Giacomo Casanova

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Re: Giacomo Casanova

Message par Louis XV le Ven 04 Avr 2014, 08:58

@Mme de Sabran a écrit:
@Louis XV a écrit:Oui ! Une fois que j'aurai tous les Casanova...  drunken 

Je les ai !!!   :n,,;::::!!!: 

Ils sont en train d'être réédités, mais pour l'instant, un seul a été publié.  Sad 

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Re: Giacomo Casanova

Message par Gouverneur Morris le Ven 04 Avr 2014, 10:58

@Louis XV a écrit:
@Mme de Sabran a écrit:
@Louis XV a écrit:Oui ! Une fois que j'aurai tous les Casanova...  drunken 

Je les ai !!!   :n,,;::::!!!: 

Ils sont en train d'être réédités, mais pour l'instant, un seul a été publié.  Sad 

Lesquels ?  scratch 

@D'éon a écrit:De Sade, je n'ai dans ma bibliothèque qu'une nouvelle intitulée Eugénie de Franval. Rien de dégoûtant dans les écrits, mais plutôt dérangeant dans le propos. Un père élève sa fille éloignée de tout et de tous afin qu'elle ne soit pas imprégnée des bonnes mœurs et de la morale. Après quelques années, le père déflore sa fille et se fait aimer d'elle.
Et bien sûr, j'ai la volumineuse biographie de Maurice Lever.

Même impression pour Justine ou les malheurs de la vertu et Aline et Valcour. Le style reste néanmoins superbe. Embarassed 
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Re: Giacomo Casanova

Message par Louis XV le Ven 04 Avr 2014, 11:03

Reinette a écrit:Je me souviens bien de ton effarement.  

Le mien ?  scratch 

@Gouverneur Morris a écrit:
@Louis XV a écrit:
@Mme de Sabran a écrit:
@Louis XV a écrit:Oui ! Une fois que j'aurai tous les Casanova...  drunken 

Je les ai !!!   :n,,;::::!!!: 

Ils sont en train d'être réédités, mais pour l'instant, un seul a été publié.  Sad 

Lesquels ?  scratch 

Les Mémoires de ma vie.
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Re: Giacomo Casanova

Message par Gouverneur Morris le Ven 04 Avr 2014, 11:12

@Louis XV a écrit:
Reinette a écrit:Je me souviens bien de ton effarement.  

Le mien ?  scratch 

@Gouverneur Morris a écrit:
@Louis XV a écrit:
@Mme de Sabran a écrit:
@Louis XV a écrit:Oui ! Une fois que j'aurai tous les Casanova...  drunken 

Je les ai !!!   :n,,;::::!!!: 

Ils sont en train d'être réédités, mais pour l'instant, un seul a été publié.  Sad 

Lesquels ?  scratch 

Les Mémoires de ma vie.

La Pléïade avait auparavant publié la version réécrite et édulcorée de Laforgue, seule disponible alors. L'édition Bouquins du manuscrit original (à l'appareil critique et aux notices impresionnnantes d'exhaustivité) n'est donc plus disponible ? Bon c'est vrai qu'elle est sortie un peu il y a 20 ans... que le temps passe vite... Crying or Very sad 
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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 11:16

@Gouverneur Morris a écrit:
@Louis XV a écrit:
@Mme de Sabran a écrit:
@Louis XV a écrit:Oui ! Une fois que j'aurai tous les Casanova...  drunken 

Je les ai !!!   :n,,;::::!!!: 

Ils sont en train d'être réédités, mais pour l'instant, un seul a été publié.  Sad 

Lesquels ?  scratch 

 

Voici les miens :



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Re: Giacomo Casanova

Message par Gouverneur Morris le Ven 04 Avr 2014, 11:19

C'est la version originale ou celle de Laforgue ?
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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 11:29

@Gouverneur Morris a écrit:C'est la version originale ou celle de Laforgue ?

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Re: Giacomo Casanova

Message par Invité le Ven 04 Avr 2014, 11:33

Ce cher Casanova mériterait bien un sujet pour lui tout seul, non ? Autrement plus sympathique que le marquis de Sade. Enfin à mon humble avis. Ne serait-ce parce qu'il était ami avec le prince de Ligne.   

