Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
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Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Mme de Sabran a écrit:
Je viens de poster l'intrépide Duyfken dans le sujet de l'Australie ( en attendant le Bounty ) et, ce matin, Majesté évoquait l'Hermione et la Belle Poule . Mais, grâce à notre Princesse, la Pérouse a incontestablement la vedette !
La Bounty ? Alors la boucle est bouclée, car tu as oublié ton sujet sur Cook.
William Bligh, le commandant de La Bounty, était le maître d'équipage du Resolution, sous les ordres du capitaine Cook, lors de l'expédition durant laquelle ce dernier perdra la vie, en 1779, aux îles Sandwich (Hawaï).
Dernière édition par La nuit, la neige le Ven 13 Oct 2023, 13:57, édité 4 fois
La nuit, la neige- Messages : 18132
Date d'inscription : 21/12/2013
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
La nuit, la neige a écrit:
La Bounty ? Alors la boucle est bouclée, car tu as oublié ton sujet sur Cook.
Non au contraire : je t'attends sur le sujet de James Cook puisque tu vas lire sa biographie incessamment sous peu !
Bravo pour ton LA Bounty : Le féminin (« la » Bounty) a semble-t-il été généralement utilisé en français, soit parce que Bounty signifie « Bonté », soit par simple respect de l'utilisation systématique du féminin en anglais pour les noms de navires .
( WIKI )
La nuit, la neige a écrit:
William Bligh, le commandant de La Bounty, était le maître d'équipage du Resolution, sous les ordres du capitaine Cook, lors de l'expédition durant laquelle ce dernier perdra la vie, en 1779, aux îles Sandwich (Hawaï).
Quand je te dis que tu sais tout ! ..............
Bligh était avec Cook aux Iles Sandwich ?!!! Tu me fais scoops sur scoops !!! :n,,;::::!!!:
Le monde est tout petit, même en haute mer .
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... demain est un autre jour .
Mme de Sabran- Messages : 55497
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Oui, oui.Mme de Sabran a écrit:
Bligh était avec Cook aux Iles Sandwich ?!!!
D'ailleurs, son style de commandement sera-t-il marqué par celui de Cook ? Extrêmement dur, autoritaire, et même un peu dingue à l'occasion de cette troisième expédition.
Bligh faisant le lien entre les caprices de Cook et l'équipage, ulcéré et inquiet.
Dernière édition par La nuit, la neige le Sam 16 Fév 2019, 19:43, édité 1 fois
La nuit, la neige- Messages : 18132
Date d'inscription : 21/12/2013
La mutinerie de la Bounty
Le cinéma, note WIKI, au travers de trois films a donné l'image d'un William Bligh, capitaine tyrannique qui malmène l'équipage de son navire, la Bounty, face à l'un de ses officiers, Fletcher Christian, défenseur des opprimés. Il est probable que Bligh n'ait pas été plus cruel que les autres commandants britanniques de son époque. Il a été, sans aucun doute, un marin hors pair ; sa navigation après la mutinerie de la Bounty, aussi bien que son comportement lors des batailles navales, en sont les preuves incontestables. Ces qualités lui furent d'ailleurs reconnues par ses supérieurs, puisqu'il fit une carrière honorable dans la Royal Navy, ayant commencé mousse à sept ans et terminant vice-amiral.
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Mme de Sabran- Messages : 55497
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
.
Date de la mutinerie : le 28 avril 1789, dans le Pacifique Sud !
Combien de répliques de la Bounty y a-t-il eu de construites, le sais-tu ?
Parce que l'on se souvient, du naufrage de la réplique du célèbre trois-mâts construite en 1960 dans les chantiers navals de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, emportée par l'ouragan Sandy, le 29 octobre 2012. àè-è\':
Long de 55 mètres, le HMS Bounty avait été construit pour le tournage du film de Lewis Milestone de 1962 Les Révoltés du Bounty, avec Marlon Brando , évoquant la mutinerie de 1789 à Tahiti à bord du navire britannique.
Depuis, le bateau avait fait des apparitions dans plusieurs autres films, dont Pirates des Caraïbes : Le secret du coffre maudit avec Johnny Depp, et des dizaines de séries télévisées ou de documentaires historiques.
Or voici que notre guide nous annonce une autre réplique de la Bounty, dans le port de Sydney .
Mais c'est le Southern Swan que j'ai vu croiser au large de l'opéra ...
La nuit, la neige a écrit:
William Bligh, le commandant de La Bounty, était le maître d'équipage du Resolution, sous les ordres du capitaine Cook, lors de l'expédition durant laquelle ce dernier perdra la vie, en 1779, aux îles Sandwich (Hawaï).
Date de la mutinerie : le 28 avril 1789, dans le Pacifique Sud !
Combien de répliques de la Bounty y a-t-il eu de construites, le sais-tu ?
Parce que l'on se souvient, du naufrage de la réplique du célèbre trois-mâts construite en 1960 dans les chantiers navals de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, emportée par l'ouragan Sandy, le 29 octobre 2012. àè-è\':
Long de 55 mètres, le HMS Bounty avait été construit pour le tournage du film de Lewis Milestone de 1962 Les Révoltés du Bounty, avec Marlon Brando , évoquant la mutinerie de 1789 à Tahiti à bord du navire britannique.
Depuis, le bateau avait fait des apparitions dans plusieurs autres films, dont Pirates des Caraïbes : Le secret du coffre maudit avec Johnny Depp, et des dizaines de séries télévisées ou de documentaires historiques.
Or voici que notre guide nous annonce une autre réplique de la Bounty, dans le port de Sydney .
Mais c'est le Southern Swan que j'ai vu croiser au large de l'opéra ...
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Mme de Sabran- Messages : 55497
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
La révolte de la Bounty et le procès de Blight amenèrent un assouplissement de la discipline dans la Marine de sa Majesté.
pilayrou- Messages : 674
Date d'inscription : 06/03/2014
Age : 63
Localisation : Guilers (Brest)
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Pffffff ! Il y en avait sûrement bien besoin !
