alors Mohamed-Dervich-Khan a remis au Roi leur lettre de créance et tous les trois ont présenté à Sa Majesté, sur des mouchoirs, vingt et une pièces d'or, ce qui est, dans l'usage de l'Inde, l'hommage du plus profond respect.
« Sa Majesté a accepté une de ces pièces de chacun d'eux; ensuite Mohamed-Dervich-Khan a prononcé une harangue qui a été traduite et répétée par M. Rufin. J'étais à portée de l'entendre, si M. Rufin ne l'eût prononcée qu'à basse voix, parce qu'elle renfermait plusieurs phrases peu obligeantes pour les Anglais, et que les ambassadeurs des cours d'Europe avaient quitté leur place pour tâcher d'attraper le sens de la harangue de leurs confrères indiens.
« Après la réponse du Roi, les ambassadeurs firent leurs trois révérences, ils se sont arrêtés et demandèrent la permission de jouir un instant du spectacle imposant qu'offrait le salon d'Hercule. Enfin, en se retirant, ils ont salué une quatrième fois le Roi, qui a poussé la bonté jusqu'à permettre que la suite des ambassadeurs entrât dans la salle d'audience. »
Les ambassadeurs pensèrent-ils à saluer la Reine ? Plusieurs personnes ont cru que leur quatrième salut avait été pour elle. Bombelles n'en est pas bien sûr. « Ces personnages fêtés outre mesure » ne lui disent rien qui vaille.

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Message par Comtesse Diane le Sam 26 Aoû 2017, 12:16

C'est bien la peine de s'mettre en quatre !!!

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Sam 26 Aoû 2017, 15:03

Et le plus cocasse ( Eventaille ) , c'est qu'une réception les attendait encore, chez Loménie de Brienne, du dernier cheap selon Bombelles .

« Rien n'était magnifique , remarque Bombelles, qui compare avec les dîners d'apparat offerts par le baron deBreteuil aux États de Languedoc et de Bretagne. Il étalait un tout autre luxe quoique tous ses appointements et les grâces du Roi réunis à sa fortune personnelle formassent un revenu bien inférieur à celui qui n'a jamais suffi à l'archevêque. « Ses gens sont mesquinement vêtus, ses chevaux sont laids, ses voitures vilaines; sa vaisselle est médiocre et sa table est très ordinairement servie. Il est bien rare qu'un homme qui ne se fait pas honneur de ce qu'il a et qui gère mal ses finances administre bien celles d'un grand Etat. »

Et toc !

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Message par Gouverneur Morris le Sam 26 Aoû 2017, 15:08

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Sam 02 Sep 2017, 19:37

Autres gens, autres moeurs ! Hop!
J'ai retrouvé l'extrait ( toujours dans le comte de Fleury )

Les ambassadeurs indiens s'occupèrent aussi, à leur façon, delà disgrâce de Brienne. Comme ils sortaient de l'Académie française, qui s'était crue obligée de donner une séance en leur honneur, on leur apprit la chute du grand vizir. Grimm assure qu'ils demandèrent avec beaucoup d'empressement s'ils ne pourraient pas voir sa tête (souvenir du ystème de leur gouvernement envers les ministres en disgrâce). « Oh! non, a répondu quelqu'un, car il n'en avait pas. » Et Grimm ajoute, non sans raison : « Quel est l'événement de notre histoire qui ne soit marqué par quelque calembour plus ou moins ridicule, plus ou moins plaisant?»

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Lun 02 Oct 2017, 17:02

Voici le témoignage du comte d'Hézècques !       ...    



