Dans la famille Le Gentil de Paroy, nous demandons ...

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Dans la famille Le Gentil de Paroy, nous demandons ...

Message par Mme de Sabran le Lun 12 Mar 2018, 12:10

... le grand-père, le père, le fils  ...  





Les Le Gentil, nobles bretons



La famille remonte au XIII° siècle. Hervé Le Gentil, écuyer, est le premier seigneur de Barvédel (Ploeven-Porzay, Cornouaille, Bretagne); il est mentionné en 1298. En 1376 Jehan 1er Le Gentil, chevalier, compagnon d'armes du connétable Bertrand Du Guesclin, est seigneur de Barvédel et de Pontlez.

Les Le Gentil deviennent par la suite comtes de Rosmorduc, barons de Quélern, seigneurs de Coëtninon, Pencran, Tromeur, Kérazan, etc., toujours dans l'actuel Finistère. Leurs armoiries (« D'azur au dragon d'or ») sont mentionnées dès le XV° siècle.

En 1694, Tanguy Le Gentil de Quélern et Alain Le Gentil de Rosmorduc, à la tête des milices des garde-côtes, sont grièvement blessés en repoussant une incursion anglaise sur une plage de Camaret, près de la rade de Brest. Ils sont victorieux mais meurent de leurs blessures.



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Le père du marquis de Paroy, seigneur de la Barbinais, est connu pour son tour du monde, le premier effectué par un navigateur français, entre 1714 et 1717.    



LA BARBINAIS (Le Gentil de).

Nouveau voyage autour du monde. Par L. G. De La Barbinais. Enrichi de plusieurs Plans, Vûes & Perspectives des principales Villes & Ports du Perou, Chily, Bresil, & de la Chine, avec Une Description de l’Empire de la Chine beaucoup plus ample & plus circonstanciée que celles qui ont parues juqu’à présent, où il est traité des mœurs, religion, politique, éducation & commerce des peuples de cet Empire. Et deux Memoires sur les Royaumes de la Cochinchine, de Tonquin & de Siam.

A Paris, Chez Briasson, 1728-1729.

3 vol. in-12° ; front…

Plein veau brun glacé, dos à nerfs très joliment orné, caisson or, fleurons or [fer évidé], p. de titre en maroquin havane, palette or en pied, roulette or sur les coupes, filet à froid d’encadrement sur les plats, tranches teintées unies en rouge, reliure de l’époque, très bel exemplaire d'une grande fraîcheur.

Bibliographie
« Le récit de Le Gentil est relativement peu connu, est recommandable pour son exactitude et sa concision. » (Duviols, Voyageurs français en Amérique, n° 92, p. 140).



Propriétaire d'habitations sucrières et caféières à Saint-Domingue


Après un voyage autour du monde, Le Gentil de La Barbinais, gentilhomme breton, s'établit dans l'ile de Saint-Domingue où il devient conseiller au Conseil supérieur du Cap (1726), puis commissaire ordonnateur dans cette ville (1729).
Il acquiert un important patrimoine constitué d'habitations sucrières et caféières.



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Son fils, Guy le Gentil, futur marquis de Paroy, lui succède vers 1740. Il possède autour de Limonade de vastes plantations : Habitations Paroy (106 carreaux de terre), Bellevüe (367 carreaux de terre), Les Ecrevisses, La Grande Place au Moka, Bellevue des Monts, etc.

Un inventaire de 1774 mentionne, avec les bestiaux, les esclaves utilisés :
« Nègres (nègres, négresses, négrillons, négrittes), répartis par métier (sucriers, chauffeurs, mouliniers, cabrouettiers, valets, nègres de place, ouvriers, charpentiers, tonneliers, apprentis, domestiques, invalides), chacun avec son nom et sa nation (Créole, Congo, Arada, Mesurade, Fonda, Adia, Bambara, Timbou, Tiamba, Sénégalais, Fatago, Mina, Nago, Temploma, Ibo, Mondougue, Dagonan, Soso). Soit un total de 577 "têtes"  ».

