Le palais des Tuileries

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Gouverneur Morris le Lun 10 Fév 2014, 12:11

Un site fort intéressant, détaillant par le menu la vie des souverains aux Tuileries, de 1789 à 1792 :

http://www.tuileries.c.la/

J'essaie en parallèle de retrouver un plan de leurs appartements, plusieurs ont déjà été publiés sur différents fora ( : ).
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Re: Le palais des Tuileries

Message par MARIE ANTOINETTE le Lun 10 Fév 2014, 16:32

Je viens d'essayer de retrouver le plan des appartements qui avaient été placés sur le BOUDOIR - impossible ...........
je suis obligée de prendre ceux-ci avec mon appareil numérique dans un ouvrage ancien de ma bibliothèque.
merci de patienter jusqu'à demain.

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Gouverneur Morris le Lun 10 Fév 2014, 16:44

Voici ce que j'ai retrouvé sur le B... Impossible de l'agrandir, et le site tuileries.org ne semble plus les présenter...


 Smileàè-è\': 
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comtesse Diane le Lun 10 Fév 2014, 16:55

Si ce site était reconstitué, je serais assez pour :  boudoi32   :
 
 
                        

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Invité le Lun 10 Fév 2014, 16:59

C'est l'unique que j'ai pu trouver, Gouverneur...  boudoi29 

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comtesse Diane le Lun 10 Fév 2014, 17:04

Pas de quoi nous faire une maquette, Jag ? :

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Gouverneur Morris le Lun 10 Fév 2014, 17:06

: Merci JAG   
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Invité le Lun 10 Fév 2014, 17:30

Comtesse Diane a écrit:Pas de quoi nous faire une maquette, Jag ? :

j'y suis déjà sur elle!  : :

Une petite question: le nom "Tuileries" fait référence aux "tuiles"?

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comtesse Diane le Lun 10 Fév 2014, 17:39

Oui parce qu'à l'origine ce quartier était à l'emplacement de fabricants de tuiles au XIII ème ! Ca date !

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Invité le Lun 10 Fév 2014, 17:42

Ah voilà!! Merci Comtesse!!

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Lucius le Lun 10 Fév 2014, 18:44

extrait de l'excellent ouvrage de Guillaume Fonkenel, Le Palais des Tuileries, Honoré Clair, 2012, p. 98-99 :
(ne pas hésiter à les voir en taille originale)

RDC


1er étage
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comte d'Hézècques le Lun 10 Fév 2014, 23:05

J'aimerais reposter ici le petit tableau émouvant d'une messe dite aux Tuileries en 1791:



Grâce à Marie Antoinette, qui a obtenu des renseignements, nous savons ceci par rapport à la scène :

Marie Antoinette a écrit: rapport de NICOLAS LE FLOCH au sujet du tableau dit "la dernière messe aux tuileries"

lieux............GALERIE DE DIANE ornée de tapisseries "les conquêtes de LOUIS XIV d'après VAN DER MEULEN"

la date......... certainement le dimanche de rameaux 1791 donc avant le 20 JUIN 1791 départ vers la frontière !!!!

les personnages - de gauche à droite : MADAME ELISABETH, LE DAUPHIN, LA REINE et le ROI

la GALERIE DE DIANE a été fermée et condamnée après le retour de la FAMILLE ROYALE.... donc les spécialistes sont certains qu'il ne peut s'agir d'une messe en début AOUT 1792 - HUBERT ROBERT était certainement présent à cette messe car il a peint de nombreux détails précis de la cérémonie et des lieux.... il avait un accès familier auprès de la FAMILLE ROYALE .

ce tableau de 037 cms x 046 cms provenait de l'inventaire de MADAME DU BARRY en 1793 !!!!!!

MARIE ANTOINETTE

S'il s'agit d'ailleurs de la messe du dimanche des Rameaux, célébrée par le cardinal assermenté Montmorency, c'était pendant cette messe que Louis XVI s'abstenait de communier, puisque dans son coeur il n'avait jamais accepté la signature du décret qu'on lui a imposée pour que le clergé prête serment à la constitution civile du clergé.