Ces ambassades extraordinaires qui arrivent des extrémités de la terre excitent toujours la curiosité, et souvent elles font époque dans l’histoire, plutôt par la rareté de l’événement que par l’importance de la négociation.
Celle qui fut envoyée à Louis XVI, en 1788, par le successeur de Hyder-Ali, le sultan Typoo-Saëb, roi de Mysore, excita vivement l’attention de toute la France. Les mœurs, les habitudes, les costumes de ces Indiens furent longtemps le sujet de nos conversations, le type de nos modes. Soit que le ministère ne jugeât pas leurs demandes très-intéressantes, soit qu’on se ressentît déjà du malheur des temps, on les traita assez lestement et sans beaucoup de cérémonies. Le but de leur long voyage était d’obtenir la protection de la France pour tâcher de contrebalancer, dans l’Inde, la formidable puissance des Anglais. Il est à croire que, sans la Révolution, le gouvernement eût été assez sage pour seconder les vues du sultan, qui prévoyait dès lors la chute de son empire, et se voyait enseveli sous les ruines de Séringapatam. Plus tard, le Directoire, et avant lui le Comité de salut public, se contentèrent d’envoyer dans ces contrées quelques révolutionnaires enragés qui traitaient Typoo-Saëb de citoyen sultan, et voulaient faire comprendre les droits de l’homme à un despote asiatique.
Cette ambassade, débarquée à Toulon, arriva à Paris le 16 juillet 1788, et fut logée rue Bergère, à l’hôtel des Menus-Plaisirs, qui avait été arrangé en conséquence. Tout le long de la route elle avait été défrayée au compte de l’État. Elle se composait de trois ambassadeurs, de deux jeunes gens, parents du sultan, et de trente et quelques domestiques. Les ambassadeurs se nommaient Mouhammed-Derviche-Khan, beau-frère du sultan et chef de la religion, Mouhammed-Osman-Khan et Akbar-Ali-Khan, général de la cavalerie, remarquable par sa haute stature, son air de fierté et sa barbe blanche.
Le 12 août, l’ambassade arriva le soir au grand Trianon, qui avait été préparé pour la recevoir, et dont les avenues étaient remplies d’une foule innombrable de curieux. Les trois ambassadeurs et les interprètes étaient dans trois voitures à la livrée du roi. On les conduisit dans les appartements de l’aile droite où j’entrai avec eux. Ils parurent beaucoup admirer la beauté du jardin et du palais. Le derviche se mit ensuite en prières, demanda qu’on ôtât le tapis où étaient quelques figures d’hommes, et le général nous raconta la chasse du tigre, vantant son courage et son adresse à braver les fureurs de ce terrible animal.
Le lendemain était le jour de l’audience solennelle. On avait dressé le trône dans le salon d’Hercule, et tout autour, des fauteuils étaient disposés pour la famille royale et pour la cour dans la plus élégante toilette.
Les ambassadeurs entrèrent au château par le grand escalier de marbre, traversèrent les appartements de la reine, la grande galerie et tous les salons, où l’on avait élevé des amphithéâtres remplis de tous les curieux accourus de la capitale. Après la messe, le roi se plaça sur son trône, et les maîtres des cérémonies allèrent chercher l’ambassade, qui attendait dans une salle de la cour royale.
Le cortége traversa cette suite de quatorze appartements remplis de femmes élégantes dont l’aspect paraissait frapper beaucoup ces étrangers. Les trois envoyés, précédés des maîtres des cérémonies et des interprètes, étaient suivis de leur suite, dont une partie formait leur garde et n’avait conservé que la coiffure du pays, et une espèce d’uniforme européen, en maroquin vert et rouge, qui devait servir de modèle pour équiper un corps de cypaies.
Arrivé dans la salle, le chef de l’ambassade prononça un discours qui fut interprété, ainsi que la réponse du roi. Ensuite il présenta ses lettres de créance enveloppées dans un morceau d’étoffe d’or, et vingt et une pièces de monnaie comme hommage de respect.
L’audience terminée, ils demandèrent à jouir un instant du superbe coup d’œil que présentait la réunion de la cour, et furent ensuite reconduits, dans le même ordre, chez M. de la Luzerne, ministre de la marine, où ils dînèrent.
L’après-midi, on les promena dans les jardins où toutes les eaux jouaient. Ils étaient traînés dans ces petites carrioles dont j’ai déjà parlé, au milieu d’une foule immense attirée par la nouveauté du spectacle. J’ai remarqué que, en général, tous ces Indiens, soit par indolence, soit par tout autre motif, paraissaient très-peu frappés de ce qu’ils voyaient aussi bien que de la magnificence du palais de Versailles. J’étais à côté de la calèche qui portait le chef de l’ambassade et le ministre, au moment où celui-ci lui fit remarquer le bassin de Neptune où, par une seule clef, plus de cent cinquante jets d’eau s’élèvent dans les airs au même instant. L’Indien était alors très-occupé à se gratter le bas des jambes ; il jeta un instant les yeux sur ce beau spectacle et se hâta de les reporter sur sa babouche.
