Le palais des Tuileries

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Message par Gouverneur Morris le Mar 11 Fév 2014, 13:59

Marie Antoinette a écrit:la GALERIE DE DIANE a été fermée et condamnée après le retour de la FAMILLE ROYALE.... donc les spécialistes sont certains qu'il ne peut s'agir d'une messe en début AOUT 1792 - HUBERT ROBERT était certainement présent à cette messe car il a peint de nombreux détails précis de la cérémonie et des lieux.... il avait un accès familier auprès de la FAMILLE ROYALE .

Information confirmée par l'auteur du site mentionné plus haut, qui décrit la vie aux Tuileries au retour de l'escapade inaboutie à Montmédy :

La famille royale devint dès cet instant l’objet de la surveillance la plus rigoureuse. Gouvion, le major de la garde nationale, ordonna le renouvellement des cartes d’entrée, la fouille de toutes les personnes attachées au service royal, et fit murer de nombreuses issues intérieures. Des factionnaires s’installèrent sur les toits du château. La chambre du dauphin, à laquelle il était possible d’accéder par la bibliothèque de la reine, resta continuellement fermée. La chapelle étant jugée trop éloignée des appartements royaux, la messe dut désormais avoir lieu dans la galerie de Diane. Chaque jour défilèrent des députations soucieuses de s’assurer de la situation. Madame Elisabeth écrivait à Madame de Bombelles au mois de juillet : « On a établi une espèce de camp sous les fenêtres du roi et de la reine, de peur qu’ils ne sautent dans le jardin, qui est hermétiquement fermé, et qui est rempli de soldats. »
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Message par Comte d'Hézècques le Mar 11 Fév 2014, 14:36

hmm, attendez, là il y a un hic... car effectivement sur le petit tableau on voit clairement la galerie de Diane avec les tapisseries par Vandermeulen, donc contrairement à ce qui fut dit ci-dessus, il s'agit bel et bien d'une messe après la fuite manquée et non avant, puisque la chapelle fut condamnée après le retour aux Tuileries, et sur le tableau on ne voit pas d'intérieur de chapelle...

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Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 14:51

Gouverneur Morris a écrit: l'escapade inaboutie à Montmédy :


... autre proposition de titre pour le sujet !  boudoi26 
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Message par Gouverneur Morris le Mar 11 Fév 2014, 15:04

Comte d'Hézècques a écrit:hmm, attendez, là il y a un hic... car effectivement sur le petit tableau on voit clairement la galerie de Diane avec les tapisseries par Vandermeulen, donc contrairement à ce qui fut dit ci-dessus, il s'agit bel et bien d'une messe après la fuite manquée et non avant, puisque la chapelle fut condamnée après le retour aux Tuileries, et sur le tableau on ne voit pas d'intérieur de chapelle...

Mais vous avez raison ! J'ai compris le post de notre marie-antoinette de travers, et ai voulu lire que l'extrêmité de la galerie de Diane avait été condamné  boudoi29 Le palais des Tuileries - Page 2 3249736284 . Les deux infos sont donc bien contradictoires !!!
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Message par MARIE ANTOINETTE le Mar 11 Fév 2014, 15:28

Le palais des Tuileries - Page 2 776_0010
Cette carte postale est intéressante car elle montre que le château comporte bien ses façades et qu'il aurait suffit de reconstruire les intérieurs ............ nous sommes du côté de la rue de Rivoli !!!!!

Le palais des Tuileries - Page 2 464_0010
autre cliché - les intérieurs dévastés

merci pour les plans des appartements royaux - je suis toujours à la recherche de mon ouvrage très complet
LES TUILERIES AU XVIII° siècle - ce matin impossible de mettre la main dessus !!!!!

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Message par Mme de Sabran le Mar 11 Fév 2014, 15:31

marie antoinette a écrit:
Cette carte postale est intéressante car elle montre que le château comporte bien ses façades  

... presque intactes ! Le palais des Tuileries - Page 2 7914332
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Message par Gouverneur Morris le Mar 11 Fév 2014, 17:19

Il faut dire qu'à l'exception du pavillon de Marsan, tout le gros oeuvre avait été repris sous le Second Empire, et ceci le plus délicatement du monde : les murs furent rebâtis de haut en bas sans pour autant endommager les salons et leurs décors, simplement étayés de l'extérieur pendant les travaux Shocked 
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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:01

A propos du projet de la reconstruction du palais ...

Le Palais des Tuileries


Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler10
AFP/Getty Images


On ne tourne pas la page sur la vie d’un monument disparu : on la lit et on la relit. Mais quelle relecture pour le palais des Tuileries, incendié par les Communards, puis entièrement rasé en 1882 sur décision de la République ? Faut-il accepter les yeux fermés les arguments présentés par Alain Boumier, président de l’Académie du Second Empire et fondateur du Comité national pour la reconstruction des Tuileries ? « On ne peut comprendre l’histoire de France et de l’Europe sans les Tuileries », déclare-t-il. « Tous les régimes y ont siégé, y compris la Convention. » Certes, mais le projet de relever l’édifice long de 260 mètres qui reliait les pavillons de Flore et de Marsan suscite la colère d’une partie de l’opinion. Histoire et amnésie : la France n’en aura-t-elle jamais fini avec le mal-être vis-à-vis de son passé ?



Retour sur images.

Mai 1871. Installé sur la terrasse du Louvre, le Communard Bergeret, contemple, satisfait, les flammes qui dévorent le bâtiment, siège du pouvoir central de Louis XVI à Napoléon III. La mosaïque de pierre commencée sous Catherine de Médicis met trois jours à brûler. Bergeret a tenu sa promesse : « Quand je quitterai les Tuileries, les Tuileries seront en cendres. » Seuls tiennent debout les deux pavillons d’angle, ainsi que l’aile Rivoli et les galeries qui longent les quais. Le reste n’est plus que pans de murs noircis. À ce stade, la réhabilitation est encore possible. Sous la Troisième République, elle trouve d’illustres défenseurs, entre autres Hector Lefuel, Haussmann et Charles Garnier, dont les plans seront refusés. Pétitions et requêtes se multiplient, qui engagent l’État à prendre une décision. Mais en 1883, le couperet tombe. Les fondations sont proprement raclées, du fait de la loi d’arasement promulguée par Jules Ferry qui déclare, trop franc pour être honnête : « Les véritables partisans de la reconstruction doivent commencer par voter la démolition. » Le crime perpétré, les projets de réédification continuent de voir le jour : en 1889, une pyramide en l’honneur de la Révolution française ; plus près de nous, un projet de résidence pour le général De Gaulle ; aujourd’hui, la reconstruction pure et simple de l’édifice. Répandue par voie de presse, la nouvelle passe auprès de certains pour une fumisterie. Cependant l’on apprend que, le 6 juin 2006,  Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, a emboîté le pas à la phalange « reconstructionniste » et créé une commission ad hoc, sous l’égide de l’académicien Maurice Druon. Le terme avancé par Alain Boumier, « reconstitution  à l’identique », laisse perplexe, si l’on songe à l’accumulation des bâtiments de styles différents qui constituaient le palais au moment de sa disparition.



Résultat de trois siècles de travaux

Les Tuileries sont inséparables des noms d’architectes comme Philibert Delorme, Bullant, du Cerceau, Le Vau, Fontaine… Le parti pris par le comité serait de restituer l’état Napoléon III, grâce à la documentation très complète — relevés, plans et photos — dont on dispose. La célèbre formule de l’architecte Viollet-le-Duc, restaurer un édifice, c’est le rétablir dans un état qui ne peut jamais avoir existé à un moment donné, plane tout de même sur l’entreprise. « On profite des dégâts pour tenter de revenir à un hypothétique « état initial », démarche unanimement condamnée dans les instances internationales », rappelle Patrick Ponsot, architecte en chef des Monuments historiques. Nouvel argument clé du comité : vue du Louvre, la perspective de l’Arc de triomphe n’est pas dans l’axe. Loin d’être obturée par le palais, elle serait  rendue à elle-même, telle que l’avait voulue Napoléon, dans l’alignement des Tuileries.

