Jean-Jacques Lequeu, un architecte qui n'a rien construit !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Jean-Jacques Lequeu, un architecte qui n'a rien construit !

Message par Mme de Sabran le Sam 4 Mar - 17:56

...   ce qui n'est peut-être pas plus mal !    Hop!    :


JEAN-JACQUES LEQUEU


Tout d'abord un autoportrait :

...   d'autres suivront complètement dingues .

Wiki ne sait pas grand-chose de la vie du sieur Lequeu. On sait qu’il est fils de maître menuisier, qu'il a travaillé dans sa ville natale avec l’architecte Le Brument, qu'il fut formé au dessin, art dans lequel il excellait, par Jean-Baptiste Descamps. Il a ensuite reçu deux prix de l’Académie de Rouen en 1776 et 1778, puis une bourse qui lui permet de partir pour Paris. Il se dit « architecte de l’Académie royale des Sciences, Belles-Lettres, et Beaux-Arts de Rouen »  ...    en tous cas, il mérite de l'être .

Jean-Jacques Lequeu  fait partie avec Ledoux et Boullée de la trilogie des architectes utopistes de la fin du XVIIIème siècle. Lequeu est, sans aucun doute, le plus étrange et le plus mystérieux déjà par le fait que c'est un architecte qui n'a rien construit !
Read more at http://archi59.e-monsite.com/pages/jean-jacques-lequeu.html#OgjmTDCf3Zgwbf6J.99

En 1779, il travaille comme dessinateur ou inspecteur au bureau des bâtiments de l’église Sainte-Geneviève, c'est-à-dire pour l’agence de Jacques-Germain Soufflot : par la suite, Lequeu passe au service de François Soufflot le Romain. Pour lui, il exécute la plupart des esquisses du futur hôtel de Montholon (1785) en s'inspirant de Samson-Nicolas Lenoir.





L'Hôtel de Montholon,ci-dessous, que l'on reconnait bien . Very Happy
au 23 boulevard Poissonnière, Paris.





Pour la chambre à coucher de Mme de Montholon ; Amour ; Amitié
C'est space ...

 


Vers cette même époque, il compose une suite de planches intitulée Dessin[s] qui représente[nt] avec des figures, par quelle[s] teintes, et comment on doit laver les plans, élévations et profils des corps opaques, relevant clairement du fantastique, dont un tombeau creusé dans la montagne à même la roche (qui n'est pas sans rappeler certains projets de cénotaphe d’Étienne-Louis Boullée). On connaît deux autres portfolios : Architecture civile et Nouvelle méthode. Il dessine aussi un pavillon chinois pour le secrétaire d’État Henri Bertin pour son domaine situé à Chatou.


Par un heureux zazard, je suis tombée  sur le blog que voici !    :n,,;::::!!!:



Henry&Raymond

Ils nous invitent à faire la connaissance du méconnuJean-Jacques Lequeu.
  Et pour cause, voilà un architecte qui a dessiné, dessiné, à se fatiguer le poignet, sans qu'aucun  ( ou presque aucun ) de ses projets ne soit réalisé !  C'est quand même fou !



Les folles fabriques de Jean-Jacques Lequeu

8 JUILLET 2015 ~ HENRY ET RAYMOND


En tant qu’architecte, Jean-Jacques Lequeu n’est pas l’auteur de nombreuses réalisations. Outre la construction de l’hôtel de Montholon, à laquelle il a participé, il n’aurait conçu que deux bâtiments : une maison pour le Comte de Bouville, appelée Temple du Soleil, et le casin[1] de Madame de Meulanaer, deux chantiers aboutis en 1786.





Cependant son travail sur un projet pour l’hôtel de ville de Rouen le fait connaître localement et il est nommé adjoint associé de l’Académie royale des Sciences, Belles Lettres et Arts de sa ville natale en 1786.






La vie professionnelle de Lequeu prend un tournant au moment de la Révolution. Désormais employé de l’État pour le reste de sa carrière, au Bureau du cadastre de 1793 à 1801 puis comme cartographe au Département de l’Intérieur jusqu’en 1815, il occupe des postes peu excitants, où sa fantaisie et sa folle imagination, qui transparaissent dans son œuvre graphique, ne sont pas de mise. Ayant pris sa retraite à 58 ans, il vit difficilement, retranché dans la pauvreté et la solitude. Il tente plusieurs fois de vendre ses dessins pour survivre, publiant des annonces. Mais Lequeu est déjà oublié de tous et, devant l’insuccès de ses ventes, il choisit de faire don de ses dessins à la Bibliothèque royale en 1825. C’est ainsi qu’un grande part de sa production est aujourd’hui conservée à la BnF et que l’on peut voir sur Gallica pas moins de 778 dessins et estampes de sa main.
Jean-Jacques Lequeu meurt peu de temps après, en 1825, à 68 ans.