Les ambassadeurs retournèrent ensuite à Paris. Peu de temps avant leur départ, au mois d’octobre, ils revinrent à Versailles chasser avec le roi, et allèrent ensuite s’embarquer à Brest pour retourner chez eux sur une frégate commandée par le capitaine Macnamara, qui, à son retour, fut massacré par son équipage insurgé.
Pendant le séjour des ambassadeurs à Trianon, ils reçurent quelques personnes. J’allai les voir plusieurs fois pour avoir une idée de leurs mœurs et de leurs usages. Chaque fois que je les vis dans leur salon, en cérémonie, un esclave apportait leurs pipes et nous versait de l’eau de senteur sur les mains. Les pipes étaient formées de longs tuyaux de cuir terminés par un bout d’ambre et adaptés à un même foyer placé dans une grande cassolette, fabriquée de manière que la fumée du tabac sortait par un tuyau plongé dans de l’eau parfumée, où elle se dépurait avant de parvenir au tuyau aspirant.
Le royaume de Mysore est situé dans la presqu’île en deçà du Gange ; les habitants en sont donc très-basanés et ont le teint cuivré. Leur costume, comme celui de la plupart des peuples de l’Asie méridionale, est composé de larges caleçons et de robes de mousseline ou de toile de coton plus ou moins fine. Je ne leur ai vu de broderies en or que sur leurs shalls, dont ils s’enveloppaient plus ou moins, suivant l’élévation de la température. Leurs turbans n’ont point l’élévation de ceux des Turcs, mais ils sont beaucoup plus larges. Les esclaves en portaient qui avaient la forme de nos chapeaux ronds et qui, placés sur le côté de la tête, coiffaient très-bien. Plusieurs de ces esclaves avaient habité Pondichéry et parlaient un peu le français, ainsi qu’un des deux jeunes gens, dont l’intelligence dépassait de beaucoup ce qu’on devait en attendre.
Ces Indiens ne mangeaient d’animaux qu’après les avoir tués eux-mêmes avec de certains rites purificatoires ; aussi avaient-ils eu la précaution d’amener leurs cuisiniers, et ce n’était point un des objets les moins intéressants pour la curiosité publique que d’aller voir, dans les souterrains de Trianon, la préparation de leurs repas. La quantité d’épices, de piment, de kari, et surtout d’ail qu’ils y mettaient, rendaient leurs ragoûts, dont je goûtai une fois, intolérables à un palais européen.
Je me représente toujours un de leurs cuisiniers, assis sur le coin d’une table, les jambes croisées, pétrissant avec les mains des boules de riz et de viandes. La reine avait aussi voulu goûter de cette cuisine indienne, mais il lui fut impossible de supporter la force de son assaisonnement.
Les ambassadeurs vinrent un jour visiter le manége des pages, et les deux jeunes gens essayèrent de monter nos chevaux, mais leur manière de se tenir à cheval avec des étriers très-courts, et les genoux fort hauts, ne pouvait convenir à des chevaux accoutumés à être conduits avec toute la recherche et la finesse de l’art.
Ils eurent plus de succès à la chasse, et menèrent leurs chevaux avec beaucoup de hardiesse. Les ambassadeurs suivirent la chasse en calèche, s’enveloppant de leurs shalls pour éviter le froid d’un brouillard d’octobre qui leur faisait sentir la différence du climat de Paris avec celui de Séringapatam.
Les présents de cette ambassade n’étaient point considérables. Ils consistaient en quelques pièces de mousseline fort belle, des armes indiennes bien travaillées, et une petite boîte de perles précieuses ; la seule pièce remarquable était un gros rubis que le roi fit monter au bout d’une épaulette de diamants. Ils emportèrent en échange beaucoup d’étoffes de Lyon, des pendules et des porcelaines de Sèvres. La reine fit faire leurs portrait en cire et les plaça, groupés avec l’interprète et un esclave, fumant leurs pipes, dans une des chaumières de Trianon. La ressemblance était parfaite.
On a assuré dans le temps que Typoo-Saëb, mécontent de l’insuccès de ses ambassadeurs, les avait fait mourir à leur retour. Il est certain que, sans la Révolution et les malheurs de la France, on aurait pu tirer un excellent parti de l’alliance de Typoo, dont les forces, déjà augmentées par les succès d’Hyder-Ali, auraient, avec l’aide des Français, entraîné tous les nababs que les Anglais écrasent ou tyrannisent, et qu’on aurait pu ainsi balancer la puissance colossale de nos voisins dans les Indes orientales.