Au moment où le patrimoine se retrouve à la portion congrue, où tous les corps de métier doivent rattraper les dégâts causés par l’arrêt des chantiers depuis deux ans, l’opération laisse sceptique. Estimés à 300 millions d’euros soit 401 millions de dollars, les travaux ne devraient pas coûter un centime à la Ville de Paris ni à l’Etat, affirme le président Boumier, qui prévoit une souscription nationale, voire internationale auprès de particuliers. Les mécènes  se demanderont-ils s’ils n’ont pas de causes  plus urgentes et plus justes à défendre ? La mémoire des peuples est jalonnée de refus et d’oublis, et la République avait volontairement occulté les Tuileries. « La guerre du faux » dénoncée par Umberto Eco, fleurit  un peu partout dans le monde, comme les « châteaux français » de la banlieue de Pékin, plus proches des Disneylands que des originaux dont ils s’inspirent.  


Par Anne Pons
2007-06-12

Bien à vous.

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Message par Mikha89 le Sam 28 Juin 2014, 20:05

king intéressant
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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:09

Et si on reconstruisait les Tuileries ?
       Par Léopold Sanchez
       Publié le 20/11/2010 à 17:38

Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler11
Le palais des Tuileries restitué en images 3D. Voici à quoi le site ressemblerait s'il était toujours en place. Au premier plan, la longue façade ombragée n'existe plus. (Aristeas-Hubert Naudeix)

Le projet de reconstruction des Tuileries est-il une vague rêverie d'historiens réactionnaires ou un projet moderne et séduisant? La polémique soulève les passions.

Voici plus d'un siècle que le pavillon de Flore et le pavillon de Marsan se font face, de part et d'autre d'un espace vide. Le fait qu'il n'y ait rien à cet endroit rend à la fois inutile et sans cause l'arc de triomphe du Carrousel qui, de majestueux à l'origine, a tourné au dérisoire. Et en plus, cela a fait perdre tout son sens au jardin.»

La déclaration de Stéphane Millet, président du Comité pour la reconstruction des Tuileries, vient jeter un pavé dans la mare.

Si l'Etat s'est contenté jusqu'à présent de hausser les épaules, il semblerait que les arguments des opposants à la reconstruction soient en train de se retourner contre eux. La sortie d'un ouvrage savant et neutre sur les Tuileries * montrant, au moyen de restitutions en 3D (société Aristeas), à quoi pourrait ressembler le bâtiment s'il était toujours en place aux extrémités du Louvre, ainsi que la reprise en main du comité militant pour la reconstruction du palais viennent relancer le débat.
Tout était réuni pour en faire un chef-d'oeuvre : les plus grands architectes, la beauté de la pierre, l'élégance des sculptures, la somptuosité des décors. Ce qui fait dire aujourd'hui aux opposants qu'on ne pourra jamais refaire que de l'à-peu-près ! (Aristeas-Hubert Naudeix) Tout était réuni pour en faire un chef-d'oeuvre : les plus grands architectes, la beauté de la pierre, l'élégance des sculptures, la somptuosité des décors. Ce qui fait dire aujourd'hui aux opposants qu'on ne pourra jamais refaire que de l'à-peu-près ! (Aristeas-Hubert Naudeix)

Rétablir la perspective sur les Champs-Elysées

Selon l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres: «C'est Maurice Druon qui est à l'origine de ce dossier. En 2005, il est venu me trouver Rue de Valois pour m'exposer ses grandes lignes. Ma réponse, à l'époque, était claire: je m'engageais à le soutenir, à condition que cela ne repose pas sur le budget des Monuments historiques. Il m'a proposé alors un plan de financement, par des partenaires privés, que j'ai trouvé tout à fait viable.»

L'estimation du coût du projet est alors de 350 millions d'euros. La somme paraît importante, mais selon le représentant du Comité, elle ne représente que «le quart du montant des travaux du Grand Louvre (1,2 milliard d'euros), et on n'aurait besoin que de dix-huit mois pour réunir le budget grâce à une souscription internationale et au mécénat d'entreprise». Toutes les difficultés ne sont pas levées pour autant. A commencer par l'impact de nouveaux aménagements sur la « respiration » de la ville. En effet, il ne serait pas anodin de voir s'élever un lieu nouveau à un endroit clé pour le trafic urbain.

«Oui et non! réplique Stéphane Millet. On n'est pas encore dans le périmètre du jardin, puisque la grille d'entrée est à une cinquantaine de mètres à l'ouest; ce n'est plus une voie de communication depuis que la liaison berges-Rivoli est souterraine; ce n'est même pas une voie piétonne, vu l'état du sol en cet endroit, où l'on s'est contenté de planter quelques massifs de buis entre deux ou trois statues.» Selon lui, la reconstruction des Tuileries redonnerait au contraire à l'ensemble monumental du Louvre une cohérence sur le plan urbanistique.

Les détracteurs du projet, en la personne d'Alexandre Gady, professeur des universités et historien de l'architecture, répliquent aussitôt que l'«on va ainsi fermer une perspective vantée dans les dépliants touristiques du monde entier». Il suffit, pour s'en convaincre, de voir le nombre impressionnant de touristes qui s'arrêtent là afin de se faire photographier. Un argument qui a fait long feu aujourd'hui, si l'on en croit les arguments de la défense: «La fameuse perspective sur les Champs-Elysées s'avère une complète illusion, souligne Stéphane Millet, notamment depuis l'érection de la pyramide de Pei à un bout et l'arche de la Défense à l'autre. On a accentué la brisure qui existait, dès le départ, à l'endroit des Tuileries.» Le baron Haussmann avait d'ailleurs prévu cet inconvénient, lorsqu'il déclarait aux partisans de la destruction: «Les ruines des Tuileries font encore obstacle à la vue d'irrégularités que vous allez mettre à découvert.»
Le 24 mai 1871, il ne restait plus des Tuileries que leur structure de pierre. Incendié par la Commune, comme la plupart des bâtiments officiels de la capitale, le palais ne fut rasé que treize ans plus tard. Un très petit nombre de personnes se prononçait alors pour sa disparition. (Archives nationales) Le 24 mai 1871, il ne restait plus des Tuileries que leur structure de pierre. Incendié par la Commune, comme la plupart des bâtiments officiels de la capitale, le palais ne fut rasé que treize ans plus tard. Un très petit nombre de personnes se prononçait alors pour sa disparition. (Archives nationales)

Un nouveau palais pour y mettre quoi?

Remettre les Tuileries à leur place, aux extrémités du Louvre, redonnerait au contraire son axe à la grande perspective depuis l'arc de triomphe de l'Etoile, qui n'a été placé là par Napoléon Ier que pour faire face au pavillon central des Tuileries. «L'arc du Carrousel, renchérit Stéphane Millet, retrouverait sa fonction de porte d'honneur du palais et ses proportions exactes au milieu du cadre architectural pour lequel il a été créé.» Reste que l'Etat est propriétaire du terrain, et que lui seul peut donner le feu vert au projet. C'est là que le bât blesse !

Cette ouverture sur le vide a quelque chose d'une amputation, qui n'a pas échappé aux précédents gouvernements. Déjà, en 1882, Jules Ferry, alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, soutenait la reconstruction du palais. Il alla même jusqu'à confier à Charles Garnier la mission de plancher sur le sujet. Plus récemment, le général de Gaulle, au lendemain de son élection, avait chargé l'architecte Henry Bernard de réfléchir à une reconstruction, pour servir éventuellement de résidence au chef de l'Etat. Sur le plan technique, s'il ne reste aucune trace visible de ce bâtiment, en revanche ses soubassements sont conservés (entre la voie souterraine et le parking du Carrousel) et ses caves, obstruées lors de la démolition, n'ont jamais été fouillées. D'autre part, ses pierres ont été dispersées un peu partout en France. Stéphane Millet appuie cet argument: «Les plans des Tuileries sont conservés aux Archives, ainsi que les projets de Lefuel pour leur remaniement au XIXe siècle. En ce qui concerne le mobilier, il est précieusement gardé au département des objets d'art du Louvre, ainsi que les tableaux qui étaient aux murs. Quant aux carrières qui ont fourni les pierres du bâtiment, elles sont toujours en activité en Ile-de-France, et la reprise d'un tel projet serait même un ballon d'oxygène pour l'emploi dans une foule de secteurs des métiers d'art.»

