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Ecrire au XVIIIe siècle

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Message par Calonne Mer 22 Nov - 14:33

Ecrire au XVIIIe siècle Les-li10

Tout d'abord, il faut savoir... Il est vrai que ce siècle voit progresser considérablement l'alphabétisation, y compris dans les couches populaires. Malgré tout, certains ne savaient pas lire et encore moins écrire. Ou alors, ils le faisaient dans leur langue, "dialecte" ou "patois" mais pas en français.
On trouvait donc en ville l'écrivain public. Ce dernier, souvent assis à une petite table dans la rue ou dans une petite guérite rédigeait, contre rétribution, tout courrier, privé ou administratif. Il lisait également leur courrier à ceux qui ne savaient pas lire, surtout les courriers administratifs. Le métier d'écrivain public a duré bien au-delà du XVIIIème.

Pour ceux qui savent écrire, il faut bien sûr du papier, sous forme de feuillets. Le parchemin, qui était une peau animale travaillée, a fait son temps. Les enveloppes apparaissent timidement sous la Révolution mais mettront beaucoup de temps à s'imposer. On écrit sur le recto de la feuille uniquement. Car, en l'absence d'enveloppe, une fois la rédaction terminée, on plie la feuille en trois et on scelle les bords se faisant face à la cire. S'il y a plusieurs feuillets, on les superpose et on plie l'ensemble de même façon. L'adresse du destinataire est alors écrite au verso.

Pour écrire, on utilise encore largement la plume d'oie, trempée dans l'encrier. Elle n'est pourtant pas pratique : elle s'use très vite en grattant le papier (il faut en tailler la pointe régulièrement) et elle retient mal l'encre, laissant parfois tomber sur la feuille ce que l'on appelle un "pâté". Il est donc recommandé d'avoir un autre papier à côté où, une fois la plume imbibée d'encre, on fait tomber le surplus avant de commencer à écrire. Vers la fin du siècle apparaissent les premières plumes métalliques, encore rares.
Une fois la lettre écrite, on répand dessus un peu de sable, tiré d'un flacon, pour faire sécher l'encre avant de souffler dessus pour faire partir le sable.
Il faut alors sortir son petit bâton de cire et en faire chauffer l'extrémité à la flamme d'une bougie pour la faire fondre avant de faire tomber une grosse goutte de cire chaude à la jointure des deux rabats pour sceller la lettre. Ceux qui ont un sceau l'impriment alors dans la cire, c'est le cachet. Un cachet noir indique l'annonce d'un deuil. Pour lire la lettre, il faut donc en briser le cachet, la décacheter.
Par coquetterie autant que par sécurité, les dames enveloppent souvent leur lettre d'une faveur, c'est à dire un ruban, surtout pour une lettre sentimentale.

Une fois votre lettre écrite, le plus dur reste à faire : la faire parvenir à son destinataire. Hé oui, ce n'est pas là une mince affaire ! Tout d'abord, les plaques en fer blanc avec le nom des rues sont encore loin d'être généralisées de même que la numérotation des maisons et immeubles. Très souvent, l'adresse est imprécise et comprend une mention indicative du genre "à côté de la cathédrale" ou "à deux maisons du boulanger untel". Et très souvent, notre brave postier, ancêtre du facteur, doit s'en remettre aux habitants du coin ou aux enfants du quartier (quitte à donner une petite rémunération) pour trouver le destinataire... En 1758, nos braves postiers (ils sont 200 à Paris) endossent un uniforme noir avec épée au côté et s'annoncent au moyen d'une crécelle. A leur arrivée, les gens du quartier se rassemblent autour d'eux et ils peuvent alors distribuer leur courrier plus aisément.
Les boîtes aux lettres ? Elles n'existent pas encore, pas vraiment en tous cas. On trouve en ville des boîtes "publiques" dans certains quartiers, souvent à proximité des relais des Messageries, boîtes habilitées à recevoir tout courrier portant le nom et l'adresse du destinataire. C'est parfois le curé de la paroisse qui récupère le courrier et le distribue après la messe. Pour trouver ces boîtes, on peut consulter les almanachs royaux qui indiquent leurs emplacements.
Le timbre n'existe pas encore, il ne viendra qu'au siècle suivant, de même que les boîtes aux lettres privatives.