La gestion des propriétés entraine des litiges à l'exemple d'un arrêt de 1779 « qui casse et annule celui du conseil supérieur du Cap du 5 février 1779, obtenu par la négresse Lizette, contre Guy Le Gentil, marquis de Paroy, et qui évoque au Conseil du roi les contestations sur lesquelles l'arrêt est intervenu ; l'arrêt stipule que le marquis de Paroy remboursera à la négresse Lizette les 3 000 livres qu'il a reçues d'elle pour l'affranchissement du nègre Antoine, son fils, et autorise le marquis de Paroy à faire arrêter ledit Antoine, soupçonné d'empoisonnement ».

Deux des habitations de Guy Le Gentil sont incendiées lors de la révolte des esclaves de 1791 et la famille chassée quelque temps après. Les héritiers du marquis bénéficieront de l'indemnité versée aux colons après l'indépendance de Saint-Domingue.



Guy Le Gentil, marquis de Paroy
(1728-1807)




« D'azur au dragon d'or lampassé de gueules »



Médaillon de Giovanni Battista Nini
Guy Le Gentil, marquis de Paroy
(20 juillet 1728 - Fontainebleau 24 mai 1807)
Seigneur d'Auxence et des Tillières

Roi-cavalerie a écrit:Chers amis,

Il y a quelques temps j'avais posté une photographie noir et blanc de la terre cuite de Jean Baptiste Nini représentant le comte de Vaudreuil, réalisée en 1770. Je viens de la trouver en couleur ainsi que celle de sa mère la marquise de Vaudreuil, née Marie-Claire Guiot de la Mirande.

Jean Baptiste Nini (1717-1786) était un céramiste et graveur d'origine italienne qui s'était fait une spécialité de la représentation des profils de personnages connus de la société de cour ou parisienne. Il avait notamment fréquenté le salon du fermier-général Grimod de la Reynière et de son épouse, où il rencontra certainement le comte de Vaudreuil et le comte d'Adhémar qui s'y trouvaient fréquemment. A partir de 1772, il installa son atelier de céramique  au château de Chaumont sur les terres de Jacques Donatien Le Ray de Chaumont, issu d'une famille de négociants nantais, conseiller du roi et intendant des Invalides qui fut l'un des principaux soutiens de Insurgents à Paris mais aussi dans les colonies car il leur fournissait des munitions et des armes. Il accueillit notamment Benjamin Franklin qui logea dans son hôtel de Valentinois à Passy pendant son séjour à Paris. Pour la petite histoire, la duchesse de Polignac, loua une partie de cet hôtel à l'automne 1781 où elle accoucha le 27 décembre de Camille Melchior ( 1781-1855), comte de Polignac, la tige de la branche cadette actuelle de cette famille.

Je joins également le profil de Guy Le Gentil, marquis de Paroy, (1728-1807), officier des Gardes françaises, qui épousa en 1749 Louise-Elisabeth de Rigaud de Vaudreuil, la fille du comte Louis-Philippe de Vaudreuil, lieutenant général des armées navales. De cette union naquit, entre autres, Jean Philippe Le Gentil (1750-1824), comte puis marquis de Paroy qui était un cousin germain du comte de Vaudreuil, servit dans le régiment Dauphin Dragons dont Vaudreuil était le colonel et fréquenta avec succès le salon de la duchesse de Polignac à laquelle il était également apparenté et où ses talents de dessinateur étaient appréciés y compris de Marie Antoinette. Ce dernier est l'auteur des Mémoires du comte de Paroy, souvenirs d'un défenseur de la famille royale.  
   









Bien à vous Roi-cavalerie


Guy Le Gentil, père, est :

- Propriétaire dans l'ile de Saint-Domingue
- Sous-lieutenant au régiment des Gardes-françaises
- Lieutenant pour le roi du baillage de Provins, Meaux et Château-Thierry
- Chevalier de Saint-Louis
- Député de la noblesse aux Etats-généraux de 1789
- Le bailli de Provins au château de Paroy :

Guy Le Gentil commence modestement sa carrière militaire comme enseigne puis sous-lieutenant aux Gardes-françaises. Il reçoit la croix de Chevalier de Saint-Louis.