Michel Carmona, directeur de l'Institut d'urbanisme et d'aménagement de la Sorbonne, abonde en ce sens: «La reconstruction d'un monument de cette ampleur pourrait faire l'objet d'un chantier-école pour les métiers d'art, que l'on pourrait même envisager en collaboration avec la chambre des métiers.»

Vingt mille mètres carrés qui s'ouvriraient à l'exploitation en plein cœur de Paris, à un moment où le Louvre manque de place pour exposer de nouvelles collections entreposées dans ses réserves, et où il cherche de nouveaux lieux pour les mettre à l'abri du danger d'une crue de la Seine, ne serait-ce pas une aubaine? Même si le palais reconstruit devait conjuguer d'autres fonctions, comme celle de centre de congrès ou de lieu nouveau pour des événements internationaux... Les projets ne manquent pas.

Reste que l'Etat a d'autres chats à fouetter actuellement. Comme le souligne Renaud Donnedieu de Vabres, «avec 40.000 édifices publics (soit 50% des monuments historiques européens), l'Etat est déjà responsable d'un patrimoine architectural considérable». Et au moment où les pouvoirs publics essayent de se débarrasser de cette énorme charge financière, leur ajouter 20.000 mètres carrés de salles et de salons, de couloirs et d'escaliers, ce n'est pas très raisonnable. «On a besoin de restaurer et d'entretenir notre magnifique patrimoine, non de faux monuments, plaide Alexandre Gady. Une reconstruction "à l'identique" (d'ailleurs impossible) impliquerait de détruire partiellement les pavillons de Flore et de Marsan. Cela n'a pas de sens! Pourquoi pas aussi reconstruire Lutèce sur l'île de la Cité? »
Vue du pavillon central, du côté de la place du Carrousel. (Aristeas-Hubert Naudeix) Vue du pavillon central, du côté de la place du Carrousel. (Aristeas-Hubert Naudeix)
Un témoin absent de l'histoire nationale

Cette position est bien caractéristique des archéologues et historiens, mais aussi d'un grand nombre d'opposants, comme Claude Mignot, professeur à la Sorbonne ou Philippe Belaval, directeur des patrimoines au ministère de la Culture : «Au moment où chacun a le sentiment qu'il y a des besoins énormes, tant en restauration qu'en conservation du patrimoine, se tourner vers un tel projet me semble un peu léger.» Même si c'est une belle idée !

Or, toute belle idée en France soulève les passions, à plus forte raison lorsqu'elle est liée à l'histoire du pays. Pour le commun des mortels, le nom de Tuileries évoque aujourd'hui un simple jardin ! Combien de gens savent qu'au-delà des plus grands architectes, comme Philibert Delorme, Bullant, Androuet du Cerceau, Le Vau, Percier, Fontaine qui, depuis la Renaissance, ont contribué à faire de ce palais un lieu de prestige, c'est ici que se sont tournées certaines des pages les plus déterminantes de notre histoire.

C'est aux Tuileries que Beaumarchais créa son Barbier de Séville en 1775 ; que Mozart joua pour la première fois sa symphonie n° 31, dite Parisienne, en 1778 ; que fut renversée la monarchie. Ici que furent mis en application les principes fondateurs de la République: les droits de l'homme, la souveraineté du peuple, la notion contemporaine de l'Etat. Que d'événements en moins d'un siècle, entre 1789 et 1870 ! Le séjour surveillé de la famille de Louis XVI, la fuite à Varennes, la conspiration des poignards, le sac du palais par le peuple, les séances de la Convention, les splendeurs du premier puis du second Empire... jusqu'à l'anéantissement par la Commune, le 24 mai 1871, et l'arasement total des Tuileries, en 1884. Comme si l'on avait voulu effacer la mémoire de ce monument au cœur de Paris.

*Le Palais des Tuileries, de Guillaume Fonkenell, Editions Honoré Clair, 224p., 49€.

Bien à vous.

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:14

Le palais des Tuileries - Page 2 Maquet10
Maquette du palais des Tuileries à Paris
dans son état du début du XVIe siècle
Réalisée par Aristeas en 2010 d’après, pour une partie
les dessins d’Androuet du Cerceau
Paris, Musée des Monuments français
Photo : Didier Rykner

Bien à vous.

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:19

Pour comprendre ce qu'était la perspective sur les Champs-Elysées:

Le palais des Tuileries - Page 2 Perspe10
Louis Ducis, Louis XVIII assiste des Tuileries
au retour de l'armée d'Espagne. 2 décembre 1823

Bien à vous.

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:26

Le palais des Tuileries - Page 2 Palais11

Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler12

Le palais des Tuileries - Page 2 Palais12

Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler13

Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler14

Bien à vous.

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:33

Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler15
Le Palais des Tuileries en 1791

Bien à vous.

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Message par Mme de Sabran le Sam 28 Juin 2014, 20:34




Merci, cher Majesté, pour ce bel exposé d'un projet sans doute utopique mais tellement séduisant !  Very Happy
Mme de Sabran
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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:38

M. de Castelnau avait écrit dans le CDB le 13 janvier 2009:

Plan visuel des appartements royaux aux Tuileries
Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler16
Encadré Bleu correspond au Pavillon Marsan et le rez-de-chaussée était occupé par Madame Adélaïde

Encadré Vert correspond au premier étage du Pavillon de Flore: Appartements de Madame Elisabeth

Encadré Orange correspond au rez-de-chaussée du Pavillon de Flore: Appartements de Madame de Lamballe

Encadré Violet correspond au rez-de-chaussée et à l'appartement de Marie Antoinette. La fenêtre "coloriée" est celle de sa Chambre.

Encadré Jaune correspond au Premier étage et à l'appartement du Roi.
La fenêtre coloriée au dessus de celle de la Reine était la chambre de Madame Royale.
Les deux autres fenêtres coloriées correspondent au Pavillon Bullant. Celle au milieu est celle de la chambre du Roi. A sa Droit celle du Dauphin.

Bien à vous.

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:41

Monsieur de Castelnau poursuivait :

Voilà j’ai un peu plus re renseignements sur le Palais des Tuileries et surtout concernant la décoration lorsque Louis XVI et Marie Antoinette furent forcés de s’y installer… s’installer dans une demeure qui depuis la jeunesse de Louis XV n’avait pas été chauffée, occupée il est vrai mais dans un état « pitoyable »…

Je fais rapidement une petite description sur le « pillage » du 10 Août 1792 avant de poursuivre ma présentation « décorative » J J J
Les observateurs sont nombreux et témoignent surtout du grand désordre qui règne dans le Palais suite à l’attaque du Palais. On y note des vitres brisées, des rideaux déchirés, des porcelaines en miettes, le bureau de Louis XVI fracturé (sans doute recherchait on des papiers compromettants… )… mais à côté de ce désordre on signale la présence d’un tableau de Louis XIV dans l’antichambre qui est resté en place. Certains témoignages ont laissé des doutes car les « visiteurs » visitent le Palais après les combats et laissent sous entendre que la nuit venue se sera le pillage…
Ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé car dès le 11 août les scellés sont apposés et l’assemblée ordonne de dresser un Inventaire et état des lieux qui sera tout de suite recoupé avec celui de 1791… ces 2 inventaires à quelques exceptions sont très proches ce qui confirme que le pillage a plus été « pensé » que « réalisé » J J J

Concernant le décor des lieux, je suis en train de revoir tous les plans Louis XIV qui restent concernant Louis XVI et Marie Antoinette les derniers éléments de structures architecturales connues. Pourquoi après me direz-vous ? J. Tout simplement car au lendemain du 10 août et sur proposition de Saint-Just l’assemblée décide d’occuper le Palais des Rois… et vous imaginez ce que cela a signifié… disparition des éléments royaux… chasse aux lys pourrait on dire J… et surtout on dépose les décors classiques datant de Louis XIV pour créer des bureaux. A part les grands appartements somme toute conservés dans leur modénature le reste est modifié et donc on n’est plus trop sûr de savoir s’il a pu subsister les éléments de décor Louis XIV dans les parties privées et en intégralité ….
En outre lorsque Napoléon arrive aux Tuileries, il refait tout, poussé aussi par Joséphine dont la vue des moulurations Louis XIV semble lui soulever le cœur !!!

