La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial

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Message par La nuit, la neige le Sam 28 Juil 2018, 14:21

Voici annoncée la parution d'un livre qui devrait intéresser nombre de membres du Forum... La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 309649167

J’ai voulu aussi revenir à ce que j’avais écrit sur la chute de la monarchie au 10 août 1792 et sur le rôle de la vie de cour dans les événements révolutionnaires. J’en ai tiré un livre sur la captivité de la famille royale au Temple, qui paraîtra le 16 août.

* Extrait de l'interview de Charles-Eloi Vial, publiée sur le site Paroles d'Actu en juillet 2018 : "La fascination pour les cours anciennes répond à une méconnaissance du passé"

Ce livre sera donc bientôt disponible, chez tous vos bons libraires.

La famille royale au Temple
Le remords de la Révolution (1792-1795)

De Charles-Eloi VIAL
Aux éditions Perrin (Août 18)

La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 97822611

Présentation de l'éditeur :

La première histoire globale de la captivité tragique des Bourbons.

Le 10 août 1792, l’émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle.
Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa sœur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin « Louis XVII ».
Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours.
Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.

Pour la première fois, un historien se penche sur l’histoire globale de cette captivité.
Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l’ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l’instar d’Hébert et de Robespierre.

Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l’antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d’histoire sur un lieu d’histoire et de mémoire, qui incarne et marque l’origine de la guerre entre les deux France.


Qui est l'auteur ?

Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est depuis 2012, conservateur au service des manuscrits modernes et contemporains du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

Il est également secrétaire général de l'institut Napoléon depuis 2018.

Depuis quelques années, ce jeune auteur (né en 1987) enchaîne les publications remarquées par la critique.
Nous les avions présentées ici dans nos rubriques, et notamment :

En 2015 : Le Dernier Voyage de l'empereur : Paris-île d'Aix, 1815.

La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial Le-der10

En 2016 : Les derniers feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions

La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 97822612

En 2017, prix Premier Empire de la Fondation Napoléon : Marie-Louise

La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 97822613
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Message par La nuit, la neige le Mer 15 Aoû 2018, 10:38

Si le sujet vous intéresse, ce livre est donc désormais disponible chez vos libraires... Smile
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Message par La nuit, la neige le Sam 25 Aoû 2018, 10:09

J'ai eu l'occasion de feuilleter ce livre et, à première vue, il me semble intéressant.  Very Happy  

En parcourant quelques chapitres, je suis notamment tombé sur un recensement de différentes tentatives de "négociations" entre la France révolutionnaire et les puissances ennemies au sujet de la famille royale restée prisonnière au Temple après la mort de Louis XVI.
Toutes soldées par des échecs, comme nous le savons : les révolutionnaires au pouvoir surestimant la "valeur" de leurs "otages" alors que les puissances étrangères n'en avaient rien à f.... !
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Message par D'éon le Dim 26 Aoû 2018, 09:29

Savez-vous si nous apprenons des faits nouveaux par rapport au livre de Dominique Sabourdin-Perrin?
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Message par La nuit, la neige le Dim 26 Aoû 2018, 10:47

Je l'ignore, cher D'Eon...j'ai simplement feuilleté ce livre.

Nul doute que de nombreuses mêmes archives furent exploitées : les faits sont les faits, et les sources restent les mêmes.
Il est cependant précisé dans la présentation de l'éditeur que cette nouvelle parution est "nourrie de nombreuses archives encore inexploitées".
L'auteur est conservateur au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

Il reste donc à comparer la façon dont sont traitées ces informations, et enfin les choix de narration et l'écriture.
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Message par D'éon le Dim 26 Aoû 2018, 10:52

La nuit, la neige a écrit:Je l'ignore, cher D'Eon...j'ai simplement feuilleté ce livre.

Nul doute que de nombreuses mêmes archives furent exploitées : les faits sont les faits, et les sources restent les mêmes.
Il est cependant précisé dans la présentation de l'éditeur que cette nouvelle parution est "nourrie de nombreuses archives encore inexploitées".
L'auteur est conservateur au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

Il reste donc à comparer la façon dont sont traitées ces informations, et enfin les choix de narration et l'écriture.

