Les tribulations de Calonne en Namibie
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Mme de Sabran
Calonne
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LE FORUM DE MARIE-ANTOINETTE :: Nos conseils et découvertes :: Promenades et visites guidées (hors lieux du XVIIIe siècle)
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Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Cher Calonne..
merci pour votre reportage
Quelles montagnes belles et mystérieuses..avec des formes si arrondies..
Je perçois si fortement la sécheresse à travers les photos.
Est-ce normal à cette époque dans cette région ? ou augmenté sous l’effet du réchauffement climatique ?
Vous rencontrez également des animaux sauvages..
Je suis heureux s'ils bénéficient d'une protection.
Leos
merci pour votre reportage
Quelles montagnes belles et mystérieuses..avec des formes si arrondies..
Je perçois si fortement la sécheresse à travers les photos.
Est-ce normal à cette époque dans cette région ? ou augmenté sous l’effet du réchauffement climatique ?
Vous rencontrez également des animaux sauvages..
Je suis heureux s'ils bénéficient d'une protection.
Leos
Leos- Messages : 794
Date d'inscription : 29/12/2013
Age : 54
Localisation : Zlin, Tcheque
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Cher Leos,
Je suis parti tout le mois d'octobre, ce qui correspond au printemps en Namibie (les saisons sont inversées en Afrique Australe). Pour vous donner une idée, les fêtes de fin d'année, pour eux, c'est le cœur de l'été.
Il n'empêche : même si c'était le printemps et si tout était en fleurs, il faisait quand-même 30 à 35° chaque jour en moyenne et les habitants attendaient avec fébrilité les prochaines pluies. Le changement climatique est bien là, la sécheresse a durement frappé les éleveurs peu avant mon arrivée, la Première Ministre a promis une aide d'urgence aux éleveurs touchés. La gestion de l'eau est ici primordiale. Dans tous les lodges, pas de baignoire, juste des douches et elles sont souvent bridées pour ne pas dépasser 10 minutes et ainsi ne pas gaspiller d'eau. Comme en Afrique du Sud, dans les lodges et hôtels, on vous demande de poser votre linge (gants, serviettes) par terre si vous voulez qu'il soit lavé. Si vous le laissez à sa place, la femme de ménage ne le changera pas, ça évite de faire des machines (et donc d'utiliser de l'eau) pour rien.
La Namibie est un pays d'éleveurs, pour beaucoup de gens, le bétail ou les troupeaux sont leur seule richesse. Les animaux fournissent la viande, la peau, le tissu, le lait... On utilise la corne pour faire les boutons, les nerfs et tendons pour faire des cordes... Certains peuples obtiennent tout de leurs bêtes. Donc oui, les animaux sont respectés et protégés. Sur la route, quand des chèvres, des pintades ou des vaches traversent, tout le monde freine ou s'arrête. Pas question de risquer de tuer un animal qui est peut-être la seule subsistance, la seule richesse, du gamin qui les conduit, là, sur le bas-côté.
Les animaux sont présents sur les billets et les pièces et la protection de la vie animale est inscrite dans la Constitution du pays. 44% du pays est classé "zone protégée".
Cela n'empêche pas les tensions : des guépards ou léopards attaquent les chèvres ou brebis, des éléphants devenus trop nombreux ravagent les cultures, des éleveurs sont expulsés de leurs terres pour faire place à des réserves animalières... Dans certaines zones, les animaux, très protégés, sont devenus trop nombreux et débordent de leurs réserves pour trouver de la nourriture, attaquant les troupeaux ou les cultures. Comme dans d'autres pays africains, on en vient à autoriser des chasses très règlementées ou même des campagnes d'abattage pour réguler leur nombre...
L'équilibre est difficile.
Je suis parti tout le mois d'octobre, ce qui correspond au printemps en Namibie (les saisons sont inversées en Afrique Australe). Pour vous donner une idée, les fêtes de fin d'année, pour eux, c'est le cœur de l'été.
Il n'empêche : même si c'était le printemps et si tout était en fleurs, il faisait quand-même 30 à 35° chaque jour en moyenne et les habitants attendaient avec fébrilité les prochaines pluies. Le changement climatique est bien là, la sécheresse a durement frappé les éleveurs peu avant mon arrivée, la Première Ministre a promis une aide d'urgence aux éleveurs touchés. La gestion de l'eau est ici primordiale. Dans tous les lodges, pas de baignoire, juste des douches et elles sont souvent bridées pour ne pas dépasser 10 minutes et ainsi ne pas gaspiller d'eau. Comme en Afrique du Sud, dans les lodges et hôtels, on vous demande de poser votre linge (gants, serviettes) par terre si vous voulez qu'il soit lavé. Si vous le laissez à sa place, la femme de ménage ne le changera pas, ça évite de faire des machines (et donc d'utiliser de l'eau) pour rien.
La Namibie est un pays d'éleveurs, pour beaucoup de gens, le bétail ou les troupeaux sont leur seule richesse. Les animaux fournissent la viande, la peau, le tissu, le lait... On utilise la corne pour faire les boutons, les nerfs et tendons pour faire des cordes... Certains peuples obtiennent tout de leurs bêtes. Donc oui, les animaux sont respectés et protégés. Sur la route, quand des chèvres, des pintades ou des vaches traversent, tout le monde freine ou s'arrête. Pas question de risquer de tuer un animal qui est peut-être la seule subsistance, la seule richesse, du gamin qui les conduit, là, sur le bas-côté.
Les animaux sont présents sur les billets et les pièces et la protection de la vie animale est inscrite dans la Constitution du pays. 44% du pays est classé "zone protégée".
Cela n'empêche pas les tensions : des guépards ou léopards attaquent les chèvres ou brebis, des éléphants devenus trop nombreux ravagent les cultures, des éleveurs sont expulsés de leurs terres pour faire place à des réserves animalières... Dans certaines zones, les animaux, très protégés, sont devenus trop nombreux et débordent de leurs réserves pour trouver de la nourriture, attaquant les troupeaux ou les cultures. Comme dans d'autres pays africains, on en vient à autoriser des chasses très règlementées ou même des campagnes d'abattage pour réguler leur nombre...
L'équilibre est difficile.
Calonne- Messages : 1125
Date d'inscription : 01/01/2014
Age : 52
Localisation : Un manoir à la campagne
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Cher Calonne,
Tout le monde prend de la place..
Les animaux migrent..et leur habitat naturel devient de plus en plus petit
Les bergers et les agriculteurs retrouvent leur gagne-pain.
Mais même un animal sauvage est un trésor précieux pour la terre.
Vous y avez probablement fait l'expérience d'un peu de l'immensité et de la virginité de la nature.
Leos
Tout le monde prend de la place..
Les animaux migrent..et leur habitat naturel devient de plus en plus petit
Les bergers et les agriculteurs retrouvent leur gagne-pain.
Mais même un animal sauvage est un trésor précieux pour la terre.
Vous y avez probablement fait l'expérience d'un peu de l'immensité et de la virginité de la nature.
Leos
Leos- Messages : 794
Date d'inscription : 29/12/2013
Age : 54
Localisation : Zlin, Tcheque
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Leos a écrit:Vous y avez probablement fait l'expérience d'un peu de l'immensité et de la virginité de la nature.
La Namibie est un endroit rêvé pour ça : deuxième pays le moins densément peuplé au monde, à peine deux millions six cents mille habitants pour un territoire qui fait une fois et demie la France... On peut très vite et très facilement s'y retrouver seul au monde, loin de tout.
Calonne- Messages : 1125
Date d'inscription : 01/01/2014
Age : 52
Localisation : Un manoir à la campagne
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Merci, mon cher Calonne, pour ces précisions sur la cohabitation et la complémentarité des hommes et des animaux. Notre ami Leos pose les bonnes questions. Je suis étonnée par la surpopulation des éléphants. Je croyais l'éléphant d'Afrique en voie de disparition, son espace vital se réduisant toujours comme une peau de chagrin. Ceci pour tous les animaux sauvages. C'est un constat dramatique aggravé désormais par le réchauffement climatique et la désertification accélérée des sols.
_________________
... demain est un autre jour .
Mme de Sabran- Messages : 55498
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Il ne faut pas oublier que l'Afrique est un continent et que, par conséquent, la protection des animaux y est très différente d'un pays à l'autre.
Des pays riches comme le Botswana ou l'Afrique du Sud ont les moyens, financiers, humains, matériels, de protéger leur faune. Pour les éléphants par exemple, le parc de Chobe au Botswana est un modèle. Mais cette réussite a son revers, une surpopulation des pachydermes (leur nombre a triplé en 30 ans au Botswana) et donc une raréfaction de leur subsistance plus le manque d'espace, les parcs n'étant pas extensibles. On en arrive donc à cette situation paradoxale de pays réputés pour leur programme de protection et qui autorisent des chasses réglementées ou des abattages pour réguler leur population... A côté de ça, on a des pays très pauvres qui n'ont pas les moyens et là, c'est le carnage...
Globalement, la situation des éléphants africains s'est améliorée depuis la signature par plusieurs pays du continent d'accords visant à sévèrement contrôler le trafic et surtout le commerce de l'ivoire. En gros, c'est : "ça ne servira à rien de braconner pour l'ivoire, vous ne pourrez pas le vendre". Et même si ce n'est pas la panacée, il y a depuis un effet réel et bénéfique.
Revers de la médaille, les braconniers se sont alors tournés vers les rhinocéros dont la corne fait elle aussi l'objet d'un énorme trafic et commerce...
Et puis, il y a les populations locales.
Certaines ont été expulsées ou déplacées pour la création des parcs et réserves.
D'autres font face aux attaques des prédateurs sur leurs troupeaux, souvent leur seule richesse, et se voient offrir un maigre dédommagement en échange (souvent après avoir suivi le parcours du combattant pour prouver qu'il s'agit bien d'une attaque de prédateur). C'est la même problématique que chez nous en France avec le loup sauf que là, c'est en Afrique avec les guépards, lions et léopards.
Dans un pays vaste et désertique comme la Namibie, il y a de la place. Mais dans d'autres, bien plus petits, les animaux se rapprochent de plus en plus des villages où ils trouvent de la nourriture et font des dégâts, ils ont moins peur.
Et puis, l'argent : tu vas dire à un gars que ce n'est pas bien de tuer un éléphant mais quand, simplement pour savoir où il y en a, les braconniers vont donner à ce pauvre gars de quoi nourrir sa famille pendant un mois...
La protection de la faune en Afrique, c'est un véritable puzzle.
Des pays riches comme le Botswana ou l'Afrique du Sud ont les moyens, financiers, humains, matériels, de protéger leur faune. Pour les éléphants par exemple, le parc de Chobe au Botswana est un modèle. Mais cette réussite a son revers, une surpopulation des pachydermes (leur nombre a triplé en 30 ans au Botswana) et donc une raréfaction de leur subsistance plus le manque d'espace, les parcs n'étant pas extensibles. On en arrive donc à cette situation paradoxale de pays réputés pour leur programme de protection et qui autorisent des chasses réglementées ou des abattages pour réguler leur population... A côté de ça, on a des pays très pauvres qui n'ont pas les moyens et là, c'est le carnage...
Globalement, la situation des éléphants africains s'est améliorée depuis la signature par plusieurs pays du continent d'accords visant à sévèrement contrôler le trafic et surtout le commerce de l'ivoire. En gros, c'est : "ça ne servira à rien de braconner pour l'ivoire, vous ne pourrez pas le vendre". Et même si ce n'est pas la panacée, il y a depuis un effet réel et bénéfique.
Revers de la médaille, les braconniers se sont alors tournés vers les rhinocéros dont la corne fait elle aussi l'objet d'un énorme trafic et commerce...
Et puis, il y a les populations locales.
Certaines ont été expulsées ou déplacées pour la création des parcs et réserves.
D'autres font face aux attaques des prédateurs sur leurs troupeaux, souvent leur seule richesse, et se voient offrir un maigre dédommagement en échange (souvent après avoir suivi le parcours du combattant pour prouver qu'il s'agit bien d'une attaque de prédateur). C'est la même problématique que chez nous en France avec le loup sauf que là, c'est en Afrique avec les guépards, lions et léopards.
Dans un pays vaste et désertique comme la Namibie, il y a de la place. Mais dans d'autres, bien plus petits, les animaux se rapprochent de plus en plus des villages où ils trouvent de la nourriture et font des dégâts, ils ont moins peur.
Et puis, l'argent : tu vas dire à un gars que ce n'est pas bien de tuer un éléphant mais quand, simplement pour savoir où il y en a, les braconniers vont donner à ce pauvre gars de quoi nourrir sa famille pendant un mois...
La protection de la faune en Afrique, c'est un véritable puzzle.
Calonne- Messages : 1125
Date d'inscription : 01/01/2014
Age : 52
Localisation : Un manoir à la campagne
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Nous entamons l'avant-dernière partie de notre périple en nous rendant dans un village Ovambo.
Les Ovambo forment une société matriarcale, dirigée par les femmes. Chaque village a pour chef une "mémé" (maman). Cette dernière juge les délits, bénit les mariages et les naissances, préside les cérémonies... Les hommes, eux, passent la journée à l'extérieur, avec le bétail. Lorsqu'ils rentrent, ils doivent attendre devant les portes du village et demander à la Mémé l'autorisation de rentrer, par un appel spécifique. Tant qu'elle n'a pas donné son accord, ils attendront dehors.
En Namibie, les Ovambos ont une reine qui les représente et défend leurs intérêts auprès du gouvernement. A sa mort lui succède sa fille aînée ou, si elle n'a pas d'enfants féminins, une de ses sœurs.
Les Ovambos sont facilement reconnaissables par leur tenue, teinte d'un rose éclatant légèrement rehaussé de motifs noirs.
Cette couleur particulière est obtenue par une teinture végétale. Seuls les Ovambos sont autorisés à porter cette couleur. Pour signifier leur infériorité, les hommes ne peuvent porter cette couleur que dans le haut de leur tenue (chemise, T-shirt, Polo), seules les femmes peuvent l'arborer entièrement.
Les Ovambos se sont plutôt bien adaptés au monde moderne, beaucoup de leurs enfants sont scolarisés, on les croise en ville, ils conduisent...
Avant d'entrer au village, comme notre groupe comporte des hommes, notre guide, Rose, a donc dû demander l'autorisation de Mémé Bénessa, la chef, qui nous a autorisé à entrer. Nous sommes ensuite allés la saluer, chacun à notre tour, et l'avons remercié de nous accueillir.
Rose nous a alors montré les silos du village.
Au nombre de deux, bâtis par les femmes, ils contiennent le sorgho avec lequel les Ovambos font de la bière et du millet avec lequel ils font leur pain. Le toit de chaume qui les recouvre, identique à celui des maisons, les isole et les protège en cas de pluie.
Rose nous a ensuite montré comment est faite la bière de sorgho.
En fait de bière, pour être franc, après avoir goûté, je trouve que ça ressemble plus à une sorte de liqueur... Pas très forte mais justement, traîtresse pour qui s'y fierait... Entre nous, j'ai suivi la démonstration d'un œil distrait, étant tombé en arrêt devant les gobelets :
Simplement en bois, taillés et creusés par les femmes, peints de cette couleur particulière... Il me les fallait ! A force de sourires et de politesse, on m'a accordé cette petite faveur. J'en ai donc ramené trois chez moi.
Vient ensuite la fabrication du pain, à base de millet, en plusieurs étapes, du tamis à l'ajout d'eau en passant par le pilon, la cuisson...
(Nous avons essayé le pilon, à tour de rôle, et je peux vous dire que c'est costaud, ça vaut bien une séance de musculation des bras...)
Voilà, c'est prêt !
Alors, quel goût ça a ?
Hé bien, déjà, c'est très bon. Ensuite, ça m'a fait fortement penser à une crêpe bretonne au sarrasin... J'aurais volontiers ajouté une cuillère de miel d'acacia pour ma part. En tous cas, c'est sain, bon et fait devant vous en 15 minutes, à la main.
Mais il est temps de rentrer au campement, non sans avoir remercié Mémé Bénessa pour son hospitalité.
Sur le chemin du retour, nous croisons une des nombreuses termitières géantes que l'on trouve un peu partout :
Pour vous donner une idée de la taille de cette termitière, elle est plus haute que moi et je mesure 1,88 mètre... Elle peut contenir des centaines de milliers d'insectes, issus d'une seule reine. Il faut à la colonie entre 20 et 30 ans pour édifier une telle structure. En Namibie, ces termitières immenses font partie du paysage.
Vous avez de la chance : en cette fin d'après-midi, alors que nous rentrons, nous avons droit à un superbe coucher de soleil sur la campagne :
Dormez bien. Demain, nous partons pour Sossusvlei (la mer de dunes) pour monter sur la plus haute dune du monde et découvrir les arbres pétrifiés de Dead vlei.
Les Ovambo forment une société matriarcale, dirigée par les femmes. Chaque village a pour chef une "mémé" (maman). Cette dernière juge les délits, bénit les mariages et les naissances, préside les cérémonies... Les hommes, eux, passent la journée à l'extérieur, avec le bétail. Lorsqu'ils rentrent, ils doivent attendre devant les portes du village et demander à la Mémé l'autorisation de rentrer, par un appel spécifique. Tant qu'elle n'a pas donné son accord, ils attendront dehors.
En Namibie, les Ovambos ont une reine qui les représente et défend leurs intérêts auprès du gouvernement. A sa mort lui succède sa fille aînée ou, si elle n'a pas d'enfants féminins, une de ses sœurs.
Les Ovambos sont facilement reconnaissables par leur tenue, teinte d'un rose éclatant légèrement rehaussé de motifs noirs.
Cette couleur particulière est obtenue par une teinture végétale. Seuls les Ovambos sont autorisés à porter cette couleur. Pour signifier leur infériorité, les hommes ne peuvent porter cette couleur que dans le haut de leur tenue (chemise, T-shirt, Polo), seules les femmes peuvent l'arborer entièrement.
Les Ovambos se sont plutôt bien adaptés au monde moderne, beaucoup de leurs enfants sont scolarisés, on les croise en ville, ils conduisent...
Avant d'entrer au village, comme notre groupe comporte des hommes, notre guide, Rose, a donc dû demander l'autorisation de Mémé Bénessa, la chef, qui nous a autorisé à entrer. Nous sommes ensuite allés la saluer, chacun à notre tour, et l'avons remercié de nous accueillir.
Rose nous a alors montré les silos du village.
Au nombre de deux, bâtis par les femmes, ils contiennent le sorgho avec lequel les Ovambos font de la bière et du millet avec lequel ils font leur pain. Le toit de chaume qui les recouvre, identique à celui des maisons, les isole et les protège en cas de pluie.
Rose nous a ensuite montré comment est faite la bière de sorgho.
En fait de bière, pour être franc, après avoir goûté, je trouve que ça ressemble plus à une sorte de liqueur... Pas très forte mais justement, traîtresse pour qui s'y fierait... Entre nous, j'ai suivi la démonstration d'un œil distrait, étant tombé en arrêt devant les gobelets :
Simplement en bois, taillés et creusés par les femmes, peints de cette couleur particulière... Il me les fallait ! A force de sourires et de politesse, on m'a accordé cette petite faveur. J'en ai donc ramené trois chez moi.
Vient ensuite la fabrication du pain, à base de millet, en plusieurs étapes, du tamis à l'ajout d'eau en passant par le pilon, la cuisson...
(Nous avons essayé le pilon, à tour de rôle, et je peux vous dire que c'est costaud, ça vaut bien une séance de musculation des bras...)
Voilà, c'est prêt !
Alors, quel goût ça a ?
Hé bien, déjà, c'est très bon. Ensuite, ça m'a fait fortement penser à une crêpe bretonne au sarrasin... J'aurais volontiers ajouté une cuillère de miel d'acacia pour ma part. En tous cas, c'est sain, bon et fait devant vous en 15 minutes, à la main.
Mais il est temps de rentrer au campement, non sans avoir remercié Mémé Bénessa pour son hospitalité.
Sur le chemin du retour, nous croisons une des nombreuses termitières géantes que l'on trouve un peu partout :
Pour vous donner une idée de la taille de cette termitière, elle est plus haute que moi et je mesure 1,88 mètre... Elle peut contenir des centaines de milliers d'insectes, issus d'une seule reine. Il faut à la colonie entre 20 et 30 ans pour édifier une telle structure. En Namibie, ces termitières immenses font partie du paysage.
Vous avez de la chance : en cette fin d'après-midi, alors que nous rentrons, nous avons droit à un superbe coucher de soleil sur la campagne :
Dormez bien. Demain, nous partons pour Sossusvlei (la mer de dunes) pour monter sur la plus haute dune du monde et découvrir les arbres pétrifiés de Dead vlei.
Calonne- Messages : 1125
Date d'inscription : 01/01/2014
Age : 52
Localisation : Un manoir à la campagne
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Mais, dis-moi, en somme les hommes filent doux; c'est un véritable matriarcat ! ( Je plaisante )Calonne a écrit:
Les Ovambo forment une société matriarcale, dirigée par les femmes. Chaque village a pour chef une "mémé" (maman). Cette dernière juge les délits, bénit les mariages et les naissances, préside les cérémonies... Les hommes, eux, passent la journée à l'extérieur, avec le bétail. Lorsqu'ils rentrent, ils doivent attendre devant les portes du village et demander à la Mémé l'autorisation de rentrer, par un appel spécifique. Tant qu'elle n'a pas donné son accord, ils attendront dehors.
En Namibie, les Ovambos ont une reine qui les représente et défend leurs intérêts auprès du gouvernement. A sa mort lui succède sa fille aînée ou, si elle n'a pas d'enfants féminins, une de ses sœurs.
Ce rose fluo est étonnant de luminosité et tranche magnifiquement sur la peau noire .Calonne a écrit:Les Ovambos sont facilement reconnaissables par leur tenue, teinte d'un rose éclatant légèrement rehaussé de motifs noirs.
Bravo ! Mémé Bénessa n'est pas une fashion victim comme certaines .
J'aime particulièrement cette photo :
... et bien-sûr toujours les poétiques couchers de soleil !
Chic alors !!!Calonne a écrit:Dormez bien. Demain, nous partons pour Sossusvlei (la mer de dunes) pour monter sur la plus haute dune du monde et découvrir les arbres pétrifiés de Dead vlei.
_________________
... demain est un autre jour .
Mme de Sabran- Messages : 55498
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
La termitière m'époustoufle aussi !
_________________
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Mme de Sabran- Messages : 55498
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Merci cher Calonne pour la suite de vos aventures ! Toutes ces belles et chaudes couleurs nous font du bien...
La termitière "fleurie" est superbe !
La termitière "fleurie" est superbe !
La nuit, la neige- Messages : 18133
Date d'inscription : 21/12/2013
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Deux images prises sur le Net, pour ces tenues si particulières.
Celles des femmes :
Celles des hommes :
Comme on l'a vu, les hommes ne portent que le haut de leurs vêtements de cette couleur et de ces motifs. En général, ils portent un pantalon noir ou un jeans en bas.
Cette couleur particulière est obtenue par une poudre végétale mêlée à de l'eau pour obtenir la teinture, ensuite appliquée aux vêtements.
Celles des femmes :
guardian.ng
Celles des hommes :
gondwana-collection.com
Comme on l'a vu, les hommes ne portent que le haut de leurs vêtements de cette couleur et de ces motifs. En général, ils portent un pantalon noir ou un jeans en bas.
Cette couleur particulière est obtenue par une poudre végétale mêlée à de l'eau pour obtenir la teinture, ensuite appliquée aux vêtements.
Calonne- Messages : 1125
Date d'inscription : 01/01/2014
Age : 52
Localisation : Un manoir à la campagne
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Les costumes des hommes sont néanmoins très chamarrés !
Alors ?!! ... en route pour la mer de dunes du Sossusvlei !
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Mme de Sabran- Messages : 55498
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Sossusvlei, "la mer de dunes", est en fait un parc et vous devrez payer un droit d'entrée (modeste) pour accéder au site.
L'endroit est un désert de sable et de sel, célèbre pour ses couleurs, l'ocre et l'orange de ses dunes se détachant sur le bleu pur du ciel. Une fois entrés, vous verrez défiler sur des kilomètres une véritable mer de dunes dont les plus hautes et les plus belles sont numérotées.
Et parmi elles, la dune n°45, tout simplement la plus haute dune de sable au monde, d'une hauteur de 450 mètres. Pour vous donner une idée, l'Empire State Building de New York mesure 443 mètres (antenne comprise)... Et vous pourrez bien sûr la gravir, comme je l'ai fait :
Une fois au sommet, vue à 360° sur un paysage presque lunaire, surréaliste. L'immensité, le silence, le vent...
Alors attention : l'ascension n'est pas facile, on est vite à bout de souffle et il faut fréquemment s'arrêter. Marcher dans le sable n'est pas facile, j'ai personnellement mis 20 minutes pour atteindre le sommet. Ayez de l'eau, un litre minimum avec vous (attention, thermos obligatoire, le plastique est interdit dans tous les parcs en Namibie) et protégez-vous : nous sommes arrivés très tôt, à 08h30 du matin et la chaleur était déjà forte, le soleil brûlant. Crème solaire indispensable, couvre-chef aussi. Si vous êtes sujets au vertige, je vous conseille de vous abstenir. Autre avantage de venir très tôt : au matin, de par sa position, la dune a une moitié exposée au soleil, l'autre baignée d'ombre, avec une ligne de démarcation très nette qui ravit les photographes.
Sossusvlei est également magnifique au crépuscule, les dunes s'embrasent, prennent une couleur feu incroyable. Mais sachez que le site est à au moins deux heures de route de la plus proche agglomération et il vous faudra donc certainement rentrer de nuit.
Nous partons maintenant, à 10 minutes environ, pour Dead Vlei, le joyau de la Namibie.
Dead Vlei est un ancien lac où poussaient des arbres, des acacias. Au fil des siècles, le désert a enserré le lac, l'emprisonnant et l'asséchant, le transformant en une cuvette de sel. Les arbres qui y baignaient sont morts mais l'air sec et brûlant les a conservés. Ces acacias, devenus des arbres pétrifiés, ont plus de 1000 ans pour certains... Parfaitement préservés, noircis et brûlés par le soleil mais intacts, ils se dressent sous le ciel d'un bleu intense, cernés par les dunes. La nuit, sous l'effet de la chute des températures, leur écorce se contracte après s'être dilatée pendant le jour sous l'effet de la chaleur et les arbres craquent dans le silence de la nuit... Les namibiens parlent alors des "arbres qui murmurent"...
Alors attention !
Dead Vlei se mérite et il convient d'être prudent.
Lorsque vous arriverez sur place, vous devrez monter dans une navette (camionnette genre bétaillère sur une piste défoncée...) qui, en dix minutes, vous mènera au point de départ, équipé de tables et bancs sous les arbres :
A partir de là, il faut environ 20 à 30 minutes de marche en plein soleil pour atteindre l'ancien lac et les arbres pétrifiés.
Et là, j'insiste : protégez-vous !
Nous étions sur place au printemps, vers 10h30 du matin et il faisait déjà 30°... Le soleil brûle, la chaleur est très forte et la marche dans le sable vite épuisante. Couvre-chef, crème solaire et lunettes de soleil obligatoires et prévoyez au moins deux litres d'eau. Une fois sur place, vous êtes autorisés à déambuler parmi les arbres, au cœur de l'ancien lac.Il est par contre interdit de toucher les arbres.
Vous en voulez encore ?
En arrivant à l'entrée du parc, prenez à gauche pour aller visiter le château de Duwisib :
Une inattendue forteresse d'apparence médiévale, bâtie en 1908, au milieu de nulle part...
Le baron Hansheinrich von Wolf, né à Dresde en 1873, était alors en poste en Namibie, possession allemande. Notre homme épousa la belle-fille du consul américain de Dresde, Jayta Humphreys, le 8 avril 1907. Ils décidèrent alors de s'installer dans le Sud-Ouest africain et achetèrent huit fermes dans la région de Maltahöhe. L'architecte Wilhelm Sander fut commissionné pour établir les plans de leur demeure et la construction commença en 1908. La plupart des matériaux furent importés d'Allemagne et les tailleurs de pierres furent embauchés en Italie, en Suède et en Irlande.
Le bâtiment, perdu au milieu de nulle part, devait ressembler, selon ses propriétaires, à certains forts allemands de Namibie. L'édifice, une fois terminé, comportait 22 pièces. Comme Karen Blixen dans sa ferme au Kenya, le couple exploitait ses terres, ses fermes et menaient dans le même temps une vie mondaine, avec soirées et réceptions.
Alors qu'ils voyageaient en Europe en 1914, la Première Guerre Mondiale éclata et le bateau transportant Von Wolf et sa femme fut détourné vers Rio de Janeiro. Le couple décida néanmoins de rentrer sur le Vieux Continent. À son arrivée en Europe, le baron rejoignît l'armée allemande et fut tué lors de la bataille de la Somme en 1916. Sa femme, profondément marquée, ne retourna pas en Namibie et ne réclama pas la propriété du château.
Ce dernier se visite, tout est encore meublé et décoré comme à l'époque et on peut même y dormir. En buvant votre café sur la véranda, vous verrez peut-être galoper des chevaux sauvages à travers les sables ? La légende veut que les chevaux du couple, livrés à eux-mêmes après l'abandon de la demeure, se soient enfuis pour devenir les fameux chevaux sauvages du désert. Ils seraient aujourd'hui entre 90 et 150, formant une espèce à part, athlétique et racée, qui s'est adaptée aux difficiles conditions de vie du désert et qui y galope librement...Vous pourrez également séjourner au camping proche. Pas de photos personnelles hélas, plus de batterie (envie de suicide...).
Le baron et son épouse :
Voilà mes ami(e)s, notre séjour se termine, notre vol retour nous attend.
Merci de m'avoir tenu compagnie, j'espère que le séjour vous a plu.
Avant de partir, un souvenir typique à rapporter ? Des noix de Makalani gravées bien sûr !
C'est le souvenir incontournable à ramener de Namibie.
Ces noix sont produites par une espèce de palmier, le makalani, qu'on trouve dans le nord du pays. Une fois cueillies, elles sont mises à sécher. Elles deviennent alors très dures et prennent sous l'écorce une teinte blanche qui rappelle l'ivoire, d'où leur surnom de "fruit d'ivoire". L'artisan va alors les graver au couteau ou avec une pointe en métal, le plus souvent de motifs animaliers, parfois de véritables petites scènes. Certaines, parmi les plus grosses, peuvent même être munies d'une minuscule charnière et devenir de petits contenants. Un lacet de cuir est enfin ajouté pour pouvoir les tenir ou les porter.
On trouve les noix de Makalani partout et pour une somme dérisoire, dans les boutiques de souvenirs, les magasins, proposées par des marchands ambulants dans la rue... Les namibiens s'en servent pour orner leur porte-clefs, leur rétroviseur, leur ceinture, certains le tiennent en main et jouent machinalement avec, on l'offre aux enfants. Un incontournable.
Attention toutefois aux contrefaçons et aux noix "industrielles"...
Les deux que j'ai ramené de mon séjour et qui ornent désormais mes clefs :
Le plus étonnant, c'est leur dureté, on dirait presque de la pierre.
Les plus grosses transformées en petits contenants peuvent contenir du parfum, une huile, du tabac...
Bien sûr, tout dépend de la minutie et du travail de l'artiste qui les grave. Certains sont très doués et n'hésitent pas à les graver en direct, devant l'acheteur, parfois en quelques minutes :
L'endroit est un désert de sable et de sel, célèbre pour ses couleurs, l'ocre et l'orange de ses dunes se détachant sur le bleu pur du ciel. Une fois entrés, vous verrez défiler sur des kilomètres une véritable mer de dunes dont les plus hautes et les plus belles sont numérotées.
Et parmi elles, la dune n°45, tout simplement la plus haute dune de sable au monde, d'une hauteur de 450 mètres. Pour vous donner une idée, l'Empire State Building de New York mesure 443 mètres (antenne comprise)... Et vous pourrez bien sûr la gravir, comme je l'ai fait :
Une fois au sommet, vue à 360° sur un paysage presque lunaire, surréaliste. L'immensité, le silence, le vent...
Alors attention : l'ascension n'est pas facile, on est vite à bout de souffle et il faut fréquemment s'arrêter. Marcher dans le sable n'est pas facile, j'ai personnellement mis 20 minutes pour atteindre le sommet. Ayez de l'eau, un litre minimum avec vous (attention, thermos obligatoire, le plastique est interdit dans tous les parcs en Namibie) et protégez-vous : nous sommes arrivés très tôt, à 08h30 du matin et la chaleur était déjà forte, le soleil brûlant. Crème solaire indispensable, couvre-chef aussi. Si vous êtes sujets au vertige, je vous conseille de vous abstenir. Autre avantage de venir très tôt : au matin, de par sa position, la dune a une moitié exposée au soleil, l'autre baignée d'ombre, avec une ligne de démarcation très nette qui ravit les photographes.
Sossusvlei est également magnifique au crépuscule, les dunes s'embrasent, prennent une couleur feu incroyable. Mais sachez que le site est à au moins deux heures de route de la plus proche agglomération et il vous faudra donc certainement rentrer de nuit.
Nous partons maintenant, à 10 minutes environ, pour Dead Vlei, le joyau de la Namibie.
Dead Vlei est un ancien lac où poussaient des arbres, des acacias. Au fil des siècles, le désert a enserré le lac, l'emprisonnant et l'asséchant, le transformant en une cuvette de sel. Les arbres qui y baignaient sont morts mais l'air sec et brûlant les a conservés. Ces acacias, devenus des arbres pétrifiés, ont plus de 1000 ans pour certains... Parfaitement préservés, noircis et brûlés par le soleil mais intacts, ils se dressent sous le ciel d'un bleu intense, cernés par les dunes. La nuit, sous l'effet de la chute des températures, leur écorce se contracte après s'être dilatée pendant le jour sous l'effet de la chaleur et les arbres craquent dans le silence de la nuit... Les namibiens parlent alors des "arbres qui murmurent"...
Alors attention !
Dead Vlei se mérite et il convient d'être prudent.
Lorsque vous arriverez sur place, vous devrez monter dans une navette (camionnette genre bétaillère sur une piste défoncée...) qui, en dix minutes, vous mènera au point de départ, équipé de tables et bancs sous les arbres :
A partir de là, il faut environ 20 à 30 minutes de marche en plein soleil pour atteindre l'ancien lac et les arbres pétrifiés.
Et là, j'insiste : protégez-vous !
Nous étions sur place au printemps, vers 10h30 du matin et il faisait déjà 30°... Le soleil brûle, la chaleur est très forte et la marche dans le sable vite épuisante. Couvre-chef, crème solaire et lunettes de soleil obligatoires et prévoyez au moins deux litres d'eau. Une fois sur place, vous êtes autorisés à déambuler parmi les arbres, au cœur de l'ancien lac.Il est par contre interdit de toucher les arbres.
Vous en voulez encore ?
En arrivant à l'entrée du parc, prenez à gauche pour aller visiter le château de Duwisib :
Une inattendue forteresse d'apparence médiévale, bâtie en 1908, au milieu de nulle part...
Le baron Hansheinrich von Wolf, né à Dresde en 1873, était alors en poste en Namibie, possession allemande. Notre homme épousa la belle-fille du consul américain de Dresde, Jayta Humphreys, le 8 avril 1907. Ils décidèrent alors de s'installer dans le Sud-Ouest africain et achetèrent huit fermes dans la région de Maltahöhe. L'architecte Wilhelm Sander fut commissionné pour établir les plans de leur demeure et la construction commença en 1908. La plupart des matériaux furent importés d'Allemagne et les tailleurs de pierres furent embauchés en Italie, en Suède et en Irlande.
Le bâtiment, perdu au milieu de nulle part, devait ressembler, selon ses propriétaires, à certains forts allemands de Namibie. L'édifice, une fois terminé, comportait 22 pièces. Comme Karen Blixen dans sa ferme au Kenya, le couple exploitait ses terres, ses fermes et menaient dans le même temps une vie mondaine, avec soirées et réceptions.
Alors qu'ils voyageaient en Europe en 1914, la Première Guerre Mondiale éclata et le bateau transportant Von Wolf et sa femme fut détourné vers Rio de Janeiro. Le couple décida néanmoins de rentrer sur le Vieux Continent. À son arrivée en Europe, le baron rejoignît l'armée allemande et fut tué lors de la bataille de la Somme en 1916. Sa femme, profondément marquée, ne retourna pas en Namibie et ne réclama pas la propriété du château.
Ce dernier se visite, tout est encore meublé et décoré comme à l'époque et on peut même y dormir. En buvant votre café sur la véranda, vous verrez peut-être galoper des chevaux sauvages à travers les sables ? La légende veut que les chevaux du couple, livrés à eux-mêmes après l'abandon de la demeure, se soient enfuis pour devenir les fameux chevaux sauvages du désert. Ils seraient aujourd'hui entre 90 et 150, formant une espèce à part, athlétique et racée, qui s'est adaptée aux difficiles conditions de vie du désert et qui y galope librement...Vous pourrez également séjourner au camping proche. Pas de photos personnelles hélas, plus de batterie (envie de suicide...).
Photo de Roxanne Reid
freudenthal.biz
Le baron et son épouse :
namibian.org
Voilà mes ami(e)s, notre séjour se termine, notre vol retour nous attend.
Merci de m'avoir tenu compagnie, j'espère que le séjour vous a plu.
Avant de partir, un souvenir typique à rapporter ? Des noix de Makalani gravées bien sûr !
C'est le souvenir incontournable à ramener de Namibie.
Ces noix sont produites par une espèce de palmier, le makalani, qu'on trouve dans le nord du pays. Une fois cueillies, elles sont mises à sécher. Elles deviennent alors très dures et prennent sous l'écorce une teinte blanche qui rappelle l'ivoire, d'où leur surnom de "fruit d'ivoire". L'artisan va alors les graver au couteau ou avec une pointe en métal, le plus souvent de motifs animaliers, parfois de véritables petites scènes. Certaines, parmi les plus grosses, peuvent même être munies d'une minuscule charnière et devenir de petits contenants. Un lacet de cuir est enfin ajouté pour pouvoir les tenir ou les porter.
On trouve les noix de Makalani partout et pour une somme dérisoire, dans les boutiques de souvenirs, les magasins, proposées par des marchands ambulants dans la rue... Les namibiens s'en servent pour orner leur porte-clefs, leur rétroviseur, leur ceinture, certains le tiennent en main et jouent machinalement avec, on l'offre aux enfants. Un incontournable.
Attention toutefois aux contrefaçons et aux noix "industrielles"...
Les deux que j'ai ramené de mon séjour et qui ornent désormais mes clefs :
Le plus étonnant, c'est leur dureté, on dirait presque de la pierre.
Les plus grosses transformées en petits contenants peuvent contenir du parfum, une huile, du tabac...
Bien sûr, tout dépend de la minutie et du travail de l'artiste qui les grave. Certains sont très doués et n'hésitent pas à les graver en direct, devant l'acheteur, parfois en quelques minutes :
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J'ai oublié hier, je ne sais pas ce que sera demain, mais aujourd'hui je t'aime
Calonne- Messages : 1125
Date d'inscription : 01/01/2014
Age : 52
Localisation : Un manoir à la campagne
Re: Les tribulations de Calonne en Namibie
Cher Calonne, ton périple finit en beauté ! Ce paysage de dunes est fascinant. Pas de Petit Prince à l'horizon ?!! As-tu bien regardé partout ? ... derrière chaque arbre pétrifié ?!
La forteresse me rappelle les châteaux de Lawrence d'Arabie en Jordanie ! ... mais quel triste destin que celui de la pauvre baronne !
La forteresse me rappelle les châteaux de Lawrence d'Arabie en Jordanie ! ... mais quel triste destin que celui de la pauvre baronne !
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... demain est un autre jour .
Mme de Sabran- Messages : 55498
Date d'inscription : 21/12/2013
Localisation : l'Ouest sauvage
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