Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis

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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 16:25

Monsieur de Talaru a écrit:

Éléonore tu ne nous as pas donné l'explication de la Haye pourtant promise !!!  Smileàè-è\':



  Me voici, me voilà, mon petit François, chose promise chose due !    :n,,;::::!!!:
Mais comme je prévoyais que ce serait assez long, j'ai pris mon temps, je l'avoue....
Tu vas voir Provence dans toute sa noirceur .

Or donc, la Haye est une dame de la Cour que nous croisons à plusieurs reprises dans les lettres de Monsieur .

Il se met en tête de pousser Gaston dans son lit .
Il commence par faire l'article, de façon assez soft ... et puis ça se précise ...

25 mars 1789

Après avoir parlé aussi sérieusement
( de politique ), il est bien juste de s'égayer un peu, et pour cela je vous dirai que votre Haye est la personne la plus charmante qui existe, ne soyez pourtant pas jaloux, car fut-elle cent fois plus laide qu'Hécate, j'en dirais de même, attendu que ce n'est qu'en qualité de Pimp ( entremetteur ) que j'en fais cet éloge et si ma pendule, mon papier et ma main ne m'avertissaient qu'il va bientôt être temps de terminer cette épître, je vous en ferais convenir, mais cette histoire est trop longue pour l'entreprendre actuellement . Je vous prie seulement la première fois de lui donner deux ou trois arse-blows ( coups de cul) de plus que vous ne comptiez, pour la récompenser de s'être aussi bien conduite .

Bonjour la distinction, pauvre tare va !  boudoi29  boudoi29  boudoi29

21 avril

Il est six heures, vous n'êtes pas encore arrivé, je perds l'espoir d'embrasser mon fils aujourd'hui , si c'était cette maudite colique qui en fut la cause, je haïrais bien plus cette Théatine assemblée que je ne fais et cependant je ne la hais pas mal; si ce ne sont ses affaires, il me faut prendre patience et enrager tout bas; mais si c'était la Haye?... Si c'était la Haye, je me dirais, il m'ennuye de ne pas voir mon fils, mais j'aime encore mieux qu'il lui amuse d'être loin de moi with his Fair One
( avec sa belle ), que de s'ennuyer d'être près de moi far from his Fair One. Au reste, je connais assez la Haye pour être bien persuadé que ce serait un mauvais moyen de vous en débarrasser que d'y laisser votre vêtement, ils disent tous au contraire que quand elle a une fois vu un cazzo(Popaul ), elle l'empoigne et ne le lâche plus qu'il ne se retire de lui-même ( ..... impuissant mais bien renseigné, le Provence ! ) et voilà pour le virum quem ( l'homme ) de l'année passée .

On le sent baver d'excitation, cet impuissant vicieux de Stautre, en griffonnant ses insanités .  Il ne peut pas, mais il est bien renseigné. Il n'en peut plus d'attendre de voir Gaston à l'oeuvre .  Il veut des sensations fortes par Mosquito et la Haye interposés .
Quelle jouissance de pousser ses pions !

Il doit bientôt déchanter : la Haye n'est pas la femme facile dont il promettait la conquête à Gaston !
.... un mois plus tard :

La Haye est jolie, coquette, veuve ( car il n'y a peut-être pas dix personnes dans le monde qui connaissent son mari ), elle a une assez bonne réputation, quoiqu'assûrément elle n'ait pas été placée dans une position propre à la conserver, étant fille d'une garce à chien, attachée à une gourgandine ( Mme de Lamballe ) et amie intime de la maîtresse d'un Prince ( Louise de Polastron ) . Elle vous a elle-même raconté ce qu'on a dit d'elle et de cet homme dont le nom est un solécisme , cela n'a pas été crû et c'est la seule histoire qu'il y ait jamais eu sur son compte . D'ailleurs, vous sçavez bien qu'elle est un peu prude ( je ne dis pas prudente, ses lettres font foi du contraire ) , par conséquent le bruit ne doit pas lui plaire et au lieu de nous mériter une couronne conique, il nous vaudrait vraisemblablement la pelle au cul, ce qui est fort différent, n'y pensons donc pas .

Cela te fait les pieds, gros porc !!!  ( IL ME SORT PAR LES YEUX !!!     affraid  )
Quelle abjection, ce type !!!  Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3595817

Et, par sa faute, ce benêt de Gaston se prend une tôle que Pauline mise au courant aura bien du mal à oublier ...


Cela n'empêche pas Stautre de continuer sans vergogne de prodiguer ses conseils !

Croyez-moi, mon cher fils, si vous ne faites pas sur vous un effort généreux pour abandonner une entreprise bien difficile, ayez au moins la prudence de faire croire que vous l'avez abandonnée . Vous avez la facilité de voir le Haye chez elle, soyez-y quatre fois plus tendre et plus ardent, que vos lettres ayent le même caractère, mais au nom de tout ce qui peut vous toucher, soyez plus prudent en public, sçachez même vous faire un mérite de votre prudence .

