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1767, année funeste pour les Habsbourg

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Message par Mme de Sabran le Mar 08 Jan 2019, 11:51

Maurice Boutry  1767,   année funeste pour les Habsbourg 594
cite les mémoires du marquis de Durfort, le négociateur du mariage du dauphin dépêché à la Cour de Vienne par Louis XV. 1767,   année funeste pour les Habsbourg 1123740815
Cette ambassade est marquée par une série infernale de deuils dans la famille de Marie-Thérèse . Sad


Le 16 mai, l’archiduchesse Christine accoucha d'une fille qui mourut au bout de quelques heures ; elle-même courut les plus grands dangers et recouvra péniblement la santé. Le 23, l'impératrice Josèphe fut atteinte de la petite vérole et, le 27, Marie-Thérèse était prise à son tour par la terrible maladie, en revenant de voir à Schœnbrunn sa fille et sa belle-fille, l'une très affaiblie par son accouchement malheureux et l'autre couverte de boutons, qui n'étaient pas de « bonne espèce ». La consternation fut générale dans toute la ville de Vienne, si bien que la mort de Josèphe, le 28, passa presque inaperçue, que la désolation de Joseph II, en présence de la maladie de sa mère, fit pardonner son indifférence pour l'événement qui le rendait veuf une seconde fois.
Un mois après, des cérémonies religieuses et des fêtes publiques célébraient la guérison de Marie-Thérèse dont les jours n'avaient d'ailleurs pas été en grand danger et qui gardait sur le visage des traces très légères de la maladie. Le prince Albert de Saxe fut frappé à son tour, donna de sérieuses inquiétudes, mais se rétablit promptement. Marie-Thérèse se rendit à Laxenburg  ( * ) , pour achever sa convalescence, accompagnée de Joseph II, des archiduchesses Marie-Anne et Marie- Amélie qui n’avaient plus à redouter la contagion. Elle revint le 21 juillet à Vienne, où la rejoignirent les archiduchesses Elisabeth, Josèphe, Caroline et Antoinette arrivant de Schœnbrunn, toute la famille impériale devant défiler le jour même dans les rues et assister à une imposante cérémonie d'actions de grâces dans la cathédrale.
L'archiduchesse Josèphe devait épouser le roi de Naples : les réceptions et les réjouissances provoquées par ce futur mariage firent oublier de récentes angoisses et un deuil que l'Empereur lui-même portait allègrement.  (  Shocked  )  Marie-Thérèse donna l'ordre d’exposer le trousseau qu’elle avait commandé et fait venir de Paris ; elle organisa un superbe bal masqué à Schœnbrunn pour amuser ses enfants. L’ambassadeur assistait naturellement à toutes ces fêtes, et, le 12 septembre, il écrivait à Choiseul :
« 11 y a eu hier au soir un grand concert à Schœnbrunn. Pendant que l’Impératrice fit une partie de jeu ainsi que les archiduchesses, au moment que le jeu allait finir, l'ambassadeur d’Espagne et moi nous approchâmes de la table où jouait l'archiduchesse Antoinette. Peu de temps après l'Impératrice vint à nous et nous dit : « J’ai beaucoup de plaisir à « vous voir ici tous les deux. » Elle adressa ensuite la parole à l'ambassadeur d'Espagne en lui disant : « J'espère qu'elle y réussira;  nous pouvons parler plus librement entre nous, car, ajouta-t-elle,  l’ambassadeur de France ne m’en a encore rien dit. » Je fis de mon mieux l’éloge de la jeune princesse et je tâchai d’établir sur le respect le silence que j’avais gardé sur les qualités dont elle est douée ».
Les réjouissances furent une seconde fois brusquement interrompues. En effet, le 6 octobre, alors qu'on préparait son départ pour ï Italie, l’archiduchesse Josèphe était violemment atteinte de la petite vérole ; elle expirait le 15, lendemain du jour où elle devait recevoir la bénédiction nuptiale, à la date même fixée pour son départ. Cette mort presque soudaine, rendue plus saisissante par le contraste qu elle provoquait, fit une profonde impression à Vienne. Durfort, qui avait toujours tenu Choiseul au courant de cette épidémie frappant successivement plusieurs membres de la famille impériale, qui, dans ses dépêches , fournissait les détails les plus intimes et les plus précis, Durfort lui confia même, à propos de ce nouveau deuil, les impressions du public que Mme Campan devait connaître dans la suite et rapporter ainsi dans ses Mémoires :
« L'archiduchesse Josèphe, accordée au roi de Naples, au moment de quitter Vienne, reçut de l’Impératrice l'ordre de ne point partir sans avoir été faire une prière dans le caveau de ses pères ; la jeune archiduchesse, persuadée quelle gagnerait la maladie dont sa belle-sœur venait d'être la victime, regarda cet ordre comme son arrêt de mort. Elle aimait tendrement la jeune archiduchesse Marie-Antoinette; elle la prit sur ses genoux, l'embrassa en pleurant et lui dit qu elle ne la quitterait pas pour se rendre à Naples, mais bien pour ne plus la revoir, qu'elle allait descendre au caveau de ses pères, mais qu'elle y retournerait bientôt pour y rester. Son pressentiment fut réalisé ; une petite vérole confluente l'emporta en peu de jours. Sa sœur cadette monta à sa place sur le trône de Naples. »
Cette sœur cadette fut l’archiduchesse Marie-Caroline, dont il était alors question pour l'Infant de Parme, mais Louis XV, consulté et n'ayant pas de préférences personnelles, laissa le choix à Marie-Thérèse qui désigna l'archiduchesse Amélie pour son petit-fils.
Enfin, l'archiduchesse Elisabeth dut payer son tribut à l'épidémie dans les derniers jours d'octobre, mais ne fut atteinte que d'une façon relativement bénigne.


( * ) :  Notre sujet sur Laxenbourg : https://marie-antoinette.forumactif.org/t371-laxenbourg?highlight=laxenbourg

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