C'était une discipline de fer qui n'avait probablement guère changé depuis des lustres ...
Tiens, Francis Drake était sur Arte, hier soir .
C'était une discipline de fer qui n'avait probablement guère changé depuis des lustres ...
Tiens, Francis Drake était sur Arte, hier soir .
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Mme de Sabran- Messages : 55497
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
J'ai bien connu Fletcher Christian, plutôt sympa . J'avais cependant beaucoup de mal à encadrer sa belle gueule à la Marlon Brando . Il nous piquait sous le nez toutes les plus jolies indigènes !
Monsieur de la Pérouse- Messages : 504
Date d'inscription : 31/01/2019
Localisation : Enfin à bon port !
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
A vrai dire, et sans vouloir retourner le couteau dans la plaie, cher Monsieur de la Pérouse, je n'en suis pas autrement étonnée !
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Mme de Sabran- Messages : 55497
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Loin, très loin de l'aventure romanesque hollywoodienne...
L'épisode du jour de l'émission Affaires sensibles (France Inter) était consacré à l'histoire tragique de :
PITCAIRN, UNE ÎLE MAUDITE AU COEUR DU PACIFIQUE
Présentation : Fabrice Drouelle
Un récit documentaire d'Adrien Carat
Durée : 54 mn
Invité : Olivier Goujon, journaliste, reporter-photographe, auteurs de plusieurs livres d’enquêtes, il l’un des très rares journalistes à s’être rendu à Pitcairn et à avoir pu y vivre avec ceux qui peuplent cette terre du bout du monde. Il est l’auteur d’un livre passionnant sur cette affaire, intitulé « Pitcairn, les révoltés du Bounty vont disparaître » paru en septembre 2021 aux éditions Max Millo.
The Mutineers turning Lt Bligh and part of the Officers and Crew adrift from His Majesty's Ship the Bounty, 29th April 1789
Robert Dodd
Hand-colored aquatint print, 1790
Image : National Maritime Museum, Greenwich, London
Présentation :
Pitcairn, c’est d’abord l’histoire d’une légende celle d’un îlot de 47 kilomètres carrés, terre unique et désirable, peuplé par les descendants de marins courageux et mutins héroïques depuis la fin du 18e siècle. Une île sur laquelle se serait développée une micro société qui vivrait en harmonie à l’écart du monde et de ses valeurs mercantiles. Cette histoire, c’est celle qui a fait le succès de Pitcairn, celle qu’on retrouve dans la romance des livres et de l’aventure des films. Celle qu’incarne la star hollywoodienne Marlon Brando.
Susan Young, The only surviving Tahitian woman, Pitcairn's [Island], Augt 1849
Admiral Edward Gennys Fanshawe
11-12 August 1849
Image : Royal Museums Greenwich
La réalité, elle, est bien plus prosaïque et surtout bien plus dramatique. Car dans la vraie vie, Pitcairn ne ressemble en rien à l’île luxuriante sur laquelle aurait pu débarquer Robinson Crusoé. Non, Pitcairn c’est un rocher taillé à vif au milieu de nulle part, un endroit balayé par une météo dantesque et qui renferme une terrible malédiction.
A view of Pitcairn's Island, South Seas, 1814
J. Shillibeer
Image : State Library of New South Wales
Raconter la véritable histoire de cette petite île du Pacifique, c’est se plonger dans un récit en deux temps. Évoquer deux époques différentes : celles d’abord des mutinés du Bounty au 18e siècle. Puis celle de leurs lointains descendants, des colons utopistes. À chaque chapitre de l’histoire : des personnages et des enjeux différents. Seul point commun : une aventure qui se termine dans le sang.
Three Voyages of a Naturalist : Being an Account of Many Little-Known Islands in Three Oceans Visited by the 'Valhalla' R. Y, S
1908
Image : Commons Wikimedia
Pitcairn Islanders, 1916
Image : Oceania-ethnographica
Aujourd’hui, après 230 ans d’une histoire hors norme, l’île Pitcairn est rattrapée par le monde moderne, sa diplomatie secrète, son commerce international et la montée des eaux. L’île survivra-t-elle à ces bouleversements ? Ou sera-t-elle amenée à disparaitre dans un futur proche ?
Image : Tahiti Infos
Image : Google Earth
Emission à écouter ici : Radio France - Pitcairn, une île maudite au coeur du Pacifique
L'épisode du jour de l'émission Affaires sensibles (France Inter) était consacré à l'histoire tragique de :
PITCAIRN, UNE ÎLE MAUDITE AU COEUR DU PACIFIQUE
Présentation : Fabrice Drouelle
Un récit documentaire d'Adrien Carat
Durée : 54 mn
Invité : Olivier Goujon, journaliste, reporter-photographe, auteurs de plusieurs livres d’enquêtes, il l’un des très rares journalistes à s’être rendu à Pitcairn et à avoir pu y vivre avec ceux qui peuplent cette terre du bout du monde. Il est l’auteur d’un livre passionnant sur cette affaire, intitulé « Pitcairn, les révoltés du Bounty vont disparaître » paru en septembre 2021 aux éditions Max Millo.
The Mutineers turning Lt Bligh and part of the Officers and Crew adrift from His Majesty's Ship the Bounty, 29th April 1789
Robert Dodd
Hand-colored aquatint print, 1790
Image : National Maritime Museum, Greenwich, London
Présentation :
Pitcairn, c’est d’abord l’histoire d’une légende celle d’un îlot de 47 kilomètres carrés, terre unique et désirable, peuplé par les descendants de marins courageux et mutins héroïques depuis la fin du 18e siècle. Une île sur laquelle se serait développée une micro société qui vivrait en harmonie à l’écart du monde et de ses valeurs mercantiles. Cette histoire, c’est celle qui a fait le succès de Pitcairn, celle qu’on retrouve dans la romance des livres et de l’aventure des films. Celle qu’incarne la star hollywoodienne Marlon Brando.
