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Théâtre «Le Rêve et la Plainte», Marie-Antoinette bien dans ses baskets

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Message par Mme de Sabran Ven 16 Déc 2022, 10:40


Au théâtre ce soir.. les décors ne sont pas de Roger Hart, ni  les costumes de Donald Cardwell.

Eventaille  Eventaille  Eventaille


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Théâtre

«Le Rêve et la Plainte», Marie-Antoinette bien dans ses baskets



Subtile mise en scène de la reine d’Autriche causant Facebook et coworking, la nouvelle pièce de Nicole Genovese pulvérise les limites de l’absurde avec tendresse et cruauté.

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Marie-Antoinette devise avec la princesse de Lamballe. (Charltotte Fabre)


par Gilles Renault
publié aujourd'hui à 0h48

A qui ne connaîtrait pas l’univers de Nicole Genovese – ce qui, y compris parmi les habitués du spectacle vivant, doit encore représenter un paquet de gens – faisons la suggestion suivante : accorder un blanc-seing à l’auteur de ces lignes en zappant ce qui suit, afin d’en savoir le moins possible, et courir ventre à terre au théâtre des Bouffes du Nord, où se joue un des moments les plus jubilatoires de la fin d’année théâtrale, sinon de l’année tout court.

Pour les autres, suivez le guide : planté au beau milieu du grandiose repaire de feu Peter Brook, le dispositif paraît riquiqui et obsolète, puisque constitué, à l’ère de la vidéo et des effets numériques, de simples tréteaux du temps jadis, surmontés d’un cadre en bois, avec, en fond d’écran, une série non moins désuète de toiles peintes que l’on effeuillera tout du long de la représentation, à mesure que l’action évoluera entre scènes d’intérieur et d’extérieur.


«Brève de boudoirs»

Or, raccord avec le cadre, s’assied d’abord, sur le côté, un musicien (et compositeur) en livrée, bas et souliers, qui, avec sa viole de gambe, donne le la, «proto-baroque». Avant que deux dames de haut rang – les perruques, robes à paniers et autres corsets faisant foi – ne se mettent à jacasser à l’heure du thé. Tout à leur désœuvrement, Marie-Antoinette et la princesse de Lamballe ont en effet des choses à se dire. Mais, accent du Sud compris, leur échange s’engouffre sans le moindre préavis dans une gigantesque faille spatiotemporelle, où il est question d’espace de coworking, de profil Facebook, de cuisine Mobalpa. Ou de «brèves de boudoir», style : «Les gens aiment trop l’argent.» «Mais non, les gens sont comme tout le monde.»

Pulvérisant les limites d’une absurdité truffée d’anachronismes – comme de purs silences quasi métaphysiques – suffisamment bien dosés pour prévenir l’essoufflement du procédé, nous voici donc, roture prosaïque, à épier dans la pénombre la condescendance veule d’une coterie que compléteront Louis XVI et le comte d’Artois. Ainsi que, histoire de finir de brouiller les pistes, Fred et Deborah, un couple méridional sans filtre, dont la beauferie ingénue renverra dos à dos monarchie agonisante et Ve République matérialiste et inculte.

Poilante entreprise

Précieux moment de mystification ridicule, le Rêve et la Plainte se tient donc là, corrosif et pourtant bizarrement empathique, dans ce dynamitage des codes qui, depuis ce Ciel ! Mon placard démontant en 2014 les rouages du vaudeville, singularise l’écriture de Nicole Genovese. Une poilante entreprise de démolition qui, pour imposer le nonsense, s’appuie autant sur la subtilité de la mise en scène de Claude Vanessa, complice de longue date, que sur l’interprétation de sept comédiens hors pair, dans le sillage d’un indétrônable couple royal où l’hébétude abrutie de Maxence Tual le dispute à la faconde paradoxalement «fille du peuple» de Nabila Mekkid.

Le Rêve et la Plainte, de Nicole Genovese, m.s. Claude Vanessa, Théâtre des Bouffes du Nord, 75010, jusqu’au 30 décembre, puis en tournée (Cherbourg, Lorient…)

https://www.liberation.fr/culture/scenes/le-reve-et-la-plainte-marie-antoinette-bien-dans-ses-baskets-20221216_ZJSRX74BCRAGZCXZXBTZTQ2GEU/

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Message par Mme de Sabran Lun 19 Déc 2022, 18:18


Quelques avis intéressants ... Very Happy

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« Le rêve et la plainte » m.e.s. Claude Vanessa
Par Alban Orsini

La fin du monde est pour aujourd’hui : elle a l’accent niçois et un goût très discutable de glace à l’abricot.

Si ça commence par Marie-Antoinette et la Princesse de Lamballe dissertant sur l’installation d’une nouvelle cuisine hors de prix, du choix de sa couleur et des délais incompressibles de pose, le tout avec l’accent du Midi, forcément, cela ne peut qu’être bien.

Si cela se poursuit par un pique-nique gênant durant lequel les esprits s’échauffent sur le goût d’une glace, la qualité du pâté, la différence entre maquettes et modélisme, cela ne peut qu’assurément être mieux.

Si cela se termine par une fin du monde cathartique, nous tenons là un spectacle original qui sort de tout sentier battu.

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Scéniquement parlant, Nicole Genovese, déjà à l’œuvre de l’exceptionnel et très cher à notre cœur spectacle Hélas, plante un décor digne du plus iconique théâtre de tréteaux. Sur une estrade se voit en effet représenté, par le truchement des peintures colorées en trompe-l’œil de Lùlù Zhang, un Petit Trianon du meilleur effet. Sur le côté, à Jardin, le musicien Francisco Mañalich se tient, une imposante viole entre les jambes. Il rythmera l’ensemble du spectacle de ses compositions baroques, interagissant avec les comédiens en plateau. Chargé de faire également défiler les décors en arrachant les tapisseries, le talentueux musicien dévoilera chacune des scènes avec simplicité et astuce.