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Lun 02 Oct 2017, 17:13

Je vous propulse ici, Comtesse !
Beau portrait et grand merci . Very Happy

Comtesse Diane a écrit:Quel bel homme !  Eventaille


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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Comtesse Diane le Mar 03 Oct 2017, 08:25

Quel journaleux cet Hézèques ! Wink

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Mar 03 Oct 2017, 08:31

Oui, pour notre chance ! Very Happy

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Dim 24 Déc 2017, 15:40



...    exposition " les Visiteurs de Versailles " Very Happy


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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Duc d'Ostrogothie le Dim 24 Déc 2017, 19:35

Voici les bustes de Louis XVI et Marie-Antoinette, d'après Boizot (manufacture de Sèvres, 1788), qui furent offerts à Tipoo Sahib . Six paires furent en réalité offertes à la délégation indienne, dont une paire destinée à Tipoo Sahib. Celle-ci est aujourd'hui au Victoria & Albert Museum :








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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Mme de Sabran le Lun 25 Déc 2017, 14:13

Je trouve Marie-Antoinette plus ressemblante que L(o)ui(s) .

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Comtesse Diane le Lun 25 Déc 2017, 14:23

Oui, très réussie .

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Trianon le Lun 25 Déc 2017, 14:37

En effet, la ressemblance est fort bien réussie. Notre bon Roi l'est moins, on pourrait le prendre pour un aristocrate quelconque du siècle des Lumières. Il y a malgré tout un petit quelque chose (pour les initiés) qui fait penser à Louis XVI. Je vais poser une question stupide, mais avait-il le nez Bourbon ou pas ? Parfois, c'est très flagrant et d'autres il est affublé d'un joli nez.. Certains parmi vous vont dire que j'exagère. Non, les amis, j'ai une grande affection pour le Roi.... et je ne changerai pas d'avis.
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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Gouverneur Morris le Mar 26 Déc 2017, 18:57

Tout comme les éléments du trône de Tipoo-Sahib postés page précédente, ces pièces gagnèrent l’Angleterre suite au pillage par les troupes britanniques de Seringapatam...Sad
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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Gouverneur Morris le Jeu 04 Jan 2018, 22:59

La collection de joyaux dont nous avons parlé avec LNLN page précédente a fait l’objet d’un vol partiel à Venise ! 

Le Point - Venise : Arsène Lupin au Palais des Doges

Des joyaux des Maharadjas ont été dérobés dans un musée vénitien au nez et à la barbe des services de sécurité. Sans violence et à visage découvert !

https://www.lepoint.fr/tiny/1-2184031
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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par La nuit, la neige le Ven 05 Jan 2018, 00:29

Roooh ! Eventaille
J'ai lu l'article. Ils sont forts...Cool
Enfin, du moins les mesures sécurité étaient vraiment en dessous de tout !