Susan Young, The only surviving Tahitian woman, Pitcairn's [Island], Augt 1849
Admiral Edward Gennys Fanshawe
11-12 August 1849
Image : Royal Museums Greenwich
La réalité, elle, est bien plus prosaïque et surtout bien plus dramatique. Car dans la vraie vie, Pitcairn ne ressemble en rien à l’île luxuriante sur laquelle aurait pu débarquer Robinson Crusoé. Non, Pitcairn c’est un rocher taillé à vif au milieu de nulle part, un endroit balayé par une météo dantesque et qui renferme une terrible malédiction.
A view of Pitcairn's Island, South Seas, 1814
J. Shillibeer
Image : State Library of New South Wales
Raconter la véritable histoire de cette petite île du Pacifique, c’est se plonger dans un récit en deux temps. Évoquer deux époques différentes : celles d’abord des mutinés du Bounty au 18e siècle. Puis celle de leurs lointains descendants, des colons utopistes. À chaque chapitre de l’histoire : des personnages et des enjeux différents. Seul point commun : une aventure qui se termine dans le sang.
Three Voyages of a Naturalist : Being an Account of Many Little-Known Islands in Three Oceans Visited by the 'Valhalla' R. Y, S
1908
Image : Commons Wikimedia
Pitcairn Islanders, 1916
Image : Oceania-ethnographica
Aujourd’hui, après 230 ans d’une histoire hors norme, l’île Pitcairn est rattrapée par le monde moderne, sa diplomatie secrète, son commerce international et la montée des eaux. L’île survivra-t-elle à ces bouleversements ? Ou sera-t-elle amenée à disparaitre dans un futur proche ?
Image : Tahiti Infos
Image : Google Earth
Emission à écouter ici : Radio France - Pitcairn, une île maudite au coeur du Pacifique
La nuit, la neige- Messages : 18132
Date d'inscription : 21/12/2013
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Au château de Médavy ( Orne ) est conservée une jolie maquette de la Bounty .
https://marie-antoinette.forumactif.org/t2009-en-normandie-le-chateau-de-medavy?highlight=MEDAVY
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Mme de Sabran- Messages : 55497
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Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
A écouter, ces deux épisodes de l'émission radiophonique Une histoire particulière (France Culture) :
Les révoltés de la Bounty (2 épisodes)
France Culture
Durée : 28 minutes (x2)
Épisode 1/2 : Cap sur Tahiti
1787. La mission de la Bounty était pacifique et devait être simple : aller chercher à Tahiti des plants de l'arbre à pain pour les transporter vers les Antilles britanniques afin de nourrir les esclaves. Mais rien ne s’est pas passé comme prévu.
Invités :
° Emmanuel Desclèves Amiral, membre de l’ Académie de marine et de l’ Académie des Sciences d’Outre-Mer
° Corinne Raybaud Historienne du Pacifique, auteure de nombreux ouvrages sur la Polynésie
° Serge Dunis Anthropologue, spécialiste des civilisations du Pacifique
° Sylvie Largeaud Ortéga Maître de conférences en anglais-littératures et sociétés du Pacifique
° Xavier Aubriot Botaniste, naturaliste, enseigne la diversité et adaptation des plantes en milieu terrestre à l’Université de Paris Saclay
A View of Matavai Bay in the Island of Otaheite, Tahiti
William Hodges (1744–1797)
Oil on canvas, 1776
Image : Yale Center for British Art
Les raisons d’une telle expédition
La mission de l’équipage était pacifique. Le voyage de la Bounty avait pour objectif de venir chercher des plants de l'arbre à pain pour les transporter vers les colonies britanniques des Indes occidentales. En 1789, Joseph Banks, naturaliste et personnage puissant au sein de l'amirauté de sa majesté le roi George III, avait considéré - après son voyage à Tahiti avec l'expédition de James Cook - que cette nourriture, prisée par les Polynésiens, serait tout à fait appropriée pour nourrir les esclaves des plantations de canne à sucre des Antilles britanniques.
Joseph Banks avait recommandé William Blake, un jeune lieutenant de 33 ans. Banks avait apprécié Bligh lorsqu’ils voyageaient ensemble sous les ordres du Capitaine Cook. Bligh était reconnu pour ses grandes qualités de marins et connu pour son "foutu" caractère. C’est ainsi qu’il devint Capitaine de la Bounty.
Portrait miniature of Rear Admiral William Bligh
Alexander Huey
Watercolor on ivory, 1814
Image : National Library of Australia
Le voyage et ses péripéties
À l’aube du 23 décembre 1787, une petite frégate d’à peine 27 mètres de long, quitte le port de Spithead au nord de l’île anglaise de White. Les 46 hommes de la Bounty sont parés pour rejoindre les eaux claires du Pacifique Sud. Mais l'expédition ne se passe pas comme prévu. Une première tempête oblige le navire à faire escale quelques jours à Tenerife pour réparer et ravitailler. Dès le début du voyage, Bligh établit de bonnes relations avec Fletcher Christian avec qui il a déjà navigué sous les ordres de Cook et le nomme rapidement second officier. Le jeune homme vient d’avoir 23 ans.
Les semaines passent et les intempéries se succèdent. Après plusieurs tentatives infructueuses, la Bounty ne parvient pas à doubler le Cap Horn. Les hommes sont épuisés. Bligh se résout alors à traverser l'océan Indien par le cap de Bonne Espérance. Au prix de rationnements drastiques et de tensions au sein de l’équipage, dont l’ambiance ne cesse de se dégrader tout au long du voyage, la Bounty arrive enfin à destination, à Tahiti, et jette l’ancre le 26 octobre 1788, dans la baie de Matavai, au pied de la pointe Vénus, au terme d'un périple de 50.000 km et 10 mois de navigation.