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Lun 10 Fév 2014, 23:08

Comte d'Hézècques a écrit:J'aimerais reposter ici le petit tableau émouvant d'une messe dite aux Tuileries en 1791:


Vous avez bien fait. Merci, Félix !  Very Happy 
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comte d'Hézècques le Mar 11 Fév 2014, 00:04

Sur l'histoire du château des Tuileries, il existe d'ailleurs un livre très intéressant écrit par Imbert de Saint-Amand, intitulé Les femmes des Tuileries - Le château  Very Happy 
En effet, à part cela, il a consacré d'autres tômes aux Tuileries, et concernant la période qui nous intéresse en particulier : Marie Antoinette aux Tuileries

Dans son livre consacré à l'histoire du château, il donne cette desciption sur la répartition des pièces, telle que la famille royale la découvrit le 6 octobre 1789, à dix heures et demie du soir :

On pénétrait dans le pavillon central du palais par le grand vestibule. A droite était l'escalier. Sa grande rampe s'arrêtait à un palier à droite duquel était la chapelle ; puis, l'escalier continuait, par deux autres rampes symétriques qui conduisaient, à gauche, jusqu'à la salle des Cent-Suisses (depuis salle des Maréchaux). A gauche de cette salle, et jusqu'au pavillon de Flore, se trouvait l'enfilade des pièces suivantes :

1° La salle des gardes (depuis salon dit du Premier Consul) ;

2° L'antichambre du roi (depuis salon d'Apollon) ;

3° La chambre du Lit (chambre de parade qui fut depuis la salle du Trône) ;

4° Le grand cabinet du roi (où siégeait le conseil des ministres et qui fut depuis le salon dut de Louis XIV) ;

5° La galerie de Diane, appelée aussi galerie des Ambassadeurs, qui avait 126 pieds de longueur sur 26 de largeur, et s'étendait jusqu'au pavillon de Flore. Ces cinq pièces avaient toutes vue sur la cour.

A l'extrémité de la galerie de Diane se trouvait le haut d'un escalier qui conduisait du rez-de-chaussée au premier étage, à l'appartement autrefois occupé par la femme de Louis XIV, et appelé depuis lors appartement de la reine. Il se composait de cinq pièces, toutes adossées à la galerie de Diane, et toutes ayant vue sur le jardin.
Venait ensuite ce qu'on appelait, du temps de Louis XIV, l'appartement d'hiver de Sa Majesté. Il se composait de trois pièces ayant également vue sur le jardin : un petit cabinet, destiné au premier valet de chambre, - la chambre à coucher du roi, - et une bibliothèque. Cet appartement communiquait avec le grand cabinet du roi (depuis salon dit salon de Louis XIV), par une porte située dans la paroi occidentale de cette dernière salle.
Louis XVI s'y logea en arrivant aux Tuileries. Sa chambre à coucher, celle de Louis XIV, devait aussi être celle de Napoléon 1er, de Louis XVIII, de Charles X. Il dit d'abord : "Que chacun se loge comme il pourra. Pour moi, je suis bien."
Ce premier mouvement d'humeur passé, il visita lui-même le château avec la reine. Tous deux marquèrent les logements de chacun, et ordonnèrent les changements et réparations à faire. On démeublait pendant ce temps Versailles, et ce ne fut pendant plusieurs jours qu'un convoi de voitures chargées de l'immense mobilier entassé dans ce château sous trois règnes.
Outre son appartement du premier étage, Louis XVI prit pour lui trois pièces au rez-de-chaussée, dans l'angle du pavillon intermédiaire, entre celui du centre et celui de Flore.
Au premier étage, près de l'appartement du roi, et dans l'ancien appartement de la reine Marie-Thérèse, logeaient le dauphin et sa soeur.
Au rez-de-chaussée, du côté du jardin, Marie Antoinette avait son cabinet de toilette, sa chambre à coucher, son salon. Le cabinet de toilette communiquait avec les pièces que le roi s'était réservées au rez-de-chaussée.
Mesdames, tantes du roi, logeaient au pavillon de Marsan, la princesse de Lamballe au rez-de-chaussée du pavillon de Flore, Madame Elisabeth au premier étage du même pavillon.
Dans la première semaine de son séjour à Paris, la famille royale reçut la visite des principaux habitants de la ville. L'étiquette resta la même qu'à Versailles. Le roi y ajouta seulement un dîner public tous les jeudis pour satisfaire la curiosité de ses sujets. Toute la noblesse qui n'avait pas émigré se faisait un devoir de se présenter assidûment chez le roi. L'affluence était considérable au palais des Tuileries. On arborait des signes de royalisme, des emblèmes de fidélité. Les femmes portaient d'énormes bouquets de lys et des noeuds de ruban blanc.