Attendons, donc!
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Message par La nuit, la neige le Dim 26 Aoû 2018, 10:55

Je suis sûr que notre amie MARIE ANTOINETTE, lectrice compulsive, viendra bientôt nous donner son opinion... La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 4099329125
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Message par Gouverneur Morris le Jeu 27 Sep 2018, 17:14

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Message par Lucius le Lun 01 Oct 2018, 11:52

L'auteur, Charles-Éloi VIAL (Bibliothèque nationale de France & Centre d’histoire du XIXe siècle), interviendra dans le cadre du séminaire d'Histoire de Paris à l'époque moderne sur le thème : "La famille royale au Temple : de la légende aux sources", mardi 16 octobre, 11h, à la Sorbonne, Centre Roland Mousnier, salle Pardaihlé-Galabrun (G 647), escalier G, 1er étage 1/2.

à bon lecteur, salut !
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Message par MARIE ANTOINETTE le Lun 01 Oct 2018, 16:25

Je suis en retard dans mes lectures, et j'ai mis ce livre en attente, car je n'ai pas apprécié que dans la bibliographie l'auteur est omis de cité le gros travail de DOMINIQUE SABOURDIN PERRIN, qu'il connaissait car nous l'avions évoqué lors de notre contact téléphonique.

de plus je n'apprécie qu'il prétende que c'est le premier ouvrage sur le sujet !!!!! et DOMINIQUE alors !!!!!!!!!! j'ai commencé à le lire mais le texte est très universitaire donc, assez difficile !!!!

MARIE ANTOINETTE La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 3219758395
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Message par La nuit, la neige le Lun 01 Oct 2018, 18:24

Lucius a écrit:
à bon lecteur, salut !
Le bon lecteur te salue, citoyen Lucius...Eventaille

Merci pour cette information. Smile
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Message par La nuit, la neige le Mer 03 Oct 2018, 08:31

L'auteur était récemment l'invité de deux émissions de radio, durant lesquelles il présente son livre.

Si vous souhaitez réécoutez ces émissions, cliquez sur les liens... Wink


La marche de l'Histoire (France Inter)
Durée : 28 minutes


Arrow La prison du Temple 1792-1795 : l'épreuve de la famille royale


Storia Voce
Durée : 42 minutes

Arrow La prison d'un roi, le tombeau d'une famille

Arrow Ou encore sur Youtube (ce n'est pas une vidéo mais la bande son de l'émission) :

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Message par Mme de Sabran le Sam 21 Déc 2019, 12:05


Voici un compte-rendu de ce livre, par Annie Duprat .    La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 2523452716

La famille royale au Temple. Le remords de la Révolution 1792-1795.
Charles-Éloi Vial.


L’illustration de couverture de l’ouvrage de Charles-Éloi Vial, une belle gravure en couleurs du Temple tel qu’il devait se présenter à l’époque de la Révolution française (voir le drapeau tricolore au sommet d’une des tours et les gardes armés à ses pieds), est due à Adolphe Rouergue, graveur de la seconde moitié du xixe siècle. Ce livre est un récit de la captivité de la famille royale entre août 1792 et décembre 1795, date de la libération de Marie-Thérèse Charlotte. Traiter de la famille royale, placer en sous-titre « Le remords de la Révolution », pourrait nous conduire à penser qu’il s’agirait du énième livre de déploration d’un Ancien Régime où il faisait si bon vivre, mâtiné d’une énième attaque de la Révolution. Certes, rien ne changera les faits : la Révolution a mis fin à la royauté par une décision d’Assemblée puis par un procès et par l’exécution du roi. Pourtant, le sous-titre interroge, même s’il s’agit vraisemblablement d’un choix de l’éditeur : en quoi la captivité de la famille royale pourrait-elle être le remords de la Révolution ? En d’autres termes, et pour paraphraser Alain Badiou, de quoi le Temple est-il le nom ? Le Temple, son privilège territorial, son passé et ses habitants, prisonniers, gardiens ou personnels de maintenance, résonnent sombrement dans l’Histoire et engendre une légende noire que le romantisme des premières années du xixe siècle et le martyrologe savamment distillé par la Restauration ont amplifiée.