A reconstruction of HMS Bounty (1960)
By Dan Kasberger - Wikipedia Commons
Tahiti et la mutinerie
L’accueil des Tahitiens est chaleureux. Cook l’avait déjà noté à l’époque de son passage en Polynésie. Une fois sur place, Bligh réussi, après plusieurs mois de troc avec les Tahitiens, à réunir une cargaison de plus de mille plants d'arbres à pain, appelé "uru" en tahitien.
Pendant les cinq mois d’escale à Tahiti, les marins jouissent d’une faible charge de travail et de la douceur insulaire. Les marins dorment à terre, la plupart d’entre eux fréquentent des vahinés, tandis que Bligh ne se mélange pas à la population locale. Malgré un relâchement sensible de la discipline, Bligh tance régulièrement ses subordonnés.
Mais suite à un violent différent avec une partie de son équipage, une première mutinerie éclate et trois marins s’échappent sur une chaloupe vers Tetiaroa, une petite île non loin de Tahiti. Rattrapés, les mutins sont durement réprimandés et fouettés.
Le capitaine Bligh et 18 marins restés loyaux, chassés de la Bounty par les mutins, au milieu du Pacifique, dans une chaloupe, le 28 avril 1789
Robert Dodd
hand-colored aquatint print, 1790
Image : Wikimedia Commons
Au bout de six mois, le 5 avril 1789, la Bounty lève enfin l’ancre pour mettre le cap vers les Antilles. Les marins ne sont pas heureux de quitter l’île paradisiaque et leurs vahinés.
Une fois reparti, le lieutenant Fletcher Christian va s'opposer à Bligh. La mutinerie restera légendaire. L’a-t-il réellement fomentée ou bien s’est-il malgré lui retrouvé à la tête des mutins ? C’est ce que nos intervenants essaieront de démêler et d’éclairer.
À l’aube du 28 avril 1789, Bligh et dix-neuf autres marins restés fidèles au capitaine, se retrouvèrent expulsés du navire, sur une chaloupe surchargée, avec cinq jours de ravitaillement, une boussole et un sextant. La poignée d’hommes est promise à une mort certaine au milieu d’un Océan Pacifique immense et hostile, tandis que les autres devinrent à l’issue de la mutinerie, des parias. Ils avaient commis l’irréparable et savaient qu’ils ne pourraient jamais retourner en Grande-Bretagne.
Carte montrant la navigation du HMS Bounty dans l'océan Pacifique de 1788 à 1790
Image : Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0 - Ruhrfisch
Rouge, la navigation du Bounty vers Tahiti et vers le lieu de la mutinerie, le 28 avril 1789.
Jaune, navigation du Bounty après la mutinerie, sous le commandement de Christian.
Vert, la route suivie par Bligh lors de sa navigation vers Coupang (2 mai-14 juin 1789).
Emission à écouter ici : Une histoire particulière (Radio France) - Les révoltés de la Bounty, épisode 1
Épisode 2/2 : Tout ça pour ça
Après avoir été débarqué sur une chaloupe avec un sextant et quelques vivres, le capitaine Bligh tente de survivre au milieu du Pacifique, tandis que Christian, le mutin et ses hommes, cherchent une île où se cacher.
Que faire désormais ? Les mutins n’avaient pas anticipé. Tout d’abord, ils jetèrent par-dessus bord tous les plants de uru. Ensuite, ils mirent le cap sur la petite île de Tubuai. Vaste erreur. Ils ne purent débarquer, repoussés par les guerriers de l’île.
Lieutenant Bligh and his Crew of the ship Bounty hospitably received by the Governor of Timor
Benezach, Charles; Bromley, William Stratford
Print, 1791
Image : National Maritime Museum, Greenwich, London
Au bout de deux mois, les extraordinaires capacités de navigation de Bligh finirent par sauver les hommes de la frêle embarcation. Ils réussirent à rejoindre l'actuelle île de Java, au terme d'une errance de 8 300 km. Durant cette traversée, sans escale, Bligh su donner du courage à ses hommes, il réussit à les divertir alors que certains divaguaient et que d’autres souffraient de déshydratation, de froid et de faim.
Aussitôt informée par Bligh de la mutinerie et des noms des forbans, la marine britannique part chasser les mutins d’île en île pour les juger et les punir. Ceux qui étaient restés à Tahiti furent vite retrouvés. Le retour en Angleterre fut mouvementé et la Pandora fit naufrage au large de l'Australie. Parmi les survivants arrivés en Angleterre et traduits en justice, cinq seront acquittés, deux bénéficieront des circonstances atténuantes, et les trois derniers seront pendus.
Pendant ce temps, Fletcher et quelques hommes partent se réfugier sur une île mal répertoriée sur les cartes, Pitcairn. Il avait embarqué avec eux quelques Tahitiens et Tahitiennes puis ils disparurent des radars pour fonder une communauté sur cette île minuscule et inhospitalière.
Au bout de 10 ans, tous les mutinés s’étaient entretués. Il ne resta qu'un survivant mâle, Alexander Smith, sur l'île de Pitcairn et les descendances de ses compagnons de fortune, quelques femmes et une ribambelle d’enfants.
Map of Pitcairn Island, by expedition of James Cook
Jacques Renaud Benard (1731–1794)
Image : Commons wikimedia
Une cinquantaine de descendants vivent encore aujourd’hui sur l’île de Pitcairn, placée sous la couronne britannique.
Ironie et fin de l’histoire, les esclaves des Antilles reçurent le fruit de l’arbre à pain mais le recrachèrent. Ils lui préféraient la banane plantain.
Pourquoi cette mutinerie est restée dans les esprits et est devenue aussi célèbre ? C’est ce que racontent ces épisodes.
L'extraordinaire histoire des marins du Bounty est à la fois une démonstration du talent de navigation dans des mers hostiles, une histoire de courage, de violence et reste un épisode de la chronique méconnue de la mondialisation végétale. Il s’agit aussi d’un terrible télescopage de la colonisation, où précisément avec cette histoire, viennent se connecter, la colonisation des Antilles et celle du Pacifique.
