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la branche ( royale ? ) de la famille de Courtenay

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Lucius
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Message par Eddy2000 Lun 05 Juil 2021, 18:45

Lucius a écrit:Pour rester dans le thème :
La dernière princesse de Courtenay, née Bretagne-Avaugour, mourrut seule et extravagante dans son hôtel particulier en 1740. On découvrit alors une particularité physique ordinairement voyante, mais qu'elle était parvenue à cacher à son entourage jusqu'à sa mort. Laquelle ?

On découvrit à sa mort qu'elle n'avait qu'une jambe (l'autre ayant certainement été amputée).
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Message par Lucius Lun 05 Juil 2021, 22:04

Tout à fait. On lui découvrit une jambe de bois !
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Message par Lecréateur Mar 06 Juil 2021, 11:54

A la faveur de la découverte cette jambe de bois, n'a-t-on pu élucider l'énigme de la mort de son mari, Charles-Roger de Courtenay mort en 1730 : deux versions courent depuis lors : ou suicide ou assassinat dans son lit par deux coups de pistolet ? Un petit examen de l'adn de cette jambe de bois, vite fait bien fait, et enfin nous saurions ! Un authentique prince du sang, quand même !
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Message par Lucius Mar 06 Juil 2021, 14:30

L'arme du crime vous pensez ?! Laughing
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Message par Dominique Poulin Mar 06 Juil 2021, 14:42

J'ai lu à plusieurs reprises que pour possèder l'état de prince du sang de France, il fallait descendre par les mâles de Louis IX, Saint Louis, mort en 1270. Or, les Courtenay, descendaient de Louis VI le Gros, certes un Capétien, mais antérieur à Louis IX.
Si les généalogistes de la Cour ont constamment réfuté  les réclamations étayées des Courtenay, c'est certainement en raison de cette clause intangible. Ils étaient Capétiens, reconnus officiellement Cousins du Roi, mais princes du sang successibles à la Couronne, point.
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Message par Lucius Mar 06 Juil 2021, 14:56

D'après ce que j'ai lu, Louis XIV avait soumis la reconnaissance de leur statut de Prince du Sang à leur abandon des armes de France au profit des armes de Courtenay seules, au nom d'une subsitution d'arme sur laquelle les spécialistes du XVIIe étaient indécis.
Il serait intéressant de savoir quelle source parle de Saint Louis. Ne serait-ce pas une de ces règles dont le XIXe était si friand ?
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Message par Lecréateur Mar 06 Juil 2021, 17:13

Les Courtenay n'ont pas abandonné les armes de France pour la simple raison qu'il n'y en avait pas ! La question ne se posait pas ! Pierre I de Courtenay a pris les armes de son épouse Elisabeth, née Courtenay, parce qu'il n'y en avait pas sous la main. Manque de chance, c'est son grand frère (Louis VII) qui fut le premier à adopter les fleurs de lys (que Charles V réduisit au nombre de cinq)... il aurait quand même pu en faire profiter son petit frère... d'autant plus que les tourteaux de Courtenay font quand même assez campagnard - sinon platement agricole - à côté des célestes lys ! Evidemment ils devinrent très vite plus que fréquentables puisque Pierre II - le propre fils de Pierre I - puisque rapidement il fut promis empereur (latin, s'entend...) de Constantinople, et après lui ses deux fils ! Là, les tâcherons du Gâtinais devenaient des héros de la gent capétienne : les cousins qui avaient réussi ! Descendre par les mâles de Saint Louis ? Je ne suis pas spécialiste, mais je n'y crois pas trop : cela ressemble trop à ces "lois" poussivement bricolées après coup. D'ailleurs, les Anjou-Naples et les Artois descendant de deux frères dudit Saint Louis, étaient bien repris - me semble-t-il - dans les princes des lys ou du sang. Enfin, preuve d'une sorte de remords tardif : à la mort de l'avant-dernier Courtenay, beau-frère de la dame à la jambe de bois et tué au siège de Mons en 1691, Louis XIV tint à faire une visite de condoléances à son père, comme pour le décès d'un prince du sang, ce qui stupéfia la Cour
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Message par Mme de Sabran Mer 07 Juil 2021, 15:35