Le pavillon de Flore fut d'ailleurs le seul vestige qui restait après la destruction pendant la Commune de Paris... encore aujourd'hui, on peut y apercevoir l'ombre de la princesse de Lamballe !  affraid  Very Happy 


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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 09:01



Sinistre, c'est le mot .
Le pavillon de Flore également n'était plus qu'une ombre !








Merci, Félix, pour tous ces détails !  :n,,;::::!!!: 

.
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Lucius le Mar 11 Fév 2014, 11:50

Comte d'Hézècques a écrit:
Le pavillon de Flore fut d'ailleurs le seul vestige qui restait après la destruction pendant la Commune de Paris... encore aujourd'hui, on peut y apercevoir l'ombre de la princesse de Lamballe !  affraid  Very Happy 


Les pavillons de Flore et de Marsans furent reconstruits depuis leur fondations jusqu'au toit avant et après la destruction des Tuileries. Il ne subsiste donc aucun souvenir des Tuileries. Voila à quoi ressemblait l'ancien pavillon de Flore.
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 11:59




Ou encore, ce dessin à la plume et lavis à l'encre brune (1814).)


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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comte d'Hézècques le Mar 11 Fév 2014, 12:00

Merci de casser mes rêves cher Lucius : 

C'est bête en fin de compte, car d'après la photo que j'ai publiée, on dirait que le pavillon de Flore subsistait encore pas mal après l'incendie... Ils auraient au moins pu garder la façade, mais bon, à cette époque la sauvegarde du patrimoine n'avait pas les mêmes définitions qu'elle a aujourd'hui.

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 12:03

Comte d'Hézècques a écrit: on dirait que le pavillon de Flore subsistait encore pas mal après l'incendie... .

Oui, mais des restes calcinés ...
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comte d'Hézècques le Mar 11 Fév 2014, 12:06

 Crying or Very sad zut... et moi qui rêvais pénétrer un jour dans le pavillon pour découvrir les pièces où la princesse vécut...

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Gouverneur Morris le Mar 11 Fév 2014, 12:07

Ce fut donc dans un château qui n’avait presque plus de commun avec celui de Louis XIV que son aspect extérieur, que la famille royale, après avoir quitté l’Hôtel de ville, arriva en ce 6 octobre 1789 vers les dix heures du soir. Le zèle de Mique, architecte-inspecteur du château — le créateur du hameau de Trianon — n’avait pas faibli un seul instant depuis le moment où il avait appris que le roi et les siens allaient quitter Versailles. En quelques heures, il était parvenu à déloger de l’immense bâtiment l’armée de particuliers qui s’y entassait depuis des années, non sans avoir eu à verser de nombreuses indemnités. Puis, on avait procédé hâtivement à l’évacuation du mobilier, à la démolition des cloisons indésirables, au cirage des parquets, aux raccords des peintures. Mais il aurait fallu à Mique et ses adjoints la force d’Hercule pour parvenir en quelques heures à refaire de ce château le majestueux palais du Roi Soleil. L’édifice que l’on offrait à Louis XVI était dans le plus piteux des états. Les pièces étaient d’inégale dimension, et pour la plupart glacées ; les fenêtres joignaient mal ; les vitres étaient brisées ; le bois était pourri ; la charpente menaçait ruine ; les escaliers étaient obscurs et interminables ; les murs étaient dégarnis ; des fauteuils soutenaient les portes ; l’humidité s’infiltrait. Le château était exposé à tous les dangers, en particulier celui de feu ; en juin 1787, un incendie s’était déclaré dans une mansarde du pavillon de Flore, dont la toiture s’était écroulée dans une gerbe de flammes.