La succession de son père, gentilhomme breton devenu riche propriétaire dans l'ile de Saint-Domingue, puis un beau mariage en 1749 avec la fille du comte Louis-Philippe de Vaudreuil, lieutenant général des armées navales, lui permettent d'acquérir la terre de Paroy en Brie, qu'il fait ériger en marquisat en 1752. Il détruit l'ancien château de Paroy pour en reconstruire un neuf.





Le 12 mars 1766, il devient grand bailli d'épée des villes et comté de Provins, Meaux et Château-Thierry, l'un des trois lieutenants pour le Roi des provinces de Brie et de Champagne.



A l'épreuve de la Révolution :


Le marquis de Paroy est élu en 1789 député de la noblesse du bailliage de Provins aux États généraux.
Royaliste fervent, il défend le Roi pendant les journées d'octobre 1789 et renonce rapidement à son poste de député de la Constituante.

Il émigre en 1791. Le comte de Provence le nomme gouverneur de Saint-Domingue. Passant par Paris pour rejoindre l'océan, il veut obtenir la confirmation de son poste par Louis XVI.
L'accueil froid du Roi le fait renoncer et il retourne à Coblentz.

Il revient rapidement à Paris qu'il quitte après le 10 août 1792 pour Fontainebleau.
A la nouvelle de l'exécution de Louis XVI il cherche à s'exiler à St Domingue en s'embarquant à Bordeaux mais il y est arrêté et emprisonné dans de mauvaises conditions. L'intervention de Thérésa Cabarrus,  alors Mme de Fontenay et future Madame Tallien ( dont elle est la maîtresse ), permet de le délivrer. Il séjourne sous surveillance à Fontainebleau et à Paroy avant d'être enfin rayé de la liste des émigrés.



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Un fils proche de la famille royale





Jean Philippe Guy le Gentil, comte du Paroy (1750-1824), est le fils du marquis du Paroy. Graveur et miniaturiste de renom, il devient membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

En 1791, après avoir accompagné son père lors de sa démarche auprès de Louis XVI, il reste aux Tuileries, attaché à la famille royale à une période où elle est très menacée. Il facilite l'envoi des courriers de Mme Elisabeth au comte d'Artois. Il réalise une « lanterne magique » pour le Dauphin, futur Louis XVII, ou bien encore le fameux gilet pare-balles pour Louis XVI, une lorgnette pour Marie-Antoinette dont nous parlions hier dans  notre Jeu de l'hiver  .    Very Happy

Le comte de Paroy fait partie des gentilshommes présents aux côtés du roi lors de la « Journée des Tuileries » le 10 août 1792.

Après 1793 il continue à réaliser et vendre des portraits de la famille royale.

Il est l'auteur des « Mémoires du comte de Paroy : souvenirs d'un défenseur de la famille royale pendant la révolution (1789-1797) »  publiés par Etienne Charavay en 1895.




Paroy fut aussi un amateur éclairé.  Il réunit entre autres collections une remarquable série de vases étrusques, qu'il parvint à cacher pendant la Révolution et à soustraire aux recherches de David.  Il put aussi sauver la galerie de tableaux de son cousin le comte de Vaudreuil
( par sa mère Louise-Elisabeth de Rigaud de Vaudreuil ) en la faisant transporter, le 5 octobre 1789, dans sa terre de Paroy et en mettant sur chaque toile cette indication mensongère : " Copie par M. le comte de Paroy " ( 1 )

Etienne Charavay  ( Editeur des Mémoires de Paroy )

( 1 ) : C.F. un fragment les Mémoires du comte, publié par la Revue de Paris ( t. XXXIII, 1836, p. 97 )




http://ombresdemeslivres.wifeo.com/guy-le-gentil-marquis-de-paroy.php

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Message par Dominique Poulin le Lun 12 Mar 2018, 13:31