Lecréateur a écrit:Les Courtenay n'ont pas abandonné les armes de France pour la simple raison qu'il n'y en avait pas ! La question ne se posait pas ! Pierre I de Courtenay a pris les armes de son épouse Elisabeth, née Courtenay, parce qu'il n'y en avait pas sous la main. Manque de chance, c'est son grand frère (Louis VII) qui fut le premier à adopter les fleurs de lys (que Charles V réduisit au nombre de cinq)... il aurait quand même pu en faire profiter son petit frère... d'autant plus que les tourteaux de Courtenay font quand même assez campagnard - sinon platement agricole - à côté des célestes lys ! Evidemment ils devinrent très vite plus que fréquentables puisque Pierre II - le propre fils de Pierre I - puisque rapidement il fut promis empereur (latin, s'entend...) de Constantinople, et après lui ses deux fils ! Là, les tâcherons du Gâtinais devenaient des héros de la gent capétienne : les cousins qui avaient réussi ! Descendre par les mâles de Saint Louis ? Je ne suis pas spécialiste, mais je n'y crois pas trop : cela ressemble trop à ces "lois" poussivement bricolées après coup. D'ailleurs, les Anjou-Naples et les Artois descendant de deux frères dudit Saint Louis, étaient bien repris - me semble-t-il - dans les princes des lys ou du sang. Enfin, preuve d'une sorte de remords tardif : à la mort de l'avant-dernier Courtenay, beau-frère de la dame à la jambe de bois et tué au siège de Mons en 1691, Louis XIV tint à faire une visite de condoléances à son père, comme pour le décès d'un prince du sang, ce qui stupéfia la Cour

Tous les détails !   la branche ( royale ? ) de la famille de Courtenay 693620883

Voilà des gens qui, cinq siècles après Louis VI le gros, s'en firent un père et soutinrent que leur sang royal méritait qu'ils eussent un rang.  L'écho répondit que le sang n'existait pas sans le rang. Telle est la tragédie de cette maison, sa funeste merveille (Saint-Simon) :
L'injustice constante faite à cette branche de la maison royale légitimement issue du roi Louis le Gros est une chose qui a dû surprendre tous les temps qu'elle a duré, et montrer en même temps la funeste merveille de cette maison, qui dans un si long espace n'a pu produire un seul sujet dont le mérite ait forcé la fortune, d'autant plus que nos rois ni personne n'a jamais douté de la vérité de sa royale et légitime extraction (à la date de 1715, Mémoires, T XIII, CH8, p 180).

Héros négatifs, tout va de travers pour eux, de génération en génération. Trop souvent au mauvais moment ou au mauvais endroit d'un écosystème précaire et aléatoire (instabilité des droits et surmortalité de leurs détenteurs), leur histoire cumule les échecs. Cependant, rien ne les achève, ni le déclin, ni la médiocrité, ni même l'extinction. Au dix-septième siècle, des revenants astiquent leur lustre obscurci et cherchent à imposer leur descente de Louis VI le Gros par mâles légitimes pour obtenir le label "prince du sang". On ne nie pas leurs droits, on ne les reconnaît pas. Louis XIV les laissera s'autoproclamer princes. Leur tentative échoue, leur échec est un succès. Les mêmes raisons expliquent les deux.

ICI :
https://xtt-tau.pagesperso-orange.fr/josilonus/htm/courtenay_1.htm

Voici la version de notre chère marquise de Créquy ! Hop!