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Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 11:38



Entièrement d'accord avec toi, ma chère Reinette !
Je vais scinder de ce pas !!! :n,,;::::!!!: 

Stop ! stop ! Ne postez plus, please !!!  Very Happy 
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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 11:47



@Gouverneur Morris a écrit:

Alors dans ce cas il faut les (re)-découvrir dans la version originale chère Eléonore ! Hop! Le style de Casanova, un poil amphigourique et bourré d'italianismes malgré les leçons de Crébillon, est unique en son genre !
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Re: Giacomo Casanova

Message par Louis XV le Ven 04 Avr 2014, 11:51

Reinette a écrit:Ce cher Casanova mériterait bien un sujet pour lui tout seul, non ? Autrement plus sympathique que le marquis de Sade. Enfin à mon humble avis. Ne serait-ce parce qu'il était ami avec le prince de Ligne.   

Je ne sais pas trop quoi penser de lui. J'aime bien ses écrits dans l'ensemble. Toutefois, il se vante de relations avec ce que j'estime être des petites filles. De plus, ce qu'il raconte me semble - malheureusement - beaucoup plus susceptible d'avoir été vrai que ce que pouvait écrire Sade.  pale 

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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 12:04




Giacomo Casanova, né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux, fut tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l'unique but d'escroquer Madame d'Urfé), espion, diplomate, bibliothécaire mais revendiquant toujours sa qualité de « Vénitien ».

Il utilisa de nombreux pseudonymes, le plus fréquent étant le chevalier de Seingalt (prononcer Saint-Galle) ; il publia en français sous le nom de « Jacques Casanova de Seingalt ».

De lui subsiste une œuvre littéraire abondante, mais Casanova est célèbre aujourd’hui comme aventurier et surtout comme l’homme qui fit de son nom le symbole de la séduction. Il savait user aussi bien de charme que de perfidie pour conquérir les femmes. Sa réputation en cela dérive d’une œuvre autobiographique Histoire de ma vie, rédigée en français et considérée comme l’une des plus authentiques sources à propos des coutumes et de l’étiquette de la vie sociale de l’Europe du XVIIIe siècle. Il y mentionne 142 femmes avec lesquelles il aurait eu des relations sexuelles, dont des filles à peine pubères et sa propre fille, alors mariée à l’un de ses « frères » francs-maçons, avec laquelle il aurait eu le seul fils dont il eût connaissance.

Bien qu’il soit souvent associé à Don Juan comme séducteur, sa vie ne procédait pas de la même philosophie : ce n’était pas un collectionneur. Parfois présenté (ainsi par Fellini dans son film éponyme) comme un pantin ou un fornicateur mécanique1, qui se détourne de sa conquête dès lors qu’elle s’est abandonnée à lui, il s'attachait, il secourait éventuellement. Personnage historique et non de légende, jouisseur et exubérant, il vécut en homme libre de pensée et d'action, des premiers succès de sa jeunesse à sa longue déchéance. Le peintre Francesco Casanova était son frère.

« L’homme ne peut jouir de ce qu’il sait qu’autant qu’il peut le communiquer à quelqu’un. »
L’Icosaméron.



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Re: Giacomo Casanova

Message par Gouverneur Morris le Ven 04 Avr 2014, 12:21

le plus fréquent étant le chevalier de Seingalt

Casanova prétendait effectivement avoir été fait chevalier de l'Eperon d'or par le pape. Bien évidemment, au grand malheur des casanovistes, les archives permettant d'affirmer ou d'infirmer cette prétention font (comme souvent dans la vie de Casanova) défaut !
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Re: Giacomo Casanova

Message par Invité le Ven 04 Avr 2014, 12:34

Casanova avait la réputation d'être très beau, ce n'est pas flagrant sur son portrait ! Shocked 
Une anecdote m'a toujours fait rire le concernant : lorsqu'un jour il occupe la même loge que le maréchal de Richelieu à l'opéra, casanova enrhumé, se mouche allégrement !
Richelieu, excédé se retourne vers le perturbateur et lui demande si ses fenêtres sont bien calfeutrées ?
Casanova se retourne interloqué et lui répond d'un air offusqué (imaginez le en répondant de son accent italien):
"Mes fenêtres sont bien cal-foutrées ! ."
Ce qui provoqua l'hilarité générale dans la loge.