Après une introduction (« L’ultime étape ») dans laquelle l’auteur rappelle l’embarras de la Commune de Paris et de la Convention sur le sort à réserver à la famille royale, en particulier sur le lieu de la détention, l’ouvrage est divisé en neuf chapitres suivant un fil chronologique : 1/ Du roi suspendu au roi déchu ; 2/ Une prison dans la prison ; 3/ Le procès du roi ; 4/ « La tour du Temple est l’enfer » ; 5/ Du Temple à la Conciergerie ; 6/ Plongée dans l’horreur ; 7/ La dernière tragédie ; 8/ Une otage encombrante ; 9/ Le Temple et ses ombres. Dans la conclusion (« La Révolution en prison ») l’auteur revient sur l’importance de la mort en citant Michelet et sa promenade au cimetière de Mousseaux (des Érrancis) où reposent plusieurs victimes de la Terreur (Danton, Saint-Just, Robespierre), ou encore Madame de Staël et ses Considérations sur la Révolution française, où elle soutient que l’exécution de Louis XVI est la preuve de l’échec de la Révolution, assertion qui peut se concevoir si l’on admet que le but de la Révolution était d’instaurer une monarchie constitutionnelle et non une république. Rien lors de la réunion des États généraux ne pouvait préjuger de la suite des événements et lors de la libération de la fille de Louis XVI en 1795 conflits et divisions perdurent, comme l’a remarqué Chateaubriand : « Un échafaud élevé entre un peuple et un roi les empêche de se voir : il y a des tombes qui ne se referment jamais. » Le Temple serait « le remords de la Révolution », comme la destruction des tombeaux de la nécropole royale de Saint-Denis, étudiée par Paul-Laurent Assoun, serait l’ultime étape de la destruction de la monarchie. Le point commun des deux ouvrages est l’examen de nombreuses archives car l’enfermement au Temple comme la destruction des tombeaux royaux sont des actes administratifs, générant des archives et dont la portée symbolique et politique est immense. Mais le futur des deux événements diffère radicalement : dans le cas de Saint-Denis, la transformation des lieux, ces tombeaux à moitié détruits, en objets de patrimoine, sous l’égide de Lenoir, peut se lire comme une prise de pouvoir par un peuple régénéré contemplant son passé sur les restes de la politique des rois. La quête des restes royaux en revanche, conduite sous l’égide de Louis XVIII, est la subsistance immarcescible de la monarchie française, prélude à une renaissance, même temporaire, ce que ne souhaitaient pas les révolutionnaires ! Saint-Denis serait le désir révolutionnaire accompli tandis que le Temple serait le remords de la Révolution qui, malgré ses efforts, ne peut annihiler la monarchie.

C’est pourquoi nous avons choisi d’associer le livre de Paul-Laurent Assoun, Tuer le mort, à celui de Charles-Éloi Vial. Peu de distance sépare le Temple de Saint-Denis où les restes mortels de la famille royale ont été inhumés dès les premiers temps de la Restauration, à l’exception de ceux de madame Élisabeth et du petit Louis-Charles jamais retrouvés. Pour Assoun, la destruction des tombeaux et l’exhumation des corps jetés dans une fosse commune marquent l’achèvement du désir révolutionnaire d’éradiquer une monarchie que l’exécution du roi aurait simplement supprimée. « Éradiquer » au sens le plus fort du terme, arracher les racines, tout ce qui éventuellement pourrait donner naissance à quelque surgeon. L’auteur, philosophe et psychanalyste, voit la Révolution française comme une expérience culturelle dont il entend faire l’anthropologie psychanalytique. En d’autres termes, il s’agit de lire les archives (dates et déroulement de chacune des destructions, réactions des ouvriers et du public, coût de l’entreprise etc.) avec un regard différent de celui de l’historien. De ce livre passionnant, retenons un seul exemple parmi tant d’autres : l’anthropologie du corps royal (chapitre IV, « Totem paternel et tabou du chef », p. 93-123). On connaît les réactions effrayées des ouvriers lorsqu’ils déposent le corps quasiment intact d’Henri IV sur un pilier de la basilique. Assoun dépasse la simple description par une réflexion inspirée sur les rites symboliques présidant aux enterrements royaux, ce mélange de soumission et d’effroi des sujets face au regard du roi et le geste sacrilège de celui qui arrache un morceau de la barbe du cadavre pour en orner son visage en riant, et en arrive à la question du vol des reliques, les furta sacra étudiées en particulier par Patrick Geary (Le vol des reliques au Moyen-Âge : Furta sacra, Paris, Aubier, 1993). Il s’agit là de profanation au sens le plus fort du terme, prélude à tous les vols des reliques royales que Charles-Éloi Vial examine également, que ce soit à propos des broderies réalisées par la reine (p. 115), des vêtements ou des objets de la famille royale, qui finiront brûlés en un autodafé en place publique.