Occupé avant tout à déloger le château de ses encombrants locataires, Mique n’avait pas eu le temps d’y installer les objets les plus nécessaires. On ne trouva pas une chaise, pas une table, pas un lit, et il fallut dresser à la hâte quelques lits de sangle qui firent passer au roi et à sa famille une nuit difficile. Tandis que Madame de Tourzel tentait de barricader sa chambre tant bien que mal, le dauphin s’assoupit dans une pièce ouverte à tous les vents et non gardée.

Le lendemain matin, les cris de la foule amassée dans les cours et le jardin, surtout des femmes, firent comprendre au roi et à sa famille que le peuple était venu sans tarder acclamer les nouveaux arrivants ; car leur présence dans Paris constituait pour les Parisiens un événement de première importance. Marie-Antoinette consentit à se montrer au balcon. Des acclamations effrénées l’accueillirent aussitôt ; les femmes crièrent : « Vive Marie-Antoinette, vive notre bonne reine ! » et, pour les en remercier, la jeune femme détacha les fleurs et les rubans qui ornaient son chapeau et les lança à la foule. Quant au roi, il s’occupa à écrire à l’assemblée pour lui demander de le rejoindre à Paris : « Messieurs, les témoignages d’affection que j’ai reçu des habitants de ma bonne ville de Paris, les instances de la Commune, me déterminent à y fixer mon séjour le plus habituel. Dans la confiance où je suis toujours que vous ne voulez pas vous séparer de moi, je désire que vous nommiez des commissaires pour rechercher ici le local le plus convenable ; je donnerai, sans délai, des ordres pour le préparer. Ainsi, sans ralentir vos utiles travaux, je rendrai plus faciles et plus promptes les communications qu’une confiance mutuelle rend de plus en plus nécessaires. » Puis il reçut le maire de la ville, Bailly, et plusieurs commissaires chargés de lui rendre compte des mesures à prendre pour le maintien de l’ordre public.

L’assemblée quitta bientôt la salle des Menus-Plaisirs de Versailles pour venir s’installer, le 19 octobre, dans la salle de l’Archevêché. Puis, celle-ci menaçant de s’écrouler, les Constituants prirent possession, le 9 novembre, du Manège des Tuileries, local beaucoup plus commode, mais non sans graves défauts, puisque la voix des orateurs était systématiquement absorbée par les voûtes de l’édifice.

Mais l’essentiel de cette journée du 7 octobre fut consacré par la famille royale au choix de ses différents appartements. Il fallait pallier au plus vite l’obscurité et le délabrement des pièces dont le petit dauphin n’avait pas tardé à se plaindre : « Tout est ici bien laid, maman. — Mon fils, lui avait répondu la reine, Louis XIV y logeait bien. Nous ne devons pas être plus difficiles que lui. » Pourtant la reine elle-même ne pouvait qu’avec peine effacer de sa mémoire le luxe de Versailles.

Après que le roi et son épouse aient opéré la visite du château, et ayant soin de marquer sur les différents logements rencontrés les réparations à effectuer, et tandis que les meubles de Versailles arrivaient régulièrement, notamment la bibliothèque de la reine, il fut procédé à leur installation proprement dite.
Ainsi se présentaient les appartements des Tuileries, ayant conservé leurs plafonds peints par Nicolas Loir, Noël Coypel et Nicolas Mignard, à la fin du mois d’octobre. Dans le pavillon de Flore, au premier étage, était Madame Elisabeth. Le mobilier qui garnissait son appartement était représentatif de sa grande dévotion. Il y avait là, par exemple, un prie-dieu garni de livres religieux et décorés de têtes de christ, de cœurs enflammés et de formules chrétiennes. Mais la pièce la plus étrange de cet ensemble était un grand écran de bois, d’une hauteur d’environ un mètre, dont il suffisait de pousser le bouton et de détacher les trois petits crochets pour le voir se transformer soudain en un léger confessionnal prêt à l’usage, avec siège, tablette et guichet fermé d’une grille de bois. La princesse préférait toutefois user d’une plaque de marbre noir pour la confession, sur laquelle elle s’agenouillait. Au même étage, dans une chambre voisine, était sa bibliothèque, essentiellement composée d’ouvrages liturgiques, historiques, artistiques et scientifiques ; dans la même pièce étaient rangés ses accessoires de peinture, pinceaux, couleurs et papiers, ainsi qu’un certain nombre d’instruments scientifiques, tels règles et compas. Dans l’entresol du dessus étaient placés le service de Madame Elisabeth, l’évêque de Laon, grand aumônier de la reine, et le grand maître des logis ; au second étage, la comtesse d’Ossun, dame d’atours de la reine, les premières femmes de chambre du dauphin, le pied-à-terre des dames du palais, et la garde-robe des enfants royaux ; dans l’entresol du dessus, les garçons de chambre, le pied-à-terre de Madame Elisabeth et les femmes de garde du dauphin ; au troisième étage, un valet de chambre, des garçons et le marquis de Dreux-Brézé, Grand Maître des cérémonies. Lorsque la princesse de Lamballe était allée rejoindre la reine, le 8 octobre, on l’avait installée au rez-de-chaussée du pavillon.