Je vous avais promis de vous parler du Prince Charles-Roger de Courtenay, et je vous tiens parole. Il avait toutes les héritières de France les plus riches et les plus nobles à sa disposition. On aurait dit que leurs pareils s’y croyaient obligés ; chacun cherchait à le tirer d’affaire, et l’on s’en faisait, pour ainsi dire, un cas de conscience. On lui demanda s’il ne consentirait pas à se marier avec moi. Il répondit qu’il aimerait mieux se jeter dans la rivière, attendu que j’avais les yeux noirs et les cheveux blonds. Je vous dirai que, de mon côté, M. de Courtenay m’aurait paru beaucoup mieux s’il avait été différemment. J’ai toujours soutenu que les beaux cheveux noirs et les charmans yeux bleus de M. de Créquy avaient été pour beaucoup dans notre mariage. Le Prince dont je, vous parle épousa bientôt Geneviève de Bretagne, Comtesse de Vertus et d’Avaugour, laquelle avait eu des trésors en héritage après la mort de son grand-père ( le Président de la Grange-le-Lièvre). Elle était noire et chétive, et du reste elle n’était guère plus riche que moi.

Il faut vous dire que le vieux Prince de Courtenay vivait encore et se tenait à Cézy, dont on avait fait en son honneur une espèce de Comté de pièces et de morceaux, pour qu’il eût à sa disposition seigneuriale au moins quelques justiciers, une prison, des menottes, une potence, enfin une juridiction féodale, agréable et rassurante. On disait qu’aussitôt qu’il fut en possession de son droit comital, il avait commencé par faire confectionner une admirable collection de brodequins pour donner la torture et la question judiciaire. Toujours est-il qu’il entendit raconter au fond de son Auxerrois que Monsieur son fils allait accepter le cordon-bleu, quoiqu’il eût passé l’âge où les princes Français le reçoivent. On lui dit que le Prince Charles-Roger s’était engagé par écrit à retrancher de ses armoiries l’écu de France, que ces petits-fils légitimes du Roi Louis VI avaient le droit et la prétention d’y placer au premier quartier. Le père en tomba malade de chagrin ; il se coucha sous la tente de l’Empereur Baudouin de Courtenay, qu’ils faisaient toujours déployer pour achever les épousailles et pour se faire administrer l’extrême-onction. On écrivit au fils de la part du malade, et le voilà parti pour Cézy. Il entra sous la tente impériale de ses grands-pères, qui se trouvait tendue dans le milieu d’une salle immense dont toutes les ouvertures étaient fermées à la lumière du jour. On entrevoyait un vieux Labarum, ou je ne sais quelle bannière de Byzance, au chevet de la couche. Le vieux prince était couvert d’un grand linceul ; il avait l’air et la voix d’un mourant, et la scène était éclairée seulement par quelques cierges qui étaient placés sur une sorte d’autel avec des reliquaires.

— Je me rends à vos ordres, Monseigneur… — Ah ! c’est vous, Monsieur ! J’ai des choses importantes à vous dire ; écoutez-les paisiblement, lui dit son père, et promettez-le-moi. Celui-ci promit tout ce qu’on voulut, et le vieux Prince se mit à le sermonner sur la nécessité de ne plus se raidir contre les Bourbons, qui ne consentiraient jamais à lui former un apanage, à moins qu’il n’eût réduit ses armoiries à l’écusson de Courtenay proprement dit[11].

— Voyez la misère où l’obstination nous à fait tomber, disait son père ; et n’oubliez pas qu’une de nos grand’tantes n’avait su trouver rien de mieux à faire que d’épouser un paysan[12]. Son fils restait immobile.

— Souvenez-vous que la reine Jeanne d’Albret, dont le grand-père n’était qu’un gentilhomme, était sur le point de faire pendre…

— N’achevez pas, Monseigneur ! n’achevez pas ! je n’écouterai jamais le récit d’un pareil outrage, fût-ce de la bouche de mon père !

— Mais s’il en est ainsi, reprit le vieillard, vous ne consentirez donc point à diffamer nos armes, et vous n’accepteriez pas l’ordre du Saint-Esprit, passé l’âge de quatorze ans ?…

— Jamais ! jamais !