La famille royale au Temple est un livre remarquable par la clarté de son expression et la précision de ses informations. L’appareil critique en témoigne : des notes nombreuses et précises (p. 354-392), une chronologie, des plans de la forteresse, des sources et une bibliographie remarquable (p. 400-423) assorties d’un index indispensable (p. 426-431). L’auteur expose d’abord la radicalisation des esprits après l’échec de la tentative de fuite du roi hors des frontières. Cependant, il n’accorde pas assez d’importance à la peur de tous face aux dangers extérieurs mais aussi face aux complots contre-révolutionnaires qui s’étaient organisés déjà en 1790. Avant l’enfermement de la famille royale, l’imaginaire du Temple était déjà complexe : luxe de l’appartement du grand Prieur occupé par le comte d’Artois avant la Révolution, multiples fenêtres rendues aveugles pour protéger les prisonniers tant de la foule hostile que de partisans éventuels. La Commune de Paris, chargée de la surveillance, désigne un comité de huit personnes qui ne peuvent entrer dans la prison que deux par deux. Toutes les précautions sont prises pour isoler les prisonniers et pour surveiller les geôliers. Cette atmosphère de soupçon permanent est d’autant mieux rendue que l’auteur a examiné toutes les archives de la vie quotidienne : alimentation, blanchisserie, réparations diverses, dépenses excessives, voire frauduleuses, etc. (chapitre 2 « Une prison dans la prison »). On voit d’ailleurs que des ouvriers se mettent en grève car ils se considéraient mal payés... La « mécanique pénitentiaire » (p. 98) à l’œuvre est une réponse à la peur et au soupçon permanent et peut sans doute expliquer la formule de « remords de la Révolution ». Parmi les pages les plus novatrices, on notera les précautions prises après l’assassinat de Marat pour empêcher tout envahissement du Temple (p. 214) par la foule parisienne, et la description des derniers mois de la vie de Louis-Charles, l’orphelin du Temple que l’auteur choisit de nommer Louis XVII après la mort de Louis XVI, respectant les formes de l’Ancien Régime, mais pas celles de la jeune République car, écrit-il p. 280, « après être sortie de son lit, la Révolution reprenait son cours, revenant aux questions premières de l’équilibre des pouvoirs ». Tout se passerait donc comme si le moment conventionnel aurait été un accident dans l’histoire de la Révolution ? On remarque ici une inclination personnelle de l’auteur.

Restera le cas épineux de Marie-Thérèse Charlotte, dont la remise à la cour de Vienne, si souvent évoquée, va finalement se produire en décembre 1795, après de multiples appels à la clémence envers la jeune fille venue de tous les bords. L’historien, qui ne doit pas juger l’Histoire mais la comprendre, peut-il considérer que se nouerait ici la question d’un remords de la Révolution ? Nous le pensons en effet.

Ainsi pourrait se clore l’histoire du Temple, qui devient rapidement un lieu de pèlerinage tout en demeurant une prison sous le Directoire (où a été interné Babeuf), le Consulat et l’Empire avant que Napoléon n’en décide la démolition en 1808. D’ailleurs, après son mariage avec Marie-Louise, Napoléon nommera le roi défunt « mon oncle Louis XVI » ! Pourtant, rien ne peut effacer la mémoire d’une prison que d’aucuns peuvent nommer lieu du régicide, puisqu’aucun lieu ne célèbre la mémoire de ceux d’Henri III ou d’Henri IV. Les dernières pages du livre sont consacrées aux écrits de « la France des larmes », Vial reprenant ici la belle formule d’Emmanuel Fureix, écrits qui montrent combien « les royalistes ne sont jamais sortis du temple » (p. 322) et que « la Révolution est en prison » (p. 340). Laissons, comme l’auteur le fait, le privilège de l’ultime citation à Alfred de Musset : « Il y avait pour eux dans ce mot de liberté quelque chose qui leur faisait battre le cœur, à la fois comme un lointain et terrible souvenir et comme une chère espérance, plus lointaine encore » (Confessions d’un enfant du siècle, 1836). Quoique différents dans leur traitement des archives sur des sujets proches, ces deux livres apporteront beaucoup à qui veut comprendre les ressorts de l’Histoire.

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Message par Marie-Jeanne le Sam 21 Déc 2019, 12:53


Merci Éléonore.
« L’historien, qui ne doit pas juger l’Histoire mais la comprendre » La famille royale au Temple. De Charles-Eloi Vial 309649167
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