« Marie-Antoinette a confié que si elle n’avait pas été reine, elle aurait aimé être actrice, et qu’à ce titre, quand elle a eu le Petit Trianon, elle a réhabilité le théâtre pour en faire avec le comte d’Artois et la princesse de Lamballe qui étaient ses amis. Louis XVI ne faisait pas de théâtre avec eux, mais il venait voir les pièces. Ça m’a touchée », Nicole Genovese (dossier de presse).

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Peinture de Lùlù Zhang représentant le Petit Trianon


Avec ce spectacle, la comédienne et metteuse en scène Nicole Genovese investit la thématique eschatologique qu’elle déporte sur le mode du décalage et de l’absurde. À quoi ressembleraient les dernières conversations avant le point final du monde ? Se pourrait-il que l’humanité sombre dans la banalité en lieu et place de la grandiloquence et des remises en question vertigineuses attendues à ce moment ? Avons-nous le droit d’être à ce point mesquins et médiocres alors que le monde se termine ?

Pour ce faire, elle convoque les images familières provenant du cinéma – les regards inquiets portés vers une menace venant du ciel du Melancholia de Lars von Trier, la simplicité du dernier repas du Don’t Look Up d’Adam McKay – qu’elle transpose dans un univers absurde qui juxtapose de manière dissonante le XXVIIIe siècle et les « vraies gens du sud ».

« Je voulais que la plupart de la distribution soit originaire du sud, comme moi, et redonner une place aux accents régionaux sur un plateau. […] C’est dommage qu’on ait besoin de tout niveler vers un neutre pour se comprendre
», Nicole Genovese (dossier de presse).

En résulte un mélange détonnant et hilarant qui travaille les stéréotypes de genre, d’origine et de classes sociales comme matières premières pour aboutir à une réflexion politique au sujet de ce rôle social que nous interprétons tous. La fin du monde n’annoncerait-elle pas plutôt un renouveau ?

Balisé et cohérent, le spectacle musical (dans tous les sens du terme) de Nicole Genovese suit un chemin balisé sans fioritures. Efficace et précis, il déroule ses scènes avec humour et bonhommie. Mais à trop vouloir déconstruire le rythme (en insérant par exemple des silences gênants ou bien encore en étirant et accumulant des séquences chantées), le spectateur finit par le perdre. Gageons que les multiples représentations resserreront le tout tant le théâtre singulier de Nicole Genovese / Claude Vanessa vaut le détour – avé l’accent, con !

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Et aussi, une critique alléchante de Joëlle Gayot,   dans  Télérama .

Marie-Antoinette et Louis XVI reçoivent. Dans leur cuisine Mobalpa et sur la pelouse versaillaise où ils pique-niquent avec leurs invités, le frère du roi, une amie et un couple de motards en goguette. Marie-Antoinette a l’accent marseillais et chante du Amel Bent. Louis XVI scrute, de la scène, d’un air anxieux un au-delà. Il observe le public, autrement dit ce peuple qui lui tranchera la tête. Il contemple l’avenir, autrement dit notre présent que menace de décapitation le réchauffement climatique. Ce spectacle jubilatoire est la surprise du chef. Totalement hors des clous, il passe avec un humour fou du coq à l’âne et met en avant des acteurs pince-sans-rire dont les postures, le ton, les mimiques et le propos désopilant rappellent l’esprit des Monty Python. Cet ovni théâtral réconcilie avec le burlesque et le vaudeville, deux genres qui dynamitent l’esprit de sérieux sans jamais sacrifier le sens et l’intelligence.
https://sortir.telerama.fr/evenements/theatre/le-reve-et-la-plante-1-862354.php


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:PRÉSENTATION
Quelque chose de simple, de beau, d’ordinaire, qui rend grâce à la poésie, quelque chose qui inspire de la noblesse. Une sorte d’atmosphère religieuse, ou du moins, de communion profane.
( Rien que ça ?!  Eventaille  )

Au Petit Trianon, peu de temps avant la fameuse révolution, Louis XVI a offert une nouvelle cuisine à sa femme, Marie-Antoinette. C’est ici qu’ils reçoivent leurs amis pour deviser tranquillement sur le cours des choses. Outre le roi et la reine de France, on retrouve avec eux la princesse de Lamballe, amie de la reine, le Comte Alexandre de Tilly, page de la reine, le Comte d’Artois, frère du roi, et Fred et Déborah, amis de la reine et du roi. Les sujets abordés sont les mêmes que ceux de notre quotidien, dans la sphère privée : la politique, les enfants, l’altérité, la loyauté de classe, la nourriture et la peur du changement…

Nicole Genovese, (Ciel ! mon placard… en 2018) écrit Le rêve et la plainte dans un train, sur un trait d’inspiration, en février 2020. À cette époque, l’autrice rêvait de silence et de concorde. Au plateau, elle veut exposer cette harmonie en faisant jouer ensemble des personnages qui, malgré les tensions et les altérités, font preuve de gaieté comme d’un devoir civique. Pour sa mise en scène, elle entend la viole de gambe de Sainte-Colombe ou de Marin Marais, des chants d’oiseaux, les nappes envoûtantes de la musique minimaliste d’Éliane Radigue, l’atmosphère des contes moraux d’Éric Rohmer, le tout enveloppé dans le silence d’un théâtre, de ce silence splendide lorsqu’il est partagé avec des centaines de personnes.

(source : https://www.theatrelarenaissance.com/spectacle/le-...)

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