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La Storace et Marie-Antoinette

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La Storace et Marie-Antoinette Empty La Storace et Marie-Antoinette

Message par Mme de Sabran le Mer 05 Fév 2020, 16:30

A l'heure où le leitmotiv planétaire primordial est la féminisation des noms, des mots, des adjectifs,  des celles et ceux et tutti quanti, les premiers mots qui suivent, de Joseph II, vont faire hurler les dames ... Eventaille

Joseph II à Mercy :

Vienne, le 20 février 1787.

Mon cher comte de Mercy, le courrier femelle ( affraid affraid affraid  ) qui vous remettra la présente, est la Storace qui a été pendant plusieurs années notre première chanteuse à l'Opéra bouffon italien.  Elle désire être présentée à la Reine et m'a demandé à cet effet une lettre pour elle;  mais n'ayant pas jugé à propos de l'en charger, j'ai préféré de vous l'envoyer ci-incluse, je vous prie de la remettre à la Reine.  Si elle veut l'entendre chanter, je crois qu'elle sera contente de son art et de sa méthode, quoique elle ne brille pas autant au clavecin que sur le théâtre où elle peut faire valoir son jeu.
Adieu, mon cher comte; toute occasion m'est agréable où je puis vous assurer des sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels je suis  ...



Mercy à Joseph II :

Paris le 7 avril 1787.

La demoiselle Storace m'a remis, passé trois semaines, les ordres de V.M. à son sujet.  La Reine s'était proposé d'entendre cette virtuose dans un concert qui devait être arrangé à cet effet, mais ladite Storace a été si pressée de se rendre à ses engagements à Londres qu'elle n'a pu s'arrêter ici que peu de jours.  Si elle y revient, elle sera entendue à Versailles, et je surveillerai aux convenances de cette actrice .


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LA STORACE

La Storace et Marie-Antoinette 11119
Portrait par Pietro Bettelini
Image WIKI
 


En 1787, la cantatrice Nancy Storace aurait dû être reçue par Marie-Antoinette à Versailles… Pensa-t-elle à ce rendez-vous manqué quand elle interpréta Captivity, une composition de son frère,   Stephen Storace,   pour Marie-Antoinette ? On ne le saura sans doute jamais…


En février et mars 1793, la vogue de l'air composé par Stephen Storace, Captivity, a Ballad supposed to be Sung by the Unfortunate Marie Antoinette During her Imprisonment (Captivité, une Ballade supposée être chantée par l’infortunée Marie Antoinette durant son emprisonnement), reflète l’émotion ressentie par l’opinion publique devant la tournure de la Révolution française et le tyrannicide prôné par le nouveau pouvoir politique français.

La Storace et Marie-Antoinette 11120

Un contemporain se souvient de l’auteur et de la popularité de son poème :

« […] parmi différentes effusions [poétiques] de la muse [du Révérend] Mr. Jeans [de Dibden (Hampshire)], je sélectionne deux […] compositions. […] Les autres stances furent suggérées par les persécutions et les atrocités infligées à la belle, mais infortunée Reine de France, par les chiens de la Révolution française. Ce dernier poème, par un biais inconnu, circula largement ; et ajouta considérablement au sentiment populaire qui avait été excité en faveur de la malheureuse victime. Il fut mis en musique par Storace et plusieurs autres maîtres ; chanté par la Signora Storace et Mrs Crouch, dans les théâtres ; et trouva sa place dans les foyers privés où l’harmonie vocale était cultivée de quelque manière que ce soit. […] »
(Révérend Richard Warner, Literary Recollections… Londres, 1830. (Vol. I))

On s’émerveille aussi que

[Stephen] Storace   La Storace et Marie-Antoinette 4_jfif19
vendit l’air intitulé Captivity à Dall, l’éditeur de musique, au coin de Holles-street et de Cavendish-square, pour £ 50, et en six semaines Dall (sic) en vendit 2 600 exemplaires pour 1 shilling chacun.