La galerie du château qui s’élevait contre le pavillon de Flore, ainsi que le pavillon de Bullant qui la prolongeait, étaient occupés par la famille royale. Tant au rez-de-chaussée qu’au premier étage, une longue cloison, parfois percée de portes, les divisait en deux dans le sens de la longueur, séparant ainsi les appartements donnant sur la cour de ceux donnant sur le jardin. Cette cloison était longée au rez-de-chaussée par un corridor obscur faiblement éclairé par quelques lanternes. Il avait été percé pour faciliter la circulation.

La première pièce de la galerie prenant jour sur le jardin dans laquelle on entrait an venant du rez-de-chaussée du pavillon de Flore, était la salle du roi, dite aussi celle du couvert. Elle était suivie de la salle de billard, au centre de laquelle se trouvait la table de jeu près de laquelle reposait un livret sur lequel le roi devait marquer les résultats des parties disputées. Venait ensuite le salon de compagnie de la reine, où se trouvaient également divers instruments de jeux, tels râteaux, cartes, dés et jetons d’ivoire. Puis on entrait dans la chambre de la reine, éclairée par deux croisées sur le jardin. Au fond de la pièce, situé à droite en entrant, le lit était enfoncé dans une alcôve délimitée par quatre grosses colonnes creuses, et encadrée de deux portes, l’une communiquant avec le corridor sombre, l’autre avec la garde-robe. Parmi les meubles de la reine se trouvait une chaise percée dotée d’une seringue mécanique, qui permettait de procéder à des lavements et des injections sans se mouiller les mains. Contre le cabinet de toilette qui suivait, dans lequel la souveraine avait placé son écrin à bijoux, parmi lesquels un splendide collier de diamants, un petit escalier menait à la bibliothèque située à l’entresol, renfermant derrière ses portes vitrées une collection complète de romans anglais, traduits en français, de nombreux livres de musique, ainsi que des aiguilles et du fil. L’escalier continuait de monter jusqu’au premier étage. Du cabinet de toilette, on pénétrait de plain-pied au rez-de-chaussée du pavillon de Bullant.

C’était la que l’on trouvait, après une salle d’archives contenant les papiers relatifs au gouvernement, l’atelier de serrurerie de Louis XVI, dont on sait qu’il avait fait bon usage à Versailles. Le roi y avait placé soin matériel, établi avec étau, limes, marteaux, tenailles, mais dut se passer de forge, d’enclume, et même de cheminée. Puis on entrait dans le cabinet du roi, éclairé par une croisée sur le jardin ; c’était là que se trouvait sa garde-robe — mouchoirs de batiste, paires de bas de coton fin, chemises de toile de Frise avec manchettes et jabots de dentelle. Dans l’angle nord-ouest du pavillon, communiquant avec le cabinet, était une pièce si étroite que seule une personne pouvait y tenir, prenant un faible jour par deux petites croisées sur le jardin. Au carreau de l’une d’elle était suspendu le thermomètre du roi. Le local était garni de livres de dévotion, dont un « Exercice de Piété » aux armes de Louis XVI. A l’entresol, à côté de la bibliothèque de la reine, se trouvait le cabinet de géographie du roi où se conservaient, dans des boîtes alignées sur des rayonnages, toutes ses cartes topographiques et, dans un coin de la pièce, roulées sur elles-mêmes, plusieurs cartes de plus de six mètres de long, que le souverain avait logé dans une cavité spécialement percée dans le plancher, près de la cheminée pour les préserver de l’humidité. Au centre du cabinet était une table destinée à l’examen des plans.