Comme beaucoup d’autres architectes de son temps, Lequeu s’intéresse au jardin et aux opportunités qu’il donne à l’architecture. Mélange de styles et nouvelles formes, tout est possible dans les jardins et l’originalité voulue des fabriques donne à l’imagination des architectes une latitude unique. Les jardins les plus excentriques de l’époque ne sont-ils pas appelés « folies » ? Jean-Jacques Lequeu va pousser très loin l’inventivité et l’originalité dans ses dessins, on va le voir.

Nombre de ses œuvres prouvent son intérêt pour ce domaine.
 

 


Un « projet fantasque » de Lequeu : Porte de sortie du parc des Plaisirs, de la Chasse du prince.



...   ou bien  ...  

Elévation géométrale du temple de la Terre  ( oups !    )  ; Section de la ligne côté de l'entrée ; Dernière résolution de l'ordre extérieur :
[dessin] / Jean Jacques Le Queu inv. et delin.



Les dessins de Jean-Jacques Lequeu ne sont pas toujours datés et il est donc difficile de dresser une étude chronologique et précise de son œuvre. Kaufmann, qui l’a étudié, a vu dans les réalisations architecturales du début de sa carrière, l’influence à la fois du baroque et du classicisme, puis dans les dessins de son "Architecture civile" le reflet de l’époque révolutionnaire. La confusion des styles est alors permise tout comme la recherche de formes nouvelles. C’est bien un heureux mélange qui prédomine dans les dessins de fabriques de Lequeu, donnant souvent au sujet un côté théâtral.








Laiterie     et poulailler
( comme nous en voyons dans toutes les fermes de Normandie  ...   Wink  0033_r10  boudoi26  )













Pour Kaufmann, c’est " Le Rendez-vous de Bellevue " qui caractérise le mieux l’art de Lequeu pendant la période révolutionnaire. La composition est complètement asymétrique mais équilibrée. Un donjon crénelé, une tour Renaissance surmontée d’un temple grec, des ouvertures en plein cintre qui côtoient une fenêtre en ogive et une autre en forme de trou de serrure, la construction est un drôle de mélange charmant.

( Euh  ... ça c'est vraiment une question de goût ...  Hop!  )




On voit par ailleurs que Lequeu cherche constamment à inscrire ses constructions dans la nature, usant de matériaux comme des rondins noueux, des haies à la taille extrêmement sophistiquée, comme dans la Composition champêtre, ou des constructions recouvertes de feuillages, comme le très onirique "Temple de verdure Cérès".


le vide-bouteille  

la composition champêtre   Smileàè-è\':  

le Temple de verdure de Cérès  


Fontaines et temples merveilleux, laiteries et poulaillers, pompes à feu, alors présentes dans de nombreux jardins pittoresques, tout comme les petits kiosques qu’on appelait « vide-bouteilles » parce qu’ils étaient prévus pour s’y reposer et y boire une tasse de thé : Lequeu s’illustre avec talent et originalité dans l’art des fabriques de jardins. Ces petites constructions poétiques sont un sujet que je trouve passionnant dans l’histoire des jardins et j’ai voulu partager avec vous l’exemple de Lequeu.

Jean-Jacques Lequeu est aujourd’hui davantage connu pour ses dessins d’architecture fantastique que pour ses réalisations concrètes. Son style très particulier, où son imagination débordante se mêle à un tracé et des coloris très soignés, méticuleux, comme l’est son écriture, suffit à rendre ses dessins captivants. Si les changements produits par la période révolutionnaire peuvent expliquer les mélanges de styles poussés à l’extrême, il faut sans doute aussi y voir une part d’ironie, dont Lequeu semblait ne pas manquer. Pendant la Terreur en 1794, alors qu’il est menacé, l’architecte produit ce dessin, La Porte du Parisis, pour témoigner de son attachement à la République.
Le dessin plut au Comité de Salut publique et fut exposé.
Plus tard, Lequeu inscrivit au dos de cette planche : « dessin pour me sauver de la guillotine »  
– « tout pour la patrie ». Le dessin lui-même d’ailleurs paraît si caricatural, avec cet Hercule immense coiffé d’un bonnet phrygien et tenant une statuette de Marianne, qu’on serait tenté d’y voir un soupçon de sarcasme.