C’est dire l’émotion qu’avait suscité dans l’opinion publique l’emprisonnement, puis la mort en octobre 1793 de Marie-Antoinette. Cet air composé par Stephen Storace avait été déposé le 19 février 1793. Il comporte même une note historique précisant que les cheveux de la reine avaient blanchi sous l’effet de ses souffrances.



Si les ballades et poèmes célébrant la « reine martyre » sont courants chez les royalistes, ce texte anglais figure en bonne place dans le florilège des textes déplorant son sort, compilé par J. Peltier, à la fin de son Dernier Tableau De Paris Ou Récit Historique De La Révolution du 10 août 1792… publié à Londres en septembre 1793.

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Le destin du couple royal français avait bouleversé l’opinion publique britannique et de nombreuses contributions illustrèrent le sort de la « reine martyre », affirmant par la même occasion leur soutien à leur monarchie. Bien qu’on trouve quelques airs et poèmes consacrés à Louis XVI, c’est principalement la reine Marie-Antoinette qui est l’héroïne de ces déplorations.
http://annselinanancystorace.blogspot.com/2017/03/1793-captivity-nancy-storace-et-la.html#more

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Nancy Storace, née Ann (ou Anna) Selina Storace était née à Londres le 27 octobre 1765.

Elle n'a pas huit ans quand, en 1773, elle débute au concert à Southampton.   Après des leçons de chant auprès du castrat Venanzio Rauzzini, elle débute au King's Theatre le 29 février 1776 dans son opéra, Le Ali d'Amore.
En 1778, elle part en Italie avec ses parents, rejoindre son frère, le futur compositeur, Stephen Storace, qui suit un enseignement à Naples.

Elle fait ses débuts lyriques italiens dans un opera seria, en chantant un rôle de seconda donna dans Castore e Polluce de Bianchi (Florence, 10 septembre 1779). Elle change rapidement de répertoire et chante désormais les premiers rôles d'opera buffa à Florence, Lucques, Livourne, Parme, Turin… et Venise. En 1782, elle crée l'un des opéras les plus populaires du XVIIIe siècle, Fra i due litiganti de Giuseppe Sarti à la Scala de Milan en 1782.

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En 1783, elle est engagée au Théâtre Impérial de Vienne (Burgtheater) où l'empereur Joseph II a formé une troupe d'opera buffa. Jusqu'à son départ, en février 1787, elle y créera une vingtaine d'opéras.

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Elle crée le rôle de Suzanne des Noces de Figaro de Mozart le 1er mai 1786. Mozart composa pour elle l'air Ch'io mi scordi di te?, parfois considéré comme une véritable déclaration d'amour du compositeur à son interprète. Cet air a été joué lors du concert d'adieu de Nancy Storace à Vienne le 27 février 1787, comme l'a par la suite écrit l'élève de Mozart Thomas Attwood.  C'est le moment où Joseph écrit à Mercy pour recommander Nancy à Marie-Antoinette .

En 1787, Nancy retourne en Angleterre où elle chante au King’s Theatre jusqu’à sa destruction par un incendie en 1789. Elle y récolte un immense succès et se produit également au concert et dans des oratorios, aussi bien à Londres qu'en province.


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Nancy Storace est l'une des interprètes les plus célèbres de son temps, dont le renom est relayé par les journaux, ses portraits, les caricatures ou les imitations qu'on en fait, compensation ( si l'on veut  La Storace et Marie-Antoinette 1123740815  ) d'une vie conjugale et amoureuse tourmentée et malheureuse .
Elle meurt dans sa demeure d'Herne Hill, près de Londres, le 24 août 1817

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http://annselinanancystorace.blogspot.com/p/biographie.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nancy_Storace
https://www.google.com/search?q=King%E2%80%99s+Theatre+LONDRES&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwiNwf3_zrrnAhUCCxoKHTkKD3gQ_AUoAnoECAwQBA&biw=1186&bih=490#imgrc=sH_DO6sgHITF4M

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