Emission à écouter ici : Une histoire particulière (Radio France) - Les révoltés de la Bounty, épisode 2
Les révoltés de la Bounty (2 épisodes)
France Culture
Durée : 28 minutes (x2)
Épisode 1/2 : Cap sur Tahiti
1787. La mission de la Bounty était pacifique et devait être simple : aller chercher à Tahiti des plants de l'arbre à pain pour les transporter vers les Antilles britanniques afin de nourrir les esclaves. Mais rien ne s’est pas passé comme prévu.
Invités :
° Emmanuel Desclèves Amiral, membre de l’ Académie de marine et de l’ Académie des Sciences d’Outre-Mer
° Corinne Raybaud Historienne du Pacifique, auteure de nombreux ouvrages sur la Polynésie
° Serge Dunis Anthropologue, spécialiste des civilisations du Pacifique
° Sylvie Largeaud Ortéga Maître de conférences en anglais-littératures et sociétés du Pacifique
° Xavier Aubriot Botaniste, naturaliste, enseigne la diversité et adaptation des plantes en milieu terrestre à l’Université de Paris Saclay
A View of Matavai Bay in the Island of Otaheite, Tahiti
William Hodges (1744–1797)
Oil on canvas, 1776
Image : Yale Center for British Art
Les raisons d’une telle expédition
La mission de l’équipage était pacifique. Le voyage de la Bounty avait pour objectif de venir chercher des plants de l'arbre à pain pour les transporter vers les colonies britanniques des Indes occidentales. En 1789, Joseph Banks, naturaliste et personnage puissant au sein de l'amirauté de sa majesté le roi George III, avait considéré - après son voyage à Tahiti avec l'expédition de James Cook - que cette nourriture, prisée par les Polynésiens, serait tout à fait appropriée pour nourrir les esclaves des plantations de canne à sucre des Antilles britanniques.
Joseph Banks avait recommandé William Blake, un jeune lieutenant de 33 ans. Banks avait apprécié Bligh lorsqu’ils voyageaient ensemble sous les ordres du Capitaine Cook. Bligh était reconnu pour ses grandes qualités de marins et connu pour son "foutu" caractère. C’est ainsi qu’il devint Capitaine de la Bounty.
Portrait miniature of Rear Admiral William Bligh
Alexander Huey
Watercolor on ivory, 1814
Image : National Library of Australia
Le voyage et ses péripéties
À l’aube du 23 décembre 1787, une petite frégate d’à peine 27 mètres de long, quitte le port de Spithead au nord de l’île anglaise de White. Les 46 hommes de la Bounty sont parés pour rejoindre les eaux claires du Pacifique Sud. Mais l'expédition ne se passe pas comme prévu. Une première tempête oblige le navire à faire escale quelques jours à Tenerife pour réparer et ravitailler. Dès le début du voyage, Bligh établit de bonnes relations avec Fletcher Christian avec qui il a déjà navigué sous les ordres de Cook et le nomme rapidement second officier. Le jeune homme vient d’avoir 23 ans.
Les semaines passent et les intempéries se succèdent. Après plusieurs tentatives infructueuses, la Bounty ne parvient pas à doubler le Cap Horn. Les hommes sont épuisés. Bligh se résout alors à traverser l'océan Indien par le cap de Bonne Espérance. Au prix de rationnements drastiques et de tensions au sein de l’équipage, dont l’ambiance ne cesse de se dégrader tout au long du voyage, la Bounty arrive enfin à destination, à Tahiti, et jette l’ancre le 26 octobre 1788, dans la baie de Matavai, au pied de la pointe Vénus, au terme d'un périple de 50.000 km et 10 mois de navigation.
A reconstruction of HMS Bounty (1960)
By Dan Kasberger - Wikipedia Commons
Tahiti et la mutinerie
L’accueil des Tahitiens est chaleureux. Cook l’avait déjà noté à l’époque de son passage en Polynésie. Une fois sur place, Bligh réussi, après plusieurs mois de troc avec les Tahitiens, à réunir une cargaison de plus de mille plants d'arbres à pain, appelé "uru" en tahitien.
Pendant les cinq mois d’escale à Tahiti, les marins jouissent d’une faible charge de travail et de la douceur insulaire. Les marins dorment à terre, la plupart d’entre eux fréquentent des vahinés, tandis que Bligh ne se mélange pas à la population locale. Malgré un relâchement sensible de la discipline, Bligh tance régulièrement ses subordonnés.
Mais suite à un violent différent avec une partie de son équipage, une première mutinerie éclate et trois marins s’échappent sur une chaloupe vers Tetiaroa, une petite île non loin de Tahiti. Rattrapés, les mutins sont durement réprimandés et fouettés.
Le capitaine Bligh et 18 marins restés loyaux, chassés de la Bounty par les mutins, au milieu du Pacifique, dans une chaloupe, le 28 avril 1789
Robert Dodd
hand-colored aquatint print, 1790
Image : Wikimedia Commons
Au bout de six mois, le 5 avril 1789, la Bounty lève enfin l’ancre pour mettre le cap vers les Antilles. Les marins ne sont pas heureux de quitter l’île paradisiaque et leurs vahinés.
Une fois reparti, le lieutenant Fletcher Christian va s'opposer à Bligh. La mutinerie restera légendaire. L’a-t-il réellement fomentée ou bien s’est-il malgré lui retrouvé à la tête des mutins ? C’est ce que nos intervenants essaieront de démêler et d’éclairer.
À l’aube du 28 avril 1789, Bligh et dix-neuf autres marins restés fidèles au capitaine, se retrouvèrent expulsés du navire, sur une chaloupe surchargée, avec cinq jours de ravitaillement, une boussole et un sextant. La poignée d’hommes est promise à une mort certaine au milieu d’un Océan Pacifique immense et hostile, tandis que les autres devinrent à l’issue de la mutinerie, des parias. Ils avaient commis l’irréparable et savaient qu’ils ne pourraient jamais retourner en Grande-Bretagne.
Carte montrant la navigation du HMS Bounty dans l'océan Pacifique de 1788 à 1790
Image : Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0 - Ruhrfisch
Rouge, la navigation du Bounty vers Tahiti et vers le lieu de la mutinerie, le 28 avril 1789.
Jaune, navigation du Bounty après la mutinerie, sous le commandement de Christian.
Vert, la route suivie par Bligh lors de sa navigation vers Coupang (2 mai-14 juin 1789).
Emission à écouter ici : Une histoire particulière (Radio France) - Les révoltés de la Bounty, épisode 1
Épisode 2/2 : Tout ça pour ça
Après avoir été débarqué sur une chaloupe avec un sextant et quelques vivres, le capitaine Bligh tente de survivre au milieu du Pacifique, tandis que Christian, le mutin et ses hommes, cherchent une île où se cacher.
Que faire désormais ? Les mutins n’avaient pas anticipé. Tout d’abord, ils jetèrent par-dessus bord tous les plants de uru. Ensuite, ils mirent le cap sur la petite île de Tubuai. Vaste erreur. Ils ne purent débarquer, repoussés par les guerriers de l’île.
Lieutenant Bligh and his Crew of the ship Bounty hospitably received by the Governor of Timor
Benezach, Charles; Bromley, William Stratford
Print, 1791
Image : National Maritime Museum, Greenwich, London
Au bout de deux mois, les extraordinaires capacités de navigation de Bligh finirent par sauver les hommes de la frêle embarcation. Ils réussirent à rejoindre l'actuelle île de Java, au terme d'une errance de 8 300 km. Durant cette traversée, sans escale, Bligh su donner du courage à ses hommes, il réussit à les divertir alors que certains divaguaient et que d’autres souffraient de déshydratation, de froid et de faim.
Aussitôt informée par Bligh de la mutinerie et des noms des forbans, la marine britannique part chasser les mutins d’île en île pour les juger et les punir. Ceux qui étaient restés à Tahiti furent vite retrouvés. Le retour en Angleterre fut mouvementé et la Pandora fit naufrage au large de l'Australie. Parmi les survivants arrivés en Angleterre et traduits en justice, cinq seront acquittés, deux bénéficieront des circonstances atténuantes, et les trois derniers seront pendus.
Pendant ce temps, Fletcher et quelques hommes partent se réfugier sur une île mal répertoriée sur les cartes, Pitcairn. Il avait embarqué avec eux quelques Tahitiens et Tahitiennes puis ils disparurent des radars pour fonder une communauté sur cette île minuscule et inhospitalière.
Au bout de 10 ans, tous les mutinés s’étaient entretués. Il ne resta qu'un survivant mâle, Alexander Smith, sur l'île de Pitcairn et les descendances de ses compagnons de fortune, quelques femmes et une ribambelle d’enfants.
Map of Pitcairn Island, by expedition of James Cook
Jacques Renaud Benard (1731–1794)
Image : Commons wikimedia
Une cinquantaine de descendants vivent encore aujourd’hui sur l’île de Pitcairn, placée sous la couronne britannique.
Ironie et fin de l’histoire, les esclaves des Antilles reçurent le fruit de l’arbre à pain mais le recrachèrent. Ils lui préféraient la banane plantain.
Pourquoi cette mutinerie est restée dans les esprits et est devenue aussi célèbre ? C’est ce que racontent ces épisodes.
L'extraordinaire histoire des marins du Bounty est à la fois une démonstration du talent de navigation dans des mers hostiles, une histoire de courage, de violence et reste un épisode de la chronique méconnue de la mondialisation végétale. Il s’agit aussi d’un terrible télescopage de la colonisation, où précisément avec cette histoire, viennent se connecter, la colonisation des Antilles et celle du Pacifique.
Emission à écouter ici : Une histoire particulière (Radio France) - Les révoltés de la Bounty, épisode 2
La nuit, la neige- Messages : 18132
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Vient de paraître...
Le Bounty
Passions, pouvoir, théâtre : histoire d'une mutinerie
De Greg Dening
Traduit de l’anglais par Brice Matthieussent
Éditions Anacharsis (oct. 2023)
512 pages
Présentation :
On connaît généralement l’histoire du Bounty, de la mutinerie du jeune second du navire, Fletcher Christian, suite à la conduite tyrannique du capitaine Bligh et après cinq mois d’escale à Tahiti.
Marlon Brando dans le rôle de Christian est devenu en 1962 l’icône fleurie de la quête de liberté aux îles paradisiaques.
Dans ce livre renversant, Greg Dening nous dévoile l’histoire profonde de l’épisode. Sous forme d’une pièce de théâtre en trois actes, il explore les différentes scènes – le Navire, la Plage, l’Île – qui font du Bounty un objet historique extraordinairement fécond.
Alternant récits et réflexions, il raconte les mille et une péripéties qui lui donnent corps – à Londres, à Tahiti, en haute mer, dans l’île déserte de Pitcairn ou même au théâtre et au cinéma –, et se livre simultanément à une puissante méditation sur le pouvoir et la domination. Un mode narratif inédit pour un ouvrage plein d’audace, d’impertinence et vigoureusement suggestif, sans doute un chef-d’œuvre de la littérature historique.
Quelques dizaines de pages de ce livre peuvent être librement feuilletées, ici : Le Bounty - Greg Dening, dont...
Le Bounty
Passions, pouvoir, théâtre : histoire d'une mutinerie
De Greg Dening
Traduit de l’anglais par Brice Matthieussent
Éditions Anacharsis (oct. 2023)
512 pages
Présentation :
On connaît généralement l’histoire du Bounty, de la mutinerie du jeune second du navire, Fletcher Christian, suite à la conduite tyrannique du capitaine Bligh et après cinq mois d’escale à Tahiti.