Grand merci Eléonore pour l'introduction de ce sujet qui fait écho à votre énigme.  Smile

J'ai particulièrement apprécié les talents du comte de Paroy, pour sa lanterne magique pour le dauphin, son gilet pare-balles pour le roi (jamais porté certes, mais il me semble que c'est en 1792, au lendemain de la journée du 20 juin, que le comte lui suggéra le port de ce gilet), et la lorgnette pour la reine pour la Fête de la Fédération. Sans doute Marie-Antoinette devait aussi utiliser des lunettes pour lire et écrire aux Tuileries, sa correspondance prenant une toute autre dimension face aux dangers. Elle dit d'ailleurs à Fersen dans une lettre, qu'elle "n'y voit plus" à force d'écrire inlassablement.
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Re: Dans la famille Le Gentil de Paroy, nous demandons ...

Message par Mme de Sabran le Lun 12 Mar 2018, 13:54

Dans l'un de nos Jeux  ( de l'Eté peut-être ) , vous souvenez-vous,  j'avais demandé qui avait passé la nuit du 20 au 21 juin, sans dormir, en travers de la porte du roi : c'était lui, notre bon et excellent Jean-Philippe .  Very Happy


Dernière édition par Mme de Sabran le Lun 12 Mar 2018, 16:52, édité 1 fois

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Message par Comtesse Diane le Lun 12 Mar 2018, 16:47

Relié par un fil au valet dormant dans la chambre, un truc comme ça.

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Message par Mme de Sabran le Lun 12 Mar 2018, 17:01

Oui, un ruban . Very Happy Ce valet était M. de Septeuil .

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Message par Mme de Sabran le Mer 03 Oct 2018, 19:40


Voici le petit extrait promis ! Very Happy
Dans les jardins de Trianon, Marie-Antoinette court derrière une brouette et la lâche malencontreusement . Eventaille
La scène est rapportée ( et immortalisée ) par Paroy, comme voici :