(...)

Revenons à la décoration des Tuileries pour Louis XVI et Marie Antoinette. Pour ceux d’entre vous ayant accès aux archives nationales j’ai donné pour certains éléments les cotations.

Avant tout il faut savoir que Louis XVI et Marie Antoinette n’entrent pas dans les Tuileries que nous connaissons de mémoire, le Palais d’Eugénie et de Napoléon III… non du tout, ils pénètrent dans un Palais laissé à l’abandon depuis Louis XIV !!! et même pire car il est signalé qu’il y existe encore de petits vitraux plombés datant de Catherine de Médicis !!!!

Louis XVI et la famille royale découvrent donc leur nouvelle résidence de nuit car après un retour Versailles d’une extrême lenteur, la famille royale n’arrive au Palais qu’à 22h30. Se doutent-ils que durant toute la journée on a fait la chasse aux occupants des lieux ? que cette folle poursuite cohabitait avec les ouvriers chargés de remettre en « l’état » le Palais ? car oui cette journée fut chargée pour la famille royale mais aussi aux Tuileries où il fallait en un temps record aménager vite les lieux, ou tout au plus les rendre « habitables »… c’est d’ailleurs aucune de ces priorités qui sera appliquée car on va épousseter en attendant que le Roi ordonne le réaménagement. Quoiqu’il en soit on a pensé à mettre les bottes de paille pour servir de couchettes !!!

Quel embarras donc et cet embarras durera environ 3 jours car Marie Antoinette le dit elle même « Je n’ai que ma petite chambre en haut ; ma fille couche dans mon Cabinet et mon fils dans ma grande chambre »… par Grande Chambre elle fait référence à l’ancienne Chambre des Reines située au 1er étage et au lourd mais fabuleux décor Louis XIV. Le Grand Appartement du Roi donnant Cour du Carrousel est intact.

En regardant par la fenêtre de la Grande Chambre des Reines de France côté jardin du Palais, Marie-Antoinette a eu droit à un spectacle encore plus désolant que le Palais lui-même… même de nuit elle constate ce qu’elle verra le matin lorsque les poissardes seront sur la terrasse… le jardin est dans un état de délabrement à un point tel qu’elle découvre la Grande Pièce d’eau délabrée, les bordures des bassins brisées, les charmilles délaissées… En se retournant que voit elle ? une chambre jadis resplendissante aux ors passés, aux gloires et vertus peintes au plafond qui n’annoncent plus la félicité de la Reine et l’amour de ses sujets. Toujours de dos à la fenêtre elle découvre par les enfilades à gauche les appartements de son époux… lui semble s’accommoder mais ce n’est qu’une impression car Louis XVI est silencieux et ses silences en disent long… se doute-t-elle qu’il est en train de penser aux travaux à effectuer, à l’ameublement qu’il faut faire revenir des Palais, et se doute-t-elle qu’il va s’endormir en pensant au plan de 1783 où il voulait transformer sur des plans de Mique le Palais des Tuileries en Musée ? qu’en cet instant il pense plus à se servir de ces plans d’agrandissements et d’embellissements pour en faire une résidence royale ? on ne le sait pas car déjà la Reine détourne son regard vers l’autre côté… à droite elle devine la suite des salons du Grand Appartement des Reines, dans une presque obscurité… et ce bruit, celui des ouvriers, celui du peuple, celui des occupants récalcitrants que l’on continue de chasser… pour un peu elle regretterait Versailles et sa Chambre de Parade.

Après trois jours d’occupation ou plutôt de « camping » dans ce Palais, Louis XVI et Marie Antoinette commencent à tracer les premières grandes lignes de leur vie aux Tuileries. Le Roi émet le désir d’avoir son fils à ses côtés… il veut aussi sa fille… et Marie Antoinette que veut-elle ? Elle répond aux souhaits de son époux et prend possession du rez-de-chaussée, c’est à dire les appartements dits du Dauphin, situés en dessous du Grand Appartement des Reines.


Les Tuileries avant octobre 1789 était occupées par des privilégiés pourrait-on dire. Ainsi Marie Antoinette récupère un appartement « princier » qu’occupait « à titre gracieux » la Comtesse de la Marck. Sans en modifier la distribution, la Comtesse de La Marck avait cependant mis au goût du jour cet ensemble de pièces… ainsi Marie-Antoinette gagne au change car elle retrouve un cadre et un décor XVIII° et non XVII°. La seule grande modification en ce début d’aménagement sera le démontage des plafonds. En effet, il apparaîtrait que les beaux plafonds de Louis XIV avaient dû être recouverts… mais sur ce point je n’ai pas d’autres informations, la lecture des devis aux archives nationales doivent répondre à ce doute J

Cet appartement devient donc grâce à Marie Antoinette celui d’une Reine de France. Elle découvre des pièces soignées, dans l’air du temps. Une salle des Gardes, une salle des Valets de pied, une salle des Buffets, un salon de Compagnie ou des Nobles, une chambre et une multitude de petits cabinets composent l’appartement de Marie-Antoinette.

En accord avec Louis XVI, elle laisse l’ancien appartement des Reines à son fils le Dauphin. Plus de sécurité doit elle se dire. Et surtout la proximité avec son père le Roi le protège… Marie-Antoinette a bien vu durant ce retour de Versailles et cette arrivée à Paris que le Roi est encore apprécié… mais elle… cela ne tient qu’à un fil. Elle est dans cette chambre qu’elle laisse à son fils se remémorant cette histoire de Mont de Piété. Mais non il y a plus urgent. Son fils à des appartements, elle aussi, le Roi occupe tout naturellement les appartements des Rois depuis Louis XIV et conserve ceux du rez-de-chaussée qui sont accolés à ceux de la Reine. Que faire pour Madame Royale ? Son père la veut près de lui aussi… une seule solution s’impose, celle de lui attribuer les petits entresols au dessus de la chambre de son père. Ces entresols où Marie Antoinette passera les premiers jours du retour aux Tuileries avec sa fille. Ces fameux entresols qui furent réaménagés avec goût lorsque la Reine se rendait à Paris. Ces fameux entresols au joli mobilier de Riesener. De petits entresols cependant vastes. Car Madame Royale fera de ce lieu son domaine : une antichambre servant de salle à manger, une chambre, un cabinet, un boudoir et des gardes-robes. Lorsqu’on voit où se situe la Chambre du Roi et qu’on imagine donc où se trouvent, juste en dessus, les appartements de Madame Royale, on a tristesse de savoir qu’entre le départ pour Montmédy et le retour de Varennes, quelqu’un se soit introduit pour dérober les « aumônes » de Madame Royale…

Madame de Tourzel est un œil intéressant pour nous car grâce à elle, nous revivions les premiers travaux d’aménagements qui concernent en premier lieu la constitution d’un véritable réseau de petits escaliers et couloirs afin de rejoindre et lier les appartements entre eux, et surtout un escalier plus privé reliant les appartements du roi à ceux de la reine.

En cet automne 1789 il est intéressant d’apprendre que la guerre qui existait entre les gardes meubles se soit totalement arrêtée. En effet, c’est le Garde meuble privé de la Reine qui commence les aménagements. Celui de la Couronne ne fait en effet aucune mention concernant les Tuileries… il sera en action un peu plus tard.

Madame Elisabeth se voit attribuer le premier étage du Pavillon de Flore, tandis que celui de Marsan, fort éloigné, est donné à Madame Adélaïde qui peut y retrouver sa sœur Victoire qui réside au rez-de-chaussée du Pavillon Marsan. Pourquoi un tel éloignement des vieilles tantes ? Mesdames tantes préfèrent leur Château de Bellevue et ne séjourneront que très rarement aux Tuileries… de toute façon elles émigrent en avril 1791… et quelles péripéties que ce voyage d’exil pour elles !!!