— Monsieur, répliqua vigoureusement son père en se mettant sur son séant, c’est une résolution qui vous fait honneur, et, du reste, elle est heureuse pour vous ; car, ajouta-t-il en tirant un pistolet de dessous son linceul, si je vous avais vu faiblir, j’allais vous faire sauter la cervelle, et nous aurions vu si le petit-fils de Jeanne d’Albret m’aurait fait pendre !… Dans tous les cas, c’est vous qui en auriez eu la conscience chargée, car on n’est pas moins en obligation de veiller à la conduite de ses héritiers qu’à l’honneur de ses devanciers.

Il vous faut dire que le vieux Courtenay n’était pas plus malade que je ne le suis à présent, et qu’il a vécu douze ou quinze ans peut-être, après cette parade grégeoise, toujours dans son castel de Cézy, avec ses courtines du Bas-Empire et ses brodequins bourguignons.

Mme de Bauffremont et son frère avaient eu jadis une tante de Courtenay que je n’ai pas connue, mais dont les étrangetés sont restées dans la mémoire de tous ses contemporains[13]. Elle était riche à millions, celle-ci, et c’était par suite d’un legs qui lui était provenu de je ne sais quel prince grec, qui l’avait entrevue à Paris, et qui s’avisa de la faire sa légataire universelle en arrivant au Phanar, où il mourut quelque temps après[14]. Ne croyez pas qu’elle en fit part à sa famille, au moins ! Elle n’aurait pas voulu donner seulement une pistole à son neveu le pauvre Charles-Roger, parce que tout l’argent qu’on lui donnait, disait-elle, était habituellement pour lui une occasion prochaine de péché. C’est tout ce qu’elle savait de théologie. « La théologie n’est pas la science de tout le monde : les sots s’en embêtent et les mauvais s’en empirent. » J’ai souvent eu l’occasion de répéter ceci pendant toute ma vie, et surtout pendant les disputes sur le formulaire et sur le diacre Pâris.

Notre Lucrèce-Angélique se faisait appeler Mademoiselle de Constantinople, comme on aurait dit Mademoiselle de Chartres ou Mademoiselle de Blois. C’était sûrement là ce qui avait séduit l’Hospodar ? et cette étrange fille avait trouvé moyen de faire ainsi tomber dans le grotesque une illustration de famille et des souvenirs historiques, qui naturellement n’auraient jamais abouti dans le ridicule, en vérité ! Le petit Prince de Mecklembourg avait fait son possible pour l’épouser. — Allons donc ! sacrifier sa liberté ! c’était comme la belle Arsène. Elle avait eu de son Prince grec environ quatre à cinq millions de livres tournois en belles et bonnes espèces, qu’elle n’avait jamais voulu placer. On n’a trouvé rien qui vaille après sa mort ; et vous allez voir comment elle employait son argent.

Elle avait loué pour elle toute seule l’ancien hôtel de Blanchefort, rue Saint-Antoine, auprès de la Bastille ; et tous les soirs, elle faisait éclairer de la cave au grenier, cet immense et vieux palais dont elle ne sortait pas dix fois par an, et où l’on ne voyait jamais entrer âme qui vive, ce qui faisait dire à ses voisins les faubourgeois qu’on y tenait le Sabbat. Elle ne recevait jamais que Mme de Bullion (d’Esclimont), qui était une autre folle, et puis le Chevalier Turgot, parce qu’il était son filleul. C’est lui qui nous a conté ce que j’en rapporte ici.

En premières lignes de son livre de comptes, elle avait fait racheter en Barbarie au moins deux mille captifs chrétiens, mais toujours des Levantins et jamais des Francs. Les Révérends Pères de la Merci ne voulaient pas se charger du rachat des Grecs schismatiques, en disant avec raison que leurs vœux les astreignaient à l’obligation de s’occuper avant toute chose de la rédemption de nos frères, et que la tâche excédait déjà leurs force et puissance.

