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Expo à l’institut suédois :

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Expo à l’institut suédois : Empty Expo à l’institut suédois :

Message par Vicq d Azir le Jeu 06 Fév 2020, 18:42


Suite à l’énigme que j’ai proposée, je présente l’exposition actuelle de l’Institut suédois, rue Payenne à Paris:


Expo à l’institut suédois : 8cb69110


Cette expo, qui aborde la question de l’histoire récente de la Suède, de son mode de vie, mais aussi de ses « zones d’ombre », est présentée dans cet hôtel que nous connaissons bien. Au deuxième étage, l’artiste a joué, en utilisant des panneaux de bois, avec les œuvres anciennes (sculptures et tableaux), qui sont restées en place... On peut les redécouvrir au travers d’oeilletons percés dans les cloisons, nous transformant ainsi en autant de voyeurs...

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Message par Vicq d Azir le Ven 07 Fév 2020, 00:10

( expo ouverte jusqu’au 1e mars ).
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Message par Mme de Sabran le Ven 07 Fév 2020, 09:42



Voici un petit complément d'information, cher Févicq, sur cette exposition plutôt originale !   Expo à l’institut suédois : 1123740815


Bon app' !  Expo à l’institut suédois : 5_jfif23



Expo à l’institut suédois : Captu616

ARTS: LA SAUCISSE DANS TOUS SES ÉTALS

Par Clémentine Mercier
— 13 janvier 2020 à 18:06


Inventé dès l’Antiquité, le boyau farci de chair ne cesse d’inspirer les plasticiens. Symbole de virilité, de surconsommation, de repli identitaire : petit chapelet d’exemples au fil des siècles, jusqu’aux autoportraits en hot-dog du Suédois Peter Johansson, exposés à Paris.

Expo à l’institut suédois : 1551
Photo Matti Östling

Dans l’expo «Thérapie nationale», Peter Johansson dénonce le fascisme rampant et évoque les abus sexuels qu’il a subis durant son enfance.
 

Tout le monde s’excite avec la banane, devenue virale et fruit du jackpot, depuis que l’artiste Maurizio Cattelan l’a scotchée sur un mur de la foire Art Basel à Miami en la vendant au prix fort (120 000 euros). Avec cette œuvre, intitulée The Comedian, le trublion italien surfait sur une icône pop et montrait, sans se fouler, l’art englué dans le maelström de l’argent et des écrans. Mais qui donc se préoccupe de la saucisse ? Quels artistes osent s’emparer de ce bout de charcuterie ? A peu près de la même taille que le fruit jaune exotique, la saucisse a aussi une allure courbée, comme une petite parenthèse en volume. Industrielle, elle peut être raide et ressembler au chiffre 1, à un segment, à un tube, à un doigt, à un phallus, bien sûr. Plus discrète que la banane, tout aussi banale, mais plus vicieuse et gore, la saucisse inspire les artistes de façon plus marginale, conséquence de sa diabolique couleur rouge et surtout de son contenu, une mystérieuse chair broyée.

En cherchant la saucisse dans l’art, tout un chapelet finit par débouler… Dans un coin du tableau le Chariot de foin, du peintre flamand Jérôme Bosch, une nonne attire un joueur de cornemuse à l’aide d’un saucisson, appât pour la débauche. Intestinale, la saucisse est triviale, rabelaisienne… Et peu ragoûtante, surtout quand elle est photographiée par Martin Parr ou Juergen Teller, qui font luire son gras par un coup de flash. Pour Teller, elle représente le plaisir, la victoire et la ferveur nationale, puisqu’elle orne la couverture de son livre Siegerflieger, qui retrace la victoire de la Mannschaft, l’équipe de foot allemande, à la Coupe du monde au Brésil en 2014.


Allégorie du vice

Une vision virile que déconstruit l’Américaine Dana Sherwood. «J’ai commencé à utiliser des saucisses alors que j’étais étudiante en France. J’ai été inspirée par les animaux frais accrochés chez les bouchers et j’ai pensé que c’était incroyable de pouvoir acheter des choses comme ça, des intestins, notamment. Nous n’avons pas ce genre de proximité avec notre nourriture aux Etats-Unis», explique l’artiste. «J’ai aplati des enveloppes de saucisses comme du parchemin et j’ai recouvert les murs du squat dans lequel je vivais», se souvient-elle. Depuis, elle l’utilise comme un totem, en fait des dessins, des installations, des sculptures et des performances bouchères et féministes : «La nature secrète de la saucisse la rend subversive. Qu’est-ce qui est caché à l’intérieur ? J’aime croire que ce maigre tube d’intestin peut être rempli de magie. Ses ingrédients sont la viande, les paillettes, le chaos, l’anarchie, la rébellion, la décadence, le rire et l’amour. Je la vois comme un exemple suprême du carnavalesque quotidien


Expo à l’institut suédois : 1552
Dana Sherwood
Making Sausage
2014
ink and watercolor on paper
7" x 10"

Dana Sherwood, Making Sausage, 2014, encre et aquarelle sur papier.