On dirait le scénario d'un des films Ocean's...
Mais les cambrioleurs n'ont nullement eu besoin de se fatiguer avec pareille gymnastique ! Eventaille

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Comte d'Hézècques le Ven 05 Jan 2018, 10:57

Gouverneur Morris a écrit:

Des joyaux des Maharadjas ont été dérobés dans un musée vénitien au nez et à la barbe des services de sécurité. Sans violence et à visage découvert !


Les services de sécurité ont sûrement été soudoyés ...

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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Gouverneur Morris le Mar 13 Fév 2018, 14:30

Voici une terrine du service qui fut offert à Tipoo Sahib :





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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par La nuit, la neige le Mar 17 Avr 2018, 19:24

Notamment présentés, à l'occasion de l'exposition Visitors to Versailles (1682-1789) organisée au Metropolitan Museum of Art de New-York, après celle du château de Versailles :



Nephew of Muhammad Osman Khan
By Claude-André Deseine (1740–1823)
Terracotta with carved wood base
Credit : Musée du Louvre, Paris, Département des Sculptures


Note de l'exposition :

Osman Khan’s nephew, brought to France as part of the Mysore embassy, is dressed relatively simply. With no needlework decoration, sword belt, or full beard (only the hint of a mustache), his is a youthful portrait compared with his uncle’s.



Cup and Saucer (tasse litron)
Decorated by Nicolas Pierre Pithou the Younger and Jean-Baptiste-Etienne-Nicolas Noualhier
Sèvres Manufactury, 1788
Credit : Musée Carnavalet—Histoire de Paris


Note de l'exposition :

This cup shows cameos of the three Mysore ambassadors based on a gouache by Charles Eloi Asselin, and its saucer features hookahs and turbans.
Unlike the gifts Sèvres produced for the Mysore embassy, items made for the French market were not subject to the religious proscription against figurative images.
At least four versions of these cups and saucers were produced, three of which were acquired by members of the court.



Set of Twelve Cups and Saucers (tasses litrons)
Sèvres Manufactory, 1776-1788
Credit : Powis Castle, The Clive Collection (The National Trust), County of Powys, Wales


Note de l'exposition :

The Mysore embassy visited the impressive Sèvres porcelain factory in 1788 and received dozens of custom pieces as gifts, including this set of cups and saucers painted in different floral patterns. (Certain other designs, including porcelain spittoons and hookahs, do not survive.)
Sèvres made sure the decoration was culturally sensitive ; notes in the archives stipulate that the sultan be given wares "with flowers," in keeping with the Islamic prohibition against human images.
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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Gouverneur Morris le Mar 17 Avr 2018, 20:50

Merci LNLN !!! Cet ensemble de 12 tasses n’a pu être présenté à Versailles pour des raisons de coût (le National Trust demandait une “participation financière” trop élevée).

Comtesse Diane a écrit:Magnifiques, ces jardins de Saint-Cloud !  
Qu'est-ce que c'est l'étalage de linge en bas de l'image à gauche ?

J’ai eu la réponse chère Comtesse, ces braves dames ne lavent pas leur linge dans les bassins ni le sèchent sur les charmilles : ce sont des vendeuses d’étoffe qui proposent leur marchandise Wink
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Re: L'ambassade de Tipoo Sahib à Versailles.

Message par Duc d'Ostrogothie le Mar 17 Avr 2018, 22:45

Jolies tasses.  

Le château de Versailles conserve une gravure représentant Louis XVI et Marie-Antoinette recevant à Versailles l'ambassade de Tippo-Saib le 10 août 1788 :







Désignation : estampe
Nº d'inventaire: INV.GRAV 1067
Domaine : Estampes
Auteur : Staal, Gustave (graveur)
Date de création : vers 1826 (XIXe siècle)
Dimensions : 15,8 x 11,6 cm
Matière et technique : Eau-forte
Personne représentée : Louis XVI, Marie-Antoinette, Tipû Sâhib, Mohammed Dervich Khan, Akbar Ali Khan, Mohammad Osman Khan.
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Duc d'Ostrogothie

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