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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 12:36




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Re: Giacomo Casanova

Message par Monsieur de Coco le Ven 04 Avr 2014, 12:41

l'amour menaçant a écrit:Casanova avait la réputation d'être trés beau, ce n'est pas flagrant sur son portrait ! Shocked 

"Ce serait un bien bel homme, s'il n'était pas laid."
Le prince ligne à propos de Casanova.

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"Le 7 de septembre, le roi a été heureusement purgé d'humeurs fort âcres, et de beaucoup d'excréments fermentés, en dix selles."
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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 14:28



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Re: Giacomo Casanova

Message par Gouverneur Morris le Ven 04 Avr 2014, 15:03

l'amour menaçant a écrit:Casanova avait la réputation d'être très beau, ce n'est pas flagrant sur son portrait ! Shocked 
Une anecdote m'a toujours fait rire le concernant : lorsqu'un jour il occupe la même loge que le maréchal de Richelieu à l'opéra, casanova enrhumé, se mouche allégrement !
Richelieu, excédé se retourne vers le perturbateur et lui demande si ses fenêtres sont bien calfeutrées ?
Casanova se retourne interloqué et lui répond d'un air offusqué (imaginez le en répondant de son accent italien):
"Mes fenêtres sont bien cal-foutrées ! ."
Ce qui provoqua l'hilarité générale dans la loge.

Et, sauf erreur de ma part, la conversation de continuer ainsi sur l'accent et les origines vénitiennes de Casanova, à qui l'on demande s'il vient de là-bas, s'attirant cette réponse indignée du mémorialiste : non, de là-haut ! :\\\\\\\\:  Hop! 

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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 15:05



Fils aîné de Gaetano Casanova , poursuit WKI, comédien à Venise, et de Zanetta Farussi , fille de cordonnier puis actrice, Giacomo naît rue de la Comédie (aujourd'hui rue Malipiero près de l'Église San Samuele).




Le biographe Rives Childs doute de cette généalogie racontée dans Histoire de ma vie :
« il y a de fortes raisons de croire qu’il ne peut être le fils de Gaetano mais celui d’un patricien de Venise, Michele Grimani , dont le frère, l’abbé Alvise Grimani deviendra le tuteur de Jacques ».
Il a comme frères et sœurs Francesco Giuseppe (1727–1803), Giovanni Battista (1730–1795), Faustina Maddalena (1731–1736), Maria Maddalena Antonia Stella (1732–1800) et Gaetano Alvise (1734–1783).
Il est entouré de femmes durant son enfance qui jouent un rôle premier pour lui (notamment sa grand-mère maternelle, Marsia Farusso, qui l'élève) comme l’évoque cette citation de ses mémoires :
Rien de tout ce qui existe n’a jamais exercé sur moi un si fort pouvoir qu’une belle figure de femme.

Il fait de brillantes études au cours desquelles il étudie la chimie, les mathématiques, la philosophie et le droit ; il obtient un doctorat en droit civil et droit canonique à l'Université de Padoue.

Il commence alors une carrière ecclésiastique (il reçoit la tonsure le 14 février 1740 puis les quatre ordres mineurs le 22 janvier 1741, devenant abbé). Il doit renoncer à sa fonction de prédicateur à l'église San Samuele à la suite d'un sermon catastrophique, ivre, mais il poursuit sa carrière ecclésiastique parmi les prélats de Venise, Naples puis Rome où il plaît de prime abord au cardinal Acquaviva au service duquel il entre et chez qui il loge.
Bien accueilli par Benoît XIV, il semble destiné à un brillant avenir lorsqu’il tombe soudainement en disgrâce, après la découverte du rapt de la fille de son professeur de français qu'il cache dans le palais d'Acquaviva. Il entame alors en 1745 sa vie d’aventures, exerçant de nombreuses activités — violoniste, joueur professionnel, escroc, financier, bibliothécaire, etc. —, sillonnant dans son Grand Tour l’Europe du xviiie siècle en passant des prisons aux cours de souverains : vivant d’expédients, la recherche du plaisir mène son être, et pour l’atteindre, il ne dédaigne pas de flouer les dupes et de se moquer des lois.