Plus pragmatique, la designeuse Carolien Niebling a, dans le cadre de ses études à l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (Ecal), raflé plusieurs prix avec The Sausage of the Future (éd. Lars Müller Publishers), un projet autour de saucisses composées d’insectes, de végétaux et de graines pour pallier le manque de viande dans les siècles à venir. Elle y fait le point sur l’histoire de la saucisse, «une des plus grandes inventions comestibles» - et surtout l’une des premières. Depuis l’Antiquité, la chipolata stocke les protéines animales en cas de pénurie : le mot «saucisse» est d’ailleurs un dérivé du latin salsus, signifiant «salé», renvoyant à son procédé de conservation, la salaison. Dans le boyau tubulaire, on fourre les bas morceaux, les chutes, et on déguise les abats. On y cache donc tout ce que l’on ne veut pas voir. La saucisse apparaît ainsi dans les premières natures mortes de la peinture comme une allégorie du vice. Au centre de l’Etal de boucherie (1551) - œuvre considérée comme une des premières compositions d’objets du Siècle d’or -, dégoulinent plusieurs chapelets de saucisses. En peignant avec réalisme ces profanes victuailles, le Hollandais Pieter Aertsen entend guider le spectateur vers des nourritures plus spirituelles. La saucisse, plutôt rare dans les tableaux classiques, est donc synonyme de trivial et de repoussoir : c’est d’ailleurs à cause d’elle que Jean Siméon Chardin se détourne des natures mortes, après avoir peint la Nappe blanche (1731-1732), une composition avec une grosse saucisse sombre et des verres de vin. «Il est plus difficile de peindre un portrait qu’un cervelas», lui aurait balancé un ami moqueur. Vexé, Chardin se serait détourné des natures mortes, genre dans lequel il excellait, pour se mettre à peindre des scènes de genre…


Expo à l’institut suédois : 1553
erwin wurm: synthesa
lehmann maupin, new york
february 28th through april 19th, 2014Sculpture de la série «Kiss» (2013), d'Erwin Wurm.
Photo courtesy Lehmann Maupin


Inventée pour remédier à la famine, la saucisse se met à occuper une place de choix avec le pop art et la surconsommation. Avant les sixties, on lui préfère les représentations de mets plus aristocratiques, produits de la pêche ou de la chasse, fruits du jardin ou fruits importés de loin. Dans les années 60, les saucisses s’incrustent dans les images et y prolifèrent en mode virus. En 1964, l’Américain Roy Lichtenstein ouvre le bal et fait accéder la saucisse au statut de logo avec son fameux Hot Dog sur fond émaillé. Réponse iconoclaste du Français Alain Jacquet qui découpe aussitôt une reproduction du Hot Dog en 300 petits rectangles qu’il distribue lors d’un vernissage. Le peintre pop Jacquet reprendra par la suite le motif de la saucisse dans des tableaux, lui adjoignant souvent des donuts, comme des particules élémentaires du système binaire, des symboles du 0 et du 1, du masculin et du féminin, du yin et du yang. Une mégasculpture rouge avec un donut coiffé d’une saucisse, Hommage à Confucius, signée Alain Jacquet, trône aujourd’hui sur un rond-point de Montpellier, en guise de synthèse humoristique de la culture populaire et de la culture savante.

Boulimie et gavage

Toujours dans l’idée de brouiller les hiérarchies culturelles, d’autres exploitent son pouvoir sarcastique. Le Suisse allemand Dieter Roth utilise par exemple sa dimension ironique et bas de gamme en réduisant en chair à pâté les magazines et livres qu’il déteste. Pour sa série «Literaturwurst (Literature Sausage, 1961-1974)», l’artiste broie tabloïds, romans contemporains et journaux avec de la graisse, de la gélatine, de l’eau et des épices qu’il farcit dans des boyaux, histoire de mélanger littérature et charcuterie, nourriture du ventre et nourriture de l’esprit. Au même moment, l’Allemand Sigmar Polke réalise Der Wurstesser («le Mangeur de saucisse», 1963), une bouche devant un très long chapelet de saucisses, couleur caca. Un peu punk, Polke dessine une ribambelle de cervelas comme un prolongement de l’intestin, une vision satirique de la boulimie des sixties, du gavage et de la production de masse.