Où mettre Madame de Lamballe… pourquoi pas le rez-de-chaussée du Pavillon de Flore qui n’est séparé que d’un escalier d’avec les appartements de Marie Antoinette ? On retrouve cependant deux destinataires pour cet appartement… Madame de Lamballe et / ou Madame de Chimay…

Marie Antoinette se rassure pour ses enfants. En 1783, elle avait fait réaménagé ses appartements. Son fils hérite donc du vaste appartement des Reines de France, mais il est meublé. Sa fille dans les petits appartements n’a pas de soucis à se faire. L’objectif prioritaire c’est et ce sera toujours les enfants.

Dès l’automne 1789, ce sont près de 800 ouvriers qui vont travailler aux Tuileries… et en à peine deux mois 280000 livres seront dépensées… comme quoi la venue du Roi à Paris n’a pas été une bonne chose pour ces révolutionnaires qui se targuaient de donner des leçons d’économie et de gestion à la Cour… et en plus ce sont des travaux effectués pour pallier à l’urgence… ce ne sont pas de véritables réaménagements et rénovations… celles ci débuteront qu’en 1790.

Pour le moment, les ordres du Garde Meuble de la couronne se multiplient à mesure que le Roi et la Reine ou la famille éprouve des besoins… et ils sont nombreux car tout manque aux Tuileries. Alors même que l’Assemblée Nationale se fait aménager une salle au manège, le Roi et la Reine pallient au plus pressé. L’ordre est de remeubler au plus vite… le Garde Meuble de la Couronne va donc s’y appliquer. Tout d’abord il y a la réutilisation et la réalisation de tentures et garnitures dites « anciennes ». Par exemple, dans la Grande Chambre du Roi, on va rallonger les plissures des rideaux en Gros de Tours Cramoisi. Pour le Cabinet Intérieur de Madame Elisabeth, on va chercher un meuble (rideau et garniture) qui était auparavant dans les cabinets de la Reine.

A cette époque, la famille Royale aurait fait le bonheur des magasins de bricolage car on fait venir une quantité impressionnante de papiers peints, en panneaux et en frises. L’alcôve du Roi par exemple n’est plus en tissu comme il était d’usage mais est ornée d’un papier composé de « panneaux d’arabesques fond blanc avec bordures étrusques à médaillon ; pilastres arabesques fond abricot ; frise de figures en grisaille sur fond violet »… décoration très intéressante quand on songe que la chambre avait conservé son décor sculpté Louis XIV avec plafond et lambris peints de paysages et d’arabesques.

On le voit, on ne modifie rien, on rafraîchit seulement le décor.

Dans l’antichambre dite de l’œil de bœuf on fait venir les portières dites des « saisons » et une pièce de la tenture des « Chambres du Vatican ».

A cela s’ajoutent quatre pièces de la tenture « Histoire de Jason » dans la salle du Conseil.

Six pièces de la tenture dite « Triomphe des Dieux » se retrouvent dans le billard aménagé sur une partie de la Galerie.

Douze pièces de la tenture « Histoire du Roi » prélevées des Grands Appartements de Versailles viennent orner la Galerie… elles sont visibles dans le tableau représentant la dernière messe aux Tuileries d’Hubert Robert.

Six pièces de la tenture « Don Quichotte » trouveront place dans la Grande Chambre à coucher du Roi. Dans cette Grande Chambre on avait aussi disposé un meuble de bois doré qui se trouvait dans la chambre du Roi à Choisy : douze ployants, deux grands fauteuils avec oreillers,un écran,un paravent de Satin blanc avec encadrement de velours cramoisi. Par la suite on fait revenir pour cette pièce les trois commodes de Riesener qui se trouvaient dans le Salon des Nobles de la Reine à Versailles.

On répartit dans la galerie, le cabinet du conseil et la Chapelle des guéridons et girandoles qui se trouvaient dans les Grands Appartements de Versailles.

Dix lustres de cristal sont placés dans la Galerie. Ils provenaient du Reposoir de Versailles. Ceux de l’antichambre et de la chambre proviennent de Choisy.

On décide même de faire revenir le mobilier qui avait servi à Meudon au Premier Dauphin…

Lorsque la famille royale part en séjour à Saint-Cloud en 1790, le Garde Meuble profitera de ce voyage pour dresser un inventaire. Il en ressort ce que Louis XVI et Marie-Antoinette avaient constaté… un ameublement hétéroclite, des provenances trop différentes et associées sans respect des formes surtout dans l’appartement du Roi et du Dauphin (banquettes à pied en gaine peintes en blanc dans la même pièce que des banquettes à pied de biche en bois verni ou à pied à dauphin en bois rouge !!!!!)

La salle du Conseil mérite une attention particulière car elle nous permet d’apprécier que même en crise le cérémonial royal se poursuivait avec application. Outre les tentures présentées plus haut et les rideaux en gros de Tours cramoisi, cette salle se composait de vingt-et-un ployants, cinq tabourets,un fauteuil à la Reine,un paravent le tout en bois sculpté et doré recouvert d’un brocard or sur fond sablé cerise et or à dessins de mosaïques. Cet ensemble se complétait de deux commodes en bois de palissandre et bronzes dorés de style Régence, d’une table de chêne recouverte d’un velours vert aux pourtours de damas cramoisi avec frange et galon d’or. Sur cette table se trouvait le fin du fin : Ecritoire et Clochette en argent provenant de la salle du Conseil de Versailles et surtout deux grandes cuvettes à flambeau en argent qui avaient appartenu à Louis XIV !!!

Pour les parties privées du couple Royal, en dehors de ces salles d’apparat se situant au premier étage donnant cour du Carrousel, on signale les 4000 volumes de la bibliothèque « versaillaises » de Marie Antoinette qui furent transférés aux Tuileries et répartis dans la bibliothèque de Louis XVI, dans les passages et le Boudoir de la Reine en entresol (cette fois ci entre le rez-de-chaussée et le premier étage et non le boudoir donné à Madame Royale).

Ce Boudoir nouveau fut aménagé en décembre 1789 à la demande de la Reine juste au dessus de la bibliothèque de Louis XVI (pavillon Bullant). Son décor devait être ravissant car on parle de papier peint couleur Acajou composant des panneaux, des pilastres, des soubassements et corniches avec ornements rehaussés d’or et des miroirs provenant des réserves de Choisy. On est loin de l’étau qui se trouvait juste en dessous dans une des pièces du cabinet du Roi…


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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:44

Monsieur de Castelnau a écrit :

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Les plans des Tuileries sous Louis XIV et sous Louis XVI du site http://tuileries.org/ vous aideront à mieux localiser certains endroits... même s'il apparait en feuilletant archives et documentations quelques erreurs... Madame Royale était au dessus de la Chambre du Roi Pavillon Bullant, Le Dauphin occupera après Varennes la pièce localisée sur les plans.

Par contre pour ceux qui peuvent, les archives nartionales sous la référence AN O 1683 possèdent le plan du Jardin du Dauphin qui était entouré de treillages Smile

Bon je me dépêche pour vous livrer la fin de cette décoration des Tuileries.


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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:45

Mme de Sabran a écrit :

On croirait, cher Monsieur de Castelnau, que vous êtes né dans ces murs et que vous y avez passé toute votre vie ! Nous vous y suivons pas à pas.
Vous avez eu beaucoup de travail pour nous taper toutes ces informations ! Grand merci !
En effet, les Tuileries n'étaient pas inhabitées avant le six octobre, mais envahies, encombrées, par toute une population hétéroclite, entassée cul par dessus tête, dans des conditions d'inconfort et d'insalubrité notoire, au même titre que le palais du Louvre tout proche.
Monsieur et Madame étaient au Luxembourg, c'est bien cela ?


M. de Castelnau a répondu :


1790 fut une période de relative baisse du nombre de transferts de mobiliers. Quelques réparations interviennent, comme celle du billard du Roi en avril 1790 ou le remplacement dans la Chapelle des toiles de coton usées et la mise en place de rideaux de taffetas violet sur les tableaux de la Chapelle et un damas de Tours dit aux cinq couleurs pour le parement de l’autel. Restons à la Chapelle qui s’est enrichit de la « chapelle » de Versailles. Mais rien n’est trop beau pour honorer Dieu , car après tout Louis XVI en bon lieutenant de Dieu demande à Séné de fournir un piédestal afin de poser le Saint Sacrement.