Au terme d'une brève carrière militaire dans la marine, où il devient enseigne de vaisseau, il en démissionne, vexé de n'avoir pu obtenir le grade de lieutenant de vaisseau. Occupant en 1746 un emploi de violon au théâtre de Saint-Samuel de la famille Grimani, il sauve la vie du sénateur sybarite Matteo Bragadin;
Guéri, le malade reçoit dans sa maison son sauveur qu’il croit initié aux sciences occultes. Le sénateur l'adopte, le traite comme son fils et contribue considérablement à sa fortune financière, le soutenant jusqu'à la fin de sa vie6 et lui permettant de mener une vie de folie et de désordre. Il est mêlé à des affaires de jeu à Venise, ce qui lui vaut une réputation sulfureuse.

Lors de son premier séjour à Paris en juin 1750, accompagné par son meilleur ami Antonio Balletti, il est accueilli en tant que fils de comédiens dans un cercle de comédiens italiens, logeant d'abord chez Mario et Silvia Balletti dont la fille Manon Balletti vivra une histoire d'amour platonique et sera fiancée avec le grand séducteur.
N'ayant pas de protecteur, connaissant mal la langue et les codes de la mondanité, il ne parvient pas à pénétrer dans les milieux aristocratiques. Il fait la connaissance de Claude-Pierre Patu qui l'initie aux plaisirs parisiens.

Revenant à Venise en 1755, il y rencontre un autre libertin, l’abbé de Bernis, cardinal et futur académicien, ambassadeur à Venise du roi de France Louis XV avec qui il partage durant plusieurs mois les faveurs d’une religieuse (désignée par les initiales M.M.) qu’ils retrouvent alternativement dans un casin – sorte de garçonnière cossue – où, lorsque l’un d’eux fait l’amour avec leur maîtresse, l’autre observe la scène d’une pièce cachée dans l’obscurité, à travers une tapisserie percée d’une multitude de trous minuscules. L’abbé de Bernis rentre en France, lui enjoignant en vain de le suivre.

À la suite de ses frasques amoureuses et financières, de ses prises d’opinions subversives, Casanova aurait dû fuir Venise, comme Bragadin le lui propose. Mais il refuse, les inquisiteurs d’État le font arrêter pour libertinage, athéisme, occultisme et appartenance maçonnique, et enfermer en 1756 dans la célèbre prison vénitienne des Plombs – surnom donné aux prisons de Venise à cause de la couverture des toits en plomb, qui transmettait le froid en hiver et la chaleur de l’été8. Ni ses puissants soutiens, ni son insistance à clamer son innocence ne peuvent faire obtenir sa libération. Cependant il raconte qu'à force de travail, de courage, d’ardeur, avec, pour seule pensée, l’espoir de partir à l’aventure pour toujours, par la grâce et la créativité, il parvient au bout de 14 mois à s’échapper avec un autre prisonnier – ce fut l’unique évasion que la prison des Plombs, dont nul ne pouvait s’évader, ait connue. Le récit en est rédigé par Casanova lui-même dans ses Mémoires, en 1791, avec une précision et une connaissance des lieux parfaites.