Toujours dans un esprit bouffon, le duo zurichois Peter Fischli et David Weiss signe sa première collaboration, devenue mythique, avec «The Sausage Serie» (1979), ensemble de photographies un peu crados où des saucisses se transforment en petites voitures ou en mini-mannequins stars au milieu de mégots. L’art du dérisoire, de l’absurde, du foutage de gueule, le sculpteur autrichien Erwin Wurm le porte à son comble avec ses saucisses qui font l’amour ou paradent sur des socles blancs, comme des starlettes de supermarchés dans sa série de 2013 «Kiss (Abstract Sculptures)».


Expo à l’institut suédois : 1554
FISCHLI & WEISS
Untitled (Sausage Series) , 1979
24.0 x 33.0 cm chacun«The Sausage Serie» (1979), de Peter Fischli et David Weiss.
Photo Fischli & Weiss


«Le vrai comique, c’est le fait de surjouer, comme le font la caricature et le music-hall», avance Arnaud Labelle-Rojoux, auteur de plusieurs œuvres avec saucisses. Lui aussi sape les hiérarchies, en jouant sur les mots, entre Ecole de Francfort - le groupe d’intellectuels marxistes - et saucisse de Francfort. «Ce qui est intéressant, ce qui est drôle, c’est que la saucisse est un signe culturel et plastique, un vecteur de blagues faciles et immédiates. C’est aussi une vanité. Nous serions tous des saucisses, amenés un jour à mourir.» Avec Suicide-moi, le tableau d’un boudin au bout d’une fourchette (série «Kriminal», 2018), Labelle-Rojoux brandit la menace de disparition, la future dévoration. Sous ses dehors sympathiques, la saucisse transmet l’enfoui, l’inquiétude et le malaise. Magique, elle est aussi maléfique, véritable machine à renverser l’ordre du monde.

Coïts mécaniques

A Paris, en ce moment, son maléfice explose dans la grinçante exposition de Peter Johansson à l’Institut suédois. Sous les apparences d’une farce, «Thérapie nationale» dévoile la chair du vice dont la saucisse est l’accessoire. Dans des autoportraits grotesques, l’artiste se déguise en hot-dog géant, introduit de gros saucissons rouges dans la bouche de skinheads et placarde jusqu’à l’écœurement des papiers peints remplis de «falukorv», ces populaires cervelas suédois. Peter Johansson a aussi caché les collections permanentes du musée derrière une palissade percée de glory holes d’où sortent et entrent de gros saucissons dans des coïts mécaniques. «La saucisse relève pour moi d’une histoire personnelle. J’ai été abusé dans mon enfance jusqu’à l’âge de 14 ans, jusqu’à ce que mon père décède, et que son ami cesse de lui rendre visite… La saucisse est donc le symbole du pénis, de la pénétration et en même temps de la nourriture, du rouge et… de l’enfer.»

Peter Johansson est originaire de Dalécarlie, une jolie région d’où est issu le folklore suédois, et lieu d’extraction millénaire du cuivre, dans la mine de Falun, qui a rendu populaire le colorant rouge typique des maisons suédoises. A l’origine, les saucisses de Falun, véritable «trésor national», étaient fabriquées avec la viande des animaux morts d’épuisement dans les tunnels de la mine, nous explique l’artiste. «Cette saucisse est rouge, comme beaucoup de choses dans cette région, les maisons, les souvenirs, les motifs folkloriques, etc. tout est rouge… comme dans le film de Clint Eastwood [l’Homme des hautes plaines, ndlr] où un village entier est peint en rouge et appelé Hell, c’est-à-dire enfer.» La Dalécarlie est aussi la région d’ancrage des nazis et de l’extrême droite. Armé du populaire cervelas, Peter Johansson rappelle que la pimpante Suède possède un envers du décor peu reluisant et dresse un réquisitoire contre l’hypocrisie des canons esthétiques, le repli identitaire et le fascisme rampant. Une histoire qui dure, n’en finit pas et évoque une expression populaire allemande : «Tout a une fin, sauf la saucisse, qui en a deux.»

Clémentine Mercier

Peter Johansson Thérapie nationale
Institut suédois, 11, rue Payenne, 75003.
Jusqu’au 1er mars.
https://next.liberation.fr/arts/2020/01/13/arts-la-saucisse-dans-tous-ses-etals_1772806
Expo à l’institut suédois : 5_jfif22

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