Non mais, quel foutu hypocrite, je rêve !!!!

La Haye envoie Mosquito siffler là-haut sur la colline, avec un petit bouquet d'églantine .... zaï zaï !!!  Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2523452716   :n,,;::::!!!: 
Bravo, ma belle !  non mais sans blague !!!    :\\\\\\\\: 

Stautre ne perd pas le nord pour autant :

..... j'admets que le fruit de vos réflexions soit qu'il n'y a point d'espoir, que la haye est à jamais perdue pour vous ( ...... ) Hé bien, me direz-vous, elle ne veut pas de moi, ma foi tant pis pour elle . Après tout il n'y a pas de quoi se pendre, l'amour est bien joli mais il n'a que son temps
..... et patati et patata .............. ( je vous la fais courte ) N'ai-je pas une femme qui m'aime bien tendrement, une fille qui fait la grimace de lapin ...... bla bla bla ..........

C'est plutôt Pauline qui fait la grimace ! Les lettres que lui adresse Gaston la queue basse en font foi .
C'est ainsi, grâce à leur publication récente, que nous savons que la Haye n'est autre que Madame de Laage de Volude, effectivement attachée à la maison de Mme de Lamballe et amie intime de Louis de Polastron .

J'écrivais dans le sujet de Gaston et Pauline :

Mme de Sabran a écrit:

   Un accroc conjugal, chez Gaston et Pauline ? .... même pas !

   Tenez-vous bien, c'est ce fourbe de Monsieur qui joue les entremetteurs et pousse Gaston à faire comme tout le monde à Versailles, c'est à dire à prendre une maîtresse !!!
   L'élue, nous la connaissons bien, c'est une dame d'honneur de la princesse de Lamballe, Mme de Laage de Volude . Sous l'impulsion malsaine de Monsieur qui prodigue ses conseils graveleux, Gaston, quoique sans conviction, fait à Mme de Laage une cour pressante . Elle se refuse à lui .

   Etait-ce donc marivaudage de Cour ? Le duc a-t-il vraiment désiré cette aventure ou a-t-il cédé, par vanité comme il le dira plus tard, tout piteux, à l'atmosphère d'une société où les liaisons adultères étaient de meilleur ton que le bonheur conjugal ?
C'est en tout cas le seul accroc conjugal qui apparaisse dans la correspondance entre les deux époux .

   Le seul oui-da, mais, catastrophe !  Pauline en aura vent. Le lui reprochera-t-elle assez !  A chaque fois qu'il y aura un peu d'eau dans le gaz entre eux, Pauline remettra Mme de Laage de Volude sur le tapis .

Gaston appellera cela vos rabâchages sur Madame de Laage .

  Les remords de Gaston   Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3826491292 
...à Pauline :

   Je savais à merveille que tu étais de tous mes projets de bonheur, que tu y étais si essentiellement liée que tout l'édifice croulait sans toi . Après toi le déluge, c'était là mon mot dans mes rêveries, et Dieu sait si ma tête, aussi active que mon corps est paresseux, n'a pas fait depuis sept ans mille suppositions diverses sur notre sort à venir .
Au moral et au physique, je n'ai jamais été lassé de toi un seul instant . Pendant cette sotte coquetterie avec Madame de L. ( aage ), je mourrais de peur que tu ne t'en aperçusses et que, tandis que ma vanité voulait faire accroire à tout le monde que je l'avais, ce qui ( soit dit en passant ) prouve combien j'en faisais peu de cas, je tremblais que tu n'en fusses affligée et, une fois, t'ayant trouvée triste, j'ai été quatre jours sans y aller .
Enfin, je ne t'ai jamais quittée, même pour une heure, que je ne l'ai regretté, je ne t'ai jamais retrouvée sans plaisir, je n'ai jamais goûté de plaisir un peu vif que je n'ai désiré te le faire partager, je n'ai pas éprouvé de peine que ton souvenir n'ait adoucie ........


   Quelques années plus tard, en 1791, c'est Gaston qui découvre une correspondance un peu tendre entre Pauline et un proche parent de la comtesse de Blot , Paul de Chauvigny.

Voilà le malheureux aux quatre cents coups !
Il fait maints reproches déchirants à Pauline qui lui rappelle du tac au tac l'épisode de Mme de Laage .



Et voilà, mon cher François, tu sais tout !!!    cheers

.
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Message par Gouverneur Morris Lun 17 Fév 2014, 16:43

La Haye... Den Haag... Laage... Voilà que Provence parle néerlandais à présent ! boudoi29 
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 16:44

Gouverneur Morris a écrit: 

L'ennuque noir étant au Harem le chef des eunnuques, eux-mêmes seuls autorisés à approcher la sultane, se peut-il que ce surnom désigne la chef de la Maison de la Reine (Lamballe ?)