Marlon Brando dans le rôle de Christian est devenu en 1962 l’icône fleurie de la quête de liberté aux îles paradisiaques.
Dans ce livre renversant, Greg Dening nous dévoile l’histoire profonde de l’épisode. Sous forme d’une pièce de théâtre en trois actes, il explore les différentes scènes – le Navire, la Plage, l’Île – qui font du Bounty un objet historique extraordinairement fécond.
Alternant récits et réflexions, il raconte les mille et une péripéties qui lui donnent corps – à Londres, à Tahiti, en haute mer, dans l’île déserte de Pitcairn ou même au théâtre et au cinéma –, et se livre simultanément à une puissante méditation sur le pouvoir et la domination. Un mode narratif inédit pour un ouvrage plein d’audace, d’impertinence et vigoureusement suggestif, sans doute un chef-d’œuvre de la littérature historique.
Quelques dizaines de pages de ce livre peuvent être librement feuilletées, ici : Le Bounty - Greg Dening, dont...
La nuit, la neige- Messages : 18132
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Je croyais que l'on disait la Bounty !
Est-ce que je me trompe ?
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Mme de Sabran- Messages : 55497
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
C'est ce que nous disions au début de ce sujet mais le traducteur a préféré le masculin (qui sonne mieux, entre-nous soit dit).
Et voici un extrait de la fiche Wiki (en français) consacré à ce bateau : Le HMS Bounty (Wikipedia) :
Le féminin (« la » Bounty) est parfois utilisé en français, soit parce que Bounty signifie « Bonté », soit par simple copie de l'utilisation systématique du féminin en anglais pour les noms de navires.
Jules Verne entre autres a utilisé le féminin pour intituler son roman de 1879. L’Encyclopædia Universalis utilise également le féminin, de même que la traduction actuelle de la trilogie de Nordhoff et Hall relatant l'épopée de la Bounty.
Pourtant, les noms de bateaux étrangers sont généralement masculins en français : on dit par exemple le Queen Mary II et non la Queen Mary II, bien qu'il s'agisse de noms anglais et féminins.
Les titres français des trois films (de 1935, 1962 et 1984) utilisent tous le masculin, et leur impact sur le public francophone peut expliquer que dans le langage courant l'utilisation du genre ait basculé, passant du féminin au masculin, alors que le langage universitaire ou spécialisé continue souvent à utiliser le féminin (par exemple, pour la traduction du journal de James Morrisson en 1966).
Et voici un extrait de la fiche Wiki (en français) consacré à ce bateau : Le HMS Bounty (Wikipedia) :
Le féminin (« la » Bounty) est parfois utilisé en français, soit parce que Bounty signifie « Bonté », soit par simple copie de l'utilisation systématique du féminin en anglais pour les noms de navires.
Jules Verne entre autres a utilisé le féminin pour intituler son roman de 1879. L’Encyclopædia Universalis utilise également le féminin, de même que la traduction actuelle de la trilogie de Nordhoff et Hall relatant l'épopée de la Bounty.
Pourtant, les noms de bateaux étrangers sont généralement masculins en français : on dit par exemple le Queen Mary II et non la Queen Mary II, bien qu'il s'agisse de noms anglais et féminins.
Les titres français des trois films (de 1935, 1962 et 1984) utilisent tous le masculin, et leur impact sur le public francophone peut expliquer que dans le langage courant l'utilisation du genre ait basculé, passant du féminin au masculin, alors que le langage universitaire ou spécialisé continue souvent à utiliser le féminin (par exemple, pour la traduction du journal de James Morrisson en 1966).
La nuit, la neige- Messages : 18132
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
La nuit, la neige a écrit:C'est ce que nous disions au début de ce sujet mais le traducteur a préféré le masculin (qui sonne mieux, entre-nous soit dit).
Le féminin (« la » Bounty) est parfois utilisé en français, soit parce que Bounty signifie « Bonté », soit par simple copie de l'utilisation systématique du féminin en anglais pour les noms de navires.
Merci, merci; tu nous embarques dans tous les détails !
Concernant la marine française, durant toute la période de la marine à voile, le genre (masculin-féminin) des noms de baptême des navires était généralement choisi en fonction de leur type. Ainsi les vaisseaux ou bricks portaient le plus souvent un nom masculin, tandis que les frégates, goélettes, caravelles, nefs, caraques ou flûtes se voyaient attribuer un nom féminin.
Pour les désigner, on employait les articles définis « le », « la », « l' » et « les » : le Glorieux, le Soleil Royal, la Boussole, la Belle Poule, l'Étoile ou les États-de-Bourgogne, même devant un nom propre , l'Amerigo Vespucci
Pardonne-moi d'être contrariante et de préférer la Bounty. C'est d'ailleurs une caravelle.
( Merci quand même , WIKI. )
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
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Comte d'Hézècques- Messages : 4390
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Une frégate...Mme de Sabran a écrit: C'est d'ailleurs une caravelle.
Réplique de la Bounty en 2009 à Belfast
Image : Geograph.org.uk
Comte d'Hézècques a écrit:Moi ça m'est égal si c'est masculin ou féminin, tant que je peux croquer dedans :
La nuit, la neige- Messages : 18132
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
Oups oui !La nuit, la neige a écrit:Une frégate...Mme de Sabran a écrit: C'est d'ailleurs une caravelle.
... miammm !Comte d'Hézècques a écrit:Moi ça m'est égal si c'est masculin ou féminin, tant que je peux croquer dedans :
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Mme de Sabran- Messages : 55497
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
La troisième saison de l'excellente émission de radio Naufragés - Une histoire vraie (France Inter), déjà citée à de nombreuses reprises dans nos rubriques, vient d'être mise en ligne sur le site internet de la radio.
Et parmi les nouveaux épisodes disponibles à l'écoute...