Toujours au rez-de-chaussée, mais du côté de la cour, les différents logements, qui possédaient chacun une entrée particulière fermée par une porte vitrée, et un petit perron de quelques marches communiquant à la cour, avaient été attribués aux gentilshommes et aux dames de service, notamment Madame de Tourzel.

Au premier étage, sur le jardin, étaient installés le roi et ses deux enfants. Du pavillon de Flore, on entrait d’abord dans une antichambre, puis dans la chambre des femmes de Marie-Thérèse, suivie de la chambre de celle-ci. On y avait placé le piano de la jeune fille, accompagné de ses cahiers de musique, et une table pour qu’elle puisse se livrer aux plaisirs du dessin, garnie de papiers et de crayons. Venait ensuite la chambre de son frère, de dimensions plus restreintes, éclairée par une seule croisée. A côté du lit du dauphin était celui de sa gouvernante, tous deux en damas vert, et des rideaux à franges d’or ornaient le mur. Dans une commode se conservaient les jouets du jeune prince, parmi lesquels une collection de coquillages et un petit plat à barbe en porcelaine, ainsi que ses vêtements. La chambre du dauphin communiquait avec celle du roi. Le lit était placé dans un enfoncement formé d’un côté par un couloir et de l’autre par un cabinet de garde-robe, couronné par un ciel en dôme soutenant des rideaux de Pékin à flammes. La cheminée faisait face au lit, près de laquelle se dressait un prie-dieu ; un porte-montre fermé d’un verre était accroché au mur. Afin que le dauphin puisse appeler son père en cas de besoin pendant la nuit, on avait descellé une petite croisée de soixante-six centimètres carré donnant, de l’autre côté de la cloison, sur la tête du lit de l’enfant.

Toutes ces pièces donnant sur le jardin étaient séparées par le mur divisant cette galerie du château en deux d’une longue salle, appelée galerie de Diane, qui prenait jour sur la cour par six croisées. On l’appelait également galerie des Ambassadeurs, ou galerie des Carraches, du nom du peintre ayant réalisé un plafond du palais Farnèse, à Rome, plafond dont on retrouvait copie dans cette galerie, oeuvre de Mignard.

Dans le pavillon de Bullant, sur le jardin, de plain-pied avec la chambre à coucher du roi, était la vaste chambre de parade. C’était là que le roi devait procéder chaque soir au grand coucher, devant une nombreuse assistance, suivant l’étiquette, avant de gagner sa chambre effective. C’était une salle richement décorée à l’antique, de tapisserie rouge brodée d’or ; le lit était précédé d’une balustrade où se trouvait le coussin de drap d’or destiné à recevoir les mouchoirs et le bonnet de nuit du roi. A ses pieds, les pantoufles de soie blanche ; sur un fauteuil, la robe de chambre de même couleur. La chambre de parade était suivie d’un cabinet. Du côté de la cour, attenante à cette chambre et faisant suite à la galerie de Diane, était la salle du Conseil, lieu de réunion du roi et de ses ministres. Couverte d’un tapis vert, une table ronde de 1,65 mètre de diamètre trônait au centre de la pièce, sur laquelle s’amassait encriers, papiers et plumes taillées. On tint toujours à maintenir cette salle dans la plus grande propreté. Elle était suivie de la chambre dite du Lit, puis, de plain-pied dans le corps du bâtiment faisant suite au pavillon de Bullant, de la salle de l’Œil-de-bœuf , ainsi dénommée par analogie avec celle de Versailles, enfin de la salle des Suisses. Ces deux dernières places donnaient à la fois sur la cour et sur la terrasse qui les longeait depuis le pavillon de Bullant jusqu’au pavillon central, et de laquelle on pouvait découvrir la magnifique perspective du jardin du château, de la place Louis-XV et des Champs-Elysées. Cette partie de la façade était ornée d’une rangée de bustes d’empereurs romains.