Ah oui, ce n'est pas impossible  ...  scratch 


Gouverneur Morris a écrit:
ou bien le leader de sa côterie (à considérer que les mâles la constituant sont publiquement autorisés à fréquenter la reine sans que cela constitue un danger pour elle) ?

Vous voulez dire un danger pour sa réputation, sans doute.
Ici, je voudrais bien un petit complément d'explication ...
Tout homme publiquement autorisé à fréquenter la reine ne constitue-t-il pas un amant potentiel ?  
Du reste lui en a-t-on assez prêtés quand la calomnie se déchaînait .

Gouverneur Morris a écrit:

Quant aux négresses, faut-il y voir des femmes attachées au service de la reine ?


Oui, je souscrirais assez volontiers à cette proposition que nous avait déjà faite François un peu en amont .

.

_________________
...    demain est un autre jour .
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 16:47

Gouverneur Morris a écrit:La Haye... Den Haag... Laage... Voilà que Provence parle néerlandais à présent ! boudoi29 

Eh bien, vous me faites un scoop !  Hop! 
Merci, Maurice, avec vous le schmilblic avance !!!  :n,,;::::!!!: 
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 16:49




la nuit, la neige a écrit:
Bravo Elie ! Tu as bien bossé ! :\\\\\\\\:

Quant à moi, je confirmerai bientôt que la grotte est bien celle du Parc Balbi. Laughing

Nous t'emboiterons le pas d'enthousiasme ! :n,,;::::!!!: ( Je me souviens que tu n'aimes pas les grottes ! :Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2028181902 )

la nuit, la neige a écrit:
C’est vrai ! Je ne comprends pas cet enthousiasme pour cette fabrique.
C’est humide, sombre. Fait frais.... What a Face
C’est glauque ! Laughing

...... mais bien moins que la psychologie de Stautre ! Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3826491292
Je suis impatiente de lire le résultat de tes recherches sur le parc de Balbi !!! :n,,;::::!!!:

.
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Message par Gouverneur Morris Lun 17 Fév 2014, 16:56

Mme de Sabran a écrit:Elle vous a elle-même raconté ce qu'on a dit d'elle et de cet homme dont le nom est un solécisme

On parle d'Artois là ? Car dans ce cas, où est le solécisme ?
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 17:05

Gouverneur Morris a écrit:
Mme de Sabran a écrit:Elle vous a elle-même raconté ce qu'on a dit d'elle et de cet homme dont le nom est un solécisme

On parle d'Artois là ? Car dans ce cas, où est le solécisme ?

Oui, Artois !
Je ne vois pas plus que vous le solécisme ...  boudoi32 

erreur de langage qui enfreint les règles de la syntaxe  Shocked 
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 17:08



Où en étions-nous ?
Alors que Mosquito se cassait les dents sur la vertu de La Haye ( Mme de Laage de Volude ), il s'entendait dire sans ambages et tout de go (  :Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2028181902  ), par Stautre de la part de Moinès : Cacabar !

Ce qui suit n'est pas non plus dénué d'intérêt ....... (  Wink  )

Agamemnon et tous les Grecs campés sous les remparts d'Aulis, s'ennuyaient beaucoup de leur oisiveté et il fallait bien que cela fût, puisque pour se désennuyer, ils ne purent rien imaginer de plus ingénieux, que d'éventrer cette pauvre Iphigénie qui n'était cependant pas la cause, même indirecte, du whoredom ( la débauche ) de Madame sa Tante ( Hélène ) . Stautre ne s'ennuye pas moins de ne rien faire, cependant il n'éventrera personne, d'autant plus que s'il fallait traiter ainsi toutes les nièces dont les Tantes sont des whores ( catins ) , Moinès courrait quelques risques .

Allons bon ! Monsieur suggère que l'une des tantes de Marie-Antoinette est  une dévergondée !  Nous savons qu'il ment comme il respire et qu'il en disait tout autant de Mme de Laage de Volude ( histoire du cazzo ) .
Quoiqu'il en soit, quelles étaient les tantes de Marie-Antoinette et y en avait-il une, dans le lot, qui ait eu la réputation d'être délurée ?

La fratrie de François de Lorraine, son père, ne compte pas moins de quatorze bambins !
Si l'on exclut les cinq garçons ainsi que six fillettes mortes très jeunes, il ne nous reste plus comme whores potentielles que :

--- Elisabeth Charlotte (1700 † 1711), Abbesse de Remiremont ( un peu jeune pour être la tante concernée )
--- Elisabeth Thérèse (1711 † 1741), mariée en 1737 à Charles-Emmanuel III, roi de Sardaigne (1701 † 1773)
--- Anne-Charlotte (1714 † 1773), abbesse à Remiremont puis à Mons et à Essen.