1 / 2 Le voyage sans retour du Bounty : Le capitaine abandonné
En avril 1789, au beau milieu de l'océan Pacifique, des marins du Bounty, un navire de la Couronne britannique, se révoltent. Ils abandonnent dans une chaloupe leur capitaine avec 18 hommes qui lui sont restés loyaux. Dans cette petite embarcation surchargée, quasiment sans provisions, à des milliers de kilomètres de la première colonie européenne, le sort du commandant déchu et de ses compagnons d'infortune semble scellé. Les mutins, eux, devenus maîtres du navire et de leur destin, mettent les voiles à la recherche d'une île paradisiaque et isolée pour se cacher.
Pour les deux groupes, c'est un saut dans l'inconnu. L'avenir est incertain. Des deux côtés, il y aura des morts, mais aussi des survivants. Leurs récits passionneront le monde entier. Des écrivains comme Jules Verne et Lord Byron s'en emparent. Plus tard, l'histoire des Révoltés du Bounty sera portée à l'écran - avec quelques arrangements avec la vérité.
Que s'est il réellement passé sur ce navire ? Et qu'est il advenu du capitaine abandonné et des mutins en cavale ? Ce sont ces histoires vraies de survie que Daniel Fiévet vous raconte.
Récit à écouter ici (durée 47 mn) : Naufragés, une histoire vraie (Radio France) - Le voyage sans retour du Bounty 1/2
Image : Film The Bounty (1984) / Imdb
2 / 2 Le voyage sans retour du Bounty : Les mutins en cavale
"Ces hommes voyaient la possibilité de s'établir au milieu de l'abondance, dans la plus belle île de l'univers où ils seraient exempts de travail, où les attraits de la dissipation et des plaisirs surpassent tout ce qu'on peut imaginer."
Voici ce qu'écrit le capitaine Bligh au sujet des mutins qui se sont emparés de son navire le Bounty. Dans un précédent épisode, Daniel Fiévet vous a raconté comment, en avril 1789, des marins de ce vaisseau de la Couronne britannique s'étaient révoltés contre leur commandant William Bligh. À la tête des Mutinés, Fletcher Christian avait pris le contrôle du trois-mâts et abandonné le capitaine avec 18 de ses hommes sur une minuscule chaloupe en plein Pacifique.
A écouter, ici (durée 43 mn) : Naufragés, une histoire vraie (Radio France) - Le voyage sans retour du Bounty 2/2
Image : Film The Bounty (1984) / Imdb
Et parmi les nouveaux épisodes disponibles à l'écoute...
1 / 2 Le voyage sans retour du Bounty : Le capitaine abandonné
En avril 1789, au beau milieu de l'océan Pacifique, des marins du Bounty, un navire de la Couronne britannique, se révoltent. Ils abandonnent dans une chaloupe leur capitaine avec 18 hommes qui lui sont restés loyaux. Dans cette petite embarcation surchargée, quasiment sans provisions, à des milliers de kilomètres de la première colonie européenne, le sort du commandant déchu et de ses compagnons d'infortune semble scellé. Les mutins, eux, devenus maîtres du navire et de leur destin, mettent les voiles à la recherche d'une île paradisiaque et isolée pour se cacher.
Pour les deux groupes, c'est un saut dans l'inconnu. L'avenir est incertain. Des deux côtés, il y aura des morts, mais aussi des survivants. Leurs récits passionneront le monde entier. Des écrivains comme Jules Verne et Lord Byron s'en emparent. Plus tard, l'histoire des Révoltés du Bounty sera portée à l'écran - avec quelques arrangements avec la vérité.
Que s'est il réellement passé sur ce navire ? Et qu'est il advenu du capitaine abandonné et des mutins en cavale ? Ce sont ces histoires vraies de survie que Daniel Fiévet vous raconte.
Récit à écouter ici (durée 47 mn) : Naufragés, une histoire vraie (Radio France) - Le voyage sans retour du Bounty 1/2
Image : Film The Bounty (1984) / Imdb
2 / 2 Le voyage sans retour du Bounty : Les mutins en cavale
"Ces hommes voyaient la possibilité de s'établir au milieu de l'abondance, dans la plus belle île de l'univers où ils seraient exempts de travail, où les attraits de la dissipation et des plaisirs surpassent tout ce qu'on peut imaginer."
Voici ce qu'écrit le capitaine Bligh au sujet des mutins qui se sont emparés de son navire le Bounty. Dans un précédent épisode, Daniel Fiévet vous a raconté comment, en avril 1789, des marins de ce vaisseau de la Couronne britannique s'étaient révoltés contre leur commandant William Bligh. À la tête des Mutinés, Fletcher Christian avait pris le contrôle du trois-mâts et abandonné le capitaine avec 18 de ses hommes sur une minuscule chaloupe en plein Pacifique.
A écouter, ici (durée 43 mn) : Naufragés, une histoire vraie (Radio France) - Le voyage sans retour du Bounty 2/2
Image : Film The Bounty (1984) / Imdb
La nuit, la neige- Messages : 18132
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Re: Les révoltés du HMS Bounty et l'île de Pitcairn
La chaîne Arte a diffusé hier soir le film Le Bounty, avec Mel Gibson, Anthony Hopkins, Daniel Day Lewis et Laurence Olivier ( mazette, quelle distribution ! ) , un film d'aventures inspiré du roman Captain Bligh and Mr Christian : the men and the mutiny de Richard Hough. Ou comment la tyrannie d'un capitaine va conduire à la révolte de l'équipage. Un récit évidemment inspiré des Révoltés du Bounty, maintes fois adapté à l'écran ( Marlon Brando ) et l'occasion pour moi de me plonger à nouveau dans ce sujet.
Le film sera rediffusé le mercredi 19 juin 2024 à 13:35 sur Arte.TV
Le film sera rediffusé le mercredi 19 juin 2024 à 13:35 sur Arte.TV
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