Il gagne Paris en 1758 où Bernis – devenu ministre de premier plan – et les franc-maçons l’appuient.(Il a été initié à la franc-maçonnerie à Lyon en 17509) L’histoire rocambolesque de son évasion, qu'il se plaît à narrer à chaque fois qu'il est invité chez des aristocrates, fait beaucoup pour sa célébrité et le succès de son deuxième séjour à Paris.
L’aventurier y fait alors fortune en lançant une loterie royale dont le but est de financer l’École militaire sans imposer davantage les contribuables – le peuple –, loterie dont il sut, par d’habiles manœuvres et de l’audace, s’approprier la paternité et une grande part des bénéfices.
Il raconte qu'il se fait confier des missions financières par le gouvernement, grâce à la protection du duc de Choiseul : agent secret, une mission d’enquête, pour laquelle il est récompensé avec générosité, lui aurait été confiée par la France afin de juger l’état de ses navires de guerre.
Imposteur, escroc et manipulateur (bien qu’il s’en défendît – dans ses écrits, il interroge : quel est l’homme auquel le besoin ne fasse faire des bassesses ?), il se vante aussi d'avoir abusé de la crédulité de la riche Madame d’Urfé en lui laissant croire qu’il était parfaitement initié aux mystères de la Kabbale.
Toujours selon ses mémoires, il reçoit de Choiseul une mission importante auprès de marchands d’Amsterdam et, à son retour, mène la belle vie d'un bourgeois fortuné dans une villa meublée magnifiquement, avec chevaux, voitures, palefreniers et laquais.
Après avoir perdu ses protecteurs, il investit dans une manufacture de soie peinte, sa faillite spectaculaire lui vaut d’être enfermé au For-l'Évêque, d’où il ne sort que grâce à la marquise d’Urfé. En décembre 1759, il quitte Paris pour la Hollande où il retrouve son rival le comte de Saint-Germain puis continue de parcourir l'Europe, s'introduisant dans les salons grâce aux billets de recommandation et au passeport maçonnique.


En 1766, à cause d'une ballerine italienne, il se bat en duel au pistolet avec Franciszek Ksawery Branicki, sous-chambellan du roi de Pologne Stanislas II (ce qui donne à Casanova pratiquement un titre de noblesse), les deux hommes sont blessés et leur aventure relatée dans toutes les gazettes européennes.

Casanova peut retourner à Venise après 18 ans d'exil en septembre 177413. Dans un premier temps, son retour à Venise est cordial et il est une célébrité. Il a reçoit une petite allocation de Dandolo et espère vivre de ses écrits, mais ce n'était pas assez.
Il redevient un espion à contrecœur pour Venise. À 49 ans, les années de vie insouciante et les milliers de kilomètres de voyage ont pris leur dû. Les cicatrices de la variole, les joues creuses et le nez crochu sont devenues plus visibles.

Dans une spirale descendante, Casanova est expulsé à nouveau de Venise en 1783, après avoir écrit une satire se moquant de la noblesse vénitienne. Dans celle-ci il a fait sa seule déclaration publique que Grimani est son vrai père.

Contraint de reprendre ses voyages, Casanova arrive à Paris, et en novembre 1783 il rencontre Benjamin Franklin alors qu'il assistait à une présentation sur l'aéronautique et l'avenir du transport en ballon. Pendant un certain temps, Casanova a servi comme secrétaire et pamphlétaire de Sebastian Foscarini, ambassadeur de Venise à Vienne.
Il a également fait la connaissance de Lorenzo Da Ponte le librettiste de Mozart.

En 1786 Casanova obtint une charge de chambellan auprès de l'Empereur d'Autriche et termina sa vie comme bibliothécaire du Château de Dux, en Bohème. Il y mourut le 4 juin 1798.


Mention de la mort de Casanova dans les archives du château de Dux





Sur la façade de l’église Sainte Barbara de Duchcov, une plaque indique en allemand que Casanova était enterré là : JAKOB CASANOVA, VENEDIG, 1725 — DUX, 1798.


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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 15:06

@Gouverneur Morris a écrit:

Et, sauf erreur de ma part, la conversation de continuer ainsi sur l'accent et les origines vénitiennes de Casanova, à qui l'on demande s'il vient de là-bas, s'attirant cette réponse indignée du mémorialiste : non, de là-haut ! :\\\\\\\\:  Hop! 


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Re: Giacomo Casanova

Message par Invité le Ven 04 Avr 2014, 15:11

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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 15:16

@Monsieur de Coco a écrit:
l'amour menaçant a écrit:Casanova avait la réputation d'être trés beau, ce n'est pas flagrant sur son portrait ! Shocked 

"Ce serait un bien bel homme, s'il n'était pas laid."
Le prince ligne à propos de Casanova.