Voyons maintenant du côté de Marie-Thérèse .  Very Happy   L'union de ses parents est beaucoup moins féconde . Sur quatre enfants nous avons trois filles dont l'Augusta et une enfant morte très jeune.
Reste :

--- Marie-Anne (1718-1744), mariée en 1744 à Charles-Alexandre de Lorraine (1712-1780), gouverneur des Pays-Bas ;.

Ce qui nous fait trois postulantes au titre peu enviable de catin .

Voyons voir maintenant ce que nous pouvons trouver sur leurs réputations respectives .
( je parie que Stautre dit n'importe quoi ...  boudoi29  ).
J'ai surfé sur GOOGLE : rien de spécial .

Comme d'habitude, Monsieur affabule .

Lucius a écrit:
De quand date cette lettre ? Car à la lire, j'ai le sentiment qu'il parle de chose très récentes,. Aussi, parler de la vertu de tantes toutes portes avant 1750, c'est à dire au moins vingt à trente ans avant que Provence n'écrive me paraît surprenant. Par les tantes, je pensais plutôt à Mesdames tantes, qui sont les seules que Moinès ait encore à cette époque, entendu que par son mariage elle est entrée dans la famille de son mari, et donc que les tantes de l'un sont les tantes de l'autre .

Qui serait Agammemnon ? Louis XV, avec sa famille (tous les grecs) ? Aulis conrrespondrait il à un lieu particulier ? (Bellevue ?).

Il m'intéresserait d'avoir plus de référence sur les lieux et dates d'écriture de cette missive très antique (je sors des département d'antiquités du Louvre, aussi mes neurones sont remplis de grecs !  Wink  )



Monsieur écrit cette lettre-ci le 19 août 1788 . J'ai bien également pensé à Mesdames Tantes, mais ce sont aussi les siennes !!!
Oserait-il écrire que ses propres tantes, ou même seulement l'une d'entre elles, sont des whores ? C'est impensable.
Encore que .... plus j'y pense et plus je crois bien que, de sa part, rien ne saurait m'étonner ...   Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3826491292

Et cependant, il évoque bien sa propre tante ( Adélaïde sans doute ), dans sa lettre du 8 août, disant qu'il passe beaucoup de temps chez elle :

Stautre fait tous les jours la partie de trictrac de sa Tante, on l'appelle même " votre objet ", quand on lui en parle aux trois petites bêtes .


Votre objet ... C'est dire qu'il est un habitué !

L'évocation de l'armée grecque en Aulide me semble être une de ces citations mythologiques dont Monsieur est très friand et émaille ses lettres à profusion, par pur pédantisme .
C'est une métaphore relative au désoeuvrement de la Cour de France où tout le monde s'ennuie .
Elle sert efficacement à introduire l'injure contre la fameuse tante .

.
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Message par Gouverneur Morris Lun 17 Fév 2014, 17:37

Pourquoi pas l'abesse de Remiremont ? L'Abbaye de Remiremont appliquait les règles les plus souples pour ses chanoinesses et abesses, qui y menaient une vie séculière, voire de Cour et tenaient salon sans guère de formalités... Les chanoinesses choisisaient d'ailleurs leurs futures remplaçantes qu'elles appelaient... nièces (?!).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Remiremont

Wiki précise de plus quant à Anne-Charlotte de Lorraine :

Anne-Charlotte n'en réside pas moins auprès de sa mère qu'elle soutient dans sa vieillesse. Après la mort de celle-ci (23-XII-1744), elle va demeurer à Vienne auprès de son frère et de sa belle-sœur. Elle assiste, à Francfort, avec la famille impériale, au couronnement de François comme Empereur le 4 octobre 1745, jour de la Saint François. Néanmoins elle ne se trouvera jamais à son aise au Château de Schönbrunn : elle n'y est jamais que la belle sœur de la souveraine, en quelque sorte "invitée" voire "à charge" et se sent intruse.

Elle n'y a qu'un seul ami, le comte Charles O'Gara, son grand écuyer depuis 1752. La relation qu'elle entretient avec cet ancien page de son père, devenu confident de son frère, l'Empereur, fait croire à une intimité coupable et sa belle-sœur, l'impératrice Marie-Thérèse préfère l'éloigner de Vienne.