La reine venait les après-dîners chez Mme la duchesse de Polignac, ou, plus exactement, chez M. le Dauphin, dont elle était gouvernante. Un jour, elle fit apporter un petit dessin à l'aquarelle qu'elle avait fait dans le parc de Trianon. Elle laissa ce dessin sur une table dans sa boite à couleurs et alla faire une partie de trictrac avec Mme la princesse de Lamballe et M. le baron de Vioménil. Je profitai de ce moment pour enlever la boite de couleurs et passai dans le cabinet de Mme de Polignac. Là je me dépéchai d'ajouter à cette vue une petite scène dont j'avais été témoin au même endroit. Quelques jours avant, la reine avait été l'après-diner se promener à Trianon, pour voir les travaux qu'elle y avait commandés. Elle était à côté d'un petit ouvrier qui portait du gazon dans une brouette; elle dit qu'elle voulait se vanter d'avoir travaillé à son jardin; elle prit la brouette des mains de ce jeune terrassier et se mit à la pousser. Elle n'avait pas fait attention que ce terrain était en pente, de sorte que la brouette l'entraînant plus vite qu'elle ne voulait, la reine la lâcha en riant. Nous étions plusieurs derrière elle, et nous accourûmes. M. le duc de Villequier arriva le premier et lui dit très sérieusement qu'on avait craint qu'elle ne fut tombée, ce qui augmenta le rire de la reine.
Comme le dessin représentait la vue de cette pente, j'y peignis vite la scène où la reine lâchait la brouette en riant, et où le duc de Villequier debout lui parlait. Le duc était facile à reconnaître, petit, avec de larges épaules et le col court. Il était d'autant plus frappant de ressemblance par sa tournure que les autres personnages étaient de petites figures de six à sept lignes. Ce travail ne me prit que deux heures. Après le trictrac, la reine avait été jouer au billard dans une galerie à côté. Je remis le dessin dans la boîte, sans qu'on s'en aperçut, et Mme de Polignac la fit reporter chez la reine. Le lendemain matin , Mme de Polignac m'envoya à Paris un valet de pied me prier de venir sans faute à Versailles avant dix heures. Je fus exact au rendez-vous. « Mon cousin, me dit-elle très sérieusement, la reine est furieuse contre vous de ce que vous vous êtes permis d'ajouter des figures à son dessin. Elle m'a chargée de vous le témoigner et de vous défendre de vous présenter devant elle. Ainsi donc vous ne pouvez plus vous trouver chez moi aux heures où elle vient. » — ah Cela n'est pas possible, répondis-je, d'après la connaissance que j'ai du caractère de la reine. Je crois, au contraire, qu'elle aura été bien aise de voir représenté sur son dessin le trait de l'événement de la brouette qui l'avait tant fait rire; d'ailleurs, personne qu'elle, en dehors de vous et de moi, ne peut savoir qu'elle n'ait pas peint cette petite aventure. Elle peut être sûre de ma discrétion. » — « Vous avez raison, répliqua Mme de Polignac; hier soir, la reine m'envoya chercher et me montra son dessin, qui n'avait pas de figure quand elle l'avait fait descendre chez moi. Comme elle avait questionné ses femmes et qu'aucune ne pouvait lui dire comment on avait pu toucher à ce dessin, elle me demanda si, parmi ma société d'hier, je ne soupçonnais personne d'avoir fait ces figures. Je pensai de suite à vous, et, comme j'hésitais à vous nommer, la reine me dit avec bonté : « Mais parlez donc; je ne suis pas fâchée ; je trouve qu'on a rempli à merveille l'espace qui restait libre sur le devant du tableau, et de plus j'ai reconnu le duc de Villequier à sa tournure et Mme la comtesse Diane. » — Eh bien, madame, j'avouerai à Votre Majesté que je crois que le coupable est un de mes cousins, le comte de Paroy, qui est peintre ; je ne puis soupçonner que lui. » — « Je vous charge de le savoir ; et faites-lui accroire que je suis très fâchée. Vous le gronderez fort, mais dans le fond je trouve ce qu'il a fait bien exécuté et je l'ai vu avec plaisir. Je veux qu'il n'en parle pas, dites-le-lui. » Donc, mon cousin, je vous préviens de tout cela. Je vous ai envoyé chercher de bonne heure pour vous en informer ; restez à déjeuner avec moi ; je suis sûre que la reine ne tardera pas à venir, mais n'ayez pas l'air de savoir qu'elle n'est pas fâchée. » Vers midi, la reine entra chez Mme de Polignac, qui écrivait, tandis que je regardais un gros livre d'estampes représentant des vues de Suisse. Je me levai et me reculai dans une embrasure de la fenêtre; la reine, en passant devant moi, me jeta un coup d'œil sévère et alla droit à Mme de Polignac, à qui elle demanda si elle m'avait parlé : Oui, dit-elle ; sa réponse est qu'il ne lui est pas venu dans l'idée qu'il pouvait manquer à Votre Majesté. » — Oh ! je le crois, continua la reine, appelez-le. » — Mme de Polignac me fit signe de m'approcher; j'obéis, d'un air respectueux et empressé. « Vous dessinez fort bien, dit la reine en souriant ; vous me l'avez prouvé hier sur mon petit dessin.» — « Madame, répondis-je, j'avais été témoin de la scène que j'y ai tracée, et qui avait fait rire Votre Majesté; j'ai pensé qu'elle ne trouverait pas mauvais d'en voir le souvenir rappelé sur le même endroit où elle s'était passée. « — Mme de Polignac vous a bien grondé, n'est-ce pas? » — « Elle a suivi les ordres de Votre Majesté, mais j'avais confiance en sa bonté pour reconnaitre que mon intention avait été de faire quelque chose qui lui serait agréable. » — «Vous avez eu une bonne idée ; je vais envoyer ce dessin à Bruxelles à ma sœur ; je suis sûre que cela lui fera plaisir.

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