Portrait de Casanova, par le prince de Ligne :

Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. Il a une manière de dire les choses qui tient de l’Arlequin balourd et du Figaro, ce qui le rend très plaisant. Il n’y a que les choses qu’il prétend savoir qu’il ne sait pas : les règles de la danse, celles de la langue française, du goût, de l’usage du monde et du savoir-vivre. Il n’y a que ses ouvrages philosophiques où il n’y ait point de philosophie ; tous les autres en sont remplis ; il y a toujours du trait, du neuf, du piquant et du profond. C’est un puits de science ; mais il cite si souvent Homère et Hoace, que c’est de quoi en dégoûter. La tournure de son esprit et ses saillies sont un extrait de sel attique. Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable. Un million qu’on lui donnerait ne rachèterait
pas une petite plaisanterie qu’on lui aurait faite. Son style ressemble à celui des anciennes préfaces ; il est long, diffus et lourd ; mais s’il a quelque chose à raconter, comme, par exemple, ses aventures, il y met
une telle originalité, une naïveté, cette espèce de genre dramatique pour mettre tout en action, qu’on ne saurait trop l’admirer, et que, sans le savoir, il est supérieur à Gil Blas et au Diable boiteux.
Il ne croit à rien, excepté ce qui est le moins croyable, étant superstitieux sur tout plein d’objets. Heureusement qu’il a de l’honneur et de la délicatesse, car avec sa phrase, « Je l’ai promis à Dieu », ou bien, « Dieu le veut »,il n’y a pas de chose au monde qu’il ne fût capable de faire. Il aime.
Il convoite tout, et, après avoir eu de tout, il sait se passer de tout. Les femmes et les petites filles surtout sont dans sa tête ; mais elles ne peuvent plus en sortir pour passer ailleurs. Cela le fâche, cela le met en colère contre le beau sexe, contre lui-même, contre le ciel, contre la nature et surtout contre l’année 1725.
Il se venge de tout cela contre tout ce qui est mangeable, buvable ; ne pouvant plus être un dieu dans les jardins, un satyre dans les forêts, c’est un loup à table : il ne fait grâce à rien, commence gaiement et finit tristement, désolé de ne pas pouvoir recommencer.

S’il a profité quelquefois de sa supériorité sur quelques bêtes, hommes et femmes, pour faire fortune, c’était pour rendre heureux ce qui l’entourait. Au milieu des plus grands désordres de la jeunesse la plus orageuse et de la carrière la plus aventureuse et quelquefois un peu équivoque, il a montré de la délicatesse, de l’honneur et du courage. Il est fier parce qu’il n’est rien. Rentier, ou financier ou grand seigneur, il aurait été peut-être facile à vivre ; mais qu’on ne le contrarie point, surtout qu’on ne rie point, mais qu’on le lise ou qu’on l’écoute ; car son amour-propre est toujours sous les armes. Ne lui dites jamais que vous savez l’histoire qu’il va vous conter ; ayez l’air de l’entendre pour la première fois. Ne manquez pas de lui faire la révérence, car un rien vous en fera un ennemi. Sa prodigieuse imagination, la vivacité de son pays, ses voyages, tous les métiers qu’il a faits, sa fermeté dans l’absence de tous les biens moraux et physiques, en font un homme rare, précieux à rencontrer, digne même de considération et de beaucoup d’amitié de la part du très petit nombre de personnes qui trouvent grâce devant lui.



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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 15:19

Reinette a écrit:Sam 19 Nov 2011 - 9:54


Cet homme a le mérite d'être issu d'une classe sociale vraiment basse et de se retrouver dans l’intimité des plus grands. Avec Louis XV par exemple, on peut difficilement faire plus intime ! Shocked



Diphildor a écrit:

Ce qui n'empêche aucunement l'existence d'un ravin social que Ligne ne manque pas de tracer discrètement ... !!!

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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 15:27

@La nuit, la neige a écrit:
Intéressant portrait de Casanova par le prince de Ligne.
Merci Elie...

L’argent !
C’est notamment parce qu’il a l’idée de la loterie royale (ou nationale je ne sais plus, bref l’ancêtre de notre loto ) que Casanova intéresse Versailles.

.

Reinette a écrit:

Il me semble que c'est bien loterie royale au départ pour devenir nationale à partir de 1789.

Certes l'argent y contribue mais de là à se partager d'aussi près leurs maîtresses (l'un des deux regardant la scène en attendant son tour ! ) il fallait qu'il y est autre chose. Nous parlons tout de même du roi de France !
Louis XV n'avait pas des relations aussi poussées avec ses banquiers ! Very Happy
Et de lui confier son Secret !

Je pense que Casanova devait vraiment avoir une personnalité hors du commun..



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Mme de Sabran

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Re: Giacomo Casanova

Message par Mme de Sabran le Ven 04 Avr 2014, 15:47




Interview de Chantal Thomas .   Very Happy 

Dans Casanova, un voyage libertin (Folio), vous écrivez que Casanova a inventé le libertinage voyageur...

Oui,
il n'a cessé de voyager entre 1734 et 1797. Pendant plus de soixante ans, il parcourt près de 70 000 kilomètres. Le mouvement lui est vital : afin de satisfaire des désirs, mais aussi de s'esquiver lorsque le vent tourne... Au départ, le jeune Casanova souhaite, par esprit d'aventure et curiosité, aller à la découverte du monde. Au fil des années, ses étape semblent rythmer une longue fuite pour échapper aux créanciers, aux puissants et à la prison. Le Vénitien a un talent spectaculaire de l'arrivée et un art de l'éclipse. "J'ai pris le beau moment de partir", écrit-il de son départ de Naples. Casanova, ne l'oublions pas, est un aventurier. L'époque regorge de personnalités de ce genre : Cagliostro, Saint-Germain, le chevalier d'Eon... Leur arrivée dans une ville est un événement et, à la Cour, un divertissement. Les grands ont besoin d'eux pour apporter ce dérèglement passager, cette respiration, qu'on retrouve avec le carnaval. L'un des plaisirs de lecture d'Histoire de ma vie est de nous faire pénétrer dans ce monde interlope d'escrocs, de libellistes, de pamphlétaires d'espions... qui jouent leur vie en écumant l'Europe. Casanova est très sensible à la part d'ombre de cette époque qui se dit des "Lumières". Il s'en amuse : "Je jouissais de devenir astrologue au siècle de la raison."


Dans le langage commun, il y a confusion entre lui et don Juan...DonJuan est une figure romanesque, que l'on connaît grâce à la comédie de Molière et à l'opéra de Mozart. C'est un héros du plaisir masculin et du plaisir à faire souffrir. Casanova, lui, n'est pas un personnage, il s'est créé lui-même et il est l'inventeur de son propre mythe. "Ma matière, c'est ma vie", écrit-il. Dans le jeu de la séduction, à l'inverse de don Juan, il accepte d'être subjugué par l'autre, de vaciller, de perdre pied. Il ne refuse pas l'amour, même si, in fine, il lui préfère son propre mouvement : "J'ai aimé les femmes à la folie, mais je leur ai toujours préféré la liberté."

Autre confusion : libertinage et débauche...Le débauché ne croit ni au principe de plaisir, ni au jeu, ni aux saveurs, ni à l'harmonie auxquel l'hédonisme du libertin aspire. Le débauché est dans la précipitation et l'indélicatesse, c'est un homme qui chute.


Quel écrivain est Casanova ?
Histoire de ma vie le rapproche des grands mémorialistes, du prince de Ligne, un grand aristocrate libertin, ami de Casanova. Les deux hommes partagent le sentiment d'assister, avec la Révolution, à la disparition d'un monde et à la mort du français comme langue internationale, comme passeport pour Saint-Pétersbourg et Florence.


Par quel livre aborder Casanova ?
Je recommande un petit texte qu'il a écrit en italien, Le Duel (Mille et une Nuits), récit de son combat avec le noble polonais Branicki. De ce récit très bref émergent toutes les qualités de Casanova: intelligence des situations, héroïsme, élégance. C'est la meilleure introduction à son chef-d'oeuvre, Histoire de ma vie, rédigé, lui, en français.

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