Elle éclatait en imprécations contre les Mathurins, elle envoyait son argent à des renégats qui ne rachetaient personne, et qui lui écrivaient en langue arabe, ce qu’elle prenait à chaque fois pour une nouvelle pancarte de délivrance ; enfin le Bourreau de Tunis était son commissionnaire et son fondé de pouvoir en Mauritanie, ainsi vous pouvez juger comment son argent s’y trouvait bien employé ? On a pensé qu’elle avait eu la folle idée de se faire un parti parmi les Grecs, mais, à vrai dire, on ne sait ce qu’elle avait dans la cervelle. Il y avait encore un Juif arménien qui s’était établi dans sa confiance, et qui poursuivait pour elle une autre négociation dispendieuse et difficile, attendu qu’il ne s’agissait de rien moins que d’obtenir du Sultan, du Grand-Visir et du Muphti, la cession de la Basilique de Sainte-Sophie de Constantinople en faveur de ladite Princesse Lucrèce-Angélique de Courtenay. C’était une affaire en bon train quand elle est morte ; et, disait-elle à son filleul : — Il est assez naturel que toute ma fortune y soit engagée, d’où vient que je ne vous pourrai laisser que mes papiers. Comme elle avait écrit sur son entreprise et son espérance de retraire féodalement l’église de Sainte-Sophie, à M. de Nointel, Ambassadeur de France à la Porte, celui-ci ne manqua pas d’en écrire à Versailles, et le Roi Louis XIV fit conseiller à son neveu de la faire interdire ; mais Charles-Roger répondit qu’il ne s’en mêlerait en aucune sorte, et qu’il ne l’empêcherait jamais de faire avec son argent tout ce qu’elle voudrait. M. le, Chancelier le fit inviter à passer chez lui pour se concerter là-dessus. Charles-Roger se rengorgea de la belle manière, et fit demander à M. le Chancelier s’il comptait se tenir debout pour le recevoir, et si c’est qu’il avait l’intention de le reconduire jusqu’au Drap d’or ? (c’est-à-dire jusqu’à la deuxième antisalle du Chancelier, qui est toujours tapissée de drap d’or, et où la main de justice est suspendue sous un baldaquin fleurdelisé). M. de Pontchartrain, qui ne pouvait se lever de son siège que pour recevoir les cardinaux, et qui ne devait reconduire que les Princes du sang, ne fit aucune réponse définitive à M. de Courtenay, en se retranchant dans l’incertitude et l’indécision du parti que prendrait S. M. relativement aux prétentions du neveu et aux aberrations de la tante.

On découvrit après sa mort qu’elle avait une jambe de moins, ce que tout le monde ignorait dans sa famille, et ce que personne ne savait dans sa maison, à la réserve de ses deux premières femmes[15].


 11 )  D’or à trois tourteaux de gueules. Il est a noter que Robert de France, sixième fils de saint Louis, n’abandonna pas ses armoiries patronymiques (qui étaient celles de France) en épousant l’héritière des Sires de Bourbon, tandis que Pierre de France, cinquième fils du Roi Louis le Gros, avait quitté les siennes en s’alliant à l’héritière Isabelle de Courtenay. C’était la raison qu’opposait le juge d’armes au rétablissement des fleurs-de-lys dans les armés des Courtenay, attendu qu’ils les avaient reprises sans en avoir obtenu ni voulu solliciter l’aveu du Roi T.-C., leur chef de famille et leur souverain seigneur.
(Note de l’Auteur.)

  12 ) Nicolas Restif, aïeul d’Edme-Nicolas Restif de la Bretonne auteur des Contemporaines et du Paysan perverti, mort à Paris, en 1804, âgé de 70 ans.
(Note de l’Éditeur.)

13 ) Lucrece-Angélique de Courtenay, née vers l’année 1640, morte à Paris, en 1699.
(Note de l’Auteur.)

14 )  Le nom de ce Prince grec était Démétrius Cantacuzène, et son oncle était Despote de Servie. On voit dans une note du Président Cousin que le principal motif de ses dispositions testamentaires en faveur de Mlle de Courtenay, avait été celui de soustraire sa fortune à la rapacité du fisc ottoman, en la mettant sous la sauve-garde de l’Ambassadeur de France à Constantinople.
(Note de l’Éditeur.)

15 )  M. de Saint-Simon s’en allait disant partout que le Prince de Courtenay s’était tué d’un coup de mousquet, mais ce n’était qu’un mauvais bruit qu’il avait accueilli favorablement. Je n’ai pas vu qu’il en ait osé parler dans ses Mémoires.
(Note de l’Auteur.)
Ce fait est rapporté dans la dernière édition des Mémoires de Saint-Simon, tome VIII, Paris, 1829.

(Note de l’Éditeur.)

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Message par Lucius Mer 07 Juil 2021, 16:55

Resterait à croiser les informations du pseudo-Créquy avec des sources plus solides.
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Message par Gouverneur Morris Mer 07 Juil 2021, 17:31

"La funeste merveille de cette maison" - j'adore Eventaille Hop!

Merci Eléo pour tous ces détails Hop!
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Message par Lucius Mer 07 Juil 2021, 21:16

J'espère que l'histoire du retrait lignagé de Sainte-Sophie est vraie, je lui trouve un charme fou, dans tous les sens du terme.
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Message par Lecréateur Mer 07 Juil 2021, 22:58

Bonsoir, chère Madame ! Je veux bien prendre le relais... si du moins d'autres candidats ne se proposent pas ! Lucius a raison : je livre trop d'indices au départ, il faut susciter les interrogations.
Cette folle histoire à propos des Courtenay a dû vous paraître sans tête ni queue, sans parler de l'épisode sans jambe ! Je maintiens cependant ma proposition : recourir à l'examen de l'ADN de cette jambe ! Certes, qu'est-elle devenue depuis la mort de sa propriétaire, survenue à Paris en 1740 ?! Il ne reste qu'à remuer les catacombes parisiennes !
Je ne savais pas que Mme de Créquy s'était penchée sur le dossier Courtenay...J'avoue que je n'ai guère le temps de le faire ces heures-ci sur ses considérations , ni sur celles d'Esambe Josilonus. Mais je le ferai dès que j'en aurai le loisir, cela m'intéresse. Quant à vérifier tout cela, il me faudrait des secrétaires ! Mon Moréri (je sais bien que ladite  marquise l'égratigne !) m'avait semblé quand même assez sérieux, sans parler d'une publication récente,qui l'est au moins tout autant et qui a déjà l'avantage d'exister  : Alice Saunier-Seïté, Les Courtenay. Destin d'une illustre famille bourguignonne, Paris, France Empire, 1998, 252 p. Son avantage encore plus précieux est une bibliographie exemplaire que je recommande vivement. J'avais fait confiance à Saint-Simon, dont vous citez le jugement essentiel, avec sa conclusion encore plus essentielle :  "... nos rois ni personne n'a jamais douté de la vérité de sa royale et légitime extraction". Là, tout était dit ! Je ne sais pas qui est l'"Auteur" qui est cité à la suite des passages de la marquise de Créquy en cause et qui avance une contre-vérité historique manifeste  : "Pierre de France, cinquième fils du Roi Louis le Gros, avait quitté les siennes (ses armoiries patronymiques) en s’alliant à l’héritière Isabelle de Courtenay". Non : jusqu'à Louis VI inclus, les rois de France, ainsi que leurs cadets et les descendants de ceux-ci - dont Pierre de Courtenay ! - n'avaient pas de telles armoiries patronymiques, qu'ils ne pouvaient donc avoir quittées !
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Message par Mme de Sabran Mer 07 Juil 2021, 23:11

Lecréateur a écrit:
Cette folle histoire à propos des Courtenay a dû vous paraître sans tête ni queue, sans parler de l'épisode sans jambe !

Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

J'aime bien aussi l'intrusion rocambolesque de Cartouche ! la branche ( royale ? ) de la famille de Courtenay 340670520

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