Le courrier de l'époque est transporté par "estafettes", au sein de la Ferme des postes, créée en 1672 par Louvois. Pour les petits colis (jusqu'à 25 kilos), on peut les confier aux diligences des Messageries. Ces estafettes permettent de transporter le courrier sur de longues distances mais ne le distribuent pas une fois arrivées : elles le déposent dans les fameuses boîtes publiques.
On comprend donc que le système le plus utilisé reste encore le système D... On confie sa lettre à un ami, un parent, une connaissance qui ira la porter. En ville, bourgeois et nobles utilisent leurs domestiques. De châteaux en châteaux, on utilise les services d'un courrier, bon cavalier qui portera votre lettre à vos voisins, quitte à patienter dans votre antichambre pendant que vous rédigez votre réponse...
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Message par Mme de Sabran Mer 22 Nov - 15:01

Calonne a écrit:
Une fois la lettre écrite, on répand dessus un peu de sable, tiré d'un flacon, pour faire sécher l'encre avant de souffler dessus pour faire partir le sable.
Il faut alors sortir son petit bâton de cire et en faire chauffer l'extrémité à la flamme d'une bougie pour la faire fondre avant de faire tomber une grosse goutte de cire chaude à la jointure des deux rabats pour sceller la lettre. Ceux qui ont un sceau l'impriment alors dans la cire, c'est le cachet. Un cachet noir indique l'annonce d'un deuil. Pour lire la lettre, il faut donc en briser le cachet, la décacheter.
Par coquetterie autant que par sécurité, les dames enveloppent souvent leur lettre d'une faveur, c'est à dire un ruban, surtout pour une lettre sentimentale.


Malgré tant de précautions, le courrier est souvent ouvert et lu en route, parfois publié ( !!!!! ) avant que de parvenir à son destinataire .
Il existe tout un service d'Etat chargé de surveiller le courrier.

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Message par Calonne Mer 22 Nov - 15:15

Oui et on pourrait parler aussi du fameux Cabinet noir...

Les boîtes aux lettres publiques avaient une origine un peu sinistre : elles dérivaient des fameuses boîtes de "délation" que l'on trouvait à Venise, Rome ou Gênes,  "bouches de dénonciation", "bouches de vérité" ou "bouches de lion", destinées à recevoir les dénonciations secrètes au bénéfice de l'état...

Plus charmant, le ruban enveloppé autour de la lettre était une survivance du Moyen-Age, quand la Dame nouait un foulard à sa couleur à la lance de son chevalier...
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Message par Comtesse Diane Mer 22 Nov - 16:14

Nous n'avons donc rien inventé Calonne ! 
Ils n'auraient probablement pas survécu à notre communication d'aujourd'hui !

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Message par Mr de Talaru Jeu 23 Nov - 9:22

Calonne a écrit:
Plus charmant, le ruban enveloppé autour de la lettre était une survivance du Moyen-Age, quand la Dame nouait un foulard à sa couleur à la lance de son chevalier...
cela me rappelle "la folie des grandeurs" quand Louis de Funés envoie sa lettre anonyme avec un ruban vert (sa couleur officielle). Eventaille

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Message par Comtesse Diane Jeu 23 Nov - 11:09

Calonne a écrit: elles dérivaient des fameuses boîtes de "délation" que l'on trouvait à Venise, Rome ou Gênes,  "bouches de dénonciation", "bouches de vérité" ou "bouches de lion", destinées à recevoir les dénonciations secrètes au bénéfice de l'état...

.

Il y a une bouche de Vérité à Paris . Ecrire au XVIIIe siècle 1524226653

Ce marbre gracieux, appelé « La Bocca della Verita », se dresse dans le Jardin du Luxembourg. Il fut réalisé par le sculpteur Jules Blanchard (1832-1916) vers 1872.

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Message par Mr de Talaru Jeu 23 Nov - 13:19

Cela aurait pu être une énigme Comtesse. Je l'ignorais tout à fait.

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Message par Comtesse Diane Jeu 23 Nov - 13:26

Oui François ! C'est beau n'est-ce pas ?

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Message par Comtesse Diane Jeu 23 Nov - 18:33

Une jeune femme nue glisse sa main dans la bouche d'un étrange masque, le masque de la Vérité. Selon une légende en vogue dans la Rome antique, on n'en retire sa main intacte que si on ne dissimule aucun mensonge.

Le masque repose sur une colonne décorée d'un miroir et d'une branche de laurier. Emblème solaire dans ce cas, le miroir évoque l'impossibilité de cacher ou de travestir la Vérité de quelque manière que ce soit. Les anciens livres d'iconologie nous apprennent que le laurier « est toujours vert, et que la foudre ne le peut endommager, nous en donnons pour cet effet une Couronne à la Vertu, pour ce qu'il n'est point d'ennemi qui la puisse vaincre, et qu'elle ne craint ni les embrassements, ni les disgrâces, non plus que les autres violences de la Fortune. »


Tirées des recherches et des figures de César Ripa, moralisées par Jean Baudoin. A Paris, chez Mathieu Guillemot, 1644. P. 196.

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