1790 est une année d’économie aussi car on réutilise les tentures des Etats Généraux qu’on associe avec les ployants provenant des appartements de Mesdames à Versailles pour le Grand Couvert aux Tuileries.

Profitant du séjour du Roi et de la famille Royale à Saint-Cloud, Marie Antoinette décide d’en profiter pour refaire faire sa chambre et son appartement. Les archives nationales sous la référence AN O 3419 possèdent l’inventaire et l’état des lieux au 19 octobre 1789 !!!.

Elle fait agrandir sa salle à manger et fait tapisser les murs de papier dit « cendre verte » encadré et quadrillé par des tores de fleurs.

Dans la Chambre de Marie Antoinette, on retire le damas vert et blanc datant de la Comtesse de La Marck pour le remplacer par un pékin bleu et argent… le même commandé à l’époque pour Choisy et qui se retrouva un temps dans le Cabinet Intérieur de la Reine à Versailles ou en garniture des meubles ayant servit à Gustave III lors de son séjour à Versailles… D’ailleurs le lit et les sièges redorés à l’occasion de cette transformation de la chambre furent ceux ayant été utilisés par Gustave III à Versailles…
Ce lit sera « enrichi » d’un support pour y accrocher une lanterne (je revois la scène où la reine lit et en pleine nuit un garde national vient lui taper la causette) et une crémaillère pour permettre la suspension d’une pendule.
A cela s’ajoute : une commode avec dessus de marbre blanc
un secrétaire en armoire
une toilette en marqueterie de bois gris satiné et bronzes dorés
J’attire votre attention sur le fait que ces meubles de Riesener ne sont sans doute pas ceux que nous connaissons… et qui se trouvaient dans le petit appartement de la Reine lorsqu’elle se rendait à Paris. Il pourrait donc s’agir d’un autre mobilier de Riesener mais les archives du garde meuble de la Reine sont introuvables… donc ce serait un ensemble non identifié et non localisé.
un corps de bibliothèque en acajou
un feu à grille
une paire de bras de lumière
deux candélabres de bronze doré (même modèle que ceux de Saint Cloud : de forme trépied reposant sur boucs, avec têtes de satyres et d’aigles portant bobèches)

Ce sont ces appartements , dans cette configuration que quitte la Reine un soir de juin 1791…


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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:48

M. de Castelnau a écrit :
Mme de Sabran a écrit: Monsieur et Madame étaient au Luxembourg, c'est bien cela ?
Ils y étaient ou  Smile  Smile  Smile  et même très bien installés!!! Le Luxembourg appartenait à Provence je crois bien donc il a toujours "entretenu" cet édifice. Eux sont arrivés dans un palais chaud, bien garni, douillet... alors que la famille royale elle s'est retrouvé en enfer pourrait on dire....
Le pire c'est que Provence aurait pu les inviter en attendant la fin des travaux... ce qui aurait été accepté par l'assemblée soucieuse de s'installer sur Paris et la commune soucieuse de se concilier le Roi... mais non , du tout, le Roi reste aux Tuileries

Le pire c'est que les Provence venait manger aux Tuileries... je les vois bien en "inspecteurs des travaux finis" Wink  Smile Smile Smile 


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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:49

M. de Castelnau a écrit :

Retour au Tuileries après l’échec à Varennes… Le Roi et la Reine voient-ils la pancarte « Logis à louer » ? en tout cas ils traversent Paris dans le silence, les chapeaux des hommes sont vissés sur la tête, les gardes formant une haie d’honneur… ou plutôt est ce une haie funèbre, portent leurs fusils crosse en l’air… tel un deuil… on a même bandé les yeux de la statue équestre de Louis XV. Les occupants de cette berline n’ont qu’une hâte, rentrer aux Tuileries… le pont tournant passé ils peuvent souffler et revoir les images de leur périple… le Roi comptait sur la province, et c’est la province qui le rejette à Paris ; il s’attendait au soutien et à l’amour des bons « rémois », ils lui ont craché au visage par leurs insultes ; la Reine elle aussi a eu sa part … on lui a déchiré un pan de sa robe… ce qui n’est rien à côté du crachat qu’a reçu Louis XVI… mais il y a encore moins d’un an jamais personne ne se serait permis de toucher par n’importe quel manière le Roi et la Reine. Ils ont reçu les insultes ça oui mais jamais ils n’avaient eu le geste…

En entrant, la famille royale retrouve ses appartements… ils ont été fouillé c’est sûr dailleurs voilà Mousseline qui n’est plus sérieuse car elle pleure… on lui a dérobé ses « aumônes » qui se trouvaient dans son secrétaire… la Reine calme vite ce chagrin en lui remettant le montant de ce qui a été volé… ainsi donc c’est ça aussi les Tuileries, un Palais où plus qu’à Versailles on peut s’introduire dans les appartements les plus isolés… d’ailleurs il y a du bruit derrière le corridor longeant l’appartement de la Reine… pas besoin d’ouvrir car déjà un garde national pénètre… ordre est donné de laisser les portes ouvertes et ce fameux corridors sera surveillé par des tours de garde…

Louis XVI a compris que les Tuileries seront leur unique lieu de résidence… ils vont devoir s’y habituer et pour cela la famille royale se lance dans une frénésie de remeublements et de réaménagements qui s’arrêteront en 1792…

On décide de redorer les meubles des Grands Appartements. On fait venir de Versailles deux lustres à huit lumières du foyer de l’Opéra pour orner la salle du Conseil. Nous assistons aux derniers feux de l’Ancien Régime… on fait venir la commode ornant la chambre de Madame Thierry de Ville d’Avray , quatre guéridons et leurs girandoles de la galerie des glaces de Versailles pour décorer la chambre du Roi.

Peu de temps après le retour de Varennes et en tout cas moins de deux mois après, on procède au réaménagement du Salon de compagnie ou des Nobles de Marie Antoinette. On pose un damas lampas bleu, gris et blanc, à dessin d’arabesques à cyclopes et à bordure de cariatides et rosaces en tête de lion. Pour le mobilier on emploi les bois dorés et sculptés du mobilier dit de Vaudreuil que la couronne avait acheté en 1788 : dix grands fauteuils, huit fauteuils courants, six fauteuils à carreaux, six chaises, deux causeuses, six voyeuses, deux paravents. Séné complète cet ensemble par deux canapés, deux tabourets et une chaise haute. Benneman y ajoute deux écrans en acajou. Dès septembre, Marie Antoinette poursuit cet aménagement en faisant supprimer l’Ottomane de la croisée pour la remplacer par une estrade de Benneman sur laquelle prennent place deux fauteuils en acajou de Séné.
Benneman est incontournable car il livre une table ronde en acajou.

La chambre de la reine se réaménage par un lampas vert et blanc qui est remonté sur les bois réparés auxquels Séné a complété l’ensemble par un canapé. Benneman fournit deux encoignures identiques au reste du mobilier d’ébénisterie présent dans la pièce.

La salle à manger est importante car c’est ici que désormais la famille royale prend ses repas… on y place la tenture de Beauvais « Les convois militaires ». Boulard fournit douze chaises en acajou avec dossier carré et on réutilise douze chaises en acajou avec dossier lyre du mobilier Vaudreuil. Benneman exécute un bas d’armoire à deux vantaux, deux commodes, deux encoignures… le tout en acajou, bronzes dorés et dessus de marbre blanc. Enfin une lanterne dorée vient chapeauter la pièce !!!

On comprend mieux pourquoi le Comité de Salut Public utilisa les appartements de Marie Antoinette… ils étaient on peut dire les mieux « restaurés » …

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:50

Monsieur de Castelnau a écrit :


Maintenant que nous avons terminé avec Marie Antoinette, intéressons nous au reste de la famille royale et surtout à sa manière de vivre entre le retour de Varennes et la prise des Tuileries. Pour le Dauphin, les appartements qu’il occupe ne sont pas touchés… et pour cause, il prend place dans les appartements de son père et dort derrière la chambre du Roi… qui aurait paraît-il creusé la cloison afin de le voir …. Là par contre je ne sais plus où j’ai lu ça mais je l’ai lu ...