Cela pourrait donc très bien coller Wink
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 17:39


L'allusion au sacrifice d'Iphigénie me fait froid dans le dos car il préfigure ( comme un sinistre présage ) l'exécution de Marie-Antoinette .
Et ce d'autant plus que Stautre zappe le sauvetage in extremis de la fille d'Agamemon . Iphigénie n'est pas éventrée, comme il le dit, mais transportée en Tauride où elle devient prêtresse d'Artémis .
Le sort de Marie-Antoinette ne sera pas si doux .
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 17:55

Gouverneur Morris a écrit:Pourquoi pas l'abesse de Remiremont ? L'Abbaye de Remiremont appliquait les règles les plus souples pour ses chanoinesses et abesses, qui y menaient une vie séculière, voire de Cour et tenaient salon sans guère de formalités... Les chanoinesses choisisaient d'ailleurs leurs futures remplaçantes qu'elles appelaient... nièces (?!).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Remiremont

Wiki précise de plus quant à Anne-Charlotte de Lorraine :

Anne-Charlotte n'en réside pas moins auprès de sa mère qu'elle soutient dans sa vieillesse. Après la mort de celle-ci (23-XII-1744), elle va demeurer à Vienne auprès de son frère et de sa belle-sœur. Elle assiste, à Francfort, avec la famille impériale, au couronnement de François comme Empereur le 4 octobre 1745, jour de la Saint François. Néanmoins elle ne se trouvera jamais à son aise au Château de Schönbrunn : elle n'y est jamais que la belle sœur de la souveraine, en quelque sorte "invitée" voire "à charge" et se sent intruse.

Elle n'y a qu'un seul ami, le comte Charles O'Gara, son grand écuyer depuis 1752. La relation qu'elle entretient avec cet ancien page de son père, devenu confident de son frère, l'Empereur, fait croire à une intimité coupable et sa belle-sœur, l'impératrice Marie-Thérèse préfère l'éloigner de Vienne.

Cela pourrait donc très bien coller Wink

Ce n'est jamais qu'une jolie histoire d'amour , et non pas une somme de turpitudes qui fasse mériter l'injure de whore !  Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3826491292 

Mais bon, cela suffit  à cet hypocrite de Monsieur pour déverser son fiel .

Anne-Charlotte, dite Mlle de Lorraine avait été, en 1770, à l'occasion du mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette, l'héroïne d'une de ces affaires de Cour, qui nous semblent aujourd'hui bien mesquines, mais qui révolutionnaient l'étiquette royale. Voici l'histoire : Mme de Brionne, sous le prétexte que la jeune Dauphine était de sang lorrain, avait fait demander par l'Impératrice Marie-Thérèse, une distinction particulière pour les Princes de Lorraine. Le roi, acquiesçant, avait décidé que pour le bal paré, la princesse Anne-Charlotte danserait immédiatement après les princesses du sang et avant les duchesses. Ce fut une affaire d'Etat! Les ducs et pairs se réunirent pour protester, et décidèrent que le plus ancien d'entre eux présenterait une adresse au Roi.

( tous les détails dans notre sujet sur le mariage de Marie-Antoinette  Very Happy  )

.
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Message par Invité Lun 17 Fév 2014, 18:37

Avec tout ce que l'on découvre ou relit sur Provence , qui eut pu croire ce qu'Eléonore et moi avons découvert au sortir des appartements de Madame de Polignac à Versailles?
Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 Buste_10

On en été si abasourdis qu'on est partis dans un fou rire que les autres visiteurs ne devaient pas comprendre...
 rabbit  rabbit  rabbit  Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3249736284  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing 
De qui de quoi ce sobriquet peut-il venir?  Shocked  Shocked  Shocked

Franchement lorsque je lis un Désiré comme celui-ci, je ne peux que penser à Landru  Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3249736284 
(remarquez le jabot de travers comme la cravate d'un président normal... :Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2028181902 )

Bien à vous... pas à lui !

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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 18:52



Je ne suis pas près d'oublier ce fou-rire d'anthologie, Majesté !  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing 

En cherchant bien :
Sur Hérodote.net [archive]. On suppose son surnom de « Désiré » du fait qu’il était fort attendu par les royalistes mais aussi les Français las des guerres ; qui attendaient le retour de la monarchie, restaurée après le Premier Empire, comme la Révolution de Bordeaux l’atteste.

( WIKI )
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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 18:53




la nuit, la neige a écrit:
Je suis un peu débordé pour l’instant, mais je n’oublie pas notre...affaire.
Hier, dans une librairie, je suis tombé sur une bio de Provence fraîchement éditée : Juin 2012.
Chouette, me suis-je dit !
En voilà une pondue bien après la découverte de nos fameuses lettres.

Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 97827010

Je l’ouvre, et file tout droit vers la période qui nous intéresse.
Rien ! Nada ! boudoi29

Si ce n’est une lettre adressée au duc de Fitz-James le 13 mai 1787 dans laquelle Provence aurait écrit :

Vous ne pouvez douter, et les notables n’hésiteront pas à croire d’après la pièce que vous leur avez remise, il y a plus de six semaines, que les enfants du roi ne sont pas les siens. Ces pièces prouvent jusqu’à l’évidence la conduite coupable de la reine.
Dès demain donc, pas plus tard, déposez un rapport à mon bureau sur ce sujet.
Le fait dont il s’agit une fois avoué, les conséquences sont faciles à tirer.
Le Parlement, qui n’aime pas la reine, ne fera pas grande difficulté, mais s’il avait la fantaisie d’en élever, nous avons le moyen de le rendre raisonnable.

Quant aux Etats généraux, j’espère bien qu’on en parlera longtemps avant d’y penser sérieusement.
Enfin, il faut tenter le coup, et, comme vos ..... reposent sur la vérité, il faut réussir.
Ce n’est qu’ainsi qu’il me sera facile d’oublier tous les sacrifices qu’il m’a fallut faire pour acquérir cette conviction.
Je sais qu’elle ne sera pas très agréable au roi, mais, entre nous, mérite-t-il de régner ?
Oui, c’est un pauvre sire, et la France est digne d’avoir un véritable roi.


Bon ! Après vérification, cette bio a été écrite en 1944, et vient d’être rééditée !

Evelyne Lever, dans sa bio consacrée à Louis XVIII, commente, mais sans citer cette lettre :

Plusieurs historiens, et non des moindres, ont prétendu que Monsieur poursuivant les voies les plus tortueuses de l’intrigue, avait déposé au duc de Fitz-James, notable parmi les notables, un accablant dossier contre Marie-Antoinette.
Le prince aurait voulu prouver que les enfants du roi étaient tous adultérins et qu’il convenait, par conséquent, de les écarter de la succession au trône et d’envoyer la reine au couvent.
(...)
Il ne reste évidemment aucune trace d’un tel dossier dans les archives du Parlement de Paris, mais il paraît invraisemblable qu’un prince aussi prudent que le comte de Provence, ait pu se livrer à un acte aussi dangereux pour lui à une époque où la monarchie n’était pas directement menacée.
Et d’ailleurs, comment aurait-il pu avoir des preuves de l’illégitimité des enfants de Louis XVI, en admettant qu’il y crût sincèrement.



Dans les notes consacrées aux lettres dont il est question dans ce sujet, Jaques Dupâquier évoque lui aussi cette fameuse lettre.
Mais précise qu’il n’y croit pas non plus.
Bien !

Ce qui est intéressant, si l’on admet bien volontiers que cette lettre est un fake, c’est le décalage, le fossé, qui existerait entre une opinion (celles de certains historiens) qui voudrait croire à une telle haine de Provence contre Marie-Antoinette et le tourment affectif ambigu, torturé, que l’on lit dans les lettres que nous présentons ici. Shocked

Dans ses Papiers inédits conservés à la Bibliothèque Nationale, Théodore de Lameth évoque un entretien houleux avec Mme de Balbi.
Annoté de sa main, il ne souhaitait pas que ce dialogue soit publié du vivant de Mme de Balbi.
Nous sommes-là en fin 88, début 89.
Et c’est ici sans ambiguïté de la part de la favorite de Provence :

-Savez-vous comme on parle du roi quand on a besoin de monnaie dans un cabaret ?
On jette un écu sur la table en disant : changez-moi cet ivrogne. Dit-elle.
Moment de surprise de Lameth, et la comtesse de poursuivre :
Mais, Monsieur de Lameth, le roi est incapable. Je vous assure que généralement on pense qu’il ne peut pas rester là.
- Quoi, le roi perdrait le trône ?
- Lisez l’histoire et vous verrez de ces évènements. Mais enfin, si cela arrivait, à qui pensez-vous qu’on dût donner la régence ?
- Madame ! Quelle supposition ! Le roi est jeune, il a une bonne santé, et la conduite qui la conserve.
- Mais si je veux le faire.
- A la reine.
Le comte de la Châtre, premier gentilhomme de la chambre de Monsieur qui se trouvait là, se lève et prononce ces mots :
- En tous cas, si cela arrive, je me charge de ramener l’Autrichienne chez elle avec cinquante dragons de mon régiment.
- Et moi, La Châtre, je connais un homme qui pourra bien t’en empêcher avec cinquante cavaliers du sien, répondit Lameth.


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Message par Mme de Sabran Lun 17 Fév 2014, 20:32



C'est fou de lire des trucs pareils !!! Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 7914339
Merci, pour ces longs extraits, cher la nuit, la neige .  Very Happy 

Nous avons parlé de cette fameuse lettre adressée au duc de Fitz-James le 13 mai 1787, récemment .
J'en ai même posté un extrait en précisant, en effet, que E. Lever ne la croyait pas authentique .

Ne crois-tu pas possible qu'il y ait une ligne officielle du politiquement correct historique dont les historiens patentés sont très soucieux de ne pas s'écarter ?    Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3826491292
Ainsi ferait-il franchement désordre de dire que notre bon roi Louis XVIII, Louis le Désiré, était une espèce de fumier caractériel, capable d'avoir écrit au duc de Lévis ces lettres fangeuses ( toujours tues dans toutes ses biographies ), capable d'avoir essayé de convaincre Marie-Antoinette d'adultère, capable d'avoir possédé Favras en lui faisant accroire qu'il concourait à une évasion du roi alors que le but occulte de Monsieur était de se débarrasser du roi ?
... etc, etc ...........
Dieux, que c'est excitant !!!    :n,,;::::!!!:


Bien, je saute me concentrer maintenant sur la suite de ce que tu écris ...  Very Happy
Je n'aurai pas le temps de te répondre : je reçois; la maison est pleine !!!  :n,,;::::!!!:


la nuit, la neige a écrit:
Ah bon ? Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 7914336
Seigneur ! J’ai la cafetière qui chauffe ! Cela ne me dit rien du tout.
Je suis passé à côté de ton post.
J’espère que je n’ai pas commenté, ou alors, c’est très très grave !!
Désolé...   Laughing

une ligne officielle du politiquement correct historique ?

C’est possible.
Ce qui est intéressant aussi, c’est finalement de se dire qu’une personnalité est parfois bien difficile à cerner, et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un homme ou d’une femme dont la personnalité est finalement si complexe et trouble.
Se connaissait-il lui-même ?  Shocked


Je ne sais plus du tout dans quel sujet c'était ......  boudoi29  Où ça, où ça ? en tout cas pas dans celui-ci, ni dans celui de Louis-Stanislas , Comte de Provence : je viens de vérifier ...
Alors where ? That is the question .

Je ne me souviens pas que tu aies commenté . Cela te rassure ?   Wink

Par ailleurs, si si ! ta cafetière me paraît en très bon état de marche .   
Elle n'a pas de puce d'obsolescence programmée .  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing

.
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Message par Gouverneur Morris Lun 17 Fév 2014, 23:50

Eh bien ! Comme tous les juristes...il a appris le régime parlementaire
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Message par Invité Mar 18 Fév 2014, 09:20

Mme de Sabran a écrit:

Je ne suis pas près d'oublier ce fou-rire d'anthologie, Majesté !  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing  Laughing 

En cherchant bien :
Sur Hérodote.net [archive]. On suppose son surnom de « Désiré » du fait qu’il était fort attendu par les royalistes mais aussi les Français las des guerres ; qui attendaient le retour de la monarchie, restaurée après le Premier Empire, comme la Révolution de Bordeaux l’atteste.

( WIKI )

Ou une propagande venue de lui même !!! Vu le personnage, il devait bien le penser !!!  :Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2028181902 :Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2028181902 :Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 2028181902 

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Message par Mme de Sabran Mar 18 Fév 2014, 09:51

Comme promis , voici les menaces de Stautre à Moinès .

Nous nous souvenons que le Parthénopéen n'est autre que Fersen, et Moinès devient Inès ( Mo-Inès ), avec allusion au traité . ;
C'est dans la parodie de Rodogune .

Moteur !!!

Le Parthénopéen est loin, on peut oser
Nous n'avons rien à craindre et rien à déguiser .

Considérons Inès comme notre ennemie

Qui cherche ses honneurs dedans notre infamie,
Dont le caprice ici veut nous faire la loi
Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi.
Tu m'estimes bien lâche, imprudente Déesse
Si tu peux supposer que j'aye la bassesse
De souffrir qu'une paix qu'on te promit en vain
Te rende la maîtresse ici de mon destin.
Si pour avoir la paix, je me force au silence,
Tremble en pensant au jour où j'en prendrai vengeance.
Tremble, te dis-je, et songe en dépit du traité,
Que pour le respecter, je l'ai trop acheté
.


Vous vous rendez compte de l'infamie de ce type ???!!!   Smileàè-è\':


Ensuite voici une horreur répugnante ( pléonasme ) , accrochez-vous à votre fauteuil :

Je ne vous cacherai pas , mon cher enfant, que je commençais à trouver que vous tardiez à me répondre, et je disais, apparemment qu'il est mort, ou quelque chose comme cela, cela ne laisse pas que de déranger le voyage que je comptais lui faire faire cette année . Ensuite je me disais, oh non, s'il était mort, il m'aurait écrit; rien de nouveau si ce n'est que
( signe énigmatique ) croyons plutôt que quelque objet pareil à celui dont je lui ai fait une si belle description en Anglais, le retient non comme Didon par son amour, non comme Aleine par une illusion magique, non comme Gabrielle d'Estrée par sa beauté, mais comme nous voyons à la pipée des oiseaux retenus par des branches disposées ad hoc . C'est-à-dire qu'il est collé, et que toute l'eau tiède du monde ne peut fondre la matière visqueuse qui le retient not near, but into his Fair-one ( non pas près de sa belle, mais dedans) ( !!! ) . Cette description ne vous semble-t-elle tout-à-fait ragoûtante ?


Provence est immonde !    Lettres délirantes du comte de Provence au duc de Lévis - Page 5 3249736284
S'il avait vécu à notre époque, il se serait gavé de vidéos pornos !

.
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Message par Invité Mar 18 Fév 2014, 11:16

Franchement... Après cela j'en viendrais presque à préférer l'Ordure !!! Et pourtant, on sais combien je déteste ce dernier !!!
Il avait au moins la franchise de montrer son hostilité à Louis XVI et Marie-Antoinette !!!
Mais là qu'un frère puisse se comporter ainsi et dans une telle saleté, cela n'a pas de mot !!!

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Message par Mme de Sabran Mar 18 Fév 2014, 11:21

Österreich a écrit:Franchement... Après cela j'en viendrais presque à préférer l'Ordure !!! Et pourtant, on sais combien je déteste ce dernier !!!

Tu sais quoi ? ... moi aussi !  boudoi32 
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Message par Invité Mar 18 Fév 2014, 11:36

Je crains deviner ce qu'aurait voté Stautre s'il avait été amené à exprimer sa voix le 20 janvier 1793...  Shocked 

Bien à vous...pas à lui !

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Message par Invité Mar 18 Fév 2014, 11:50

On peut le penser à défaut d'avoir des preuves pour l'accuser !!!
J'avais idée de sa jalousie, mais je ne pensais pas voir un jour des traces de ce qu'on pourrait appeler de la haine pure et dure !!!  pale pale pale 

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Message par Dominique Poulin Mar 25 Fév 2014, 16:28

A l'évidence, le comte de Provence ne supportait pas le rang dynastique de son frère, Dauphin de France puis Roi de France. Sans doute a-t-il toujours estimé que cette place lui revenait de droit, se croyant plus intelligent, plus capable, plus compétent et certainement bien plus vaniteux. Il était surtout très imbu de sa personne tout court et son appartenance à la Maison de Bourbon le gonflait de toute sa pauvre silhouette...

Politiquement parlant, il n'avait pas des idées très différentes de Louis XVI et de Marie-Antoinette, du moins jusqu'à la Révolution. Il était pour le maintien de la monarchie de droit divin dans sa globalité, son frère ainé ne pensait pas autrement. Peut-être concédait-il d'infimes concessions dans le domaine des impots, c'est ce que laisse entendre son biographe l'historien anglais Philippe Mansel. Toutefois, nous savons tous qu'il s'opposa farouchement aux projets de réforme de Calonne en 1787 et que son bureau à l'Assemblée des Notables fit partie des adversaires les plus résolus au ministre. A contrario, le comte d'Artois qui a toujours fait partie dans l'opinion des partisans du maintien de l'ordre ancien, soutenait le controleur général des Finances dans son Plan de réformes, notamment la subvention territoriale applicable à tous les propriétaires selon leurs revenus.

Concernant la nature même de Louis-Stanislas-Xavier, le diagniostic est difficile à établir. Il ne manquait pas d'intelligence, mais sa jalousie pathologique gachait tout. Certainement, son impuissance, son obésité et les sarcasmes que suscitaient sa situation privée en particulier son peu de goût pour sa femme Marie-Joséphine de Savoie et sa fausse relation avec sa favorite la comtesse de Balbi, a amplifié ses ressentiments personnels pour les souverains en ne manquant pas au besoin de les calomnier. Le comte de Provence n'était pas bon de nature comme Louis XVI et le comte d'Artois, il avait un esprit sournois, hypocrite et faux.
Quant à la question de l'homosexualité, le débat reste difficile à trancher. A mon avis, s'il ne pouvait pas avoir de relations sexuelles avec aucune femme, en particulier pour copuler ce qui nécessite une érection, il ne pouvait guère en avoir avec des hommes. De plus, s'il avait eu une attirance pour les hommes, je pense qu'il ne souhaitait pas que cela se sache. Au mieux aurait-il pu séduire avec son rang des domestiques et des gardes du corps, mais cela se serait su inmanquablement. Lui restait alors le lyrisme délirant de ses lettres à Gaston de Levis et ses attachements platoniques à Avaray et plus tard à Décazes. On peut ajouter également que sa corpulence très lourde, une maladie de peau et d'autres affections de son corps ne falicitaient guère pour lui les jeux de l'amour.  Very Happy
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Message par Comtesse Diane Mar 25 Fév 2014, 16:37

J'apprécie beaucoup vos explications ! C'est très logique tout ça !  :\\\\\\\\:

_________________
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Message par Dominique Poulin Mar 25 Fév 2014, 16:47

Merci comtesse Diane ! oui, ma foi, il faut bien appeler un chat un chat !  Very Happy
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