Venait ensuite le pavillon central du château, constituant son entrée principale. Le grand vestibule était au rez-de-chaussée, dont le plafond, un peu bas, était soutenu par des arcades ornées de colonnes ioniques. De là partait le grand escalier monumental. Une première rampe majestueuse, dont la balustrade était formée de lyres entrelacées de serpents — devises de Louis XIV et armes de Colbert — montait vers l’aile nord. Parvenu au palier d’entresol, l’escalier, après un demi-tour, se divisait en deux nouvelles rampes qui montaient au premier étage du pavillon central, où était aménagée la salle des Cent-Suisses. De la porte donnant accès au corps de bâtiment sud, on avait un beau point de vue sur l’enfilade des différentes pièces prenant jour sur la cour.

C’était du palier d’entresol situé à l’extrémité de la première rampe que l’on pouvait gagner les salles de l’aile nord du château, toutes situées au niveau de ce palier, et dont les fenêtres étaient par conséquent placées assez haut. On traversait d’abord la chapelle, éclairée par six croisées sur la cour et six autres sur la terrasse pendante à celle de l’aile sud, carrelée de blanc et de noir, avec sa tribune royale et sa loge de musiciens ; puis venait la sacristie. On entrait ensuite de plain-pied dans le pavillon du Théâtre, occupé par la salle de l’ancien théâtre du château, en forme d’ellipse brisée, puis dans l’immense salle de spectacle qui occupait toute la galerie faisant suite au pavillon. Longue d’environ quarante mètres, de forme mi-ovale, cette salle possédait sa scène, son foyer, ses loges d’acteurs. Son plafond, chargé de peintures et de sculptures, était l’œuvre de Coypel sur des cartons de Le Brun. Les loges des balcons étaient soutenues par des colonnes corinthiennes dont les chapiteaux et les soubassements étaient richement décorés, tout comme la corniche et la balustrade.

Faisant suite à la salle des Machines, le pavillon de Marsan terminait le château. Madame Adélaïde, tante du roi, était au rez-de-chaussée ; les bureaux de Mesdames, à l’entresol du dessus ; Madame Victoire, seconde tante du roi, au premier étage ; la duchesse de Narbonne, dame d’honneur de Madame Adélaïde, M.Ferret, la garde-robe de Mesdames, et les suppléments de logements de la duchesse de Narbonne, à l’entresol du dessus ; le duc de Liancourt, grand-maître de la garde-robe, le comte de Brassac, premier écuyer de Madame Victoire, et le vicomte de Talleyrand, premier écuyer de Madame Adélaïde, au premier étage ; les dames de Mesdames, l’aumônier du roi de quartier, le comte de Narbonne, chevalier d’honneur de Madame Adélaïde, et l’aumônier de la reine de quartier, à l’entresol du dessus ; enfin, la comtesse de Chatelux et son mari, respectivement dame d’honneur et chevalier d’honneur de Madame Victoire, et la garde-robe du roi, au troisième étage. Les différents appartements étaient ornés de glaces provenant de Choisy.

La suite sur le site que j'ai mentionné plus haut  Very Happy 





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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 12:09

Comte d'Hézècques a écrit: Crying or Very sad zut... et moi qui rêvais pénétrer un jour dans le pavillon pour découvrir les pièces où la princesse vécut...

... où elle tint ses conciliabules avec Robespierre .   
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Comte d'Hézècques le Mar 11 Fév 2014, 12:15

Oui  Very Happy 
J'y reviens dans un chapître que je dédie au livre Louis et Maximilien. Deux visages de la France le livre de Marcel Jullian.

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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 12:20



Merci, Gouverneur ! Franchement, on a l'impression d'y être .  :n,,;::::!!!: 
Même si l'ameublement n'était pas finalisé, Mique a réalisé un sacré tour de force, chapeau !!!

Ainsi donc, Madame Elisabeth avait un confessionnal, à demeure !!!
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Re: Le palais des Tuileries

Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 12:20

Comte d'Hézècques a écrit:Oui  Very Happy 
J'y reviens dans un chapître que je dédie au livre Louis et Maximilien. Deux visages de la France le livre de Marcel Jullian.

Tant mieux ! J'ai trouvé ce libre absolument palpitant !  Very Happy 
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