Madame Royale voit ses appartements faire peau neuve. On va procéder au renouvellement du papier peint concernant les antichambres et son cabinet d’étude. C’est un décor à l’Etrusque qui va apparaître et décorer ces pièces qu’elle quittera le 10 août… pour ne les revoir qu’en 1814… et là encore avec toutes les modifications de l’Empire elle ne retrouvera plus grand chose du décor qu’elle avait connu… On raconte que la première chose qu’elle fit en arrivant aux Tuileries sera de parcourir le Palais et de s’enfermer dans les anciens appartements de sa mère…
Sa chambre est ornée d’une nouvelle tenture, alors que le salon se voit rendu plus confortable avec la mise en place d’une moquette anglaise, d’un canapé dit à colonnes isolées (si quelqu’un connaît je serai ravi d’en voir une photo ), d’une console provenant de chez le marchand Daguerre et d’une table guéridon pour le déjeuner livrée par l’incontournable Benneman.

Madame Elisabeth ,elle aussi, s’aménage un appartement plus confortable. Rêve-t-elle de Montreuil ? quoiqu’il en soit ce n’est qu’un rêve et consciente de la réalité elle s’organise une vie dans ce pavillon de Flore. Elle commence par refaire sa chambre à coucher et remplace son « meuble » de damas jaune et argent datant de 1789. Elle fait appel à Séné pour un lit avec impériale, deux grands fauteuils à la reine, douze ployants et un écran. Séné et Benneman sont vraiment les grands et derniers ébénistes de la famille royale puisque après Séné c’est Benneman qui lui réalise ce qui est nommé une « devanture et corps de commode en acajou, bois jaune et filets noirs et blancs, à grands tiroirs, petits tiroirs dans la frise. Il aurait été disposé à l’intérieur de la cheminée et muni de roulettes il était aisément déplaçable…
Elisabeth n’en reste pas moins coquette car il lui livre une table en acajou afin qu’elle puisse y disposer sa toilette…

Le Roi Louis XVI enfin qui va nous offrir une manifestation de son goût, de ses choix… il reprend totalement ce qui lui tient le plus à cœur , ses cabinets du rez-de-chaussée , les lieux où il passe tout son temps, où il lit, où il étudie… bref vous l’aurez compris des cabinets de sciences pour un roi studieux …
Ces pièces du rez-de-chaussée du pavillon Bullant donnant sur le jardin sont presque toutes recouvertes de damas bleu et blanc. Exception pour la bibliothèque qui possède des rideaux de taffetas vert et des garnitures pour les bois de pékin vert pomme. Les sièges sont soit en bois sculptés et peints en blanc soit acajou… harmonie des couleurs ne trouvez vous pas. L’ébénisterie est toute d’acajou.
On retrouve le goût simple et discret du Roi… car il avait beaucoup de goût quand on regarde l’harmonie des couleurs, des bois…. Mais aussi le goût du curieux… à Versailles il avait sa longue vue, aux Tuileries il fait d’abord disposer des rideaux de mousseline au fenêtre pour voir sans être vu et surtout écouter sans être vu !!! De plus il est attesté la présence d’un petit cabinet établi dans l’embrasure d’une des croisées du pavillon Bullant : avec une bergère et deux chaises… endroit caché pour discuter en toute discrétion avec la Reine ? endroit secret pour mieux « observer » ? en tout cas cela montre un certain goût du secret du Roi et surtout un goût pour l’espionnage ….

En outre il y a un entresol entre le rez-de-chaussée et le premier étage contenant des pièces à l’usage strictement privé du couple royal… le fameux boudoir bibliothèque de 1789 de Marie Antoinette et le cabinet de géographie du Roi.

Le Cabinet du Roi est tapissé de papier composé de panneaux d’arabesques en grisaille alternant avec pilastres aux coloris cendre bleu et les inévitables bandes de tores de fleurs et ornements à l’antique. Les rideaux sont en gros de Tours bleu et les sièges garnis de taffetas bleu… je trouve ce style décoratif très directoire ne trouvez vous pas ? en tout cas Louis XVI le meuble avec soin… il fait revenir de son cabinet de Versailles son magnifique cabinet en laque. Il achète pour la pièce des meubles acajou : un chiffonnier, une table à écrire et un écran.


Louis XVI respecte les lieux car il ne modifie pas la structure même des cabinets contrairement à Marie-Antoinette qui semble se lancer dans de véritables travaux… pour Louis XVI le plus important est avant tout l’ameublement qu’il faut sans cesse compléter. D’ailleurs il se fait livrer pour sa bibliothèque aux magnifiques rayonnages et bibliothèques d’acajou une commode arborant 3 grands tiroirs en acajou, amarante, bois jaune et filets noirs et blancs… de devinez qui ???… Benneman encore et toujours…

Il se fait livrer par Robierscky un serre papier en acajou à huit tablettes fermé par deux vantaux et ornements de bronze dorés… un bien beau meuble pour son cabinet de travail. Il se fait encore livrer deux fauteuils médaillon en bois doré par Séné et un écran en acajou de Benneman.

Louis XVI on le remarque achète beaucoup… et ramène ses plus riches et précieux en prix et à son cœur éléments de son mobilier et de ses collections de Versailles : la table acajou de sa bibliothèque de Versailles part pour les Tuileries… une commode dite des « allemands » ( ?)[je n’ai pas trouvé d’autres renseignements sur cette commode je vais donc déposer un message sur connaissance de Versailles]…plusieurs pendules et surtout quatorze vases de Sèvres (car il en était collectionneur) pour décorer sa chambre à coucher.

Le 10 août c’est un Palais dans cette disposition qui sera retrouvé comme ça par les assaillants… laissons le mot de la fin sur un aperçu de cette intimité violée… car il est vrai qu’aux Tuileries le roi et sa famille connaissent plus que jamais le premier grand rapprochement…. Et surtout du fait de cette réclusion on découvre que derrière les couronnes, Louis XVI et Marie Antoinette et leur famille étaient des personnes simples et aimantes entre elles. Le mot de la fin sera l’appartement de Madame Elisabeth au lendemain de l’assaut : Monique de Huertas dans son « Madame Elisabeth » relate la visite du Duc de Bedford, ambassadeur d’Angleterre, aux Tuileries après l’émeute « peu de meubles brisés, seuls deux miroirs et un lustre ont été fracassés »… dans la chambre un écran l’intrigue « le commissaire plaça l’écran au milieu de la place et après avoir poussé un bouton et détaché trois crochets, il développa cette machine qui redoublant de hauteur, se quadruplant dans sa largeur offrit à nos yeux un confessionnal parfait, léger et ambulant. L’intérieur présentait un siège, une tablette placée au dessous d’un petit guichet, fermé d’une légère grille de bois, enfin tous les attributs que l’on trouve dans ceux de nos églises »… il insiste sur la « richesse des instruments de mathématique » dans son salon…


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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:51

Monsieur de Castelnau a écrit :


Suite sur le Palais des Tuileries  Smile  Smile  Smile 

Outre la dévastation notoire des Tuileries après le siège du 10 août... boiseries mutilées, sièges éventrés, tapisseries à semis de fleurs de lys arrachées, bouteilles vidées et brisées, vaisselle fracassée et verreries en miette, miroirs brisés à coups de baïonnettes... le pillage comme je l'avais dit était relatif car les inventaires de 1792 étaient quasiment identiques à ceux de 1790... en effet, l'assemblée n'a pas perdu une minute pour stopper la dispersion incontrôlées de certains objets... et prendre en compte les pertes inéluctables comme une pendule de bronze et marbre fracassée à coups de marteau!!!

Cependant, il manque à ces inventaires l'argenterie, les bijoux, les diamants et les vêtements précieux (et j'avoue que ce flou me tracassait car je trouvais trop belle la gravure représentant les assaillants déposant au pied de l'assemblée les richesse du Palais).... et sur ce point j'ai découvert le témoignage d'un certain Roussel d'Epinal qui nous offre un état des lieux chiffré "soit en argent, assignats ou bijoux une somme d'environ 1500000 livres; les objets précieux furent évalués 3840158 livres; les porcelaines et pendules 900000 livres; les dentelles 1000000 livres; les livres de cinq bibliothèques, cartes géographiques, gravures 30000 livres; la sellerie, les voitures, traineaux 1500000 livres; les meubles 1200000 livres; le linge 300000".

Mesures conservatoires mais aussi mesures financières car on organisa la vente aux enchères d'une partie du butin. Les résultats furent désastreux comme le montre un habit brodé de la garde robe du Roi coûtant 1500 livres et vendu ... 110 livres!!!!

Et cela avait lieu pendant que l'Assemblée décidait le 16 août de procéder à la vente du trésor de la Couronne du Garde Meuble afin de financer en partie la révolution et obtenir des liquidités.... et cela se poursuivit alors que ce Garde Meuble était pillé de nuit comme le furent les Tuileries de nuit... les voleurs s'introduisant par les combles.... et dérobant quelques objets et fouillant le Palais... sur ce point rien ne met clairement en évidence les possibles pertes après l'inventaire de 1792.

Avant de conclure je vais vous parler de l'appartement de Madame de Lamballe dans son état après le 10 août... ce qui suit est un résumé de ce que l'ambassadeur d'Angleterre avait pu voir: un appartement avec d'énormes dégâts... des meubles fracassés et ne tenant plus debout!!!. Ce qui le marqua c'est le lit de la princesse qui était recouvert par une multitude de pièces de soie... c'était en effet des échantillons pour les habillements d'Automne. En effet, chaque dames de la Cour devaient comme l'expliqua le "guide" de l'ambassadeur changer sa garde robe deux fois l'an...
Un appartement dévasté et sans doute le plus dévasté lors de l'attaque... et par un curieux hasard, ce sera encore dans des appartements de madame de Lamballe, mais cette fois ci à Versailles, qu'auront lieu les plus belles ventes du mobilier royal de Versailles!!!

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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 20:55




Mme de Sabran a écrit :

Toutes ces trésors hargneusement détruits !!!!!!!!
" La nausée est continuelle. C'est une vexation encore qu'être témoin de la destruction des merveilles amassées par la civilisation de plusieurs siècles. Les livres, les bijoux, les tableaux, sont jetés au vent. Nous ne pouvons aujourd'hui avoir une idée de cette frénésie de ruine: tout ce qui est beau ou élégant est devenu haïssable." ( H. Forneron: " Histoire générale des émigrés pendant la Révolution française")
" Des petits maîtres, raconte leur contemporain Beaulieu, laissent croître leurs moustaches, hérissent leurs chevelures, salissent leurs mains et endossent des défroques dégoûtantes ..."


MARIE ANTOINETTE a écrit :

je viens d'acquérir un petit livre "PARIS INCENDIE" sous la commune avec des photos et dessins des lieux incendiés pendant l'émeute et un texte très bien fait... c'est la réédition du livre paru en 1871 sous un format type poche, mais agréable.
Les photos des thuileries sont très tristes et d'autres vues ravivent la mémoire - le palais royal - l'hotel de ville où des défenseurs au nombre de 600 seraient morts brûlés dans les lieux !!!!! etc... malheureusement rien sur SAINT CLOUD, juste une vue d'une rue !!!!!!!

Petit livre à avoir dans sa bibliothèque avec de beaux livres sur le palais malheureusement détruit à jamais !!!! le projet de reconstruction ayant été abandonné.

Bonne lecture MARIE ANTOINETTE


D'éon a écrit le 24 avril 2012 :

Bonjour et excusez-moi de faire remonter ce vieux sujet...
Je viens de parcourir avec beaucoup de plaisir et d'attention les différentes pages qui lui sont consacrées. Une vraie mine d'informations.
Quelqu'un aurait-il lu le livre cité plus haut Le palais de Tuileries de Guillaume Fonkenell. Il est disponible sur amazon mais le prix et les avis des internautes me refroidissent. Il est présenté comme un ouvrage très techique plutôt axé sur l'architecture que sur la vie au quotidien des ses occupants. Quelqu'un sur le forum l'aurait-il lu ? D'avance merci.


L'un des nôtres a répondu :


Je l'ai reçu pour mon Noel, dévoré avant de repartir dans mon exil teutonique.

Très beau livre, ne serait ce que par ses illustrations. Cependant il est en effet assez technique, pas tant dans le vocabulaire que dans le thème abordé ; il traite en effet des différentes constructions et aménagement. S'il y a de nombreux plans, il y a peu de descriptions des décors eux-même. La préface explique d'ailleurs clairement qu'il n'est pas question ici de parler des personnes, de politique, mais de l'histoire de la pierre en quelque sorte.

Mais j'ai beaucoup aimé, car l'histoire des transformations est très intéressante, et le texte agréable à lire, avec de nombreuses et belles illustrations et documents.


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Message par Invité le Sam 28 Juin 2014, 21:00

Kiki a écrit :

La seconde fin du Château des Tuileries

https://www.youtube.com/watch?v=ikmeVnUVJiE


Miche a écrit :

C'est peut-être parce que je ne suis pas parisienne et que je connais mal Paris, mais j'ai du mal ) me représenter le quartier des Tuileries. Par quel rues la famille royale est-elle passée pour s'embarquer vers Montmédy? Quel chemin Fersen a-t-il emprunté pour rendre sa dernière visite aux souverains?

Tout cela, et plus généralement la topographie du palais, reste bien abstrait pour moi. C'est pourquoi je suis enchantée d'avoir trouvé de super explications sur ce site dont je vous ai déjà parlé, vraiment excellent, bien documenté et agréable à lire, en plus. Very Happy

http://laplumeetlerouleau.over-blog.com/article-1791-la-fuite-eperdue-de-marie-antoinette-a-travers-paris-1-69852177.html


Les voilà:


Le Palais des Tuileries est, dans les faits, une bâtisse étroite (une quinzaine de mètres de large) et longue (200 m environ) vieillotte, mal commode et peu prestigieuse.

Comme vous le voyez sur la chouette photo comparative que je vous ai fabriquée grâce aux sites Google Maps et Narbolibris.com, le Palais des Tuileries est située à l’ouest de l’actuelle esplanade du Louvre, à l’endroit où l’actuelle avenue du général Lemonnier sépare celle-ci du jardin des Tuileries.

Prenons un instant pour observer la topographie des lieux et en noter les points principaux, forts utiles pour la suite de l’histoire :


Le palais des Tuileries - Page 2 Tuiler17

- En 1790, la rue de Rivoli n’existe pas encore (quand bien même c’eut été le cas, elle n’eut évidemment pas porté ce nom, symbole d’une victoire de Bonaparte qui ne sera remportée qu’en 1797). Le principal axe de l’ouest vers l’est de Paris est, à l’époque, la rue Saint-honoré

- Le Palais des Tuileries n’ouvre pas vers l’ouest (et le jardin) mais vers l’est et vers le « carrousel » (l'endroit où l’on fait tourner les chevaux) : c’est l’origine de l’actuelle place du même nom.

- Observez ce qui est aujourd’hui l’esplanade du Louvre et la Grande Pyramide. En 1790, le Palais des Tuileries est séparé du vieux Louvre (l’actuel musée, où l’on voit les impressionnantes fondations) par le « quartier du Doyenné » : un quartier compliqué et nauséabond, constitué de ruelles tortueuses et sordides qui serpentent entre d’infâmes masures. Le plan d’époque lui-même renonce à en rendre compte complètement. C’est un cloaque obscur et dangereux qui dispose toutefois de deux églises (Saint Nicolas et Saint Thomas) Il est traversé du nord au sud par trois « axes » moins fangeux que les autres : la rue Saint-Nicaise (Bonaparte y fera l’objet d’un attentat à l’explosif le 24 décembre 1800), la rue Saint Thomas du Louvre et la rue Fromenteau.

Que reste-t-il de ce quartier insalubre et misérable aujourd’hui ? Rien et, franchement, on a du mal à imaginer un tel quartier à la vue d’une esplanade actuelle de pierre lisse, sobre, glacée et bien rangée au milieu d’un édifice impeccable de proportions...



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