Petite annotation : Dessin pour me sauver de la guillotine :









Dessinateur hors paire, élève de Jacques Germain Soufflot, l'architecte du Panthéon pour lequel, il manifestera tout au long de sa vie une admiration sans borne, tout au long de sa vie, il rédigera un Traité d'Architecture Civile où le génie et la préscience cotoie le ridicule. Obsédé par l'idée que la forme du bâtiment doit en exprimer la fonction, il imaginera, par exemple, une étable en forme de vache.




De ce fait, certains de ses projets sont surchargés de symboles plus ou moins compréhensibles. Il existe aussi des projets qui montrent une volonté de revenir à des formes néogothiques (projet pour une laiterie) très libres.
Son portrait d'une religieuse à la poitrine dénudée, semble anticiper sur Clovis Trouille. il faut dire que la période révolutionnaire était favorable à cet anticléricalisme.






Ses obsessions érotiques sont, sans aucun doute, la manifestation d'un certain déséquilibre psychique. Selon certaines sources, il aurait installé son cabinet de travail dans un bordel de la rue St-Denis.
On lui doit aussi un grand nombre d'autoportraits, souvent en têtes d'expression où même en femme.

Autoportraits :

en Bailleur    

en Borgne  
grimacier

à la grimace  

en femme  

en femme  
encore


Un bureaucrate visionnaire

Employé au bureau du Cadastre en 1793, il sauve de la profanation la sépulture de son maître, Soufflot. C'est sous la Révolution qu'il produit ces étranges portraits, dont le plus connu est celui de la religieuse dévoilant ses seins et légendé ainsi : « Et mais nous aussi nous serons mères, car… ! »
En 1802, il travaille au bureau des bâtiments civils du ministère de l’Intérieur tout en continuant à produire pour lui-même quantité de dessins.

En juillet 1825, il donne l’ensemble de ses dessins et manuscrits à la Bibliothèque royale : le fonds a hélas été quelque peu recomposé, la logique en a été bousculée par les conservateurs de l'époque.
Lequeu est souvent considéré comme un architecte « révolutionnaire », au même titre que Étienne-Louis Boullée et Claude Nicolas Ledoux. Cette épithète ne vient pas de ce qu’ils ont révolutionné l’architecture ou qu’ils aient été particulièrement engagés à cette période, mais qu’ils sont contemporains de la Révolution française.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans une concession à perpétuité non localisée.

Read more at http://archi59.e-monsite.com/pages/jean-jacques-lequeu.html#OgjmTDCf3Zgwbf6J.99


https://henryetraymond.wordpress.com/2015/07/08/les-folles-fabriques-de-jean-jacques-lequeu/      http://archi59.e-monsite.com/pages/jean-jacques-lequeu.html

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27793
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jean-Jacques Lequeu, un architecte qui n'a rien construit !

Message par Majesté le Sam 4 Mar - 18:22

Ben dis donc, quel singulier artiste que cet homme-là Laughing 
Il a parfois de bonnes idées.... mais d'autres sont à fuir...  
Il semble avoir eu quelques problèmes avec son identité quand on voit comme il se représentait...
Merci pour cette découverte farfelue... Wink


Bien à vous.

_________________
"Il n'y a de nouveau que ce qui est oublié."
Mademoiselle Bertin
avatar
Majesté

Messages : 11846
Date d'inscription : 20/12/2013
Age : 40
Localisation : Lille

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jean-Jacques Lequeu, un architecte qui n'a rien construit !

Message par Comtesse Diane le Sam 4 Mar - 18:52

Donc, je ne prendrai pas la queue, comme tout l'monde ! 

_________________
avatar
Comtesse Diane

Messages : 5648
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : TOURAINE

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jean-Jacques Lequeu, un architecte qui n'a rien construit !

Message par Mme de Sabran le Mer 8 Mar - 18:57

La nuit, la neige a écrit:J'aime bien toutes ces fantaisies !  :\\\\\\\\:
Merci...

Mme de Sabran a écrit:



Cet éléphant triomphal, ou Grand kiosque à la gloire du roi, est plutôt le projet d'un certain RIBART.



Comme tu fais bien de me corriger !!!  Smileàè-è\':   Merci !   Very Happy

Nous vous retrouvons, Ribart de Chamoust, son Eléphant, Napoléon, Totor, Gavroche et toi  ...  ici :   http://marie-antoinette.forumactif.org/t3187-l-elephant-de-la-bastille-de-ribart-de-chamoust#93886

_________________
...    demain est un autre jour .
avatar
Mme de Sabran

Messages : 27793
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jean-Jacques Lequeu, un architecte qui n'a rien construit !

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum