Emigration et contre-Révolution

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Emigration et contre-Révolution - Page 5 Empty Re: Emigration et contre-Révolution

Message par Mme de Sabran le Jeu 10 Jan - 12:30

Première halte du comte d'Artois  Emigration et contre-Révolution - Page 5 489
à Valenciennes, chez Esterhazy qui raconte :


Dans la nuit du 17 au 18 on vint m'éveiller en me disant que le prince de Chimay était aux portes et demandait à me parler. Je donnai l'ordre de lui ouvrir, mais, supposant que c'était quelqu'un qui prenait son nom, car je le savais lui même en Italie, je montai ensuite à cheval, et courus à la porte Notre-Dame. En chemin, je croisai une berline qui allait à la poste ; je m'y rendis, et quel ne fut pas mon étonnement de me trouver, en ouvrant la portière, dans les bras de M. le comte d'Artois !

Il me remit un billet de la main du roi, qui m'invitait à rendre à son frère tous les soins qui dépendraient de moi et à assurer sa sortie aux Pays-Bas. M. le comte d'Artois avait avec lui le prince d'Hénin, son capitaine des gardes, le comte de Vaudreuil, le marquis de Polignac et un écuyer. Ils étaient partis de Versailles à cheval, et avaient pris à Chantilly une voiture de M. le prince de Condé. lis étaient tous très fatigués, Vaudreuil même avait de la fièvre.  J'étais sur de ma garnison ; le peuple était tranquille: je proposai au prince de passer la journée chez moi, et il accepta.

Comme je lui offrais de monter mon cheval, on vint me dire que M. le prince de Condé arrivait. Il avait avec lui son fils et son petit-fils, ainsi que M.  d'Autichamp. Il ne voulut pas rester à Valenciennes. Je lui donnai un billet pour le commandant de Mons, et j'envoyai un courrier à Mademoiselle (  fille du prince de Condé) , qui devait arriver ce jour-là, pour lui donner des nouvelles de sa famille, et l'assurer de la liberté qu'elle avait de passer quand elle voudrait.

L'arrivée des princes fut suivie d'une foule d'autres qui quittaient Paris. De toutes parts, on demandait des passeports. Je fis coucher monseigneur le comte d'Artois dans la chambre de votre mère, et je redoublai de soins pour sa sûreté sans que cela parut.  Pendant que j'étais devant ma porte, je vis arriver un fiacre : c'était le marquis de Sérent, gouverneur des enfants de M. le comte d Artois. Je courus à lui; il me dit qu'il venait d'arriver avec les deux jeunes princes, qui étaient à la poste. Je montai dans son fiacre, et nous allâmes les chercher. Je les fis coucher dans ma chambre; ils n'avaient pas reposé depuis leur départ de Versailles. Le comte d'Artois ignorait la route que le marquis de Sérent leur avait fait prendre. A son réveil, je lui appris leur arrivée.

Il reçut les officiers généraux et les chefs de corps, et après dîner il vit les dames de sa connaissance qui étaient à Valenciennes, savoir : la duchesse de Laval, les comtesses de Balbi et de Ménars , et Mmes de Boufflers, mère et belle-fille. Le soir, après avoir vu ses enfants et avoir tenu une espèce de conseil où je fus d'avis qu'il passât par la Hollande pour se rendre en Espagne, celui d'aller à Namur et d'y attendre des nouvelles prévalut. Le lendemain 19, au matin, je
partis à cheval à la tète d'un détachement de cent chevaux et escortai M. le comte d'Artois. Au delà de Saint-Maur, il renvoya l'escorte; je le suivis jusqu'à Quiévrain, premier poste des Pays-Bas autrichiens, où je pris congé de lui les larmes aux yeux, après en avoir eu la promesse qu'il m'appellerait auprès de sa personne lorsque les circonstances lui permettraient de rentrer en France.

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...    demain est un autre jour .
Mme de Sabran
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